Cinq ans plus tard

Le réveil sonnait de plus en plus fort, me tirant peu à peu de mon sommeil. Je détestais les lundi matin ! En particulier le moment où je devais quitter mon lit pour affronter une nouvelle journée de travail. Je me contorsionnais tant bien que mal pour atteindre la porte. Ma chambre était si petite qu'il me fallait au moins dix minutes pour en sortir. Je descendis les escaliers qui menaient à la cuisine. La gazinière était encore en panne et je ne pouvais rien faire pour la réparer.

Après mon mariage catastrophique, ma grand-mère m'avait déshérité sous prétexte que j'étais indigne de recevoir autant d'argent. J'avais dus quitter ma grande maison que j'aimais tant pour un petit appartement minable dans l'ouest de Sidney. Je tombais alors dans une période de dépression où je perdis mon travail, ma famille et mes amies.

Ce fut la période la plus triste de ma vie. Seule ma sœur était là pour me remonter le morale, mais depuis son départ à l'université je la voyais moins souvent. Il m'avait fallut un an entier pour me remettre de ma rupture. Je ne parlais plus à personne en dehors du travail, la solitude me réconfortait. Pour m'en remettre plus facilement, je décidai de vivre comme une moldue, car après tout c'était à cause de la magie que j'en étais là. Cependant je gardais toujours ma baguette sur moi.

Les repas que je faisais étaient tout juste mangeable. J'avais une machine à faire, du linge à repasser et un bon coup d'aspirateur ne serrait pas du luxe. Moi qui autrefois étais si ordonnée… Je refoulai mes larmes et prit rageusement un bol dans le placard. J'étais à court de café et le lait commençait à manquer. Décidément ce n'était pas mon jour.

Après un bol de céréales périmées et une douche glacée (note pour moi-même : faire réparer le chauffe-eau), je fouillai dans mon armoire à la recherche d'un jean potable. J'en trouvai un au bout de cinq minutes, première bonne nouvelle de la journée. Il était sept heure dix du matin lorsque je fus prête à partir.

Je travaillais dans une petite boutique de souvenir au centre ville. L'arrêt de bus le plus proche était à vingt minutes de chez moi et il fallait un quart d'heure de trajet jusqu'au magasin. Pour une fois je n'étais pas en retard. Le car était à l'heure, comme toujours. Je m'installais sur le premier siège libre près de la fenêtre. J'aimais regarder les maisons défiler sous mes yeux. Un bruit sourd me tira soudain de mes rêveries. Le bus était en panne.

Pourquoi moi ? Je sortis du véhicule à toute allure et courus le reste du chemin. Mes baskets dataient de trois ans mais elles résisteraient. Les automobilistes me regardaient en passant, tantôt amusée, tantôt compatissant. L'un d'eux se gara sur le bas côté pour me conduire, mais je n'y fis pas attention. J'avais beau être en retard, il était hors de question pour moi de monter avec un inconnu. Bon ok j'étais une sorcière, et alors. Si j'avais voulu utiliser mes pouvoirs, il y aurait longtemps que j'aurais transplané.

« Encore en retard Audrey, ce sera retiré de ta paye. »

J'adorais ma patronne. Elle était si compréhensive ! Mais en attendant de trouver mieux, il fallait que je m'en contente.

La matinée se passa comme n'importe quel jour. Je déballais les cartons sous les cris de ma patronne, accueillais les clients avec un grand sourire malgré les manières de mon employeur et faisais les comptes sous les plaintes de ma chef.

« Tu es une incapable, me disait-elle. Tu es juste bonne à sourire et à encaisser ta paye. Tu as de la chance que j'ai le cœur sur la main….

Mesdames et messieurs, C'était les encouragements de madame Littlegreen en direct de la boutique « The Sun to be taken ». Que ferais-je sans elle ?

L'après-midi, je reçu une visite inattendue. Elle était arrivée aux environs de trois heures. J'étais en train de servir des clients, probablement européens, quand une voix moqueuse m'interpella

« Et bien, en voilà un métier banal, dit ma jeune sœur. Tu as bientôt finie ?

- Je m'occupe de ces personnes et je suis à toi dans un instant.

Bon ces personnes en question avaient mit deux heures pour choisir une boule à neige. Aussi c'était avec les nerfs en pelote que je sortie rejoindre Lucy dans le parc.

- Tu es déjà revenue ? Demandais-je

- Je n'ai pas cours pendant deux semaines en vue de la préparation au doctorat, donc j'en profite pour te rendre une petite visite. Comment vas-tu ?

-Plutôt bien je dirais. Je m'améliore en cuisine et j'ai décidé de m'offrir une nouvelle paire de chaussures.

- En effet, tu en as besoin. Répondit-elle en fixant mes baskets toutes abîmées.

Finalement elles n'avaient pas tenue le coup.

- Tu ne penses pas qu'il serait temps que tu te reprennes en main ?

- Mais je vais très bien Lucy, je t'assure.

- Ah oui, vraiment ? tu habites dans un appartement miteux où tout tombe en ruine, tu fais un métier qui ne te plait pas du tout et tu refuse d'utilisé ta magie ! Réveille-toi Audrey. Ça fait cinq ans maintenant. Il serait temps de faire quelque chose…

- Et tu veux que je fasse quoi ? la magie ne règle pas les problèmes d'argent, et c'est ce dont j'ai le plus besoin en se moment.

- L'argent ne fait pas tout Audrey…

- Ah oui tu crois ? C'est facile pour toi de dire ça, papa et maman te paye tout ! La vie est beaucoup plus dure que ce que tu peux croire. Ouvre les yeux Lucy ! Peu de gens ont ta chance.

