Pique, Cœur et Caro


Titre : Pique, Coeur, et Caro

Fandom : Multi-cross-over

Rating : T, par sécurité, ici une petite allusion pas bien méchante

Disclaimer : Tout une partie vient de nous. Pour le prêt de ses personnages, merci au grand J.R.R.Tolkien, et pour les quelques allusions qui annoncent la suite merci aux créateurs de la série et de son spin-off Stargate SG1 et Atlantis , ce n'est qu'un emprunt temporaire et nous ne nous faisons aucune monnaie grâce à cela.
Merci de nous demander avant de copier tout ou partis de notre texte.

Note : Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, les lecteurs ; bonjour !
Nous voici donc réunis ici pour une longue, très longue histoire (ainsi vous serez prévenus) qui est déjà quasiment toute rédigé (il ne manque plus que quelques chapitres sur lesquels nous travaillons). Pour plus de détails, allez jeter un oeil sur notre profile.
Sinon, sauf rares exceptions qui seront signalées, le texte peut être lu par tous.

Bonne lecture.


Chapitre 3

Mauvaise Pioche

Alors qu'ils essayaient de comprendre ce qu'il venait de leur arriver, le groupe de « réfugiés interdimensionnels » vit la porte de la chambre s'ouvrir et deux jeunes femmes les observer avec une expression stupéfaite. La brune prit la parole dans une langue inconnue. La blonde lui répondit, avant de se faire tirer en arrière par sa compagne, qui ferma ensuite la porte. Quelques secondes plus tard, un cri retentit de l'autre côté du battant. Les elfes et le rôdeur purent entendre le bref écho d'une dispute, puis ce fut le silence. Qui ne dura pas plus d'une ou deux minutes avant que des voix s'élèvent à nouveau. La porte fut rouverte, et ils virent une jeune femme aux cheveux bruns et bouclés les observer d'un air choqué. La porte se referma à nouveau, et ils entendirent des éclats de voix, puis des bruits indiquant que les jeunes femmes descendaient un escalier, en faisant beaucoup de bruit d'ailleurs. Les elfes, ayant l'ouïe plus fine, perçurent l'écho d'une discussion qui se déroulait au rez-de-chaussée, sans pouvoir en saisir le sens. Aussi, aucun d'eux ne prononça un mot, conscients qu'ils pouvaient être prisonniers de sbires de Sauron. Peu de temps après, la porte se rouvrit. La jeune femme brune passa la tête dans l'entrebâillement de la porte en souriant. Presque aussitôt, Boromir lui brandit son épée sous le nez. Sans se laisser démonter, la jeune femme continua à avancer. Elle prononça un mot :

– Bonjour.

Boromir cligna des yeux, surprit, avant de jeter un œil derrière lui. Puis il répondit, à tout hasard :

– Bonjour.

– Enchantée de faire votre connaissance.

– Déclinez votre identité, ordonna Boromir, qui n'avait pas compris un mot de ce que la jeune fille avait dit.

Son sourire descendit d'un cran et se crispa. Elle posa le doigt sur la pointe de son épée, et l'écarta doucement.

– Ça, c'est pas d'une politesse à toute épreuve, vous savez ?

Il ne comprit pas ce qu'elle disait, bien qu'il en eut deviné le sens général, et baissa son arme en grommelant :

– Je ne m'en prends pas aux femmes de toutes manières.

– Etes-vous le célèbre Gandalf ? Demanda alors la jeune fille blonde.

Gandalf fronça les sourcils et répondit :

– Je le suis. Qui êtes-vous et où sommes-nous ?

La jeune femme qui lui avait posé la question tenta de s'avancer, mais sa garde du corps la bloqua, ne laissant dépasser que sa tête. Elle lui jeta un regard noir, avant de reprendre la parole :

– Vous avez changé d'univers, ici, sur notre monde, vous êtes une légende et, accessoirement, je m'appelle Caroline, voici Amandine et Alexandra, dit-elle en désignant successivement chacune d'entre elles.

