Vera&Blue #2

La suite de mon Vera&Blue, et la fin de tout! Merci de m'avoir suivie, j'espère que vous aimerez ce dernier chapitre! (Très, très en retard, accusez mes études!)

Mortes. Sur mes 5 filles, trois sont mortes, l'une s'est enfuie, et l'autre est condamnée au High Roller. Blue a refusé catégoriquement de faire un enterrement en règle, et j'ai pleuré sur les corps d'Amber, Blondie et Rocket avant qu'il n'ordonne à ses deux gardes du corps de les balancer dans la fosse du champ non loin de l'établissement. Mes plus grands regrets sont de ne pas avoir eu l'occasion de serrer Sweet Pea dans mes bras avant qu'elle ne quitte, et de ne plus pouvoir conseiller Babydoll pour ce soir. Mon patron m'a enfermée dans la salle de danse, et je n'ai accès qu'à celle-ci et à mon bureau. Quand j'ai appris la mort de Rocket, je suis allée moi-même crier sur le cuisinier qui se recroquevillait et jurait n'avoir rien fait. Quand j'ai vu Blue tirer violemment sur Blondie et Amber, il n'a pas pu accepter un autre écart de conduite en m'entendant crier comme si on venait de m'arracher le cœur.

Je tourne en rond dans la large pièce, la robe de soirée que j'ai enfilée glisse sur le sol et le bruit de mes talons haut finit par me donner mal à la tête. Pour la cinquième fois, je porte ma main à la poignée et la tourne vigoureusement. Bel et bien verrouillée. Je frappe de toutes mes forces contre la fenêtre rectangulaire de la porte, serrant les poings de plus en plus pour que le bruit attire quelqu'un. Personne. Je suis seule; seule avec mes regrets, mes peurs, seule avec moi-même…

Je me concentre pour ne plus pleurer, mes yeux sont encore rouges et bouffis. Je mords mes lèvres avec violence, espérant ainsi que la douleur soit assez forte pour réprimer mon envie de pleurer, et faire d'une pierre deux coups pour qu'elles arrêtent de trembler. En me regardant devant l'un des énormes miroirs, je ne peux m'empêcher de penser que si j'avais refusé de me plier aux règles de Blue, rien ne serrait arrivé. Avec toute la force que mon corps peut contenir, j'abats mon poing contre la surface trop calme du miroir. C'est comme si je me frappais en plein visage, mais que la douleur ressentie était sur ma main. Il n'éclate pas; il craque. Là où se trouvait mon reflet apparait une série de petites fissures diverses. Un éclat, une parcelle infime de verre, vient se loger entre deux de mes articulations, et provoque une douleur insupportable que je recherchais. Je recommence à frapper, avec mes deux poings cette fois, jusqu'à ce que le miroir ne soit plus réfléchissant à cause du sang et des fissures. Je laisse libre cours à mes sanglots, et la douleur mentale est de beaucoup supérieure à la douleur physique. Je regarde mes mains, à la fois horrifiée et stupéfaite. Comment une petite femme comme moi peut faire autant de dommages en si peu de temps? J'aimerais bien avoir le même courage, la même force, devant Blue…

Le sang ruisselle entre mes doigts et s'écrase au plancher. Il trace un chemin écarlate du miroir jusqu'à mon bureau, laisse une piste qui en dit long sur l'état de mes mains. Je les passe sous l'eau : c'est l'une des premières fois que je me sers du lavabo installé ici. La plupart des éclats n'étaient pas profondément encastrés, et tombent dans le tuyau avec un tintement métallique. Pour ceux un peu plus enfoncés dans ma chair, j'attends que tout le sang ai disparu et arrête de couler avant de les retirer du bout de mes ongles. Aucun n'y échappe, et mes mains jadis si douces sont rendues parsemées de petites coupures fraîches mais propres. Seul l'extérieur est touché, rien n'affectera mes tâches, ni mon travail. Mon travail… Quand est-ce que Blue me laissera-t-il sortir d'ici?

