Encore un énorme merci à Sauterelle pour sa review! j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira :) (le passage en gras dans ce chapitre correspond à la citation imposée par Moht dans son challenge)

Le fantôme s'éclipsa, provoquant un sursaut d'effroi général, pour réapparaitre juste derrière l'un des sosies, générant par la même occasion d'autres hurlements. Les frères n'avaient pas encore eu le temps d'arriver à son niveau qu'il avait déjà plongé la main dans l'abdomen de sa victime qui s'effondra à genoux, le cœur serré à en mourir. Sam déchargea son arme et Lowell disparut. L'homme reprit sa respiration en se tenant la poitrine, livide.

Dean regarda vers la sortie de la salle pour y voir un Rob à deux doigts de la crise de panique et courut à sa rencontre. « Il faut évacuer l'hôtel, et tout de suite. » ordonna-t-il.

« Que… quoi ? » l'autre homme peinait à reprendre ses esprits.

« Si vous n'évacuez pas l'hôtel maintenant, il va y avoir un vrai carnage ici, et on ne pourra rien faire pour l'empêcher ! » répéta Dean, plus fort, en secouant un peu le bonhomme.

« Mais qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Rob, au bord des larmes.

Dean essaya de garder son calme. « L'esprit de Lowell Klingle est revenu et il va tuer tous ceux qui ont un rapport avec Elvis. Toutes les morts qu'il y a eu dans votre hôtel depuis trente ans, c'était lui, et là, il y beaucoup trop de sosies dans l'hôtel à son goût. C'est compris ? Bon. Maintenant, évacuez. »

Des hurlements suivis d'un autre coup de fusil indiquèrent que Lowell était repassé à l'attaque et que Sam l'avait à nouveau repoussé.

Rob, tremblant, courut vers le comptoir et actionna le bouton d'ouverture des portes coulissantes à l'entrée de l'hôtel. Rien. Il appuya frénétiquement sur le bouton, toujours rien. Il se tourna vers Dean, affolé. « Ça ne s'ouvre pas ! »

L'aîné des Winchester s'avança vers les portes et essaya de les ouvrir manuellement, en vain. Il tenta un violent coup de pied qui ne servit qu'à lui faire très mal aux orteils. Il respira un grand coup. « Vous avez une sortie de secours ? » Rob opina et s'élança à l'autre bout de l'hôtel, Dean à sa suite. Il entendit encore des cris effrayés suivis d'une détonation dans l'arrière salle et croisa les doigts pour que son frère ne se fasse pas piétiner par une foule hystérique. La sortie de secours était tout aussi résolument bloquée que les portes d'entrée. Ils étaient piégés à l'intérieur.

Dean se passa une main lasse sur le visage. « Il faut regrouper tous les clients de l'hôtel dans une salle plus facile à surveiller. Votre casino clandestin est beaucoup trop compliqué avec ses deux mezzanines. »

Le gérant acquiesça. « Le restaurant a été aménagé pour le concours de chant. C'est assez grand pour contenir tout le monde et la salle est rectangulaire, ça irait ? »

« Parfait. Retournez dans le casino et aidez mon frère à rassembler les gens dans le restaurant. Il faut que j'aille chercher quelques affaires dans ma chambre qui pourront nous aider et je vous rejoints. »

« Votre frère ? » s'étonna Rob.

« Je pense que vous avez deviné qu'on n'est pas vraiment journalistes. Allez-y ! » cria Dean en courant vers les escaliers sans laisser le temps au petit homme de lui répondre. Il grimpa en vitesse jusqu'à la chambre où il remplit son sac de tout ce qu'ils avaient emmené avec eux. Deux briquets et un flacon d'allume barbecue, deux autres fusils dont le canon scié qu'il s'était fabriqué lui-même, une vingtaine de cartouches et trois sacs de gros sel. Ils n'iraient pas loin avec tout ça. Il se maudissait de ne pas avoir embarqué tout le contenu du coffre de l'impala. Il redescendit en courant et aida à rassembler les derniers clients apeurés dans la salle du réfectoire.

