Bien le bonjour !
Voici le chapitre 3, le prochain ne devrait pas tarder.
Pour une meilleure lecture, j'ai remplacé dans les précédents chapitres les noms de lieux que j'écrivais en anglais par les traductions en français. J'ai toute fois laissé les noms originaux des personnages principaux ainsi que ceux des maisons de Poudlard.
Merci aux courageux 'reviewers' pour leurs reviews qui m'ont fait chaud au cœur !
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 3
Je fus cette fois-ci réveillée par de petits coups contre ma joue, accompagnés de cris aiguës. Ouvrant un œil, je constatai que Poppy n'était pas là. Sûrement avait-elle abandonné l'idée de me réveiller de force … Me redressant, je souris à la petite chouette qui avait cessé de s'acharner sur ma joue et lui caressa doucement le haut du crâne. M'étirant, je sortis du lit et m'habillai.
Au dehors, le soleil brillait, haut dans le ciel. Il devait être plus de neuf heures, j'avais dormis longtemps … Cela faisait déjà quelques jours que j'étais à Poudlard, mais je n'avais pas eu l'opportunité de visiter les lieux. Par la fenêtre, j'observai un instant le château. Avait-il beaucoup changé ? Était-il très différent de celui que je connaissais ou bien en était-il l'exacte copie ? Il fallait que je vérifie !
Sautillant légèrement, pleine d'énergie, je sortis de l'infirmerie et rejoignis la Grande Salle.
La trouvant vide, je me dirigeai vers le bureau du directeur. Murmurant le mot de passe, je montai les escaliers et frappai ensuite à sa porte. Plusieurs voix me parvinrent, dont une qui m'invita à entrer. M'exécutant, je poussai la lourde porte de bois et passai la tête par l'ouverture. Deux homme étaient debout, face au vieil homme qui me regardait avec un sourire, m'incitant à lui parler.
– Pardonnez-moi de vous déranger, professeur. J'aimerais avoir votre permission pour visiter le château avant la rentrée …
Le vieil homme sourit largement et hocha la tête.
– Bien sûr, Andy, tu es libre de l'explorer. Si tu le veux bien, j'aimerais te présenter aux autres professeurs à l'heure du déjeuner …
– Je serais là, professeur. Merci beaucoup.
Refermant la porte derrière moi, je redescendis.
Je marchai au travers des couloirs en étudiant les murs, notant les anciens, ceux qui, à mon époque, avaient été remplacés, – sans doute détruits pendant la Grande Bataille – en saluant les tableaux sur mon passage … Je rassemblais les souvenirs que j'en avais, nommant ceux que je connaissais plus personnellement, m'attirant des regards surpris.
J'étais attristée de n'être connue de personne ici, alors que moi, je les connaissais depuis près de six ans …
Arrivant devant le portrait de Fat Lady, entrée de la salle commune de Gryfindor, je souris. Combien de fois avais-je franchi ce passage ? Combien de fois étais-je passée devant ?
Harry m'avait légué sa cape d'invisibilité ainsi que la Carte des Maraudeurs qu'il avait gardé depuis sa scolarité à Poudlard. Grâce à cela, je connaissais chaque recoin du château, chaque passage secret, ayant passé des nuits entières à les apprendre par cœur, à en rajouter un ou deux nouveaux ... Même en tant d'années, ils devaient être les mêmes.
Je souris à Fat Lady et lui demandai le droit d'entrer.
– Mot de passe ? Demanda-t-elle de son habituelle voix grave et rocailleuse.
J'hésitai.
– Mais nous sommes en vacances …
– Hey oui, ma p'tite, lança-t-elle, mais que veux-tu, je fais mon boulot, moi.
– S'il vous plaît, j'aimerais entrer. Le professeur Dumbledore m'a autorisé à parcourir le château …
Fat Lady hésita un instant puis haussa les épaules.
– C'est les vacances, après tout, lança-t-elle comme pour se justifier.
Le portrait pivota et je m'engouffrai dans l'ouverture. La pièce, rouge et or, était exactement comme dans mes souvenirs. Quelques meubles, fauteuils ou posters étaient différents, mais l'aménagement était le même. Montant les escaliers vers les dortoirs des filles, je me demandais dans lequel je serais envoyée. Seuls les lits étaient différents de ceux de mon présent.
Redescendant, je sortis de la salle commune et remerciai le portrait gardien, reprenant mon chemin dans les couloirs.