Aussitôt, tous se réunirent pour essayer d'y voir plus clair. Tous, ou presque, proposèrent une explication. Mais la plus plausible était que Sauron les avaient envoyés ici pour se débarrasser d'eux. Elrond déclara finalement qu'il valait mieux leur poser la question. Si elles étaient des sbires de Sauron, elles le diraient d'une façon ou d'une autre. Gandalf sortit du groupe et leur posa la question. La jeune femme appelée Caroline sursauta violemment.

– Non ! Répondit violemment Caroline. Il m'a demandé de prouver que nous n'étions pas des sbires de Sauron. Comment on fait ça nous ? Dit-elle dans sa langue.

Sa garde du corps haussa les épaules.

– C'est pas moi qui suis capable d'apprendre une langue en moins d'une minute.

– Non, en trois semaines. J'ai appris la langue commune de la Terre du Milieu pendant des cours où je me faisais chier.

Elle gratifia son amie d'un regard noir et se lance dans un grand discours, argumentant férocement qu'elles n'avaient rien à voir avec Sauron. Le temps passa et son amie commença à s'assoupir. Caroline profita de son inattention pour s'échapper de sa protection. Boromir fit alors un pas en avant, ce qui réveilla Amandine, qui reprit aussitôt son poste en surveillant d'un œil Boromir. Elle se replaça entre lui et elle, lui lançant le pire regard polaire imaginable pour une si petite femme (par rapport à Boromir). Au bout de longues minutes, Gandalf s'exclama :

– D'accord !

Et Caroline se tourna vers son amie, semblant très fière d'elle.

– Ça y est ! On a obtenu le bénéfice du doute.

Gandalf la coupa et lui posa une question. Cette dernière éclata de rire, tellement qu'elle ne put lui répondre. Quand elle se reprit, elle se tourna vers son amie et sa sœur et leur parla :

– Il m'a demandé si j'étais une princesse ou une personne importante pour avoir une garde du corps et une suivante ! C'est… c'est…

Un étrange crissement la fit taire en plein fou rire. Le temps se suspendit jusqu'à ce qu'un bruit sec retentisse. Là, Caroline et Alexandra parurent paniquer.

– Aïe ! Mon père ! Il ne faut pas qu'il les trouve ici. Am' avec Alek's, vous allez occuper mon père et mon frère pendant que je les emmène à la buanderie ou dans le garage ou même… Dans le fenil ! Y a la place !

Son amie prit la parole d'un air étonné :

– Mais qu'est-ce que t'as avec les hommes de cette famille ?

– Discutes pas et bouges-toi ! !

Les deux jeunes filles sortirent alors, et Caroline se tourna vers le groupe en face d'elle. Elle prit une profonde inspiration, avant de dire :

– Heu… Bien que vous soyez relativement en sécurité ici, si mon père vous voit, je risque d'avoir des ennuis. Alors si vous pouviez avoir l'amabilité de me suivre… Je ne sais pas combien de temps mon frère et mon père pourront être distrait par ma sœur et mon amie…

– Je suppose que ta sœur est la jeune idiote aux cheveux bouclés ? Demanda Boromir avec mépris.

La jeune femme lui jeta un regard des plus glacial.

– Est-ce que je vous pose des questions sur vos préférences sexuelles, Boromir ?

Sa voix était à l'image de son ton, et tous comprirent qu'il valait mieux éviter ce sujet. Boromir aida Aragorn à porter l'elfe inconscient sans un mot. Caroline leur ouvrit la porte et s'effaça pour les laisser passer. Elle jeta un regard intrigué sur l'elfe au passage.

– Qui est-ce ?

– Il semblerait qu'il s'agisse de Gil-Gald, un grand roi des Noldor, répondit Gandalf.

Elle parut surprise.

– Vraiment ? Je croyais qu'il avait été tué durant la Dernière Alliance des elfes et des hommes.

– C'est ce que tout le monde a cru, répondit Elrond, mais la réalité est visiblement tout autre.

– Pourriez-vous m'en dire plus ? S'il vous plaît ?

Elrond la jaugea du regard. Malgré son jeune âge, il pouvait voir la flamme du savoir brûler dans ses yeux.

– Alors qu'il combattait Sauron avec Elendil, raconta Elrond, Elendil fut tué par Sauron d'un coup de son arme. Il désarma Gil-Galad et le saisit à la gorge. Sa main devait être brûlante, car Gil-Galad hurla de douleur. Une lumière nous aveugla alors, et lorsque je pus rouvrir les yeux, il avait disparut. Seul restait Sauron, qui s'en prit alors à Isildur.