Et le temps passe. Mes larmes coulent, mes talons claquent. Blue m'a enlevé la seule horloge à laquelle j'avais accès, celle de mon bureau, mais je peux voir par la fenêtre unique que la nuit est avancée. Il doit être environ 23h. Le High Roller a une préférence pour l'amour de nuit, et j'ose espérer que Babydoll est pleine d'assurance et prête devant cette nouvelle expérience. Pauvre amour… Je la revois encore, le visage baigné de larmes, tendant vers moi des bras impuissants pendant que je me faisais trainer ici en pleurant également.

Je vois le piano, plus près de la porte que du fond de la pièce, et je m'assois sur le banc en laissant courir mes mains sur les notes noires et blanches. Je ne joue plus depuis 5 ans déjà, sauf pour montrer quelques petites choses à celle qui en jouera durant les spectacles. Je commence à entamer un morceau, du Chopin, et la mélodie poignante me serre le cœur et me rappelle mes filles. Je suis tellement absorbée par ma tristesse, et par la musique, que je n'entends pas la porte se déverrouiller. Je sens seulement le métal froid d'un fusil sur la peau nue du haut de mon dos. Je me raidis, et avant que je ne puisse retirer mes mains du piano, Blue referme le couvercle du clavier directement sur mes doigts. J'entends mes jointures craquer, et je retire mes mains en laissant échapper un jappement de douleur. Je me tourne vers lui calmement, le fusil maintenant pointé contre ma poitrine. Il sourit méchamment, et je mourrais d'envie de lui voler son arme pour lui tirer une balle en pleine tête. Mais je ne le ferai pas, évidemment. Il me fait beaucoup trop peur…

- Vera, Vera, Vera, il chuchote sur un ton de reproche léger. Vous n'apprendrez dont jamais?

- De quoi parlez-vous?

- Des filles… Vous vous êtes trop attachée, encore. Pourtant… Blondie et Amber étaient tellement plus calmes avec chacune une balle dans la tête…

Je grogne de rage en avançant mes mains pour essayer de le griffer, le gifler, ou autre manœuvre qui lui causerait de la souffrance, mais il m'en empêche en appuyant son arme entre mes seins avec un sourire des plus pervers.

- Arrêtez de résister. Vous devriez plutôt vous inquiéter, vous qui êtes si maternelle…

- Babydoll, je murmure dans un souffle de panique. Quelle heure est-il?

- Minuit, vieille folle. Ce n'est pas comme si vous pouviez lui être d'une quelconque aide… Vous qui atteignez l'orgasme une fois par an…

Je le regarde, purement dégoûtée. Comme si c'était ma faute! La plupart du temps, je fais semblant de jouir, pour que son orgueil de mâle soit satisfait. Et il s'en est aperçu! S'il prenait plus de temps pour me caresser…

Blue se promène dans la pièce, regarde le miroir ensanglanté, puis mes mains. Il a l'air furieux, hors de lui. Mon patron s'approche de moi rapidement en me plaquant avec force contre le banc du piano. Mes seins s'écrasent douloureusement contre la surface dure, ma tête se cogne sur le bord du banc. Je me débats pour me dégager, mais il maintient une pression sur le bas de mon dos, ce qui est extrêmement désagréable.

- Vous avez quel âge, Vera? Tous ces dégâts! Vous avez la moindre idée du prix d'un tel miroir, hein? Si vous agissez comme une enfant, vous serrez traitée comme une enfant!

J'entends un bruit qui m'est trop familier, et la sensation désagréable que l'un de mes poignets est enfermé dans un étau étroit. Des menottes, je réalise trop tard pendant qu'il me jette au sol, tout près du piano. Il place mes mains derrière mon dos, et entre celui-ci et mes mains, une patte du piano. Blue attache l'autre menotte à mon poignet vacant, et même si j'arrivais à bouger, je ne pourrai me lever debout. Je suis assise sur mes talons hauts, et je le regarde avec haine pendant qu'il jette un regard intéressé sous ma robe longue.

