- Qui êtes-vous ?
- Là n'est pas la question, répondit l'homme. Ce que je suis a peu d'importance.
- Que voulez-vous ?
- Je veux que vous m'aidiez. Pouvons-nous parler seul à seul ?
Que devais-je lui répondre ? J'étais bien trop méfiante pour le suivre, même si je savais d'ores et déjà qu'il ne me voulait aucun mal. Des gens entrèrent dans la boutique, probablement un jeune couple en vacances. Leur présence me rassurait, et je préférais de loin être ici avec eux plutôt que seul avec ce mystérieux inconnu. Je fixai à nouveau cet être sans visage. J'eu à peine le temps d'esquisser un geste qu'il sortit un bout de bois de sa poche, une baguette. En un tour de mains il pétrifia les deux moldue et ma patronne sous mes yeux. Moi-même je n'arrivais plus à bouger, mais sûrement pour d'autres raisons.
- Comme ça c'est parfait, reprit-il.
Il enleva sa cagoule de son visage, laissant apparaître des cheveux brun foncé et des yeux d'un noir profond. Ses traits étaient fins et très plaisants à regarder. Qu'est-ce qu'il était jeune ! Il devait avoir une quinzaine d'année, pas plus.
- J'ai un service à vous demander.
Un ? Quoi ? Ces paroles m'avaient ramené à la réalité et je repris conscience de la situation.
- Que puis-je faire pour vous.
Je n'avais rien trouvé de mieux à dire. Ma voix était faible et tremblante, mais il ne semblait pas y faire attention.
- Je sais qui vous êtes. Vous et moi nous sommes pareils.
Il posa sa baguette devant moi et un sourire se dessina sur ses lèvres pleines.
- Vous êtes une fille de la Lune*. N'est-ce pas ?
- Comment savez-vous cela ?
Décidément j'étais loin d'être au bout de mes peines.
- J'ai mes sources. Quoi qu'il en soit les enfants sous le signe de la lune sont des sorciers très ouverts d'esprit. Ils ont, d'après les dires, un grand sens de la beauté, et une sagesse incomparable.
Oui bon il avait raison en un sens, mais je ne possédais pas toutes ces qualités.
- Où voulez-vous en venir ?
Niveau réponse je pouvais faire mieux. IL fallait que je retrouve mon sang froid.
- Avez-vous un esprit ouvert, Mlle Stones ?
Là c'était plus qu'effrayant. Résumons la scène, un jeune homme de quinze ans que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam entre dans la boutique, une cagoule sur la tête, et connaît toute ma vie sur le bout des doigts, ou presque. Je devais avoir perdu la tête, il n'y avait pas d'autres explications.
Il n'avait pas bougé, son sourire arrogant toujours sur les lèvres. Qui était donc ce gamin, et pourquoi savait-il autant de choses sur moi ? Il fallait que je lui pose la question. A trois : Un, deux…
- Je vous ai déjà répondu que ce que j'étais avait peu d'importance.
Décidément il me réservait bien des surprises ! Attendez, je venais de comprendre. Comme moi il devait être capable de lire dans les pensées. Mais personne n'avait le droit d'accéder à mon esprit en dehors de moi ! Je mis vite mes pouvoirs d'oclumancie en action de façon à le bloquer dans ses recherches muettes.
- Vous êtes très doué ! J'imagine que vous savez faire autre chose…
Que j'aimais les compliments ! Mais bon je restais méfiante.
- Je ne vois pas en quoi ça vous regarde.
Le simple fait de voir qu'il ne pouvait plus répondre à ces questions tout seul me redonnait du courage.
- La curiosité, peut-être...
Il déposa une enveloppe en papier kraft sur le comptoir et l'ouvrit devant moi. Jamais de ma vie je n'avais vus autant d'argent d'un seul coup. Il devait bien y avoir plusieurs milliers de dollars ! On m'avait toujours expliqué que l'argent n'avait pas d'odeur, mais ça ne l'empêchait pas d'avoir une couleur. Le vert des billets me sautait aux yeux tels un niffleur sur de l'or.
- C'est une chose très naturelle.
Il me tendit l'argent d'un geste assuré. J'hésitais à le prendre, me demandant encore si c'était une blague ou simplement le fait que j'avais trouvé plus fou que moi.
- Qui dois-je tuer pour cette somme ?
Mon sens de l'humour ne devait pas lui faire plaisir, ou alors il n'en avait pas. J'eus pitié de lui et de son bras toujours tendu. Des hommes étaient morts comme ça ! L'argent dégageait une certaine chaleur dans ma main. Pour la première fois depuis cinq ans, j'avais la possibilité de m'en sortir.
