Non je ne suis pas sadique et en voila la preuve: le nouveau chapitre est arrivé!


J'aillais mourir, c'était évident. J'allais m'écraser par terre après une chute de près de 200 mètres de haut. Pourtant je n'avais pas peur. La sensation était trop belle pour que je n'en profite pas. On m'avait dit que les personnes qui sentaient que la fin était proche voyaient leur vie défiler. Moi je profitais du dernier instant qui m'avait été donné de vivre.

L'air s'engouffrait en masse à travers tout mon corps, faisant s'envoler mon cœur à chacun de ses battements. L'euphorie transforma mes cris de peur en cris de joie. Quelle belle façon de quitter ce monde ! J'étais folle en cet instant, mais qu'importe.

Plus que quelques secondes avant l'impact. Le stress m'envahit alors et je me mis à gesticuler. Mes bras et mes jambes ne rencontrèrent que le vide, aucun moyen de me sortir de ce mauvais pas.

Quelque chose s'enroula autour de ma taille, on aurait dit une corde. La force avec laquelle elle m'enlaçait me coupait le souffle. J'avais arrêté de tomber, désormais attaché. En regardant d'un peu plus près je remarquai que c'était en faite une branche d'un vieux chêne qui m'avait sauvée. J'étais seul, suspendu dans les airs.

La magie qui avait été exercée, car il allait de soi que la branche avait été ensorcelé, ne pouvait pas être la mienne, j'étais bien trop paniqué pour cela. Mais alors qui ? En regardant au dessus de moi j'aperçu trois silhouette. Il n'était pas difficile de savoir qui c'était. La branche céda sous mon poids, à croire que j'étais grosse. Cela dit j'en doutais vu mon régime alimentaire de ces dernières semaines.

La chute fut moins terrible que celle qui m'attendait. Cela dit tomber sur les fesses faisait très mal aussi. Une heure plus tard j'étais de retour au sommet de la colline. Gribouille m'attendait sur les marches de l'escalier, la tête basse. Il devait s'en vouloir terriblement ! D'accord c'était à cause de lui que j'avais dut faire une heure de marche en plus, mais il ne l'avait pas fait exprès, du moins je l'espérais. Je m'assis à ses côtés, attendant patiemment qu'il se décide d'arrêter de bouder.

Je le connaissais suffisamment pour savoir qu'il ne pouvait pas rester dix minutes sans bouger. En effet, il commençait déjà à se dandiner sur place. Il allait craquer. Tôt ou tard il se mettrait à virevolter partout en poussant de grands cris. Ce n'était qu'une question de temps. Il leva ses grands yeux noirs vers moi. On aurait dit qu'il pleurait. Mettant mes mains en coupe, je les tendis vers lui pour qu'il s'y installe.

Il hésita un peu puis finalement vint se lové dans le creux que je lui offrais. Sa peau était chaude, si douce… Petite chose fragile que j'aimais temps ! Pourquoi fallait-il que tu sois triste ? Je le portais jusqu'à mon visage, et avec toute la tendresse et la légèreté du monde l'embrassait sur le haut de la tête. Aujourd'hui c'était à moi de le consoler.

Je montais mes mains encore plus hautes pour que nos joues soient l'une contre l'autre. Nous restions là sans faire attention au temps qui passait. Le simple contact entre nous nous faisait du bien. Le charme fut rompu par les cris d'une Tsy toute excité. Elle faisait encore plus de bruit que ma boule de plume, pour dire. Justement l'oiseau, surprit, était en pleine séance de voltige au dessus de ma tête. Il ne se calmerait pas avant un bon bout de temps. Au moins il ne boudait plus.

- Audrey ! Audrey ! Audrey !

- Calme-toi Tsy ! Tu as fait peur à Gribouille !

- Oh ! L'oiseau bleu n'a qu'à bien se tenir. Tu l'as trouvé !

- Trouver quoi ?

- Ton incarnation! Tu l'as trouvé !

- Quoi ? Mais de quoi tu parles.

Elle poussa un long soupir désespéré comme si je la faisais répéter pour la centième fois.

