Je ne sais pas ce que vous auriez fait à ma place, mais dans cette situation, j'avais envie d'un gros pot de crème glacée pour fêter l'événement. J'adorais ça quand j'étais petite. Il fallait presque mettre un cadenas sur le congélateur pour m'empêcher d'y mettre mon nez. Non pas parce que les glaces manquaient, mais il m'était déjà arrivé de tomber à l'intérieur. Je me souviens encore de la tête que faisait ma mère quand elle m'y avait retrouvé. Je ne l'avais jamais vue aussi surprise.

Ce souvenir me fit sourire. Après un bon petit repas, je partie à la découverte des autres pièces. Elles étaient toutes splendides. Je m'émerveillais à chaque fois que j'ouvrais une porte. Des sculptures, des peintures et des œuvres dignes des plus grands rois envahissaient la bâtisse. La magie était partout. Se faufilant dans les tableaux comme une ombre, traversaient les murs de ses mystères, et agissant sur le moindre objet présent, elle rendait le lieu d'autant plus exceptionnel.

Ma nouvelle chambre était de loin la plus jolie du monde. Le plafond s'élevait à douze mètre de hauteur, ornée en son centre par un immense lustre argenté. Les murs étaient recouverts de fresques aux multiples personnages. Je me promis d'y jeter un coup d'œil plus approfondi quand j'en aurais le temps. Les meubles en bois sculpté me rappelaient les dorures extérieures et mon lit en baldaquin aurait pu être celui d'une princesse.

La nuit venait de tomber et je n'avais aucune affaire pour dormir. Mon appartement était vide à cette heure-ci, les voisins allaient sûrement s'inquiéter. Un petit tour dans l'immeuble m'appris que tout le monde dormait. Au moins je ne serais pas dérangée. Je fouillai dans mon sac à la recherche de ma clé. Elle n'y était pas. C'était étrange, je ne les avais pas touchées depuis ce matin. Je les avais peut-être faits tombées au travail.

Il ne me restait plus qu'une chose à faire. En un quart de seconde je me retrouvais au milieu de la cuisine. La pièce semblait calme et bien rangée, trop bien même. Je jetais un œil au salon, il n'y avait plus aucun meuble. On m'avait cambriolée ! Je me précipitais dans la chambre. Le lit avait disparu et la penderie était vide. Pourquoi m'aurait-on pris mes vêtements ?

Un petit bout de papier était posé sur l'une des étagères. Il ne m'en fallut pas plus pour comprendre

Tout est arrangé

Eric

Pourquoi ce mêlait-il de mes affaires ? Je ne lui avais rien demandé ! J'étais folle de rage, mais je ne pouvais rien faire pour le moment. Il fallait que j'en sache un peu plus sur lui. La bibliothèque du manoir pourrait sûrement m'aider. Mais avant cela il fallait que je me repose, la journée avait été longue.

Les recherches commencèrent le lendemain matin. Les livres présents étaient sûrement uniques au monde. La moitié d'entre eux étaient écris à la main, l'autre moitié étant des livres sur la magie. Il y en avait tellement ! Je ne savais plus où donner de la tête. J'en pris un au hasard et commençai à le feuilleter. Des images défilèrent dans ma tête au fur et à mesure que je lisais.

Il y avait deux personnes assises sur un banc, deux hommes. Le premier était nerveux, plutôt grand et portait un costume-cravate. L'autre semblait serein, petit, moustachu et plutôt rond. Il se leva, regarda son voisin quelques secondes et lui enfonça un couteau dans la poitrine. La scène était affreuse. Le meurtrier regarda le corps de sa victime avec dédain avant de se rasseoir comme si de rien n'était. Son comportement était étrange, ses yeux vides et son corps tendu. Il n'était pas dans son état normal.

Quelques pages plus loin je retrouvais le petit bonhomme debout sur le bord d'une falaise, près à faire le grand saut. J'eus de la peine pour lui. Je ressentais sa tristesse et son désespoir, il s'en voulait terriblement. J'avais beau lui crié que ce n'était pas sa faute, que ce n'était pas lui le vrai coupable, il ne m'écoutait pas.

Il y eut un passage flou puis nous fûmes propulsés devant une grande maison. Les gens qui vivaient à l'intérieur étaient des sorciers très puissants. J'ignorais pourquoi mais j'en étais certaine. Je pouvais voir par la fenêtre un homme et sa femme entourés de leurs enfants. Ils avaient l'air si heureux !

