Pique, Cœur et Caro


Titre : Pique, Coeur, et Caro

Fandom : Multi-cross-over

Rating : T, par sécurité

Disclaimer : Toute une partie vient de nous. La communauté vient du Seigneur des Anneaux, merci au grand J.R.R.Tolkien , ce n'est qu'un emprunt temporaire et nous ne nous faisons aucune monnaie grâce à cela.
SG1 et leur univers sont la propriété de la MGM, je ne fais que les emprunter de façon bénévole .
Merci de nous demander avant de copier tout ou partis de notre texte.

Note : Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, les lecteurs ; bonjour !
Désolé pour ce scandaleux délais, on a peu d'excuses, alors on va pas vous ennuyer plus que cela.
Nous voici donc réunis ici pour une longue, très longue histoire (ainsi vous serez prévenus) qui est déjà quasiment toute rédigé (il ne manque plus que quelques chapitres sur lesquels nous travaillons). Pour plus de détails, allez jeter un oeil sur notre profile.
Attention, nous avons droit à un peu de violence dans ce chapitre. Rien de trop méchant mais je tiens à vous avertir.

Bonne lecture.


Chapitre 4 : Full Color

Amandine

. . .Moi je me cachais dans un coin. Caro et son père se disputaient durement. Lui avait peur. Entre les hurluberlus qu'il hébergeait et maintenant le mystérieux virus que sa fille avait créé -dans sa grande stupidité-, qui annonçait qu'une toute aussi mystérieuse organisation américaine allait se lancer à leurs trousses, il y avait de quoi non ? Finalement, il avait bien plus peur de sa propre fille que de ces gens. Il la croyait capable de tout. C'était elle qui était la cause de tout ça, à bien y réfléchir, elle était la cause de la quasi-totalité de ses problèmes.

Et elle, elle le méprisait. Elle le méprisait pour ces frayeurs qu'il se faisait d'un rien. Elle le méprisait parce qu'il ne maîtrisait rien de rien de ce qu'il se passait dans sa vie. Alors qu'il lui était si facile de conserver son sang froid. Il était son père non ? N'est-ce pas de lui qu'elle a apprit tout ça ? Où était donc passé tout ce savoir ? À partir de quand avait commencé la déchéance ?

. . .Je n'arrivais pas à comprendre les paroles, je percevais tout juste les intonations. La pièce pris des couleurs ambrées. Le père de Caroline changea doucement d'apparence. Il grandit, se para d'une cape courte et rouge, et portait à présent un plastron d'un pourpre sombre. Il gesticulait beaucoup en faisant de grand pas. Il allait et venait dans une pièce tout en bois richement décoré.

Moi j'avais peur, le moi de maintenant.
Mes souvenirs sont rarement agréables, ils finissent presque toujours par des morts. Le moi du moment n'était absolument pas impressionné par le bouffon. Elle le percevait comme cela. Elle, moi, répondait des phrases pleines d'une ironie qui échappait à l'homme. Il était trop bête pour cela ? Quoi qu'il en soit, ça ne dura pas. Je ne sais pas ce qui lui a permit de comprendre, le petit sourire ? Un mot plus haut que l'autre ? En fait, je ne voulais pas savoir, je ne veux pas me souvenir, jamais. J'ai peur. L'homme change de ton brusquement et il s'approche en dégainant une longue épée, grise de sang séché. Il me menace de la pointe, et je fais exactement comme juste avant, elle met mon doigt sur la pointe et l'écarte doucement, en ricanant. Et elle, je, sommes brusquement attaquée. Je manque de mourir d'une crise cardiaque. Elle sort une dague et pare l'attaque. J'ai l'impression que mon bras va se désintégrer tellement le choc est violent, mais il tient. C'est là que je la sentit revenir. C'est elle qui l'éprouve, pas moi n'est-ce pas ? Mais le problème, c'est qu'elle, c'est moi.
Comment peut-on avoir les souvenirs d'une autre ?
Une haine sourde, terrible de part sa pureté. Elle m'emplit toute entière et j'éprouve tout avec une nouvelle acuité. L'homme ignore complètement les changements qui se sont opéré en moi et s'élance dans une nouvelle attaque. Mais avec tant de lenteur ! Ça m'amuse. Non, ça l'amuse, elle, moi je suis écœurée. J'ai déjà eu un autre souvenir comme celui-là, je sais ce qu'elle va lui faire. Elle esquive l'attaque, et encore la suivante. Et pour lui montrer sa force, au nouvel engagement, elle esquive et lui assène un coup sur la tête. Elle rit ouvertement, ce qui fit entrer l'autre dans une rage bien plus noire. Il se retourne avec toute la force et la détermination qu'il put. J'eus tout juste le temps de faire un pas en arrière, et une ouverture béante apparut dans mon vêtement. Mon rire stoppa net. Je me ruais vers lui, passais sous sa garde et ouvris à mon tour le ventre de mon ennemi. La dague traça une ligne discontinue jusqu'au cœur. Ma force l'avait enfoncée jusqu'à la garde et avait fait fit des côtes. Moi du présent, cru vomir lorsque les entrailles s'échappèrent, avant que l'homme, ou ce qu'il en restait, ne tombe dessus. Un autre homme entra alors dans la pièce, je me retournais d'un bloc, pour faire face à un éventuel assaillant. Il leva les mains, je baissais ma garde, et m'éloignais avec dédain des ordures. Il y eut un bref échange entre moi et lui, et nous quittons les lieux. Nous sommes amis. Je l'avais déjà vu auparavant.

