Vera&Blue #1

Mon premier Vera&Blue, qui se passe le quatrième jour/soir de Babydoll au bordel, donc la veille de sa rencontre avec le High Roller…

Je revêtis mon bas de pyjama le plus long et le plus chaud, avec un petit débardeur rouge assez décolleté. Voilà avec quoi je m'habille quand mes problèmes de femme ressurgissent. J'irai quand même avertir Blue que je ne peux pas le satisfaire ce soir, sinon il serait bien capable de débarquer à n'importe quelle heure de la nuit. En me glissant dans mes pantoufles et en relevant mes cheveux dans un chignon en bataille, je me dirige vers sa chambre, les pieds trainants. Mes maux de ventre m'empêchent de prendre cette démarche aguichante que j'ai adoptée, et me permettent encore moins de marcher rapidement. Je cogne à sa porte doucement en entrant tout de suite après. Il est assis sur le gros lit de velours bleu, et il me sourit, un verre de champagne à la main.

- Je vous attendais, Vera. Célébrons la rentrée future d'un gros montant d'argent, voulez-vous? Grâce à moi, et un peu à vous, notre Babydoll serait prête pour le High Roller.

Il prend une gorgée et se lève pour me transpercer de ses yeux mesquins et froids. J'ai tellement mal au cœur à cause de mes règles que j'ai de la difficulté à ouvrir ma bouche pour lui parler, comment pourrais-je seulement penser à boire de l'alcool?

- Désolée, Blue. Je venais vous avertir que je commence à avoir mes règles, vous n'avez qu'à… attendre quelques jours.

- Blue Jones n'attends pas, chérie. Il se débrouille. À genoux. Aux dernières nouvelles, rien n'affecte votre bouche.

Mon mal de cœur, j'ai le goût de lui hurler, mais je m'agenouille sagement, comme la bonne fille que je dois être avec lui si je veux avoir la paix et un salaire décent. Il abaisse la fermeture Éclair de son pantalon, dépose son verre et agrippe mes cheveux avec force pour placer ma tête sur son sexe pas encore dur. Il claque au fond de ma gorge, et en plus de la sensation de ne plus pouvoir respirer, il y a ce petit goût salé qui s'ajoute à mon mal de cœur. Je glisse ma main sur le bout le plus près de son corps, pour le caresser doucement, pour qu'il ralentisse le processus, mais il chasse ma main de la sienne d'une petite tape en bougeant ma tête dans un mouvement de va-et-vient étourdissant. Plus son pénis se durcit, plus il accélère le rythme. Je sens le gonflement contre les côtés de ma bouche, un haut le cœur puissant me fait reculer un peu. Il me ramène à la tâche comme si de rien n'était, et je me demande comment un si petit homme peut-être aussi fort et cruel. Mes cheveux se défont sous les puissants mouvements, retombent sur mes épaules dans un doux bruissement. De profonds râlements sortent de sa gorge, sa tête se penche en arrière pendant que la mienne est lancinante de douleur. Puis il se met à crier mon nom, le rendant laid, vulgaire, malpropre. Je sens le sperme avancer dans son sexe, et il se retire pour éjaculer sur mon visage, et dans mon décolleté. Son sperme coule entre mes seins, je me sens sale et stupide. Il s'effondre sur le lit pendant que j'essaie de me relever du sol. J'atteins la porte sans parler, et quand il me demande en ricanant pourquoi je ne reste pas dormir, je fonds en larmes pour courir me réfugier dans ma chambre.

Vera Gorski ne pleure pas, je me répète en sentant mes larmes se mêler aux jets de sperme répandus sur mon visage. J'essaie de me persuader que c'est la faute de mes règles, que mes émotions prennent le dessus, mais mon cœur sait que c'est parce que je suis à bout. Mon corps et moi, on ne peut plus en prendre. J'allume une bougie dans la chambre de bain, et j'observe mon pathétique visage dans la glace. Mes yeux bouffis, les longues trainées humides et poisseuses de sperme mélangées aux larmes, mon menton tremblant, mon décolleté généreux et encrassé de blanc, puis mes yeux mouillés. Je me trouve laide, affreuse, rendue horrible à cause de Blue et toutes les horreurs que j'ai vues. Mes yeux semblent voilés de terreur, terreur trop présente dans mon milieu. Travailler dans un bordel me semblait une idée pas si mal, plus jeune. Mais quand je vois la femme que je suis devenue, je doute franchement du jugement dont j'ai usé.

Je m'effondre au sol en laissant sortir de gros sanglots, bruyants et remplis de tristesse. Le marbre du plancher est glacé sur mes mains, le mur de briques égratigne mon dos. Le seul bruit que j'entends, c'est ma gorge qui hurle. Quand la porte de ma chambre claque, ma gorge se décide à arrêter de sangloter, et je me trouve bien stupide d'avoir oublié de verrouiller la porte. J'étais tellement pressée de fuir Blue et son sexe répugnant, que je ne pensais à rien d'autre qu'être seule. Pourtant la voix qui m'appelle doucement n'est pas celle de mon patron…

- Madame Gorski?

