Bonjour à tous! sans plus attendre je vous laisse découvrir le 7eme chapitre des aventure de Audrey. Bonne lecture!
Enfin ! Le cours était terminé. Après ma réussite, les échecs s'étaient enchaînés. Je n'avais réussi à produire ni énorme feu de joie, ni vent violent, ni vague gigantesque. Oh bien sûr j'avais réussi à faire apparaître une étincelle, provoquer une légère brise et donner du mouvement à une flaque d'eau, mais ce n'était pas pareil.J'étais exténuée ! Je n'avais qu'une envie, c'était de m'allonger. Un peu de nourriture aussi ne serait pas du luxe. Malheureusement le vieillard en avait décidé autrement. Il m'entraîna dans l'autre partie de son jardin, celle qu'il appelait « le secret de la destinée ».
Un chemin bordé de toutes sortes de plantes entourait un magnifique étang. Au milieu de l'eau se trouvait une petite île ayant pour seul habitant un saule pleureur. Nous nous dirigeâmes vers un sanctuaire caché derrière un rideau de feuille. Il ressemblait beaucoup à la maison de mon hôte, si ce n'était qu'il était gardé par des statues en forme de dragon. Niché entre deux petits bosquets, il s'élevait avec fierté.
Mon maître me fit signe d'attendre et se rendit dans la bâtisse. J'en profitai pour écrire mes découvertes dans le cahier. Depuis mon arrivée, il ne m'avait jamais quitté. Je devais prendre ce travail très à cœur. Après tout Eric m'avait offert une maison des plus confortables. Il aurait été ingrat de ma part de ne pas lui rendre service. Mr Sushi aussi m'inspirait beaucoup de respect, bien que son comportement soit étrange (voir pire). D'ailleurs que faisait-il pour être aussi long ?
Alors que mon ventre se plaignait de plus en plus fort, je commençais à m'inquiéter pour lui. Il m'avait demandé de l'attendre, je supposais donc qu'il voulait être seul. D'après ce que j'avais lu, les sanctuaires de ce genre servaient à la prière et au recueil. Mais s'il avait un problème ? S'il avait fait un malaise ou quelque chose dans le genre ? S'il s'était blessé ? Après tout il devait avoir plus de 80 ans ! Je sortis une pièce de ma poche et la lançai en l'air. Pile je restais assise ici, face j'allais voir ce qu'il faisait.
La pièce retomba et je la rattrapai habilement : Face
Tant pis pour la coutume, il fallait que je sache. Je me dépêchais de le rejoindre, plus apeuré que déterminée. Je cru avoir une crise cardiaque quand il surgit devant moi sans crier « garde ».
« Ah ! Vous voilà ! Nous commencions à perdre patience. »
Il me tira vers l'intérieur sans me laisser le temps de protester. Je n'y comprenais plus rien. Il savait que j'étais dehors. Pourquoi ne pas m'avoir demandé de venir avec lui dans ce cas ?
- Laissez-moi vous présenter ma famille.
Il se rendit devant une tablette en marbre en me forçant à le suivre et pointa son doigt sur une vieille inscription.
- Voici oncle Shiji. Il est très colérique. Mieux vaut ne pas l'énerver. A côté se trouve sa femme. Je ne sais plus trop bien son nom. De toute façon je ne l'aimais pas, et ici…
C'est à ce moment-là que je me demandais s'il existait des hôpitaux psychiatriques en oui, ils auraient fait main basse sur mon hôte. Je me répétais peut-être mais il était complètement fou. Il continua à me présenter ses ancêtres pendant une heure. Je n'en pouvais plus, mais je l'écoutais quand même.
- Et pour finir voilà mes parents, ce sont les personnes les plus gentilles que je connaisse. Méfiez vous de la cuisine de ma mère, elle rend souvent malade. Ah ma chère maman !
Il se mit à genou, les mains en prière et resta là sans bouger. Au bout d'un certain temps j'avais l'impression qu'il ne respirait plus. Je fus soulagée quand il tourna la tête vers moi, mais se fut de courte durée vu le regard qu'il me lança. On aurait dit qu'il avait mangé une salamandre.
