Chapitre 6


Les premières semaines me rapprochèrent de Harry. Il était devenu mon objectif premier, Draco n'ayant visiblement aucune envie que j'aille le déranger.

En cours, après avoir donné d'exactes et complètes réponses aux quelques fois où j'avais été interrogée, tous les professeurs avaient consentis à me laisser mener ma ''mission'' en paix. Du moins, tous sauf Severus, qui continuait à tenter de me piéger sur les éléments les plus difficiles du chapitre. Certes je n'étais pas un génie comme Hermione qui passait la moitié de sa vie dans les livres afin de compléter ses connaissances, mais ayant déjà suivis les programmes de sixième et septième année, je n'avais aucun problèmes pour répondre à ses provocations. Peu à peu, une sorte de complicité était née entre moi et la ''chauve-souris des cachots'', comme j'avais entendu Ron l'appeler plus d'une fois, du moins lorsqu'il restait poli …

Étant donc aussi libre en cours qu'à l'extérieure car non surveillée par mes professeurs, j'avais mis à pratique ce temps supplémentaire. Me concentrant sur mes parents, j'avais remarqué des coups d'œil et regards discrets lancés lorsque l'autre avait le dos tourné … J'avais vite compris que les insultes n'étaient qu'une apparence, une carapace tant pour Harry que pour Draco.

Je remarquais sans peine les regards curieux, méfiants que me jetaient parfois mon père et Ron, mais au fil des jours, ils étaient de moins en moins fréquents. Ginny et Neville me parlaient de temps en temps, restant tout de même à distance. Hermione restait la plus dangereuse de la maison. Je voyais dans son regard qu'elle se doutait de quelque chose me concernant, mais jamais elle ne le montrait, m'empêchant de savoir ce qu'elle pouvait bien penser. Évidemment, je m'interdisais de lire son esprit.

Un soir sur deux, je me rendais dans les appartements de Severus. Ce rapprochement m'avait surprise au début, compte tenu de tout ce que je pouvais entendre sur lui durant la journée, mais son attitude en tant que professeur durant ses cours et celle qu'il abhorrait avec moi dans ses appartements n'était en aucuns points pareille. Je lui parlais de mon enfance, je lui racontais ma première année à Poudlard, mon passage prématuré en septième année … Au bout de deux semaines, il s'était mit à s'ouvrir lui aussi. J'avais ainsi appris qu'il ne voyait son fils qu'une ou deux journées tous les deux ans. Il ne l'avait dit à personne, pas même à Albus, veillant à ce que Voldemort ne le sache pas et ne puisse pas l'utiliser.

Lors de ces visites, je rentrais souvent après le couvre-feu dans ma chambre. J'envoyais alors une lettre à Dumbledore, lui racontant ce que j'avais découvert durant la journée sur mes parents, et Eanna revenait toujours chargée de quelques friandises.

Peu à peu mes promenades nocturnes dans le parc s'espacèrent, et je n'eus bientôt plus le temps de sortir voir les sirènes, entre mes soirées avec Snape et celles enfermée dans ma salle de bain à espionner mes parents.

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Les jours défilaient sans changement. Aucune amélioration n'apparaissait, tant dans leur relation que simplement dans leur moral. Ils se haïssaient de face et s'aimaient en secret, seuls dans leur solitude. Et c'était ce qui m'attristait le plus, car si Draco avait un confident, Harry n'avait même pas avoué son homosexualité à ses meilleurs amis.

Je relevai la tête de mon devoir de métamorphose à cette pensée. Il me faudrait trouver un moyen de l'aider sur ce plan. Plusieurs fois j'avais pensé le prendre à part afin de lui en toucher deux mots, mais je le savais timide, et je ne pouvais que me heurter à un mur.

Et puis Draco … Oui, Draco avait Blaise. Je souris. J'avais aperçus Blaise lors de la répartition trois semaines plus tôt, mais je n'avais pas eu l'occasion de le croiser depuis. A mon époque, il était le meilleur ami de Draco et mon parrain, présent à chaque Noël depuis mon plus jeune âge.

