Chapitre cinq le début de la fin

Monsieur Brief raccompagna son vieil ami jusqu'à la porte du manoir, soucieux. Lorsque ce denier fut parti, il regagna le bureau dans lequel tout les deux s'étaient entretenus et se saisit des clichés qu'il lui avait apportés pour les observer encore.

- Hum...

Depuis la mort de son épouse, soit deux ans auparavant, seules les recherches le passionnaient. Et encore, c'était un grand mot. Disons qu'elles suffisaient à lui occuper l'esprit pour ne pas penser à sa solitude.

Mais jamais il n'avait pensé qu'un jour, les choses iraient si loin. Il fixa les clichés, incertain de la démarche à suivre, puis se décida à les montrer à sa fille.

Comme il s'y attendait, il trouva Bulma dans le laboratoire, en plein travail sur l'émetteur. En la voyant se redresser, un fer à souder à la main, le vieil homme se demanda depuis combien de temps elle était là, dans ce labo. Quand était la dernière fois qu'elle avait mit les pieds en ville, ou même à la Corps? L'entreprise était maintenant gérée par son petit-fils, mais il ne s'était pas attendu à ce que Bulma abandonne si soudainement son statut de présidente...

- John est passé juste avant. L'informa Monsieur Brief

- Ah c'était lui, fit-elle en posant le fer à souder. Elle ôta les lunettes de protections et les gants puis s'approcha. Qu'est-ce que c'est?

- Tu sais qu'il travaille pour le service de recherches gouvernementales?

- Oui, puisqu'il a refusé de travailler pour la Corps.

Monsieur Brief eut un sourire puis continua:

- Son secteur travaille sur une machine capable de sonder l'espace pour repérer et identifier tous les objets qui y flottent. Ils ont pris ce cliché.

- Il le tendit à sa fille qui, la mine soudain soucieuse, l'examina avec attention.

Il se dirige vers la Terre et, d'après leurs calculs, sera là dans dix-sept jours.

- Dix-sept...

- Bulma. Ils échangèrent un regard. C'était peut-être une menace.

Le vieil homme se tourna vers l'émetteur qui crachait tous ses câbles sur le sol.

ooOoo

Pan et Végéta étaient dans la forêt, assis tranquillement dans une clairière, près de la rivière. Ils savouraient les premiers rayons du printemps et écoutant le murmure de l'eau.

- Tu sais, fit tout doucement Pan, après de longue minute de silence. Pour... pour...

- Arrête.

Végéta avait été un peu plus rude qu'il ne l'avait voulu mais il ne voulait pas repenser à ce qu'il avait entendu dans la bouche de sa belle-mère et de Videl. Cependant, en voyant Pan retenir ses larmes, il se força à plus de douceur en posant une main sur son épaule.

- Même si tu déménages, on pourra toujours se voir. Je fais le tour du monde en moins de dix secondes.

Elle sécha ses larmes en rigolant:

- Quand tu es transformé et c'est limite.

- Mais quand même! Et bientôt j'y arriverais sans me transformer!

Pan éclata franchement de rire en entendant le demi-Saïyen se vanter. Cependant, même si elle savait qu'il avait raison elle ne se sentait pas le cœur à désobéir à un ordre formel de sa mère. Pas après avoir fait une telle bêtise – invoquer le dragon et tout. Car il était évident au vu du comportement des grands que l'erreur était de taille. Si être sage pouvait la réparer, ne serait-ce qu'un petit peu, Pan deviendrait la petite-fille la plus sage du monde. Près d'elle, Végéta semblait penser la même chose puisqu'il ne souriait pas et ne parlait plus.

ooOoo

Quelques jours plus tard, plusieurs berlines noires quittèrent le manoir Corps pour se rendre aux Laboratoire Corps avec à leurs bord, la Z-team au grand complet.

Videl ne comprenait pas les agissements de l'ex-présidente. Un coup elle lui demandait, lui ordonnait presque de séparer sa fille et le meilleur ami de cette dernière, un coup ell e réunissait le trio infernal – qui s'était rapidement éclipsé dans la chambre de Bra, sous la surveillance d'une nourrice, quasi-inutile à leurs âge.

« Et pas que le trio » pensa Madame Son en parcourant du regard l'immense laboratoire de la Corps où ils avaient été réunis, qui était peuplé de toute l'équipe au complet : Ten Shin Han, Chaozu, Krilin, Tortue Géniale et Yamcha discutaient dans un coin, Chichi, Marron et C-18 discutaient –enfin, façon de parler pour le cyborg – près d'elle, Trunk et Vé... enfin Bree attendaient sombrement, assis l'un à coté de l'autre dans un canapé-lit qui avait fait son temps. En face, tout aussi sombre, Goten leur jetait de temps en temps quelques regards avant de reporter son attention sur la discussion qu'il tenait avec son frère, son père et Piccolo. Videl se demanda si les deux demi-Saïyens s'étaient à nouveau disputés. Elle devrait questionner son mari.

Enfin, après plusieurs minutes d'attente, la porte du laboratoire s'ouvrit pour laisser entrer Bulma, son père et une autre personne. Le vielle homme, ventre bedonnant, barbe et cheveux blanc, se figea dans l'entrer et murmura, son regard posé sur Piccolo « c'est stupéfiant ». Puis il se reprit et alla s'installer dans un coin, où il sortit un calepin et un stylo. Au vu de sa blouse, c'était un scientifique mais Trunk était presque sûr de ne jamais l'avoir vu à la Corps. Il se demanda à quoi pouvait bien jouer sa mère.

Les deux Brief tiraient derrière eux un lourd chariot sur lequel reposait sans conteste une de leurs inventions, mais il était impossible de l'identifier: un drap la recouvrait.