Il y eut un nouveau passage étrange avant que j'atterrisse dans un tribunal en compagnie de mon mystérieux monsieur. Il fixait le centre de la pièce, comme partagé entre deux avis. Le juge pointa son doigt vers le banc des accusés. Je reconnue l'homme qui s'y trouvais comme étant le mage dans la maison. Son visage était creusé, son teint cireux et ses yeux brillaient de larmes.

« Mr Philips, annonça un individu en noir. Vous êtes accusé de meurtre par préméditation et de l'utilisation du sortilège de l'imperium. Que plaidez-vous ?

- Je suis coupable Monsieur le Juge ! Cria le petit homme à ma droite.

Un énorme brouhaha s'éleva de l'assistance. Personne n'y comprenait plus rien. Moi-même j'étais perdue.

- C'est moi qui ai tué Mr Addison. Mr Philips n' a rien à voir là-dedans.

- Voyons c'est impossible ! cria l'homme en noir. Expliqué vous Mr Stewart.

- Je n'étais pas sous l'emprise de l'imperium. J'ai tué Mr Addison de mon plein gré. J'ai inventé cette histoire pour ne pas être condamné, mais ma conscience a eu raison de moi.

- Avouez-vous être l'unique responsable de ce crime ?

Il y eut un moment de silence. Personne ne disait un mot. L'assemblée attendait la suite.

- Je l'avoue.

A nouveau un énorme brouhaha raisonna dans la pièce comme un coup de tonnerre. J'étais de nouveau repartie dans un endroit différent. Je n'eus pas trop de mal à savoir où je me trouvais. La prison d'Askaban était légendaire, même en Australie. Le désespoir courait partout autour des détenus.

Mr Philips traversait les couloirs froids d'un pas assuré. Accompagner d'un gardien et d'un patronus, Il se rendit dans la partie la plus sécurisé. La personne à qui il allait rendre visite n'était autre que Mr Stewart. Il regarda par les barreaux de la porte, apercevant une ombre au fond de la cellule, il soupira. Le petit homme était devenu fou, cela se voyait à ses yeux.

- Merci, chuchota Mr Philips.

L'histoire se finit à ce moment-là, me laissant beaucoup de questions sans réponses.

Les autres livres que je lus étaient tous du même genre. Chaque personnage était différent mais toutes leurs histoires se ressemblaient. Chacun d'eux contenait des passages cachés. Pourquoi ? Pourquoi les avoir écrits à la main ? Qui étaient ces personnes ? Et pourquoi ces livres se trouvaient dans la bibliothèque ? Encore tant de choses à découvrir ! Le mystère de mon jeune bienfaiteur continuait de s'épaissir.

J'allais passer une très bonne journée, j'en étais sûre. Nous étions mercredi, voilà deux jours que je n'allais pas aller au « The Sun to be taken ». Je me levais à dix heures du matin, histoire de donner à la vieille garce de quoi me crier dessus. Quel bonheur de ne plus avoir besoin d'être à son service ! Après un petit déjeuner copieux (je n'allais pas me priver) et un long bain chaud, J'étais parti pour aller « travailler ».

« Vous vous moquez de moi Audrey ? Je vous attends depuis deux heures ! C'était votre dernière chance ! Vous êtes renvoyée ! »

Le grand sourire que je lui lançais devait la surprendre mais il aura fallut que je danse de joie pour qu'elle comprenne

« Vous êtes une petite idiote insolente ! Jamais je n'aurais dut vous engager ! Quand je pense à toutes les personnes qui aurait rêvées d'avoir un travail aussi facile… »

Elles n'auraient même pas tenus une semaine. Je me sentais coupable de l'abandonner comme ça mais elle m'avait assez fait souffrir. Prochaine étape : les magasins. Justes des chaussures pas plus. Facile à dire mais pas à faire. Pour plus de précaution je n'utilisai que l'argent qu'il me restait d'avant les « changements ».

J'habitais à Sidney depuis longtemps mais malgré tout il était rare que j'y fasse du lèche-vitrines. Je n'avais jamais vu autant de chaussures, autant de vêtements et autant de coiffeurs de ma vie ! J'étais au paradis. Je trouvai les bottines parfaites au bout de dix minutes. Elles étaient en cuir noir, des lacets derrière le mollet et n'attendaient que moi.

