Chapitre neuf Révélation

Après la menace de Trunk, Yamcha s'était sentit mal. Ayant besoin d'air, il avait quitté le manoir pour aller s'asseoir dans l'herbe, à l'ombre de ce dernier. Ce n'est qu'une fois installé qu'il se laissa aller et sanglota.

Il pensait pourtant avoir enfoui son acte au plus profond de lui-même, espérant qu'il ne reviendrait qu'au jour de sa mort, face à Enma. Il pensait qu'il ne se rappellerait à lui quotidiennement que comme un léger mal de ventre, un sentiment désagréable sur le cœur, accentué par une affaire des mœurs entendue à la radio de temps en temps, mais il n'en était rien.

Dès le premier soir, lorsqu'il l'avait vu, son acte avait ressurgi devant ses yeux, le souvenir aussi vivace que s'il s'était déroulé la veille. Il avait eu du mal à se concentrer, il avait été perturbé, mais personne n'avait rien remarqué. Tous les regards étaient tournés vers elle.

Elle... Elle était apparue, plus belle que jamais. La tête haute, le regard fier, fiévreux même, elle avait une aura de Reine. Mais, incertaine de son équilibre, sur des chaussures qu'elle utilisait pour la première fois, elle avait semblait si fragile. Yamcha ferma les yeux en retenant un gémissement. Elle était fragile. Il l'avait rendu fragile.

Les jours suivant, il n'avait fait que penser à elle tout en sachant que c'était mal. Il ne pouvait pas mettre un nom sur se qu'il ressentait. L'apparition qu'elle avait faite dans le salon de Bulma l'avait bouleversé. Il ne devait pas nourrir de tels sentiments à son égard. D'ailleurs, à chaque fois que ses pensées allaient trop loin, le souvenir de son acte revenait le frapper de plein fouet, le ramenant sur Terre.

Yamcha se disait à chaque fois qu'il n'était qu'un monstre hideux et qu'il ne méritait que l'Enfer.

ooOoo

Goku gagna le laboratoire de Bulma, où cette dernière, son père et le scientifique, là, John Oro, travaillaient sur l'émetteur. Il les regarda un instant discuter sur les possibilités d'amplification du potentiel de la machine puis Bulma les interrompit:

- Mince ! la nourrice, je dois aller lui dire que c'est bon! Je re...

En se retournant, son regard s'était posé sur Goku. Elle resta figée un instant ne sachant pas quoi dire. Depuis quatorze ans, elle savait pertinemment qu'on lui mentait. Si Goku était mêlé de près ou de loin à... la tromperie de Végéta, elle ne lui pardonnerait jamais. Mais d'un autre côté, c'était tellement impossible. Goku avait un cœur bien trop pur pour faire une chose pareille, n'est-ce pas?

- Qu'est-ce que tu veux? Finit-elle par demander sur un ton qu'elle voulait neutre.

Pour réponse il lui mit sous le nez la Dragon Ball à quatre étoiles, la seule qui ne s'était pas éparpillée. Il lui expliqua son problème.

- Ho. Fit simplement Bulma. Je vais voir mais tu devrais peut-être demander à Dende...

Elle se saisit de la Ball et se détourna pour se rendre vers une partie fermée du laboratoire. Sur la porte, Goku put lire « Métrologie ». Il voulu suivre son amie mais elle se retourna et lui dit:

Une fois dans le labo de métrologie, on n' en sort pas. Pour ne pas dérégler les machines archi sensible par des changements de température. Va donc trouver la nourrice et lui dire que c'est bon. Merci.

Et elle lui claqua la porte au nez.

ooOoo

Chichi, suivie par Bree, entrèrent dans la chambre de Bra après avoir toqué. Les trois enfants refermaient violemment la porte d'un dressing et son instinct de mère lui dit qu'ils préparaient un mauvais coup. Cependant, elle l'ignora pour se concentrer sur Végéta.

- Ca va? Demanda-t-elle.

