CHAPITRE 9 : TOUT SAVOIR
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-Plutôt crever, j'aime autant que vous appeliez les flics. Lui répondis-je.
-Bon très bien. Dit-il en décrochant le téléphone.
Il attendit quelques secondes pour voir si je ne changeais pas d'avis et parla au policier de l'autre côté. 15 minutes après, deux policiers entrèrent dans le bureau.
-Bien venait Mademoiselle, on va tirer ça au claire au poste. Dit le plus grand en me passant les menottes.
-Non mais vous exagérez je ne suis pas une criminelle. Leur dis-je. Et puis ça fait mal mince.
-Ah ma petite dame, le règlement c'est le règlement, il fallait y penser avant de voler ce rouge à lèvres. Me dit le petit policier sournois. On te tient au courant Sam.
-Pas de problème à plus les gars.
Voilà comment je me retrouvais menottée, accompagnée de policiers dont un qui portait mes sacs, à déambuler dans le centre commerciale devant tout le monde et surtout sous les yeux rieurs de cette petite peste.
Au poste j'avais du faire une déposition et je leur avais dit exactement la même chose qu'au type de la sécurité. Après la déposition, il m'avait pris en photo de face et de profil à l'instar des plus grands criminels et m'avait mis dans une cellule avec des femmes qui ressemblaient plus ou moins à des prostituées. J'étais vraiment en colère contre cette gamine, bon dieu. Qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire pour qu'elle soit aussi méchante merde ? Au bout d'un moment un policier apparut devant la grille et s'écria.
-Swan vous êtes libre.
Enfin ce n'était pas trop tôt. Il me conduisit jusque dans le hall et je tombais sur Aro qui paraissait en colère. Putain comment avait-il su, je n'avais pas voulu l'appeler exprès. Je me dirigeais vers lui avec le policier qui me tendait mes paquets. Cette tête de con d'Aro souriait faussement en passant son bras autour de ma taille.
-Merci monsieur l'agent et excusez-nous pour ce malentendu. Lui dit-il.
-Ce n'est rien Monsieur Volturi, on a l'habitude. Au revoir. Nous lança-t-il.
Il resserra violemment sa prise sur ma taille jusqu'à m'en faire mal et nous marchions en direction de la limousine. Jane était déjà à l'intérieur. Une fois placé, il prit la parole pour me crier dessus.
-Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ? T'es inconsciente ou quoi ? Et puis tu donnes le mauvais exemple à ma fille ? T'es qu'une petite égoïste arrête de ne penser qu'à toi, merde. Si jamais ça ce sait, je te jure que tu le regretteras. Putain des fois, tu mérites vraiment des claques. Me lança-t-il. Alors t'as rien à dire pour ta défense ?
-Si je te dit que la fifille à son papa est une petite garce sans scrupules qui n'a pas hésité un seul instant à glisser ce putain de rouge à lèvre dans mon sac pour m'attirer des ennuis ça te va ? Lui crachais-je en regardant Jane mauvaise.
-Je t'interdis de parler de ma fille ainsi, espèce de petite menteuse, ingrate. Me dit-il en me giflant.
Je ne répondis rien et me décala au plus loin lui en me tenant la joue endolorie. La limousine s'arrêta devant la maison et sans même me retourner, ni prendre mes sacs, je rentrais directement à l'intérieur pour m'engouffrer dans ma chambre. Je m'effondrais en pleurs sur mon lit. Cette gamine m'avait poussée à bout. Et la tout de suite, j'avais vraiment envie, non besoin de voir mon fils et mon amour. De les serrer dans mes bras, de respirer leur délicieuse odeur. Il me manquait terriblement… J'avais envi de m'enfuir pour retourner auprès des miens… Mais si je faisais ça, je condamnais mon père et probablement mon fils également. Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais allongé là à pleurer en serrant fort la photo de mon père, de mon amour et de mon fils contre mon cœur quand quelqu'un frappa à la porte. Je ne répondis même pas ne voulant voir personne sauf peut être Edward mais comme il me faisait la tête… c'était impossible.
-Madame j'ai besoin de prendre votre linge sale. S'éleva la voix d'Eva.
-Bien entrez Eva. Acceptais-je.
Elle prit le linge et ressortie aussitôt mais elle m'avait observé avec insistance quelques secondes.
A peine quelques minutes après, on frappa de nouveau à la porte. Encore une fois je ne répondis pas. Mais au lieu que la personne insiste à frapper ou à parler derrière la porte, elle entra carrément dans ma chambre. Elle vint s'asseoir près de moi sur mon lit et entreprit de me caresser doucement les cheveux. Son contacte me faisait du bien. Et je commençais doucement à me calmer. Cette personne attrapa doucement la photo que je serrais contre moi et au lieu de la retenir de force, je la laissais glisser vers la main de mon sauveur. Je sus alors à cet instant, que c'était l'heure des explications.
-C'est pour eux que je fais ça. Mon père, Jacob et mon fils.
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POV Edward :
Je m'asseyais contre la tête de lit et la retourna dans mes bras. Elle avait sa tête sur mon abdomen et j'avais passé mes bras autour d'elle. Je me sentais bien ainsi malgré mon chagrin de la voir ainsi.
-Ai confiance en moi Bella. Comme moi j'ai confiance en toi. Lui dis-je.
-Ils me manquent Edward. Me dit-elle.