Une ombre traversa une salle, attirant mon attention.
– Bonjour, Baron Sanglant, souris-je au fantôme.
Celui-ci s'arrêta et se tourna vers moi.
– Bien le bonjour, demoiselle. Je n'ai pas le souvenir de vous avoir vu ici l'an passé.
– Je viens d'arriver. Le professeur Dumbledore a accepté de m'accueillir jusqu'à la rentrée.
– Voilà qui est intéressant. J'espère vous voir dans ma maison.
– J'aurais apprécié de même. Si vous voulez bien m'excuser, ajoutai-je en m'inclinant, nous nous reverrons sans doute.
– Bonne journée, répondit-il en s'envolant au travers du plafond.
Je soupirai.
Dès mon premier jour à Gryffindor, le Baron Sanglant avait déploré mon envoi, se retenant à peine de pester contre le Choixpeau Magique.
Trouvant les escaliers bien obéissants, je descendis aux cachots. Les lieux étaient bien plus sombre qu'ils ne l'étaient à mon époque. En effet il n'était pas rare que j'y descende pour discuter avec mon jeune frère, élève de Slytherin, et je les avais trouvés bien plus accueillants que maintenant … Un cris au loin m'indiqua que je n'allais pas tarder à croiser le chemin de Peeves, l'esprit frappeur.
Soudain je m'immobilisai. Sur le seuil d'une porte, un homme aux cheveux noirs mi-long était adossé à la chambranle, le toisant avec froideur.
Immédiatement je le reconnu. Je l'avais vu, chaque matin depuis seize ans, dans le couloir menant des chambres au salon de ma maison.
– Que faites-vous dans l'enceinte de l'école à une telle période de l'année ? demanda-t-il d'une voix polaire qui me fit frissonner.
Je souris doucement alors qu'il s'avançait.
– Bonjour professeur Snape.
Il haussa un sourcil et planta ses yeux noirs dans les miens. Je lus l'espace d'une demi-seconde de la surprise dans son regard. Le mien était aussi vert que celui de mon père, que celui de ma grand-mère …
– Le professeur Dumbledore m'a permit de loger à Poudlard en attendant ma répartition dans une maison. Je viens d'arriver.
– Quel est votre nom ?
– Je m'appelle Andy Malfoy, monsieur. Andrea Lily Potter Malfoy, si vous voulez de la précision, ajoutai-je avec hésitation.
Il écarquilla les yeux, puis le masque de froideur revint.
– Si vous vous moquez de moi, je …
– Jamais, le coupai-je. Je n'oserais pas. Je sais que cela peut vous surprendre, mais c'est la vérité. Le professeur Dumbledore est au courant.
Il soupira, sembla réfléchir un instant puis planta à nouveau son regard dans le mien.
– Et comment cela est-il possible ? demanda-t-il avec cynisme.
– Me permettriez-vous de vous expliquer ? hésitai-je.
Il croisa les bras.
– Je vous écoute …
Je baissai les yeux.
– Pardonnez-moi, mais j'aimerais au possible que les autres élèves ne soient pas au courant, et avec les tableaux … Et puis, il me semble avoir entendu Peeves pas très loin ...
Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres et il acquiesça simplement, me faisant signe de le suivre.
Moi qui m'étais attendue à faire face à un monstre, une véritable Terreur des Cachots, j'étais surprise – agréablement surprise – de constater que le professeur Snape n'avait rien de la description que l'oncle Ron m'en avait toujours fait. On m'avait toujours dit qu'il était froid, cynique et qu'il râlait constamment – sur ces points, je ne pouvais les contredire. Mais l'homme que je suivais à cet instant était juste un peu curieux, et surtout respectueux. Il aurait pu m'obliger à tout lui dire au beau milieu du couloir, mais au lieu de cela, il m'amenait dans un endroit sûr.
Il s'arrêta devant une porte, murmurant quelque chose – sans doute un mot de passe – et m'invita d'un signe de tête à entrer.
Ce n'était pas une salle de classe comme je m'étais attendue. Il s'agissait de ses propres appartements ! Je m'avançais un peu dans la pièce alors qu'il fermait la porte derrière lui.
Il s'agissait d'un salon, assez petit, et la teinte foncée des murs et du mobilier ne l'aidait pas à paraître plus grand. Sur le mur de gauche, une petite cheminée faisait face à un canapé et deux fauteuils, au centre de la pièce. Sur le mur d'en face s'ouvrait une porte en bois noir et je pouvais apercevoir des meubles de cuisine par l'ouverture. A droite s'élevait un escalier en colimaçon à moitié taillé dans le mur, menant sûrement aux chambres.