Le silence, qui avait été immédiat, permit à l'ex-président d'expliquer très rapidement la raison de tout ce mystère.

- Les services de recherche du gouvernement – il montra le scientifique dans son coin – ont « photographié » entre guillemet, puisque ce n'est pas là la technique employée, mais plutôt...

- Papa.

Monsieur Brief rougit et se racla la gorge pour reprendre.

- Oui, bon, on s'en fiche. Ces clichés, il se saisit d'images posées sur la mystérieuse machine pour les montrer à tous, ont été pris il y a de cela sept jour, ceux-là, trois. Et ceux-là, hier.

- C'est...

- Mais on dirait... réagit l'assemblé.

- C'est exactement cela, coupa Bulma, face aux murmures croissants. Il s'agit d'un vaisseau. Et il se rapproche de la Terre. Il sera là dans cinq jours.

Elle se tut pour leur permettre de digérer la nouvelle puis reprit:

- Le gouvernement ne veut pas ébruiter l'affaire, pour éviter la panique... Nous ne savons pas s'il s'agit d'une menace ou non...

- Entraînons-nous de façon préventive! Coupa Krilin.

- L'accès à la Salle de l'Esprit et du Temps est limité. Peu de personnes peuvent y aller, et peu de temps. Nous ne pouvons pas nous permettre de le gâcher bêtement, souligna Piccolo.

L'ancien moine se ratatina sous le regard sévère du Nameck.

- Oui mais on ne va tout de même pas attendre une hypothétique guerre ou je ne sais quoi! Intervint Yamcha.

L'ex star du Base Ball n'avait plus peur d'intervenir. Après tout, s'il avait du subir le courroux de quelqu'un, cela serait arrivé depuis longtemps, or il était toujours vivant, et en bonne santé, alors...

- Et bien, lui répondit Bulma. On a une solution mais... il n'est pas sûr du tout qu'elle fonctionne.

Elle échangea un regard avec son père et tout deux dévoilèrent leur invention, soit un gros fatras de câble et d'écran.

- Et... c'est quoi?

Fiers d'eux, les génies Brief expliquèrent en long, en large et en travers le fonctionnement de leur machine, ce qui laissait perplexes la plupart des personnes présentes.

- Un émetteur. Répéta Trunk.

- C'est possible? Demanda Goten à son frère. Non! N'explique pas! Je te crois! Je te crois! Continua-t-il rapidement pour couper Gohan avant qu'il ne se lance dans tout un cours sur la physique.

- Un émetteur.

Trunk ne semblait pas en revenir. Il se leva et s'approcha de la machine qu'il étudia d'un œil critique. Il avait hérité lui-même de cette part de génie qui caractérisait les Brief, pour lui, cet enchevêtrement de câble n'était pas aussi sombre qu'il l'avait parut au premier regard.

- Et, demanda-t-il, cynique, si ça marche, quel est le pourcentage de chances que les personnes qui recevrons notre communication nous comprenne?

- Trunk à raison, dit Goku mais il s'attira les foudres de l'ex-présidente.

Le Saïyen préféra battre en retraite, conscient que Bulma lui en voulait énormément, ce qui rendait son jugement peu objectif.

- Il est vrai, fit la plus si jeune femme que ça en se tournant vers son fils, qu'il y a très peu de chances pour que les extra-terrestres qui nous répondent le fassent dans notre langue.

- Alors tout est perdu? Demanda Marron, en se rapprochant inconsciemment de sa mère.

- Non. Il y a ici quelqu'un qui parle couramment de multiples langues extraterrestres.

Plusieurs regards convergèrent vers Piccolo, mais avaient-ils oublié que le Nameck ne connaissait de l'espace que sa planète d'origine? Bulma laissa une minute de suspense s'écouler, afin de tenir son public en haleine, puis annonça, sûre d'elle:

- Bree.

La surprise et le choc se peignit sur tout les visages, hormis sur celui de la demoiselle en question. Cette dernière grogna en daignant enfin regarder Bulma, puisque avant elle fixait la fenêtre qui lui faisait face.

- Morte. Dit-elle tout bas.

Mais le silence était bien assez épais pour que tout le monde l'entende.

- Ça ne coûte rien d'essayer.

Les deux femmes se regardèrent dans les yeux pendant un long moment puis:

- Papa, allume l'émetteur.

- Or de question que je parle là dedans. Signala Bree.

Comme pour la soutenir, Trunk vint se rassoir à ses côtés, alors que Goten prenait la parole:

- L'avenir de la Terre dépend de cette communication.

- Si il... Elle ne veut pas, tu ne vas pas la forcer! S'emporta le Président actuel de la Corps.

Forcer. Le cadet Son marqua une hésitation mais comme il l'avait dit, la vie d'innocents était en jeu, il n'y avait pas de place pour les sentiments, aussi cruels soient-ils.

- On a pas beaucoup de choix!

- Je refuse que... s'écria Trunk en se relevant.

- Mais t'as pas à refuser! Coupa Goten. Elle est assez grande pour...

- OUAIS BAH JUSTEMENT ELLE A DIT...

- LES GARCONS!

Le cri de Chichi força les deux demi-Saïyens à se taire sur le champ. Comme des enfants pris en faute, ils se tournèrent vers Madame Son. Dans son coin, le scientifique prenait tout un tas de note.

- Désolé maman.

- Désolé Chichi.

Videl regarda les deux jeunes hommes, suspicieuse. Il y avait anguille sous roche. Mais avant qu'elle ne dise ou ne pense quoi que se soit, une voix masculine, inconnue de tous se fit entendre.

- Ici le vaisseau BX-T9458-R75. Demandons identification immédiates.

Tous les regards se braquèrent sur l'émetteur maintenant allumé d'où provenait cette voix aux accents... humains.

A suivre...