. . .C'était l'odeur qui restait, l'odeur du sang, de la bile et de tout le reste. Je savais que la « crise de rappel » était finie, mais je n'arrivais pas à m'en extirper. Et si je n'y parvenais pas, je risquais bien un second tour. Ce qui mettrait fin aux peu de nerfs qu'il me restait.
J'essaye de lever un bras. J'ordonne à mon cerveau d'ordonner à mon bras de se lever. Les yeux alors ? Non plus. Pourquoi ? Une vague nauséeuse reprit l'assaut des bonnes pâtes bolognaises mangées un peu plus tôt. Mais pourquoi ? Pourquoi suis-je un assassin ? De guerre lasse, je m'en prends à mes paupières une nouvelle fois. Elles s'ouvrent, tout doucement, sur une Caroline proche de l'apoplexie. Ce n'est peut-être pas une extraterrestre après tout, elle semble capable de s'affoler. Avec des gestes d'une grande douceur elle ajoute un coussin sous ma tête. Elle me fait mal d'ailleurs, ma tête. J'ai dû tomber pendant... ou ça, ou alors c'est ce satané souvenir qui passe mal. Elle me dit quelque chose en me fixant, mais là franchement j'ai pas envie de communiquer, je ne comprends même pas ce qu'elle me raconte, elle me parlerait en elfique que ça ne changerait pas grand chose. Je me mure dans un mutisme, et fixe un point au-dessus d'elle. J'essaie de comprendre ce que j'ai vu, de faire le lien avec les autres... massacres... que j'ai dans la tête. Ils concernent tous des gens assez richement vêtus. Pourquoi je les tue ? Pourquoi je les aie tués ? Qui sont-ils ? Et qui est cet homme qui vient me chercher et avec qui j'étais systématiquement ? Je me pose des questions et des questions, mais je n'arrive quasiment jamais à des réponses. J'arrive même pas comprendre ce que je vois. J'ai 21 ans. C'est ce que mes parents disent, et je les crois. Mais ces souvenirs semblent lointains. J'ai commencé à tué à 6 ans ou quoi ? Et ces gens semblent... comme la communauté... sortit tout droit d'une autre dimension.

o°O°o

. . .Caroline fixa son amie avec intensité, une tempête se déchaînait dans son crâne, on pouvait le voir dans les yeux. Elle avait crut la perdre juste une seconde, lorsqu'elle s'était réveillé, l'espace d'une seconde ce n'était pas elle qui la regardait. C'était... étrange. Et pas rationnel pour trois sous. On ne peut pas juger de quelqu'un par son regard en une fraction de seconde, non ? En tout cas ce n'était pas Amandine. C'était une personne bien plus âgée, et bien plus... farouche... quelqu'un de dangereux assurément.
. . .Sa crise avait mit un terme à la dispute stérile qui l'opposait à son père. Elle ne savait pas qu'elle était dans la pièce, mais elle l'avait entendue s'effondrer contre le mur. Et Amandine avait convulsé. Ça n'avait pas duré longtemps, parce qu'après elle semblait comme endormie. Mais agitée. Ignorant que faire, Caroline avait laissé son père paniquer dans son coin et avait appelé Jérôme. Il lui avait conseillé de la laisser se remettre, appeler un médecin serait inutile. Du repos, du repos et du repos, un peu de soupe et encore beaucoup de repos. Il ne pouvait pas se libérer pour le moment, pour cause de chantier important et de patron excédé par ses absences. Alors elle l'avait installé dans son lit et avait attendu son réveil. Par mesure de précaution Caroline alla voir quand même Gandalf, le conseil du meilleur des magiciens ne pouvait être superflu non ?

. . .Il entra dans la chambre surpris par le désordre ambiant, un chat n'y retrouverait pas ses petits ; et s'approcha du chevet de la malade. Il peina à reconnaître la jeune femme qui avait fait face à Boromir sans sourciller. Elle était blanche comme un linge, et dormait d'un sommeil très léger.

- Vous dites que c'est un souvenir qui l'a mise dans cet état ?

- Oui, elle a perdu la mémoire, et c'est se rappeler de sa vie d'avant qui lui provoque ces crises.

Sceptique, le magicien posa sa main sur le front d'Amandine pour en prendre la température. Pas de fièvre, peut-être bien après tout.

- Si c'est le cas qu'attendez-vous de moi ?
- Je... je ne sais pas, mais elle n'est pas bien, n'est-ce pas ?

Le sage se tourna vers elle avec un sourire désolé, il voyait très bien où elle voulait en venir.

- Je ne peux rien contre son passé. Il faut qu'elle l'accepte. C'est très certainement son refus de l'affronter qui la met dans cet état, son refus de faire sien ce qui la constituait avant. Que savez-vous de sa vie d'avant ?

Caroline regarda son amie se débattre avec ses draps.