La voix de Babydoll résonne dans ma chambre vide, et j'espère de tout cœur qu'elle s'en ira, oubliant la salle de bain comme j'ai oublié d'en verrouiller la porte, elle aussi. Mais non. La porte s'ouvre, mais elle la referme en me voyant ainsi. Elle ne parle pas. Soit elle a peur, soit elle ne sait tout simplement pas quoi dire. Que dire à une femme qui pleure, du sperme partout sur le visage et entre les seins? Rien…

Je ne lui connaissais pas ce calme, mais je lui en suis plus que reconnaissante. Elle prend une débarbouillette verte forêt sur une étagère, la mouille et s'agenouille devant moi. La jeune femme lave délicatement mon visage, caressant par la suite ma joie froide et mouillée du bout de son pouce. Elle va la rincer dans le lavabo, puis revient tout proche de moi. Babydoll me retire d'abord ma camisole, qui est elle aussi tachée, en la plaçant dans le panier à linge près de la porte. Elle passe respectueusement le bout de tissu entre mes seins. L'eau qu'elle y a fait couler est plus chaude, l'attention me touche énormément. Seins nus devant cette jeune adulte troublée, je ne peux que me blâmer de me montrer si faible. Je devrais accuser Blue, mais je n'y arrive pas. Je me remets à pleurer de plus belle, mon élève promise au High Roller dépose le tissu mouillé sur le bord de la baignoire et me prend par les épaules. Elle frictionne mon bras tremblant, pendant que je parle, sans buts apparents. Tout mes défauts me ressortent dans la figure et viennent me pourrir la vie.

- Je suis tellement affreuse, je sanglote en pensant à toutes les fois où Blue m'a dit qu'il me trouvait laide. Et grosse…

- Vous êtes superbe… Vos courbes font parler toutes les filles, vous savez. Nous sommes jalouses. Certaines ont des clients qui ne parlent que de vous… Ne vous laissez pas influencer par Blue. Vous rencontrerez un homme bien, j'en suis certaine…

- Tu… Tu ne devrais pas être ici. Une bonne nuit de sommeil t'aidera avec le High Roller. Je…

- Shuuuuut…, elle me chuchote en caressant mes cheveux alors que j'essaie de me relever. Arrêtez. Je voulais passer la nuit avec vous, c'est tout. J'ai bien fais, on dirait.

Elle laisse échapper un petit rire qui me rassure quant à son moral pour le lendemain. Je me relève finalement, et m'assois devant la coiffeuse dans ma chambre. Babydoll se place derrière moi, sa main douce sur mon épaule nue. Elle prend la brosse à cheveux sur le comptoir, et commence à brosser mes longs cheveux roux tendrement. Quand elle rencontre un nœud, elle soulève la mèche et la démêle avec patience. Ils finissent par être lisses et soyeux, à force de brossage. Je pose ma main sur la sienne en souriant à son reflet.

- Merci…

Elle sait que je ne parle pas que de mes cheveux. Elle sait que c'est aussi pour son réconfort et sa présence que je la remercie, et que ce qu'elle vient de faire je ne l'oublierai pas. C'est moi la tenancière, celle qui joue un peu le rôle de mère, mais l'amour que je donne parfois à mes filles me revient pour la première fois. Oui, elles sont toujours adorables avec moi. Mais un tel geste de compassion, Babydoll est la première à me le démontrer. Je me relève et je la serre dans mes bras. Elle reste surprise d'un tel geste, et par ma poitrine nue sur chaste chemise de nuit. Mais je me fous bien de ma semi-nudité. J'ai appris à vivre en paix avec mon corps, même si parfois mon patron me fait douter de mes charmes. Elle frotte mon dos d'une main incertaine, et je la guide jusqu'au lit gentiment. Elle a dit vouloir passer la nuit avec moi, et j'en ai besoin autant qu'elle. Elle veut une nuit passée dans des bras tendres avant celle avec le High Roller, et j'ai besoin d'une présence réconfortante dans mon grand lit froid. J'éteins la bougie de la salle de bain, et je m'assure, cette fois, de verrouiller la porte que même Blue ne peut ouvrir avec sa clé passe-partout. Il croit en être capable, mais c'est le seul luxe que je me suis permise; faire changer la poignée et la serrure pour avoir mon intimité. Et quand la jeune blonde enroule ses bras atour de mon cou, ses jambes encerclant mes hanches, sa bouche cherchant désespérément la mienne, je suis on ne peut plus heureuse de m'être accordée ce petit luxe…

Fin de mon premier Vera&Blue. Un peu plus dur celui-ci, penché vers le M sans exagérer je crois, j'espère qu'il aura plut! Le deuxième arrivera d'ici une semaine, et se déroulera après la mort des 3 filles et la fuite de Sweet Pea. Toujours entre Madame Gorski et son patron, nous verrons aussi comment s'est déroulé la première fois de Babydoll…

Reviews? ^^

Je vous aime!

Anna Bella :) xxxxxx

For Emily : I know it's more a Babydoll&Gorski, but the next one will be more… about Blue and her! Hope you enjoy it :D