Amber
Rencontre avec Amber, la jolie coréenne.
À 38 ans, j'étais devenue une femme d'affaire cruelle et endurcie, mais toujours présente et dévouée pour mes filles. À 40 ans, Blue, mon patron, était de plus en plus stupide. Parce que j'avais refusé de lui faire l'amour sous prétexte de chaleur, il en avait déduit que j'étais ménopausée tôt. Donc, plus besoin d'utiliser les préservatifs qu'il détestait tant! Et comme j'essayais d'avoir une semaine de vacances bien à moi, je ne m'y étais pas opposée. Résultat? J'étais enceinte de 2 mois, et j'avais rendez-vous ce matin même chez le médecin le plus réputé du pays pour me faire avorter en toute sécurité, et surtout en toute discrétion. Qu'est-ce que je n'aurais pas donné pour garder cet enfant? Oh… Une petite boule d'amour, juste à moi… Un enfant à élever, un enfant qui serait le mien! Mais Blue ne voulait pas s'encombrer d'un tel fardeau, et encore moins que je m'en occupe seule, parce que je ne pourrai plus l'aider au bordel. Je me dirigeais donc comme une condamnée vers le bâtiment, modeste pour détromper les gens. L'avortement étant illégal, les mesures de sécurité étaient très sérieuses.
Comme j'arrivais au bas du haut escalier de marbre qui menait à la clinique, la porte s'ouvrit grand et deux hommes musclés jetèrent une jeune asiatique au sol.
- Ne reviens plus, vulgaire pute! Tu n'as pas les moyens, tu DÉGAGES!
- Messieurs. Cette jeune femme est avec moi.
- Ma… Madame Gorski, l'un d'eux me salua en s'inclinant légèrement. Pardonnez-nous mademoiselle, il s'excusa en aidant la jeune asiatique à se relever.
J'étais connue par ici, car quand les filles avaient des problèmes de règles en retard, autrement dit de bébés, je venais ici avec elles. Notre bordel était certainement leur meilleur client. Les hommes entrèrent à l'intérieur, et je souris à la jeune femme.
- Merci, Madame, et bonne journée, elle murmura timidement en baissant la tête pour partir.
- Attends! Tu n'allais pas…, demandais-je en pointant la porte.
- Je n'ai pas l'argent, Madame.
- Viens, c'est ma tournée!, je ricanais en prenant son bras doucement.
Elle me regarda, stupéfaite, et je la guidais à l'intérieur. Je la fis s'asseoir sur l'une des chaises de la salle d'attente, et je pris 2 formulaires à l'accueil, ainsi qu'un crayon. Je remplis d'abord le mien, tellement habituée à le faire pour mes filles que ça ne me prit que quelques minutes. Ensuite je lui posais des questions pour remplir le sien…
- Ton nom et prénom?
- Amber Taylor.
- Bonne idée, le faux nom.
- Merci…
- Ton âge?
- 26 ans.
Encore quelques questions, et je le libérais de cet interrogatoire en l'envoyant porter nos formulaires et le crayon. Quand elle revint, elle tordit ses mains à répétitions, ses pieds tremblaient. D'une voix plus douce, je lui parlais à nouveau.
- C'est ta première fois ici?
- Oui…
- Ne t'inquiète pas, tout va bien aller, mon cœur.
- Vous êtes déjà venue?
- Oui, pour mes filles.
- Vous avez des enfants?
Je riais en lui répondant.
- Non. Je dirige le bordel à 2 rues d'ici.
Le silence se fit immédiatement. Je sentais planer dans l'air un certain malaise, et je me doutais que c'était le genre de femme plutôt timide, qui ne connaissait du sexe que ce que ces parents avaient bien voulus lui dire. Peut-être était-ce même la raison pourquoi elle était enceinte; elle n'avait pas été suffisamment informée plus jeune.
Nos noms furent appelés en même temps. 2 médecins spécialistes s'occupaient des avortements : un homme et une femme, l'une des premières à être acceptée comme médecin. L'homme était imposant, peu souriant, un peu brusque, et fût attribué à Amber. La femme qui s'occuperait de moi était douce, réconfortante et dégageait la générosité. Amber paniqua devant l'homme, et je la poussais délicatement vers la femme.
- Allez, ma belle, bonne chance, je la rassurais en serrant sa main.
Je suivis l'homme avec confiance, sachant pertinemment que plus gay que lui c'était impossible. Les rumeurs courraient vite dans un petit quartier comme celui-ci…
Je sortis de l'établissement en même temps qu'Amber, 2 heures plus tard, et la fatigue qui la prenait était affreuse. Elle semblait courbaturée, et je décidais de l'emmener avec moi. Elle y passerait un moment, et je la renverrais chez elle après une bonne journée de sommeil et un copieux repas.
En entrant dans l'établissement, des hommes la regardèrent fixement.
- Pas touche. C'est une amie, pas une employée.