Sam s'avança à sa rencontre. « Je n'ai presque plus de munitions. » Il regarda dans le sac et se servit. « On ne tiendra pas longtemps… »

Dean acquiesça en lui tendant un sac de sel. « Aide-moi à protéger les portes et fenêtres. » ils avaient quand même un peu de chance dans tout ce marasme, le restaurant ne comptait que très peu d'ouvertures. Dean remerciait le ciel qu'ils ne se soient pas trouvés dans un de ces restaurants panoramiques composés uniquement de fenêtres.

Rob s'approcha de lui. « Qu'est-ce que vous faites ? »

Dean répondit tout en protégeant la dernière porte. « Le sel repousse les esprits et empêchera Lowell d'entrer dans la pièce. Vous devrez veiller à ce qu'absolument personne ne franchisse ces lignes de sel ou ne touche à celles sur les fenêtres. »

Sam arriva avec un sac de sel vide. « J'ai pu tout sceller mais j'ai du vider deux cartouches. Rob, vous pouvez me montrer où sont les cuisines, on a besoin de tout le sel que vous avez. »

Rob devint blanc comme un linge. « Euh… »

« Vous ne savez plus où sont les cuisines ? » demanda Dean.

« Euh, non mais… euh, c'est un restaurant de cure et euh… »

« Comment ça, un restaurant de cure ? » Demanda Sam. Il sentait sa mauvaise humeur revenir à grands pas.

« Les clients suivent un régime sans sel, si vous préférez. C'est la spécialité de notre hôtel, je… je ne pouvais pas savoir… » Rob suait à grosses gouttes.

De l'agitation commençait à se faire sentir au sein de la clientèle amassée dans le restaurant. Un gros Elvis rougeaud s'avança vers eux en agitant un doigt menaçant dans leur direction. « Quelqu'un pourrait m'expliquer ce qui se passe ? Et pourquoi on ne peut pas sortir de l'hôtel ? Votre comportement est inadmissible ! J'exige un remboursement ! » D'autres clients énervés et remis de leur émotions commençaient à les encercler.

« Whoa whoa whoa, du calme ! » Hurla Dean pour couvrir le vacarme. « On va tout vous expliquer, mais putain, restez calmes ! » Il se fraya un chemin vers l'estrade et s'empara d'un micro en faux diamants d'un kitsch absolu. « Tout le monde m'entend ? Bien. La situation n'est pas agréable, je comprends. Mais tant que personne ne franchira les lignes de sel que mon frère et moi avons tracées, rien de mal ne pourra vous arriver. Compris ? »

Une voix s'éleva parmi la foule. « Qu'est-ce qui se passe ? C'était quoi ce truc tout à l'heure ? » De nombreux marmonnements suivirent la question.

« C'est un fantôme. » Dean laissa le vacarme provoqué par son annonce s'estomper. Même placés devant l'évidence, les gens avaient toujours du mal à enregistrer ce type de révélations. « Et il est plutôt en colère, comme vous avez pu le remarquer. Il a tendance à s'en prendre aux sosies d'Elvis, alors, messieurs, faudrait vous dés-Elvisser, ça peut pas faire de mal et ça pourrait le distraire un moment… Enlevez vos costumes, perruques et-cætera, vous pouvez utiliser les nappes pour vous couvrir si vous voulez. » Des exclamations indignées retentirent. « Mon frère et moi avons l'habitude de ce genre de situations, alors si vous restez tranquilles et que vous nous laissez faire, je peux vous assurer que vous pourrez rentrer chez vous sans problème. » Il coupa le micro et rejoint son frère.

« Il faudrait trouver un moyen pour neutraliser Lowell pendant qu'on recherche le je ne sais quoi auquel son esprit est attaché. » réfléchit Sam. « On a plus de sel, il ne reste que le fer… il faudrait l'enfermer dans une grosse boite en fer, un truc du genre. »

« Euh ouais, et tu penses à quoi ? Je vois pas tellement de fer ici. » Répondit Dean, pessimiste.

