Bien le bonjour !
Voici le cinquième chapitre, enfin. Merci pour les reviews, elles m'ont fait très plaisir !
Je voudrais indiquer que si je me suis dépêché de poster ce chapitre, les suivants n'arriveront sûrement pas aussi vite. Je rentre dans la période des examens et je ne pense pas avoir le temps de continuer régulièrement à écrire. Pas d'inquiétude, je continuerais à poster, mais peut-être un peu plus lentement.
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 5
Le réveil me trouva vautrée en travers sur le matelas, les couvertures au sol et Eanna me picorant doucement le bras. Voyant que je ne réagissais pas, elle me sauta sur le ventre, me faisant me redresser d'un bond. Je jetai un coup d'œil par la fenêtre restée ouverte, grognant et me frottant le ventre. Le soleil n'était pas encore levé, et il ne le serait pas avant au moins une heure.
– Pire qu'un réveil-matin Moldu ! m'exclamai-je pour moi-même.
Je m'habillai rapidement et enfilai ma nouvelle robe de sorcier aux effigies de Gryffindor par dessus mes vêtements. Prenant dans mon sac de cours de quoi écrire – je pris soin de bien refermer le pot d'encre avant de l'y mettre – ainsi que mes livres de cours et laissai la plume gravée sur mon bureau de peur que quelqu'un ne voit le nom inscrit dessus.
Oh, je ne craignais pas l'avis des autres, mais si Harry, Draco ou quelqu'un les connaissant bien y lisait mon nom complet, il allait se poser des questions auxquelles je n'étais pas prête à répondre.
Je sortis de ma chambre, un sourire aux lèvres. Dans la Salle Commune, j'eus la surprise de voir Harry, assit sur un fauteuil, une carte en mains. Une odeur que je connaissais par cœur émanait de lui. Chaque matin, chez moi, moi et mon frère avions le droit à des séances de câlins se terminant toujours par un « Tu sens si bon. » de Draco qui nous attendrissait tous. Cette odeur agréable, mélange de douceur et de force était propre à Harry, et il était facile de savoir qu'il était là par cette simple odeur.
Il sursauta et la cacha derrière lui lorsqu'il me vit arriver.
– Bonjour Harry, souris-je. Tu es bien matinal. Je ne pensais pas trouver quelqu'un à cette heure-là …
Il me fixa un instant avant de répondre.
– Oh … Bonjour.
Je retins un soupire et lui fis un léger signe de la main en me dirigeant vers la sortie.
– A tout à l'heure.
– Tu pars ? s'exclama-t-il soudain en se levant à ma suite.
– Je ne vais pas loin, promis-je.
Il s'approcha.
– Il fait encore nuit, la fin du couvre-feu est dans plus d'une heure. Tu n'as pas le droit de sortir.
Je pris l'habituel sourire énigmatique que Draco adorait prendre lorsque Noël approchait.
– Ne t'inquiètes pas. Tu devrais retourner te coucher, tu en as besoin.
Je me détournai mais il fronça les sourcils et me retint par l'épaule.
– Qu'est-ce que tu caches ?
Mais aussitôt il retira sa main avec une moue de douleur. Je remarquai à cet instant qu'Eanna m'avait suivie ; elle venait de le morde ! Remise de ma surprise, je ris doucement et lui souris de nouveau.
– A tout à l'heure, Harry.
Je franchis alors le passage de la Grosse Dame sans lui laisser le temps de me suivre ou d'ajouter quoi-que-ce-soit. Saluant le tableau d'un sourire, – auquel le je reçu qu'un regard désapprobateur – je descendis les étages jusqu'au rez-de-chaussée. Il me fallait ma petite balade dans le parc.
Arrivée près du lac, je me retournai vers la merveille derrière moi. Poudlard vu de nuit était le plus beau spectacle qu'il m'était donné de voir. Toutes lumières allumées, château vivant peuplé d'être encore somnolents, je me plaisais souvent à l'observer de loin. Je m'assis dans l'herbe, soupirant doucement en repensant à mes propres études dans cette école, Eanna tournoyant au dessus de l'étendue liquide.
