Pique, Cœur et Caro
Titre : Pique, Coeur, et Caro
Fandom : Multi-cross-over
Rating : T, par sécurité
Disclaimer : Pour ce chapitre toute une partie vient de nous. Vers la fin, les personnages viennent du Seigneur des Anneaux, merci au grand J.R.R.Tolkien , ce n'est qu'un emprunt temporaire et nous ne nous faisons aucune monnaie grâce à cela.
Merci de nous demander avant de copier tout ou partis de notre texte.
Note : Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, les lecteurs ; bonjour !
Nous voici donc réunis ici pour une longue, très longue histoire (ainsi vous serez prévenus) qui est déjà quasiment toute rédigé (il ne manque plus que quelques chapitres sur lesquels nous travaillons). Pour plus de détails, allez jeter un oeil sur notre profil.
Sinon, sauf rares exceptions qui seront signalées, le texte peut être lu par tous.
Bonne lecture.
Chapitre 2 : Bonne Pioche
Amandine
Bon OK, moi je ne suis pas douée en orientation, mais quand même là ce n'est pas de ma faute ! Elle m'a dit qu'elle habitait dans une maison en banlieue, et pas paumée dans un coin perdu. Pas de panneau, pas d'habitant pour te renseigner, bref, la carte ne suffit pas, faut sortir la boussole. Non. Re-bon. J'exagère. J'aurais dû partir avec Jérôme, et son GPS intégré dans la tête.
J'ai seulement mis 400 kilomètres à m'apercevoir que j'avais pris la carte à l'envers cette fois-ci ! J'en ai marre de tourner en rond : j'appelle. Mais pas Caro, j'ai trop honte. Jérôme. Il saura, lui, me sortir de ce pétrin.
- Mais enfin Wen arien (c'est comme ça qu'il m'appelle), je t'avais tout bien écrit avant que tu partes !
- Ouhhhhh je me suis quand même perduuuuuuue ! (Là je pleure un peu, sinon il me raccroche au nez en me disant que la seule façon de développer mon sens de l'orientation, c'est de m'orienter toute seule !) Aideuuuu moaaa !
- Mais tu sais Wen arien je travaille là…
- Tu ne répondrais pas si tu ne pouvais pas.
- Non, mon cœur, tu sais très bien que je te réponds toujours.
- Aideuuu moaaaa !
Je l'entends qui se harnache un peu (il travaille sur les grues, il s'arrange pour qu'elles ne tombent pas). J'ai gagné, il va m'aider.
– Un jour Wen arien, il faudra que tu te débrouilles seule. Comment tu feras ?
– J'errerais jusqu'à ce que mort s'ensuive, et tu seras tout triste.
Grognements.
– Tu es où ?
Après plusieurs croisements, je parviens enfin à destination. En fait, je n'étais pas bien loin.
Je gare ma ZX juste à côté sur le trottoir.
Qu'ais-je pas fait ? Je crois que quelque part, j'aurais mieux fait de me casser la jambe en sortant de ma voiture. Non, finalement, j'ai bien fait de sortir indemne de mon véhicule, sinon je n'aurais pas vécu la plus grande aventure de ma petite vie ! Et puis je ne serais pas devenue ce que je suis aujourd'hui. Mon seul regret est de n'avoir pu finir ce magnifique gâteau qu'elle avait fait. J'ai juste eu le temps d'en prendre une part, me mettant l'eau à la bouche.
Car après elle a eu cette... idée de me faire visiter les lieux.
Nous voilà donc sur le pas de la porte donnant sur la chambre de sa sœur, bien trop remplie. Moi j'ai pensé tout haut au gâteau, elle au coca, mais aucune de nous n'a fait le moindre mouvement. Habituellement, je ne suis pas une flèche, mais habituellement je ne me retrouve pas face à une douzaine de personnes qui auraient bien besoin d'un petit tour au supermarché pour refaire leur garde-robe. C'est ça qui me faisait le plus réfléchir, non en fait j'avais beaucoup de mal à penser, face à tout ce monde. Donc je tirais Caro en arrière et claquais la porte au nez et à la barbe d'un vieillard (en tout cas il avait les cheveux gris).
Bien.
La porte est maintenant fermée.
Alors ? Petit cerveau ? Pourquoi ils ont l'air de débarquer tout droit de l'asile ?
Nan, le numéro que vous avez demandé n'est pas attribué.
– GAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHH ! ! ! !