– Et ce fut ce qui le perdit… Ajouta Caroline d'un ton pensif. Elle médita quelques secondes, avant de reprendre, tandis qu'ils le déposaient sur un lit :

– Pourriez-vous me décrire cette lumière ?

– Vous avez une idée de qui nous a amenés ici ?

– Peut-être, c'est à voir.

– Ce fut bref, mais je crois que cette lumière était de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

Ses épaules s'affaissèrent.

– Alors ce n'est pas ceux que je crois…

– Pourquoi ?

– À ma connaissance, ici, il n'y a que trois races capables de ce genre d'exploits : les Asgards, créatures pacifiques, les Anciens, ancêtres de mon peuple, et les Wraiths.

– Et il ne s'agit d'aucune de ces races ?

– Eh bien, déjà, ce n'est pas le genre de la première, la deuxième s'est définitivement éteinte il y a près de 10 000 ans, et la troisième est très agressive et vous aurait déjà tués.

– Comment ?

Elle grimaça.

– Ils se nourrissent de la force vitale des êtres humains. À ma connaissance, ils n'auraient pas résistés au plaisir de changer leur ordinaire.

Tous frissonnèrent.

– Comment font-ils ?

– Imaginez un mélange d'orcs et de vampires se nourrissant par les mains, et vous aurez une idée assez précise de la créature. Ils ont l'air assez humains, et ont peut les faire régresser à ce stade. Mais niveau mental, mettez des orcs à la place, on ne verra pas la différence. Pour eux, les humains sont du bétail, ni plus ni moins.

– C'est ignoble ! S'insurgea Boromir.

– Je sais. Mais…

– Caroline ! Hurla une voix d'homme, coupant court à ses explications.

– Aïe, grimaça-t-elle, c'est mon père. Il faut que je descende. Surtout ne faites pas de bruit. Et pitié, empêchez-les de tout tripoter ! Dit-elle en désignant deux des hobbits.

Sur ce, elle s'apprêta à sortir, mais Legolas la rappela :

– Que voulais-tu dire par « mais » ?

Elle se retourna et répondit :

– Mais heureusement, ce ne sont que les personnages d'une histoire. Encore que… Marmonna-t-elle dans sa langue.

Elle ferma la porte et partit dans le couloir. Gandalf se dirigea vers les deux hobbits et les saisit par le col, pour les déposer près de leurs deux compagnons. Il leur jeta un regard sévère et leur interdit de bouger sans son autorisation. Ils pouvaient entendre des bruits de voix en dessous d'eux. Tous restaient immobiles en pensant à ce que la jeune femme avait dit. Au bout de quelques minutes, un grognement émana du lit. Gil-Galad venait de se réveiller et tentait de s'asseoir. Il fut aidé par Elrond et Gandalf. Il se massa longuement les tempes avant de regarder autour de lui d'un air surprit.

–Où suis-je ?

–Dans un autre univers, dit Elrond. Bienvenue parmi nous, mon ami.

–Que m'est-il arrivé ? Je me souviens de Sauron, de sa main brûlante sur mon cou…

Il ne put achever sa phrase et porta sa main à son cou en frissonnant. Il fut surprit de le découvrir intact, et baissa la main, perplexe. Il reprit la parole :

–Il semble que ce n'est pas encore aujourd'hui que je me retrouverais devant les cavernes de Mandos (1).

–Il semblerait, mon ami.

–Qui sont ces gens ? Demanda Gil-Galad en étudiant les personnes qui se trouvaient autour de lui. Son regard s'attarda sur de drôles de personnages plus petits que le nain présent, avec des cheveux bouclés et de grands pieds velus. C'est la première fois que je vois de pareilles créatures, pensa-t-il. Je me demande de quelle race il s'agit… Elrond prit la parole, et il se concentra sur son ancien officier. Il trouva qu'il avait changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu…

oO°Oo

Caroline

– Je suis là ! Répondis-je à mon père, croisant les doigts pour qu'il ne lui vienne pas à l'idée de monter dans le fenil, et pour que nos « invités » surprise restent tranquilles.