Je sentis plus que je ne vis la présence du professeur Snape – de Severus, puisque je m'étais accordée le droit de l'appeler ainsi – et je le saluai lorsqu'il ne fut qu'à quelques mètres.
– Bonjour Severus.
Il n'eût aucun mouvement de surprise.
– Que faites-vous dehors si tôt, miss Malfoy ? demanda-t-il d'une voix froide.
Il était debout derrière moi, et je dû pencher la tête en arrière pour capter ses yeux noirs.
– Je prends l'air, professeur.
– Je pourrais enlever vingt points à Gryffindor pour non-respect du couvre-feu, menaça-t-il en fronçant les sourcils.
– Mais tu ne le feras pas, n'est-ce pas ?
Il grogna quelque chose et s'assit à mes côtés.
Depuis ma rencontre avec lui, quelque chose s'était forgé entre nous. Je ne saurais l'expliquer, mais c'était comme si un lien nous avait rapproché. Je me sentais proche de lui, comme s'il avait été un grand frère, un père ou un oncle … Un grand-oncle aurait été plus juste, puisqu'il était parrain d'un de mes pères … Je soupirai en pensant qu'Harry avait mit plus de sept ans avant de l'apprécier à sa juste valeur.
– Qu'y a-t-il ? demanda alors Snape en fronçant de nouveau les sourcils.
– Je pensais à mon père. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi il t'a détesté tant de temps.
Il afficha une demi-seconde un air perdu qui m'encouragea à continuer.
– Outre le fait que tu l'aies persécuté et que tu haïssais son père, il n'y a pas de vraie raison … Tu n'es pas spécialement horrible, tu es gentil, un peu grognon et sarcastique sur les bords, mais il en avait vu d'autres ! …
Il me dévisagea. Je pensais ce que je disais. Severus était un homme bien, je pouvais l'affirmer sans aucun doute avec le recul de vingt-cinq ans que j'avais.
Il se figea soudain à l'entente d'un bruit. Ses instincts d'espion ressortaient à chaque instant. Je lui jetai un coup d'œil, confirmant que moi aussi je l'avais entendu. Je fermai une seconde les yeux, puis je reconnu l'odeur. Harry n'était pas loin, sûrement dissimulé sous sa cape d'invisibilité.
– Severus, dis-je alors, il va être temps que tu ailles préparer ta salle de cours, non ?
Il me lança un regard froid et se leva.
– Je n'ai aucun conseil à recevoir d'une enfant !
Je ris.
– Je viendrais te voir ce soir.
– Tu n'as pas intérêt, fit-il d'un ton froid. J'ai du travail.
Il s'éloigna sur ces mots.
Je me tournai alors vers un buisson non loin du bord du lac et m'avançai.
– Tu peux sortir maintenant, il est parti, lançai-je.
Le buisson sursauta, remua puis s'immobilisa. Je tendis alors la main, attrapant un tissu invisible et je le tirai vers moi. Une tête brune ébouriffée s'en dégagea, affichant une mine stupéfaite.
– Promis, je ne dirais rien, ris-je doucement.
Il rougit, bégaya puis soupira et se ressaisit.
– Tu connais Snape ? souffla-t-il.
– On peut dire ça comme ça.
Je me rassis dans l'herbe et l'invitai à m'imiter. Le silence dura quelques minutes avant que je ne le brise.
– Alors, ça te prend souvent de suivre les gens ? Ça ne me dérange pas plus que ça, à vrai dire, mais tu risques de découvrir des choses qui ne te plairaient pas …
Ses pupilles, pareilles aux miennes, me dévisagèrent un instant. Je savais que j'avais piqué sa curiosité. Mais soudain des bruissement se firent entendre sur l'herbe humide.
– Andy ! entendis-je.
– Cache-toi, McGonagall arrive, soufflai-je à Harry qui replongea sans attendre sous la cape.
Minerva s'approcha de moi, un air sévère sur le visage.
– Miss Malfoy, vous ne devriez pas sortir avant le lever du soleil ! Je sais bien que …
Mais elle se tu alors qu'Eanna, revenant de sa petite chasse sur le lac, se posait sur son épaule et lui griffai la chaire. Je ris doucement.
– Eanna t'adore ! Fais attention, les chats sont dangereux, ajoutai-je en m'adressant à la petite boule de plumes.