- Rien, ou presque. Elle ne me parle que d'après, de sa vie après son accident.

Elle comprit. Gandalf avait raison, Amandine devait avoir peur de disparaître sous les souvenir, de disparaître derrière l'ancienne Amandine.
Elle demanda :

- Vous avez déjà vu ça ?
- Oui.
- Et ?
- C'est un processus lent, mais obligé. Elle voudra certainement être seule à son réveil.

Il s'apprêta à partir, mais Caroline le retint. Elle avait affronté les pare-feu de tous les gouvernements ou presque de la planète, avait trafiqué ses comptes en banque en toute illégalité, avait compris et apprit une bonne cinquantaine de langue mais que le cerveau de sa seule et unique véritable amie lui fasse défaut ainsi la dépassait. Et elle avait peur. Pour peut-être la première fois, elle avait réellement peur. C'était la seule personne que ses... dons pour l'informatique et une quantité d'autres choses n'effrayait pas. Ça ne lui faisait d'ailleurs ni chaud ni froid à présent. Elle était plus intéressée par ses gâteaux au chocolat que par le fait qu'elle aurait pu trafiquer ses notes aux partiels, ce qui lui aurait évité un fastidieux rattrapage qu'elle avait eu haut la main. Caroline était juste sociable ce qu'il fallait pour ne pas être totalement isolé, et avait peu d'amis. Elle préférait les sélectionner rigoureusement et pouvoir compter sur eux. Et, curieusement, elle put très rapidement compter sur Amandine, même si elle ignorait la totalité de sa vie. Elle savait qui son amie était et ça lui suffisait.
C'était dingue cette impuissance. Elle ne voulait pas rester là à la regarder combattre des chimères seule, elle ne pouvait pas non plus sortir en courant, faire trois tours de la maison à fond et revenir toute suante mais calmée. Quoique... si elle mettait suffisamment de déodorant ça pouvait faire l'affaire. Elle soupira devant sa propre stupidité et se dégagea un espace dans la zone « vêtements à certainement descendre dans la buanderie » pour s'asseoir à ses côtés.

. . .Et elle se réveilla. Et là où Caroline avait vu quelqu'un de dangereux, Gandalf vit le regard d'une race très ancienne qu'il n'avait plus vue depuis bien longtemps sur son monde.
Ainsi, c'était ici qu'ils étaient venus. Quel garde du corps ! Il se tourna vers Caroline, en essayant de comprendre son importance. Elle avait pourtant été claire là-dessus, elle n'avait aucun rang particulier. C'était donc Caroline pour elle-même que protégeait la Ennia. Il était curieux de savoir mais le fait qu'elle soit amnésique l'inquiétait. Était-ce une amnésie volontaire ou un réel accident ? S'était-elle mise à protéger Caroline avant ou après ? C'était simple de savoir :

- Caroline, vous connaissiez Amandine avant son accident ?

- Non, non, pas vraiment, je l'ai croisée deux ou trois fois avant. Et puis après les médecins ont dit que pour favoriser sa mémoire on avait besoin de moi, parce qu'elle venait de me rencontrer.

Il parut réfléchir quelques instants, puis il poussa un grognement de satisfaction. Donc elle était bien là pour la protéger. Mais une amnésie, c'est sacrément poussé. Il faudrait qu'ils cherchent contre quoi les Ennias se battaient. D'aussi loin qu'il se souvienne, ils étaient un peuple globalement pacifique mais qui avait développé une technicité des combats qui dépassait largement les elfes. Ils étaient terriblement redoutables, et il valait mieux ne pas être leur ennemi.

° O °

. . .Il les observait depuis 9 heures à présent, et les nouvelles n'étaient pas excellentes. Bien que le pire soit d'annoncer lesdites mauvaises nouvelles à Stark. Il prit une longue inspiration et quitta son arbre, où il était camouflé depuis le matin. S'il ne laissait pas entendre que c'était faisable il se faisait tuer, et s'il laissait entendre que c'était faisable et qu'il se ratait -le plus probable-, il se faisait tuer, s'il se faisait prendre, il se faisait tuer.
Bref, il était un homme mort.
Il expira lentement tandis qu'il s'éloignait le plus silencieusement possible, il avait des elfes à éviter. Mais se dire qu'il était mort quoi qu'il fasse ne lui donnait pas plus de courage que ça. Bon, essayons autre chose. Et si on disait qu'il était un homme en vie jusqu'à ce qu'il se rate. Ouaip, il allait faire de son mieux et il en mourrait. Parce qu'ils devaient être discrets et... qu'ils avaient en face d'eux vraiment trop de monde. Il n'avait pas réussit à tous les compter. Et encore. Une jeune femme avait quitté en trombe la maison. Même une en moins, la baraque était pleine comme un œuf. Comment faire une extraction sans en alerter un seul ? Des elfes en plus !

Il était arrivé sur le site, il tourna en rond encore un moment, il était étrange de savoir quand on allait mourir. Il prit son communicateur et appela le laboratoire.

- Numéro 3 ? Vous avez repéré la cible.
- Oui, la cible, et sa collectivité.
- Précisez.
- Des elfes, un nain, des... hobbits...
- Des hobbits ?
- Oui, des hommes, sans compter sa famille.
- Ça fait combien ? En tout ? Ensuite donnez-moi le détail.