Comme à son habitude, il me fit la bise, puis je lui présentais Amandine. Celle-ci parvint à rester à peu près calme, mais je soupirais de soulagement lorsqu'il alla voir mon frère. Am' me demanda alors si j'en savais plus sur nos amis.

– Alors, en tout cas, tout ce que j'ai appris, c'est que celui ou celle qui les a amenés ici s'est aussi amusé à voyager dans le temps.

– Pourquoi ?

– Parce que le type qui « dormait » dans le lit de ma sœur est un grand roi elfique : Ereinion Gil-Galad.

– Qui ça ? Fit ma sœur. Je me tournais vers elle.

– Tu te souviens de la bataille au début du Seigneur des Anneaux, premier volume ?

– Celle avec tous les orcs et tous les elfes ?

– Et Sauron encore sous forme « humaine ». Il y a un elfe qui combat avec une lance, et c'est Gil-Galad.

– Okay. Donc la personne qui les a amenés ici l'a sauvé ?

– Y semblerait.

– Pourquoi ?

– Aucune idée. Je me remémorait l'elfe, et avec un petit sourire commentait : Mais il est pas mal.

– Je croyais que ton préféré, c'était Legolas ?

– Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

– À propos de quoi ? Demanda Florent, qui repartait.

– De nos personnages préférés, ripostais-je du tac au tac. Tu t'en vas ?

– Ouais.

– La prochaine fois, essaye de perde un peu plus souvent, j'en ai un peu marre de voir mon frère faire la gueule pendant toute la soirée…

– 'Vais essayer, dit-il, apparemment peu enthousiaste.

– Je t'achète le prochain Medal of Honor.

Il parut tout de suite plus intéressé.

– J'y réfléchirais. Bon, salut Marc !

– Salut !

Sur ce, il partit, et mon père revint dans la cuisine.

– Alors, qu'est-ce que vous voulez manger ce soir ?

– Pâtes ! M'exclamais-je aussitôt.

– Bolognaise ! Lança Amandine.

– Oh non, grogna ma sœur, encore une fana de pâtes !

– Tu veux une pizza ? Lui demandais-je.

– Ouais.

Et elle me passa sa commande, ainsi que Marc. Mon père, lui, décida de prendre également des pâtes. Il commença à les préparer pendant que je passais la commande de la pizza. C'était étrange de retomber dans le train train quotidien après les quelques minutes presque magique je j'avais vécu.
Puis, alors que les pâtes cuisaient, une alarme retentit sur l'ordinateur. Curieuse, j'allais voir de quoi il s'agissait. C'était mon virus qui entrait en action. Amandine me demanda de quoi il s'agissait, intriguée. Je lui expliquais en souriant, et elle explosa de rire, faisant venir mon père qui demanda ce qu'il se passait. Je lui répondis entre deux éclats de rire. Il haussa les épaules et décréta :

– Bon, je vais faire un peu de musculation pendant que les pâtes cuisent. Marc, tu t'occupes de les surveiller ?

– Ouais, répondit mon frère sans enthousiasme.

– À tout de suite, gloussais-je.

Alexandra pâlit alors qu'il montait les escaliers.

– Caro, il est où le banc de muscu ? Me demanda-t-elle d'une voix blanche.

– Dans le fenil, pour…

Je n'achevais pas ma phrase et pâlis à mon tour… avant de me précipiter dans l'escalier, suivie de ma sœur et l'Amandine. J'eus juste le temps de dire : « Papa, attends ! » qu'il avait ouvert la porte du fenil… et vu la communauté et les intrus dans la pièce…

– Caroline ! Hurla-t-il, rouge de colère.

oO°Oo

Elrond venait de finir d'expliquer leur situation à Gil-Galad lorsque des pas s'approchèrent de la porte. Tout le monde se tourna dans cette direction, se demandant s'il s'agissait des jeunes filles qui étaient là à leur arrivée. La porte s'ouvrit sur un homme d'environ 50 ans, qui les observa avec stupéfaction. Au bout de quelques secondes, il réagit :

–Caroline ! Hurla-t-il, faisant grimacer de douleur les elfes.