Minerva soupira et chassa l'oiseau d'un geste de la main qui, vexé, vint se poser sur mon épaule.
– Tu es vraiment comme ton père ! Toi et le règlement, vous … Peu importe. Vas-tu rentrer ?
Je secouai la tête.
– Les sirènes ne vont pas tarder à s'éveiller, protestai-je.
Elle se laissa alors tomber à mes côtés, à l'opposé de Harry que j'entendis soupirer de soulagement.
–Très bien, tu restes jusqu'au levé des sirènes puis on rentre !
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Harry m'avait suivit jusqu'à la Salle Commune, caché sous la Cape. La grosse Dame voulu me passer un savon, mais je balançai le mot de passe avant même qu'elle n'ouvre la bouche. Dans la Salle Commune, seuls Neville et Hermione étaient installés sur les confortables fauteuils.
– Bonjour ! souris-je.
Hermione, penchée sur son devoir, m'adressa un vague signe de la main alors que Neville répondait timidement à mon sourire. Harry se découvrit à l'autre bout de la salle et revint vers moi, l'air en colère.
– Pourquoi ne t'ont-ils pas retiré des points ? Tu caches quelque chose ou quoi ?
Je soupirai doucement alors qu'Eanna virevoltait autour de la tête de mon père.
– Tu n'as plus l'âge d'espionner les gens, Harry, répondis-je simplement, évitant d'autres questions.
Je sortis sans insister, regagnant la Grande Salle. Lorsque je m'assis à la table des Gryffindor, je fus accostée violemment par une furie rousse.
– TOI ! entendis-je alors qu'elle s'asseyait à mes côtés.
– Heu … Je peux t'aider ?
J'eus une seconde d'hésitation puis reconnu Ginny Weasley.
– Un peu que tu peux m'aider ! Quel est ton lien avec cette sale fouine de Malfoy ? s'écria-t-elle.
Je ris doucement.
– Disons aucun pour le moment. Et toi, qui es-tu ? Une Weasley ?
Son regard s'assombrit alors et je su que j'avais mal formulé.
– Et alors ? Ça te dérange ? Je suis fière de mon nom ! Qu'est-ce que tu as contre- ...
Posant une main sur son épaule, je la rassurai d'un sourire.
– Tu as tout à fait raison d'en être fière, je n'ai jamais dis le contraire. Simplement, j'ai cru comprendre que vous étiez beaucoup dans votre famille, et je voulais juste connaître ton nom.
Elle bafouilla quelque chose, mal à l'aise et sûrement confuse, et je souris.
– Reprenons depuis le début, alors, proposai-je. Bonjour, je suis Andy Malfoy, enchantée ! Ajoutai-je en lui tendant une main.
Elle hésita un instant puis la saisit.
– Heu … Ginny Weasley.
Une moue rassurée sur le visage, elle repartit à son petit déjeuner alors que j'avalai une tartine avec appétit. Harry, Ron et Hermione nous trouvèrent là, bavardant gaiement autour de notre petit-déjeuné.
Je me calmai, croisant un regard noir de Ron.
– On dirait bien que ton frère ne m'aime pas, soufflai-je à Ginny.
Elle se mordit la lèvre.
– En fait, c'est plus ton nom qu'il n'aime pas. Tu dois bien savoir que nos deux familles se détestent depuis des générations …
Ron s'assit non loin de moi, encadré par Harry et Hermione. Je leur souris, saluant Ronald qui ne répondit pas. Je soupirai et décidai d'essayer d'arranger les choses. Levant les yeux vers lui, je me lançai.
– Si tu me disais ce que tu me reproches, on pourrait peut-être avancer.
Aussitôt il s'enflamma.
– Ce que je te reproche ? Traitresse à ta maison ! Une sympathisante Snape-Malfoy à Gryffindor, on aura tout vu !
Je soupirai de nouveau, blasée de son comportement.
– Tu me reproches juste d'être une Malfoy, c'est ça ? Mais quelle honte devrais-je en tirer ? La pureté du sang ? Le tien est plus pur que le mien, je suis une sang-mêlé de par ma grand-mère, et alors ? Tu peux être fier de ton nom, je le suis aussi du mien ! Et ce n'est pas parce que ma famille est riche ou noble, c'est parce que mon père est un homme bon !