- Dormez bien, Vera, il me souhaite sarcastiquement en déposant un doux baiser sur mon front.

Je ferme mes yeux sous la caresse de ses lèvres, et je me rappelle amèrement que c'est le geste le plus tendre qu'il est eu envers moi depuis une vingtaine d'années. Tendre, dans la mesure où je suis quand même menottée au piano, dans une pièce qui devient noire d'un coup quand il verrouille la porte de nouveau. Je pousse un soupir de découragement, et me prépare mentalement à passer la plus longue nuit de mon existence.

-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-

À partir du moment où Blue quitte la pièce, et celui où j'entends des pas dans le couloir, il passe environ une quinzaine de minutes. Pourtant, n'importe qui aurait pu me faire croire qu'une heure entière s'était écoulée. Dans la faible lumière du corridor, filtrée par la petite fenêtre crasseuse, j'aperçois un visage aux airs inquiets. Le visage se penche sur la fenêtre, plisse les yeux et me remarque finalement. Les grands yeux gris de Babydoll s'illuminent quand elle me reconnait, et elle glisse sous la porte un petit bout de papier soigneusement replié sur lui-même. Je lui fais un grand sourire, espérant qu'elle le verra malgré le peu de lumière. Elle me pointe son poignet, pour me signifier qu'il est l'heure, et qu'elle doit rejoindre le High Roller. La jeune femme me souffle un baiser rapidement, et je reste perplexe. Son regard est différent…

Peu importe! Je me concentre sur le bout de papier. Toujours posée sur mes talons, je me laisse tomber au sol en me couchant sur le dos, les bras étirés au maximum. La position est des plus inconfortables, les muscles de mes bras se contractent douloureusement. Ma jambe la plus près du message, la gauche, essaie désespérément de l'atteindre. La pointe de mon soulier noir et lustré est seulement à quelques centimètres du morceau de papier, mais pourtant je sais que je n'y arriverai pas. Je n'abandonne pas pour autant, car l'espoir fait vivre. Je m'étire de plus en plus et mes muscles protestent, mes poignets aussi. Je hurle de rage en faisant voir à mon corps comme je désire qu'il atteigne ce mot laissé par Babydoll. Pour me motiver, je m'imagine qu'il s'agit d'un message m'annonçant qu'elle va bien, disant de ne pas m'inquiéter. Ma cheville se tord dans un drôle d'angle, mais je ne m'en soucie pas car elle se rapproche du but! Je m'acharne jusqu'à…

Jusqu'à ce que je réalise qu'il doit être 2 heures du matin passées. J'ai mal partout, mon corps entier s'enflamme de douleur et tremble d'épuisement. Je pleure pour la perte de mes filles, et je cris parce que je n'en peux plus de toujours me battre pour la moindre chose que je veux atteindre dans la vie.

Un claquement de porte, des voix fortes, des pas rapides dans le couloir. Je vois passer à la vitesse le High Roller, torse nu et l'air enragé, suivi immédiatement des 2 femmes qui le suivent partout. Juste après, il y a Blue qui semble s'excuser de je ne sais quoi, et je comprends pourquoi avec horreur durant la fraction de seconde qui lui est nécessaire pour ouvrir la pièce où il m'a enfermée.

- Qu'est-ce que vous lui avez fait, il demande avec les yeux ronds de fureur et les mains qui tremblent. QU'AVEZ-VOUS FAIT À LA PETITE, VERA?

Quand il hurle, il faut se tenir loin. Je voudrais courir, m'enfuir, mais je suis couchée sur le plancher, menottée à un piano qui pèse une tonne, peut-être deux. Je vois bien que mon patron meurt d'envie de me frapper, mais il sait que plus il tape, moins je parle.

Il se met à arpenter la pièce, d'un bout à l'autre, tellement rapidement que la tête m'en tourne. Blue laisse échapper quelques petites phrases par ci par là, des faits qui me troublent et me font me questionner plus qu'ils ne le devraient.