- Bien, si vous voulez bien me suivre, j'aimerai parler des détails ailleurs.
Je ne répondis pas à sa demande mais le suivit quand même. Nous quittâmes le magasin pour la grande rue, non sans réanimer les personnes à l'intérieur. Nous passâmes par le parc fleuri, traversâmes la route principale et marchâmes une bonne demi-heure en direction de l'est de la ville. Les quartiers que nous traversions n'avaient rien d'exceptionnels, si ce n'était une odeur de pourriture quasi insupportable. Les gens ici devaient être plus pauvres encore que je ne l'étais. Leur misère me bouleversa et mon cœur se serra dans ma poitrine.
Nous sortîmes de la ville pour arriver à un arrêt de bus que je ne connaissais pas, puis attendîmes encore dix bonnes minutes avant de monter à bord du véhicule. Nous longeâmes la campagne environnante. Ici et là, des vergers arboraient leurs plus beaux arbres, tandis que les champs en jachères étaient remplis de fleurs multicolores. Un vieil homme promenait son chien au bord de la route et nous regardait passer avec indifférence. Tout ça me rappelait douloureusement ma vie passée, la maison que j'avais, le travail que j'aimais tant, j'avais tous perdu.
Une larme coula le long de ma joue. La tête sur la vitre, je repensais aux bons moments passés en attendant d'être arrivée à destination. La main de mon partenaire se posa doucement sur mon épaule et m'entraîna dans l'allée. Nous sortîmes devant une petite cabane miteuse au milieu de nulle part.
Le soleil de mai chauffait ma peau blanche et me faisait beaucoup de bien. Inutile de préciser que je ne savais pas où j'étais. Comment avais-je pu faire confiance à un adolescent que je venais tout juste de rencontrer ? Comment avait-il fait pour me convaincre de le suivre ? Il m'avait sûrement ensorcelé. Qu'allait-il faire de moi ? Il allait me torturer, ou pire encore ! Pourquoi continuais-je à le suivre ? Où m'emmenait-il ? Chez ses parents ? Ou bien…
- Auriez-vous l'obligeance de fermer votre esprit ? Je ne supporte plus vos blablas !
Eh bien il ne manquait pas de culot lui ! De quel droit me parlait-il comme ça ? J'allais lui apprendre moi ! Je le laissais prendre de l'avance, histoire de mieux l'atteindre. Baguette en main, je lançai un sort -informulé.
Il ne fit pas attention au tourbillon qui l'engloutit. Il était prit au piège dans une bulle géante de ma création, j'étais décidément très forte. Le reste du chemin fut très plaisant (pour moi). Je regardai le jeune homme changé de forme à chaque fois qu'il faisait un pas. Tantôt singe, tantôt chien… Il était devenu une arche de Noé à lui tout seul.
Il ne se rendit compte de rien, Du moins pas avant qu'il n'essaya de parler. Cette fois je n'avais pas pu retenir mon fou rire. Un son suraigu était sorti de son bec, le laissant perplexe un instant. Après plusieurs tentatives toutes différentes, (aboiement, hennissement et caquètement) Il était parti en courant vers une grande maison apparue soudainement.
Je m'arrêtai de rire aussitôt, éblouie par une telle merveille. Les murs, blanchie à la chaux faisaient bien plusieurs dizaines de mètres. L'allée qui menait à une grande porte sculptée était bordée par deux somptueux jardins français. De longues colonnes sur lesquelles on pouvait admirer de petits anges dorés soutenaient un long balcon. Les marches qui menaient devant l'entrée étaient faites en marbre et encadrées par de majestueuses statues antiques. La maison de ma grand-mère faisait pâle figure à côté.
Le jeune homme se tenait sur le palier. Il avait reprit sa forme normale et ne semblait pas m'en vouloir plus que ça. Il ouvrit la porte devant laquelle je me trouvais, me laissant apercevoir un hall digne de la maison. Nous passâmes devant des œuvres d'art toutes faites par les plus grands maîtres de l'histoire. Des tableaux de Picasso, Michael Ange, Léonard de Vinci et bien d'autres encore s'étalaient sous mes yeux. Pas un seul objet trônant dans ce couloir n'avait été ensorcelé. Le mystère qui entourait mon hôte s'épaississait.