Là c'est moi qui hurle. J'en avais besoin pour sortir du brouillard. Et ça a aussi marché pour Caroline qui s'exclama en me jetant un regard noir :
– Mais ça va pas la tête ?
J'ignore sa question, en fait je préfère ne pas y répondre et demandais avec le plus grand sérieux :
– Y'a t-il quelqu'un de sensé en cette demeure ? Quelqu'un qui, de préférence, ne mange pas de gâteau et ne boit pas de coca ?
Je crois qu'elle voit où je veux en venir et me répondis :
– Oublie mon frère, mais ma frangine est… enfin, on va dire qu'elle correspond à peu près aux critères. Je vais la chercher, heummm, toi… tu veux bien rester ici ? Hein ?
– Mais mais mais mais… pourquoi ?
– Histoire d'être sûre qu'ils ne sortent pas de la chambre, je ne veux pas que Marc les voit, pas plus que mon père avant d'en savoir plus.
– Mais…
– Elle est dehors, je reviens vite.
Comme promis, elle revint rapidement, accompagnée de sa sympathique sœur. Elles me trouvèrent accroupie face à la porte, l'œil collé à la serrure, en train d'espionner les passagers clandestins. La sœur grogna :
– On peut savoir ce que tu fiches ?
Caroline fit tout de même les présentations :
– Alek's, je te présente Amandine, et ne t'affoles pas, on va te montrer ce qu'elle est en train de zieuter.
Maintenant qu'elle était revenue à elle-même, elle affichait un calme qui me surprenait. Personnellement, j'avais du mal à m'empêcher de sautiller de partout, comme si j'avais un lien de parenté avec une certaine bête aux poils jaunes et à longue queue.
A force de les observer, une petite idée complètement folle avait germée dans mon esprit. Mais d'abord, confirmation de nos sens. Je m'écartais du passage.
Et comme si elle allait faire une bonne blague, un petit sourire aux lèvres, Caro plaça sa frangine juste en face, et ouvrit brusquement le battant.
Je ne pus pas me retenir, j'éclatais d'un rire nerveux, j'en pleurais.
Alek's avait ouvert de grands yeux. Un peu plus et sa mâchoire se décrochait du reste de son visage. Là, Caro eut la gentillesse de refermer l'entrée. Et moi je me marrais. Mais en fait, c'était pas drôle du tout, parce que je le sentais bien, tout ça allait nous attirer pas mal d'ennuis.
Alek's avait blêmi, et restait figée là. Caro, sans se départir de son nouveau calme surnaturel, fonça dans sa chambre et en revint pour enfermer les types à double tour.
– Venez, on descend à la cuisine, il faut qu'on discute.
Moi je m'étais reprise, mais la frangine ne s'était pas encore remise de sa rencontre. Elle prit une longue inspiration comme si elle avait fait de l'apnée.
– C'est qui ces gus ? Hurla-t-elle.
– Viens, calmes-toi, on descend dans la cuisine.
On dévala les marches et on s'installa autour de la table devant les fourneaux. Caro prit le commandement de notre petite réunion extraordinaire. Alek's se détendit petit à petit, même si on la voyait encore énervée.
– On fait un tour de table. L'une de vous aurait-elle une idée quant à l'identité de nos invités ?
– Perso, je pense comme toi.
Elle me regarda, surprise. Évidemment que je faisais ma maligne, j'étais comme ça à l'époque.
– Je n'ai rien dit…
– Je sais que tu y as pensé. Quatre nains, et un encore plus nain que les autres, un beau ténébreux, un type avec une barbe longue de 6 pieds, un beau blond, et un autre moins beau et roux, un type aux cheveux noirs et sa fille qui n'ont par contre rien à voir là-dedans…
Elle hocha la tête et confirma mes soupçons.
– La communauté, Elrond et sa fille Arwen.
– Gasp ! Fit sa frangine. Vous êtes tarées !
– T'as bien regardé comment ils étaient fringués ?
– Si c'est une plaisanterie, elle est de très mauvais goût !
– Alek's ! On ne rigole pas ! Je t'assure qu'on y est pour rien.
Là, elle s'énerva pour de bon :
– Et en plus ça ne colle pas du tout ! Y a Elrond et Arwen en trop, et en plus, y a un type qui pionce dans mon plumard ! C'est qui lui ? Sauron ? Sméagol ?