- Il ne payera pas… Il dit qu'elle n'est pas comme il l'attendait… Elle murmurait votre nom… Il n'a eu que des commentaires négatifs sur son corps… Il… Elle… VOUS!

Babydoll, murmurant mon nom… S'est-elle trahie à ce point? Pourquoi reparlerait-elle de moi, de toute façon? Il m'accuse déjà, peut-être qu'il a compris… Mon stress grossit encore quand il remarque le petit bout de papier sur le sol et qu'il se penche pour le ramasser. Je le fixe, les yeux ronds, attendant qu'il me frappe jusqu'à ce que je ne sente plus mon corps. Au lieu de quoi, il prend une voix aigue et désagréable, pour me lire les quelques lignes qui arrêtent mon cœur.

- En voyant ses mains, je penserai aux vôtres.

En embrassant sa bouche, le goût de vos lèvres m'accompagnera.

Devant cette poitrine musclée, rien ne me fera plus plaisir que d'imaginer vos seins moelleux.

Quand son sexe pénètrera le mien, ce sont vos doigts attentionnés qui me feront jouir.

Kocham cię, Madame Gorski...

Entendre le « je t'aime » de la toute fin déclaré dans ma langue maternelle m'achève et me fait fondre complètement. Une vague d'excitation parcours mon corps, j'ai envie de pleurer et de rire en même temps. Même la voix sarcastique de mon patron ne m'affecte pas, tellement le message est touchant et flatteur. Mais Blue, lui, vient de trouver la raison pourquoi le High Roller est insatisfait. Et sa rage ne se contient plus, car il a enfin compris.

- Vous avez couché avec elle, Vera? Je ne vous suffisais plus? Vous aviez besoin de prendre la virginité d'une jeune femme pour jouir? C'était un viol, Vera? Est-ce qu'elle a hurlée?

- Arrêtez…, je supplies en imaginant une seule seconde que j'aurais pu blesser cette belle jeune femme.

- Elle était mieux avec le High Roller, il me susurre à l'oreille. Vous allez rester ici jusqu'à ce que vous soyez tellement assoiffée que vous accepterez de boire n'importe quoi… Vous allez me le payer, Vera. Tout l'argent qui était en jeu… Vous serrez tellement en manque d'un contact humain que je pourrai vous faire TOUT ce que je voudrai…

Il ne me touche même pas. J'aurais presque préféré qu'il me frappe. Son sourire pervers et ces paroles me glacent le sang. Il m'a rappelé que ma gorge est asséchée, et que mes muscles élancent encore. La porte claque, et mes yeux se ferment paresseusement. Aussi bien dormir que de me faire souffrir…

-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-

Quand mes yeux se décident à s'ouvrir de nouveau, Babydoll me fixe. Assise sur le mur devant moi, elle ne dit rien et se mord les lèvres nerveusement. Je souris, et je vais pour m'approcher d'elle, mais je réalise que je suis encore attachée. Des larmes de rage coulent sur mes joues quand je reviens vers l'arrière avec résignation.

- Attendez… Vous êtes épuisée…

Elle s'approche tout doucement, retire mon collier serré, mes boucles d'oreilles ajustées. La jeune femme caresse ma joue, et ses deux mains se glissent dans mon cou. Mes lobes d'oreilles sont massés tendrement entre ses doigts attentionnés, et je laisse sortir de ma bouche un petit gémissement d'appréciation. Elle est tellement adorable…

- Babydoll… Est-ce que tu peux me faire sortir d'ici?

Elle prend mon visage entre ses mains, ses yeux détaillent les miens avec passion.

- Non… Je suis désolée…

- Ce n'est pas grave... Qu'elle égoïste je fais! Comment ça c'est passé, avec le High Roller?, je demande en pointant du nez la chemise d'homme qu'elle porte.

- Décevant. Je… m'attendais à plus de la part d'un homme.

