Je tiens à m'excuser de mon absence prolongée !
Ma seule excuse est que j'ai le Bac' à la fin de l'année … Bon, aussi peut-être que je suis de ceux qui ne fichent rien pendant des semaines et qui se retrouvent avec une montagne de travail ^^' !
Mais voici la suite, sans plus tarder !
Chapitre 9
L'ambiance se chargea soudain dans la Salle Commune et moi-même commençai à me sentir mal à l'aise. Harry, effondré sur le fauteuil rouge et or juste devant moi, prit une énième inspiration avant de se lancer, enfin.
– Alors voilà, je … Ça fait plusieurs années que … Enfin je me suis rendu compte que je …
À bout de patience, Ron se leva.
– Accouche, Harry !
– Parce que tu crois que c'est facile à dire ? répondit mon père, rendu un brin agressif par la pression. Je … je pense que je suis gay …
Le ton de sa voix avait baissé au dernier mot de sa phrase, mais lorsqu'il respira de nouveau, je devinai aisément sa pensée.
Ça y est, je l'ai dis.
Je posai une main réconfortante sur son épaule avant de relever les yeux vers les autres. Tous étaient bouche bée, à l'exception de Dean. Un lourd silence s'abattit dans la salle et je sentis sous mes doigts les épaules d'Harry se crisper de nouveau.
– Par Merlin, dites quelque chose, murmura-t-il comme une supplique.
Une personne se leva alors, souriant à mon père, et moi-même j'en fus surprise. Jamais je n'aurais cru qu'il fut le premier à réagir. Dean s'approcha et posa une main sur l'autre épaule de Harry, un large sourire sur les lèvres.
– Ça n'a pas dû être facile de le dire. Merci, Harry, ça nous prouve ta confiance en nous.
Un soupire de soulagement prit le Survivant et il tourna légèrement la tête vers moi, si bien qu'une fois de plus je devinai à quoi il pensait. Devait-il tout leur dire ? J'acquiesçai. Oui, tout. Il se tendit de nouveau, leur faisant de nouveau face.
– Heum … Restez assit, je n'ai pas fini, et vous risquez de tomber de haut … En fait j'aime quelqu'un et je … Je vous le dis parce que j'ai confiance en vous et que vous êtes mes amis, alors …
– Lance-toi, 'Ry, lançai-je, un peu amusée par ses balbutiements.
La si habituellement joyeuse bande de Gryffindors le fixaient sans un mot, déjà assez surpris et se demandant sûrement quelle énormité il allait encore leur sortir.
– Je … j'aime Malfoy.
– Quoi ?
Les réflexions fusèrent alors.
– M-mais tu viens de dire que tu étais gay !
– Harry, comment peux-tu …
Je ris doucement, arrêtant leurs remarques et éclairant mon père qui semblait tout aussi perdu qu'eux.
– Ils croient que tu parles de moi, Harry.
Ginny me fixa alors, estomaquée.
– Tu ne veux pas dire que … lâcha-t-elle dans un souffle.
Harry reprit.
– J'aime Draco.
Un silence de mort s'installa alors, jusqu'à ce que Dean, mon sauveur du jour, se lève de nouveau en bâillant.
– Eh bien félicitation et bonne chance, Harry, dit-il. Avec une telle tête de mule tu vas en avoir des problèmes ! J'vais me coucher, lança-t-il en passant à côté de lui, non sans lui laisser une tape amicale sur l'épaule. Tu viens, Seam' ?
Dean ne parlait pas autant habituellement, mais je ne m'en plaignais pas. Seamus suivit son ami avec un sourire.
– Ça fait plaisir de voir que tu me fais confiance, dit-il en passant à côté de nous. Bonne nuit.
Ils disparurent dans les escaliers du dortoir.
Soudain, Ginny se leva, tremblante, et monta à son tour dans son dortoir, sans un mot ni un regard pour mon père. Hermione se racla alors la gorge, tendue.
– Ça fait longtemps ?
– Presque deux ans …
– Oh.
Ron se leva, s'étirant.
– Et Andy, fit-il, qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans ?
– Elle a comprit très vite et … elle m'a écouté quand j'avais besoin de parler …
Il sourit alors.
– Content que tu nous l'aies dis. Ça me dérange un peu que ça soit cette sale fouine, mais il faudra bien que je m'y fasse.
Il contourna les fauteuils et monta lui aussi dans les dortoirs, lançant un vague « Bonne nuit ! » derrière lui.