L'homme m'invita à m'asseoir d'un geste de la main et je m'exécutai.
– Du thé ?
– Volontiers, répondis-je presque immédiatement.
Il sortit sa baguette et conjura un petit plateau où deux tasses fumantes reposaient.
– Alors, quelle est encore cette histoire ?
– Eh bien …
– Il n'existe aucun Potter-Malfoy dans le monde sorcier, et ne venez pas me raconter je-ne-sais-quelle idiotie tout droit sortie de votre tête d'adolescente en manque d'attention !
Je grimaçai et pris une tasse dans mes mains, la serrant. Après tout, je l'avais dis à Albus, je pouvais bien en parler au second héros de mon père.
– J'avoue que c'est assez compliqué. J'en suis la première surprise, mais je viens … du futur.
Tourné comme cela, je trouvais ma situation ridicule.
– Je suis la fille aîné de Harry Potter et Draco Malfoy. Je me suis réveillée il y a un peu moins d'une semaine dans la Forêt Interdite, c'est Rubeus qui m'a trouvée. Le professeur Dumbledore a accepté que je suive les cours à Poudlard le temps de trouver un moyen de retourner dans mon époque …
Il se leva d'un coup, me lançant un regard noir.
– Vous vous fichez de moi ? Une imbécillité pareille, c'est …
–Professeur, je sais que c'est difficile à croire, mais c'est la vérité. Mes pères me parlaient de vous et je … Je sais beaucoup de choses sur vous, des choses que je ne pourrais pas savoir si je mentais !
– Allons bon ! Quels genres de choses pouvez-vous donc savoir de moi, vous une gam-...
Je levai les yeux vers lui.
– Je sais quels maîtres vous avez et je sais lequel vous servez réellement, lançai-je en le coupant.
Il se tut et me dévisagea.
– Je sais que vous continuez à n'aimer qu'une femme malgré les années.
Il ouvrit la bouche mais je le coupai de nouveau, un peu plus hésitante :
– Et je sais que … vous avez un fils.
Le masque tomba et je vis la surprise et la crainte dans ses yeux noirs. Il souffla :
– Comment avez-vous … Même Dumbledore n'a jamais …
Le sujet n'avait jamais été abordé à la maison. Du moins, jamais par mes parents. Je tenais cette information par mon frère Allan, qui venait d'entrer à Poudlard. Il avait rencontré un garçon de son âge dans le Poudlard-Express et s'était empressé de venir m'en parler.
Snape fronça les sourcils.
– Je pense que personne n'est au courant de son existence, si c'est ce qui vous inquiète. Mon … Mon frère est ami avec un garçon portant le nom de Snape. Il me semble que vous étiez le dernier sorcier à porter ce nom, donc la seule explication possible est que ayez eut un fils …
– Qu'est ce qui me prouve que vous n'êtes pas envoyée par le Seigneur des Ténèbres ? gronda-t-il.
– Vous pouvez toujours voir dans mon esprit si je mens.
Il pointa sa baguette vers moi avec un regard sévère. Lui fermant l'accès à ce que je savais du futur de la guerre, je posai la tasse sur le plateau et ouvris mon esprit.
– Legilimens, souffla l'homme.
Aussitôt je le sentis entrer dans ma tête, passant au travers de mes barrières volontairement affaiblies.
Les souvenirs défilèrent rapidement, passant par mes parents, ma vie en Moldue, puis ma rentrée à Poudalrd, mon frère venant me parler, mes amis, puis de nouveau mes parents, les portraits de Snape et Dumbledore dans le couloir du salon …
Il sortit précipitamment de mon esprit et je soufflai, remettant rapidement mes barrières mentales.
Je détestais qu'on entre dans ma tête, mais cela avait été nécessaire pour le convaincre …
– Je …
Il referma la bouche et se laissa tomber sur le fauteuil face à moi.
– C'est aussi difficile à croire pour vous que c'est difficile pour moi de m'adapter à cette époque, dis-je.
– C'est dangereux, murmura-t-il.
– Pardon ?
– Vous êtes dangereuse pour nous tous. Si le Seigneur des ténèbres apprend quoi que ce soit à votre sujet, il …
– Je ne crains rien, souris-je. Je ne compte pas sortir de l'enceinte du château. Et puis, je sais me défendre.