- Quand tu es tombé, tu as soudain disparut. Tu n'as pas sentie ?

Disparue ? Moi ? Elle avait dus se cogner la tête un peu fort. Où alors la folie de son père était une maladie génétique qui commençait à rattraper la jeune femme.

- Tu ne comprends donc rien ? Tu es devenue comme l'air !

- Tu as raison ! Je ne comprends rien.

Le soupir qu'elle fit était différent du premier. On aurait dit de l'impatience.

- L'air est l'élément que tu incarnes. C'est si difficile que ça à comprendre ?

Dit comme ça non. Mais comment je pouvais incarner un élément que je ne connaissais qu'à peine ? La réponse me vint tel un éclair. Finalement je ne me connaissais pas moi-même. Je n'aimais pas ça. Pas du tout. Aussi allais-je de ce pas remédier à cette lacune : direction la bibliothèque.

Si mon expérience durant ces deux mois passés m'avait apprit qu'il n'existait pas de livre intéressant sur le sujet, je savais en revanche qu'il y avait une personne dans cette maison qui passait ses journées entourée de vieux bouquin et qui pourrait m'être fort utile.

Trop discrète pour que je fasse attention à elle, je l'avais néanmoins repérée plusieurs fois dans le « sanctuaire du savoir ». Mme Sushi était assise devant la vieille table en bois au milieu de la pièce. Silencieuse et plongée dans un vieux grimoire, elle ne fit pas attention à moi.

Le petit toussotement que je produis lui fit à peine lever les yeux.

- Madame…

Pas de réponse. C'était mal parti.

- S'il vous plait, vous pouvez m'aider ?

Aucun son ne sorti de sa bouche mais j'avais l'impression d'avoir captée son attention.

- Voilà, j'aimerais en savoir plus sur l'air, et comme il n'y as pas de livre intéressant sur le sujet… Enfin bref, je suis venue vous voir pour savoir si vous pouviez m'en dire plus. Me traduire quelques passages écrits en chinois peut-être. Je vous en prie ! Il faut que je trouve…

Toujours aucune réponse. Mes efforts pour être dans la même pièce qu'elle avaient été inutiles. Je n'obtenais rien de cette vieille chouette. La main sur le pan de la porte, j'étais prête à m'en aller, quand soudain :

- Je veux le livre.

Une voix rogue derrière moi venait de résonner dans le silence de la pièce.

- Quoi ? Quel livre ?

- Le petit livre rouge. Je le veux.

- Je ne possède pas un tel objet.

- Bien sûr que si ! Il est dans ta chambre. Donne le moi et je t'aiderai.

- Mais puisque je vous dis que je n'ai pas ce que vous me demandez ! Madame ?

Elle avait disparut, j'étais seule. Comment avait-elle fait ? Décidément ces gens aimaient me faire tournée en bourrique. Et puis, je ne voyais pas de quoi elle parlait. Enfin bon, je n'avais pas le choix.

Mes bagages étaient entassés dans un coin de la pièce et parfaitement rangés. Personne n'était venu fouiller dedans. Comment avait-elle put me demander de lui donné une chose aussi particulière dans ce cas ? Il n'y avait pas de meuble de rangement. A vrai dire il n'y avait pas de meuble du tout. Il était forcément ici. J'entrepris donc une fouille complète de chacune de mes valises.

La première contenait toutes les affaires personnelles dont j'avais besoin, la deuxième, réservée aux achats faits durant mon séjour, était à moitié pleine et enfin la troisième me servait à mettre mes affaires « professionnelles » : c'est là que je le trouvais : un petit livre rouge sang à la reliure abîmée. Je l'avais déjà vue quelque part. Mais où ? J'étais partie depuis maintenant deux mois et je ne me souvenais même plus de ce que j'avais emporté. Il fallait croire que ma mémoire n'était plus aussi fiable qu'avant.