Inspirant, je me calmai, me rendant compte que mon ton avait monté.
– Le nom ne signifie rien, Weasley, repris-je. Je pensais pourtant que tu en avais eu le meilleur exemple. Black était un Gryffindor et tu le respectais malgré son nom.
Je vis Harry se crisper et je me rendis compte de ma faute. Évoquer Sirius n'avait une fois de plus pas été la meilleure idée … Me levant, je posai une main désolée sur l'épaule de mon père avant de m'éloigner vers les salles de Sortilège.
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Assise en classe, je n'écoutais pas ce que le professeur Flitwick nous disait. Il faisait travailler l'Expéliermus ainsi que d'autres sorts d'attaque que je maîtrisais déjà parfaitement. Mes pensées étaient tournées vers les faits quelques minutes plus tôt.
– Andy Lily Potter Malfoy, tu es une abrutie, soufflai-je pour moi-même.
Autour de moi, les quelques élèves ayant suivit les cours de l'AD, une Association de Défense montée par mon père l'année précédente d'après ce qu'il m'avait raconté, réussissais parfaitement les sorts. Je souris à cette pensées. Il avait vraiment tout fait pour eux …
La sonnerie retentit et les Gryffindor se dirigèrent en salles de Défense Contre les Forces du Mal. Je fus surprise d'y voir Severus. N'était-il pas professeur de potion ? Mais je me souvins alors de la présence d'un gros bonhomme à la table des professeurs, et le nom de Slughorn me revint en tête. C'était lui qui avait prit la place de Severus.
Hermione vint s'asseoir à mes côtés.
– Désolée pour ce qu'a dit Ron tout à l'heure. Il est un peu lent parfois …
Je souris simplement.
– C'est rien.
– Miss Granger ! entendis-je alors. Mon cours est-il inintéressant ?
La jeune fille rougit et tenta de se justifier, mais je la coupai.
– Miss Granger me tenait au courant du programme de l'année, professeur, souris-je simplement. Elle me faisait aussi part de vos excellents en matière de potions.
– Silence ! Prenez vos livres !
Si cela avait été quelqu'un d'autre, il aurait sûrement retiré des points à la maison … D'un coup de baguette, le tire du chapitre et le numéro de page s'inscrivirent au tableau. Je souris. Le goules … J'avais étudié ces phénomènes en fin de cinquième année et nous avions depuis appris plus de choses sur les vampires.
Vers la fin du cours, alors que je l'avais en partie passé à échanger avec Hermione, la voix glaciale du professeur retentit de nouveau.
– Malfoy !
Deux têtes se levèrent.
– Oui, professeur ?
Draco, quelques bancs plus loin, se retourna et me lança un regard noir.
– Miss Malfoy, reprit Snape sans se démonter. Compte-tenu de votre attention en cours, pouvez-vous me dire ce qui arrive après une morsure par un vampire ?
Je me levai.
– Une simple morsure sans échange de sang avec la victime entraine soit sa mort, soit sa transformation en goule, professeur. Si un échange de sang est établi, selon l'ordre dans lequel il l'est, la victime peut devenir calice ou bien vampire à son tour. Du moins, cela ne marche que sur les humains.
Il fronça les sourcils et se détourna. Alors qu'il allait ajouter quelque chose, la cloche résonna dans la classe et il eut juste le temps d'annoncer les dix parchemins à faire pour la semaine suivante avant que tous ne se précipitent pour sortir.
Je descendis vers le bureau de Severus.
– Stupide petite Gryffindor, souffla-t-il. De quoi ai-je l'air, si tu sors ta science ?
Je notai avec un sourire qu'il m'avait tutoyée.
– Je n'ai pas pu m'en empêcher.
– C'est à Slytherin que tu aurais dû aller ...
Il eut un sourire en coin que je gravais dans ma mémoire. Ces sourires-là étaient si rares d'après mes parents !
– Je suis vraiment contente de te connaître, tu sais, Severus, dis-je brusquement.
– File en cours ! gronda-t-il après une seconde d'hésitation.
– A tout à l'heure ! lançai-je en m'élançant vers la porte du cachot, mon sac sur l'épaule.