Caroline ne broncha pas, et répondit patiemment :
– Le plus simple serait de le leur demander. Quand au onzième larron, ça peut être n'importe qui de la Terre du Milieu. Encore qu'il doit s'agir de quelqu'un de célèbre sans doute…
Alek's ouvrait maintenant de grands yeux, il était clair que pour elle, on était irrécupérable. Elle se lança alors avec nous dans notre folie :
– OK, y'a la communauté de l'anneau qui a élu domicile dans ma chambre, comment ils sont arrivés jusque là ?
Je levais la main, comme en classe, et toujours aussi sérieuse, Caro me fit un petit signe de tête :
– On a toute une gamme de choix : les Asgards, les Anciens, et pourquoi pas les Wraiths aussi.
– Ah non non, fit mon hôtesse, eux ils restent dans la galaxie de Pégase. Et puis ils les auraient déjà vidés de leur force vitale.
Je haussais les épaules :
– M'ouais.
Ce fut au tour d'Alek's de prendre la parole :
– Ça peut aussi venir de leur propre monde, imaginez : Sauron les envoie ici, d'où ils ne peuvent repartir parce qu'on ne pratique pas la magie, et c'est fini, il n'a plus d'empêcheurs de conquérir le monde en rond.
– C'est pas bête. Je n'y avais pas pensé. Et maintenant qu'ils sont là, qu'est ce qu'on fait nous ?
Caroline se plongea dans ses pensées, et moi aussi, mais elle en revint avant ma petite personne :
– En fait, ce qu'il faut, c'est parvenir à communiquer avec eux, et ce, avant que papa ne rentre. Il ne faut pas qu'il les trouve ici, sinon on va avoir la police sur le dos.
Alek's s'exclama alors :
– Et y en a pas une sur vous deux qui s'est dit que ce pouvait être des voleurs mal habillés qui seraient entrés dans ma chambre pour nous dévaliser ? Il faudrait alors prévenir la police !
Sa grande sœur la regarda, véritablement navrée de ce qu'elle avait pu dire :
– Si c'était le cas, pourquoi patientent-il gentiment dans ta chambre, pourquoi ne sont-ils pas en train de… de nous voler ?
– J'en sais rien, ils doivent en tenir une couche aussi épaisse que vous.
Elle grommela encore un moment tandis qu'on remontait. Caroline avait l'air toute chose et moi j'avais craqué et je sautillais sur place. Pour cacher mon vice, je me dévouais pour entrebâiller la porte et tenter d'établir le premier contact. Je passe la tête par l'ouverture et je fais mon plus beau sourire, qui est juste avant celui que je réserve à mon doudou adoré. Pour dire s'il est engageant ! Et bien non, c'est une épée qui m'a répondu, brandie sous mon nez par le moins beau de tous, Boromir je pense. Je ne sais pas pourquoi, je dois être un tant soit peu kamikaze, finalement j'entre tout entière, l'autre abruti continue à me menacer de son arme et moi je continue à lui sourire. Caroline est juste derrière moi. Je me lance :
– Bonjour.
Son visage de guerrier affiche une grande surprise. Il jette un œil derrière lui, et me répond :
– Oaïou.
– Enchantée de faire votre connaissance.
– Naïnann chall dallé.
Mon sourire descend d'un cran et se crispe. Je pose le doigt sur la pointe de son épée, et l'écarte doucement.
– Ça, c'est pas d'une politesse à toute épreuve, vous savez ?
Il ne devait pas être aussi bête que ça, parce qu'il baissa son arme en grommelant :
– Goltann chamra téal némanne.
– Alia sadnamé Gandalf ?
Ça, ça venait de derrière moi. Je sursaute et me retourne : Caroline fixait avec intensité le barbu identifié comme Gandalf. Je lève un sourcil pour lui demander se qu'il se passait. Elle hausse les épaules et me répond à voix basse, qu'elle lui a demandé s'il était le célèbre Gandalf. Je fit demi-tour tandis que le susnommé lui répondait. À la fin de son discours je fais :
– Alors ?
– Il a dit qu'oui, et m'a demandé qui on était et où ils étaient.
Elle essaie de me passer devant, certainement pour être plus à l'aise. Mais pas question, je la coince. Je préfère faire face à l'autre excité de l'épée, à la droite du magicien. Y a un coin de mon cerveau qui se demande pourquoi je réagis comme ça. Mais ça fait longtemps que je suis fâchée avec lui. J'autorise donc qu'un petit bout de sa tête à dépasser de mon épaule. Après avoir froncé les sourcils et m'avoir lancé un regard glacial elle répondit. Son annonce fit grand effet parmi la communauté. Ils se réunirent en conciliabule, certainement pour s'entretenir de la conduite à avoir. Elle en profita pour me traduire ce qu'elle avait dit. À savoir qu'ils avaient changé d'univers, que sur son monde ils étaient une légende et qu'accessoirement elles s'appelaient Amandine, Caroline et Alexandra.