Déterminée à le voir et à enfin briser la barrière que Draco avait levé entre nous depuis notre dernière altercation, je posai ma plume sur le bureau, laissant là mon devoir et me levai. Enfilant un t-shirt noir, j'ajustai rapidement mes cheveux en catogan devant le miroir en vérifiant que mon père était bien dans sa Salle Commune, nourris Eanna en vitesse et sortis par le portrait du Serpent Bleu, le papier avec les mots de passe de la Salle de Slytherin dans la poche de mon pantalon.

Je marchai silencieusement dans le château, ne prenant pas la peine d'allumer les bougies afin de ne pas réveiller les tableaux. Il était plus de dix heures après tout … Descendant les escaliers jusqu'aux cachots, j'arrivai bientôt devant la Salle Commune de mon père. Je soufflai le mot de passe, m'excusant d'arriver si tard, et entrai, restant dans l'ombre au cas où d'autres élèves ne me reconnaissent.

La salle était, comme on pouvait s'y attendre, entièrement composée de vert et d'argent. Çà et là, quelques teintes de bleu s'étalaient sur les fauteuils de velours. Draco, assit dans un canapé devant la cheminée, discutait avec quelqu'un dos à moi. Lorsqu'il lui répondit, je reconnus la voix claire de mon parrain et eus un sourire. Après un autre regard, je constatais qu'ils étaient seuls.

Le divertissement n'était pas réellement le même à mon époque qu'avec mes parents, aussi j'avais grand besoin d'un peu excentricité … Alors que je m'avançais vers lui, Dray ne fit pas attention à moi. Avec un grand sourire, je m'élançai brusquement vers lui et lui sautai littéralement dessus, me pendant à son cou dans un grand :

– Drayyyy ! Tu m'as manquéééé !

Il sursauta, poussant un cris, et se releva précipitamment, s'arrachant à mon étreinte. Je retombai sur le canapé dans un « Plaf ! ».

– Toi ? s'écria-t-il avec colère. Qu'est-ce que tu fais là ? E-Et comment es-tu entré ?

Je me redressai avec un sourire gêné.

– Je t'avais dis que je viendrais te voir …

– Je t'avais dis que je ne voulais plus te voir !

Un léger rire me fit tourner les yeux. Blaise, assit dans son fauteuil, me regardait amusé. Je lui souris largement et lui tendis une main.

– Tu es Blaise, n'est-ce pas ? Draco m'a parlé de toi. Je m'appelle Andrea Malfoy, enchantée !

Il eut une moue mi-ennuyée mi-amusée et serra ma main alors que Draco lançait quelque chose comme « Je ne lui ai parlé de rien, je ne la connais pas ! »

– Blaise Zabini.

Il se tourna alors vers mon père.

– « Malfoy » ? répéta-t-il avec un regard interrogatif. Je ne savais pas que tu étais fiancé, Dray.

Celui-ci se prit la tête dans les mains.

– Non, ce n'est pas …

– Draco n'est pas mon fiancé, le détrompai-je en me retenant de rire. ET il n'est pas question qu'il le soit !

Deux paires d'yeux me fixèrent avec surprise, plus le regard de Blaise se fit taquin.

– Tu veux dire que tu n'as pas l'intention d'épouser un beau blond, riche, célèbre, doué et intelligent comme lui ? lança-t-il.

– Avec un caractère comme le sien ? Sûrement pas !

Prenant mes aises, je m'assis sur le canapé à la place de Draco qui me lança un regard noir. Je lui souris simplement. Même si je ne voulais pas qu'il découvre ma véritable identité, j'étais là pour l'aider et pour cela, je connaissais son secret.

– A mon avis, tu n'es pas fait pour une blonde à la peau claire. Ce qu'il te faut, c'est un joli brun aux yeux verts, lançai-je avec un large sourire.

L'atmosphère se fit soudain plus froide, et j'eus conscience d'avoir dit une bêtise. Je vis mon père reculer de quelques pas, horrifié.

– Tu …

Mon parrain se tourna vers lui.