Alors que je refermais la prote derrière moi, je remarquai trois paires d'yeux qui me fixaient avec stupeur. Harry, Hermione et même Ron m'attendaient là. Je leur offris un sourire gêné.
– Heum … On y va ?
Mon père et Hermione échangèrent un regard avec le roux et le poussèrent vers moi.
– Désolé pour ce que j'ai dis ce matin, dit-il en détournant les yeux, un peu grognon.
Je lui souris. Peut-être pourrais-je en tirer quelque chose de celui-là !
– Recommençons depuis de début, dis-je en lui tendant ma main. Bonjour, je m'appelle Andy Malfoy, enchantée !
Il hésita un instant tout comme sa sœur l'avait fait avant lui puis serra ma main et se présenta à son tour, scellant les hostilités.
Reprenant le chemin vers la salle d'Histoire de la Magie – j'avais eu un bref aperçu du professeur Binns lors de ma première semaine à Poudlard, et pour rien au monde ne je me serais pressée pour assister à ses cours ! – nous fûmes arrêtés par une voix claire que je reconnu sans mal.
– Alors, fière de ta petite prestation ? tonna mon second père, hautain.
– Casse-toi Malfoy ! soupira Harry, sa voix tremblant légèrement.
Le blond face à nous s'approcha, provocateur.
– Qu'est-ce que tu vas faire pour m'y forcer, Potter ? T'évanouir ? Au fait, ton nez va mieux ?
– Arrête, Malfoy, intervint Hermione en se plaçant devant Harry.
– Oh, Potter, tu as un chien de garde maintenant ? Tu aurais au moins pu éviter de prendre une Sang-de-bourbe !
Je vis rouge et m'avançai de quelques pas. Draco – il ressemblait trait pour trait à mon père, les rides en moins – me toisa avec dégout.
– Je vois que tu en as trouvé un autre.
Je le poussai alors brusquement contre le mur et le stupéfixai d'un informulé, le maintenant à ma hauteur par sa chemise. Utilisant ses propres armes, je pris mon plus froid regard et plongeai mes yeux dans les siens.
– Ça ne te fait rien de traiter une Malfoy de Sang-de-bourbe ? Méfies-toi, Draco, tu pourrais bien finir par emprunter le chemin de ton père, et on sait tous les deux que tu ne veux pas finir ta vie à genoux à lécher les pompes d'un vieux mégalomane hystérique et psychopathe !
Je le lâchai et il s'effondra contre le mur, immobile. Je vis une lueur d'inquiétude passer dans les yeux de Harry. Alors comme ça il était déjà attiré par lui ? Cela allait être bien plus simple que ce à quoi je m'étais attendue !
– Ne t'inquiètes pas, je ne l'ai pas blessé, dis-je doucement à Harry.
Je tournai le dos à Draco et partis vers la salle d'Histoire de la Magie avec le trio de Gryffindor. Arrivés au coin du couloir, je lançai un « Enervatum » informulé par dessus mon épaule, l'entendant se redresser en râlant.
Binns ne remarqua même pas notre entrée et nous nous dépêchâmes d'aller nous asseoir. Hermione me sourit en sortant ses affaires.
– Merci pour ce que tu as fais à Malfoy, Andy. Je n'aime vraiment pas quand Harry et Ron se battent contre lui ...
Je lui offris un sourire éclatant. Elle m'avait appelée par mon prénom !
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A la nuit tombée, après une petite balade dans le parc, nous décidâmes de rentrer dans la Salle Commune. Le diner n'allait pas tarder à être servit et nous voulions tous retirer ces satanés uniformes avant d'aller manger. Mais alors que le tableau de la Grosse Dame n'était plus qu'à un couloir, je vis une tête blonde nous suivre de loin. Je m'arrêtai, souriant au trio qui me fixait, interrogateur.
– Allez-y, je n'en aurais pas pour longtemps.
Lorsqu'ils disparurent derrière le portrait, je me retournai. Draco était devant moi, me fusillant du regard.
– Ça t'amuse ? Sale petite peste qui imite mon nom !
Mon sourire tomba.
– Tu ne sais rien de moi, Draco.
Il se crispa.