Comme il me restait pas mal d'argent (les économies ça aide), je pris la liberté de continuer mon shopping. Un petit haut par ici, un jean par là… Je me retrouvai très vite avec une dizaine de paquet dans les mains.

Il me restait encore vingt dollars quand je rentrai dans la dernière boutique. J'avais craqué pour un sac à main en tissus et je n'avais pas pu résister. Je fouillais les rayons à la recherche de mon futur achat, et en profitais pour regarder quelques habits assez jolis.

Je n'eu pas le temps de me retourner quand on me sauta dessus avec entrain. Les clients, amusés, nous regardaient moi et mon agresseur allongés par terre l'un sur l'autre. Celui qui avait fait ça allait le regretter. Je me tordis le cou pour essayer de voir quel idiot avait osé me faire une chose pareille. Mes yeux se posèrent sur ma cadette. A en croire son sourire, elle était fière de sa bêtise. Lucy se releva, me libérant par la même occasion d'un énorme poids, et me tendit la main pour m'aider.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Je te croyais chez papa et maman.

- Je me suis accordée une après-midi pour faire des petits achats, et à ce que je vois je ne suis pas la seule.

Petit n'était pas vraiment le mot qu'il fallait. Elle avait bien une vingtaine de sacs. Elle m'énervait avec son air satisfait et ses yeux rieurs posés sur mes paquets ! Mais je n'y fis pas attention.

- J'ai décidé de renouveler ma garde-robe. Ça ne me ferait pas de mal.

- Tu as bien raison soeurette. La vie est trop courte pour ne pas en profiter.

Sur ce point elle n'avait pas tort, mais plutôt mourir que de lui donner raison.

- Et si on allait boire un coup toute les deux ? ça fait longtemps qu'on n'a pas passé un peu de temps ensemble.

Une semaine et deux jours pour être précise. Cela dit j'aimais passer du temps avec ma sœur, quand elle n'essayait pas de me mettre sur les nerfs.

Le bar le plus proche se trouvait à deux cent mètres de là. J'avais entendu parler de cet endroit comme étant un lieu convivial et accueillant. C'était toujours ça. S'il y avait bien une chose qui m'exaspérait, c'était sûrement les ivrognes matchos et sans cervelle qui lorgnait sur ma sœur comme si elle n'était qu'un morceau de viande. D'accord elle était jolie, mais ce n'était pas une raison !

La plus part des hommes présents étaient accompagnés par leur famille. Temps mieux ! Lucy semblait déçue. J'étais persuadé qu'elle attendait plus de célibataire. Parfois j'avais l'impression qu'elle aimait être prise pour un simple objet. Elle courrait les lieux branchés comme moi les bibliothèques, et ce n'était pas pour aller danser.

« Tu prends quoi ?

Il me fallut un petit moment pour me reconnecter à la réalité. Le serveur attendait ma commande alors que ma sœur me regardait, curieuse de savoir à quoi je pensais.

- Un chocolat s'il vous plait.

- Toute suite. Mesdames

Je rêvais ou il faisait du gringue à ma sœur ? Pourquoi fallait-il qu'elle soit un aimant à garçon ?

- Comment se passe ton travail ?

Allais-je lui dire ?

- La routine. Tu sais il n'y a jamais rien de spécial là-bas.

Je m'en voulais de lui avoir menti, mais je ne pouvais pas lui en parler, pas maintenant en tout cas.

- Vraiment ? Pourtant ta patronne avait l'air très remontée contre toi.

- Tu as été voir ma patronne ?

- En réalité c'est toi que je voulais voir, mais elle m'a mise à la porte.

- Elle a fait ça ? Elle est vraiment folle !

- Audrey que se passe-t-il ?

Ah ma sœur et ses inquiétudes permanentes !

- Rien ! Je t'assure. Elle est souvent comme ça avec moi. C'est tout juste si elle me donne ma paye à la fin du mois.

Allait-elle me croire ? Elle prit une longue inspiration puis fit un geste de la main pour m'indiqué que la discussion était close. J'avais eus chaud !

- Parlons de choses plus importantes.

