CHAPITRE 6 : Devenir amis
-Chut… Bella… Tu veux m'en parler… Aro t'as fait quelque chose ? Me demanda-t-il.
-Non…C'est…pas ça… mais Edward je n'ai pas envie d'en parler, je veux juste te parler, être avec toi, ici tu es le seul qui soit intéressant. Lui annonçais-je.
-D'accord, je suis là…viens t'asseoir … M'invita-t-il sur son sofa en me maintenant par la taille.
-Merci…excuses-moi d'avoir craquée Edward. M'excusais-je.
-T'as pas à être désolé pour ça, et c'est un plaisir d'être là pour toi, même si j'aurais préféré que cela se passe autrement. De quoi aimerais-tu parler ? Me demanda-t-il.
-Tu veux bien me jouer un morceau ? Je préférais ça plutôt que de parler de choses trop personnelles.
-Oui, une préférence ? Me demanda-t-il.
-Surprends-moi. Lui répondis-je.
Sur ce, il se mit au piano et laissa glisser ses longs, fins et sexy doigts sur l'ivoire des touches noires et blanches. Les douces notes commencèrent à s'échapper de l'instrument et ce ne fut pas long avant que je ne devine l'air de Debussy, « Claire de lune ». Edward jouait extrêmement bien, le regarder se concentrait pour jouer était si sexy et relaxant. Au bout de quelques minutes, il enchaîna sur un autre air mais rien à voir avec le précédent. Celui-ci était bien plus triste, bien plus sombre, il ressemblerait presque à une marche funéraire à m'en fendre le cœur. Il avait fait couler mes larmes par la douleur que transposait ce morceau. Sans que je ne sache pourquoi, une force invisible me poussa à me lever et me diriger vers lui. Une fois à ses côtés, j'entrepris à mon tour de le soutenir en passant mon bras autour de ses épaules. Seulement lorsque j'aperçus les larmes sur ses joues, j'avais compris que ce morceau était une de ses compositions et était celle qui le représentait le mieux. Je fus sincèrement touché qu'il me fasse assez confiance au point de partager sa douleur avec moi alors que moi je n'arrivais même pas à lui parler de la mienne. Je ne trouvais pas les mots pour le consoler mais je pouvais peut être lui faire comprendre par des gestes.
Je saisissais son poignet pour lui signifier de se stopper et il pivota vers moi. Je m'accroupissais près de lui et posa mes mains de chaque côté de sa tête puis déposa mes lèvres au coin de ses yeux pour sécher ses larmes. Edward me touchait beaucoup, bien plus qu'il ne l'aurait fallut…
-Je suis désolé Bella. S'excusa-t-il.
-NON… Criais-je révoltée. Tu n'as pas à t'excuser pour ça Edward, tu n'es pas responsable, en aucun cas. Et même si ton père ou même ta peste de sœur ont réussi à te faire croire le contraire, saches qu'ils ont tort. Le disputais-je gentiment.
-Comment tu fais ?... Me demanda-t-il.
-Comment je fais quoi ? Lui demandais-je des précisions.
-Comment tu fais pour être aussi… pour me prendre un minimum en considération… pour ne pas voir quel bon à rien je suis ? A moins que ce soit de la pitié ? Me dit-il sur un ton ironique.
-Je te prends en considération parce que tu es quelqu'un de gentil Edward. Tu ne mérites pas toutes les cruautés que te font subir ta famille. Tu es l'être le plus intéressant de cette maison et j'aime beaucoup parler avec toi. Et tu n'es pas un bon à rien, parce que d'après ce que je viens d'entendre tu as un talent fou et depuis que je suis ici, tu es le seul à m'avoir bluffé. Si tu penses ça alors c'est que ton père gagne. Je t'en prie ne le laisse pas faire, tu ne le mérite pas. Lui répondis-je sincèrement.
-Merci… Bella je peux te poser une question ? Me demanda-t-il.
-Voilà c'est fait… Lui répondis-je humoristiquement pour le faire sourire. Cela fonctionna.
-Pourquoi est-ce que tu vas te marier avec mon… Aro ? Bella vous êtes l'opposé l'un de l'autre et tu es carrément différentes des femmes qu'il fréquente habituellement… et normalement une future épouse prend le partie de son fiancé et non celle de son fils… M'annonça-t-il.
-Oui mais une future mariée peut aussi prendre partie du côté de la justice car même si j'aime ton père, son comportement envers toi m'est intolérable. Je vais me marier avec Aro parce… que je l'aime. J'avais déglutis en prononçant ces 3 derniers mots qui n'étaient que mensonge.
-C'est pour ça que tu pleurais tout à l'heure alors ? Parce que tu n'avais sincèrement pas l'air d'être heureuse… Me rappela-t-il.
