Chapitre huit mères et fils
La discussion était close. Depuis que Bree était partie, tout était dit, le plan de bataille, au sens figuré, était dessiné, alors Ten Shin Han et Chaozu en premier, s'étaient raclé la gorge, pour réveiller tout le monde de son état de choc, et pour leur dire que s'il n'y avait plus rien à dire, ils allaient retourner s'entraîner.
On ne les avait pas retenus. Pour quoi faire de toute façon? Il y avait tant de chose à faire en cinq jours, mieux valait que tous partent, afin qu'ils se retrouvent en petit comité.
Gênés, les guerriers avaient salué l'ex star du Base Ball, qu'ils ne savaient chanceuse ou non, puis la famille Brief et Son, avant de s'envoler.
Ensuite, ça avait été le tour de Krilin et de ça famille. C-18 et Marron avaient été rapides, les deux femmes n'étaient pas friandes des au revoir et ne ressentaient pas vraiment tout le malaise de la situation, l'une parce qu'elle s'en moquait, l'autre parce qu'elle était trop jeune pour s'en soucier.
Lui par contre, ne pouvait l'ignorer. Il s'approcha presque craintivement de Bulma, dont il serra la main, et fit de même avec Trunk, il faut dire que la colère de ce dernier était plus que visible, et ne poussait pas à la confiance.
Il alla ensuite saluer la famille Son. Il aurait voulu les inviter, échanger quelque parole, mais il n'en eut pas le courage. Il ne leur dit simplement que d'embrasser les enfants pour lui.
Puis il se tourna vers Yamcha. Devait-il le plaindre ou le féliciter? Passer les prochains jours, peut-être semaine, au coté d'une magnifique jeune femme était-il un calvaire? Ne le sachant trop, il échangea une poignée de main avec son ami avant de partir.
Enfin, se fut au tour de Tortue Génial de s'en aller. Ce dernier, vexé de ne pas avoir été choisi, salua sommairement Bulma, conseilla aux guerriers de s'entraîner, aux femmes de mettre plus de décolletés (ce qui lui valu un cou sur le crâne de la part de Chichi), et se tourna vers son adversaire.
Il voulu dans un premier temps le snober, mais voyant la figure d'enterrement que ce cher Yamcha avait, il y renonça, et en bon perdant, lui dit:
- Boude pas, elle t'a jurée obéissance! Et il lui fit un clin d'œil complice.
Puisqu'il lui tournait le dos, il ne vit pas la grimace de fureur qu'eut Trunk à cette remarque. Heureusement pour lui, le demi-Saïyen se retint, et l'ermite peut s'en aller entier.
Une fois seuls, Bulma se tourna vers les Son et leur demanda, les suppliant presque:
- Vous restez ce soir?
Chichi eut l'impression de revivre une scène, quatorze ans plus tôt, sur la plage privé des Brief, et n'eut pas le courage de dire non. Avec toute sa famille, elle quitta le laboratoire pour rejoindre la voiture, suivit par le scientifique et Yamcha qui n'avait plus d'autre choix.
La route jusqu'au manoir fut presque silencieuse. Comme personne ne parlait, le scientifique, qui était toujours là, décida de se présenté à tout le monde:
- Je suis John Oro, Chef du département des recherches gouvernementales, section spatiale.
Personne ne lui répondit mais il ne s'en formalisa pas. Il reprit:
- J'ai fait en sorte que ces clichés restent secrets, pour éviter la panique. De même pour l'existence d'extra-terrestres vivant sur Terre...
Toujours aucune réaction. Il se tourna vers Bree.
- Je connais votre histoire et...
- C'est bon. Coupa Trunk. Vous êtes un héros. C'est très sympa de votre part de pas nous disséquer. Maintenant, la ferme.
John préféra se reculé dans son fauteuil que de répliquer. Ce qu'il n'avait pas eut le temps de dire, c'est qu'il connaissait l'histoire de tout le monde, ce qui lui donnait un avantage certain.
ooOoo
Une fois au manoir, les Son se dirigèrent tous vers le traditionnel lieu de vie: la cuisine, Bulma, Monsieur Brief et John s'en retournèrent à leur émetteur – qu'ils avaient pris soins de faire amener pour le peaufiner, et Bree vers sa chambre.
Quant à Yamcha, resté dans le hall d'entré, il se sentit soudain abandonné. On lui avait porté tellement d'attention quelques minutes plus tôt... Maintenant, que devait-il faire? Partir? Bien sur que non. Aller voir Bree? C'était l'idée la plus stupide qu'il n'ait jamais eut. Mais quoi alors? Attendre, bien sur. Mais quoi?
Un mouvement, près de lui, lui rappela qu'il n'était pas encore seul dans le hall. Trunk était resté.
Trunk. Ce n'était pas bon pour lui. D'ailleurs, le demi-Saïyen s'approchait, l'air mauvais.
Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres de lui, si proche que son souffle glissait sur le visage de l'humain, le président de la Corps dit, d'une voix glaciale:
- Je me fou de ce qu'il a juré. Je me fou de ce qui l'a poussé à le faire. Si tu le touches, d'un cheveu, je te tue.
Et il tourna à son tour les talons pour s'en aller.
ooOoo
Chichi préparait du thé. Chichi préparait toujours du thé quand les choses allaient mal. Et elles allaient très mal.
Le comportement de Bulma aujourd'hui avait été... compréhensible et quelque part au fond d'elle, Madame Son remerciait l'ex présidente de la Corps d'avoir agi ainsi. C'était profondément injuste, égoïste et déplacé de faire une telle chose, mais c'était la meilleur des choses. Et Chichi se sentait tellement, oui, tellement soulagée de passer à coté de la guerre.