Plusieurs grognèrent de rage, mais Blue remarqua que la jeune femme suscitait beaucoup d'intérêt… J'installais Amber dans mon lit, et je passais la nuit avec mon patron, qui décida qu'il était temps que j'apprenne moi-même à forcer les filles à travailler ici…
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Finalement, je n'eu pas à forcer Amber à rester parmi nous. Dans la nuit, elle avait décidé qu'être logée et nourrie était essentiel, et qu'elle se foutait de son corps après toutes ces années à satisfaire son mari. Elle obtint donc 2 jours de congé pour se remettre de l'avortement, et commença à travailler. Elle se plaisait plus que je ne le pensais, et j'étais heureuse de la voir comme ça. Par contre, au niveau relation avec les autres filles… Il n'y avait que Blondie, ma belle amour, qui s'occupa un peu d'elle. Sweet Pea la rejeta immédiatement, et Rocket suivit sa sœur sans hésiter.
Je saisis par la suite pourquoi Sweet Pea la détestait tant. Sa sensualité était sans égale, et sa timidité plaisait à tous les genres d'hommes. Elle fût donc plus appréciée que Sweet Pea pendant un long moment. Même Blue semblait vouloir coucher avec la belle coréenne, mais je l'arrêtais en lui rappelant finalement notre vieil accord. Il grogna mais accepta.
Son premier essayage de costume restera gravé dans ma mémoire longtemps, pour toutes sortes de raisons. Entre autre parce que je me reconnaissais dans cette jeune femme incertaine de ses charmes et de sa sensualité. Considérant ce que j'étais devenue, je n'avais aucune inquiétude pour elle.
C'était un dimanche matin, jour de congé, et je l'avais invitée à venir me rejoindre dans le costumier tôt, pour les essayages habituels que toutes les nouvelles recrues subissaient. Les filles avaient un habit de tous les jours, un autre de travail, un de danse, et finalement certains costumes pour les spectacles à venir. Elles possédaient vêtements, maquillages, chaussures, bijoux et perruques.
Quand je demandais à Amber de se changer pour que je prenne ses mesures, elle rougit.
- Allons, mon ange. J'ai vu plus qu'un corps de femme. La porte est verrouillée, personne ne peut entrer.
Elle se détendit un peu et me révéla son corps parfait, bronzé et voluptueux à souhait. Je compressais légèrement sa poitrine en enroulant mon ruban à mesurer autour de son buste. Je pris ensuite les mesures pour sa taille, ses hanches, la longueur de ses pieds… Ce qui m'amena à la faire se rhabiller pour qu'elle essaie des talons hauts. Elle ricana en me disant qu'elle n'avait jamais marché avec des souliers comme ceux là, et je la regardais, perplexe. J'éclatais finalement de rire en lui passant les moins hauts que nous possédions dans sa pointure, des 3 pouces aiguilles en métal.
La voir essayer de marcher en s'accrochant à tout ce qu'elle trouvait me faisait à la fois rire, et me désespérait. Le temps que ça allait prendre pour qu'elle arrive à déambuler sensuellement avec ceux là dans les couloirs, et ne parlons même pas de danser sur la scène! Je la suivis donc en tenant ses hanches et en lui montrant parfois comment placer ses pieds, balancer ses hanches et où déposer ses mains. Elle s'en tirait plutôt bien, et si elle mettait certains exercices en pratique, elle battrait même Sweet Pea.
Les vêtements lui allaient comme un gant, toutes les petites tenues rendaient sa taille parfaite et ses seins appétissants. Ses longues et minces jambes au naturel se trouvèrent embellies avec les talons, et un petit maquillage lui suffisait pour épater n'importe quel homme.
En la voyant grimper sur la scène pour la première fois une semaine après, et impressionner le Maire, j'étais fière d'elle. Le Maire était connu pour démontrer rarement ses émotions, mais quand il se leva pour lui faire un « standing ovation », je savais qu'on venait de se faire un client régulier et fidèle. J'en touchais un mot à Blue, qui en doutait. Le Maire lui avait fait des avances pendant des années, et s'il se décidait à coucher avec une femme, c'était pour éclipser les mauvaises rumeurs qui courraient sur lui à propos de son homosexualité. Pour un homme qui travaillait dans le public, une rumeur comme celle-ci pouvait ruiner vie et carrière. Mais tant que l'argent rentrait, Blue était prêt à prendre tout les risques inimaginables, et à oublier toute rumeur fondée ou non.
Après cette performance, Amber gagna le respect de Sweet Pea, suivit de celui de Rocket. Je voyais ma nouvelle protégée se faire une place parmi ses consœurs, et sa timidité commençait à craquer. C'était par contre la femme la plus romantique et sensible que je n'ai jamais connue, et quand Rocket m'apprit qu'elles couchaient parfois ensemble pour oublier une grosse journée difficile, j'en fus émue. Elles avaient enfin compris; en s'entraidant, elles iraient loin!
La fin! La suite sera sur Babydoll, d'ici une semaine. Celle qui devait être la fin de mon concept sera par contre suivit par 2 chapitres sur la relation entre Vera&Blue, demande spéciale de LittleRachelBerry! J'espère que le chapitre sur Amber t'aura plut, comme tu semblais l'attendre!
Reviews?
Anna Bella ^^ xxxxxx