– Hermione, tu ne dis rien ? dit soudain Harry, de nouveau anxieux.
La jeune fille soupira.
– Je n'arrive pas à comprendre comment tu en es venu à aimer Malfoy … Le fait que tu sois gay ne me choque pas, mais … laisse moi le temps de m'y faire, d'accord ?
Elle se leva à son tour.
– Je ne sais pas pourquoi ils te souhaitent tous bonne chance. Ce n'est pas de la chance qu'il te faudra avec Malfoy, Harry, c'est au moins un ange gardien.
Sur ces mots, elle prit le même chemin que les autres et disparut dans l'escalier.
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Je vis Harry soupirer de soulagement et se laisser tomber contre le dossier du fauteuil.
– Merlin ! J'en ai encore les jambes qui tremblent, souffla-t-il.
– Ça ira mieux d'ici quelques jours, ils s'y feront, tu verras.
Je lui souris largement avant de m'asseoir à mon tour dans le fauteuil d'à côté.
– Je te félicite d'avoir tout dis, Harry. Je sais que ce n'est pas facile, mais tu l'as quand même fait.
Il me remercia d'un sourire épuisé.
– Allez, va te coucher ! T'as besoin de repos. Je vais en faire de même.
Je me dirigeai vers le tableau de ma chambre – le lion émit un léger grognement lorsque je murmurai le mot de passe, comme agacé d'être ainsi réveillé – et me retournai une dernière fois vers mon père.
– Harry, tâche de bien manger demain matin. Tu as encore maigri.
La porte de ma chambre se referma derrière moi et aussitôt Eanna vint voleter autour de moi avant de se poser sur mon épaule. Je lui caressai gentiment la tête, m'excusant de mon absence.
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Ayant déjà décidé du programme du reste de la nuit, je retirai ma lourde robe de soirée, la balançant sur un meuble de la salle de bain, me changeant pour des vêtements plus simples et confortables. Dans la salle de bain, je saluai rapidement Mimi – qui avait finit par dormir dans les conduits – et retirai avec empressement les barrettes et épingles de mes cheveux, les laissant tomber dans mon dos. Je vérifiai par le miroir magique que mon second père était bien toujours éveillé puis sortis rapidement par le tableau du serpent bleu.
Longeant les couloirs désormais déserts, je me dirigeai vers la Salle Commune des Slytherin. Je souris en entrant. Le hasard faisait bien les choses (1), seuls Draco et Blaise étaient présents, discutant.
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Tous deux virent volte face à mon arrivée, puis je vis Blaise sourire. Draco par contre ne souriait pas du tout. Cette fois-ci, je ne parvins pas à lire son regard, car il était chargé d'émotions tellement variées que cela m'était tout simplement impossible.
Je les saluai tous les deux, baissant légèrement le regard devant mon père.
– Hello Andy ! lança Blaise. Viens t'asseoir là, tu me fatigues à rester plantée debout !
Je lui fis un sourire reconnaissant et m'exécutai.
– Alors, de quoi parliez-vous ? demandai-je, hésitante face au regard du blond.
– De la soirée ! fit le brun, ignorant mon stresse. Pour une fois que le bal était bien organisé … Tu aurais dû voir ça l'an dernier, les fantômes de l'école avaient mis le bordel !
Je ris doucement en imaginant Sir Nicolas et le Baron Sanglant faire peur aux premières années.
– Je suppose que Peeves était aussi dans le coup ?
– Non, non, Dumbledore le lui avait interdit. C'est bien dommage, d'ailleurs, ça aurait pu être marrant …
Soudain, un garçon brun sortit des dortoirs des sixièmes années et se dirigea d'un pas pressant vers mon parrain. Me jetant un regard incertain, il lui murmura quelque chose à l'oreille, et Blaise se leva d'un bond, blême.
– C'est Pritchard, je reviens ! lança-t-il à Draco.
Il fonça dans le dortoir, le brun sur ses talons.
– Qui est Pritchard ? Demandai-je avec hésitation à mon père.
– Un gars de troisième année, fit-il en haussant les épaules. Il a souvent des crises d'angoisse en ce moment, personne ne sait pourquoi. Comme Blaise a l'habitude avec sa demi-sœur, c'est le seul qui arrive à le calmer.