-Alors pourquoi est-ce que tu es ici ? Et non avec eux ? Lui demandais-je.
-Mon père a une grave maladie de cœur qui est héréditaire sur le chromosome Y. Alors si Kellan, mon fils ne se fait pas suivre dès maintenant, il a toutes les chances d'être atteint avant l'âge de 20 ans. Mais le problème c'est que les soins coûtent très chers et malgré toute la bonne volonté que j'y ai mise ça ne suffisait pas pour couvrir les frais. Me dit-elle alors que ses larmes trempaient ma chemise.
-Alors tu veux épouser mon père pour l'argent ? Lui demandais-je.
-Honnêtement oui mais ton père est au courant et on a fait un deal lui et moi au travers du contrat de mariage. En gros je fais tout ce qu'il veut y compris l'épouser et en échange il assure les soins de mon père et de mon fils et s'est engagé à verser 5000 $ mensuellement sur le compte de Jake pour qu'il puisse élever notre fils sans problème. Et j'ai accepté et voilà. M'expliqua-t-elle. Waouh je n'en revenais pas… La pauvre ça ne devait pas être facile pour elle.
-Je suis désolé pour toi Bella. Il n'y avait vraiment pas un autre moyen que de te marier avec ce connard ? Lui demandais-je.
-Non, Edward ne me juge pas s'il te plait mais j'ai même essayé de me prostituer mais ça ne suffisait toujours pas et c'est comme ça que j'ai rencontré ton père quand il m'a fait sa proposition je n'ai pas hésité une seule seconde sans même savoir les termes du contrat. La seule chose qui comptait pour moi c'était que mon père et mon fils meurt de vieillesse et non d'une crise cardiaque à un si jeune âge. Elle pleurait beaucoup maintenant mais elle devait extérioriser ça.
-Pourquoi ne vas-tu pas les voir ? Lui demandais-je en constatant son état.
-Parce que je n'en ai pas le droit. Ça fait partie des termes de l'accord. Je m'engageais à ne plus jamais les revoir tous les trois. Je ne reverrais plus jamais mon fils, je ne pourrais jamais savoir ce qu'il est devenu, voir comment il est beau… Elle pleurait de plus en plus fort.
Je la berçais dans mes bras et déposais des baisés dans ses cheveux pour essayer de la calmer.
-Chut… ça va aller… tu finiras ton histoire plus tard si tu veux… chut calmes-toi je suis là… Lui murmurais-je.
-Non je veux tout te dire Edward… Je ne veux pas que tu apprennes d'autres choses par Emmett ou Jasper et voir la déception dans tes yeux à l'instar d'hier soir. Alors bah c'est simple je me marrie avec ton père, je ne revois plus jamais ceux que j'aime, je lui donne un héritier et il s'occupe de leur prodiguer les meilleures soins. Voilà mon histoire mais s'il te plait Edward ne dit rien à personne, les autres ne sont pas au courant et ils croient que je suis toujours avec Jacob. M'avoua-t-elle.
-Je te le promets ma belle je ne dirais rien. Racontes-moi ce qu'il s'est passé avec Jane ? J'en avais légèrement entendu parler.
-Ta sœur est une peste, à la parfumerie elle a mit dans mon sac un rouge à lèvre pour que je me fasse choper en train de voler. Grâce à elle, je me suis retrouvé face à un gars de la sécurité pervers… Raconta-t-elle.
-Comment ça pervers ? Il ne t'a pas fait de mal au moins ? M'inquiétais-je.
-Il m'a proposé de lui faire une gâterie contre ma liberté et j'ai refusé, il a appelé la police qui m'a traité comme une vraie criminelle. Elle me montra ses poignets tout bleus. Ton père m'a fait libérer. Ta sœur a du l'appelé parce que je ne voulais pas le faire moi… et puis bah dans la voiture, il m'a hurlé dessus et je lui ai dit les 4 vérités sur sa garce de fille. Me dit-elle j'étais très en colère contre ce gars de la boutique mais je ne le montrais pas.
-Et qu'est-ce qu'il a fait ? Demandais-je connaissant mon « père ».
-Il m'a giflé en me traitant de menteuse. Me dit-elle.
-Putain quel connard. Non, il n'a pas le droit de te toucher. Non merde, pas toi. Maintenant je ne retenais plus ma colère.
-Edward essaies de te calmer, je t'en supplie. Me dit-elle en s'agrippant à ma chemise alors que les larmes roulaient encore sus ses joues.
-C'est bon ma puce ça va aller… Je me calme. Là tu vois… Lui dis-je en la tenant fermement dans mes bras.
Putain la voir ainsi me déchirait, je ne lui en voulais plus du tout pour ne pas m'avoir parlé de Jacob mais maintenant j'en voulais ardument à ma peste de sœur et à mon père de l'avoir giflée et de ne pas l'avoir cru. Je devais me calmer mais l'avoir dans mes bras m'aidait beaucoup. Je ne saurais pas dire ce que je ressentais pour elle exactement mais je savais que j'étais bien seulement quand elle était près de moi et là dans mes bras c'est encore mieux… Je l'avais appelé « ma puce » mais c'était sorti tout seul. En même temps c'était ma meilleure amie, ça pouvait sembler normal alors…
On était resté ainsi plusieurs minutes quand mon téléphone sonna. C'était Tanya.
-Excuses-moi Bella, on se voit au dîner. Lui dis-je en sortant pour répondre au téléphone.