Gandalf sortit du groupe et lança quelques mots.
– Non ! Répondit violemment Caroline. Il m'a demandé de prouver que nous n'étions pas des sbires de Sauron. Comment on fait ça nous ?
Ultime haussement d'épaules.
- C'est pas moi qui suis capable d'apprendre une langue en moins d'une minute.
- Non, en trois semaines. J'ai appris la langue commune de la Terre du Milieu pendant des cours où je me faisais chier.
Elle me gratifie ensuite d'un regard noir et se lance dans un grand discours. Le temps passe et je commence à m'endormir. Caroline profite de mon inattention pour s'échapper de ma protection. Boromir fit alors un pas en avant. Ce qui me réveilla. Je le surveillais d'un œil, le gaillard. Je me replaçais entre lui et elle, lui lançant le regard le plus polaire de mon répertoire.
Je ne savais pas trop pourquoi, mais je faisais nettement plus confiance à Gandalf, qui pouvait te griller d'une pensée, qu'à cette caricature d'armoire à glace. Bon, j'y allais peut-être un peu fort, mais sur les onze personnes conscientes et présentes, c'était le seul à avoir eu une réaction menaçante. Au bout de vingt longues minutes, Gandalf s'exclama :
- Oïa !
Et Caro se tourna vers moi, toute fière.
- Ça y est ! On a obtenu le bénéfice du doute.
Papa Noël la coupa et lui posa une question. Cette dernière éclata de rire, tellement qu'elle ne put lui répondre. Quand elle se reprit, elle se tourna vers moi et sa sœur et traduisit :
- Il m'a demandé si j'étais une princesse ou une personne importante pour avoir une garde du corps et une suivante ! C'est… c'est…
Tellement près de la vérité, me souffla une petite voix dans ma tête. Gasp ! Encore un jeu de mon cerveau. Il allait falloir que j'aie une conversation avec lui pour qu'il arrête de se manifester de façon intempestive.
Un bruit de pneu faisant crisser le gravier interrompit tout le monde. Le temps se suspendit jusqu'à ce qu'une portière claque. Là Caro et Alek's paniquèrent.
- Aïe ! Mon père ! Il ne faut pas qu'il les trouve ici. Am' avec Alek's, vous allez occuper mon père et mon frère pendant que je les emmène à la buanderie ou dans le garage ou même… Dans le fenil ! Y a la place !
Moi de dire encore un truc stupide :
- Mais qu'est-ce que t'as avec les hommes de cette famille ?
- Discutes pas et bouges-toi ! !
oO°Oo
Il l'avait trouvée. Enfin... n'est-ce pas ? N'est-ce pas que c'était elle ? Le doute subsistait. Le doute subsistait toujours en sciences. Toujours tout remettre en question. Mais là, il ne s'agissait pas de mettre en pratique l'esprit cartésien. Il reprit tout de même une dernière fois le dossier, avant de donner ses ordres. L'âge et la taille correspondaient, son dossier scolaire était clair, elle était une surdouée qui ne rencontrait aucune difficulté, même dans un enseignement accéléré. Les renseignements qu'ils avaient pus glaner ici et là montraient aussi une santé à toute épreuve ! Elle n'était jamais allée à l'hôpital que pour y naître, et n'avait vu son médecin de famille que pour les contrôles de routine. Pas la plus petite grippe. C'était trop parfait pour être honnête. Rassuré, il prit sa radio et lança un bref :
– Phase 2.
Ils leur fallaient maintenant prouver son identité par l'ADN, et s'il présentait les bonnes caractéristiques, ils passeraient à la phase 3 : rapatriement du sujet au laboratoire, pour la mise en condition. Ils devraient s'assurer de sa coopération, même si cela signifiait un lavage de cerveau drastique. Et enfin ils la mettraient en situation et prendraient ainsi le contrôle de l'engin, pour atteindre leurs buts. Tous leurs buts. Atlantis...
oO°Oo
Samantha Carter entra une nouvelle fois les informations dans l'ordinateur pour les analyser. Elle ne les comprenait pas. Mais alors pas du tout. Ils avaient capté quelque chose, c'était sûr, mais quoi ? Les satellites classiques n'avaient rien enregistré. Seul celui d'origine Asgard, un prototype, avait perçu une infime perturbation. Elle commença à pianoter pour en rechercher l'origine. Là. Juste à ce moment. Elle le sentait presque viscéralement, ça faisait trop longtemps qu'ILS n'avaient pas remit ça…
Là donc.
