Comme promis, voici le chapitre^^ Bonne lecture!


Chapitre treize cold case

Bulma remplit la bouilloire d'eau, l'alluma puis alla s'asseoir au comptoir de la cuisine. Dehors, le jour se levait à peine. Elle avait travaillé sur son émetteur toute la nuit, cherchant un moyen de l'améliorer, si bien que maintenant elle était épuisée. Elle soupira et posa son front sur le bois froid du meuble.

L'eau dans la bouilloire se mit à chauffer et un bip se fit entendre. Bulma soupira et ferma les yeux. Elle avait bien envie d'un thé mais elle était vraiment trop épuisée pour se lever. Elle allait se redresser lorsqu'elle entendit le son d'une tasse heurtant le bois devant elle.

- Chichi ?

Pas de réponse, si ce n'est du sucre qui heurtait le fond du récipient. Puis le bruit d'un sachet qu'on déchire et enfin de l'eau qu'on verse.

- Merci Chichi.

Ça ne pouvait être qu'elle après tout. Au vu de l'heure, et dans la cuisine qui plus est, ce ne pouvait qu'être que Madame Son. Bulma finit par se redresser, réunissant ses dernières forces.

- C'est très gentil à… toi.

La phrase de l'ex-présidente s'était finie dans un murmure car en vérité ce n'était pas Chichi qui l'avait servi mais Bree. La jeune femme lui tournait le dos, fouillant le frigidaire. Bulma baissa les yeux sur son thé : il était à la menthe, son préféré. Elle retira le sachet, mélangea et gouta. Parfaitement sucrée.

- Tu es réveillée tôt, finit par demandée Bulma, le choque de sa surprise passée.

Bree se tourna vers elle, une part de gâteau au chocolat et à la crème en main. Elle referma le frigidaire, alla chercher une cuillère puis vint s'asseoir en face de l'ex-présidente.

- J'ai pas dormi… Et toi ? La Saïyenne lui avait renvoyée la question comme si elle avait hésitée à entamer la conversation.

- J'ai bossé… Tu n'as pas dormi ? Pourquoi ? Il y a un problème avec la chambre ?

Bree aurait pu lui dire que la chambre ne lui convenait pas, qu'elle la détestait, qu'elle détestait Yamcha et le plan stupide de Bulma, qu'elle détestait même être ici mais elle se retint et se contenta d'hausser les épaules. Ce signe vague imposa un silence qui dura jusqu'à l'arrivée de Madame Son.

- Bulma ? Bree ? Vous êtes déjà debout ? s'étonna-t-elle.

- Bah et toi ? rétorqua l'ex-présidente de la Corps, sentant comme un reproche dans la question de son amie.

- Moi, j'ai dormi ! répondit Chichi. Et au vu de tes cernes, toi, tu as encore fait nuit blanche ! Va donc te coucher ! Et toi aussi, Bree.

Madame Son n'était pas une femme comme les autres : ses instinct maternels étaient bien plus développer que chez toute autre et elle ne pouvait s'empêcher de couver qui l'entourait comme une mère couve son enfant. Heureusement pour elle, Bulma le savait et ne lui tint pas rigueur du ton employé. Elle lui souhaita bonne nuit, même si ce n'était pas vraiment approprié et quitta la cuisine le pas trainant, sa tasse à la main.

- Chichi se tourna vers Bree. Elle terminait lentement sa part de gâteau puis, tout aussi lentement, le pas tout aussi trainant, quitta la cuisine sans un mot.

Chichi la regarda partir en réfléchissant à ce qu'elle avait vu plus tôt ce matin. Et si Bulma avait raison ? Après tout, son mari agissait étrangement depuis le retour de Bree. Mais elle allait vite en conclusion. Goku avait le cœur trop pur pour la tromper. Jamais il ne l'aurait fait… Mais si c'était Bree qui l'y avait poussé ? Après tous, son époux était connu pour sa naïveté.

Était-ce le genre de Bree ?

Madame Son se souvint de cette matinée, au palais de Dendé ou Trunk était venu la voir. Elle se souvint de sa détresse et de ses mots. Malgré l'horreur de ce que lui avait confessé son filleul, aujourd'hui, ces quelques paroles la rassurèrent.

ooOoo

La salle à mangée principale des Brief n'avait pas accueilli autant de monde depuis bien longtemps. Même s'il restait encore de nombreuse place libre, l'immense table centrale était remplie plus qu'à moitié.

Il y avait bien sûr Bulma et son père, tout deux entouré par le professeur Oro à coté de Monsieur Brief, et par Bra et Trunk à coté de l'ex-présidente de la Corps. A coté du demi-Saïyen, venait Bree puis Yamcha, ensuite la famille Son Goku et Oob, qui se sentait gêné d'être là. Mais lorsque son sensei était venu le cherche, tôt ce matin, il n'avait pas osé dire non. En face d'eux, il y avait l'autre famille Son.

Bien qu'il y ait beaucoup de monde à table, personne ne parlait. Si le silence était maitre –même les couvert se heurtait sans bruit–, on se regardait en chien de faïence, comme s'il y avait eu un crime en huit clos et que tout le monde se soupçonnait. Il régnait donc une ambiance pesante.

Le professeur Oro, seul étranger aux rancunes familiale, constatait que la plupart des regards mauvais étaient pour Bree, quelques uns pour Yamcha, un autre pour Trunk (en fait, lui et Goten se fixait méchamment depuis le début du repas). Bien qu'il sache toute l'histoire des trois familles, il avait du mal à décortiquer plusieurs de ses regards.

Finalement, Videl rompit le silence, à la surprise de tous :

- Peut-être qu'on… qu'on s'inquiète pour rien. Peut-être n'en auront-ils rien à faire de… Bree.