Bien sur, tout le monde trouvait Bulma affreuse, lui en voudrait, prendrait le parti de Bree, et elle, Madame Son, resterait sans doute indifférente devant la déchéance de son amie, mais c'était un mal dont pouvait sortir tant de bien.
- Tiens.
Elle posa une tasse devant son fils cadet, qui ruminait de sombres pensées. Le pauvre, s'être opposé à Trunk ne devait pas lui avoir plus.
Chichi soupira. Elle s'était résignée depuis longtemps à ne pas assister à une seconde noce, mais elle n'aimait pas voir son enfant se morfondre comme ça. Elle se sentait si impuissante.
- Mon chéri, dit-elle en lui caressant la joue, tu...
- On a un problème, coupa-t-il en s'éloignant.
Chichi se sentit blessée, mais n'en montra rien. Elle se contenta de demander quel était le souci:
- Végéta.
- Végéta?
- Oui Végéta. Bree a dit que le général avait servi le Roi, il va immédiatement se rendre compte que ce gamin à un lien de parenté avec Végéta.
Evidement: cet enfant était le portrait craché du Prince: la même coupe de cheveux anti-gravité, le même regard brûlant d'orgueil, le même visage dur, la même petite silhouette rapide et musclé.
- Il faut... Il faut juste... On restera dans la montagne, dit Chichi.
- Ca ne marchera pas. Coupa Goku.
- Qu'est-ce que tu en sais?
- Végéta ne restera pas dans les montagnes.
- Qu'est-ce que tu en sais? Demanda encore Madame Son.
Sous-entendu « Tu n'étais pas là assez longtemps pour le connaître, alors que peux-tu en dire? »
- Chichi...
- Non! On ne me séparera pas de mon fils! Cria-t-elle en se levant pour quitter la pièce.
Les trois guerriers se regardèrent, sans comprendre. Ce fut Videl qui leurs expliqua, presque énervé:
- Idiot! Vous comprenez pas qu'elle à très mal prit le geste de Végéta? Il ne la prend pas pour sa mère alors que pour elle, c'est son fils! Et maintenant, il est question de les séparer, alors qu'elle ne veut qu'une chose, lui prouver que pour elle, il à toujours été son enfant!
- Mais...
- Enfin...
- Chérie...
- Ho! Vous êtes trop bête!
Et elle quitta elle aussi la cuisine, laissant les trois hommes seuls et désemparés devant une chose que jamais ils ne pourraient comprendre: Chichi.
ooOoo
Bree était assise sur son lit, la Boite Noire posée sur ses genoux, close. Elle n'avait pas besoin de l'ouvrir de toute façon. L'avoir là, entre ses mains, comme un objet précieux qu'on ne voulait pas poser par peur de le casser, lui suffisait amplement.
D'autres Saïyens. C'était... miraculeux? Elle ne savait pas si s'était le mot. Toujours est-il que s'était surprenant, après tout ces années.
Elle était pourtant allée de nombreuse fois dans l'espace, avant. Pour s'entraîner. Bien sur, elle avait évité les planètes peuplé, les galaxies carrefours, et n'avait jamais eut la curiosité d'apprendre ce qu'était devenu l'empire de Freezer, mais de là à passer à coté d'une telle nouvelle...
Une nouvelle qui l'avait poussée à... se donner à un homme. Et pas n'importe qui.
Elle baissa les yeux sur la boite.
La loi... elle avait refusé de la suivre, elle avait toujours refusé de la suivre, même avant, et là, maintenant, elle s'y pliait. Parfaitement. Il l'avait prise, elle lui appartenait. Point. C'était simple et claire.
La femme n'a pas d'honneur autre que celui de l'homme à qui elle appartient.
Sur ses genoux, la boite sembla peser une tonne, elle était si lourde que s'en était douloureux de la garder sur elle. Alors rapidement, elle la posa par terre, et la poussa sous le lit. Ce n'était pas sa place, mais s'était mieux que rien.
Quelques minutes plus tard, on toqua à la porte. Bree, qui était resté agenouiller par terre, à observer la boite, dans la poussière et la pénombre, sursauta avant de se lever pour aller entrouvrir la porte.
- Quoi?
- Je... peux te parler, s'il te plaît?
Surprise, Bree laissa cependant Chichi entrer. Madame Son fit quelque pas dans la chambre et se retourna vers la Saïyenne.
- C'est... à propos de Végéta.
- Cette marmaille ne me concerne pas.
Répondit simplement la jeune femme en allant s'asseoir sur son lit, se saisissant au passage d'une revue inintéressante qui traînait sur la table de nuit.
- Bree... C'est... Ce que tu as fait...
- Abrège. Coupa l'interlocutrice en feuilletant le la revue.
Chichi fronça les sourcils en retenant sa colère. Cependant, cette colère lui permis de reprendre contenance. Elle fit quelque pas pour être devant Bree et lui arracha la revue des mains:
- Hey !
- Végéta est mon fils. Il l'a toujours été.
- Parfait, railla la Saïyenne.
- Mais quand ses Saïyens débarquerons, poursuivit Chichi comme si elle n'avait pas été interrompus, ils se rendront compte qu'il ne l'est pas. Qu'il est le fils du Prince.
- Le Prince est mort. Rétorqua froidement Bree.
- Mais Végéta sais que tu es sa mère. S'il dit ça devant les Saïyens...
- Ils ne le comprendront pas.
- Mais le comprendront un jour.
Il y eut un silence pendant lequel les deux femmes se défièrent du regard.
- Je ne veux pas de ce gamin.
- Et je ne veux pas te le laisser. S'il reste, je reste.
- Ca tombe bien...
- Tu n'as pas le choix. Coupa Chichi. La voix chargée d'émotion, elle rajouta: On n'a pas le choix.
A suivre...