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Je gardai le silence un instant. Je n'avais jamais su grand chose sur mon parrain. Je le connaissais tel qu'il était, mais son passé m'était presque inconnu. Mon père, Draco, avait un jour laissé entendre qu'il n'avait pas eu une enfance facile, et que sa mère avait été veuve cinq à six fois. Mais jamais mon parrain n'avait fait la moindre allusion à une sœur. Car dans mon présent, Blaise était fils unique.
Si je ne la connaissais pas, peut-être était-ce parce que Blaise avait coupé les ponts avec elle avant ma naissance ? Ou bien peut-être que la guerre avait fait le travail pour lui, pensai-je sombrement.
Cette satanée guerre a tué trop d'innocents, trop peu de coupables.
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Je relevai les yeux vers Draco. J'en avais assez de cette rancune qu'il montrait à mon égard, mais connaissant son caractère, je ne pouvais rien y faire s'il ne désirait pas me pardonner …
Mais soudain, il prit la parole, me faisant presque sursauter.
– Écoute … Ça me coûte de te le dire, mais … Je suis désolé pour tout ce que je t'ai fais ou dis. Je me suis conduis comme un parfait idiot, tu ne le méritais sûrement pas. Je me suis rendu compte que tu avais raison, le seul obstacle entre … entre lui et moi, c'est moi-même.
Sans lui laisser le temps de continuer, je lui sautai dans les bras. Si le Draco que je connaissais, mon propre père, l'avait abandonnée le jour où il avait tout avoué à Harry, l'adolescent dans mes bras avait encore sur ses épaules le poids de la fierté des Malfoy, enseignée dès le plus jeune âge depuis des générations … Il l'avait laissée de côté pour moi, et cela représentait le plus beau des cadeaux. Et un pas en avant.
– Merci, Dray, soufflai-je.
– Que c'est mignon, lança alors une voix qui me fit me détacher de lui.
– Blaise, soufflai-je avec amusement en me relevant face à mon parrain.
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Lorsque vint l'heure de rentrer au dortoir, je saluai Blaise et mon père, le cœur plus léger.
Ils s'étaient embrassés pour la première fois, puis Harry s'était confié, se soulageant d'un poids certain ; enfin, Dray me pardonnait, m'acceptait dans son entourage … Que de bonnes nouvelles en une seule soirée ! En me laissant tomber sur mon lit, je laissai un large sourire fleurir sur mes lèvres. Eanna se posant sur l'oreiller à mes côtés, je lui caressai le haut du crâne, l'esprit ailleurs, lointain, perdu dans le temps … Comme j'aurais des choses à raconter à Allan, lorsque je pourrais rentrer !
Je m'endormis sans crainte, une douce chaleur m'envahissant alors qu'à côté de moi, Eanna déchirait innocemment l'oreiller de ses serres.
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Et les semaines passèrent. Harry, de nouveau soutenu par ses amis, avait retrouvé le sourire, et ses regards vers Draco étaient de plus en plus fréquents, me laissant souvent rêveuse de mon présent. En contre-partie, Dray m'adressait plus fréquemment la parole. Certes sa confiance en moi restait limitée, mais je sentais qu'il se rapprochait de moi de jours en jours – ou plutôt, qu'il me laissait l'approcher, lui.
Pourtant, il y eut un jour où je cru vraiment avoir tout gâché.
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Nous venions à peine de quitter le cours de Métamorphose, et notre petit groupe croisa ce lui de Dray.
Alors que tous se jetaient des regards noirs, je saluai Blaise avec un large sourire et une tape amicale qu'il me rendit sans hésiter. Tous s'arrêtèrent, et à l'exception d'Harry et Dray, ils nous fixèrent avec perplexité, et, me sembla-t-il, un peu d'animosité.
– Tu flirt avec un Slytherin ? cracha Ron.
Je fronçai alors les sourcils, me tournant vers lui.
– Je ne « flirt » pas avec Blaise, Ron. Et même si c'était le cas, je ne vois absolument pas où serait le problème.
Le roux baissa les yeux.
– Eh bah la belette, ça te fait rien de te faire remettre à ta place par une fille ? Oh, mais j'oubliais, avec Granger, ça doit t'arriver tous les jours ! se moqua Dray avec un regard dédaigneux.
Et les hostilités commencèrent.
– Dray, arrête avec ça, tu sais qu- ...
Mais il ne m'écoutait pas, et Ron avait déjà répliqué, envenimant la situation.