Il me conduisit jusqu'au premier étage et s'arrêta devant une grande porte en chêne. Je rentrai alors dans un bureau des plus extraordinaires qu'il m'était donné de voir. Des millions de livres se perdaient dans d'immenses étagères, le sol était recouvert d'un tapis en cachemire rouge et or, une cheminée en pierre se dressait derrière un bureau en bois massif. Les fenêtres laissaient entrer tant de lumière qu'il fut dur de ne pas manquer les diamants qui recouvraient certains livres. Je m'avançai dans la pièce pour mieux voir tous les trésors présents
- Chaque chose en son temps, entendis-je. L'heure est aux affaires. Prenez place je vous prie.
Je m'installai sur le siège qu'il me présentait et contemplai le bureau. Si le couloir était assez moldue, le bureau, lui ne pouvait pas être plus sorcier. Une plume était en train d'écrire seule sur un parchemin pendant qu'un petit livre sortit de sa bibliothèque pour se poser devant moi. Les portraits sur les murs discutaient entre eux et sortaient même de leur cadre pour rendre visite à leur voisin.
- Tout d'abord, je tiens à vous remercier d'être venu. Sachez que vous ne le regretterez pas.
- Où sommes-nous ?
- Dans la plus jolie de mes maisons. Elle est encore plus ravissante au couché du soleil.
- Pourquoi m'avez-vous emmené ici ?
- Elle vous ressemble.
Je ne voyais pas bien en quoi je pouvais ressembler à une maison mais je ne dis rien à ce sujet.
- J'aimerai avoir un peu plus de renseignements sur vous, si cela ne vous dérange pas.
Il me resservit son sourire malicieux et n'attendit même pas ma réponse.
- Avez-vous déjà voyagé ?
Je ne m'attendais pas à cette question. Quelle idée !
- Non, et vous ?
- Avez-vous un lieu que vous aimez plus que tout ?
- Mmm non. Vous n'avez pas répondu à ma question.
- Qui est ?
- Avez-vous déjà voyagé, Monsieur ?
Pourquoi j'insistais ? Ce sujet n'avait aucune importance pour moi.
- Connaissez-vous d'autres formes de magie ?
- De quoi ? Et pourquoi vous ne me répondez pas ?
- En quoi est-ce si important ?
Je me le demandais.
- Je veux savoir à qui j'ai à faire !
- Vous le saurez quand vous répondrez correctement !
Il hurla sa dernière réponse si fortement que les murs en tremblaient encore. Je n'osais plus ouvrir la bouche. Il remarqua mon malaise et essaya de retrouver son calme.
- Voilà ce qu'on va faire. Je vais vous demander des renseignements et vous pourrez faire de même après chacune de vos réponses. Vous êtes d'accord ?
J'acquiesçai d'un mouvement de tête et le laissai continuer.
- Quel est votre animal préféré ?
- L'araignée, répondis-je en repensant à la fois où j'avais mis une mygale dans le lit de Janet Jones. Comment vous appelez-vous ?
Il soupira un grand coup avant de me répondre. De toute évidence il hésitait à me renseigner. Pourtant je ne pouvais pas faire plus simple.
- Je me nomme Eric, mais la plupart des gens m'appelle l'Illuminé, allez savoir pourquoi.
Je me doutais pourquoi, mais il valait mieux que je garde ça pour moi.
- Qu'avez-vous ressentit le jour où vous avez reçu votre lettre ?
- J'ai eu peur de faire honte à ma famille. Où sont vos parents ?
Je devais avoir le chic pour choisir mes questions car il lui fallut cinq minutes avant de me répondre.
- Ils sont morts.
Son ton était devenu dur et froid. Comme il devait être triste !
- L'image est-elle si importante pour vous ?
- Pas pour moi, non. Mais pour ma famille elle l'est. A quoi servent toutes ces questions ?
- Vous le saurez plus tard. De quoi avez-vous le plus peur ?
Pourquoi m'avait-il demandé une chose pareille? En quoi ça allait lui servir ? Je ne pus retenir mes souvenirs. Je repensais à John, à ce qu'il avait prévu de me faire subir, à ma fuite… Mais je n'arrivais toujours pas à en parler. C'était tellement…
Je relâchai tous mes pouvoirs pendant quelques secondes. Cela lui suffit je pense. Son regard compatissant me le fit comprendre. Il fit voler un grand livre jusque devant lui et l'ouvrit au milieu. Je ne pus voir ce qu'il écrivait à l'intérieur, mais je ne m'y intéressai pas.
Il posa sa main sur la mienne et attendit. Ce ne fut que lorsque je relevai les yeux qu'il se décida à bouger. Le gros livre avait disparu. A la place se trouvait une carte du monde qui recouvrait la totalité du bureau, Obligeant les autres objets à quitter leur place.