- Que faites-vous ici ? Je vous avais dit de rester dehors. Allezouste !
Mais je… Oh puis zut ! Pas de doute, cet homme avait un sérieux problème de mémoire, ou il se moquait tout simplement de moi. Ça ne serait d'ailleurs pas la première fois.
Je partis sans lui, décidant que, s'il voulait être seul, je n'allais pas aller contre sa volonté. Quand il fut de retour à la maison, nous nous rendîmes dans la salle à manger, si on pouvait appelez ainsi. Une table de salon trônait au milieu de la pièce. Des poufs en guise de siège étaient posé sur un tapis moisit par l'humidité. Ce n'était pas vraiment appétissant. Deux femmes se tenaient à l'écart, la tête baissée. L'une était petite et avait le visage marqué par le temps. L'autre était jeune, belle et de taille moyenne. Leurs cheveux étaient noirs et leurs peaux cireuses.
Toutes deux embrassèrent mon professeur sur les joues avant de faire de même avec moi. Heureusement cela n'avait duré que quelques secondes. Le repas allait commencer. Je m'assis aux côtés de la jeune fille et en face de Maître Sushi. Quitte à éprouver du dégoût pour tout ce qui se trouvait dans la maison, autant minimiser les dégâts. Aucun bruit ne vint déranger le silence apaisant qui régnait sur nous. Seuls les oiseaux au dehors nous berçaient de leurs mélodies, enfin, sans compter les gémissements de mon pauvre petit estomac.
Il y avait un bol à côté de moi avec de l'eau à l'intérieur. Quels drôles de manières pour boire ! La soif l'emporta sur la logique et je me mis à boire, sous les yeux surpris de mes convives.
- Mlle Stones, c'est un rince-doigts.
Ah. Je comprenais mieux. Je n'en avais jamais utilisé en dehors ces grands restaurants, jusqu'à aujourd'hui. La plus vieille des femmes se leva de table, non sans saluer mon maître, puis sortie de la pièce. Cela ne signifiait qu'une seule chose pour moi : Manger !
Le moins que je pouvais dire c'était qu'elle n'était pas revenue les mains vides. Des plats asiatiques trônaient désormais au centre de la table, rassemblant toutes les variétés de poissons et de légumes connues. En réalité ce n'était pas très appétissant.
De plus je n'avais jamais mangé chinois avant ce jour. Autant dire que je ne savais pas utiliser des baguettes pour manger. Ça ne devrait pas être si dur. Je me servis une assiette de nouilles, l'une des seules choses qui me faisait envie. Il me fallut une heure pour réussir à manger quelques pâtes, de quoi me rendre folle. Ce n'était pas si facile que ça tout compte fait.
Mon manque d'expérience provoqua l'hilarité de mon hôte. Le reste des convives, moi y compris, ne tarda pas à l'imiter. Il était vrai que c'était assez drôle. Je pleurais à force de rire. Ma voisine devait s'être cassé une côte puisqu'elle était pliée en deux.
- Arrêtez ! Cria le chef de table. Mangeons.
J'ignorais comment, mais il avait réussi à recouvrer son sérieux en moins de trois secondes. Il m'intriguait de plus en plus. Lui aussi aurait droit à une petite enquête. Le silence revint et je continuais à me remplir le ventre avec beaucoup de mal.
- Ma fille se fera une joie de vous accompagner dans la plaine Mlle Stone.
- Dans la plaine ? Mais pourquoi…
- En effet vous avez grand besoin de nouveaux vêtements.
- Quoi ?
- Allons, vous n'allez pas rester en guenilles quand même. Il vous faut quelque chose de plus moderne, et de présentable.
Des guenilles ? Plus moderne ? Je portais un jean que j'avais acheté avant de partir, et ma chemise était tout à fait présentable ! Comment me remettre d'un tel choc ? Je n'entendais même plus ce qu'il me disait. J'étais abasourdie par la stupeur. Lui n'avait pas l'air de s'en rendre compte. Pour qui se prenait-il à me dire quoi faire ? Mon père ?