Les bruits de pas s'interrompirent, avant de reprendre plus lentement. Une jeune femme aux cheveux blonds cendrés apparut. L'homme les désigna avant de dire d'un air furieux :

Qu'est-ce qu'ils font là ces guignols ?

– Je sais pas, parut plaider la jeune femme. On les a trouvés tout à l'heure en faisant visiter la maison à Amandine.

Tout ce qu'ils purent comprendre, ce fut les prénoms prononcés. La discussion dura plusieurs minutes, puis, alors que l'homme semblait poser une question particulièrement pénible, la jeune Caroline respira à fond, avant de répondre d'une phrase qui laissa l'homme silencieux, comme choqué. Il lui posa une question, et la jeune femme répondit d'un ton qui leur laissa supposer que cela voulait dire : « c'est à prendre ou à laisser ». L'homme soupira et parut capituler. Il leva les mains, dit quelques mots, et repartit, non sans leur jeter un regard noir. Caroline soupira.

– Merveilleux, marmonna-t-elle. Voilà que je me fâche avec mon père. Manque plus que mon virus cesse de fonctionner et la journée sera parfaite.

– C'était ton père ? S'étonna Legolas.

– Oui. Il voulait savoir pourquoi vous étiez là, et qui vous étiez. Je lui ai dit qui vous étiez, et il a refusé de me croire. Il a menacé de vous mettre dehors.

– Et pourquoi a-t-il changé d'avis ?

– Car j'ai menacé de partir moi aussi.

– Pardon ? S'étonna Elrond.

– Il travaille, mais j'amène aussi de l'argent pour vivre. Plus que lui.

– Et il n'a jamais voulu cesser de travailler ?

– Si, mais je lui aie dit que s'il le faisait, je partais. Je vis ici pour pouvoir être tranquille…

– Pourquoi ?

– Car je gagne assez d'argent pour attirer la convoitise de personnes mal intentionnées. En vivant ici, je suis assurée d'avoir la paix, car la maison est trop modeste pour appartenir à quelqu'un de riche.

– Caroline ! C'est prêt ! Lança son père.

– C'est l'heure de manger. Je suppose que vous avez faim ?

– Évidemment, dit Gil-Galad.

– Je tiens à vous prévenir, ici, c'est pas un palais. Venez.

Après avoir hésité quelques secondes, tous lui emboîtèrent le pas. Ils passèrent devant deux portes, et elle leur expliqua qu'il s'agissait de sa chambre et de celle de son frère… mais qu'il valait mieux ne pas y entrer. Lorsqu'ils descendirent, ils virent un jeune homme les observer d'un air ahuri, la bouche grande ouverte. En passant devant lui, Caroline lui ferma la bouche en marmonnant :

Ferme ta bouche, crétin, tu vas gober une mouche.

Elle ajouta de façon à ce qu'ils comprennent :

– Et voici mon frère cadet, Marc. Bien que je me demande si on est vraiment de la même famille…

– Il est plus jeune que toi ?

– Il va avoir 16 ans d'ici peu, ma sœur Alexandra va avoir 18 ans dans quelques mois, et quant à moi, j'ai eu 20 ans il y a quelques jours.

– Donc tu es l'aînée.

– Plus ou moins, nous avons aussi une demi-sœur plus âgée.

– Une demi-sœur ?

– Oui, nous avons la même mère, mais pas le même père. Mais je ne tiens pas à en parler.

– Ah. Bon.

– Il faudra aussi que vous appreniez ma langue, ajouta-t-elle en aidant sa sœur à sortir une table d'un genre de remise. Je ne serais pas toujours là pour vous traduire tout ce que l'on dit.

– Est-ce vraiment nécessaire ? Demanda Gil-Galad, apparemment peu enthousiaste.

Elle s'interrompit et le regarda.

– Vous pensez que vous n'en aurez pas besoin ? Je ne suis pas à votre service. Et j'ai autre chose à faire que de m'occuper d'un elfe, qu'il s'agisse un grand roi ou pas.

Elle sourit ensuite d'un air étrange.

– De plus, vous n'allez pas me faire croire que vous ne pourriez pas faire mieux que moi ?

– Je te demande pardon ? Demanda Gil-Galad d'un air froissé.

