Chapitre 6 : Clark et Lois

Lois arriva sur les lieux du presque cambriolage. Plusieurs voitures de police étaient stationnées devant la bijouterie et les policiers avaient placé un « barrage » de sécurité pour empêcher les curieux d'approcher la vitrine qui était réduite en milles morceaux.

Son instinct de journaliste plus fort que tout, Lois s'approcha du barrage et tapa sur l'épaule d'un policier pour attirer son attention.

-Vous ne pouvez pas approcher mademoiselle, reculez s'il vous plaît. Ordonna poliment l'homme.

-Je m'appelle Lois Lane, je suis journaliste pour le Daily Planet. Insista Lois.

L'homme la regarda, attendant les questions.

-Merci. Pour commencer, mes sources m'ont affirmé que l'adolescent n'était pas armé. Comment a-t-il fait pour faire éclater cette vitrine?

-Nous l'ignorons encore. Mais plusieurs policiers croient qu'il pourrait s'agir d'une autre manifestation héroïque.

-La dernière fois que cela s'est produit, les criminels sont tous morts non?

-Pas cette fois. On attend son réveil pour l'interroger.

-Où est-il en ce moment?

-À l'hôpital. Il n'était pas sérieusement amoché, mais il avait plusieurs coupures et hématomes à faire soigner.

-D'accord. Quand il se réveillera, j'aimerais en être avertie. Voici mon numéro. (Elle lui tendit un morceau de papier.) Merci de votre coopération, agent…

-Gordon. Commissaire James Gordon.

-Merci, commissaire.

-Au plaisir, mademoiselle Lane.

Lois jeta un dernier coup d'œil à la scène du crime et s'éloigna, prête à se rendre au Daily Planet faire quelques recherches supplémentaires. Elle ne pourrait certainement pas dormir pour le reste de la nuit alors autant faire quelque chose d'utile.

Alors qu'elle s'apprêtait à tourner le coin de la rue, elle entendit le bruit d'un téléphone qui sonne. Elle se tourna, cherchant l'origine du bruit lorsqu'elle remarqua qu'il venait de la cabine téléphonique non loin d'elle. Intriguée, elle alla répondre.

-Allô?

-Lois Lane? Répondit une voix déformée par un modificateur de voix.

-Oui, c'est moi. Qui est-ce?

-On m'appelle le Blur. Je remarque que vous semblez enquêter sur mes frères et moi.

-Vous êtes un des superhéros qui arpentent Métropolis. Devina Lois.

-Quelle perspicacité!

-Vous m'appelez seulement pour rire de moi?

-Non.

-Vous voulez que j'arrête mon enquête?

-Non plus. Au contraire. La Ligue est d'accord pour un peu de publicité. Ça nous évitera de toujours intervenir si la peuplade est avertie.

Lois réfléchit un instant. Qu'est-ce qui lui prouvait qu'elle n'était pas en train de se faire piéger?

-À une condition. Prouvez-moi que vous êtes bien le Blur.

-Comme vous voulez.

Il y eut un grand courant de vent et Lois se sentit soulevée de terre, le vent ébouriffant violemment ses long cheveux bruns. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle était sur le toit au dessus de la cabine téléphonique où elle se tenait quelques secondes plus tôt.

-C'est une preuve tangible? Fit la voix déformée du Blur au-dessus d'elle.

Lois leva la tête. Sur une partie surélevée du toit, le Blur se tenait debout, son long manteau noir flottant au vent, un pentagone marqué d'un « S » bleu électrique brillant sur sa poitrine. Seul son visage était caché dans l'ombre.

-« S » pour…? Demanda Lois.

-J'ai vu ce signe dans une BD, j'ai bien aimé. Ironisa Blur.

-D'accord, vous êtes bien le Blur. Vous pouvez me faire redescendre maintenant?

-Je n'ai plus l'effet de surprise, vous pourriez être déçue.

-Je veux descendre. J'ai horreur des hauteurs.

-Il y a un escalier derrière vous.

-Vous croyez vraiment que je vais descendre 20 étages à pieds?

-Ça vous tiendra en forme.

-Très drôle. Vous voulez que je vous supplie?

Le Blur soupira en secouant la tête.

-Ce que vous pouvez être enquiquinante! Heureusement que je vous aime bien.

-Ho merci, c'est trop d'honneur! S'exclama Lois, cynique.

-D'accord, je vais vous redescendre, mais fermez les yeux.

-C'est fait.

-Fermez-les pour vrai.

Lois grogna et retira son écharpe pour en faire un bandeau.

-Ils sont assez fermés maintenant?

Seul le rire du Blur, tout près d'elle, lui répondit. Il posa une main dans son dos et l'autre derrière ses genoux et la souleva comme une jeune mariée.

-Accrochez-vous.

Lois tâtonna jusqu'à trouver son cou et passa ses bras autour. Il la serra un peu plus contre lui et prit son envol. Effrayée, elle cacha son visage dans son torse, se maudissant l'instant d'après quand elle songea à toutes les moqueries qu'il allait pouvoir lui dire ensuite. Finalement, elle sentit qu'ils atteignaient la terre ferme et le Blur la reposa sur le sol. Elle retira vite fait son bandeau improvisé et lâcha une exclamation.

-Vous m'avez ramenée chez moi?

-Vous avez besoin de repos pour écrire un bon article. Se justifia-t-il, derrière elle.

Elle voulut se retourner, mais il avait disparu.

-Je croyais vous avoir fait comprendre que je ne voulais pas dévoiler mon identité.

Lois sursauta. Il était de nouveau derrière elle. Elle amorça un mouvement pour se retourner, mais il passa un bras autour de sa taille et l'attira contre lui en mettant une main devant ses yeux.

-On respecte l'intimité s'il vous plaît. Ricana-t-il à son oreille.

-C'est valable pour vous aussi! Siffla-t-elle. Vous vous croyez tout permis parce que vous sauvez des vies? Ou bien parce que vous êtes tout simplement arrogant?

Il rigola franchement cette fois.

-Mademoiselle Lane, vous ne connaissez rien de moi.

-Vous non plus.

-Vous pourriez être surprise.

-C'est une violation de la vie privée, ça, vous le savez?

-Et vous alors? Vous essayez de voir mon visage sans ma permission.

-Bon, on va pas se disputer comme ça toute la nuit, si? Vous voulez bien me lâcher, j'en ai marre!

-Ça fait longtemps que je ne vous tiens plus. Vous pouviez vous décoller quand vous vouliez.

Lois remarqua à cet instant qu'effectivement, sa prise autour de sa taille s'était totalement retirée et que c'était maintenant elle qui restait contre lui. Gênée, elle repoussa sa main et s'écarta, mettant sa propre main devant ses yeux pendant qu'elle le contournait. Elle sortit rageusement ses clés de son sac à main et entra dans l'appartement sans lui dire au revoir.

Blur sourit. Elle lui plaisait. Énormément. Et il la gagnerait. Coûte que coûte.