Il rit froidement.
– Vous défendre ? Vous avez – voyons, à peine seize ans ? Vous comptez faire face à une des plus grandes menaces du monde Sorcier avec vos maigres pouvoirs ?
Je soupirai et me levai, époussetant ma robe.
– Je pense avoir à peu près les capacités de mon père.
– Votre père est un imbécile et un incapable !
– Pour qui vous avez risqué votre vie à plusieurs reprises !
– J'y étais obligé !
– Je n'en crois pas un mot.
Il me dévisagea une seconde.
– Je sais que vous n'êtes pas un lâche, professeur. Je sais ce que vous avez fait pour lui et pour Dumbledore …
Soupirant, je me dirigeai vers la porte.
– J'ai confiance en vous, je sais que vous n'irez pas dévoiler ce que vous avez vu … Quel intérêt y auriez-vous, de toutes façons ? ajoutai-je pour moi-même. Maintenant, excusez-moi, je dois continuer ma visite du château.
J'ouvris la porte, inclinant la tête en sa direction.
– Merci de m'avoir écouté. Et merci pour le thé, ajoutai-je en désignant la tasse toujours pleine.
Je le vis se lever alors que j'allais refermer la porte derrière moi, et je m'arrêtai, hésitante.
– Professeur ? repris-je.
Il ne répondit pas mais je captais son regard.
– Pourrais-je revenir parler avec vous ?
Il hésita une seconde puis approuva légèrement de la tête. Retrouvant un peu de bonne humeur, je lui offris un large sourire avant de fermer la porte et de courir dans le couloir.
Je finis ma visite par l'aile Ouest du château, saluant les portraits et tentant en vain de me souvenir de détails ayant changés aux alentours de la Tour des Ravenclaw … Ne changeaient-ils donc rien d'un château entier en vingt-cinq ans ?
Je rejoignis la Grande Salle où, à ma surprise, une partie des professeurs de Poudlard étaient déjà attablés, entourant Dumbledore. Celui-ci se leva à mon entrée et me sourit largement.
–Ah, Andy, te voilà.
– Pardon professeur, j'ai un peu perdu le fil du temps.
– As-tu reconnu les lieux ?
– Oui. A vrai dire, peu de choses ont changées ! souris-je.
Il me le rendit et se tourna vers les professeurs.
– Certains enseignants viennent une semaine plus tôt au château afin de se plonger dans les soucis de la rentrée, me confia-t-il.
Il reprit, plus haut :
– S'il vous plaît, chers collègues !
L'attention des adultes se reporta sur moi.
– Voici miss Malfoy, elle suivra désormais sa scolarité à Poudlard. Elle nous vient de loin et est désormais sous ma responsabilité, c'est pourquoi je m'en remet à vous pour qu'elle se sente comme chez elle ici.
Un peu surprise de cette présentation, je coulai un regard hésitant vers Albus qui me sourit largement. Soulagée et reconnaissante, je le lui rendis avec plaisir.
Il m'invita ensuite à m'asseoir entre lui et Minerva et tout le monde se mit à manger.
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Le lendemain, j'ouvris les yeux avant l'aube. Eanna dormait encore, perchée sur sa cage – j'avais laissé la petite porte ouverte pour qu'elle soit libre de tous mouvements. Il faisait encore sombre lorsque, habillée, je sortis dans la coure extérieure. L'herbe fraiche du parc était humide de la rosée de la nuit. Je marchais un moment avant d'arriver au lac.
Sur le petit ponton de bois, je m'assis et fermai les yeux. Le soleil commençait peu à peu à apparaître, et si les traditions n'avaient pas changé en fonction de mon époque, alors le spectacle n'allait pas tarder à commencer.
Je repensais à la fois où, ne pouvant pas dormir, je m'étais glissée dans le parc, la Cape de mon père sur le dos. C'était ma première rencontre avec les merveilles du lac … J'avais entendu une mélodie si belle que j'en avais oublié l'heure, et j'étais arrivée en retard en cours !
Le soleil se montra alors entièrement, illuminant l'immense étendue face à moi, m'aveuglant à moitié … Et de nouveau, j'entendis cette merveilleuse mélodie. Comme à chaque levé de soleil, les sirènes chantaient.
Lorsque le jour fut répandu sur tout le château, elles se turent et je me relevai, époussetant mes vêtements. M'étirant, je rentrai au château et descendis directement aux cuisines. La Grande salle devait être déserte à cette heure-ci, et je n'aimais pas l'idée de déjeuner seule.