Le premier apparut.
Une petite bestiole avec un gros bulbe sur le dos. Il traversa l'écran en caracolant. Il allait certainement réapparaître ailleurs sur un autre écran, en se fichant complètement du fait qu'ils n'étaient pas du tout en réseau. Pied de nez à l'informatique et à la physique. Un vrai mystère. Bulbizarre.
Elle s'était documentée depuis la première fois. Connaître son ennemi pour pouvoir mieux l'atteindre. Parce qu'elle en était venue là. À considérer ce pirate comme un ennemi à abattre. Il avait pénétré les défenses de leur système avec une facilité déconcertante. Ils avaient les meilleures protections et pare-feu de toute la planète, et un individu se baladait tranquillement dans leurs fichiers comme si de rien n'était.
Et il avait laissé en prime un virus qui empêchait toute traque, et accessoirement faisait planter la mémoire centrale, fluctuer l'électricité, galoper des Pokémons un peu partout, et affiche régulièrement une petite bulle qui fait « Héhéhéhéhéhé » ou « Hihihihihi » ou encore « Hahahahahaha ». Preuve d'un vocabulaire très développé.
Elle en était là de sa rage quand Daniel Jackson, xéno-ethnologue de la base, fit irruption dans son laboratoire.
– Qu'avez-vous encore fait ?
– Pardon ?
– Y'a une bête qui est en train de danser sur mes traductions. Celle là, elle a un bulbe sur le dos et ressemble à une tortue… vous l'avez encore cherché.
– Non, je me suis contenté de vouloir situer le point d'origine d'une anomalie que le satellite Asgard a repéré…
Elle continua à réfléchir à voix haute alors que son cerveau établissait de nouvelles relations.
– Ce qui veut dire que le programme a conclu à une menace. Il doit donc y avoir un lien quelconque. Il faut que je le trouve !
Daniel la laissa faire en croisant les doigts pour qu'elle ne provoque pas plus de catastrophes.
Il aurait peut-être dû croiser aussi les orteils.
Il quitta le laboratoire, laissant une Samantha Carter taper furieusement sur son clavier, pour rejoindre son bureau. Quelque part, il n'avait pas envie qu'elle retrouve ce mystérieux pirate, il avait la sensation qu'il n'avait pas seulement consulté l'inconsultable et laissé derrière lui un virus des plus comique. Depuis sa petite « visite », son ordinateur semblait… différent. Comme s'il s'était doté d'une certaine conscience, très primaire certes, mais… comme s'il se mettait à comprendre son utilisateur. Il réagissait beaucoup plus vite à chaque demande, lui arrivant parfois d'ouvrir tout seul le fichier dont il avait besoin, et il était quasiment certain qu'il rangeait ses dossiers. Il les trouvait trop facilement, c'était d'une logique imparable, alors que lui est à cent mille lieux de la logique et que son bureau est un bordel organisé et perpétuel. C'était tellement agréable, il n'avait pas du tout envie que la scientifique, en parvenant à éradiquer le virus, défasse cet étrange état de faits. Et puis il n'était pas le seul à apprécier… ça. Personne n'avait mit de mot dessus, de peur que ça parvienne aux oreilles de la blonde. Elle n'était plus rationnelle lorsqu'il s'agissait de lui. Comme s'il s'était attaqué à elle directement.
Il était assit devant son écran, regardant Bulbizarre brouter son texte. Littéralement. Les lettres disparaissaient dans sa bouche. Mais il savait très bien qu'une fois la petite extravagance finie, il le retrouverait entier. Il n'avait rien détruit, et ne détruisait toujours rien, même si parfois il en donnait l'impression. Il sourit, ce n'était absolument pas quelqu'un de nocif qui avait fait ça. Les infos qu'il a dû glaner ici et là ne s'étaient retrouvées nulle part dans le monde. Il n'avait rien dit à personne, ne s'était même pas vanté sur la scène.
Il a certainement dû agir dans son coin, pour lui. Par ennui peut-être.
C'était assurément un grand cerveau.