Je me déplaçais pour retourner sur le sofa et j'en profitais pour changer de sujet.
-Tu ne sors jamais ? Lui demandais-je.
-Non, je ne saurais pas m'amuser… et je n'ai pas d'amis… Me dit-il honteusement.
-Tu n'en ressens pas le besoin ? M'inquiétais-je pour lui.
-Si… souvent mais on va dire que ma famille ne m'aide pas a avoir une vie sociale. M'avoua-t-il.
-Ça te dirait de sortir en boîte de nuit demain soir ? Lui demandais-je.
-Euh… tu veux que l'on sorte en discothèque ? Tu m'emmènerais ? Il avait l'air vraiment surpris.
-Bien sur, je te présenterais à mes amis, je suis sure qu'ils vont t'adorer. Lui dis-je rassurante.
-Ben euh… je ne sais pas trop Bella, je suis anxieux. Si jamais il ne m'aime pas ? Et si…M'avoua-t-il.
-Je ne te lâcherai pas d'une semelle, c'est promit. Et dès que tu en auras envi, on rentrera. Le rassurais-je.
-D'accord. Accepta-t-il heureux.
-Je devrais aller rejoindre ma chambre… Lui annonçais-je à contre cœur mais même si je n'en avais pas envi, je n'avais pas le choix.
-Bonne nuit Bella. Merci. Me dit-il en déposant un baisé sur ma joue.
Sur ce, je regagnais ma chambre, j'avais décidé d'aider Edward Volturi au maximum dans sa quête vers la sociabilité…et j'arriverais à le rendre heureux un minimum… j'en faisais le serment… quitte à être loin de ceux que j'aime autant avoir un ami que l'on peut rendre heureux. Je ne sais pas pourquoi mais depuis ce soir, je ne considérais plus Edward comme le fils paumé d'Aro mais comme un ami à qui j'allais me confier très bientôt. Il savait déjà que cette union ne serrait pas un mariage d'amour… La nuit avait passé, le petit-déjeuner aussi sans que je ne croise ni Aro, ni Edward… Je m'étais alors rendue à la fac avec ma nouvelle voiture… cadeau d'Aro… une Volvo gris métallisé, selon lui ma Chevrolet était indigne d'une Volturi.
Les cours de la matinée se passèrent relativement bien et j'avais rendez-vous à la cafète à 13 heures avec mes amis.
-Salut Bella. Me lança Em tout joyeux.
-Salut mon nounours, salut tout le monde. Ça va les amoureux ? Leur demandais-je.
-Oui, super. Ce soir… Commença Alice.
-Oui je viens. J'avais lâché la bombe en lui coupant l'herbe sous le pied.
-Pardon ? Ais-je bien entendu ? Se moqua gentiment Rosalie en faisant semblant de s'étranger avec une gorgée d'eau.
-Oui je viens avec vous mais je ne viens pas seule. Leur annonçais-je.
-Oh… dis-moi que c'est un mec Bella. S'il te plait ? Notre cousine est en ville et elle vient aussi mais comme elle est célibataire depuis un moment, elle aimerait bien … enfin tu vois… Conclure. Me demanda Alice pleine d'entrain.
-Alors oui c'est un mec, c'est un ami mais il n'a pas l'habitude de sortir, ni même de fréquenter du monde donc vaudrait mieux pas que tu le brusque, tu risquerais de lui faire peur… Lui précisais-je.
-Ouais on verra, quand il nous aura vus, il serra obligé de se dévergonder. Annonça Em. Quel plaisantin celui-là.
On avait donc convenu de se retrouver dans une pizzeria « Chez Pattapizza » à 20h30. J'étais alors rentré à la maison pour faire un peu de devoirs et ensuite me préparer. Alice étant là, je devais être irréprochable. Je devais dire à Aro que je sortais ce soir et que je ne dinais pas avec lui. Je frappais à la porte de son bureau.
-Oui ? M'invita-t-il à entrer.
-Bonsoir. Le saluais-je.
-Ah ma chérie, tu tombes bien je voulais te parler. Me dit-il. Vient par là. Me dit-il en m'attrapant par la taille pour me rapprocher de lui.
-Je t'écoute…Lui répondis-je.
-Samedi soir, nous recevons des gens importants, le gouverneur de Washington et sa femme, ainsi que le consul italien, sa femme et ses enfants. Je te demanderais donc pour l'occasion de te comporter en vrai hôtesse de maison et de me soutenir comme il se doit. C'est très important pour un futur contrat. Tu comprends ? M'annonça-t-il.
-Oui bien sûr je ferais ce que tu voudras. Euh … Aro, je ne serais pas présente ce soir pour le dîner. Je sors avec des amis. Lui avouais-je.
-Oh… euh d'accord mais pas dans cette tenue tout de même ? Et tu vas où ? Me demanda-t-il.
