Caroline Marcelle Yvette Malfoy
La suite ? Oui, la voilà ! Pas trop tôt, me dira-t-on, et ça ne serait pas faux ! Mais je remets tout en ordre, pour que ce soit plus clair, et quoiqu'il en soit, la suite est là ! Et à quelle occasion !
Mais c'est toujours l'anniversaire de notre chère Rin Uzumaki pardi ! Bon, cette fois je suis en retard de quelques jours, mais l'idée y est ! J'espère, du moins, que la suite lui plaira !
Je vais publier ensuite la 1ère partie en VF, la deuxième viendra ensuite... je ne l'ai pas encore traduite !
Bonne lecture, dites ce que vous en pensez ! Et surtout, joyeux anniversaire à Rin !
Chapitre 2 : Et ça continue !
Bonsoir, comment allez vous ? J'avoue avoir vu mieux ! Ma vie est en train de devenir incroyable – plus qu'avant je veux dire – et je dois vous avouer que c'est assez lassant. Je n'avais rien demandé moi ! Enfin, je ne demandais plus rien : j'étais marié, heureux, enfin, rien de bien anormal quoi. On commençait même à parler de gamin – le scandale, j'imagine tout à fait Lucius se retourner dans sa tombe à l'idée que son fils puisse être le père légitime d'un Sang-mêlé. Enfin, comme vous l'aurez compris, tout allait pour le mieux, dans le meilleur des mondes – ou presque. Pourtant, il y a trois jours, tout a été bouleversé, je ne suis toujours pas sûr de bien comprendre pourquoi… ce qui est certain, c'est que je suis tout seul sur mon canapé en cuir, et que Caroline n'est pas là – ni Gryff, d'ailleurs, mais c'est son chat, après tout, ça répond à une certaine logique.
Ah, qui je suis ? vous m'avez déjà oublié, vraiment ? Draco Malfoy, vous savez, l'égo invaincu de la blondeur platine ? et bien c'est moi ! Je sais, je sais, cela fait longtemps ! Mais, comme je le disais – enfin, c'était ce que je tentais de dire – j'avais laissé l'histoire là où elle vous intéressait, là où tout allait bien et s'ouvrait pour moi une vie de bonheur. Mais visiblement, j'ai un monceau d'épreuves devant ma porte, que je dois balayer, alors je vais vous raconter en même temps. Avant cela, pourtant, j'ai un petit point de situation à faire : il s'est passé quelque chose il y a trois jours – ça, je l'ai dit ! – et visiblement, quelqu'un à dû tirer le levier de l'action, parce qu'elle est totalement enclenchée, et je me retrouve embarqué dedans comme si je n'étais pas un Malfoy et que je n'avais pas, en général, le dessus sur toutes les situations contraignantes ! Enfin, ne vous en faites pas, je vais bientôt reprendre les choses en main, j'ai confiance ! En attendant, comme je sens que vous palpitez d'impatience, je vais vous raconter tout cela !
Je travaille dans mon monde – d'ailleurs, j'y vis en grande partie – et plus précisément au Ministère. Classique, me direz-vous ? Je sais, mais laissez moi vous assurer qu'avec le passé familial, me faire accepter comme étant une personne présentable n'a pas été facile d'autant que, comme de bien entendu, les trois-quarts ont refusé de croire que j'avais épousé une moldue jusqu'à ce que Minerva McGonagall en personne vienne au ministère et me demande des nouvelles de Caroline en tournant la chose pour qu'elle soit sans équivoque. Enfin, tout cela pour dire que j'ai eu du mal à parvenir à faire des choses aussi simple que déjeuner avec mes collègues, et les inviter à boire un verre. Aujourd'hui, à quelques exceptions près, tout va bien ! Je croise Potter de temps à autres, on ne se parle pas, ça vaut mieux, mais bon, c'est un peu pour le principe. Lui, il a fait une ascension fulgurante – et pistonnée, sans même qu'il n'ait à demander – et il est en passe de devenir adjoint du Chef du département des Aurors : il fait exactement ce que tout le monde attendait de lui, c'est assez drôle… Enfin, je me suis laissé perdre par mon propre récit, je m'en excuse. Tout cela pour dire que je suis un des nombreux employés là-bas, dans le département de protection des moldus – ma mère, même si elle aime bien Caroline, n'a pu retenir un haussement de sourcil plus qu'évocateur lorsqu'elle a appris cela. Je fais pas mal d'heures sup', et parfois il faut avouer que je rentre franchement tard – parfois, aussi, je bois un verre, et la version officielle est un dossier supplémentaire, mais qui n'a jamais fait ça, hein ?
En tout cas, ce jour-là, je suis en effet rentré plus tard que d'ordinaire, et je vous jure que c'était un vrai dossier en retard ! Pas que j'ais à me justifier à vos yeux, bien sûr, mais enfin, vous voyez…
Tard donc, fatigué, avec une envie monumentale de me faire un verre de jus de citrouille – trop mort pour l'alcool, vraiment, je n'en avais même pas envie – de 2 litres et de m'affaler dans mon lit. Je transplane dans l'entrée, pose mes chaussures, balance ma veste sur le porte-manteau : il s'écrase par terre… su-per, je n'avais qu'une envie, aller ramasser cette saloperie ! Avec un enthousiasme facilement mesurable, je me baisse, accroche la dite-veste, reste une minute à la contempler d'un regard haineux et de défi, comme pour lui signifier que retomber n'est pas envisageable et que l'équilibre instable où il se trouve n'est pas une raison suffisante pour tomber à nouveau, puis je pousse un grand soupir et entre dans le salon.
'- Caro ?'
'- Ouais…'
'- Ca va ?' cette voix ne lui est pas habituelle, ça n'est pas normal !
'- J'ai vu mieux, à vrai dire…'
Et merde ! avouez, vous auriez réagi pareil. Entre le fait que je suis crevé, et le fait que je n'aime pas quand elle va mal, tout cela sent très fort la soirée pourrie. Vaillamment, je tente – avec succès, Malfoy oblige ! – d'effacer de mon visage l'expression lassée d'avance qui y était peinte, et je vais m'assoir à côté d'elle.
'- Tu veux m'expliquer ?' Elle me lance un regard vague d'un air de dire : et ça servirait à quoi ?
'- Juste une nouvelle bizarre en trop là, j'avoue que…'
'- Nouvelle bizarre ?' lui dis-je en fronçant les sourcils. 'Quel genre ?'
Elle me jauge un instant puis se lève, va chercher une lettre posée sur le bahut, et se rassoit. Le papier semble étrangement vieilli pour une enveloppe moldue et… par la barbe de Merlin ! Le cachet est visiblement sorcier, quant à cette écriture, pour l'adresse, elle me dit tellement quelque chose que je n'arrive pas à passer outre ! Pourquoi est-ce que… non, vraiment ? mais pourquoi, vraiment ? J'ai la quasi-certitude de ne pas me tromper, pourtant…
Sans doute a-t-elle vu mon expression atterrée et défaite, car elle pousse un caractéristique 'Humpf !' agacé, et je me force à décoller mon regard de l'enveloppe pour le poser dans ses yeux… lesquels me fusillent littéralement. J'ouvre des yeux énormes – je n'ai pas la moindre idée de ce que j'ai pu commettre.
'- Quoi ?'
'- Rien, je crois juste que je ne vais pas te le donner à lire finalement, après tout, le petit rigolo de ton monde qui me fait une blague doit savoir ce qu'il fait !'
'- Hein ?'
'- T'es ridicule… enfin, ne t'en fais pas,' poursuit-elle en se levant, 'je n'ouvre pas ta correspondance secrète avec ton « Vampire d'Arizona. »'
Puis, comme une furie, elle part à toute allure vers notre chambre et en ressort avec une valise à la main. Elle me lance un regard me défiant d'oser tenter quoique ce soit pour l'arrêter.
'- Je crois que je vais aller prendre un peu l'air, ça me fera du bien !' lâche-t-elle en cherchant à être sèche et désagréable, mais au vrai elle est au bord des larmes, je peux le sentir. 'Et tu sais, si je ne suis pas assez « magique » pour toi, tu avais qu'à t'en rendre compte avant… ou alors aller parler à ton Sevrotruc là, pourquoi pas !'
Cela ressemble trop au nom de Severus pour que je ne tressaille pas à l'entendre. Comme assommé, je la vois traverser le salon, et ouvrir d'un coup de hanches la porte qui mène à l'entrée. C'est au moment où ma veste tombe par terre tandis qu'elle se saisit de son manteau que j'ai un sursaut de conscience. Un Malfoy qui laisse son épouse s'en aller comme ça, sans explication, et sans même une réaction ! je ne sais pas si c'est mon orgueil ou ma peur qui ont agis, mais je lui fonce dessus et vient me poster devant la porte :
'- Ok, now we're not playing anymore: what does that mean?'
'- Et ça se remet à parler anglais pour prendre un air ingénu en plus ! je sais pas si tu te rends compte du degré de ridicule que tu atteins, mais c'est pathétique !'
'- Ah oui ? sincèrement, là, de nous deux, le plus ridicule, c'est celle qui s'en va sans dire pourquoi et sans raison !'
'Sans raison ?' m'hurle-t-elle. 'Draco Malfoy, tu es un vaut-rien et inutile de m'ouvrir la porte, je suis une pauvre moldue, tu sais, j'en ai ouvert d'autres moi-même.' Je sens bien que ce trait d'ironie lui coûte autant qu'il me blesse. 'Gryff, viens, je pense que nous avons mieux à faire qu'à être ici !' finit-elle en attrapant son chat. 'Sur ce, bonne soirée ! je suis sûre que nous auront l'occasion de nous revoir… une chance que j'ai étudié les lois sur le divorce, n'est-ce pas ?'