Numéro 3 soupira, et voilà, il était confronté à ses propres difficultés. C'était sa première mission, bon sang, et il allait y laisser sa vie. Ok c'était pour eux, pour tous, pour le peuple, pour sa mère...

- J'attends numéro 3, j'attends.
- Ils sont douze, plus les trois autres membres de sa famille. Quatre hobbits, un nain, quatre elfes, deux guerriers, humains je dirais. Et il y a cette fille qui est partie. Elle pourrait revenir. Donc deux yeux de plus.
- M'oui. Un plan pour l'extraction ?
- Heu...
- Numéro 3, je n'ai pas une patience infinie.
- Hum. Avec tous ces témoins, il faudrait pouvoir l'approcher, l'attirer au loin de tout ce monde. Ou alors, nous formons une équipe d'extraction.
- Avec 16 personnes autour d'elle, vous croyez cela possible ?

Numéro 3 laissa descendre un moment son communicateur. Ça y est, il y était. Il allait signer son arrêt de mort, ici et maintenant. Curieusement il ne ressentit rien de spécial. Perturbant, non ? Il prépara ce qu'il allait dire et reprit :

- Voilà mon idée...

o0O0o

Sam se frotta les mains, et sourit à l'écran de l'ordinateur.

- On s'approche Sacha, on s'approche. On vient d'obtenir les autorisations pour se rendre en France.

Le programme haussa les épaules. Une petite pancarte apparut au-dessus de lui.

- Mais non, personne n'abandonne rien. Et tu ne seras pas détruit pour autant. Tu sais très bien que rien ne fonctionne correctement sans toi, tu nous l'as prouvé la semaine dernière en te désactivant. Tu te rappelles ? Quand tu me boudais parce que je cherchais une fois de plus ton créateur.

A cet instant, O'Neill fit son apparition dans l'embrasure de la porte.

- Alors Carter, on fait du gringue à la machine ?
- Oui mon Général ?
- Prête pour faire une petite bombe diplomatique chez les mangeurs de grenouille ?
- Oui mon Général.

Le général O'Neill s'apprêtait à quitter le labo, lorsqu'il se retourna brusquement :

- C'est grand un département, comment comptez vous le retrouver là-dedans ?
- Hé bien c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, il suffit de se faire un aimant.

Le militaire haussa des épaules.

- Très grosse la botte.

Carter, qui avait finit de réunir ses affaires, s'approcha très près de lui et lui souffla :

- Très gros l'aimant.

Et le planta là. Jack esquissa un sourire, il ne sut que faire de cette réponse mi-figue, mi-raisin, et la suivit.

0 ° O ° 0

. . .Elle dormait, encore. En fait, plus ça allait, plus il avait l'impression qu'elle avait besoin de dormir. Ç'en devenait inquiétant. Il avait passé une très longue heure avec Alan, son psychologue. Lui il voulait tout lui raconter, il voulait qu'elle se rappelle leurs longues histoires, il voulait... il voulait revoir cette petite flamme, celle qu'il avait vu la première fois qu'il l'avait aperçue. Une flamme indomptable, qui ne supporte aucun ordre, aucun système d'aucune sorte et qui avait fait d'elle une sorte de guerrière en permanence sur le « qui-vive ». Elle était insupportable, caractérielle, fantasque, complètement à côté de ses basques, complètement inconsciente du danger. En y réfléchissant plus, en fait, on pouvait même croire qu'elle aimait le danger. Et lui il l'aimait, elle. Follement. Et la voir dans cet état, si... fragile et si... passive. Wen Arien était en constant mouvement, même en dormant. Elle avait tellement changé. Mais il l'aimait toujours, elle restait Wen Arien même dans un état pareil. Elle se remettrait. Alan l'avait dit. Et lui aussi en était certain. Amandine était solide, elle parviendrait à faire le deuil de ses souvenirs. Il lui fallait du temps, c'était tout. Alan l'avait dit. Il lui avait fait promettre de ne rien lui raconter, elle devait se souvenir d'elle-même. C'était ça le plus dur. Il aurait voulut lui raconter comment ils s'étaient rencontré. Leur première année de vie commune. Il lui caressa doucement les cheveux. Elle tremblait encore. Après sa crise, elle avait débarqué en trombe sur son chantier, fait une peur bleue à son patron (un jour, il en ferait un infarctus), et l'avait attendu jusqu'à la fin en ruminant. C'est ainsi qu'il nommait entre eux cette période où elle ne cessait de voir et revoir les images dont elle se souvenait. 400 bornes d'une traite sur un coup de tête, du Wen Arien tout craché. Et si ce qu'il avait apprit était juste, il faudrait qu'elle fasse le chemin inverse assez rapidement.

Le téléphone sonna à nouveau. Quand on pensait au loup...

- Adamoundo ?
- Cuzéor.

Son ami poussa un soupir.

- Je crains de ne pas avoir de bonnes nouvelles.
- Lâche le morceau.
- Ils viennent de quitter la montagne.
- Qui ça ils ? Et pour où ?

Petit silence.

- Sg1 au grand complet, le Général O'Neill en prime. Et devine qui ils cherchent...