Devant le tableau, le chatouillais la poire et le passage s'ouvrit, dévoilant l'immense cuisine. Les Elfes s'activaient déjà, courant dans tous les sens, cuisinant à n'en plus finir. Au milieu de tout ces petits êtres, l'un d'eux s'avança vers moi, un sourire disproportionné fendant son visage.
– Bonjour miss, couina-t-il en s'inclinant. Dobby l'Elfe de maison peut-il faire quelque chose pour miss ?
Je souris. Alors c'était lui, Dobby. Mon père m'avait beaucoup parlé de lui. A vrai dire, tous deux m'en avaient beaucoup parlé. Harry car il avait été un véritable ami pour lui, et Draco car il s'en était toujours voulu de la façon dont son père traitait Dobby lorsqu'il travaillait encore pour les Malfoy.
– Bonsoir, je suis Andy Malfoy, lui souris-je. Tu peux m'appeler Andy.
Aussitôt l'Elfe se tendit.
– Dobby, je sais ce que t'ont fait les Malfoy, mais je te promet que je ne suis pas comme eux.
Il me scruta un instant avant de se radoucir.
– Qu'est-ce que miss Andy voudrait ?
– Aurais-tu quelques tartines et un peu de jus de citrouille s'il te plaît ?
Il s'exécuta et couru chercher ma commande, avant de revenir avec un petit plateau. Je déjeunais, parlant de la vie au château avec lui, lui demandant ce qu'il pensait de Harry et Draco – à ma grande surprise, il n'avait rien contre mon second père, qui n'était qu'un enfant lorsque Dobby était encore au service de sa famille.
Je le quittai avec la promesse de revenir. Dobby était tout à fait à l'image que je m'étais faite de lui. Irrémédiablement fidèle à Harry, constamment souriant, avenant … Je découvrais cette part de lui qui l'avait poussé à risquer – à sacrifier – sa vie pour mon père. Et au vu de l'opinion qu'il avait de mon second père, le fait qu'Harry se soit lié à un Malfoy ne l'avait pas si dérangé que ça. Malheureusement, ce n'était pas le cas de tous …
Je saluai un tableau, lui demandant des nouvelles de la Statue Borgne avant de reprendre mon chemin.
Était-ce si étrange, pour des personnes extérieures, de voir deux hommes s'aimer ? Je n'avais jamais compris ces personnes qui repoussaient les homosexuels.
Dans mon enfance, le simple fait de voir mes parents heureux m'avait convaincu qu'ils ne faisaient rien de mal. Ma façon de penser pouvait être précoce, et je me souviens vaguement qu'il m'arrivait de me fâcher avec d'autres enfants à ce sujet. Après tout, les enfants ne connaissent pas la tolérance. Lorsqu'on leur dit « ceci est anormal, ceci est mal », alors ils ne réfléchissent pas et pensent ce qu'on leur dit dur comme fer.
Mais j'avais rencontré d'autres personnes, et je les avais accepté malgré leurs différences. Différents, c'était le cas de le dire ! Ma meilleure amie ne cessait de rabâcher à qui voulait l'entendre l'importance des canards en plastiques dans le monde Sorcier – elle s'était d'ailleurs immédiatement entendue avec mon grand père adoptif, Arthur Weasley – si bien qu'elle avait créé sa propre religion vénérant les-dits canards … Josh, mon meilleur ami, passait son temps à séduire l'ensemble de Poudlard – en cinquième année, il avait même tenté d'amadouer un professeur … je ne vous cache pas que ce fut un échec cuisant. Mais c'était ces différences que j'appréciais chez eux …
Sortant du château, je me dirigeai vers le terrain de Quidditch, quelques centaines de mètres en contre-bas. M'avançant jusqu'à son centre, je m'assurai qu'il n'y avait personne aux alentours et fermai les yeux.
Souvent, je venais entraîner ici afin de ne perdre aucune des capacités que j'acquérais avec mes parents, durant les vacances. J'y venais parfois seule, parfois avec quelques élèves de septième année désirant se couper un peu des cours. Josh et Aléa m'avaient accompagné une fois, mais ce que j'y faisais ne les intéressait pas vraiment. Ils préféraient s'amuser et profiter de leurs années plutôt que de s'entraîner … Peut-être aurais-je dû faire de même, à l'époque …
Calmant mon esprit, le vidant de toutes pensées liées à mon présent, je posai ma baguette au sol et commençai un entraînement physique. D'après mon père, il n'y avait rien de mieux si l'on voulait être performant au niveau magique. Enchaînant les tours de terrain, les pompes et les abdo' comme il me l'avait enseigné, je finis par me replacer au centre. On pouvait commencer !