Là-dessus, elle se glisse derrière moi, ouvre la porte, et sort en la claquant. Super soirée, j'étais déjà parfaitement heureux ce soir, et d'excellente humeur, mais là je pense que c'est parfait. Finalement, je vais me bourrer la gueule…
Qu'est-ce que tout cela peut signifier ? entre Severus Rogue, qui, entendons nous bien, est mort depuis 6 ans et qui semble écrire à ma femme, une moldue, dont il n'a jamais entendu parler et cette histoire de Vampire de l'Arizona ou que sais-je… je sais à peine placer l'Arizona ! Quant aux vampires, à part quelques cours de Défense contre les forces de mal, et le bouquin de Lockhart qui était un ramassis de bêtises, je n'y connais rien !
Après m'être servi un généreux verre de Whisky-pur-Feu, je m'affale dans mon canapé, je bois une longue gorgée, jusqu'à n'en plus pouvoir, puis je pose le verre sur la table et me laisse tomber en arrière, les yeux fermés. Je sens la chaleur de l'alcool dans ma gorge, et qui me donne déjà vaguement mal au crane… bon, ça, au moins, c'est normal. Quelque chose me gêne, je me rends finalement compte que ma nuque est appuyée sur un bout de carton, ou quelque chose du genre. Je fais donc l'effort de récupérer l'objet en question, et le tourne deux ou trois fois entre mes doigts avant d'ouvrir brusquement les yeux, pour constater qu'il avait raison : c'était la lettre dont elle lui avait parlé, et qui avait provoqué cette si étrange réaction. L'écriture est exactement comme je m'en rappelle, assez petite et serrée, pointilleuse. Mais ça ne peut pas être Severus Rogue, n'est-ce pas ? mon parrain est mort par la barbe de Merlin ! Mort, et enterré… blanchi, aussi, par la même occasion. Quoi, alors ?
Au terme d'hésitations infinies – la peur, tout simplement – je finis par ouvrir le papier, déjà décacheté, et me trouve face à une lettre signée S. Snape. Je me sens frémir : bon sang, qu'est-ce que tout cela ! J'avoue avoir sincèrement pensé que je rêvais. Mais non, bien sûr, c'eût été trop facile !
'Dear Caroline,
You will very possibly be more than surprised when reading this, but I guess this moment was bound to happen, and I am altogether glad that it is going to take place now. At last. It's been 23 years since I didn't see you… well, to tell the truth, I never actually saw you, not in real, and I learnt your existence quite long after you were born. But this, I'll tell you later, when we'll see one another.
I've been in hide, I've been in danger, I've been dead too, somehow. But now, I'm back – partly at least. And there are some people I really wish to meet again, or to meet anyways: you are one of these. Such a haphazardly odd thing that you got married to my god-son… I'll not complain, I may say it's a happy chance; fortune sometimes does things in a very interesting way.
Well, what I wanted to tell you about is… complicated, and might touch you deeply. It's… about family, and such blood links. I guess one usually doesn't write that in a letter, and I do think that you won't believe a word of what I am going to say: I am your father. As for your mother, you do know her, but not quite in the way I knew her…
Both she and I met again, not long ago, and it is linked to our decision of telling you the truth. I guess you won't do what this letter asks from you, but if you will, come anytime it fits you at the 12, Grimmauld Place, London. Draco might lead you there, he knows the place. Just please don't tell him too much about it or… well, I don't know, he very probably will be mad at me for not telling him. If it is so, Draco, I do apologize, but I couldn't guess, and I couldn't tell you!
Yours,
S. Snape.'
Et la lettre se finissait ainsi. Je la relus deux, trois, quatre, cinq fois, comme pour en extraire un sens caché qui m'aurait échappé à première lecture, un implicite qui rendrait l'ensemble compréhensible. Après deux verres de plus, soyons honnêtes, je ne suis pas beaucoup plus frais ! je finis pourtant par aboutir à la conclusion que le mieux est d'aller me coucher et, dès que possible, aller voir au Square Grimmauld… je me demande sincèrement ce que cela va encore donner et surtout, cela me replonge dans un passé qui me déplait grandement. Mais d'abord, j'attendrais un ou deux jours, en espérant que Caroline revienne : elle est plus qu'emportée, ce genre de mouvement de colère peut redescendre vite, et vu les circonstances il vaudrait mieux que j'aille là-bas avec elle. Car, au fond de moi, je ne peux m'empêcher d'y croire… même si Severus est mort, même si Caroline est française et moldue, enfin, tout cela.
Je me lève, titubant, et m'affale sur mon lit où je ronfle en un instant, épuisé, plus encore mentalement que physiquement… et imbibé d'alcool. Comme le jour de notre rencontre, ne puis-je m'empêcher de penser avant de plonger dans le sommeil.
Lorsque je me suis réveillé, il était bien midi – j'avais donc raté une demi-journée de boulot, et je n'en avais strictement rien à faire. Dans un élan d'humilité, j'envois un message à mon patron pour lui dire que je suis malade, que je suis dans l'obligation de manquer la journée, et je m'excuse. Puis je me lève, m'affale à nouveau sur le canapé, la bouche pâteuse et le regard vitreux, puis je me saisis de la lettre sur la table du salon, et entreprends de l'ouvrir pour la relire tout en regardant autour de moi comme pour me convaincre que je suis bien seul dans cette maison. Le papier, cependant, me résiste, et malgré l'état de mon esprit, je finis par me rendre compte que la lettre en question n'a ni les mêmes dimensions ni la même texture que celle que je crois avoir entre les mains. Pour finir, je lui jette un œil : en effet, elle n'a rien à voir avec cette de Severus, et je m'étonne surtout de ne pas l'avoir remarquée avant. Une encre violette-rosée, sur un papier gris clair, ça n'est pas particulièrement courant, il faut l'avouer ! Impossible, bien sûr, de deviner de quoi il s'agit. Je retourne l'enveloppe moldue pour l'ouvrir, et constate qu'il n'y a pas d'adresse au dos, seulement un nom – si l'on peut appeler cela ainsi : 'Ton Vampire d'Arizona.'
Ah ! c'était donc cela ! voilà ce que Caro a vu, et qui l'a mise dans cet état… il faut avouer que le choix de la couleur, et le nom au dos, donnait à penser que… Bon sang de sangsue, dans quoi me suis-je encore retrouvé ! ça n'était pas assez compliqué comme ça ! Ouvrant la lettre, j'en sors un seul feuillet, couvert de cette même écriture, de la même encre. J'y jette un rapide regard : un message étrange, qui semble… acidulé. Je sais, cela paraît étrange pour une lettre, mais je vous jure, c'est la sensation générale. Des gentillesses, des compliments, des sourires et du charme… mais rien de plus concret, rien de plus clair. Juste ce mot, sans rendez-vous, sans exprimer de désir, juste ces mots… Au bout de la deuxième lecture, je m'en suis trouvé presque incommodé. Me levant, je jette le papier dans une quelconque poubelle, tout en prenant soin de garder précieusement le mot de mon parrain.
Alors, voilà. Aujourd'hui, toujours pas de Caroline. Je suis retourné au boulot, tout le monde m'a dit que j'avais mauvaise mine… sans blague. J'ai allégué une grosse fièvre, qui m'avait laissé une tête de cadavre : ça à l'air de marcher. Demain, j'irais au 12, Square Grimmauld : je n'en peux plus d'attendre, franchement je trouve que j'ai déjà été très patient ! En attendant, je fais ma journée en trainassant, désirant ardemment le soir et sa triste solitude dans le canapé froid. Cependant, lorsque j'arrive chez moi, surprise ! Devant ma porte, Blaise fait les cents pas, avec une tête d'enterrement : lui, il a dû s'engueuler avec Morgane… ça sent la tournée de mon bar à bouteilles personnel.
Je lui fais un salut silencieux, j'ouvre la porte, et l'invite d'un geste à s'assoir. Sans se faire attendre, il s'affale d'un air affligé, et regarde autour de lui.
'- Caroline isn't here?'
'- Nope,' fis-je, tentant de garder pour moi ce fait dont j'avais une irrépressible honte, 'no big deal. What's wrong?'
'- She's gone. Like… evaporated, about a week ago, leaving me nothing but a small note, which seems sincerely sorry, telling me that she's from another time, another world… I don't know, it's meaningless… but it altogether means she won't come back.'
Bon ! deux pauvres abandonnés, et pour des raisons qui, si elles ne sont pas stupides, ne sont pas des raisons ! Tout cela ne veut strictement rien dire ! Je n'ai pas franchement envie de tout raconter à Blaise, en ce qui me concerne, mais je ne peux m'empêcher de trouver cela étrange, tant de circonstances, on ne peut donc jamais être tranquille ? Face à l'air hébété de Blaise, je décide que nous buvons d'abord : je lui parlerais plus tard. Ou plutôt, je le ferais parler plus tard. En effet, après trois Martini – j'ai décidé de rester dans les alcools moldus, ça change, et du coup ça a tendance à faire plus d'effet, ne me demandez pas pourquoi – Blaise déblatère sans cesse, dans tous les sens. J'ai même vu quelques larmes au coin de ses yeux… pour en être Serpentard, on aura beau dire, on en est pas moins homme.
'- You know, somehow, I could have guessed it. It was in her eyes or something… something had changed, and I never could totally get what. I guess here it's wholly explained…'
'- Yeah,' dis-je pour qu'il ne se sent pas seul.
'- Merlin… I love her you know. That hurts much. I just… I just wish I knew, first of all. Just to know…' Blaise se met à se plaindre, dans une sorte de leitmotiv que je n'entends qu'à peine. Par contre, je ressens tout à fait le sentiment qu'il décrit… celui de l'abandon du moins, et de combien il peut être invivable.
'- I know yeah… Do you want one more glass?'