Nouveau petit silence. Jérôme lâcha un gros et bien gras juron.

- C'est pas possible, ils se sont donnés le mot ! Ça va faire combien ?
- On compte la communauté de l'anneau ?
- Torlias
a dit cinq agents de Stark, plus les douze de la communauté, et six c'est ça ? Pour Cheyenne Mountain. Magnifique.
- Le plus beau serait qu'ils arrivent tous en même temps.
- Cuzéor...- Adamoundo ?
- Tais-toi.

Ils se plongèrent tous les deux dans un petit moment de réflexion.

- Comment va Wen Arien ?
- Pas terrible. L'accident est arrivé vraiment à un mauvais moment et elle se remet difficilement.
- Et toi, comment tu prends ?

Jérôme tiqua.

- Tu poses bien des questions Zaou.
- Je suis coincé dans un tas de poussières, cerné par des militaires plus sympas les uns que les autres.

Là il ne comprit plus.

- Tu es ironique ?
- Ha non, pas du tout, mais il n'y a pas un seul membre de notre communauté. Je suis tout seul, moi. Et puis, ne noie pas le poisson dans l'eau.
- Zaou, j'ai assez passé mon esprit au crible avec Alan, j'ai pas besoin d'une seconde séance. Mais merci d'être là.

Il raccrocha le combiné, en espérant que ce soit la dernière fois de la journée.

. . .Une bonne heure passa avant qu'Amandine n'ouvre un œil. Elle s'affola tout de suite et se mit à hurler. Jérôme l'attrapa dans ses bras et la berça en lui disant des mots doux. Sa compagne ne se calma pas du tout, et elle se mit à crier :

- J'l'ai tué, j'l'ai tué, j'l'ai tué.

Il lui parla doucement.

- Oui mamour, oui.
- C'est horrible. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas.
- Ça va aller.

. . .Elle s'énerva et dit un tas de chose qu'elle regretta tout de suite après. Elle savait très bien que Jérôme ne lui dirait strictement rien. C'était la politique d'Alan, et il l'appliquait à la lettre. S'en était très très frustrant. Elle avait eu une longue dispute avec le thérapeute à ce sujet. Et s'était même promise de lui faire avaler son crayon un de ces jours. Il avait la mauvaise et irritante manie de le mâchouiller pendant qu'elle lui parlait. Elle n'aimait pas cet homme, elle n'aimait pas son crayon, et n'aimait pas plus ce qu'il disait.
Ce qu'elle détestait par-dessus tout était que Jérôme l'écoutait. Elle, elle n'écoutait strictement rien de ce qu'il pouvait blablater. Pas un seul mot. Alors elle ouvrait le bec en début de séance et ne le refermait qu'une heure plus tard. Elle était très douée pour ça.
Jusqu'à présent c'était passé, elle avait réussit à garder son calme face au silence de l'homme qu'elle aimait (mais pas du tout face à Alan, apparemment qu'elle connaissait d'avant). Là, c'était trop. Ils étaient rares les moments où elle percevait clairement les sentiments, et là... elle avait revécut la scène de bout en bout. Le plus perturbant était la sensation d'excitation qu'elle avait eu quand elle avait planté son couteau dans le corps de l'autre. À présent elle devait comprendre qui elle était. Les petits pas de fourmi qu'elle faisait avec son fichu cerveau n'étaient plus suffisants. Elle contint la colère qui montait en elle, et lança, peut-être plus sèchement qu'elle ne le voulut :

- Qui je suis ?

oOoOo

Amandine

. . .Je grommelle, je grogne, je ronchonne, je rouspète, je fais tout ce qui a une connotation négative et qui suggère tempêter ou râler. Notez qu'en même temps je prenais tout de même la peine de regarder la route. Je pourrais m'énerver et foncer tout droit avec ma vieille ZX, mais dans ma grande bonté, je ne passe pas encore mes nerfs sur les autres. Pas encore, parce qu'en fait ma colère a un but, une cible. Que je n'ai pas encore déterminée, mais qui va se trouver rapidement je pense.

La voiture n'est pas encore arrêtée que je tire le frein à main. L'arrière de la bagnole chasse (maudite chose qui ne tient pas la route), et s'échoue contre le trottoir. Je sors en claquant la portière, évidemment, et tape trois coup à la porte.
Je n'étais partie que deux jours, et beaucoup de choses avaient changées. C'est Alexandra qui m'ouvrit. On aurait dit une naufragée qui venait de trouver une bouée de sauvetage.

- Enfin ! S'exclama-t-elle et elle m'attrapa la main pour me tirer à l'intérieur sans autre forme de procès.

. . .Et elle m'expliqua en deux mots que son père rasait les murs, que Gimli était invivable, que les hobbits qui s'ennuyaient, alignaient connerie sur connerie en entraînant Frodon et Sam avec eux, et que sa sœur, qui portait tout ce beau monde à bout de bras, était en train de péter un câble. Personnellement, elle servait de tampon vivant entre les différents protagonistes.
Elle débarqua dans ce qui était il y a trois jours encore le salon. Tout les meubles avaient été poussés pour installer une gigantesque table. Installée tout autour, la communauté, exception fait de Boromir et Gimli, écoutait attentivement Caroline qui écrivait en langage commun et en français sur un panneau en face d'eux.