Mais ce n'était pas l'avis des grands pontes du SGC. Ils le percevaient comme une menace. Vous vous rendez compte ! Il a pénétré nos défenses, s'il le veut, il est en train de vendre nos secrets aux pays étrangers ! Parce qu'après tout, personne ne peut agir autrement, personne ne peut résister à l'appât du gain bien sûr. Alors qu'ils feraient bien mieux de l'intégrer à l'équipe, ils veulent le neutraliser. Il grommela encore un peu, puis se remit à sourire lorsque la tortue fut rejointe par un crabe. Ils jouèrent un moment à cache-cache, avant de filer de l'écran. Ils allaient embêter quelqu'un d'autre, égayer un morne rapport. Il observa sa traduction, les phrases survivantes tombèrent tout en bas de la page, et formèrent une bouche qui lui sourit, puis elles reprirent leur emplacement d'origine, comme il le pensait, et son texte complètement intact.
Et il se remit au travail, la pause était finie.
Dans le labo, Carter alignait les algorithmes, elle essayait de surcharger l'ordinateur de données pour cacher celle qui permettrait de localiser la source de l'anomalie. Elle tapa les derniers chiffres pour lui faire calculer le tout.
Et Sacha apparut, le personnage de ce stupide dessin animé. Il arriva un crayon dans la bouche, un papier à la main, lui fit un clin d'œil et se mit à écrire. Les résultats de ses équations arrivèrent, résolues à une vitesse stupéfiante, seules celles concernant la triangulation restèrent en suspens.
Ça n'avait pas marché.
Le personnage s'allongea sur son ventre, coinça son crayon entre son nez et sa lèvre supérieure et se mit à attendre. Il devait vouloir savoir ce qu'elle préparait d'autre.
Sam repoussa son clavier, et se massa les tempes. Ce programme était d'une ampleur exaspérante. C'est là qu'elle réalisa que la machine fonctionnait mieux qu'avant. Normalement, il aurait fallut au moins une demi-heure à l'ordinateur pour lui rendre ses résultats, et là seulement 5 minutes. Elle tressaillit. Ça faisait longtemps que c'était comme ça, et elle n'y avait jamais fait attention. Mon dieu ! Mais il s'est enfoncé beaucoup plus loin que ce que je pensais ! Catastrophée, elle lança un diagnostic du programme de la porte des étoiles. Et y trouva beaucoup de modifications.
La scientifique eu un moment de panique pure avant de se rendre compte que c'était des améliorations. Ils venaient de faire un bond d'au moins dix ans.
– C'est pas possible. Murmura-t-elle pour elle-même. Ce n'est pas humainement possible.
Elle avait évalué la durée de sa petite incursion à une heure grand maximum. Mais il n'aurait pas pu prendre connaissance des fonctions du logiciel et lui apporter autant de retouches en un laps de temps aussi court.
– Il est resté dans le système deux semaines au minimum.
Sa phrase était tombée comme un couperet. Elle jeta le dossier sur le bureau du Général Landri, et prit une chaise pour cacher ses tremblements. Elle se sentait coupable de n'avoir rien vu. Son supérieur finit par refermer l'épais rapport rouge :
– Dites-moi tout.
– Il n'y a pas un seul système dans toute la base qu'il n'a pas refait. Principalement des améliorations de ce qui existait déjà, et parfois une refonte complète mais beaucoup plus efficace. Comme la numérotation des adresses, on a gagné au moins 2 secondes. Si ce n'est pas plus.
Landri plongea ses yeux dans les siens.
– Et comment ne s'est-on aperçu de rien depuis tout ce temps ?
– On s'en est aperçu, général. J'ai posé des questions. Tout le monde a remarqué que ça allait beaucoup mieux, qu'il n'y avait plus de bugs, même au niveau des ordinateurs personnels. Je n'ai pas fait le lien avec le pirate. Je n'aurais pas imaginé qu'il avait une connaissance de l'informatique et des sciences aussi… étendue.
– Est-ce inquiétant, si après tout…
Il ouvrit de nouveau le dossier et se mit à jouer avec les feuilles, elle semblait s'alarmer pour rien. C'était son orgueil qui avait dû en prendre un sacré coup.
– Monsieur, on ne sait pas ce qu'il nous cache ! Il pourrait très bien avoir laissé aussi des portes et prendre le contrôle de la base. Il est allé beaucoup trop loin. On est complètement dépassé, c'est d'un tel niveau ! Et je ne pense plus une seule seconde qu'il s'agisse d'un terrien.