La jeune femme s'approche sensuellement de mon visage, je donnerais tout pour qu'elle m'embrasse… Au lieu de quoi, elle bifurque vers mon oreille en murmurant…

- C'était mieux avec vous…

Ses jeunes mains se glissent sous ma robe, taquinent mes cuisses et se rapprochent dangereusement de mon sous-vêtement. Je lui rappelle avec un jappement d'appréhension que j'ai mes règles, mais elle semble s'en souvenir parce que Babydoll s'arrête au bon endroit. Ses caresses sont quand mêmes douces et appréciées, et mon corps entier accueille une chaleur nouvelle. Jamais, depuis que j'ai quitté mon pays d'origine, quelqu'un m'a fait cet effet simplement en me touchant… Mais elle ne fait pas que me toucher; elle me parle. Elle me fait l'amour avec ses mots.

- Vous avez une peau douce comme de la soie… Avec un léger goût de miel, elle ricane en embrassant mon décolleté longuement.

Je soupire de bonheur, et mes mains tirent de toutes leurs forces. Qu'est-ce que je ne ferais pas pour avoir la possibilité de la tenir contre moi en ce moment?

- Vos lèvres sont pulpeuses, mais… fermes à la fois, elle ajoute après un léger baiser contre ma bouche impatiente. Vos cuisses sont chaudes et accueillantes, la jeune femme déclare après une caresse ou deux entre mes cuisses tremblantes.

Je n'en peux plus. Mon cœur débat, j'ai chaud, mon sexe palpite et mes lèvres deviennent sèches. J'ai besoin de la toucher, c'est vital. Je n'avais aucune idée qu'autant de gentillesse pouvait me faire cet effet…

- Votre cou est gracieux, l'odeur y est entêtante et elle me rend folle, Babydoll murmure en faisant une place pour son petit nez juste au creux de mon épaule. Et vos seins…

- Stop… STOP, je hurle presque quand elle descend lentement les brettelles de ma robe de soirée.

Elle me regarde, surprise et triste à la fois. Je n'ai pas la force de sentir ses mains sur ma poitrine pour le moment. J'ai mal partout, mon corps est encore plus sensible à cause de mes règles, donc ses caresses seraient… divines et interdites. J'ai peur pour elle, peur que Blue ne lui fasse mal. Cette jeune enfant a vécue suffisamment de malheurs pour une vie entière, la perte de ses amies n'aidant pas.

Babydoll s'éloigne un peu, mais garde ses deux mains appuyées sur mes cuisses avec une toute petite pression qui me rappelle qu'elle est juste à côté si je veux quoi que se soit…

- Je… je vous ai fais mal? Vous… vous n'en avez pas envie?

Je renverse ma tête vers l'arrière avec désespoir, je ne sais absolument pas quoi lui répondre. Quand je relève mon visage vers le sien, elle semble troublée.

- Allons mon ange… J'ai eu une grosse journée, je suis épuisée et… attachée! Je ne pourrai jamais te rendre ce que tu vas me donner, du moins pas avant un moment, surtout si Blue nous attrape. Tu devrais partir, éloigne-toi de moi, je lui demande avec difficulté, la gorge nouée.

- Jamais, elle me chuchote, la voix brisée.

La jeune femme descend finalement ma robe jusque sur mes hanches larges, et s'attarde entre mes seins d'un blanc immaculé un bon moment. Elle finit par détacher mon soutien-gorge sans bretelles, mais ma peau est déjà frissonnante d'avoir attendue quelques minutes. L'attente, la plus délicieuse et la plus terrible des façons de faire languir une femme…