– Je t'interdis de m'appeler ainsi ! Qu'est-ce que tu cherches à faire ? Me pourrir la vie ? Me faire passer du ''bon côté'' ?
– Rien de tout ça. Je veux juste t'aider à être heureux.
– Arrête donc ces idioties ! Qu'est-ce que tu pourrais y faire, hein ? Je suis heureux comme je suis, alors ne …
– Tu sais bien que ce n'est pas vrai ! Que fais-tu de ton père ? Que fais-tu de ta liberté ?
– Qu'est-ce que ça peut te faire ?
– Je te l'ai dis ! Je suis là pour que tu sois heureux !
Des pas retentirent alors, nous arrachant à nos ébats. Severus nous toisa un instant.
– Tiens tiens, les Malfoy … On vous entend depuis le premier étage. Tous vos camarades sont au diner, que faites-vous ici ?
Inspirant, je rabattis mes mèches blondes derrière mon épaule.
– Pardon, professeur Snape. Nous discutions et le ton est un peu monté. Vous savez bien, les histoires de famille …
Draco me lança un regard étonné et Severus haussa un sourcil. Il nous demanda de ne pas trainer et nous tourna le dos, partant comme il était venu.
J'échangeai un regard avec Draco et ris doucement, alors qu'un léger sourire s'étirait sur ses lèvres. La tension était tombée.
– Écoute, je suis sérieuse à propos de ton bonheur. J'aimerais en parler en détail, mais je crains qu'une bande de Gryffindor affamée ne me retienne. Je viendrais te voir demain.
– Ce n'est pas la peine. Tiens toi loin de moi et tout ira bien.
Il tourna les talons.
– Je viendrais, Draco ! lançai-je alors qu'il disparaissait derrière un mur du couloir.
Je rentrai dans la Salle Commune, espérant que Harry, Ron et Hermione m'avaient attendu avant de descendre manger. Ils étaient tous là et me fixèrent avec stupéfaction lorsque j'entrai.
– Quelque chose ne va pas ? demandai-je.
– Non non, bafouilla Ron. On va manger ? J'ai faim, moi !
Il s'avança vers le portrait, Hermione le suivant de près, et je pu voir Harry cacher un morceau de parchemin dans sa poche. Je souris. Il avait la Carte des Maraudeurs. M'assurant que ni Ron ni Hermione ne me voient, me m'approchai de mon père, collant ma baguette contre la poche de son pantalon. Il sursauta et me regarda, une lueur de peur dans les yeux.
– Méfaits Accomplis, murmurai-je pour que lui seul puisse m'entendre.
Il écarquilla les yeux.
– Sinon, tout le monde pourra la lire, souris-je en m'éloignant.
Il resta un moment immobile, puis fut rappelé à l'ordre par Ron dont la volonté n'était plus guidée que par son estomac.
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Durant tout le repas, Harry m'avait fixé, perplexe. Comme je connaissais non seulement la Cape d'invisibilité mais aussi la Carte des Maraudeurs, il aurait pu avoir de quoi se méfier !
J'avais quitté la table en vitesse, rejoins ma chambre pour y poser mon sac que j'avais toujours avec moi et me dirigeais maintenant vers cachots pour y retrouver Severus. Arrivant devant ses appartements, je frappai à la grande porte noire et le seigneur des lieux vint bientôt m'ouvrir.
Dès qu'il me vit, il soupira.
– Tu es vraiment venue …
Il ouvrit la porte en grand, me laissant entrer. Avec un sourire, je m'assis dans un des fauteuils du salon, alors qu'il retournait s'asseoir avec un grognement à son bureau, collé au mur à quelques mètres – je songeai un instant qu'il n'y était pas la dernière fois que j'étais venue là.
– Je t'avais dis que j'avais du travail.
– Tu avais surtout dit que tu ne voulais pas me voir.
Il tourna les yeux vers moi avec une mine blasée.
– Cesse ces remarques, je croirais entendre mon fils …
Je me levai alors avec un sourire.
– Alors c'était vrai ? Allan m'a vaguement parlé d'un Aaron Snape qu'il aurait rencontré dans le Poudlard-Express.
Il secoua la tête.
– Mon fils s'appelle Gabriel, il a à peine huit ans.
Je ris.