- Toi tu l'avais ! Tu avais ma chance et tu as tout gâché ! Tu es seule responsable de ton malheur.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles !

- Dans ce cas explique-moi.

Je n'avais parlé à personne de ce que j'avais vu ce jour-là. C'était bien trop dur. Ma sœur cadette m'observa, désespérée. Elle était impuissante face à mon silence. Finalement elle décida de repartir, me laissant seule avec mes pensées.

De retour au commerce, je fus accueillie en fanfare par une Mme Littlegreen très remontée.

« Tu as manqué trois clients ! J'ai dus me débrouiller toute seule ! Je te préviens ce sera retiré de ton salaire »

Elle ne se doutait pas de la chance qu'elle avait ! Heureusement pour elle que je m'étais promit de faire usage de la magie uniquement en cas d'urgence, ce qui ne tarderait pas à arriver si elle continuait à baisser mon salaire.

Il était presque l'heure de la fermeture. Je profitai que ma supérieure avait le dos tourné pour rassembler mes affaires. Mon foulard me chatouillait le nez lorsque je me baissais pour ramasser mon sac et mes lunettes de soleil posées sur ma tête n'arrêtaient pas de descendre. J'eu un choc lorsque je sentis un objet dur et froid sur l'arrière de mon crâne ?

« Vide la caisse, me dit un homme à voix basse.

La panique s'empara de moi lorsque je vis Mme Littlegreen étendue sur le sol. Je pris maladroitement ma veste et commençai à rechercher les clés quand mes doigts se stoppèrent sur un objet qui n'avait pas servi depuis longtemps. Lentement, je sortie ma baguette et la pointa sur la poitrine du cambrioleur. Celui-ci éclata de rire avant de tomber par terre, stupéfié. Quelle joie de retrouver un contact avec mon côté sorcier ! Cela me faisait un bien fou.

Evidement il avait fallut qu'un client vienne tout gâcher. Je pense qu'il devait être surprit de me voir danser avec un bâton dans la main. Après avoir regardé plus attentivement, il avait dû remarquer les deux corps inertes derrière moi. Ce serait logique du fait qu'il tomba dans les pommes en plein milieu du coin vêtement.

Je m'efforçais de rester calme, une fois encore. J'aurais pus réglé la situation d'un tour de magie, mais je refusais de céder à la facilité. Les paroles de ma sœur résonnèrent dans ma tête : à quoi bon être une sorcière si on n'en profitait pas ?

La magie m'avait fait perdre tout ce que j'aimais. Je ne voulais pas revivre de telles catastrophes, je n'y survivrais pas. Une petite voix dans ma tête me soufflait que j'avais tort, pourtant je n'y croyais pas.

Ma baguette commençait à glisser entre mon doigt. Je la posai alors sur le comptoir. Je crus que mon cœur se déchirait en deux. La douleur était si forte que je dus me plier en quatre pour la supporter. Part delà mes larmes je pus voir le bout de bois jeter des étincelles. Je fis un énorme effort pour l'atteindre. Mon supplice s'arrêta presque instantanément, comme si le simple fait de tenir cet objet pouvait me soulager.

C'était ridicule ! Cela dit je me sentais épanouie, presque soulagée de l'avoir retrouver. Je compris soudain que mes pouvoirs faisaient partie de moi, et j'avais besoin d'eux. Vouloir m'en séparer avait été l'une des plus grosses bêtises que je n'avais jamais faite. Mais j'allais réparer cette erreur.

Je jetais quelques sorts histoire d'arranger au mieux les dégâts. Après un petit passage au commissariat, je me mis à l'affût d'une ruelle sombre. J'en trouvai une à quelques pâtés de maison et la traversa pour aller me cacher derrière une benne à ordures. L'enthousiasme me gagnait et je fis un pas en avant, un grand sourire aux lèvres. C'était bien la première fois que j'appréciais cette sensation. En un quart de seconde, j'étais en plein milieu de mon salon.

L'état de mon logement me fit moins plaisir. Il était temps de s'en occuper. Un petit sortilège et la gazinière était réparée, la télé éventrée redevenue comme neuve et la pièce brillante du sol au plafond. Je m'amusais comme une petite folle, enfin au début. La salle de bain était plus que délabré et ce avant même que j'habite ici. Même avec des enchantements il m'avait fallut une heure pour tout arrangé. J'allais bien dormir cette nuit.

Bonne nouvelle, Je n'avais plus aucune tâche à faire. Mauvaise nouvelle, même avec mes pouvoirs je devais faire à manger. On ne pouvait pas avoir tout dans la vie.

Les jours passèrent sans encombre. J'étais retourné sur le chemin du rêve, l'endroit où les sorciers allaient faire leurs courses. Ma patronne ne m'embêtait plus à cause de mes retards et ma bonne humeur était revenue. Bon malgré ça j'eus droit à la visite d'un huissier, de deux ivrognes de l'immeuble, et d'une mégère qui vendait des chats sur mon lieu de travail.

Il s'était écoulé une semaine entière depuis que je réutilisais à nouveau mon don. Ma petite vie tranquille était devenue plus supportable depuis. Tout ce passait bien.

Jusqu'à ce qu'un inconnu vêtu d'une cape entre dans l'échoppe. Il devait bien faire un mètre quatre-vingt. Des épaules larges, des bras musclés et une démarche assurée, il aurait put me plaire si il ne faisait pas si peur. Son visage était masqué par une capuche, son souffle était court et ses mains inapparentes. Pour plus de précaution, je sortie ma baguette de ma poche, on ne sait jamais.

- Du calme, me dit-il. Je ne vous veux aucun mal.


Voilà c'est tout pour aujourd'hui. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau chapitre. En attendant une petite review n'est pas de refus. Bonne semaine à tous !