– Eh bien… dit-elle en souriant, j'ai appris la langue commune et l'elfique simultanément, en à peine trois semaines. Vous n'allez pas me faire croire que vous êtes incapables de faire mieux que moi… Woups ! Fit-elle lorsque la table lui glissa des mains.
Gil-Galad rattrapa la table avant qu'elle ne lui écrase un pied. Puis il prit sa place en disant :

– Et quand commencent les leçons ?

Elle sourit d'un air amusé.

– Demain. Ce soir, je dois travailler, et je suis libre demain. Ma sœur et Amandine m'aideront.

Son amie lui posa une question, et elle répondit en souriant. Elle éclata de rire, avant de hocher la tête.

– Elle est d'accord. Mais je tiens à vous prévenir, c'est une langue assez difficile.

– Moins difficile que l'elfique, j'en suis persuadé, répondit Legolas.

Elle sourit d'un air étrange.

– Ne dites pas quelque chose que vous pourriez regretter plus tard, Legolas. Ici, nous parlons plusieurs centaines de langues et au moins autant de dialectes. Ma langue est classée comme une des plus difficiles à apprendre.

– Nous verrons bien, dit-il calmement. Nous verrons bien.

– Exact. Bon, j'en suis désolée, mais comme nous n'avions pas prévu votre… arrivée, il faudra attendre que le repas cuise. Marc ! Lança-t-elle.

Ouais ?

T'as préparé d'autres pâtes ?

– Elles cuisent là.

–Parfait. Je ne crois pas que vous connaissiez les pâtes, mais c'est un plat facile à préparer, et rapide à cuire en plus.

– C'est bon au moins ? Demanda Merry.

– Moi j'en mangerais tout le temps si je pouvais, mais ma sœur ne supporte pas qu'on en fasse plus de deux fois à la suite.

– Vraiment ?

Elle éclata de rire.

– Je vous déconseille d'essayer de nous faire la cuisine, vous deviendriez vite complètement fous ! Y en a pas deux d'entre nous qui aiment les mêmes plats !

– Et vous ne pouvez pas vous mettre d'accord ? Demanda Elrond, étonné.

Elle haussa les épaules d'un air désinvolte.

– Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Y a des jours où j'ai l'impression que c'est la devise de ma famille.

– Ça promet, soupira Aragorn.

– C'est une simple question d'habitude. Excusez-moi, dit-elle alors que son frère l'appelait.

Elle se dirigea vers lui et se mit à lui parler. Il lui tendit une cuillère en bois avec un long manche, sur laquelle se trouvait de drôles de filaments. Elle saisit la cuillère et goûta. Elle parut réfléchir quelques secondes, avant de secouer la tête et de dire quelque chose. Son frère hocha la tête, et elle fit demi-tour.

– Bon, écoutez, comme c'est pas encore tout à fait cuit, on va pouvoir en profiter pour aller chercher des sièges. On va être un peu serré, mais on n'a pas le choix.

Sur ce, ils remontèrent au premier étage. Ils durent faire plusieurs voyages, mais finalement, tout le monde put s'asseoir, exceptés les hobbits et le nain, trop petits. Caroline se dirigea vers ce qu'elle avait appelé le salon, et commença à ranger la table basse. Au bout de quelques minutes, tout le monde put se trouver une place. Ils eurent un peu d'appréhension au début à goûter ce qu'elle appelait des pâtes, mais ils se rendirent rapidement compte que c'était assez bon. En tous cas, c'était nourrissant. À la fin du repas, les enfants firent la vaisselle, puis Amandine, Alexandra et Marc montèrent. Aragorn en demanda la raison à Caroline, et celle-ci lui demanda s'ils voulaient dormir par terre. Ils seraient obligés de se partager les lits et matelas disponibles, car il n'y en avait pas assez. Elle se trouvait assise devant un étrange objet, et Gil-Galad lui demanda de quoi il s'agissait. Elle hésita avant de répondre :

– Cela s'appelle un ordinateur. En gros, c'est une machine qui peut être très utile lorsqu'on sait l'utiliser. Quand vous pourrez parler couramment ma langue, je vous apprendrais à vous en servir.

– À quoi cela sert-il ?

– Entre autre, à communiquer, un peu comme avec les Palantir. Mais c'est moins pratique par certains côtés, bien que la communication soit presque instantanée.