'- Sure…'
Je pense qu'il est inutile de vous décrire notre état à la fin de la soirée. J'ai proposé à Blaise de rester là, hors de question qu'il transplane en Angleterre, où lui habite, dans l'état d'ébriété où il est… et puis, si c'est pour trouver sa maison vide, franchement, je préfère qu'il reste ici à déprimer sensiblement moins. Au lendemain, je vais fouiller dans mes placards à la recherche d'une potion anti-gueule de bois, en bois une longue gorgée, et attends quelques instants, afin que mon cerveau se remettre en marche. Après quoi je griffonne une note pour Blaise, m'habille de manière passe-partout, passe en revue mentalement les sortilèges de défense que je connais – on ne sait jamais – puis transplane sur le Square Grimmauld. La place est comme dans mon souvenir, pas très accueillante, mais propre : on ne croirait pas que la résistance à tenu ici ses bureaux pendant un temps…
D'un air assuré je m'avance, observe le bâtiment se faire jour entre les immeubles qui y sont toujours, puis m'approche, monte les marches, et frappe à la porte. Celle-ci s'ouvre, et j'entre, guère en confiance, dans l'étroit couloir qui sert d'entrée. C'est une femme, qui doit avoir la quarantaine, un peu plus peut être, qui me tient la porte ouverte : ses traits me disent vaguement quelque chose, mais j'ai du mal à les identifier, et elle m'adresse un sourire bienveillant, un peu triste peut être. Je ne me sens pas en danger, ce qui est bon signe : j'avance donc le long du couloir, et elle me guide dans la grande cuisine-salle à manger. Severus Snape s'y trouve, de dos, mais reconnaissable entre mille : sa silhouette, sa tenue noire, sa chevelure, enfin, l'ensemble. Cette vue me fait trembler il y a si longtemps, je l'ai cru mort, vraiment, sincèrement… j'ai un millier de questions sur les lèvres, mais je fais appel à mon flegme de famille afin de me retenir. Il se retourne, me fais signe de m'assoir, ce que je fais sur le champ, de manière totalement automatique.
Il a l'air fatigué, la gorge bandée d'une sorte de foulard noir que je ne lui connaissais pas, mais il a conservé de sa prestance, de cet aura qui effrayait ses élèves et lui inspirait, malgré tout, un certain respect. Comment peut-il être encore vivant ? cela me dépasse… Il me jauge, de son regard indiscernable, puis me lance :
'- Do you want a drink?'
'- No thanks,' lui dis-je, 'I've been drinking quite enough these days…'
'- Ah,' rit-il froidement, 'I should have guessed so… You're alone?'
'- I am. But if you don't mind, I'd like you to explain things first… I somehow bet you have more to tell than I do.'
'- That's true,' lance-t-il, de sa voix qui susurre en vous mettant mal à l'aise. 'But I'd rather you plunge into my memories, if you don't mind… it's quite complex, and long to tell.'
La femme, dont je n'ai pas encore réussi à trouver l'identité, mais dont les expressions et le visage n'ont de cesse de m'être familiers, pose une pensine devant moi et m'invite à y entrer. 'Everything is there,' me précise l'ex-professeur avant que je ne plonge dans l'effrayant inconnu de son passé.
Le premier atterrissage se fait dans une sorte de champ, de clairière plutôt, un étrange paysage. Je n'y reste pas bien longtemps, juste assez pour voir un homme, Severus Snape, et une femme, que je ne reconnais pas au premier coup d'œil, enlacés : je comprends rapidement que Snape vient de sauver la femme, et, à son visage, comprends vite que cela date d'avant que je ne connaisse mon parrain avant que je n'en ais souvenir du moins. La femme murmure 'Merci, merci,' puis tombe dans les pommes, et tandis que le paysage change je la reconnais subitement. Cela me fait un saut au cœur, je n'y peux croire…
L'étape suivante ne doit pas avoir lieu longtemps après... la même jeune femme – le doute n'est plus possible, pourtant je n'ose l'accepter – est visiblement dans un coma profond. Le professeur vient, lui administre une potion, puis reste quelques instants à la regarder dormir… A cela, succède immédiatement une scène d'à peine un instant ou tous deux s'embrassent, comme brusquement, par surprise. Enfin, il me semble que je suis posé pour quelques instants dans une plus longue scène : ils sont tous deux assis face à face, à table. Elle commence :
'- I'm pregnant.'
'- I'm a wizard, and I'm dangerously living,' répond-il après un temps de pause.
Sur ce, j'assiste à une longue conversation en effet, ponctuée de larmes, et de graves silences préoccupés. A la fin, ils ont trouvé une solution : j'entrevois certaines des conséquences qui me sont connues, d'autres sont encore obscures. Ils ne se reverront plus, à moins que… Enfin, ça, ça n'est pas fait. Il faut faire oublier ce bébé : personne ne doit savoir que cet enfant est celui de Severus Snape… alors il lui fera boire une potion, pour annihiler les pouvoirs du bébé. Ils le laisseront à d'autres, il lui fait confiance quant au choix. Elle, elle fera sa vie comme elle l'entend il lui donnera un seul souvenir de lui, un médaillon, un moyen de communication à sens unique, en somme. Ainsi, mère et enfant ont une chance de s'en sortir… quant à vivre comme une famille, ils n'y croient guère mais un jour, peut être…
La scène change, et c'est encore chamboulé par la scène précédente que j'atterris dans un nouveau lieu : Severus y est, la femme aussi… l'un et l'autre ont pris plus de 12 ou 13 ans. Elle semble affolée, lui froidement désespéré. Il lui explique : à partir de maintenant, il est absolument injoignable. Tout devient pire, en un sens, et il faut protéger l'enfant. Qui a eu l'idée ? à la fin, je n'en suis moi-même plus sûr, mais ils sont tombés d'accord : elle s'en occupera, elle se mêlera à ses connaissances, elle se fera une nouvelle vie, avec pour seul lien avec l'ancienne sa fille, Caroline, dont elle s'occupera. J'assiste au baiser langoureux et tremblant de ce couple palpable et inexistant auquel je ne parviens pas à m'habituer puis elle prend une potion qu'il lui tend, ferme les yeux… et je la vois perdre des années, et encore des années, jusqu'à devenir un brin de gamine, ce qu'elle a dû être à 14 ou 15 ans.
C'est déjà trop, beaucoup trop d'informations, mais je n'en ai pas fini, et je dois me résoudre à atterrir autre part encore, et à supporter de voir ce que je crois savoir bouleversé sans cesse, à nouveau. La scène suivante, j'en ai entendu parler… je ne l'ai pas vue, bien entendu, mais j'ai la sensation de la reconnaître dès le premier instant, tant elle m'est familière : la mort – prétendue – de mon parrain, dans la Cabane hurlante. Le serpent, tout cela, je sais mais je n'en tressaillis pas moins lorsque Severus tombe, apparemment mort. Tout s'efface, petit à petit, comme emporté par la brume, puis réapparait brusquement : Severus Snape n'est pas mort. Il est plongé dans une sorte d'étrange coma où ses sens sont en éveil, seulement, il ne peut rien faire… Je suis déplacé au jour du réveil véritable de mon parrain : je ne comprends pas tout, il me semble que ce coma a duré dans le cercueil, tandis qu'il s'est conservé en sécurité, en un sens, sa magie créant une auréole. Enfin il s'est éveillé. J'assiste, par coupure, aux soins qu'il s'est administré lui-même, à son installation au Square Grimmauld – Potter n'est pas au courant, et je suis sur le point d'éclater de rire malgré les circonstances – puis comment il l'a recontactée.
La scène change, pour la dernière fois… ils sont tous les deux, lui avec cette écharpe autour du cou, elle semblable à l'apparence qu'elle a aujourd'hui, dans cette pièce, assis à cette même table. Severus est en train d'écrire ce que je reconnais comme étant la lettre qu'il a envoyée à Caroline. Il la finit, la plie, et la cachète.
'- Done?' demande-t-elle.
'- Yes. You're fine?'
'- Quite dazzled yet. I've had a whole new life you know, it's hard to cope with years more, a double life, and the perspective of my daughter hating me.'
'- Don't go on being pessimistic. And well, you know that…'
'- I'm not regretting my choice!' s'exclame-t-elle en le regardant intensément. 'Just it's not easy.'
'- I know…'
Je vois passer dans ses yeux noirs une sorte de lueur, presque attendrie, et il passe furtivement sa main dans le dos de la femme. Comme pour dire : voyons tranquillises-toi, ça ira ! Il ne dit rien cependant, et se contente de se lever, retourner son pli, et y écrire l'adresse. Le nom de 'Caroline Malfoy' à peine écrit, je sens le paysage s'évaporer peu à peu, et je cligne des yeux quelques fois en voyant réapparaître la cuisine du 12 Square Grimmauld. Mon premier réflexe est plus fort que moi, je me tourne et, plus incrédule qu'autre chose, lance :
'- Morgane?' Elle hoche la tête, et murmure :
'- Sorry…'
'- How about Blaise?'
'- I did love him, just life is complex, and things turned out in a way that makes I have to be here more than with him…'
J'acquiesce, sans trop savoir pourquoi et à quoi. De toute manière, je ne peux rien faire, et je ne peux pas vraiment dire grand-chose. Je me force donc à détourner mon regard de cette figure que je connais, mais affublée d'au moins 20 ans de plus et le pose sur mon parrain. Il m'adresse un sourire très fin, dans lequel je sens un fond d'excuse pour le secret, pour tout. S'engage alors une très longue conversation : la rendre prendrait des heures. Ce que j'en retiens : Caroline est une Sang-mêlée, ses pouvoirs ont été endormis et ils les lui rendront bientôt. Morgane n'a existé comme je l'ai connue que pour être auprès de Caroline… moldue avec un savoir plus grand que presque toute la communauté magique, c'est incroyable. J'explique aussi l'absence de mon épouse, ils semblent ne pas en savoir plus que moi : mon parrain me conseille cependant – avec son air toujours si dépourvu de reproches… – de la retrouver rapidement et de m'activer. Et, alors que je pars, je trouve moyen de m'attirer de sa part une brève étreinte, sans doute le maximum d'effusions dont cet homme soit capable.