– Tu lui as dit ?

– Il ne m'a rien dit, répondis-je à la place de Dray.

Je me levai et me plantai face à lui.

– Je t'avais dis que je savais beaucoup de choses. Beaucoup de choses qui auraient dû être gardées secrètes … Mais tu ne m'as pas écouté.

Il pâlit.

– Qui as-tu mis au courant ? gronda-t-il.

Je soupirai et m'adossai à l'accoudoir du fauteuil de son ami qui suivait notre échange.

– N'écoutes-tu jamais ce qu'on te dit ? Je suis là pour t'aider à être heureux, je veux régler ton problème.

Je vis alors une lueur de fureur emplir son regard de mercure, et il s'approcha de moi.

– Tais-toi. Si tu es là pour te moquer de moi, alors vas-y ! J'aurais dû me douter que tu cherchais quelque chose, sale traitresse à ton nom ! Je ne suis même pas sûr que tu le portes vraiment. On ne fera jamais chanter un Malfoy, tu m'entends ? Lance toutes les rumeurs que tu veux, jamais tu n'auras quoi que ce soit de moi !

– Draco …

– Dégage ! coupa-t-il avec colère. Tu n'as rien à faire ici !

Mes yeux s'étaient écarquillés de surprise.

– Mais je … Dray, je n'ai jamais voulu …

– DEHORS ! hurla-t-il.

Je sursautai, incapable de réagir autrement. Mes jambes refusaient de bouger.

Jamais encore je n'avais vu Draco Malfoy ainsi en colère. Mon père ne s'énervait jamais, ses colères étaient froides et silencieuses … J'avais dû énormément le blesser pour qu'il se mette dans un tel état ! Mais je ne l'avais pas voulu, mes intentions n'avaient rien de mauvaises, n'est-ce pas … ?

Voyant que je ne réagissais pas, il me prit par le col du t-shirt et me traina de force jusqu'en dehors de la salle Commune, sous le regard déboussolé et choqué de Blaise. Pétrifiée, je me laissai faire. Pourquoi était-il dans un tel état ?

Il me lâcha en me poussant en arrière et je m'effondrai au sol. Je me relevai difficilement sous son regard hautain et méprisant, les jambes tremblantes et le souffle coupé.

– Draco, je ne voulais pas te blesser, je …

– Tais-toi.

Sa voix me fit l'effet d'une lame tranchant l'air, ne laissant aucune réponse possible.

– Je ne veux plus te voir. Plus jamais.

Son ton glaçant me transperça, me blessant plus que d'apparence. Je voulais simplement l'aider, il avait mal comprit mes intentions. Il me suffisait de lui dire que je pouvais l'aider, qu'il avait une chance avec Harry, qu'il n'avait rien à craindre, que tout irait bien … Il me suffisait de lui sourire, de le convaincre, de …

– Regarde-toi … Tu me dégoutes. Tu as voulu jouer avec le peu de sentiments que j'ai ? Je jouerais avec toi, alors. Mais tu risques de ne pas apprécier …

Il me toisa de haut, tranchant cruellement mon cœur. Je baissais les yeux. Il était mon père, pourquoi était-il si froid, si méchant … Une larme coula jusque sur ma ligne de ma mâchoire sans que j'y prête attention. Relevant la tête, je lui fis un sourire forcé. Je ne pouvais pas me laisser aller devant lui, il n'était pas encore mon père, il ne comprendrait pas …

– Excuses-moi de t'avoir dérangé dans ta conversation avec Blaise …

Ma voix mourut entre mes lèvres. J'avalai ma salive, la gorge sèche et le cœur serré par les sanglots retenus.

– B-Bonne nuit.

J'eus un instant l'impression que son regard noir s'était éclaircit, mais je me mis à courir dans la direction opposé sans un regard de plus.