Le général releva brusquement la tête. Pas un terrien ? Mais quoi alors ?
– Il a effectué un travail d'hercule en un temps record, et il a une connaissance technologique qui surpasse la nôtre. Continua-t-elle. Je ne sais pas à quel point, mais c'est certain. Et surtout, surtout, trouvez-moi le motif de cette action !
– Colonel Carter ! La reprit son supérieur, elle n'avait pas à être insolente.
– Excusez-moi mon général, tout le monde ici à l'air de prendre ça à la légère. Mais c'est très grave ! Un intrus a pénétré nos systèmes, nos dossiers secrets, y a fait ce que bon lui semblait et parce que, par chance, rien n'a été cassé, tout le monde est content ! Le plus beau c'est que tout le monde se fiche de savoir quels buts il avait. Il n'a pas fait ça parce qu'un beau jour il se tournait les pouces !
L'homme rangea les feuillets et repoussa le rapport, créant un petit silence.
– Très bien colonel, vous m'avez convaincu. Mais n'oubliez pas que l'on ignore quasiment tout de cette créature, et que donc, jusqu'à preuve du contraire, elle est amie. OK ?
Sam approuva de la tête.
Elle retourna dans son laboratoire et prit un gros paquet de feuille. Sacha était toujours sagement assit en tailleur dans son écran. Elle lui jeta un regard noir et se mit à griffonner. Puisqu'elle ne pouvait plus avoir l'assistance informatique, elle allait retourner aux bonnes vieilles méthodes : crayon papier.
Carter mit une heure pour calculer à la main une simple équation qui préparait la triangulation de l'anomalie. Fatiguée, elle se massa la paume et s'appuya sur le dossier de la chaise. Le personnage était là, il lisait. Ce programme est impressionnant, se dit-elle. Ce n'est pas un simple soft. Mon dieu ! Elle tapa brusquement du poing sur le bureau, et Sacha sursauta. Elle aussi fit un bond en retours. Comment pouvait-il être surpris ? Elle approcha son visage du moniteur pour mieux l'examiner. Comme s'il avait lu dans ses pensées, il pointa du doigt le coin supérieur de la pièce. Elle se retourna et vit la caméra. Le SGC en était truffé. Là, on a un problème. Il avait aussi le contrôle du système de vidéo surveillance. Elle fit demi-tour, puis brusquement, suivant son instinct, elle lui demanda :
– Et est-ce que tu peux nous entendre aussi ?
À sa grande horreur, la chimère haussa les épaules. Sacha lui tira la langue et se replongea dans son livre.
La Colonel fut de nouveau prise de tremblements. Pour la première fois de sa vie, tout, absolument tout lui échappait. Ils n'avaient pas affaire à un simple programme, c'était trop complexe, semblait trop aléatoire, c'était autre chose. C'était certainement une IA, une Intelligence Artificielle. Et qui dépassait de loin tout ce qu'ils connaissaient, puisqu'elle se fichait éperdument de la physique même.
Sam avait compris qu'elle se servait du réseau électrique. C'était la seule explication plausible pour qu'elle ait pu prendre le contrôle des ordinateurs indépendants. Et déjà ça, rien que ça, ça témoignait d'une grande avancée technique.
Il fallait qu'elle rencontre cette personne. Elle se rassit finalement sur son siège, et lança, comme un défi :
– À nous deux !
Et plancha de nouveau sur ses équations, en tapant fébrilement sur la calculette.
La femme gardait néanmoins un œil sur son ordinateur. Elle se méfiait de ce qu'il ou elle pouvait faire pour lui mettre des bâtons dans les roues. Mais curieusement, cette fois-ci il ne se passa rien de fâcheux. Ça l'interloqua un moment, si peu lui importait qu'elle fasse à la main ses équations, pourquoi restait-il là ? Pourquoi ne se mettait-il pas en veille comme toutes les fois précédentes ?
Des heures et deux visites de Daniel plus tard, Carter s'approchait enfin du but. La militaire partit en quête d'une mappemonde pour tirer ses traits et enfin le localiser. Elle en trouva une et s'installa dans le labo d'un confrère. La triangulation même pouvait commencer.
L'ordinateur le plus proche s'alluma et Sacha apparu sur le bureau. L'air pas vraiment heureux. Ressentait-il réellement les émotions ou était-ce dans le programme ?