- Cours de Français intensif. Expliqua sa sœur. Et cet après-midi cours de civilisation.
- Et où sont...- Boromir dans son coin avec son épée, il n'a pas du tout apprécié que les hobbits s'en sortent mieux que lui dès la première leçon, quant à Gimli, il n'a jamais voulut apprendre quoi que ce soit. Il a toujours espoir de rentrer chez lui rapidement.
- Je vois. Fis-je en soupirant.

Ce n'était pas ici que j'allais pouvoir calmer mes nerfs.
Caroline stoppa son cours en m'apercevant. Elle marcha sur moi droite comme un i, une grande respiration plus tard :

- J'ai besoin de toi. Je voudrais que tu t'occupes de Gimli et Boromir, et aussi des hobbits s'ils s'échappent encore de la classe.
- Hein ?

Là, c'est moi qui suis dépassé par les évènements.

- S'il te plaît, occupes toi au moins de ces deux cas ! Tu t'rends comptes qu'ils s'entraînent dans le jardin ?
- Et ?

Là, la fameuse Caro capable de tout encaisser avec un flegme à faire pâlir les Anglais craqua.

- J'ai deux voisins.
- Ho.
- Oui ho. Je ne suis pas la seule à habiter dans mon trou paumé, tu viens juste de le découvrir ou de le comprendre ?
- Caroline, du calme. Répondis-je sèchement. Je vais aller les voir, mais comment veux tu que je communique avec eux ?

Elle me regarda, fit une moue, et retourna à ses élèves.

- Innove.

. . .Je partis donc en chasse de mes proies. Je trouvais la première dans le jardin en train de faucher l'air à grands coups d'épée. La seconde semblait le narguer de dessous un arbre, assise en tailleur la pipe au bec. Une petite idée germa dans mon esprit.

Caroline avait interdit les armes dans la maison, le port d'arme pour être plus exacte. Elles étaient donc toutes réunies dans sa chambre. Miraculeusement, il y avait eu une once de rangement pour laisser de la place aux épées, haches et autres instruments de guerre. Si la moitié du quart de ce qu'avait raconté Jérôme était vrai, j'étais rompue à l'utilisation de tous ces objets. Je laissais mes mains glisser sur les lames, toucher la fraîcheur du métal et arrêtais mon choix sur une petite et large. Elle avait une sœur jumelle cette beauté. Bref, c'était les deux épées courtes de Legolas. Parfait. Je les sortis de leurs fourreaux et les testais. Je me surpris dans mon aisance. Il y avait donc du vrai. Tant mieux. Je sortis en rangeant dans mon dos mon butin.

Arrivé dans le jardin, j'observais attentivement le soldat. Non, je ne voyais rien de particulier. Donc c'est que mon savoir, pour sortir, doit être appliqué. Très bien. Je me dirigeais alors droit sur lui. A trois pas de Boromir je sortis les épées courtes et lui fit face. Il me fixa, sérieusement surpris, et se mit en garde. Ok, c'est l'heure de vérité. Je stresse à mort, et le temps se suspendit jusqu'à ce qu'il lance la première attaque. Moi j'étais complètement pétrifié et j'aurais perdu la tête s'il n'avait pas arrêté son arme à 5 cm de ma gorge. Il baissa sa lame, de l'amusement dans le regard. Mais je m'attendais à quoi moi ? Que j'allais faire des étincelles avec les trous que j'avais dans la tête ? J'étais encore dans mes pensées quand Boromir se décida pour une seconde attaque. Le contre partit tout seul.

°OoO°

Boromir l'avait vue arriver en se demandant ce qu'elle pouvait bien leur vouloir. Certainement envoyé par la mini tyran qui vivait dans la maison. Et puis il l'avait vue dégainer. Il la fixa un long moment surpris. Que voulait-elle ? Elle voulait prendre des cours ? Il décida alors de tester ses réflexes. Et eu un petit sourire en s'arrêtant très près. Maintenant qu'il lui avait fait peur, elle serait bien plus vigilante. Il laissa passer un petit moment et repartit à l'attaque en douceur. Nouvelle surprise : elle para. Et elle le fit très bien. La plupart des débutants avaient le bras qui flanchait lorsqu'ils contraient, et dans ces cas-là, les épées glissaient l'une contre l'autre, ce qui mettait dans une position délicate. Mais elle avait tenu le coup. Il remarqua alors qu'elle avait légèrement changé de position, elle était à présent de trois quarts face à lui. Ce qui lui donnait un avantage en matière d'esquive. Il se demanda un instant si elle ne faisait pas semblant d'être novice. Boromir fit un mouvement ample de l'épée, elle para et il enchaîna de plus en plus vite. La jeune femme se défendait à merveille, et avec une grâce et une nonchalance fascinante. Il choisit de passer à plus compliqué, et nota tout juste qu'elle papillonna des paupières, comme si elle se réveillait brusquement. Et cette fois là, elle ne para pas, mais alors pas du tout, c'est tout juste si elle fit le moindre mouvement. Et c'est limite s'il ne lui coupa pas le bras. Elle écopa heureusement que d'une belle entaille. Et d'une belle frayeur, et apparemment aussi d'un accès de colère très violent. Elle cria une première fois, certainement de surprise. Le second cri dut être celui de la douleur. Et le hurlement, c'était de la colère. Il ne comprenait pas un mot de ce qu'elle pouvait bien lui dire, mais ça le faisait rire. Elle gesticulait dans tous les sens, visiblement en se fichant pas mal de la plaie qui saignait. Elle finit par lui frapper le torse en criant :

- Tuesz'unabruti.