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Je ne regardais plus où j'allais, courant dans les couloirs obscurs du château. Par je-ne-sais-quel miracle, je réussis à ne pas me prendre de mur en pleine figure. Je courrais, je courrais pour ne pas laisser couler mes larmes, je courrais tant que mes jambes me le permettaient, fléchies et tremblantes … Je trébuchai plusieurs fois sur les marches d'escalier. Le vent frai de la nuit me fouetta le visage lorsque je sortis enfin du château, puis le bruit de mes pas cessa, étouffé par l'herbe. Je me laissai alors tomber.

Les torrents dévalèrent la pente de mes joues, mes sanglots se firent désordonnés. Je laissai toute ma douleur s'échapper, une main sur la bouche, tentant s'étouffer ma respiration irrégulière, mes gémissements de douleur … Le bruit sourd de pas dans l'herbe se fit vaguement entendre derrière moi mais je continuai de pleurer, seule dans mon mal.

Cela faisait si longtemps que je n'avais pas versé tant de larmes ! Si longtemps que je n'avais pas eu cette impression d'être compactée, serrée à l'intérieur de moi-même, écrasée entre deux étaux se resserrant chaque seconde un peu plus. Il n'avait fallut que quelques phrases et un regard glacé de Draco pour que tout cela se déclenche, comme un barrage trop longtemps retenu …

Une main froide se posa sur mon épaule et je levai le visage ruisselant de larmes vers … Harry ? Sans que je ne puisse me contrôler, le visage de mon père et celui d'Harry se superposèrent et je m'effondrai dans ses bras, pleurant contre son torse comme je le faisais lorsque j'étais enfant. Je m'accrochai désespérément à sa robe, gémissant, hurlant ma peine. Je me sentais comme si mon cœur s'était écorché et se laissait mourir, hémorragie sous ma poitrine, mort lente et sûre, agonie des sentiments …

Je ne reçus aucune résistance. Une main douce se perdit dans mes cheveux, me calmant, et je me rendis à cet instant compte qu'il s'agissait bien de mon père et non d'un simple inconnu qui le deviendrait plus tard. Ces gestes qu'il répétait toujours à mon époque, ces mots réconfortants, comme les murmures, incantations des sirènes pour guérir les leurs … Une autre main vint essuyer mes larmes, caressant mes yeux bouffis alors que mes sanglots s'apaisaient lentement et qu'une brume sombre se diffusait dans ma tête …

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J'ouvris les yeux sous des éclats de voix. Me redressant, je me rendis compte que j'étais allongée sur un lit dans une pièce plongée dans une pénombre rassurante, coupée d'un trait de lumière provenant de la porte entr'ouverte. Une odeur connue m'entourait, et je retins un sourire. Il était encore là pour prendre soin de moi …

– ... vous rendez compte de la situation dans laquelle vous étiez ? hurla la voix qui m'avait réveillé depuis la pièce d'à côté.

– Depuis que le Seigneur des Ténèbres est revenu, la moindre des choses serait de vous méfier de tout ! Mais non, vous, imperturbable Gryffindor, vous ne pouvez vous empêcher de transgresser les règles et de sortir du château à la nuit tombée !

J'identifiai rapidement la voix comme celle de Severus. Me levant, je m'approchai de la porte.

– Professeur, nous … commença une voix féminine.

– Vous devez en connaître un sacré rayon sur le retour de Voldemort, hein ? Il doit bien vous avoir informé, depuis le temps ! coupa une autre voix, plus grave.

– Que voulez-vous dire, Potter ? fit froidement Severus.

J'ouvris alors la porte et aussitôt les têtes d'Harry, Hermione et Severus se tournèrent vers moi.

– Ah, miss Malfoy, vous êtes réveillée. Je devrais vous enlever des points pour être sorti de votre dortoir après le couvre-feu !

Je n'eus même pas la force de lui sourire.

– Désolée, soufflai-je.

Je m'appuyai contre le mur.

– Andy, tu vas mieux ? Fit alors la voix d'Hermione. Il s'est passé quelque chose ?

Les souvenirs de Draco me hurlant qu'il ne voulait plus me voir me revinrent de plein face. Son regard, son ton tranchant … Les larmes revinrent à l'assaut, sans sanglots, sans cris … Simplement les larmes qui dégoulinèrent sur mon t-shirt déjà bien humide.