Tous les regards se tournèrent vers elle et la pauvre jeune femme se ratatina sur sa chaise. Son époux, amical, lui saisit la main sous la table et lui fit un sourire mais il fut le seul. Trunk répondit, acide :

- Bien sûr. Ta planète et ton peuple sont détruits depuis des décennies et voilà que se présente une occasion de recréer ta race mais tu l'ignores ! C'est tellement…

- Trunk, arrête. Coupa Goten. Videl a raison. On ne sait rien de ces gens. Peut-être ont-ils d'autres préoccupations que mettre la main sur une compagne de leur espèce !

- Ou peut-être pas. Railla le président de la Corp.

- D'ailleurs, fit Bree en se redressant sur sa chaise, Trunk, et toi, Gohan, devriez surveiller Bra et Pan.

- Mais… Fit l'ainé Son en se tournant vers sa fille.

La petite, curieuse, échangea un regard avec Bra, qui ne comprenait pas plus qu'elle.

- Elles sont demi-Saïyennes. Expliqua Bree.

- Tu veux dire… souffla Bulma, sidérée par ce qui pouvait se passer.

- Le premier qui touche à ma fille, répliqua Videl, la forte et coléreuse, je l'étripe !

- Bra ne risquera rien. Je la protègerai. Ajouta Trunk, en se tournant vers la Saïyenne.

Il en avait fait la promesse, quatorze ans plus tôt, il comptait bien tenir son engagement. Personne, que ce soit un Saïyen venu du fin fond de l'espace ou le plus misérable humain de cette planète, ne toucherait à un seul cheveu de sa petite sœur.

Bree inclina la tête, en signe de compréhension puis retourna à son assiette débordante de nourriture, qui ne le disait rien. Près d'elle, Bra essaya de comprendre mais c'était sans succès. Elle avait juste saisi que son frère n'allait pas la lâcher d'une semelle, ce qui ne l'arrangeait pas.

ooOoo

En quatorze ans, le bureau avait à peine changé. Quelques photographies –celles de sa seconde épouse puis de ses enfants- étaient venues le décorer au fil du temps mais sinon, rien n'avait changé : l'ordinateur et son clavier prenaient toujours la poussière dans un coin, le petit kangourou en plastique, mascotte des Black Eagle, n'avait pas bougé et les dossiers s'entassaient encore.

Oro ne savait pas tous ça lorsqu'il s'installa sur la même chaise qu'avait occupée plusieurs années plus tôt Chichi elle-même. À vrai dire, il s'en fichait. Le professeur était assez mal à l'aise. Pas d'être dans un commissariat, ni même de faire appel à un inspecteur de police, mais ce qu'il avait à dire était des plus dérangeant, on allait sans doute le prendre pour un fou.

En face de lui, Shinji, inspecteur en passe de monter en grade, l'observait, curieux. Le plus si jeune homme que ça, la quarantaine bien tassée, les tempes grisonnantes, se demandait ce qu'un scientifique du gouvernement pouvait lui vouloir. Finalement, après de longues minutes d'observation silencieuse, il finit par demander.

- Il y a quatorze ans de cela, vous avez enquêté sur Bree Brief, vous vous souvenez ?

- … Oui.

Shinji hésita à répondre. L'enquête « Bree Brief » avait été sa première dans ce service, et aussi l'un de ses échecs les plus cuisants. Il aurait pu justifier cet échec par les bizarreries du dossier, la folie de la victime, mais il savait qu'il n'avait pas posé assez de question, pas poussé l'investigation suffisamment loin pour résoudre le mystère « Bree Brief ».

- L'affaire n'a pas été résolue, précisa-t-il. Bree Brief est morte en couche.

- Hum…

Shinji se redressa, agacer et demanda encore la raison de la présence du professeur :

- Est-ce que Bree Brief a réellement été violée ? interrogea John en se penchant en avant.

- L'information est confidentielle.

- Elle a plus de quatorze ans. Alors ?

- Les médecins…

- J'ai lu le dossier, coupa Oro. Je veux votre avis de policier.

- Ça remonte à quatorze ans, comme vous l'avez dit, se défendit Shinji en tripotant les dossiers éparpillés sur son bureau, gêné.

- Oui mais vous vous souvenez de cette enquête comme si elle avait eu lieu hier, je me trompe ?

- … Vous voulez mon avis ?

Oro acquiesça, tendu. Shinji reprit :

- Bree Brief était folle. Complètement folle. Mais je suis persuadé qu'elle a été violée.

Le professeur recula, comme satisfait de la réponse, ce qui énerva d'autant plus Shinji qui ne comprenait pas son comportement, ni pourquoi il lui parlait d'une si vieille affaire.

- Elle est morte, répéta Shinji. L'affaire est close…

- J'ai beaucoup de chose à vous dire sur Bree Brief. La première c'est qu'elle est vivante.

Enfin énervé, Shinji se redressa et frappa son bureau, rouge de colère :

- J'ai vu son cadavre ! Elle est morte il y a quatorze ans, en mettant au monde son fils, l'enfant de son violeur !

- Du calme. Elle a été ressuscitée. Oro se leva, prit son manteau et son chapeau et poursuivit en tendant une carte de visite. Vous saviez qu'il se passait des choses surréalistes dans cette affaire. Ce que je vous dis maintenant n'en est qu'une de plus. Lorsque vous serez prêt, appelez-moi, je vous raconterai ce que je sais, et ce que je veux de vous.

Shinji prit la carte qui lui était tendu de mauvais cœur et salua le professeur. Quand la porte du bureau se fut refermée, il observa une seconde le petit carton blanc qu'il lui avait donné avant de le jeter à la poubelle.

Bree Brief était morte.

A suivre…