Elle répéta sa phrase deux fois encore. Il secoua la tête pour signifier qu'il ne comprenait strictement rien. Elle s'entêta et répéta une fois de plus en détachant les mots :

- Tu – es – un – abruti.

Il conclut tout seul que ce ne devait pas être bien gentil. Elle frappait du doigt son torse. Il fit de même sur sa poitrine en s'appliquant :

- Tu sai zun abrutis.

Elle lui fit alors un sourire triomphant, lui donna un dernier coup d'index et dit lentement en accentuant la prononciation :

- Tu es un abruti.
- Tu es un abruti. Lui répondit Boromir du tac au tac.

Elle se désigna de l'index et poursuivit :

- Je suis un abruti.

Il répéta une fois de plus la phrase avec le nouveau mot, amusé du tableau qu'ils donnaient. Ils étaient au milieu d'un champ à côté de la maison, des armes à la main en train de se traiter probablement de crétin.
Amandine désigna alors Gimli sous l'arbre.

- Il est un abruti.

Boromir ricana et articula parfaitement :

- Il est un abruti.

Il voyait très bien où elle le menait, mais ça lui plaisait finalement. Il se montra :

- Je suis.
- Oui ! S'exclama-t-elle.

Il la montra

- Tu es.

Et Gimli :

- Il est.
- Nous sommes
. Poursuivit-elle en faisant un large cercle avec ses bras.
Là il ne comprit pas. Elle se toucha, puis lui, puis fit d'ample geste pour englober le reste du monde :

- Nous sommes.

Boromir acquiesça, il avait comprit. Pas si compliqué finalement cette langue.

- Nous sommes. Reprit-il fermement.

Elle parut réfléchir un instant, puis le tira par la manche pour l'emmener jusqu'à côté de Gimli qui dormait à présent. Elle le désigna, lui et le nain, et fit un pas en arrière.

- Vous êtes.

Le soldat se concentra, c'était une locution qui le désignait lui et le nain, mais pas elle ? Pas celui qui parle ! Il saisit et confirma :

- Vous êtes.

Et pour la dernière personne, elle se mit de profile, et fit mine de parler à une autre personne.

- Ils sont.

Là ça le dépassait. N'avait-il pas déjà apprit un 'Il' ? Et qui désignait une troisième personne ? Elle plissa les yeux et sembla décider que c'était encore trop compliqué. Elle récita tout les pronoms :

- Je. Tu. Il. Nous. Vous.

Boromir fit la grimace, donc le mot d'après n'est pas un désignant ? Il pris son tour :

- Je. Tu. Il. Nous. Vous.

Elle poursuivit.

- Je suis. Tu es. Il est. Nous sommes. Vous êtes.

Il répéta lui aussi, et compris qu'il devait s'agir d'un verbe très usité. Peut-être avoir ? Elle posa la main sur l'écorce et dit très gravement :

- Arbre.

Ouf, encore? Elle parlait du végétal, de l'essence ou du matériau ? Elle répéta le mot mystérieux et désigna avec aussi le voisin, et tout les autres sur la propriété. Un terme générique donc. La plante. Il confirma qu'il avait comprit en répétant la locution. Elle reprit alors les termes qu'elle lui avait enseigné un peu plus tôt.

- Il est un arbre.

Il saisit de suite et répéta tout content de lui. Le verbe, il avait comprit. Il s'agissait d'être. Elle leva l'index pour attirer son attention. Elle fixait l'arbre, ouvrit de grands yeux, se prit le menton dans la main et dit bien clairement en exagérant l'intonation :

- Qu'est-ce que c'est ?

Et elle répondit tout de suite à sa question :

- Il est un arbre.

Boromir comprit qu'elle lui donnait une phrase pour questionner, mais sur quoi ? Il répéta difficilement :

- Qsè que sè ?

Elle lui sourit, fière qu'il ait vu son manège.

- Qu'est – ce – que – c'est ?
- Qu'est-ce que c'est ?

L'homme pointa du doigt l'arbre et demanda :

- Qu'est-ce que c'est ?

Elle répondit.

- C'est - est - un - arbre.

Le soldat réfléchit une seconde et désigna son épée.

- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est une épée.

Il répéta ce qu'elle venait de lui dire, en tentant d'isoler les mots du verbe. Elle le comprit et répéta pour le lui confirmer :

- Une épée. Épée.

Là dessus Boromir éclata de rire. Il allait pouvoir communiquer un minimum avec elle. Et il en était heureux, ce petit brin de femme l'intéressait. Elle était capable par moment de quelques mouvement de grâce lors de leur combat, et la seconde d'après plus rien. Interloquant. Il demanda alors comment se nommait la pipe de Gimli. Ce dernier se réveilla à cause de leurs éclats de voix et leur grommela d'aller jouer plus loin.