Je me laissai glisser le long du mur avant de voir Severus se précipiter. Il m'aida à me relever et me fit asseoir sur son fauteuil.

Je vis du coin de l'œil Harry et Hermione me fixer étrangement, mais le brin de compassion que je reçus de Severus me fit du bien. Il me mit une tasse de thé entre les mains et s'assit sur l'accoudoir, juste à côté de moi.

– Tu veux en parler ? demanda-t-il doucement.

Je laissai un rire sombre m'échapper.

– A te montrer si gentil devant des Gryffindor, tu vas ruiner ta réputation de bâtard sans cœur, murmurai-je.

Hermione laissa une exclamation choquée lui échapper et Severus fronça les sourcils. Me rendant compte de mes paroles, je lui pris le poignet.

– Excuses-moi, soufflai-je en enfouissant mon visage dans sa robe. Je dis des choses méchantes alors que je ne les pense pas …

Ses sourcils se froncèrent d'avantage et il se tourna vers les deux autres élèves.

– Rentrez dans votre dortoir et réjouissez-vous que je ne vous donne pas de retenue pour cette fois ! s'exclama-t-il.

Hermione acquiesça et se leva, mais Harry ne bougea pas.

– Il est hors de question que je la laisse seule avec vous ! dit-il.

Sev' soupira.

– Stupides Gryffindor …

Il me jeta un regard en coin puis capitula.

– Miss Granger, asseyez-vous.

Alors que la brune s'exécutait, je me collai d'avantage contre le professeur de Défenses Contre les Forces du Mal qui ne broncha pas.

– Dray est furieux, soufflai-je.

Il haussa un sourcil.

– J'ai voulu l'aider mais il a cru que je voulais lui faire du chantage … Il m'a mit à la porte.

J'inspirai un bon coup, chassant les larmes qui revenaient.

– Il me déteste.

J'enfouis mon visage contre son épaule.

– Mon père me hait, Sev', ajoutai-je plus bas pour que lui seul puise l'entendre.

Il posa une main réconfortante sur mon épaule sans un mot.

– C'est stupide, pas vrai ? repris-je un peu plus fort. Lui qui est pourtant doux et gentil …

Sa main se crispa et je pus presque deviner son sourcil se haussant.

– Je lui ai fais du mal involontairement … Maintenant il va me le faire payer …

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Une fois calmée, Severus nous conseilla de retourner dans notre dortoir. Sur le pas de la porte, je le remerciai avec un sourire triste. Il était bien la dernière personne à qui j'aurais pensé confier ma peine … Je savais désormais que je pouvais compter sur lui même dans les moments difficiles …

Regagnant la salle Commune en silence, je n'osais pas regarder mes deux camarades. Lorsque le portrait s'ouvrit, j'entrai et me laissai tomber en soupirant sur le canapé en face de la cheminée. Presque aussitôt, Harry et Hermione s'assirent à mes côtés, la brune me passant un bras autour des épaules.

– Je suis désolée de me montrer aussi pathétique …

– Tu n'es pas pathétique, sourit Hermione.

Il devait être entre onze et une heure du matin et seul le crépitement du feu dérangeait le silence de la Salle Commune. Nous étions les seuls éveillés … Après tout, je pouvais bien les considérer comme mes amis, n'est-ce pas ? Ma tête penchant sur l'épaule de la brune, je me décidai à parler. Après tout, je pouvais bien leur dire une partie de la vérité et en cacher ce qu'ils n'avaient pas à savoir …

– Je ne vous apprends rien en vous disant que ma présence à Poudlard n'est pas habituelle, et que je ne suis pas ici pour les cours … Quand il a dit que j'étais là pour raisons familières, Dumbledore n'a pas menti. C'est en partie pour Draco que j'ai été envoyée à Poudlard. Peu de gens le connaissent comme le je connais. Certes en public il est froid et hautain …

Harry acquiesça, lâchant une grimace.