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Levant les yeux au ciel, je me pris le visage dans la main. Hermione et Harry restèrent en arrière alors que Parkinson et les deux cruches servant de gardes du corps à Dray s'en mêlaient.
– Par Merlin, Blaise, soufflai-je, c'est plus de ton âge, arrête …
– Laisse-moi m'amuser, grogna-t-il en se lançant à son tour dans les échanges de plus en plus violents.
Une colère froide commençait à monter en moi, et je pouvais sentir mon sang se réchauffer dans mes veines.
– Ta gueule, Malfoy ! Moi au moins ma famille ne fait pas partie des Deatheaters !
– Ron ! m'exclamai-je, un peu choquée qu'il ose le dire à voix haute.
Mais il était trop tard. Bouillant de rage, Draco sortit sa baguette et la pointa sur le rouquin. Et tout se passa très vite.
– Tu vas payer ça, Weasley ! Endo- ...
Je m'interposai alors, bousculant d'un coup d'épaule Ron qui alla s'effondrer contre le mur d'à côté, me protégeant d'un Protego imprononcé qui repoussa Dray jusqu'au mur opposé.
La colère, la déception aussi peut-être, m'envahit à cet instant, et comme à chaque fois que cela avait dû arriver, je ne contrôlai ni mes paroles, ni mes pensées. Il l'avait fait une fois déjà, mais j'avais cru qu'avec ma présence, j'avais cru qu'en m'acceptant, il acceptait aussi qu'il n'était pas de ce genre-là …
Dray se releva difficilement, et je me tournai vers le roux.
– Espèce d'imbécile ! Ce n'est pas le genre de paroles à prononcer dans l'enceinte de Hogwarts ! Tu es vraiment inconscient des fois !
J'eus un instant l'envie de le frapper, mais je me retenais. Il avait certes dépassé les bornes, mais il n'était pas le seul.
– Et toi ! ajoutai-je en me tournant vivement vers Draco qui se massait l'épaule avec une grimace. Je te croyais plus intelligent que ça ! Tenter un impardonnable, mais où as-tu l'esprit ? Je sais que tu vaux mieux que ça, alors qu'est-ce qui te prend ?
Sans attendre de réponse, je tournai les talons et m'éloignai à grands pas.
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Colère, doutes, peur … C'était là les principales émotions qui me ravageaient, les principales émotions que j'arrivais encore à définir, alors que tout s'emmêlait dans ma tête. Mes pensées, pourtant habituellement si ordonnées par mes soins d'Occlumencie, n'étaient qu'un immense brouillard, un bazar sans aucune logique.
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Il n'y a rien à en tirer.
C'est mon père, je l'aime.
Il est comme son père.
Il a encore peur, c'est pour ça qu'il agit comme ça.
A-t-il besoin de moi ?
J'ai peur.
Ont-ils besoin de moi ?
Allan, j'ai froid.
Où es-tu ?
Je veux les voir, je veux mes parents.
Papa.
Pardon.
Papa.
Papa …
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– Draco …
– Andy ?
Je sursautai.
Lentement, je relevai la tête, pour croiser dans le noir deux paires d'émeraudes.
– Papa … ?
– Andy, tu vas bien ?
Non, ce n'était pas mon père. C'était Harry.
Recroquevillée à même le sol, adossée au mur face à mon lit, fenêtres et rideaux fermés, la pièce plongée dans la pénombre, Eanna aussi silencieuse que le reste du mobilier … J'eus un faible sourire. Quelle vision pitoyable je devais afficher là …
– Andy ? répéta Harry, accroupit à quelques centimètres de moi.
– Oui, répondis-je seulement.
Oui, je respirais encore. Oui, j'étais éveillée. Oui, je l'entendais. Oui, je l'avais vu.
Il s'assit à mes côtés et passa un bras autour de mes épaules, réconfortant.
– Ron est désolé. Il s'est rendu compte que c'était vraiment stupide. Qu'on était tous stupides, depuis si longtemps.
Je cachai mon visage dans mes bras. Ce n'était pas de la réaction de Ron dont je me souciais …
– Je crois que Draco a réfléchi aussi, ajouta-t-il comme s'il avait deviné mes pensées. Parkinson et ses deux clébards sont partis juste après toi. Zabini a essayé de te retrouver, je crois. J'ai …
Il baissa à son tour la tête, et je relevai les yeux pour les poser sur son visage rosissant.
– J'ai accompagné Draco à l'infirmerie.
Je sursautai.
– Il est blessé ?
