je sait, il est un peu court mais promis je me ratrapperais sur les prochain. En attendant bonne lecture =)


Le moins que l'on puisse dire, c'était que la journée avait été particulièrement éprouvante. Je n'avais qu'une seule envie : oublier toutes les fantaisies de cette vieille chouette, prendre un bon bain et me faufiler sous la couette. Gribouille ne m'avait pas attendu pour roupiller. Un peu de silence me faisait du bien. Je sentais mes muscles se décontracter un par un, évacuant le stress par la même occasion. Pour une fois je voulais prendre soin de moi, me bichonner, mettre une crème de nuit… Ce genre de cérémonie que les filles font en générale.

La nuit promettait d'être fraîche aussi, avec mon tempérament d'Australienne frileuse, je pris la précaution d'avoir deux couettes sous la main. Aussitôt allongée, je tombai dans les bras de Morphée et plongeai dans le pays des rêves. Alors que j'étais en train de chevaucher fièrement ma licorne imaginaire, je fus réveillée par un bruit strident et très désagréable. Au aurait dit un cri aigu. Je tendis l'oreille, encore un peu ensommeillée. Quelqu'un frappait à ma porte. Cette fois j'étais totalement réveillée.

Qui pouvait bien venir me rendre visite à cette heure-ci ? Et si c'était l'un des partisans de ce mage noir ? Il venait pour me tuer, ou pire : me torturer jusqu'à la mort. J'étais trop jeune ! Peut être que si je faisais semblant qu'il n'y avait personne il partirait. J'entendis encore quelques coups frappés puis une porte qui grinçait. Mon Dieu ! Ils étaient là ! Je vivais mes derniers instants !

- Il y a quelqu'un ?

Ouf, c'était une femme. Mais rien ne me prouvait qu'elle ne me voulait aucun mal.

- Je ne vous veux aucun mal.

Comme je le disais : rien ne me le prouvait.

- Pitié, j'ai besoin d'aide.

Elle avait l'air vraiment paniquée… Et si c'était un piège ?

- Je vous en supplie, ne me laisser pas seule.

Non, hors de question que je me lève. D'un autre coté... Il fallait bien que je fasse quelque chose tout de même. En plus elle était déjà chez moi alors… Je descendis les escaliers tout doucement, hésitante. La femme était accroupit par terre. Ces cheveux roux cachaient son visage mais les tremblements irréguliers de son corps me firent comprendre qu'elle pleurait.

- Vous avez besoin de quelque chose ?

Il faudrait que je comprenne un jour pourquoi je n'arrêtais pas de poser des questions idiotes. Elle leva ses yeux pleins de larmes sur moi et sembla soulagée.

- Est-ce que je peux rester dormir ici ?

J'étais assez étonnée par sa requête et je ne savais pas du tout quoi faire. Mon premier réflexe fut de fouiller un peu sa mémoire histoire de vérifier que ce n'était pas une psychopathe. Apparemment elle était Moldue et vivait dans le village depuis seulement quelques années.

- Pourquoi êtes vous venue me voir moi ?

- Le refuge.

Ah oui ! J'avais complètement oublié. Il faut dire qu'en pleine nuit, je n'étais pas très opérationnelle.

- Bon, ben suivez-moi.

C'était la première fois que j'invitais un étranger à dormir chez moi. A vrai dire c'était la première fois que j'invitais quelqu'un à dormir chez moi. Je ne savais pas trop ce qu'il fallait faire.

- Choisissez parmi les chambres de droite.

- Pourquoi pas celle de gauche ?

Petite curieuse.

- Elles sont moins bien. Il faut que je pense à refaire la déco.

C'était surtout que Gribouille dormais toujours dans l'une d'elle et je ne savais pas laquelle. Une chance que tout ce vacarme ne l'avait pas réveillé. Moi en revanche… impossible de me rendormir maintenant. La rouquine partit se coucher et je restai seule au milieu du couloir. Tout était calme, presque de trop. Il était à peine une heure du matin et je n'avais rien à faire. Un petit peu de lecture ? Je n'en avais pas trop envie. Une balade nocturne ? Ce n'était pas trop recommandé. Un jeu de société ? J'étais légèrement seule. Je sortie alors ma baguette et commençais à la faire tourner entre mes doigts, plongée dans mes pensées.

Pauvre fille, elle avait l'air terrorisée. Je me demandais ce qui avait bien pu la mettre dans cet état. Et si les histoires de la vieille Mme Devis étaient fondées ? Et si les partisans s'en étaient prit à elle ? Et si ils découvraient où elle était et qu'ils réussissaient à entrer ? Hors de questions que je me laisse faire ! Je me mis face à la porte d'entrée et commençai à réciter quelques formules. Quelques sorts en plus ne seraient pas du luxe.

- Qu'est ce que vous faites ?

Finalement ce n'était peut-être pas une bonne idée.

- Je… Je vérifiais si la porte était bien fermée.

- Avec un bâton dans la main ?

- Oui… c'est pour voir si… s'il n'y a pas de fissure… dans la porte.