– Mais il peut aussi être d'une gentillesse extrême, compréhensif, amusant, doux …

Les traits de mon père s'adoucirent et Hermione sourit.

– Pourquoi s'est-il mit en colère ?

Je haussai les épaules.

– Draco Lucius Malfoy a beaucoup de secrets et de problèmes. J'en connais une bonne partie, et j'ai voulu l'aider. Mais il est des problèmes qu'on ne peut régler à sa place …

– Son père et Voldemort, souffla Harry.

Je lui souris.

– Entre autre, oui. Mais ce n'est pas de ça que j'ai voulu le sortir.

Je soupirai.

– Je lui ai parlé d'une chose plus … personnelle. Et il l'a très mal prit. Il a cru que je voulais le faire chanter. Je ne donne pas cher de ma peau, demain …

Harry se leva.

– Il ne te touchera pas, Andy. On te le promet.

Je lui offris un sourire reconnaissant. Une bouffe de chaleur m'envahit, expédiant la tristesse aux tréfonds de mon cœur. Mon père me défendrait si j'en avais besoin. Cela me suffisait.

– Au fait, comment m'avez-vous retrouvé ? demandai-je soudain.

Hermione rougit.

– On ne voulait pas t'espionner, hein, mais …

Harry trancha alors.

– On t'a vu partir en courant de la Salle des Slytherin. Ron dormait déjà, alors on est venu voir ce que tu avais avec Hermione. Puis Snape est arrivé peu après que tu soies tombée dans les pommes et il t'a porté jusque dans ses appartements. Hermione voulait qu'on rentre, mais …

Il hésita et je souris.

– Tu n'as pas confiance en lui, hein ?

Il acquiesça simplement.

– Le professeur Snape connait ton lien avec Malfoy, pas vrai ?

« Hermione, toujours aussi perspicace … » pensai-je. Je lui souris en guise de réponse et me levai.

– Merci beaucoup de m'avoir ramené. Et … Pardon pour la scène déplorable que je vous ai montré.

La brune m'offrit un large sourire et se dirigea vers l'escalier de son dortoir avec un « Bonne nuit à tous les deux. » chaleureux. Harry se tourna vers moi lorsqu'elle eut disparut derrière le mur en colimaçon.

– Comment savais-tu pour la Carte et la Cape ? lança-t-il brusquement

– Oh …

Je souris.

– Ça, ça fait parti de mes petits secrets … Bonne nuit Harry, ajoutai-je en murmurant le mot de passe de ma chambre.

Mais avant de m'y engouffrer, je me retournai vers lui.

– Au fait, Harry, ne perd pas espoir. On a tous nos problèmes de cœur. Si tu leur en parles, Ron et Hermione comprendront.

Il me dévisagea.

– Pardon ?

– Dis-leur pour Draco, souris-je. A demain.

Je refermai le passage derrière moi, devinant son regard choqué à mes dernières paroles. Eanna voleta vers moi et se posa sr mon épaule, me lacérant de ses serres. Je grimaçai sous la douleur. Elle me mordilla l'oreille, me blessant légèrement, et je souris.

– Je sais, je t'ai inquiétée … Pardon.

Je lui caressai doucement la tête et elle poussa un petit cri avant de s'envoler sur sa cage. Je me déshabillai en soupirant et entrai dans la salle de bain. Dans le miroir, je grimaçai en voyant les petites plaies causées par l'oiseau et, attirant ma baguette à moi d'un Accio informulé, j'en posai le bout sur les blessures et murmurai un sort de guérison. Me plongeant ensuite dans le bain, je tentai de sortir la soirée de ma tête. Même si la discussion avec Severus et avec Harry et Hermione m'avait calmée, la douleur des mots, mais surtout de la haine que j'avais lu dans les yeux de mon propre père continuait de me hanter.

Sortant du bain et nettoyant tout, je me glissai dans les draps chauds de mon lit. Le sommeil me prit en traite et je m'y abandonnai, fermant les yeux. Je n'avais aucun doute que le lendemain allait être un véritable enfer pour moi …


A Suivre ...