En rentrant, je trouve dans la boîte au lettre une nouvelle lettre à l'encore violette et au papier gris clair : troublé, agacé aussi, je l'ouvre et la parcours. A nouveau, ces mots sans sens, séducteurs pourtant, comme entêtant… qui est donc cette bonne femme ? Avec un geste de rage, je balance la lettre dans la cheminée, puis part m'allonger et réfléchir.
J'ai trouvé. Enfin, je pense du moins, ça n'était pas bien dur : j'ai fait le tour de ses relations, elle ne pouvait pas être chez Morgane, pour une suite de raisons incluant que Blaise est mon meilleur ami, que ladite Morgane n'était pas chez elle, et – mais cela, Caroline ne pouvait pas le savoir – qu'elle n'était pas qui nous croyions. Enfin, pas chez Morgane donc, pas chez l'autre non plus, j'y suis passé. Me reste donc la dernière solution, qui me semble la plus probable, chez un ami à elle, que j'avais d'ailleurs vu le jour où je l'ai rencontrée, je m'en souviens : Jeff – Geoffroy de son vrai prénom, mais il semble n'avoir plus cours. Il n'y a pas longtemps, il a quitté sa petite-amie, et vit désormais seul dans un deux pièces à Paris… si elle n'est pas là, alors, il me faudra faire le tour d'un tas d'autres connaissances plus récentes à elle, voire employer les grands moyens – la magie – ce que je souhaite éviter autant que possible, j'ai pris l'habitude de me moldifier depuis le début de notre relation, afin de ne pas la blesser.
Quoiqu'il en soit, me voilà devant la porte close de l'appartement de la rue Lhomond – son appartement est affreusement bien placé, pour être à côté de la Bibliothèque Sainte-Geneviève dit-il… cet homme m'étonnera toujours ! – les traits sans doute tendus par le stress, le visage fermé du moins. Je finis par me décider, et sonne en me donnant un air résolu pour tenter d'emporter avec moi mon esprit… j'entends très rapidement des pas et la porte qui s'ouvre : il arbore un large sourire, qui se flétrit en me reconnaissant. Il ne me ferme pas la porte au nez, pourtant, et se contente de me jauger un instant avant de prononcer, à voix basse, visiblement pour ne pas être entendus :
'- J'espère pour toi que tu sais ce que tu fais…'
'- Jeffifounours, c'est qui ?' entends-je Caroline lancer de l'intérieur, d'un air gai – qui, sans doute, cache un certain mal-être, je me prends à l'espérer, à espérer qu'elle me regrette fortement.
'- C'est pour toi,' répond-il assez froidement, en ouvrant grand la porte, et en me faisant signe d'entrer. Ce que je fais, en tentant de conserver une expression un tant soit peu digne expression que j'ai du mal à ne pas laisser se flétrir lorsque je vois l'expression de Caroline changer subitement lorsqu'elle comprend que c'est moi.
Elle se fait froide, une expression offensée se peint sur son visage… pauvre de moi, pauvre de nous. Je m'assois sans y être invité, et la fixe avant de lui dire :
'- Je n'ai rien fait de ce que tu penses, rien… mais je te connais, tu ne me croiras pas comme ça. J'imagine que je n'ai qu'à attendre, et espérer… Cependant, j'aurais quelque chose à te dire, quoiqu'il en soit, quelque chose d'important. Dusses-tu me quitter définitivement bientôt,' continue-je en sentant ma voix se briser, 'cela est bien plus grave que notre histoire à nous… et c'est pour toi, rien que toi.'
L'effort d'un tel discours dans un français sans tache – même préparé à l'avance – finit de me donner un sentiment de lassitude épuisée… cependant, je me force à ne pas détourner les yeux, à la regarder avec la même honnête intensité, en attendant une réponse.
'- Et quoi donc ? je ne te pense pas assez bête pour inventer une connerie aussi grosse… alors dis, j'écoute !'
Cela se passe moins mal que ce que j'aurais cru… Je jette un regard en direction de Jeff : j'imagine qu'il ne bougera pas d'un iota, il va falloir composer avec sa présence et jongler avec l'importance du secret…
'- Cette lettre que tu as oubliée à la maison, et bien… elle est authentique, je suis même allé le vérifier. Ca n'est pas une blague, ça n'a rien à voir avec ces stupides lettres à l'encre rose dont je ne connais pas l'auteure !'
'- Vraiment ?' Je sens vaciller dans son ton assuré et un peu dédaigneux un peu d'hésitation, elle me croit tout de même à moitié…
'- Vraiment… Je te jure sur Merlin de ne rien faire d'autre que t'amener et te ramener là-bas, mais je pense qu'il est de mon devoir de le faire…'
Je vois Caroline hésiter, sur son visage se peint un air incertain. Mais Jeff s'interpose, c'aurait été trop simple…
'- L'amener et la ramener… où ?'
'- Quelque part ! ça n'est pas tes affaires !'
'- Et bien si, justement…'
Nous ne sommes pas sortis. Je le vois rougir, non pas de honte mais de colère ou du moins d'agacement… ses poings se serrent… je n'ai vraiment pas envie de me battre avec lui, non de non ! Je lance donc à Caroline un regard pour le moins insistant, avec une nuance de supplication – j'ai honte de le dire, mais le fait est. Elle ne sait que faire, je la sens qui balance, avant de lancer finalement d'un ton péremptoire :
'- C'est bon, je sais de quoi il parle : je vais y aller, et sur le champ, ça sera fait !' Puis, me voyant pousser un grand soupir de soulagement elle me lance : 'Mais ne crois pas que ça changera quoique ce soit te concernant !' Gé-nial. Enfin, c'est déjà ça…
Elle quitte la pièce, revient avec une veste et son sac, fait la bise à Jeff – lui saute donc dans les bras en lui disant une quelconque bêtise – et me précède dehors d'un air de décision. Je la suis donc, relativement docilement, jusqu'à l'extérieur. Nous tournons, prenons quelques rues jusqu'à ce que je la stoppe dans un coin obscur.
'- Dray, non, j'ai dit que…,' commence-t-elle d'une voix plus aigue que d'ordinaire.
'- Chut,' dis-je en plaquant ma main sur sa bouche, 'n'attire pas l'attention for Merlin's sake ! Je vais pas te violer, je veux être tranquille pour apparate !'
Elle me lance un regard assassin, mais cesse de gigoter et je la relâche, lui prenant simplement la main. Je me concentre, nous transplanons sur le palier du 12 Square Grimmauld, et je pousse la porte, qui s'ouvre sans m'opposer de résistance, pour lui permettre de s'appuyer contre les murs de l'étroit couloir : même avec le temps, le transplanage reste éreintant pour elle.
Au bout de quelques minutes – qui me paraissent bien longues, d'autant que personne ne semble vouloir venir nous chercher dans le couloir – elle se sent visiblement mieux, et je prends la direction de la cuisine et salle à manger, lieu qui a toujours eu une position centrale dans cette maison. Je pousse la porte : Severus, et Morgane, sont l'un et l'autre assis en bout de table, l'un à côté de l'autre, avec devant eux quelques papiers, la pensine, et un autre objet que je ne reconnais pas d'abord. Je sens mon cœur se serrer d'une sorte d'appréhension que je prends bien soin de cacher puis je me décale et vais me mettre debout dans un coin de la pièce, pour les laisser faire. Et je vois donc Caroline s'avancer précautionneusement dans la pièce, fixant avec un étonnement méfiant les deux personnes qui s'y trouvent.
Severus se lève donc, et s'approche d'elle, lentement : il lui tend la main, avec un air cérémonieux. Elle s'en saisit, ils échangent une poignée de mains et quand ils s'écartent il prononce sentencieusement – tout lui :
'- Bonjour, je suis Severus Snape.'
'- Caroline Mal-Legrand…,' répond-t-elle, et l'omission volontaire de mon nom me touche plus que je voudrais l'avouer.
'- Je sais, je sais. Assieds-toi, je pense que cela vaut mieux.' Là-dessus, il a sans doute raison.
Elle s'exécute en laissant aller son regard hésitant de l'un à l'autre : sans doute a-t-elle avec Morgane le même problème que j'ai moi-même eu. Severus, avec une attention étrange que je lui ai rarement vue, amène à côté d'elle une bouteille et un verre d'eau, puis repart s'assoir.
'- I don't speak French that well, are you fine with English ?'
'- I've been fine with it for some years now,' dit-elle les lèvres pincées, 'I guess I can cope with it even now.'
'- Thank you. Well, our letter was rather elliptic, I have to apologize for this, but I couldn't decently say more in a letter. So, if you will, I'll proceed explaining you.'
'- Bien,' fait-elle en cherchant visiblement à faire accélérer les choses.
'- I'm your father: I'm a wizard, I'm your husband's godfather, everyone but for people present here think me dead, and… hum, I wish you would let me – let us – tell you everything about your past, and the 'why' of our hiding from you.'
'- Tell as much as you want… I'm not so sure to believe, though!'
'- Oh,' précise Severus, 'we have proofs. But well, the general thing is this: I met your mother – whom you know, though… you'll see this soon – quite a while ago, she was so much younger than I am, and how we fell in love is a question I couldn't solve. It happened, but my life was a rather dangerous one, I couldn't afford her – and then your – being in danger. So we separated from each other, and I annihilated your powers: you do have powers, you're a witch, and if you will I'll give you your magical abilities back, and teach you how to deal with it. Anyway, so we made these to sleep, and sent you to a muggle French family, as far as can be from me. Your mum made her own life, and some years ago I met a stronger danger, was afraid for you… Well, we schemed together, and your mother was made younger so as to look after you… I died, or nearly, and lived again. The dangerous times in our world are over, as I guess you know it… So I called back to her, and she came back to me. That is to say, she…' Il se tourne vers son épouse – non, pas son épouse, ça n'est pas possible… enfin, qu'en sais-je ! 'Don't you want to tell her now, it's more than time it's made clear.'