-Je vais au restaurant et ensuite en boîte de nuit. Et bien sur que si je sors comme ça. Pourquoi ça ne te plait pas ? Rappliquais-je.
-C'est trop sexy et je suis un homme donc je sais à quoi ils vont penser en te voyant. Me dit-il.
-Aro je connais les termes de notre mariage et je les respecterais tu sais à quel point, la santé de mon fils compte pour moi. Je te serais fidèle. Le rassurais-je.
-Dans ce cas si les termes sont clairs dans ta tête, passe une bonne soirée mon amour. Me salua-t-il en déposant un baiser sur mes lèvres.
Je sortis de son bureau et voulu rejoindre Edward pour finaliser notre plan. Il était évident que sa famille ne devait pas savoir que nous allions ensemble au restaurant pour rejoindre mes amis. Je frappais à sa porte, il vint m'ouvrir et m'invita à entrer.
-Waouh… Edward tu es très élégant… Lui dis-je en espérant qu'il ne veuille pas sortir comme ça.
-Merci…Tu es ravissante … ça ira pour le resto ? Me demanda-t-il en tournant sur lui-même.
-Merci…Euh… en fait Edward c'est un petit peu trop élégant pour la soirée qu'on a prévu. Je suis désolé… Lui dis-je gêné.
-Oh ! Bella tu veux bien m'aider à me saper comme un jeune normal … Me dit-il en rougissant.
-Bien sûr, montre-moi ce que tu as dans ton armoire. Acceptais-je.
-Choisi ce qui te plait. Me dit-il en ouvrant les portes de son placard.
Je regardais mais aux premiers abords rien ne ferait l'affaire, j'allais devoir creuser en profondeur. Plus je vidais son armoire et moins je trouvais… jusqu'à ce que je tombe sur une pièce rare pour son armoire, un jean waouh un vrai exploit. Je lui sortais et lui tendis. Malheureusement j'avais vidé le reste de son armoire et n'avait trouvé aucun haut assez simple pour cette soirée, même ses chemises valaient des centaines de $ et était vraiment trop chiques surtout les chemises blanches et les petits chandails en laine je n'en parle même pas.
-Bon ok va enfiler ton jean, j'ai une idée. Lui dis-je en sortant de sa chambre.
Je devais me rendre dans la buanderie, je trouverais peut être un t-shirt à la mode d'Alec pour Edward. Je ne savais même pas où se trouvait la buanderie alors j'avais du passer par la cuisine pour demander à Eva. J'étais sure qu'elle garderait le secret. Eva était une femme vraiment gentille.
-Eva j'aurais besoin de récupérer quelque chose dans la buanderie mais je ne sais pas où elle se trouve, auriez-vous l'amabilité de m'y conduire s'il vous plait ? Lui demandais-je poliment, ça devait lui changer d'Aro et de ses deux monstres de jumeaux.
-Bien sur Madame.
Je la suivais à la buanderie et la congédia poliment. Je trouvais dans la panière de linge prêt à être repassé, un haut bleu rayé blanc, il était assez simple mais assez stylé quand même, je le « volais » et le repassais pour le porter à Edward. J'avais fait l'erreur de ne pas frappait à sa porte et je le retrouvais torse nu dans sa chambre, dans son petit jean. Oh non de dieu, ce qu'il était sexy… Autant avoir des relations sexuelles avec Aro me dégoutait au plus haut point, autant le fils, humm… ses muscles étaient très bien dessinés, et son « v » qui pointait vers son bas-ventre… à croquer. Je restais figé sur son buste en rougissant, quand il comprit que je le regardais il se mit à rougir furieusement lui aussi. Je me ressaisis et lui tendis le tee-shirt en me confondant en excuses. Il l'attrapa, l'enfila et essaya de me calmer en me disant que ce n'était pas grave et tout un tas d'autres choses du même style.
-Alors maintenant ? Me demanda-t-il en tournant sur lui-même.
-Là… (Je m'approchais et décrocha deux boutons du col pour laisser une visibilité sur son torse) c'est encore mieux. Lui dis-je en rougissant. Alors tu as réfléchi à ce que tu vas dire à ton père ?
-Bah, je vais rien lui dire mais Eva prétextera m'avoir monté un plateau parce que je suis malade. Personne ne viendra vérifier puisqu'ils me considèrent comme un pestiféré. Je sortirais par la porte de la cuisine et tu me rejoins sur la route principale. Ça te va ? M'expliqua-t-il.
-Parfait. Dans ce cas on se rejoint vers 19h45 sur la route. Lui confirmais-je en me dirigeant vers la porte.
-Bella… M'interpella-t-il. Merci pour tout.
Sur ceux je regagnais ma chambre en attendant l'heure du départ.
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