Un léger sourire apparu sur ses lèvres alors que nos regards se croisaient.
– Rien de grave, je pense qu'il a dû se démettre l'épaule en se cognant contre le mur. Madame Pomfrey a déjà dû réparer ça à l'heure qu'il est. Mais … Je lui ai proposé de l'accompagner, pour faire la paix, tu vois … je l'ai un peu soutenu. Je le soupçonne même de s'être appuyé sur moi plus que de nécessaire juste pour m'embêter, ajouta-t-il avec une légère grimace.
Cette fois-ci je me redressai totalement, un nouveau sourire aux lèvres.
Eanna voleta alors jusqu'à moi et se posa sur mes genoux, enfonçant ses petites serres dans ma robe et mon jeans.
– Alors finalement, ça n'a pas été si dramatique, soufflai-je.
Il me lança un regard en biais et se releva, me tendant sa main.
– Je suis désolé, Harry. Je n'aurais pas dû dire les choses de cette manière. Mais je sais ce qu'il traverse, et je sais que Ron n'aurait pas dû être aussi franc. Ce n'est pas sa faute, tu sais ?
– Je sais, affirma-t-il simplement.
Il me sourit.
– Tu as eu raison. Merci. Je n'aurais pas supporté une énième bagarre entre mes amis et les siens …
M'aidant de sa main, je me relevai à mon tour, soulagée, apaisée.
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– Comment es-tu entré, au fait ? Ma chambre est gardée par mots de passe …
– Tu vas rire, mais j'ai été obligé de demander à Mimi Geignarde …
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Dans les couloirs de Hogwarts, la tête basse, les mèches blondes m'emplissant la vue, je me dirigeais vers l'infirmerie, le cœur lourd.
Ouvrant légèrement la porte, je m'y glissais, espérant que mon père y soit toujours. Et il y était.
Assit sur un des lits, Pompom debout devant lui tentant de lui faire un bandage au milieu de ses protestations, je ne pus retenir un sourire amusé.
– Laisse, Pompom, souris-je en m'approchant. Je m'en occupe.
– Par Merlin ! Malfoy, vous êtes une plaie ! s'exclama-t-elle en s'éloignant de lui.
Il tourna un regard froid vers moi, et je souris difficilement à Pompom lorsqu'elle passa à côté de moi. Elle s'arrêta, posant une main sur mon épaule, puis repartit vers son bureau.
Je m'avançai avec hésitation.
– Draco, je suis désolée, soufflai-je, la gorge serrée.
Il garda le silence.
– Je ne voulais pas te faire de mal … Mais tu n'avais pas non plus à tenter un tel sort … Je suis vraiment désolée, Dray, je …
Ma voix tremblait légèrement.
– Qu'as-tu dis à Potter ? me lança-t-il simplement.
Je relevai les yeux.
– Quoi ?
– Que lui as-tu dis pour qu'il réagisse comme ça ?
Comprenant où il voulait en venir, je fis mine de ne pas comprendre.
– De quoi parles-tu ? Il t'a fait quelque chose ?
Il détourna alors les yeux et je m'approchais un peu plus.
– Je m'excuse, lâcha-t-il alors.
J'écarquillai les yeux et me précipitai vers lui, un peu déstabilisée.
– Tu n'as pas eu le temps de le faire, heureusement, tu n'as pas à t'excuser, Dray …
– Non, je ne parlais pas de ça. Enfin, si ça, aussi, mais … J'ai pensé que tu étais de mèche avec lui.
– Pourquoi ?
– C'est lui qui m'a amené ici. Il ne t'a rien dit ?
Je secouai la tête en signe de négation. Ce n'était pas tout à fait la vérité, mais si je lui avais répondu par la positive, il se serait sans aucun doute mit à voir des complots dans mes actes …
– Aucunes insultes. Pas une remarque. C'était … étrange, ajouta-t-il sur un ton frôlant le chuchotement.
– Dérangeant ?
– Non, pas vraiment. Même plutôt agréable …
Je lui souris doucement.
Lorsque je quittai l'infirmerie peu de temps après, ce fut avec le cœur plus léger et du soulagement plein les yeux. Il ne m'en voulait pas, cela me suffisait ...
À Suivre ...
(1) Le hasard ou l'auteur ?
Prochain chapitre (s'il arrive un jour ...) : préparations de Noël ! On en est déjà à la moitié de l'année scolaire, les choses s'accélèrent ...