Ouh la ! Je craignais le pire

- J'ai rencontré quelqu'un

Et voilà ! Le pire était arrivé. Combien de fois elle m'avait sortie cette phrase ! En générale sa relation tenait un mois et je la retrouvais anéanti sur le pas de ma porte. Que se passerait-il quand elle découvrira que je n'habitais plus au même endroit ? Il fallait que je trouve une excuse.

- Il s'appelle Steve, poursuivit-elle. Il habite Greystanes et viens d'intégrer mon école. Entre lui et moi ça a été le coup de foudre. Je l'aime ! Tu ne peux pas savoir à quel point.

- Tu le connais depuis quand ?

- Deux semaines.

Ça promettait. Pendant qu'elle me racontait ces trois merveilleux jours qu'elle avait passés avec son Steve chéri (beurk !), je me demandai encore comment j'allais me couvrir.

- Ecoute Lucy, la coupais-je. Je dois te dire quelque chose.

J'avais captivé son attention en moins de temps qu'il ne fallut pour le dire.

- Voilà, je vais devoir faire un voyage pour étudier les différents types de touristes potentiels. Je ne serai pas là pendant trois mois au minimum.

Je n'étais pas du tout doué pour mentir, en particulier à ma sœur. Depuis qu'on était toute petite on se disait tout l'une à l'autre. On se cachait dans la cabane du jardin pour ne pas être entendue par nos parents. C'était nos petits secrets, nos moments privilégiés.

- Oh ! Tu pars quand ?

- Demain.

Elle avait l'air surprise, presque soupçonneuse

- Ce voyage est prévus depuis quand ?

- Depuis deux jours.

Là je ne mentais pas.

- Quoi ! Comment ta patronne a fait pour tout organisée aussi vite ?

Bonne question. J'avais reçu une lettre d'Eric ce matin. Il me prévenait que tous les détails étaient réglés. Depuis La gestion du courrier en mon absence jusqu'à la surveillance de la maison. Sans oublier la fin du contrat pour l'appartement, l'envoi de mes bagages chez mon hôte, l'autorisation de transport au ministère…

- Je suppose qu'elle devait le préparer depuis un certain temps.

- Mais si elle ne t'aime pas, pourquoi c'est toi qu'elle envoi ?

J'en avais marre qu'elle me pose des colles ! Pourquoi ci. ? Pourquoi ça ? Et elle pourquoi était-elle curieuse à ce point ? Quoi que… parfois ce n'était pas vraiment le cas. Fort heureusement, pour moi, elle ne connaissait pas Mme Littlegreen.

- Elle est très attachée à sa boutique, et comme elle ne m'apprécie guère elle refuse de me la confier aussi longtemps.

- Et les autres employés ?

- Je suis la seule, elle n'en a pas besoin de plus.

- Bizarre. Pourtant j'ai vu quelqu'un à la caisse qui n'était ni toi, ni ta patronne.

Je jurais intérieurement

- C'est un intérim, il n'est là que pour quelques temps, histoire de me remplacer quand je serai partie.

- Ah ! Et comment il s'appelle déjà ?

Je me promis de la tuer le plus vite possible. Pour le moment mes pouvoirs allaient m'être utiles. Il fallait tout de même que je fasse attention à ce qu'elle ne remarque rien. Avec beaucoup de concentration (et très peu de temps), je réussis à atteindre mon objectif.

- Bill je crois, je ne le connais pas depuis longtemps.

Elle ne savait pas que j'étais Légilimen, en réalité personne ne le savait. Elle sembla satisfaite de ma réponse. Après être sortie, non sans un petit clin d'œil de la part du serveur, nous recommençâmes à marcher au milieu des diaboliques magasins. Aucune de nous ne parlait. Le soleil commençait à décliner et la nuit n'allait pas tarder à tomber.

- Je dois y aller. Papa et maman m'attendent avant la nuit. A bientôt Audrey. Bon voyage !

Sur ce, elle partit en courant, probablement vers sa voiture. Ce fut la journée la plus éprouvante de ma vie ! J'avais bien méritée de dormir dans mon lit moelleux. Je transplantai devant chez moi et allai me coucher aussitôt. Demain serait une grosse journée.


Et voila, j'èspère que ça vous à plus. =) Une petite review n'est pas de refue. A samedi prochain! Bon week end!

PS: passer sur .com, qui sait ce qu'il vous attend. =)