– Ça veut dire que … Mon frère est sur le point de sortir avec ton petit fils ?
Je simulai un évanouissement exagéré.
– Je crois que je ne m'en remettrais jamais !
Il eut un discret sourire en coin. J'eus durant une seconde la pensée qu'il me faudrait absolument rencontrer cet Aaron lorsque je rentrerais chez moi …
Mais mon rire cessa à cette pensée et je baissai la tête. « Du moins, si je rentre un jour ... » pensai-je. Une envie de pleurer me vint alors, et je tentai de refouler les larmes. J'étais grande, il ne me fallait pas montrer mes émotions ainsi … Ce n'était plus de mon âge … n'est-ce pas ?
– Qu'est-ce qui se passe ? demanda alors Severus.
Je relevai les yeux et croisai les siens, une lueur d'inquiétude les traversant. Je secouai la tête en un signe fataliste et retournai m'asseoir sur le fauteuil. Il se leva à ma suite, abandonnant ses copies et se rapprochant de moi.
– Je pensais juste que j'aimerais rencontrer ton petit fils quand je serais de nouveau chez moi … si je peux y rentrer.
– Andy.
Il posa une main sur mon épaule.
– Je veux dire, C'est pas comme si c'était la première fois que je les quittais. Je vais à Poudlard, donc je ne peux les voir habituellement que durant les vacances, et ça ne m'a jamais posé de problèmes …
Je reniflai.
– Je n'arrive pas à m'enlever de la tête que je ne pourrais pas rentrer pour les vacances … Peut-être même que je ne pourrais pas rentrer en juillet prochain … Peut-être que je passerais encore deux ans ici, ou même trois ! Peut-être que je ne les reverrais jamais !
– Dumbledore te fera rentrer chez toi, me coupa Severus.
Je relevai les yeux vers lui. L'étrange de la situation aurait pu me saisir si je n'étais pas si tournée vers ma famille. Le plus détesté de tous les professeurs tentait plus ou moins de me réconforter, m'appelant par mon prénom et m'écoutant déblatérer sur un homme qu'il n'aimait pas … C'était aussi inattendu qu'agréable, car j'en avais besoin.
– Il y arrivera, répéta-t-il. Il est vieux et un peu fou, mais c'est un grand homme. Même si cela prend des années, il te renverra chez toi.
Je souris, un peu attendrie. Je ne me serais jamais attendue à ce qu'il dise aussi ouvertement du bien d'Albus …
– Merci, Sev'.
Il acquiesça simplement.
Après quelques minutes de plus à me calmer et à me changer l'esprit, – Severus en vint même à me parler du devoir à rendre, la semaine suivante – je décidai qu'il était temps pour moi de rentrer à mon dortoir. Je me levai alors, le remerciant de nouveau.
– Je viendrais te voir de temps en temps, pour te tenir compagnie … Je te raconterais tout ce que j'aurais découvert !
– Je ne suis pas Dumbledore, grogna-t-il, ça ne m'intéresse pas.
– Alors je te parlerais de mon époque ! ajoutai-je avec un clin d'œil en ouvrant la porte de ses appartements. Bonne nuit !
Je disparus ensuite dans les couloirs. Si Rusard m'attrapait hors de mon dortoir à cette heure-ci, j'allais écoper de quelques retenues …
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Arrivée au dernier étage, je contournai le portrait de la Grosse Dame et passai par le couloir de la Volière, retrouvant le petit tableau au serpent bleu. Je souris, le caressant doucement, et la porte de ma chambre apparut.
Sitôt entrée, j'allumai des bougies d'un vague geste de la main, tirant rapidement ma robe par dessus ma tête, balançant mes vêtements sur mon lit. Quelque chose tapa à ma fenêtre et je l'ouvris d'un sort informulé. Eanna entra et, me voyant, vint voleter autour de moi.
– Non non ! Ne te pose pas sur moi, tu vas me faire mal ! lui souris-je, amusée par son manège.
Je filai à la salle de bain, laissant la porte grande ouverte derrière moi. A peine avais-je mis un pied dans la pièce que le bain commença à se remplir. J'entrai dans l'eau chaude avec un soupire de plaisir, laissant mes cheveux longs s'y plonger. Comme il était agréable de prendre un bon bain après une journée de cours ! Je regrettai un instant de ne pas avoir ce luxe à mon époque !
