pour ceux qui ce pose la question, Percy ne va pas tarder, rassurez vous ;). en attendant je vous laisse découvrir la suite des aventure de Audrey.
Chère Mlle Stones,
J'ai le regret de vous annoncer la mort subite de votre grand-mère. Votre retour en Australie est prévu demain pour que vous puissiez assister à ses funérailles. Avec toutes mes condoléances.
Eric.
Quelle était cette sensation étrange au creux de mon estomac ? La tristesse ? Le regret ? Ou tout simplement la colère ? Oui j'étais furieuse contre moi-même. Je n'étais pas allez la voir depuis ce jour fatidique. Ce jour où elle m'avait claqué la porte au nez après mon mariage inachevé. Aujourd'hui, je me rendais compte que je ne la reverrais plus jamais.
Une main se posa sur mon épaule, hésitante. Je rêvais ou Monsieur Sushi me prenait dans ses bras ? Du moins il essayait. Je me retenais de rire. Vu les circonstances ça aurait été incorrect. Le vieil homme semblait triste pour moi. Je ressentais de la sympathie à son égard, comme si les derniers mois n'avaient jamais existés.
Il se leva d'un bond, me faisant sursauter par la même occasion. Puis me prit par la main et me tira vers le jardin.
- Je finis toujours ce que j'ai commencé, me dit- il.
Arrivé au lac, il mit les pieds dans l'eau et ferma les yeux. Je n'osais pas lui demander ce qu'il faisait. De toute façon ça ne m'intéressait pas. Une boule d'eau s'éleva alors dans les airs, dans laquelle se trouvait un petit feu qui lui donnait une teinte orangée. J'étais bien trop habituée à ce genre d'exploits de la part de Mr Sushi pour être impressionnée. Je m'ennuyais même. Bonne élève que j'étais, je prenais néanmoins des notes sur mon cahier.
- L'accouplement est l'étape la plus importante. Elle permet au sorcier d'exploiter toute sa magie. L'élément maître et l'élément incarné doivent être combinés. Seule cette combinaison donne au sorcier une sensation de bien-être, et c'est grâce à cette sensation qu'il peut développer son potentiel. Si le sorcier n'accomplit pas cette étape, il risque de perdre ses pouvoirs.
Je l'écoutais d'une oreille distraite, occupé à penser à tous les bons moments passés avec ma grand-mère. Il n'y en avait pas tant que ça, mais tous avaient été exceptionnels.
- Personne ne peut vous aidez pour cette étape, vous devez vous débrouiller seule. Elle est assez longue à accomplir, je l'avoue. C'est pourquoi je vous encourage à l'exécuter quand vous serez rentrée chez vous.
Qu'avait-il dit ? Je n'écoutais pas.
- Bon et bien je n'ai plus qu'à vous dire à demain. Profitez bien de votre dernière nuit ici. Que le ciel vous garde Audrey, vous le méritez. .
Sur ce, il s'en alla, me laissant seul avec mes souvenirs. Gribouille et moi avions passé une très mauvaise nuit. J'avais décidé de le garder avec moi. Il partirait demain matin avec tous mes bagages. Tsy était allongée à nos côtés, comme la première fois où j'avais dormi dehors. Elle ne voulait pas que je parte sans qu'elle m'ait offert quelque chose. Dire qu'à mon arrivée elle ne voulait même pas m'adresser la parole ! Cette fille était aussi bizarre que le reste de sa famille, mais je m'y étais attachée.
L'heure du départ avait sonnée. Mes bagages avaient été envoyés à la maison. Il ne me restait plus qu'à dire au revoir. Contre toute attente, mon séjour ici avait été merveilleux. Même si la nourriture n'avait pas toujours été bonne, même si j'avais du dormir par terre, j'avais trouvé des amis, un lieu que j'aimais beaucoup et par-dessus tout, j'en savais un peu plus sur moi même. Je ne reviendrais pas habiter ici. Cette maison faisait désormais partie de mon passé. Mais je ne l'oublierais jamais.