– Tu ne peux pas me laisser travailler en paix Sacha ? Vouais, je vais t'appeler comme ça. Ça te va bien.
L'autre scientifique présent la regarda comme si une deuxième tête lui était poussé. « Sacha » lui fit une grimace et croisa les bras.
Armée d'une règle, elle appliqua ses équations. Et elle comprit. L'IA avait dû extrapoler ses chiffres. La zone était immense. Et en étant honnête, il fallait ajouter une bonne dose d'incertitude et d'inexactitude. En bref, tout ce qu'elle pouvait dire, c'était qu'il se trouvait en France. Vaste. Il lui fallait quelque chose de plus précis. Ils ne pouvaient pas arriver comme ça, retourner le pays, évidemment sans rien dire, et s'en aller.
Elle prit une nouvelle fois sa calculatrice encore fumante, et cette fois-ci se fit aider. Il lui fallait une approche nouvelle sur ses données, trouver de nouvelles pistes. Et Sacha les surveillait toujours, de plus en plus intéressé par ce qu'ils faisaient.
C'était dingue, il était tellement expressif !
Sam ne cessait de lui parler. Et obtenait ses réponses rien qu'en l'observant, ç'en était comique ! Johnson, son confrère, dut se dire qu'elle était irrécupérable, et cessa de faire les gros yeux, lorsqu'elle s'adressait à « Sacha », au bout d'une dizaine de minute.
Carter savait qu'elle approchait du but, Sacha se décomposait de plus en plus. Ça la faisait ricaner. Il s'énervait ? Le pouvait-il ? Les quatre caméras se braquèrent sur eux dans un concert de moteur. Son confrère s'agita.
– Ne vous inquiétez pas, il n'a jamais fait de mal à rien ni personne. Cependant… vous devriez peut-être débrancher les fils des portes coupe-feu et des portes blindées. On ne sait jamais, il pourrait vouloir nous empêcher de communiquer nos résultats.
Le petit homme partit en trottinant s'exécuter. Elle profita de ce moment de calme pour finir son équation. Puis la blonde posa un doigt sur la carte et toutes les alarmes de Cheyenne Mountain se déclenchèrent au même instant.
La cacophonie était assourdissante. S'il voulait la perturber, c'était raté. Bien que Johnson ne puisse plus aligner deux pensées cohérentes, Sam était habituée à travailler sous le feu des balles, qui n'étaient pas spécialement silencieuses. Elle continua, imperturbable. Un trait, puis deux, puis trois. Et tout se coupa. Le son, mais aussi la lumière.
La Colonel se mit à rire, elle l'avait eu, elle avait vaincu une Intelligence Artificielle. Sa fierté remontait d'un cran quand Landri entra en trombe dans le laboratoire :
– Il faut que vous rebranchiez le courant, on attend une équipe SG d'ici une à deux minutes.
Elle regarda son supérieur et lança à la caméra :
– Sacha ! C'est fini. J'ai gagné. Rebranche tout s'il te plaît.
Petit silence, rien ne bouge.
– Sacha… je t'en prie, on ne va rien lui faire. C'est promis. Tu sais que ce n'est pas notre genre. Mais il faut qu'on le rencontre. Qu'on sache si on peut lui faire confiance, c'est tout… Allez, on a vraiment besoin de l'électricité, pour nos hommes… on ne sait jamais, ils pourraient être en danger.
Et la lumière fut.
On pouvait voir dans le moniteur un Sacha mécontent.
– Tu peux toujours bouder.
Il fit une grimace, et un panneau apparut à ses côtés : « vengeance ».
La grimace se transforma en un grand sourire sadique et dans un « pop » de dessin animé, des centaines de petits Pikachus surexcités apparurent. Elle les vit vider l'écran pour aller envahir tout le système.
– Ho non… Fit-elle dans une plainte.
Elle entendait déjà les récriminations de toutes les personnes à proximité d'un quelconque système informatique, en fonction ou pas. Mais quelque part en elle, elle sentait qu'une tension avait disparut. Et quelque part aussi, elle savait qu'elle venait de nouer quelque chose, elle ne savait pas vraiment quoi, une sorte d'amitié étrange avec la... créature...
Le général Landri, hilare devant son air dépité, jeta un œil au triangle tracé sur la carte de la France, et murmura pour lui-même :
– Alors où es-tu ?
– Je suis là !
(Répondit Caroline à son père.)
À suivre…
Et vlà un chapitre de plus.
Encore deux chapitres et d'autres personnages débarqueront...