– Pff … On oublie toujours Mimi ! fit une voix à quelques centimètres de moi.
Je sursautai puis me radoucis en voyant la jeune fantôme, la moitié du corps sortant du mur.
– Mimi ! Oh je suis désolée, je n'ai pas eu le temps de venir te voir aujourd'hui, je comptais le faire demain. Mais je vois que tu as trouvé toute seule où j'étais.
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Au bout d'un petit quart d'heure où je lui racontais ma journée, je sortis du bain qui se vida automatiquement et m'enroulai dans une serviette. Frottant mes cheveux d'une main, je m'approchai du miroir, me concentrant sur mon père.
– Mimi, évite de raconter ce que tu verras là, d'accord ? Je te fais confiance, hein ?
La fantôme acquiesça doucement. Quelque chose me disait que j'avais peut-être tord, mais après tout, qui ça pourrait intéresser, ce que je fais dans ma salle de bain ?
Le visage de Harry s'afficha sur une partie du miroir sous le regard admiratif de Mimi. Je lui fis signe de se taire et la voix de mon père résonna bientôt dans la pièce. Assis sur son lit dans son dortoir, Harry étudiait la Carte des Maraudeurs, Ron penché sur son épaule.
– Par les caleçons de Merlin je te jure qu'elle était juste là ! Elle est passée à quelques mètres du portrait de la Grosse Dame ! s'écria Ron.
– Il a fallut que je tourne la tête deux secondes pour qu'elle disparaisse … C'est pas vrai !
Ainsi c'était moi qu'ils observaient. Je me sentis mal une seconde d'être ainsi ramenée au rang de suspecte, mais après tout, n'étais-je pas moi-même en train d'espionner mon père ?
– Là ! Je l'ai trouvée ! s'écria Harry.
Je sursautai. Alors ma chambre était aussi sur la Carte ?
– C'est quoi cette pièce ? fit Ron, perplexe.
– Sans doute sa chambre. Regarde, ça communique avec la Salle Commune par là. Si elle …
Une autre voix appartenant à quelqu'un que je ne pouvais voir le coupa soudain.
– Bon, les gars, c'est pas qu'il est tard, mais on aimerait bien dormir !
– Oui, on a finit, dit Harry en repliant la Carte après avoir soufflé le traditionnel « Méfaits Accomplis ».
Un « Nox » retentit dans le dortoir et toutes les lumières s'éteignirent. Mon oncle n'avait pas bougé du lit d'Harry.
– Ron, murmura mon père au roux, je ne sais pas qui elle est, mais elle en sait beaucoup trop pour être normale !
– Comment ça ?
– Mais réfléchis un peu ! Elle est nouvelle dans l'école, mais elle tutoie déjà quasiment tous les prof'. Elle a une chambre pour elle toute seule et peut y entrer sans passer par la Salle Commune. Et puis elle sait que j'étais lié à Sirius, elle connait l'existence de la Cape de mon père et de la Carte, elle sait même s'en servir !
Mon oncle resta perplexe quelques secondes.
– Woua, Hermione déteint trop sur toi, si tu veux mon avis …
– C'est sérieux, Ron !
– Bon, vous allez vous taire, oui ? résonna de nouveau la voix inconnue.
Ron grogna et rejoignit son lit, sortant du cadre du miroir. Avec un dernier coup d'œil à la Carte, mon père la rangea sous son lit et s'allongea.
Je quittai la salle de bain, m'asseyant sur mon lit. Harry devait comprendre que je ne voulais aucun mal à personne … Il fallait que je lui en parle …
Je me mis en pyjamas, la tête plongée dans mes réflexions. Mimi replongea dans les tuyaux d'évacuation d'eau en me souhaitant la bonne nuit et je répondis à peine. Je nourris Eanna et me glissai sous les draps. La journée avait été éreintante …
Avec un soupire, je me dis que tenter de gagner leur amitié n'était pas des plus simple … Mais je les connaissais comme mes parents, et je savais comment ils fonctionnaient.
Je fermai les yeux, me laissant emporter par le sommeil …
A Suivre ...