Chacun des membres de la famille Sushi m'offrit quelque chose. Le père m'avait donné le bâton avec lequel il m'avait frappé lors de mon premier cours. Quel grand sentimental ! La mère avait acheté des kimonos et les avaient parfumé aux fleurs de lotus. Quand à Tsy, ma petite sœur chinoise, elle avait fabriqué une flûte.
- Les jours de pluies, elle t'aidera à mettre du soleil dans ton cœur.
Son geste me toucha. Je ne savais pas jouer de musique, mais je pouvais apprendre. En attendant j'allais me venger de Gribouille et de son alarme incendie. Accompagnée de mon ancien maître, je me rendis au point de rendez-vous. Le trajet fut silencieux, presque triste. Je regardais le paysage défiler sous mes yeux. Le village de Xaomi disparaissait derrière moi alors que nous nous rendions à Pékin. Je n'avais même pas eu le temps de résoudre le mystère qu'était Mr Sushi. En même temps je ne savais pas si c'était possible de le comprendre.
Un grand homme nous accueillit avec une mine renfrognée. Après un vague signe de tête, il m'entraîna vers la salle de départ. Ses doigts serrés autour de mon poignée me faisaient mal. On aurait dit que j'étais une petite fille qui ne voulait pas aller chez le dentiste. Cette grosse brute n'avait que faire de mes plaintes. Je le soupçonnais d'être un sadique psychopathe heureux d'entendre les gens crier qu'il leur faisait mal. Non je ne suis pas paranoïaque, seulement trop habitué à un autre fou furieux du genre.
- Attendez ! cria la personne en question. J'allais oublier, votre bâton magique. Les occidentaux auront toujours de drôles d'idées.
Ma baguette ! J'avais faillis partir sans elle. Il faut dire que ces dernier temps elle ne m'avait pas servit à grand-chose. A son contact je me sentis plus forte, comme si rien ne pouvait m'arrêter. Puis je me rappelais que ma grand-mère venait de mourir. Un jour moi aussi je quitterais ce monde.
- On peut y aller ?
Ne rigole pas Audrey, c'est très méchant de se moquer de la voix des autres, même si cet homme avait la voix d'un enfant de trois ans. Ça expliquait son coté sadique envers les gens.
La pièce était deux fois plus remplie qu'à mon arrivée. Les gens ne parlaient pas pour ne pas faire de bruits mais tout le monde se marchait sur les pieds. Il fallait qu'on se rassemble autour d'un vieux vinyle de John Lennon avant midi. Je posai mon doigt sur le bord du disque et attendit l'horrible sensation. Elle ne se fit pas attendre. En moins de temps qu'il me fallut pour le dire j'étais de retour sous le soleil brûlant d'Australie.
C'était un de ces jours où il ne valait mieux pas sortir de chez soi, pourtant j'y étais obligée. La cérémonie commençais à trois heures de l'après midi, il me restait un peu de temps. Je n'eus pas à quitter l'allée pour rentrer chez moi. Même si mon ancien maître avait tout fait pour me convaincre de profiter des paysages, j'avais juste envie de rentrer chez moi le plus vite possible. J'atterris dans mon salon, heureuse d'être enfin de retour. J'avais beaucoup de chose à faire avant de partir dire adieu à ma grand-mère.
La première était de sortir Gribouille de sa cage, inutile de le laisser enfermer. A peine avais-je ouvert la porte qu'il sortit aussi vite que possible de derrière ces barreaux. Moi non plus je n'aimais pas être enfermée, mais parfois je n'avais pas le choix. Je le laissais donc se dégourdir les ailes et découvrir son nouveau terrain de jeu.
Pendant ce temps j'allais me débarbouiller un peu. Combien de temps avais-je attendus pour prendre une vraie douche ? L'eau chaude sur mon corps me faisait un bien fou. Une heure plus tard je sortais de la salle de bain vêtue de noir de la tête au pied. Une petite jupe et un chemisier noirs me semblaient convenir aux circonstances.