- Pendant que vous y êtes, Tsy, vous me rapporterez des herbes pour la cuisine. N'oubliez pas le gingembre et passez à la laverie.
La dénommée Tsy, alias la jeune fille à côté de moi, acquiesça d'un signe de tête.
En début d'après-midi, je me préparai à partir. Même si je n'étais guère enthousiaste, je profitais de l'occasion pour faire du shopping. Et puis c'était une très bonne excuse pour m'éloigner du Maître. Non pas que j'en avais marre de lui (quoi que…), mais il me faisait peur. Tant que je ne savais rien de plus sur lui, je devais garder mes distances. Munie d'une paire de chaussures de marche, je rejoignis mon accompagnatrice sur le porche.
A peine étais-je arrivée qu'elle partait à toute vitesse vers la sortie du village. Il fallut presque que je coure pour la rejoindre. Bon sang elle était rapide pour une personne aussi petite que moi ! Plusieurs fois je faillis la perdre de vue. Et les rares fois où nous étions toutes deux assez proches, elle prenait grand soin de m'ignorer.
Apparemment elle n'était pas du genre bavarde. Après de nombreuses tentatives vaines pour établir un contact, je me résignais à me taire. Le chemin fut très long à mon goût, et mes pieds étaient d'accord avec moi. Le lieu où nous nous rendions s'appelait Xaomi. J'espérais qu'il en valait la peine.
A peine arrivée, je contemplais chaque recoin. C'était un petit cocon de joie, de vie et de beauté entre les deux collines. Les gens ici étaient souriants. Tout le monde se saluait, et parfois même, s'arrêtait au milieu de la route pour discuter. Des enfants couraient après un ballon, passant entre les jambes des passants, grimpant sur les murets et criant de toutes leurs forces. Aucun adulte ne venait arrêter leurs jeux. Je ne voyais pas ça à Sidney. Ici chaque individu état libre : Pas de voiture, pas de panneaux et pas de foule.
Le seul petit inconvénient c'était qu'ils ne parlaient pas ma langue. N'ayant pas d'interprète (Tsy était partie je ne sais où), je dû me débrouiller seule pour acheter ce qui me faisait envie. Comme les prix n'étaient pas affichés, je donnais un dollar pour chaque article. A priori ça leur convenait.
- Tu veux rendre tout le village riche ou quoi ?
Cette voix arrogante ne pouvait venir que de la fille de mon professeur. Elle parlait comme un rossignol avec de grands airs. J'avais l'habitude de ce genre de fille dans mon ancienne vie. Je la regardais avec indifférence, ça n'avait pas l'air de lui plaire.
- Tiens voilà tes nouveaux kimonos, fait attention ils ont couté assez chers !
Non mais oh ! Ça va de me parler comme ça ? Elle n'était pas reine à ce que je sache. Pas de doute c'était bien la fille de Maître Sushi.
Le retour se déroula exactement comme à l'aller, si ce n'était que je portais pas mal de sacs. Lorsque je demandais à Tsy de m'aider elle me répondit avec sa voix haut perchée :
- Débrouilles-toi, ça ne peut que te faire du bien vus tes bourrelets et le peu de muscles que tu as.
Au moins elle m'avait répondu. J'aurais pu la tuer sur place, mais le village était trop près pour commettre un meurtre. A la fin du voyage je ne sentais plus mon corps. Mes yeux tombaient de fatigue et j'avais les bras en feu. Plus que quelques pas et on y était.
Tsy m'arracha les paquets des mains et couru vers la maison. Me laissant plantée dans la rue, perplexe. De retour dans mes quartiers, je fus surprise de voir qu'elle s'appliquait à ranger toutes mes affaires. Après un profond salut, elle partit dans la cuisine. J'avais dut rêver, je ne voyais aucune autre explication. Je l'entendis parler avec sa mère des nouvelles de Xaomi puis le silence revint. Une minute après je me retrouvai endormi à même le sol.