'- Bien…,' commence-t-elle. Je remarque que ça voix tremble un peu, mais, surtout, qu'elle est vieillie, cela s'entend : ça n'est pas forcément mauvais, simplement légèrement différent. 'Peut être que tu m'as reconnue, mais je pense que tu m'aurais déjà clouée sur place… C'est… je… Bon, ok, on arrête les conneries, c'est Morgane. Voilà, la tarée à tignasse, tout ça… et bah voilà, en vrai, je suis ta mère.'
Bon, et bien ça c'est fait. Je vois Caroline se raidir un peu : elle ne dit rien, mais je sens, je sais, qu'elle donnerait tout pour ne pas être là, pour que des révélations comme celles-ci ne soient pas en train de lui arriver dessus !
'- Peux être souhaites-tu un peu de temps d'adaptation ?' demande l'ancien professeur en s'appliquant sur son français.
'- Sans façon, j'aimerais autant en avoir fini au plus vite.'
'- Bien alors… tu n'as qu'à plonger la tête dans ceci, juste un peu, et… les preuves sont là,' explique Morgane en désignant la pensine qu'elle rapproche un peu d'elle.
Caroline hoche la tête, quoique tout son visage exprime clairement son incrédulité, et elle se penche, un peu flageolante, pour laisser son visage toucher la surface de la pensine : la voilà partie dans la série de souvenirs que j'ai pu voir… Je suis un peu loin, et sa position n'est pas la plus pratique, mais je crois voir sur son visage se succéder une série d'expressions de l'étonnement au presque rire, en passant par une forme de colère… en même temps, il y a de quoi. Pour moi, ça a déjà été un choc, alors pour elle : une famille, une identité, tout à revoir. Finalement, elle relève la tête et par se reposer contre le dossier du fauteuil, les yeux fermés. Pendant près d'une minute, elle reste comme cela, et je jette un regard furtif en direction de ses parents – Merlin ! ses parents… non, décidément, je ne m'y ferais pas si vite – dont les regards sont fixés, anxieux, sur Caroline. Mon parrain a une expression tellement neutre qu'il est clair qu'elle cache des sentiments plus profonds quant à Morgane, elle se mort la lèvre, inquiète de dizaines de choses qui tournoient dans sa tête.
Finalement, Caroline relève la tête, déglutit, puis se tourne vers eux :
'- Si j'ai tout compris, Morgane est ma mère, et n'a été mon amie pendant ces années que pour me protéger, en étant pas elle-même. J'ai des pouvoirs, et je vais les récupérer. D'ailleurs, elle a épousé Blaise pour… allez savoir quoi. Oh, et si j'ai compris ce qu'impliquait les premières images, vous,' fit-elle en se tournant vers Severus, 'êtes un grand sorcier, vous avez été criminel, vous avez changé de bord…'
'- Oui,' murmure Morgane de façon presque inaudible.
'- Bon, alors on va régler ça vite, parce que je vais avoir besoin d'un peu de temps pour digérer : Je peux récupérer mes supers pouvoirs là, et après vous me donnez un peu de temps et on se reparle un de ces quatre ?'
Elle a retrouvé ce ton joyeux, gai, un peu ironique et moqueur, qui semble surnaturel : surtout, elle a retrouvé le moyen de cacher ce qu'elle pense, de cacher son émotion et tout ce qui s'en suit. Severus a visiblement raté une part de l'information, et Morgane lui chuchote à l'oreille une traduction – du moins c'est ce qu'il me semble. Il hoche la tête, se retourne vers Caroline, et lui précise :
'- That's fine with us, we couldn't expect you to react joyfully. So please close your eyes, put both hands on the table, and breathe calmly: it might be quite hard to take all this into you at once.'
Elle s'exécute, elle n'a pas l'air d'y croire pour un sou, mais n'est pas contrariante : après tout, pour une moldue, elle en a déjà tant vécu, j'imagine que plus grand-chose ne la choque ! Severus se lève, va s'assoir en face d'elle, de l'autre côté de la table, et sort sa baguette de je ne sais quelle poche. Il prend dans sa main droite celle de Caroline, la serre d'une manière très particulière qui tire jusqu'au poignet, et pointe sa baguette sur elle. Il ferme les yeux, et commence à marmonner en faisant de petits mouvements plus ou moins secs ou amples devant lui.
D'abord rien ne se passe, le silence est pesant, avec seulement ce bruissement de voix grave qui semble chuchoter à l'infini une berceuse ensorcelante. Et puis, doucement, une légère lumière commence à sortir de sa baguette : un trait légèrement doré, comme les traces que laissent les avions dans le ciel, s'entortille et s'enroule, comme si par ses mouvements il tressait un panier. Cependant, contrairement à ce qui se passe dans le cas des avions moldus, le trait ne s'en va pas et à l'inverse se fortifie à mesure qu'il continue. Petit à petit, les lignes quittent la forme que leur a donnée le mouvement du sorcier, et prennent une forme nouvelle, se tordant pour former des arabesques, sinueuses et comment armoriées. Je dois avouer que c'est fascinant.
Soudainement, mon parrain semble être traversé d'un court spasme et il fait un vif mouvement de sa baguette : le fil entrelacé sur lui-même se détache du morceau de bois, et après un autre léger mouvement, se meut lentement jusqu'à se poser sur Caroline, au niveau du cœur. Pendant une fraction de seconde, tout reste en suspens, puis le long fil – sa magie ! – semble lui pénétrer soudainement la peau, et se diffuser brusquement. La main de Severus se serre davantage autour de sa main et de son bras, comme pour amortir le choc, et le fil semble se dérouler en elle, laissant une trainée brillante qui, peu à peu, s'évanouit comme si rien n'avait été. Finalement, il lui relâche la main, délicatement, et range sa baguette. Puis il se tourne vers Morgane et précise :
'- Tout va bien, il faut simplement lui laisser quelques minutes et elle va se réveiller.' Et se tournant vers moi il ajoute : 'Draco, tu peux aussi bien t'approcher, et t'assoir, rester dans le coin ne changera plus rien maintenant.'
Docilement, plutôt automatiquement d'ailleurs, comme si le pouvoir que mon parrain avait eu sur moi pendant des années recommençait à s'exprimer des années après, je m'approche, m'assoit entre lui et sa femme – ou non, qu'importe ! Et nous attendons.
Enfin, elle ouvre les yeux, doucement, visiblement déboussolée : elle bouge un peu la tête, puis commence à bouger ses doigts en les regardant comme s'ils lui étaient étrangers, puis elle relève les yeux, croise mon regard avec des yeux pétillants d'une forme d'amusement puis, comme se souvenant, reprend une expression neutre voire froide et se tourne vers Severus :
'- Alors c'est ça la sensation que cela donne, être sorcier ? hum, c'est bizarre.'
'- A mon avis, ça s'atténuera avec le temps, c'est le choc de l'arrivée de tant de magie,' explique-t-il avec quelques hésitations langagières. 'Dans une semaine, quand tu te seras un peu habituée, nous irons… t'acheter une wand chez Ollivander, puis je t'apprendrais.'
'- D'accord ? c'est fini pour aujourd'hui ?'
'- Si tu te sens capable de marcher…,' commença Morgane, coupée par son époux :
'- Oui, tu peux aller digérer tout ça et nous en vouloir pendant un certain temps… A bientôt tout de même, j'espère.'
Severus se lève, nous suivons tous le mouvement assez docilement ! Caroline se dirige vers lui, ils se serrent la main d'une manière tout ce qu'il y a de plus naturel, puis Morgane s'approche d'elle, sans doute dans l'espoir de la prendre dans ses bras… ce qu'elle esquive en lui faisant une bise hâtive et en s'écartant brusquement. Elle se retourne vers moi, vraiment comme si j'étais son valet de pied – ce qui m'agace prodigieusement, mais je ne moufte pas – et nous repartons vers l'extérieur. Nous transplanons, je la dépose devant chez Jeff, puis m'en retourne chez moi.
Je sens qu'elle est moins en colère, qu'à la vérité elle voudrait une explication et que les choses se résolvent… mais elle n'arrive pas à passer le pas, je la comprends finalement. Me voilà donc dans mon appartement vide et triste. Machinalement, je jette un œil à la boîte au lettre… et quel n'est pas mon état de rage lorsque j'y découvre une des ces affreuses lettres sur papier grisé. Je m'en empare, la froisse avec colère, et la balance avec force dans a poubelle la plus proche… que je rate, mais il est hors de question que j'aille ramasser ce papier maintenant ! je ne suis guère d'humeur.
J'ai beau décider de ne plus y penser, dès que je me retrouve assis dans mon canapé, je me rends compte que je ne pense qu'à cela. Je rumine ces lettres sans arrêt, leur présence, leur enchainement, leurs sous-entendus ! bientôt, je me vois imaginant qui peut être cette femme, ce qu'elle peut bien avoir comme véritable but. Et j'ai soudain réalisé : elle était en train d'arriver à ses fins, me faire penser à elle, prendre une place bien trop large dans mes pensées… hors de question que je laisse les choses se passer ainsi ! Foi de Malfoy, je ne vais pas me laisser faire, la balance va s'inverser, et elle verra bien qui gagnera la bataille ! Elle a déjà fichu un grand bordel dans mon couple… je ne vais pas la laisser m'embêter plus longtemps. Je me lève, récupère le papier froissé à terre, le lisse autant que possible de quelques mouvements de main, attrape un stylo bic qui traine et écrit rapidement au dos : 'Qui êtes-vous ? je suis intrigué, mais… quoi, maintenant ?'