Reprenant ma baguette, je fermai à nouveau les yeux et entamai une série informulée d'attaques et de défenses vers un ennemi invisible. Après une bonne heure de révision de ces sorts, je m'attelai à la magie sans baguette, ne tentant que les sorts mineurs.
Cette magie-là était plus complexe, plus difficile à maîtriser. Certes j'étais capable d'utiliser l' Accio ou encore le simple Wingardium Leviosa, mais les sorts plus compliqués comme les sorts d'attaque m'étaient encore impossible. Durant les vacances de Noël, j'avais réussis à maîtriser le Protego avec mon père, mais nous nous étions arrêtés là.
Me laissant tomber sur le dos, en sueur, essoufflée, je soupirai.
– Ça fait du bien ! murmurai-je pour moi-même.
– Vous auriez pu blesser quelqu'un, gronda une voix non loin de moi.
Immédiatement, je me redressai en position assise, cherchant du regard à qui la voix grave appartenait. Je retins un sourire en voyant le professeur Snape s'avancer.
– Si vous étiez répartie dans une maison, je vous aurais déjà enlevé cinquante points pour manque de discrétion et mise en danger des élèves !
– Allons, professeurs, il n'y a encore aucun élève à Poudlard, et puis vous n'étiez pas sensé être là, souris-je poliment.
– Vous mériteriez une retenue …
Je soupirai.
– Ne pouvez-vous pas vous empêcher d'être aussi froid ? Nous savons tous les deux que vous n'êtes pas réellement ainsi.
Son regard se fit alors plus sombre. Bien que je fus sûre que son cœur en était empli, je ne pu déceler aucune lueur de tristesse dans son regard onix.
– Arrêtez cela, dit-il froidement. Vous savez bien que c'est impossible.
– Ne dites pas de bêtises ! Vous êtes un père pour Draco, vous savez vous montrer doux et attentif … Vous êtes le sauveur de Harry, vous avez risqué votre vie pour lui. Et ne niez pas, s'il vous plaît, je le sais.
En d'autres circonstances, lui parler sur un tel ton m'aurait couverte de honte, mais en cet instant je ressentais une étrange chaleur dans ma tête, comme si quelque chose me poussait à sympathiser avec Snape. Draco m'en avait fait une telle éloge qu'il me semblait le connaître totalement.
Un détail me frappa soudain et je le coupai alors qu'il s'apprêtait à répondre à mes mots.
– Vous savez, elle vous aimait beaucoup, ma grand-mère. C'est vrai, ça l'a blessée quand vous lui avez dit … vous savez quoi. Mais elle vous appréciait vraiment, même après.
Sa bouche s'ouvrit une seconde, puis se referma. Il tourna les talons et s'apprêtait à partir alors que je continuais.
– Harry ne mérite pas votre haine. Vous savez qu'il est différent de son père. Il n'a jamais demandé à être un Élu, tout ce qu'il voulait c'était être normal, pouvoir vivre heureux … Vous le savez, n'est-ce pas, Severus ?
Un silence suivit mes mots. J'avais hésité avant de prononcer son prénom. S'il décidait de nier tout cela, alors qu'étais sûre d'en prendre plein la figure durant le reste des années que j'aurais à passer ici … à cette époque. Mais s'il en prenait conscience, alors peut-être que …
– Vous parler exactement comme elle, souffla-t-il.
– Pardon ?
Il se retourna, son regard fixé sur les tribunes des vert-et-argents.
– J'ai l'impression d'entendre Lily, lorsque vous parlez. Vous lui ressemblez vraiment, Andy, ajouta-t-il avec une petite grimace que je compris être un sourire.
Mon visage dût s'illuminer à cet instant. Il tourna les talons sans un mot de plus, mais c'était déjà beaucoup plus que ce j'avais espéré. Je m'étais risquée à l'appeler par son prénom, il m'avait répondu. C'était comme un pacte que l'on avait signé. Intérieurement je me félicitai d'avoir réussis à m'approcher du professeur le plus craint de tout Poudlard. Peut-être pourrais-je compter sur son appui durant cette année … ?
Prochain chapitre : rentrée scolaire !
A suivre ...