De retour à la bibliothèque, je trouvai la vieille dame devant la fenêtre. Elle était tendue et ses poings étaient serrés. Intimidé par sa posture menaçante, je me faufilais en direction du fond de la pièce en prenant garde de rester à bonne une distance. Tsy m'avait raconté un jour comment sa mère avait battu un tigre à mains nues. Evidement je ne l'avais pas cru, jusqu'à ce qu'elle me montre la peau de la bête. Il n'y avait aucun impact de balle sur la fourrure de ce dernier. Je n'étais pas tout à fait convaincue mais depuis ce jour je gardais une certaine méfiance.

Je ne savais pas quoi dire, pas quoi penser, je fis donc ce pourquoi j'étais venue. Avec beaucoup de précaution je lui tendis le livre. En quelques secondes, elle se retourna vers moi et me faucha l'objet de mes mains.

- Enfin ! Je l'ai !

Elle regardait la couverture rouge comme si c'était le bijou le plus précieux qu'elle avait vu. Je m'attendais même à ce qu'elle dise d'une voix mystérieuse « mon précieux », la culture Moldu étant encore bien ancrée dans mon esprit.

- Vous pouvez m'aider maintenant ?

- Quoi ?

- Pour l'air, vous savez, vous m'aviez dit que si je vous le donnais vous m'aideriez.

- Oh ! Oui, oui bien sûre. Vous Permettez ?

Elle alla s'installer sur une des chaises bancales et posa le livre sur la table.

- Asseyez-vous ?

Enfin ! J'allais savoir. Je m'exécutais aussitôt et attendit la suite.

- Cet ouvrage est un objet d'une magie très puissante. Ecrit durant le règne de Mao, il fut dissimulé grâce à sa couverture rouge. Il permet à toute personne à qui il appartient légitimement de connaître tout ce qu'il veut savoir.

Si j'avais sus ça avant… Il ne m'aurait encore servi à rien car il était écrit en chinois.

- Le propriétaire peu tout savoir ?

- Non mon enfant, seulement ce qui lui tient à cœur.

Comme si ça faisait une différence.

- Bon, passons aux choses sérieuses : que veux-tu savoir sur l'air.

- Tout.

- Que sais-tu déjà à son sujet ?

- Pas grands choses pour être franche.

- D'accord donc on a du travail.

Elle me parla de l'image de l'air la plus simple, son utilité et ses caractéristiques physiques. Puis elle entreprit de me faire un exposé d'une heure sur ses différents composés, la signification qu'il avait pour chaque culture à chaque époque et enfin ce qu'on pouvait faire avec dans la magie chinoise.

Ma curiosité n'était pas grande à ce point, mais je pris note de tout ce qu'elle me racontait, tout en essayant de ne pas m'endormir. Enfin elle arriva au sujet qui m'intéressait le plus :

- L'air est symbole de mouvements, de liberté, de subtilités, d'allègement. L'air est associé au souffle, au souffle de vie, et suivant les religions, à l'âme. Si l'air est invisible, il nous rend sensibles aux vents, aux odeurs et à la chaleur. Les personnes qui incarnent l'air sont logiques, instinctives et libres de toute obligation. Ils s'échappent souvent dans les situations difficiles et sont long à prendre des décisions. Cela dit ils tiennent toujours leur parole et y restent fidèles. Bienveillant et comique, ils sont toujours là pour aider les autres.

J'avais l'impression que cette description ne me correspondait qu'à moitié. Il était vrai que je pouvais courir un marathon sur un coup de tête, que j'avais toujours été d'une grande curiosité et que j'employais les trois quarts de ma vie sociale à consoler ma sœur. Mais j'étais loin d'être comique et encore moins d'être libre.

Après mon cours particulier j'avais la tête ailleurs. Je ne faisais pas attention à ce qui se passais autour de moi, j'avais seulement remarqué je Gribouille ne chantait plus. Gribouille, encore un signe de l'air. Comment avais-je fait pour ne pas le remarquer ? Enfin le bon côté des choses, c'est que je rentrerais bientôt à la maison.

Décidément Tsy avait de l'énergie à revendre. Une fois de plus elle courait vers moi toute excitée

- Audrey ! Audrey ! Tu as reçu une lettre.


Voili, voilou. Alors qu'en avez vous pensez? N'oubliez pas de passez sur little-smiley94 .skyrock .com

A la semaine prochaine!