Et, avec un petit sourire suffisant j'ouvre ma porte d'entrée et dépose la lettre ainsi annotée à côté du paillasson. Voyons, maintenant…
Deux jours plus tard. Rien n'a avancé, pas de réponse de l'inconnue, cela en vient à m'agacer : ma curiosité est en effet véritablement piquée. Caroline n'a pas bougé le petit doigt non plus, mais bon, ça ne m'étonne guère, de toute manière pour le moment je ne peux pas faire grand-chose. Cependant, une idée me tourne dans la tête depuis quelques heures, et je pense la mettre en application : il faudrait que j'aille parler à mon parrain… il y a tant de choses à dire et réfléchir ces temps-ci, je pense que cela en vaudrait la peine. Et puis, comme de toute manière je tourne en rond, je me décide à y aller sur l'instant : attrapant cape et clés, je sors sur le palier et transplane au Square Grimmauld.
J'entre, emprunte le couloir sans me poser davantage de questions, et machinalement me dirige vers la cuisine. Contrairement aux autres fois où je suis venu, je n'y trouve pas les deux personnes que je viens y chercher : la pièce est vide est silencieuse, mis à part un ragoût qui semble mijoter paisiblement sur un feu aux flammes bleues. Je reste en suspens pendant un instant : vais-je partir à leur recherche dans toute la maison, ou attendre ici ? Je finis par me décider à m'assoir ici : ils ont l'air de toujours savoir quand quelqu'un est là, je ne devrais pas avoir trop à attendre…
Et, en effet, moins de 5 minutes plus tard, j'entends des voix en provenance des escaliers : elles sont assez douces, le ton plutôt affectueux, c'est étonnant à vrai dire, mais enfin… Ils débouchent tous deux là où je suis, je me lève, serre la main de Morgane – elle à qui je faisais joyeusement la bise il y a si peu – et celle de mon parrain. Puis nous nous asseyons tous deux tandis qu'elle part veiller à la pitance.
'- How are you?' me demande-t-il.
'- I've seen better, but it could be worse… you?'
'- That's none of your business, but I'm alright. Why did you come?'
'- Oh, well…' Je me rends compte que je ne sais déjà plus ce que je souhaitais véritablement dire. 'Oh, yeah, well, I wanted to tell you about something I found odd and about just this all…'
'- Then proceed,' m'invite-t-il avec un regard fixe qui n'a rien d'engageant. J'ai tellement perdu l'habitude d'affronter ce regard, cette expression, ces manières… moi qui le connais bien, comparé à d'autres, j'ai énormément de mal à me comporter comme il le faudrait face à lui, je me laisse avoir.
Finalement, je me reprends, et parviens à lui exposer l'histoire de cette série de lettres signée 'Vampire d'Arizona' et ses variantes. Il me regarde, concentré, par moments il lève un sourcil avec une expression de défiance, ou d'étonnement. Lorsque je me tais, il passe quelques minutes silencieuses à analyser la situation, réfléchir ses implications, ou que sais-je, mais enfin visiblement à penser à ce que je viens de lui dire, car il conclue par une réponse claire et précise qui a de plus l'avantage – ou l'inconvénient – majeur de mettre un terme à toute conversation à ce sujet :
'- You were right to act thus, I'm sure you'll hear from her pretty soon, tell me about it then.'
'- Right. Hum…'
J'ai l'impression de ne rien avoir à ajouter, mais il me reste un goût d'inachevé étrange : une part de moi à envie de lui faire part de ce qui me tracasse, de ma douleur et de mes peurs, et une autre se sent totalement intimidée. En même temps, cette situation est si bizarre : je voulais vivre tranquille non de non ! Je n'ai pas signé pour un tas d'emmerdes pareilles moi. Finalement, Morgane, qui a sans doute fini de s'occuper de son ragoût vient se rassoir à côté de Severus : ah, ça, c'est encore un autre problème…
'- How are you?' me demande-t-elle avec un ton si doux qu'il semble tenter d'apaiser toute animosité que pourrait éveiller sa personne ou sa question.
'- Tired of this all… How about you?'
'- It's alright, I'm not quite used to changing life yet…'
On dirait les temps passés, ceux où nous pouvions parler à l'aise, sans se sentir en porte-à-faux, sans que la bizarrerie de nos situations respectives ne vienne nous gêner. A croire qu'en effet les gens ne changent pas, et les circonstances seules en font autre chose que ce qu'ils étaient, les rendent inatteignables, trop haut, trop bas, ou trop loin.
'- We've been thinking…' commence-t-elle.
'- Yeah?' Mon empressement se ressent de ma voix, et cela m'agace profondément, mais c'est trop tard. La sensation que j'ai d'avoir perdu de mon masque malfoyien avec le temps se fait d'autant plus forte : un jour, quand tout cela sera fini, il faudra que je me reprenne en main.
'- About Blaise… I think we should explain it all to him. All of it, he deserves it: that's way too unfair.' Sa voix se veut posée, mais ses mains sont serrées – de manière compulsive – sur un coin de la table, et elle tremblote. Ca ne doit pas être facile même si je n'arrive pas tout à fait à la plaindre.
'- That was part of my point in coming here, actually.'
'- I'm glad you agree,' me répond-elle en laissant échapper un long soupir de soulagement, 'of course we won't ask you to have any part in this. It's our thing to deal with, but I wanted to tell you about it.'
'- Right.'
Soudain, j'ai envie d'écourter, m'en aller, laisser tout cela en plan. Je n'en peux plus, tout est si puissant et lourd émotionnellement, si étrange et… Je revois Blaise, laissé en miette. Je revois le passé et le présent se mêler en deux images de la même femme. Le départ de Caroline… trop de choses à la fois, décidément. Alors voilà, je ne désire plus que de m'en aller, être seul un peu, quelques instants, avec mes pensées : pour cela, j'écourte de manière qui a même pu sembler grossière, puis m'éclipse.
En hâte, je transplane chez moi… et découvre, en ouvrant ma porte, que je ne vais pas être au calme de si tôt : une lettre de ce fameux papier que j'abhorre dépasse du paillasson. Je la saisis vivement, et impatiemment claque la porte et me jette sur mon canapé avant de l'ouvrir. C'est le moment de vérité, peut être vais-je enfin pouvoir tirer ça au clair. Il n'y a qu'une ligne, tracée avec attention : 'Dimanche prochain, 15h, devant Covent Garden. Je t'attendrais.' Sans tergiverser une seconde, je décide que j'irais. Au moins, je pourrais tirer la question au clair. Complètement.
Le lendemain, je retourne au boulot : il faut bien gagner sa croute. Je me traine un peu, je ne suis pas d'humeur, et je joue la comédie habituelle avec un peu plus de difficultés que d'ordinaire. Je ne me fais décidément pas à cette situation… En rentrant le soir, une nouvelle surprise m'attend : au moins, on peut dire que je ne m'ennuie pas ! Assise sur un banc devant chez moi, nulle autre qu'Astoria Greengrass. A croire que le passé a décidé de continuer à me rendre des visites fréquentes. Severus d'abord, Astoria maintenant… qui, ensuite ? Elle se lève, et vient à ma rencontre : elle s'est embellie, elle a la classe des sang-pur, ce type racé et puissant, et la séduction féminine qui se transmet de génération en génération en sa famille. Etrange de se dire qu'elle aurait dû être mon épouse. Nous nous disons bonjour, je l'invite à entrer, comme si tout cela était d'une tranquille normalité.
Elle s'assoit, je lui sers un verre, nous trinquons et échangeons quelques banalités jusqu'à ce qu'elle se décide à me faire part de ce qu'elle a en tête : une telle visite ne peut être innocente, bien entendu. Pourtant, je la connais suffisamment bien – et j'ai fréquenté sa sœur tant d'années – pour savoir que son regard et ses expressions ne cachent apparemment pas de vice et de mauvais coup. Pourquoi alors ?
'- Listen, Draco, I'm afraid I'm not coming with good news. I know you're still in touch with our laws and all, despite how you married, so I guess you heard about the files checking they made a couple of months ago?'
'- Well, yes I do… It was closer to eliminating the rubbish than to checking files, wasn't it?'
'- That's what I thought too,' commence-t-elle, 'but I'm afraid they did more. However, the letter I received is so odd; I couldn't help wondering how they got to that conclusion…'
'- What is it?'
Elle prend tant de précautions que s'en est effrayant. Qu'ont-ils donc déterré, des papiers au sujet de mon père ? J'espérais cela réglé depuis longtemps.
'- It's about our former engagement. All in all, it states that one of us didn't follow the rules stipulated as for breaking it, and thus it is deleted, and I guess it means we're supposed to marry. It's nonsense, I know, don't yell or anything: I came here to solve the problem, not destroy your couple, let this be clear.'
'- Fine. Would you give me a second?'
'- Yes of course.'
Je passe donc plusieurs minutes à retourner le truc dans ma tête : c'est insensé ! Insensé ! Que leur prend-il ? Et puis soudain, une idée me vient, je me souviens vaguement d'une histoire de contrat dans la lettre de…
Je me précipite donc sur ma poubelle, et récupère les morceaux et chiffons de lettres, que je parcoure à toute allure. Effectivement, j'aurais dû m'en douter ! Mais quelle…
'- Bon sang de barbe de cette saloperie de Merlin !'
'- What?'
A ma propre surprise, je découvre que ce juron m'est venu d'abord en français… pourquoi pas, après tout. Et puis, ça n'est pas l'important pour le moment ! Loin de là… Ah, cette nana de tous les diables va y passer, j'attends dimanche avec impatience, et je vais lui faire voir ! Pour qui se prend-elle, aller me mettre des bâtons dans les roues d'un mariage déjà célébré, consommé, et réussi ! Pourrir mes amours, et maintenant même ce qui les représente ! Elle paiera, du moins je ne me laisserais pas faire… quitte à paraître niais, je suis prêt à me battre pour sauver mon mariage – à vrai dire, paraître niais ne m'est pas inégal, mais personne ne le saura, cela reste entre nous !
'- Someone's trying to destroy my life it seems. And I'm not willing to let this happen at all.'