Un doigt unique dessine le contour de mes seins voluptueux, effleure mes mamelons, attise mon envie pressante de la toucher. Le même doigt est porté jusqu'à mes lèvres pendant que sa main gauche soulève ma jambe pour l'appuyer entre ses propres seins. J'embrasse le bout de son index, puis le mordille tendrement avec un regard joueur. Puis, sans un avertissement, sa bouche se déplace pour prendre place sur mon épaule chaude et nue. Elle descend ses baisers jusque sous mon aisselle, qu'elle embrasse avec autant de douceur que s'il s'agissait de mes seins. Elle fait frémir mon ventre en s'approchant dangereusement de mon sexe, la courbe de mes hanches ondule pour se rapprocher de ses lèvres incroyablement tentantes. Juste à l'intérieur de mes cuisses, à cet endroit précis qui n'est jamais froid, elle passe sa langue lentement, sans relâche, avec le même mouvement. Chaque allée me fait attendre le retour, et chaque retour me fait regretter l'allée. La texture de sa langue est un peu rugueuse, ma peau ne peut pas en prendre plus. Mes jambes se libèrent de la douce emprise qu'était la sienne, et serrent son corps entre elles. L'une de ses mains griffe gentiment l'intérieur de l'autre cuisse, et la toute petite douleur mélangée avec la sensation incroyable de sa langue me fait crier de bien-être. Mes talons hauts grafignent le sol violemment, mon corps se débat en espérant que les menottes ne résisteront pas. Mais elles sont toujours aussi serrées.

La langue s'active, les ongles s'enfoncent un peu plus.

- Madame Gorski… Vous êtes délicieuse…

- Vera!, je crie entre chaque respiration plus profonde. Pas Gorski… Vera!

- Vera, elle chuchote en arrêtant toute caresse pour me regarder droit dans les yeux.

Et elle ne fait rien d'autre. Elle me fixe, et elle sourit en voyant que je fais tout pour qu'elle continue ses délicates attentions.

- Touche-moi… Je t'en supplie

Elle m'a à sa merci, je ferais tout pour elle… Tout pour une caresse, un baiser, une parole… Sa main détache mes longs cheveux roux, et flatte ma nuque avec une tendresse peu commune. Sa bouche se place sur l'un de mes mamelons, et le tire gentiment vers elle. Un râlement rauque sort de ma gorge, et sa main se déplace vers l'avant pour en sentir la vibration sourde. Sa langue taquine mon sein, et la chaleur de son souffle me rassure et me fait me sentir bien. Bien comme je ne l'ai jamais été dans les bras de quelqu'un; en sécurité. La main si délicate prend place derrière mon dos, et le caresse du bout de ses ongles de haut en bas, de bas en haut. Sa bouche s'active toujours sur ma poitrine, et les frissons glacés qui traversent mon dos m'électrifient. Le mélange de chaleur, provenant de son souffle, et de froid, grâce aux frissons, me rend folle et me fait perdre la raison. Un orgasme violent me parcours, et je réalise que cette exceptionnelle jeune femme vient de me fait l'amour sans même toucher mon sexe. Babydoll tient mon visage entre ses mains pendant que mon corps entier convulse et s'arque vers elle. Elle sourit, et je ne peux lui répondre car les paupières me tremblent.

- Ouvrez vos yeux d'émeraude, Vera…

Je laisse passer entre mes lèvres un petit gémissement, et j'ouvre les yeux juste pour elle. Elle me sourit, et attend que mon corps cesse de trembler. Quand je me calme finalement, elle caresse mon ventre moite en me jetant des regards coquins trop souvent pour que se soit normal.

- Qu'est-ce que tu as, vilaine fille?, je ris en essayant d'atteindre ses lèvres en m'étirant au maximum. Tu réalises ce que tu viens de faire?

- Non… Je me dis que vous allez vouloir me tuer…

J'éclate d'un rire sonore, mais je porte une attention toute particulière à sa main qui se glisse dans la poche de la chemise blanche. Elle en sort une petite clé, qu'elle agite sous mes yeux comme devant ceux d'un chat.

- Que… DÉTACHE-MOI TOUT DE SUITE!

- Nan… J'en ai pas envie… Sauf si vous me promettez d'être sage!