Le reste de la matinée, il le passa à presser la jeune femme de question pour acquérir un maximum de vocabulaire. Mais ça le vexait, il ne parvenait pas à tout retenir. Les sonorités étaient si étranges, et l'accent encore pire. Ils ne remirent les pieds dans la maison qu'en début d'après midi, poussés par la faim. À peine avait-ils franchit la porte que Caroline sauta sur Amandine. Tout en discutant, elles s'installèrent à table, devant une tasse d'un liquide marronnasse :

- Je t'avais demandé de le ramener dans la maison. Pas de te donner à ton tour en spectacle au voisinage.
- Tu m'as demandé de tenter de les insérer, c'est ce que je suis en train de faire pour Boromir, Gimli dort toujours, difficile d'insérer un ronfleur dans une communauté, quelle qu'elle soit.
- Bon, c'est pas grave, les voisins nous prennent déjà pour des fous, ce ne sera qu'une preuve de plus. Où tu en es avec le roux ?
- Il sait se traiter d'abruti, d'arbre, d'épée, d'herbe, de pipe, de barbe, de baudrier, de fleur...
- Hein ?
- C'est pas grave, il apprend.
- Ok. Tu as raté le repas de midi.
- Tant pis. Je mangerais ce soir.

Boromir prit la chaise à côté d'elle, et écouta d'une oreille distraite leur conversation. Il avait envie d'apprendre plus vite. Amandine de son côté scrutait le visage de son interlocutrice. Elle avait l'air vraiment très fatiguée.
Derrière elle, elle vit le tableau noir couvert de mots, de verbes, avec tout en haut une longue phrase découpée en morceaux. Elle avançait bien.

- Où sont les autres ?
- Dans la cuisine, en cours de civilisation avec Alexandra. Elle essaie de leur expliquer comment ne pas faire exploser le micro-onde en langue des signes.

Amandine dodelina de la tête. Et Caroline s'expliqua.

- Ils m'épuisent. J'en peux plus, alors cet aprèm' c'est vacance !

On entendit d'ailleurs à cet instant de grands éclats de voix provenant de la cuisine.

- Non non non non, on ne touche pas au four je vous ai dis !

Et Caroline soupira.

. . .La semaine qui suivit se calqua sur le même schéma. Les elfes savaient déjà former des phrases simples. Ils avaient rapidement comprit le système de la langue, il ne leur manquait plus que le vocabulaire et la trame des phrases plus complexes que sujet-verbe-complément. Ils avaient tout de même beaucoup de mal à saisir l'utilisation des auxiliaires. Des hobbits, seul Sam parvenait à quelque chose. Les autres nageaient (pour Caroline) dans un épais brouillard. Aragorn se défendait bien, et Gandalf survolait les autres de haut, et à lui, il ne lui manquait plus que le vocabulaire, qu'il assimilait à une vitesse hallucinante. Pris à part, il révéla qu'il connaissait bien une langue très proche appelé François. La jeune femme lui avait alors demandé s'il ne connaissait pas une incantation ou autre technique magique qui pourrait accélérer l'apprentissage. Demande qu'il rejeta, l'esprit étant quelque chose que l'on ne manipulait qu'en tout dernier recours. Il fallait qu'ils prennent tous leur peine en patience.

Elle avait aussi interdit à tout membre de la communauté de sortir de « sa » propriété tant qu'ils n'en sauraient pas plus sur la technologie, et les us et usages de son monde. Interdiction qui tomba comme un couperet sur Pippin qui ne rêvait que d'une chose, partir courir dans les rues dont on lui avait montré des images, même si c'était à New York et qu'on lui avait avoué que c'était pas la porte d'à côté. Ce à quoi il avait répondu :

- C'est pas grave, j'essaierais celle d'après.

Le soir venu, Caroline alla se coucher, entre Arwen et Amandine dans sa chambre. Elle avait au moins pu conserver 'sa' chambre. Mais elle n'arrivait pas à dormir. Loin d'être habituée à la vie en communauté, ce chamboulement de ses petites habitudes la stressait beaucoup. Et puis quelque chose...
La nuit dernière, elle n'était pas parvenue à contacter son virus, ce qui était passablement inquiétant. Elle n'avait pas voulut insister, de peur de se faire repérer s'il était surveillé. Et là ça lui trottait dans la tête. Encore et encore. Au bout d'une demi-heure de tours et de retournement sur son matelat, elle se leva.
Elle prit une chaise, et s'assit devant son ordinateur. Toujours rien. Il fallait qu'elle le retrouve.

-°°-

Samantha Carter retint un bâillement. Elle avait réquisitionné un bureau à la préfecture du département 'Isère' en France, et attendait depuis trois jours maintenant que son piège à loup se referme.

Et il claqua sur une grosse, une trés grosse bête.

-°-

Le groupe était au complet depuis le matin. Ils étaient arrivés un par un pour n'éveiller la méfiance de personne. Il leur fallait établir le plan exact de la maison, et le soir venu, c'était chose faite. Un plan de secours, au cas où le premier ne fonctionnerait pas.

À suivre…


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