– C'est-à-dire ?

– Par exemple, je peux écrire à une personne qui se situe à l'autre bout du monde, sa réponse me parviendra en quelques secondes. Dans le registre du Palantir, on a pu inventer un truc très pratique qui s'appelle le téléphone. Mon correspondant peut se trouver à l'autre bout du pays, je l'entends comme s'il était à côté de moi. Depuis peu, on a même l'image en même temps que le son : on voit son interlocuteur comme s'il était en face de nous.

– Intéressant, dit Gandalf.

Elle grimaça.

– L'inconvénient avec l'ordinateur, c'est qu'on ne peut jamais savoir qui nous parle. Pour être tranquille, j'ai conçu un programme qui me permet d'avoir des informations sur celui avec qui je communique.

– Pardon ?

– Excusez-moi, vous êtes encore novices dans ce domaine. Il vaut mieux faire une chose à la fois.

– Ça n'a pas l'air d'être ton cas, objecta Gandalf.

Elle haussa les épaules d'un air soudain triste.

– Je ne suis pas comme tout le monde. Je peux effectuer plusieurs choses en même temps, je me rappelle toujours ce que je fais dans chacune. Et je n'oublie pas une information, tout comme j'apprends très vite.

Remarquant qu'il s'agissait d'un sujet sensible, ils n'ajoutèrent rien. La soirée se passa relativement calmement, et tous finirent par aller se coucher. Le lendemain matin, les elfes et Aragorn furent les premiers debout. Le père de Caroline les ignora, et ils se contentèrent de l'observer, jusqu'à ce qu'un bruit de pas descendant l'escalier ne retentisse. Caroline apparut, le cheveu en bataille et l'œil hagard. Elle manqua rentrer dans Gil-Galad, et ce ne fut que parce que ce dernier s'écarta que la collision fut évitée. Son père avait posé une tasse fumante sur la table, et elle se dirigea directement vers celle-ci, l'avalant d'un trait. En la reposant, elle bailla, avant de seulement paraître remarquer les gens autour d'elle.

– Bonjour, fit-elle avec un vague geste de la main qui pouvait passer pour un salut.

– Tu as failli heurter Gil-Galad, signala Aragorn.

–Ah ? Fit-elle, apparemment pas encore tout à fait réveillée. Me disais aussi qu'il y avait pas de mur à cet emplacement…

– Tu es toujours comme ça le matin ? Demanda Legolas, amusé malgré lui.

– Tant que j'ai pas eu ma dose de café, je suis un vrai zombie. Désolée. Bon, dit-elle en s'étirant, j'ai dit que je vous apprendrais ma langue. Par contre, il faut d'abord que je me lave. Dès que j'ai fini, on s'y met.

Elle se leva et se dirigea vers une porte, qu'elle ouvrit. Elle appuya sur quelque chose incrusté dans le mur, et la pièce s'illumina. Elle referma la porte derrière elle, et tous entendirent un bruit d'eau qui coulait peu de temps après. Elle ressortit de la pièce un moment après, les cheveux mouillés. Tout en se démêlant les cheveux, elle leur dit :

–Il faudra que vous vous laviez aussi. Mais pour ça, il faut que vous sachiez à quoi servent les équipements de la salle de bain. Venez.

–Caroline ! S'exclama son père.

–Ça y est, qu'est-ce que j'ai encore fait ? Soupira-t-elle. Désolée, vous allez devoir attendre. Me voilà, qu'est-ce qu'il y a ?

Ils entendirent la voix furieuse de son père, puis celle de Caroline, qui semblait perplexe. Puis elle poussa un juron elfique particulièrement grossier, les faisant sursauter. Gil-Galad s'approcha.

– On peut savoir ce qu'il t'arrive ?

Mais elle discutait déjà avec son père, semblant chercher à le convaincre de quelque chose. Il ne parut pas dupe, mais il regarda son poignet et parut inquiet. Il regarda sa fille et dit quelque chose, avant de partir. Cette dernière semblait déjà l'avoir oublié, et elle tapait sur ce qu'elle avait appelé un clavier d'un air préoccupé…

À suivre…

(1) Note : Valar de la mort. Valar équivaut à dieu