Je grogne, mais je finis par accepter. Dès que mes 2 mains sont libres de bouger à leur guise, je la plaque au sol sous moi. Je l'embrasse avec passion, une passion qui pourrait lui donner la fièvre tellement la chaleur qui passe entre nos deux corps est intensifié par mon sentiment de liberté. Rien à voir avec les petits baisers qu'elle osait à peine déposer sur mes lèvres… Quand je m'arrête, elle est essoufflée, et elle pleure… Je la relève doucement et la pose sur mes genoux en m'excusant dans ses cheveux.

- Je suis désolée mon cœur…

- N… Non! Je… Madame Gorski… Elles sont mortes…

Et puis elle craque, éclatant en de gros sanglots bruyants que je ne peux que consoler. Je n'ose même pas lui reprocher de m'avoir appelée, encore une fois, par ce nom sévère qui me suit partout. Je frotte son dos sous la chemise en embrassant son cou, et elle ne dit rien d'autre que les noms de ses amies qu'elle ne reverra plus… Elle les répète sans cesse, sans aucune pause, et on dirait une espèce de prière qui crève le cœur. Toujours sans un mot, je soulève son corps et l'appuie contre moi pendant qu'elle enroule ses jambes autour de mes hanches. Babydoll est assez lourde, mais rien ne pourrait m'empêcher de l'emmener au chaud dans mon lit. Même pas Blue qui, en me voyant entrer précipitamment dans ma chambre, me crie des insultes incompréhensibles.

Je dépose le petit paquet tremblant sur mon lit et je la borde tendrement en la serrant contre moi. Je la veille toute la nuit, et dès qu'elle s'endort, c'est pour se réveiller quelques instants plus tard pour pleurer de nouveau. Elle se reproche la mort de ses amies, celle de sa sœur, et même de sa mère qui est pourtant morte de cause naturelle. Elle exagère toutes ses émotions, ce qui est très normal en cas de panique. Mais tout cet éclat de sentiments finit par calmer la jeune fille peu à peu. Au petit matin, elle ne fait que me regarder avec la mort dans les yeux. Quand le soleil perce le fin rideau de lin de ma chambre, elle me sourit un peu. Babydoll est magnifique, et je suis comblée d'avoir une belle jeune femme comme elle à mes côtés…

- Babydoll?, je murmure après des heures de silence à la réconforter.

- Hum?

- Pourquoi… pourquoi c'est avec moi que tu baises, plutôt qu'avec d'autres?

- Nous… nous ne baisons pas. Nous faisons l'amour. Et avec vous… c'est tellement beau, simple, doux… Je vous aime, Mada… Vera, elle se reprend juste à temps.

Mais quand même. Le je t'aime en polonais dans sa lettre, je l'avais pris pour une formalité. Ses belles phrases pendant qu'elle me touchait, je le voyais comme une façon de me faire plaisir. Mais dit comme ça…

- Tu m'aimes? Allons, j'ai l'âge d'être ta mère!

- Ma mère est morte. Vous non. Et je me fiche de l'âge.

Dès le moment où elle m'a prouvé qu'elle s'en fichait royalement en m'embrassant d'une façon que je ne croyais pas possible tellement passion et douceur se mélangeait divinement, je n'argumentais plus. Elle m'aimait, j'éprouvais pour elle des sentiments que je ne pouvais nommer, et c'était tout.

Toute la journée, nous la passons au lit à rire, à pleurer, et à s'embrasser. De petits baisers tendres, de plus longs et enflammés… Quand je gémis son nom, elle me reprend en me grondant. Elle veut que je l'appelle Emily, maintenant…

Snifi snifi! La toute fin, un mois en retard! Laissez des reviews, je veux vos avis, commentaires, pensées… tout! Le vrai nom du personnage de Babydoll est donné en l'honneur de LittleRachelBerry, et non en celui d'Emily Browning! J'espère que ce chapitre t'aura plu!

Je vous aiiiime ^^

Anna Bella :) xxxxxxxxxxxx