Ça avait l'air plausible dans ma tête, mais là… j'étais vraiment devenue la reine des réponses idiotes.

- Je vois…

Je n'avais jamais autant eu l'air bête. C'était très embarrassant. Elle devait sûrement se demander si finalement elle n'était pas plus en sécurité dehors.

- Bon… Et bien je vais me recoucher.

- Bonne nuit.

- A vous aussi.

Plus facile à dire qu'à faire.

Je regardai l'horloge pour la centième fois : sept heures moins cinq. Bientôt l'heure du petit-déjeuner. Je mangerais bien autre chose que des céréales. Pourquoi pas des gaufres ? Avec plein de chocolat dessus. Ou bien des pancakes au Nutella. Oh oui ! Ce serait super.

- Hum, hum !

Ah, mon invitée était réveillée.

- Merci de m'avoir hébergée.

- Je vous en prie. Euh… Vous voulez manger quelque chose ?

- Je ne veux pas déranger…

- Pourquoi pas ?

- Vous devez déjà avoir beaucoup de choses à faire… Inutile de vous en donnez plus…

- Oh mais vous allez m'aider, à moins que vous soyez prête à risquer l'intoxication alimentaire.

Elle semblait réfléchir. Allais-je avoir mon petit-déjeuner spécial ?

- Où est la cuisine ?

Oui !

- Par ici.

Je rentrais la première dans le temple de la nourriture. Elle était juste derrière moi mais ne disait pas un mot. Non pas qu'elle fut émerveillée, mais elle ne savait tous simplement pas quoi dire. C'était donc à moi de lancer la conversation.

- Alors…

C'était géniale pour briser la glace ça. J'étais vraiment nulle.

- Alors… Que vas-t-on préparer ?

Bon, au moins elle m'avait répondu.

- J'ai envie de pancakes.

- Vous… Vous avez la recette ?

- Pourquoi faire ?

- Vous en avez déjà préparé ?

- Non, jamais.

- Euh… Bon, d'accord. Alors…

Retour à la case départ. Cette fille était vraiment coincée. Il fallait que je fasse quelque chose.

- J'ai une idée. Et si on les faisait comme bon nous semble ?

- C'est que… Je ne… Enfin vous êtes sure que c'est une bonne idée ?

- Sure et certaine. Et pour commencer, tu peux essayer de me tutoyer.

Au totale il nous avait fallut plus de deux heures pour faire dix malheureux pancakes, sans compter notre bataille de farine et les fous rires toutes les cinq minutes. Finalement, elle était plutôt sympathique quand elle n'était pas maladivement timide. Elle avait même réussi à m'étonner plus d'une fois.

- On ne s'en est pas trop mal sortie, me dit-elle.

Elle avait totalement perdu toute méfiance à mon égard. J'avais vraiment fais du bon travail.

- C'est la première fois que j'arrive à préparer quelque chose qui ne ressemble pas à de la bouille.

- En voilà une bonne nouvelle. Ah et au faite, moi c'est Emma.

- Audrey. Enchantée.

- Dis Audrey, tu penses que l'on peut manger maintenant ?

- Je ne le pense pas, j'en suis sûre.

Je pris aussitôt l'assiette et courus jusqu'à la salle à manger.

- Laisses-moi-en !

- Viens les chercher !

Qui aurais cru que je pouvais m'amuser autant avec une personne que je venais juste de rencontrer ? Pas moi en tout cas. Il était rare, depuis mon « accident », que je fasse confiance aussi rapidement.

- Tu viens d'où ?

- De Sidney. Tu ne dois pas connaître c'est un coin perdu.

- En Australie ?

- Bien sûr.

- Moi je viens de Washington.

- Pourquoi tu es venue en Angleterre ?

- J'ai hérité à la mort de ma grand-mère. Ma mère n'en voulait pas.

On se demandait bien pourquoi.

- Et toi ?

- Pour le travail. Il faut que je fasse des recherches sur le pays.

- Et tu dois découvrir quoi au juste ?

- Pour être honnête, je n'en ai aucune idée. Mon supérieur a voulu faire des mystères.

- Tu es sérieuse là ? Quel genre de patron ferait une chose pareille ? Ce n'est pas du tout logique.

Le genre de patron qui a 15 ans et qu'on surnomme L'illuminé.

- Il est… unique en son genre.

C'était le moins que je puisse dire.

-Tu veux que je te dise ? Cet homme se moque de toi. Tu devrais lui rendre la monnaie de sa pièce.

- Et comment je m'y prends ?

- Oublie un peu le travail. Et si tu prenais un petit congé ?

- Ce n'est pas une mauvaise idée. Tu fais quoi aujourd'hui ?

- Moi ? Mon patron n'est pas un illuminé, désolé. Et en plus il est très mignon alors je n'ai aucune envie de lui faire faux bon. Mais demain je suis libre.

- Super. Tu penses à ce que je pense ?

- Journée shopping ?

- Je ne demandais pas mieux.


La suite au prochaine épisode ^^