'- I reckon you seem right… And I'm glad to see sparkle in your eyes the Malfoy's strong will.' Elle me fait un immense sourire, un sourire de serpentarde, avec ce côté immensément dangereux, et je me sens revenu un peu dans le passé, les années à Poudlard, tout cela. Elle a raison, en avant ! Enfin, en avant ce sera dans quelques jours, mais tout de même : je me sens une puissance dumbledoresque… non, plus que ça !
Heureusement, mon envie d'action se trouve tomber à pic, car quelqu'un sonne : il doit bien se passer quelque chose, avec l'agitation de ces jours derniers je n'en doute pas un instant… et j'ai raison ! J'ouvre la porte, et tomber nez-à-nez avec Jeff. Il arbore une expression résolue, et entre tout de suite. Il ouvre la bouche pour me parler, mais marque une pause de quelques instants que je ne comprends pas d'abord mais en me retournant pour l'inviter à s'assoir d'abord je réalise que son regard c'est posé sur Astoria. Elle est joli d'accord, mais enfin…
Il faut croire, pourtant, qu'elle lui plait plus qu'on y croirait. Tandis qu'il s'assoit et que mon ancienne camarade de classe reste debout, appuyée nonchalamment sur le bord du bahut, je l'observe à la dérobée, tentant d'user d'un regard objectif masculin – subjectif mais orienté, donc. Elle est grande, fine, possède des atouts non négligeable : ok. Elle s'habille avec élégance, un tailleur noir et une chemise échancrée blanc cassé, parfaitement coupés, et une paire d'escarpins – Morgane… enfin, la Morgane du temps de Blaise, pas la cinquantenaire que je connaissais désormais, se serait exclamée 'Des Louboutins mon Dieu !' avec un air d'admiration. Cela la met en valeur, d'accord. Quant à son visage, bien ciselé, noble, avec une chevelure noire qui lui va très bien… et puis elle sait se maquiller avec attention. Bon, je dois le reconnaître, c'est une belle femme.
'- Geoffroy, je te présente Astoria Greengrass, une connaissance du collège. Astoria, Geoffroy R. Sinon, c'est à quel sujet ?'
'- Euh…,' balbutie-t-il avant de se reprendre. 'C'est au sujet de Caroline. Je ne viens pas de sa part, et je pense que si elle me savait là elle m'assassinerait, mais… à mon avis, il lui suffit d'un geste de ta part et elle revient. Elle ne veut juste pas faire le premier pas, mais elle ne croit plus à ta culpabilité…'
En un instant, je suis debout, j'attrape mon manteau et mes clés :
'- Nous y allons ! Astoria, if you don't mind, I'd like you to come, it'd be quite useful…'
'- But, with great pleasure of course, I'm coming!'
Nous sortons tous trois, je referme la porte, et nous partons en voiture : nous sommes avec Geoffroy qui conduit, et transplaner n'est pas une bonne idée en sa présence… il n'est pas sensé savoir, pas vraiment du moins. Je laisse Astoria s'installer à l'avant, et alors que je lui referme la porte je vois dans son regard luire un éclat de convoitise, qu'elle assortit d'un sourire en coin avant de se tourner vers notre compagnon de route… pauvre garçon !
…Et en effet, je ne pipe pas mot du trajet : de toute manière, Astoria remplit l'atmosphère de phrases douces susurrées et sucrées qui ne me font guère d'effet, mais sont loin de déplaire à Jeff qui, bientôt, entre dans le jeu. Nous nous garons, je descends de voiture à toute allure, et il me dit, d'un ton très sérieux :
'- Je pense que nous ferions mieux de vous laisser discuter tous les deux, nous attendrons ici…'
'- Oui, oui…'
Je monte les marches quatre à quatre, convaincu que cela l'arrange bien : le tête-à-tête avec Astoria n'est pas pour lui déplaire. Heureusement que je sais que cette fille n'est au fond pas si diabolique, sans quoi je me ferais du souci pour lui…
Arrivé devant la porte, je reprends mon souffle, tente de rassembler mes esprits, et sonne. Il y a un silence, puis des pas, et la porte s'ouvre.
'- Oui ?'
'- Je suis désolé, je n'ai pas de vieille pâquerette à laquelle il manque la moitié de ses pétales, je ne viens pas t'apprendre que je suis sorcier, je ne peux plus te demander en mariage parce que c'est déjà fait, je voudrais m'excuser mais malheureusement je ne suis pour rien dans tout ce qui nous arrive. Alors, je te dis juste je t'aime.' Je la vois trembler un peu.
'- Entre.' Je fais un pas. 'Tu me jures que ce n'est rien ?'
'- Je te le jure.'
Le baiser de ma vie. Enfin, du moins je le crois… je n'ai pas compris ce qui m'arrivait, mais je m'en souviendrais longtemps, très longtemps… Et non, mes amis, vous n'aurez pas le moindre début de morceau de détail, que cela soit clair ! D'ailleurs, ça n'était qu'un baiser !
Lorsque finalement nous redescendons, après avoir parlé, que je lui ai expliqué, qu'elle m'ait fait part de ce qu'elle avait cru, nous trouvons Astoria et Jeff en grande conversation animée sur je ne sais quoi, un livre je crois… Caroline marque un pause, me sert la main, se tourne vers moi, et me chuchote à l'oreille :
'- C'est ce que je pense ?'
'- J'ai pensé la même chose…'
Et nous partons d'un rire commun, si pur, si… il y avait si longtemps, cela ma manquait tant ! Et, nous éclipsant discrètement, nous les laissons à leur tête-à-tête. Qui vivra verra, mais je pense que quelque chose risque d'arriver !
Nous sommes de si bonne humeur qu'en arrivant, la nouvelle lettre de la poufiasse – c'est le nouveau nom que Caroline lui a donné – ne tue pas notre joie. Ce n'est rien de bien nouveau, seulement elle semble plus sûre d'elle. Je la fais lire à Caroline qui semble étonnée, l'écriture lui dit vaguement quelque chose… mais bon ! Quoiqu'il en soit, nous passons une excellente soirée, et le lendemain je m'apprête à passer une journée tout aussi délicieuse quand, sur les coups de 11 heures, le patronus de Blaise arrive lui disant, simplement 'Help.' Me voilà ramené à la dure réalité… en un instant, je fais le tour de mes pensées : mon Dieu, Severus et Morgane !
'- Je pense que je sais ce qui se passe, tu viens ?'
'- Oui,' me répond Caroline en se chaussant à la hâte.
Nous transplanons, je la laisse récupérer… mais me rends très vite compte qu'elle n'en a quasiment pas besoin. Ces pouvoirs, sans doute… Quoiqu'il en soit, nous entrons à la hâte chez Blaise et trouvons le salon dans une situation critique.
Morgane est assise dans un fauteuil, l'œil inquiet, impuissante visiblement, mais pleine de désarroi. Quant à Severus et Blaise, ils sont debout, se font face avec une colère non dissimulée : deux hommes se battant pour une femme, un spectacle rare, et étonnant d'intensité. Par réflexe, je me mets devant Caroline pour la protéger, mais elle se dégage en partie et tente d'avancer : je me précipite donc entre eux.
'- Is it what I'm thinking about?'
'- If you're thinking about this man – whom I kind of respected and admired – stealing my wife from me, then you're right.'
'- Draco, you know what this is about,' reprit Severus d'un ton sensiblement plus posé.
'- I do. Blaise, I'm afraid it's hopeless…'
'- No, it's… no, it's not!' Il hurle presque, je vois des larmes poindre sur le côté de ses yeux. 'Well, of course it is,' continue-t-il d'une voix éteinte, 'but I need to give it a try…'
Je ne sais plus que faire. Je les regarde l'un et l'autre : Blaise n'y croit plus, il est malheureux. Ils ont dû lui expliquer, bien sûr, mais ce n'est même pas de la haine, juste du désespoir, une colère face à l'injustice des choses. Quant à mon parrain, son visage et fermé, son regard concentré : est-ce l'amour, la nécessité, le sentiment de l'honneur ? Je n'en sais rien, mais quelque chose motive ces yeux fixés et ce corps tendu dans l'attente.
'- Ok, each of you can use one single spell, he's not authorized to kill the other one, nor to injure him too seriously. After this, we'll see. Oh, and no dark arts!'
Ils hochent la tête, et commencent à se concentrer. Il est tacitement compris que Blaise commence… j'avoue avoir un peu peur. Tout se fait très vite. En tant que sorcier, je crois reconnaître les sorts, mais je n'en suis même pas certain… le résultat, quant à lui, est plus que clair : le mur à un gros creux derrière Severus, Blaise pour sa part est à terre… Je ne sais plus quoi penser, pour qui suis-je au fond ? Mon cœur se sert pour Blaise, mais il me semble que c'est là la suite logique des choses…
Quoiqu'il en soit, je me précipite sur mon ami et veille à sa santé : connaissant mon parrain, il aura choisi son sort avec soin, mais allez savoir… Morgane commence à nous expliquer, en balbutiant à moitié, leur arrivée, l'explication, et puis le défi de Blaise, comme elle avait tenté de s'interposer, comme il lui avait dit qu'il ne lui en voulait pas – ce qui lui brisait encore plus le cœur, je le vois.
Severus fait alors un signe à Morgane, qui s'apprête à le suivre… mais je vois ma chère et tendre se tourner vers eux et, rapidement, se placer devant la porte.
'- I'd like to talk to my… mother, if you please.'
'- Yes of course,' répond-il avec une étrange douceur.
Et sur ce, il recule et se rapproche de moi. Je vois donc les deux femmes s'éloigner et parler à voix basse, rapide. Je ne sais trop ce qu'elles se disent, mais c'est assez long : des pensées et expressions différentes se succèdent sur leurs deux visages, mais il me semble qu'il y a des deux côtés une grande bonne volonté. Cependant, je suis détourné de mon observation – assez peu discrète de plus, il faut l'avouer – par Blaise qui commence à se sentir mieux, me parle, murmurant. Alors que je m'apprête à lui dire que ça va aller et à lui débiter les stupidités d'usage, je me trouve devancé par son rival même qui se penche au dessus de nous et lui dit, d'un ton calme et sincère :
'- I'm really sorry. And I know it's unfair. But I swear it was bound to be so…'
Est-ce le pouvoir hypnotique que peut avoir cet homme, est-ce l'étrangeté de la situation, est-ce qu'il ressent la nécessité effective de cette situation ? Je n'en sais rien. Mais Blaise hoche la tête, doucement mais d'un air convaincu. Triste, mais convaincu.