« Il y a toujours l'ancienne salle des coffres. » intervint Rob, qui n'avait pas pu s'empêcher d'écouter. « Elle est au sous-sol, on ne l'utilise plus parce que presque tout est rouillé, justement. La salle entière est doublée de plaques de fer. » Voyant que les deux frères le regardaient sans répondre, il s'empourpra. « Pardon, c'est une mauvaise idée, je… je vais retourner euh… »

Dean l'interrompit « Non, non, c'est une excellente idée… il faut juste qu'on trouve un moyen d'attirer Lowell dans cette salle. »

« On peut se déguiser en Elvis… » Suggéra Sam, pas franchement emballé par sa propre idée.

« Avec tous ceux qui se trouvent ici je ne pense pas que ça suffise. Il faudrait un truc qui le mette bien en rogne… comme… comme chanter du Elvis, par exemple. Seulement, je connais pas vraiment ses chansons. » Dean se massa le front, perplexe.

Sam fit la moue. « Hum euh… j'en ai quelques unes sur mon ipod… »

Dean haussa un sourcil. « Tes gouts musicaux sont encore pire que je pensais. Comment on peut être frères tous les deux ? »

Le cadet haussa les épaules. « Je les avais téléchargées pour Jessica. »

« Oh. » L'ainé des Winchester fit une moue gênée puis enchaina. « File-moi ton ipod. »

« Pour quoi faire ? » Sam sentit venir le coup à trois kilomètres.

« Je me charge d'attirer Lowell, toi tu surveilles les clients, qu'il n'y en ait pas un qui ait l'idée de sortir d'ici et d'aller se faire trucider. » Dean tendit la main dans un geste d'attente. « Alors, tu me le files ou non ? »

« Non ! C'est hors de question que je te laisse y aller seul ! T'es dingue ou quoi ? J'en ai plus que marre de ton comportement suicidaire, Dean ! » il avait haussé la voix plus fort qu'il ne l'avait voulu et quelques clients commençaient à les regarder bizarrement.

« Je suis pas suicidaire. Je suis plus expérimenté, c'est tout. Je suis le meilleur quand il s'agit d'énerver les gens, les monstres, et les fantômes. Ce sera du gâteau. Et puis, tu es bien meilleur que moi quand il s'agit de calmer les foules. Tu leur fais ton regard de chien battu et hop, ils t'écoutent. Pour la dernière fois, file-moi ton ipod. » Nouveau geste de la main. « Et puis… je chante mieux que toi. »

Sam bouillait d'une rage intérieure. Rien ne se passait comme il voulait. A ce moment précis, son cœur balançait entre trois options :

1) Chopper Dean et le frapper avec le micro en diamant jusqu'à ce que mort s'en suive.
2) Pleurer comme une gonzesse.
3) Se prendre la cuite du siècle.

Malheureusement, aussi tentantes que soient ces idées, Sam ne pouvait pas les mettre en exécution, le nombre de témoins étant trop important. Alors il se contenta de décocher des regards mauvais tout autour de lui et plus particulièrement en direction de son frère.

Dean. Évidemment, c'était lui qui avait voulu qu'ils passent quelques jours à Las Vegas. Et bien sûr, au lieu d'avoir l'argent, l'alcool et le sexe à gogo, ils se retrouvaient enfermés dans un hôtel qui faisait office de casino clandestin à la merci de l'esprit d'un mauvais sosie d'Elvis Presley complètement psychotique. Et il avait fallu que sur tous les hôtels de la ville, ils en choisissent un hanté pour abriter la toute nouvelle convention de sosies d'Elvis. Pour couronner le tout, il fallait que ce fichu hôtel soit un hôtel de cure pour pensionnaires adeptes du régime sans sel. Sam se demandait sur quelle fourmi karmique il avait bien pu marcher pour être constamment poursuivi par cette foutue mouise Winchesterienne.

Et le pire du pire, c'est qu'il savait que son frère avait raison. Il fouilla dans sa poche et tendit l'objet maudit à son frère. « Si tu te fais tuer, tu peux être sur que j'irai moi-même te chercher en enfer pour te re-tuer ensuite. »

Dean accepta l'objet avec un petit sourire en coin. Puis le retourna dans ses mains. « Euh… » Sam soupira, reprit l'ipod, sélectionna un album du King dans son répertoire et le rendit à son frère, la mine plus renfrognée que jamais.

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