Pour honorer ma défunte mamie, et pour ne pas me faire coincer par ma sœur, je décidais de prendre les transports en communs. Il fallait plus d'une heure pour arriver au village en bus. Bien sur la magie aurait été plus pratique, mais ce voyage m'occuperait. Assise à côté de la fenêtre, je m'imaginais retourner en Chine chez mon échappé de l'asile préféré et sa famille.
Un jour j'inviterai Tsy à passer quelques jours dans mon pays. Je lui montrerais les lieux qui la fascinaient tant, lui apprendrait à s'habiller normalement, ou encore lui ferais découvrir les nombreux avantages des technologies modernes, comme les lits et les douches par exemple.
Le petit village de mon enfance n'avait pas changé. Toutes les maisons parfaitement alignées constituaient une charmante banlieue. Les jardins plus verdoyants les uns les autres concouraient tous pour le titre de jardin de l'année. J'avais toujours trouvé ce genre de compétition stupide, et d'autant plus aujourd'hui. Les rues d'habitude pleines de monde étaient aussi désertes que le Sturt Stony Desert. Ils étaient tous rassemblés au cimetière je pense. Autrement dit, j'étais en retard.
Le prêtre en était déjà à la descente du corps. Sous le regard attristé de l'assemblée, le cercueil de bois disparaissait peu à peu sous terre. Des larmes me coulèrent sur les joues, pas parce que je voyais ma grand-mère pour la dernière fois, mais parce que la vue de personne en pleurs me déchirait le cœur.
La foule commençait à remonter vers moi, certains s'arrêtant pour me souhaiter leurs condoléances. Je remarquais très vite ceux qui était sincèrement touchés et ceux qui n'étaient là que pour faire bonne impression. Rien n'avait changé, l'image influente de ma grand-mère ne resterait qu'une image. Le fait de voir tous ces visages souriants niaisement après son enterrement me le confirmait. C'était dur à dire mais au fond, peu de gens l'aimaient vraiment.
A bien y réfléchir, je me demandais si sa famille elle-même l'aimait. Je refusais d'être apparenté à de telles personnes. Autant pour moi que pour la vieille dame dans une boîte sous terre. En parlant de ça ils ne tardèrent pas, eux aussi, à remonter. Plus personne ne se recueillait sur la tombe désormais. Une fois encore, elle était seule.
« Que fais-tu là ?
La voix de ma mère me sortit de mes pensées, toujours aussi sec et pleine de reproche que la dernière fois.
- Tu n'auras rien.
- Mais de quoi parlez-vous, mère ?
- Ne m'appelle pas comme ça ! Je refuse d'avoir une lâche pour fille. Et tu sais très bien de quoi je parles.
Comment osait-elle ? Chacun de ses mots me faisaient l'effet d'un poignard dans le cœur. Mais pas question que je m'abaisse devant elle.
- Tu as été déshéritée, pauvre sotte, et ta présence ici n'y changera rien.
Pour qui me prenait-elle ? La rage pénétrait chacun de mes pores, donnant à mes joues une teinte rouge vive. Mon père et ma sœur n'étaient pas très loin, mais aucun d'eux n'osait se mêler à cette histoire. Tant pis, je me débrouillerais seule.
- Je me moque de l'héritage. Ma présence n'est justifiée que par mon désir de rendre hommage à mon aïeule.
- Ah oui vraiment ? Dans ce cas pourquoi n'es-tu pas aller la voir pendant cinq ans ?
- Elle avait refusé que je lui rende visite.
Ce simple fait me fit à nouveau mal au cœur.
- Dans ce cas je suppose qu'elle n'aurait pas voulut non plus que tu viennes aujourd'hui. Tu n'as aucun respect pour les membres de ta famille.