'- Do you think I'll be luckier then?'
'- I can't doubt that for a second: no other dead man shall come back to life to take your wife from you…'
'- Charming,' soupire Blaise avant de se tourner vers moi. 'Can you help me on my feet?'
Je le mets donc debout, et me retourne vers Caroline et Morgane qui en sont venu à se pleurer à moitié sur les épaules l'une de l'autre… bon, je pense que les choses, de ce côté, sont en bonne voix. Finalement, ils repartent, les choses semblent un peu moins tendues dans l'ensemble. Quant à Caroline et moi, nous restons chez Blaise, et je discute longuement avec lui tandis que, je m'en doute, elle réfléchit à tout cela. Il insiste pour venir à mon rendez-vous avec ma tentatrice : on ne sait quels charmes elle pourrait avoir, il préfère me garantir contre un philtre ou ce genre de choses ! Je finis par plier et, après une poignée de mains où je tente de lui faire sentir tout mon soutien, nous sortons et transplanons. L'un et l'autre sommes fatigués par tout cela, et nous nous affalons devant une quelconque série télévisée, nous endormant dans les bras l'un de l'autre…
Quelques jours plus tard, vient le jour fatidique, que j'attends à vrai dire avec une grande impatience : je veux que tout cela soit fini. Pour de bon ! J'avoue ne pas trop savoir à quoi m'attendre, et ça me déplait. Mais enfin… n'est pas Malfoy qui veut, et un Malfoy ne se fait pas rouler comme ça ! En avant, cette fois c'est la bonne !
Nous transplanons sur le Chemin de Traverse puis sortons et marchons – un certain temps je dois le dire – jusqu'à Covent Garden. Un grouillement assez raisonnable de touristes en tous genres parcours l'endroit avec des appareils photos. Je n'ai pas la moindre idée de la personne que nous attendons, mais je suis certain qu'elle saura se faire connaître.
Et, en effet, très vite, une grande femme élancée s'approche de nous. Très fine, jolie c'est vrai. Brune aux cheveux longs. Elle se plante devant moi, avec un grand sourire, et me dit :
'- So here you are…'
'- Here I am…'
Elle sent bon, très bon. Trop bon même, ses cheveux peut-être ? en tous cas, j'ai envie de m'approcher d'elle. D'ailleurs, elle a un délicieux grain de peau, et ses yeux ont quelque chose d'hypnotique. C'est fou. Elle fait une sorte de pas en arrière, j'en fais deux en avant : elle ne peut pas s'éloigner, voyons ! Au moment où j'approche ma main pour lui prendre la main Blaise, qui était resté en arrière, se jette sur moi et m'éloigne de 3 pas.
'- You stay here, and you talk. Can't you see she's getting you with some loving fragrance or so?'
Surpris, ébranlé, je fais un brutal pas en arrière, et reprends mes esprits. Merlin, elle a failli m'avoir avec un vulgaire parfum à base de philtre d'amour. Mon regard se durcit tandis que je finis de me débarrasser de l'impression puissante produite par cette affreuse machination. Bon, maintenant, les choses sérieuses. Blaise est resté plus près d'elle, je le sens vaciller, mais qu'y puis-je, ce n'est pas ma priorité pour le moment.
'- So, what was this all about?'
'- About taking you from her…'
Son regard diabolique, qui se veut brûlant, m'agace prodigieusement. D'où lui est venue cette idée ridicule ! C'est hors de question, bien sûr, mais… Je ne sais pas, la stratégie dans son ensemble me semble proprement insensée, je n'y vois aucun intérêt, aucun sens du tout.
'- Well, you won't succeed. So, please, simply just stop this…'
'- No,' me dit-elle alors d'un ton convaincu, insolent.
D'un mouvement brusque, j'entraine Blaise et cette Arizona à l'abri d'une contre-allée où nous sommes tranquilles, et je sors ma baguette.
'- Yes you will…'
Je la vois hésiter quelques instants, ne sachant qu'elle conduite adopter. Finalement, elle se contente de secouer la tête pour signifier sa désapprobation, et d'humidifier ses lèvres. Blaise tremble un peu, à mon avis il fait tout pour résister à l'effet éprouvant de cette substance.
'- You definitely will. But first, I want to know what did you do at the Ministry?'
Elle reste murée dans un silence insupportable, avec ce sourire démoniaque. Je n'en peux plus, je n'ai pas envie de passer trop longtemps dans cette atmosphère malsaine : je regarde autour de moi, personne. Je jette un œil à Blaise, il ne peut rien faire… Bon, Caroline n'en saura jamais rien – à plus forte raison, personne n'en saura jamais rien – mais c'est la dernière solution, je n'ai pas de véritaserum sur moi non plus. Je serre ma baguette dans ma main, me concentre, et lance en informulé ce fameux sort.
'- So, what did you do?'
'- I actually didn't do anything yet. I waited for you to come to me; then I'd have manipulated a couple of people more, and you would indeed have had to get divorced, no matter what.'
'- I hate you…' Ce murmure m'échappe, mais je me reprends vite, je n'ai pas le temps de jouer les imbéciles : je déteste le fait d'utiliser ce sort, et le plus court sera le mieux ! 'Ok and why are you doing this?'
'- I'm not sure, I like you.'
Pris au dépourvu, je baisse ma baguette, perds ma concentration, et mets fin au sort. Mais de toute manière qu'aurais-je pu vouloir de plus ? J'hésite un instant sur la conduite à tenir, puis décide de frapper fort : après tout, c'est le seul moyen d'être tranquille. Peu moral, certes, mais je n'ai pas envie de voir ma vie à nouveau chamboulée !
'- Obliviate.'
Elle reste quelques instants hébétée, puis reprend ses esprits et nous regarde étrangement, Blaise et moi. Je décide de prendre les devant, de commencer mieux.
'- Hello, you are?'
'- I am Alice T… how about you?'
'- Draco Malfoy. You seem to have fainted in the street, I hope everything's alright?'
'- Oh, yes I am. But you are… the Draco Malfoy?' Elle semble ébahie, rencontrant une célébrité – ce que je reste, un peu, dans l'esprit de certains.
'- Indeed! It was a delight meeting you, but I'm afraid we have to go. You're sure you're fine?'
'- I totally am, I swear.'
'- Then all is perfect. It was a pleasure!'
J'attrape Blaise par le bras, et nous nous en allons. L'opération est un succès, dans son ensemble, mais j'avoue garder un goût amer de ce que j'ai eu à faire. En tout cas, je pense que, pour une fois, et ça n'est pas trop tôt, quelque chose est véritablement résolu !
Un mois et quelques plus tard, nous voilà le jour de l'anniversaire de Caroline. J'ai tenté d'organiser une fête aussi réussie à agréable que possible ! Je pense que nous avons traversé suffisamment de problème ces derniers temps pour mériter ça. J'ai invité un grand nombre de ses amis, quelques uns des miens aussi. Selon, je l'avoue, un choix parfois assez orienté. Astoria, par exemple, ne constitue pas un choix innocent… Mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.
Il s'agit, de plus, d'une surprise – malgré la sorte d'aversion que ma chère épouse a pour les surprises… Enfin, elle n'a rien contre tant qu'elle sait de quoi il retourne, c'est vous dire ! C'est pourquoi je suis actuellement en train de m'activer en tout sens. Nous sommes sorti au restaurant ce midi, et je lui ai offert une visite d'une sorte de musée Harry Potter, qui se finit à 18 heure : je vais ensuite la chercher, et là… surprise !
Autrement dit, le timing est assez serré, et Blaise est censé m'aider. Cependant, ce triple imbécile est actuellement introuvable. Finalement, je le découvre écrivant à toute allure, caché dans mon bureau.
'- What the hell are you doing?'
'- Nothing at all!' se défend-il en tentant de cacher son papier. Je m'approche, et parviens à lire l'en-tête : 'Dear Alice…'
Je hausse les épaules : je n'ai pas le temps de le cuisiner maintenant, mais il y a là, visiblement, une affaire à suivre ! Je n'aurais pas cru qu'il resterait sous le charme de ma tentatrice passée. Allez savoir ce qui lui arrive encore ! Cependant, mon instinct me dit que c'est bien la même femme, et que cela peut prendre des tours très intéressants !
Quoiqu'il en soit, je le détache de sa chère correspondance et l'amène avec moi finir de re-décorer ce salon ! Nous nous activons, puis je le laisse accueillir les gens tandis que je pars la chercher, et décide exprès d'une petite balade permettant de leur laisser davantage de temps. Puis je nous transplane, et je la laisse entrer en premier, accueillie par un 'Joyeux anniversaire !' lancé en cœur !
Résumer cette soirée ? Il y aurait de nombreuses choses à dire ! En un mot, je peux vous raconter qu'un certain Jeff a été surpris à embrasser une Astoria Greengrass, qui n'était pas contre ! Monsieur et Madame Severus Rogue sont passés, produisant une vague plus qu'étonnée sur l'assemblée ! J'ai connu une Elisa rencontrant un Théo et un Grégoire complotant je ne sais quoi. Quant à Blaise, il continuait à écrire sa lettre, cette fille l'aura rendu fou !
Je n'ai plus qu'une chose à dire : J'aime et j'ai aimé, je continuerais à le faire ! Il n'y a qu'une femme dans ma vie, elle s'appelle toujours Caroline Marcelle Yvelle Malfoy ! Santé !
Vos avis ?