- J'ai fait de nombreuses recherches sur les différentes sortes de magie. En tout, il en existe une bonne centaine. Malheureusement je ne peux aller les étudier sur le terrain moi-même. Aussi ai-je décidé de confier la tâche à une personne de confiance. Vous seriez parfaite. Alors, acceptez-vous la mission ?
- Je pense que…
- Vous pensez de trop. Réagissez pour une fois.
- Ce genre de chose ne se décide pas à la légère.
- Elles le peuvent quand on les a déjà décidées.
- Je ne vous suis pas.
- Vous connaissez déjà la réponse Audrey. Il est inutile d'aller chercher plus loin.
- Vous vous trompez. Je….
- Vous avez trois secondes. Oui ou non ?
Je n'arrivais plus à réfléchir. Comment pouvais-je savoir ce que je voulais ou non.
- Trois
Cet Eric était vraiment puéril !
- Deux
Il fallait que je me décide, et vite.
- Un
- Oui !
Que venais-je de dire ?
- Oui, j'accepte.
Je ne savais pas ce qui m'avait poussé à dire oui, mais je risquais de le regretter.
- Bien. Votre première étape sera la Chine.
Il se leva et alla se poster devant la fenêtre.
- La magie chinoise est l'une des plus anciennes du monde. Si riche, si harmonieuse…
Il prit un livre dans la bibliothèque. Un petit livre rouge à la couverture abîmée.
- Gardez-le toujours avec vous, dit-il.
- En quoi va-t-il me servir ?
Je l'ouvris à une page au hasard. Il n'y avait pas un seul mot en anglais, tout était rédigé en caractère chinois.
- Vous partirez de Sidney jeudi midi part porteauloin une fois arrivée à Pékin, vous attendrez un certain Maître Sushi.
- C'est une blague ?
C'était tellement précipité ! Comment pouvais-je me préparer en trois jours ?
- Pas le moins du monde, me répondit-il avec son sourire si agaçant. C'est le maître qui sera responsable de vous transmettre toutes les informations sur la magie chinoise.
- Combien de temps vais-je rester ?
- Le temps qu'il vous faudra. Comptez au moins trois mois. Vous serez payée en fonction de ce que vous rapporterez. Ce qu'il y dans l'enveloppe vous servira là-bas. Des questions ?
Je ne comprenais même pas la moitié de ce que je devais faire !
- Une seule. Comment vous rapporterais-je toutes mes trouvailles ?
Il tendit le bras en direction de la bibliothèque. Un petit livre lui sauta presque instantanément dans la main et il me le donna.
- Ceci sera votre journal de bord, Vous en aurez un pour chaque sorte de magie étudiée. Vous y répertorierez toutes vos découvertes. Il est même possible de faire des photos avec.
- Que dois-je découvrir ?
- Tout. Les recherches que j'ai entreprises avec mes livres n'ont mené à rien. C'est à vous de m'aider à les achever. Vous serez mes yeux et mes oreilles tout au long de vos voyages.
Il fouilla dans son tiroir et en sortie un billet aller-retour pour Pékin.
- Je compte sur vous. Quand vous serez revenu, prévenez-moi avec ça.
Il s'approcha tout près de moi, trop près même. Son haleine me chatouillait les narines. Il attacha quelque chose à mon poignet et retourna derrière son bureau. Je sentis alors le bijou me brûler.
C'était une gourmette, et Eric avait un peu près la même. Sa baguette était pointé dessus et lui me regardai avec un grand sourire. Il devait bien s'amuser. La brûlure s'arrêta quand il reposa le bâton. L'objet était redevenu froid et lisse.
- Bon et bien je n'ai plus qu'à vous souhaiter bonne chance. Au revoir Audrey. Nous nous reverrons bientôt.
Il rentra dans la cheminée et disparue dans un tourbillon de flammes vertes, me laissant seule au milieu du bureau. Une note était posée sur la carte.
Cette maison est désormais la vôtre. Faites en bonne usage.
Eric.
Ça pour une surprise ! En l'espace d'une journée j'avais gagné un nouveau travail et une nouvelle maison. La semaine commençait bien.
Voila c'est tous pour aujourd'hui. La publication ce faira désormait les samedi en raison de la reprise des cours ( et oui j'était en vacances) sur ce bonweek end et à la semaine prochaine
PS: j'ai créé un blog sur la fic: little-smiley94 sur skyrock.
dsl l'adresse entière ne passe pas. A bientot!