- Vous étiez où? Ce contenta de répondre le demi-Saïyen, que la présence de ses deux mères rendait nerveux.

Chichi perdit de sa contenance. Elle aurait voulu que Bree lui vienne en aide mais la jeune femme restait en retrait, le dos appuyé négligemment contre la porte.

- Un... une... hésita Madame Son.

- Un vaisseau extraterrestre se dirige vers la Terre. Un vaisseau Saïyen. Les trois enfants sursautèrent à l'entente de ce nom. Ils savent que j'existe. Et par conséquent, toi, Végéta, tu dois devenir mon fils et celui du compagnon que m'a choisi Bulma.

La voix de Bree avait perdu de sa force sur la fin de la tirade. Elle ne peut retenir un sourire amer devant l'ironie de la situation.

- Quoi?

- Maman a fait quoi?

- Qu'est-ce que Végéta va devoir faire?

S'écrièrent les enfants dans un ensemble parfaitement incohérent. Cependant, les deux filles se turent pour laisser parler Végéta:

- Jamais! Il en est hors de question! Jamais!

Et il quitta la chambre, bousculant Bree qui tomba au sol deux mètres plus loin.

Chichi ne s'en formalisa pas et lui courut après, mais il allait trop vite. Elle le perdit au détour d'un couloir mais croisa Goku. Ce dernier lui demanda, curieux:

- Qu'est-ce qu'il a Vé...

- Ramène-le!

Si Végéta avait été Gohan ou Goten, elle n'aurait pas eut à lui dire. Sans se poser de question, il l'aurait poursuivit. Mais il s'agissait de Végéta et Chichi commençait à comprendre pourquoi il avait réuni les boules de Cristal.

ooOoo

Dans la chambre de Bra, Pan et la dernière Brief aidaient Bree à se relever et à s'asseoir sur le lit. Elle était un peut sonnée, sa tête avait heurté le sol un peut trop violemment à son goût.

- Faut l'excuser, fit Pan en se tordant les mains. Quand il s'énerve, il ne contrôle plus sa force.

Bree grogna, reconnaissant un trait de caractère de l'Autre, lorsqu'il était enfant.

- Je n'ai pas saisi ce que maman à fait. Vous pourriez m'expliquer? Demanda Bra en lui tendant un gant de toilette humide qu'elle était allé chercher dans sa salle de bain.

Bree s'en saisi et le posa sur sa tête avec un soupir de soulagement. Elle posa ensuite son regard sur la gamine qui le lui avait donné. La même chevelure que Bulma, les mêmes yeux que Bulma, le même nez que Bulma, la même bouche, la même peau que Bulma... C'était son portrait craché. Où diantre cette gamine était-elle celle du Prince?

- Alors? Il y a vraiment des Saïyens qui vont venir?

Bree grogna et répondit:

- Oui. La loi Saïyenne est très claire: si une femme appartient déjà à quelqu'un, les autres n'ont pas le droit d'y toucher. A moins de défier le propriétaire et de le tuer.

- Vous parler des femmes comme s'il s'agissait d'un hectare de terre! S'énerva Bra. Puis je ne vois pas le... la jeune fille fit le rapprochement. Cette loi vous protège! S'exclama-t-elle.

Bree baissa les yeux en grognant. Cette gamine ne savait pas de quoi elle parlait.

- Qui... qui est le compagnon qui vous à été...

- Yamcha. Bulma m'a choisi Yamcha. Coupa Bree en tournant la tête vers Pan.

Elle en profita pour l'observer à son tour. Elle était plus petite, cheveux noir recouvert d'un bandeau, de grand yeux bleu... Toutes les demi-Saïyenne étaient-elles le portrait craché de leurs mère ou quoi?

- Et donc, reprit Bra. Végéta dans tout ça?

- Il... Je...