Ma «chambre » n'avait rien à voir avec celle que j'avais en Australie. Elle aurait pu servir de placard à chaussures étant donné sa taille. La pièce était vide, je n'avais pas de lit, pas d'armoire, pas de bureau et surtout pas d'intimité.La porte était inexistante et la fenêtre mal isolé faillis m'effondrer en larmes à mon réveil, puis je me rappelais les mots de ma mère un jour où je m'étais cassée le bras.
« La douleur n'est que la preuve que tu es en vie. Relève-toi et montre aux autres que tu es forte. »
Ces mots m'avaient marqué et je m'en souvenais à chaque épreuve que j'avais vécu, sauf peut-être… Et voilà, je m'étais mise à pleurer. Malgré le temps, la douleur était toujours aussi forte. Pourquoi ? Je ne savais pas, mais je voulais qu'elle s'arrête. Un petit tour dehors me ferait sûrement du bien, et me permettrait de réfléchir à la situation dans laquelle je me trouvais.
Comme le jour précédent, la nuit était tombée vite. Le ciel étant dégagé, j'en profitais pour contempler les étoiles. J'allais souvent à la surface pour parler avec la lune quand j'étais encore à la Dream Academy. Parfois elle me répondait, parfois elle me consolait, et d'autre fois encore elle me guidait. Ce soir elle n'était pas là, surement trop petite pour se montrer. Je m'allongeai sur l'îlot du jardin, prêt du saule pleureur. Les bras derrière la tête, je me laissais bercer par le doux murmure de l'eau qui coulait.
- C'est magnifique, n'est-ce pas ?
Je sursautais, surprise de recevoir de la visite. Cette voix, je l'avais reconnue. Tsy ? Que faisait-elle là? Elle vint se mettre assise à côté de moi, contemplant elle aussi les milliers de point qui brillaient dans les cieux.
- Quand j'étais petite, mon père m'emmenait ici tous les soirs. Il me parlait des étoiles, et de leur histoire. Il me disait souvent que grâce à elle, on pouvait voir dans le passé.
- Comment ça ?
- Certaines étoiles mettent des années avant d'arriver jusqu'à nous.
Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire, trop occupée à vouloir savoir pourquoi elle me racontait sa vie. Pourquoi était-elle si gentille avec moi ? Elle ouvrit plusieurs fois la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Après quelques hésitations, elle se tourna vers moi et me regarda droit dans les yeux.
- C'est comment l'Australie ?
Eric avait raison, la curiosité était partout. Cependant je ne m'attendais pas à ça. L'évocation de mon pays natale fit remonter en moi des milliers de souvenirs plus ou moins heureux.
- Ça dépend, lui dis-je. Tu veux passer la nuit ici ?
Nous rîmes toutes deux de bon cœur, puis elle me pria de commencer mon récit. Je lui parlais de l'Ayers Rock, des kangourous qui sautaient dans le Bush, des koalas qu'on pouvait apercevoir dans les eucalyptus lors d'une longue promenade en forêt. Je lui racontai mes souvenirs des sites que j'avais visités. Il y en avait tellement ! Pour finir je lui décrivais Sidney, les boutiques grandes comme des palais, l'opéra qui faisait la fierté de la ville, le port, la plage…
Chacune de ces descriptions me rendait nostalgique. A la fin je parlais plus pour moi-même que pour la jeune fille à côté de moi. Je fini mon histoire vers minuit. Tsy était endormit sous l'arbre, protégée du vent par les branches. Elle avait l'air si jeune ! Si fragile ! Pour une raison qui m'échappait elle me faisait penser à Lucie. Elles devaient avoir le même âge. Une larme coula le long de ma joue quand je pensai à ma sœur. Comme elle me manquait ! Elle et ses blagues douteuses, son caractère de chien et son optimisme écœurant. Elle était ma seule famille, celle qui ne m'avait jamais abandonnée.
La fatigue l'emporta et je ne tardais pas à rejoindre les bras de Morphée, allongée à côté de celle que je trouvais si arrogante, sous les étoiles qui illuminaient notre ciel.
Voila. N'oublier pas de passer sur little-smiley94 . skyrock . com ( sans les espaces bien sûre ^^) Un petite review?