Deux solutions s'offraient à moi :
La première aurait été de me jeter sur elle pour lui lacérer le visage à coup de griffes.
La deuxième, légèrement plus réfléchit, consisterait à rester calme et continuer sur le ton de la discussion.
Même si la première était très tentante, je m'abstins néanmoins à la seconde.
- Avez-vous le moindre respect pour moi, Madame, où pensez-vous que le fait de me traiter comme une moins que rien arrange tout les problèmes que vous avez ?
- Mon seul problème c'est toi.
- Alors pourquoi venir m'adresser la parole ?
- Pour la simple et bonne raison que ta présence à elle seule salit l'image de ta famille. Il fallait bien que je fasse quelque chose.
- Votre famille n'a pas besoin de moi pour être détestée de tous. Il suffit qu'on vous regarde pour qu'elle soit mal vue.
- Petite insolente !
La gifle atteint ma joue de plein fouet, laissant une marque rouge en forme de main. La baguette dans ma poche me brûlait, mais il y avait trop de monde pour que je l'utilise.
- Depuis le jour où tu t'es enfuie, nous sommes couverts de honte. Comment as-tu pu nous faire une chose pareille ? Nous qui t'avons élevé et chérie durant toute ton enfance !
- Jamais, de toute ma vie, vous n'avez fait preuve d'amour à mon égard ! Je n'ai jamais été heureuse avec vous.
- Ton malheur tu ne le dois qu'à toi seule ! Tu as refusé d'épouser le meilleur parti de la ville ! Aujourd'hui sa femme et lui vivent heureux ensemble ! Dire que ça aurait pu être toi...
Le fait de savoir qu'il avait une femme me faisait mal. Quel genre de torture devait-elle subir ? Comment s'appelait-elle ? Avaient-ils des enfants ? Où habitaient-ils ? Tant de question et si peu de réponses… Heureusement la magie allait m'aider. En fouillant dans l'esprit de (oserais-je le dire ?) ma mère, je découvris juste qu'elle s'appelait Susan et qu'elle travaillait dans une petite agence de pub.
Les seules souvenirs que je réussis à voir la représentait comme une femme radieuse et très heureuse. Il fallait croire que John avait changé. Pourtant je persistais à douter… ce que j'avais vu dans son esprit était loin d'être un simple cauchemar, ou même un fantasme. La voix de l'odieuse femme résonna à nouveau :
- Et dire que tu es incapable de faire quelque chose de ta vie… J'ai toujours eut honte de dire que tu es ma fille.
Toujours ? Elle exagérait là ! Qui était la première à dire que j'étais le bijou de la famille ? Qui a toujours cru que le fait d'être une sorcière m'ouvrait toutes les portes ? Et qui a voulut révéler mon secret pour se faire un peu d'argent ? Aujourd'hui j'avais décidé que je n'avais plus de mère. Je refusais d'être du même sang que cette idiote immonde et insensible. La laissant en plant, non sans un regard noir, je me dirigeais vers les restes de ma grand-mère.
Comment était-elle en tant que mère ? Avait-elle été aussi injuste avec ses enfants ? C'était fort possible. La regrettais-je vraiment ? Je ne pensais pas. Mais les valeurs que j'avais m'empêchaient de partir sans lui dire au revoir.
Pas une larme ne coulait sur mes joues. J'avais l'impression d'être un monstre : l'esprit loufoque des chinois avait eu raison de moi.
- Tu es encore là ?
Difficile de ne pas reconnaître ce ton ironique.
- Oui.
- Tu comptes rester planté là longtemps ?
- Non.
- Tu connais d'autres mots avec lesquels faire une phrase ?
- Peut-être.
Il éclata de rire et posa sa main sur mon épaule.
- Content de te revoir ! Tu as faim ?
Je secouais la tête en signe d'approbation, ce qui déclencha chez lui une nouvelle crise de rire. Après tout un bon repas ne pouvait pas me faire de mal.
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