Bree se souvint de la demande de Bulma, de tout garder secret. Mais là, face au regard presque fiévreux de Bra, elle se sentit hésiter. Un instant, elle revit un berceau au milieu d'une chambre excessivement rose.

- Je suis la cousine du Prince Végéta, se reprit Bree.

- Vous êtes la cousine de mon père! S'écria Bra, oubliant l'hésitation de la jeune femme ce que Pan ne fit pas. Mais elle ne dit rien, Bra s'était emballée: mais ça veux dire alors que vous l'avez connu! Que vous pouvez me parler de lui! Qu'on est parents! Que... Végéta et moi on est...

Elle se tue, et Bree poursuivit:

- Donc Végéta ressemblant trait pour trait à mon cousin, il doit devenir mon fils.

- Sinon, les Saïyens finiront par comprendre qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Conclu Pan.

Il y eut une minute de silence ou toute les trois méditèrent l'échange. Puis Bra demanda:

- Parlez-moi de mon père.

Bree allait répliquer quelque chose, n'importe quoi, pour quitter cette chambre, lorsque le manoir se mit à trembler. A vibrer plutôt. Les deux préadolescentes se regardèrent puis se dirigèrent vers la fenêtre pour voir ce qu'il se passait. Intriguée, Bree les suivit.

- Quand je dis qu'il devrait faire du yoga murmura Bra, le regard braqué vers le jardin.

Bree fit de même et ce qu'elle vit la sidéra: Goku tirait Végéta par le bras pour le ramener à l'intérieur du manoir mais l'enfant ne semblait pas d'accord avec lui et cherchait plutôt à fuir par la voix des airs.

- C'est son ki qui...

Bree ne finit pas sa phrase. C'était évident. Là, en ce moment, le seul capable de faire ça était ce garçon, même si elle ne pouvait sentir son énergie. Pourtant, il ne semblait pas vraiment fournir d'effort. Il n'était pas transformé ni rien.

- Il devrait apprendre la diplomatie, soupira encore la jeune Brief.

Il était vrai que Goku n'arriverait à rien comme ça. D'ailleurs, plus il approchait, plus le manoir vibrait. S'il continuait, cela pouvait devenir dangereux.

A peine Bree eut-elle cette pensée que Chichi quittait le manoir pour rejoindre les deux Saïyens. Même si elles n'entendaient pas ce qu'ils se disaient, il était évident qu'ils se disputaient. Le manoir n'en trembla que plus.

- Il faudrait peut-être... commença Pan en se retournant, mais Bree claquait la porte.

ooOoo

Yamcha observait la dispute des Son de loin, toujours assis dans l'herbe. Il l'avait accueillie comme une distraction, lui qui était perdu dans ses sombres pensées. Il se demanda un instant pourquoi ils se disputaient mais au fond, il s'en fichait. Ca ne le regardait pas et il avait d'autres soucis en tête.

Soucis qui lui revinrent à l'esprit dés qu'il vit Bree sortir du manoir. Elle se figea un instant, pour regarder la scène puis s'approcha de l'enfant que Chichi et Goku tentait de calmer.

Quoi qu'elle lui dise, ça fit mouche. Végéta se calma dans la seconde. Chichi sembla elle par contre s'énerver plus encore, mais Bree n'en avait cure. Elle s'approcha de l'enfant, ignorant Goku qui fit un geste vers elle, mit les mains sur les épaules du demi-Saïyen et s'enfonça dans le jardin. Au grand mécontentement de Yamcha, elle vint vers lui, ainsi elle l'avait vue en sortant du manoir.

Une fois devant lui, elle poussa sur les épaules de Végéta pour le forcer à s'asseoir puis s'installa à son tour.

Yamcha se sentit mal. Aussi mal que tout à l'heure, lors de la communication, lorsqu'elle l'avait regardé. Il ne savait pas quoi dire ni quoi faire. Elle ne devrait pas être là, à côté de lui et lui ne devrait pas non plus.

- Végéta, finit-elle par dire, je te présente ton père.

A suivre...