Bonjours à tous !
Je vous poste ici le sixième chapitre de Corps à Corps avec cependant un jour de retard.. Je crois que j'entreprends beaucoup trop de choses en même temps et je suis un peu dépassée par les événements.. total mon ordi aussi ^^
Donc je n'ai pas encore répondu à toutes les reviews, ce que je vais faire immédiatement, mais vous avez étét tellement absolument géniaux et adorables dans vos reviews que cela aurait été honteux de vous poster ce chap avec plus de retard.
Merci encore à tous, du fond du coeur, vous ne savez pas les cadeaux que vous me faites quand vous m'envoyez vos messages ! Et j'espère sincèrement que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes.
Merci d'être toujours là, gros bisous et à tout bientôt !
Mad
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Corps à Corps
Chapitre VI
- Tu ne manges pas avec nous?
Le regard sombre et l'air éreinté de Malfoy ne me dit rien qui vaille. De larges cernes bleues bordent ses yeux, ses cheveux sont décoiffés, son teint blafard. Encore un pour qui la nuit a été courte.
Nott lève les yeux de sa dissert et lui adresse un franc sourire.
- Nan, je bosser avec Harry, il m'aide à remonter ma moyenne de philo alors..
Hagard, le blond ne semble pas bien saisir le sens de ces paroles. Sentant la faille, je me jette à l'assaut.
- Mais c'est avec grand plaisir que nous t'accueillons Malfoy ! À moins que tu ne préfère aller taper sur quelqu'un d'autre, ce qui me vexerait.. énormément..je dois l'avouer.
Détournant lentement la tête, il pose sur moi son regard absent. Pas la moindre trace de haine, de colère, de révolte, il me traverse tout bonnement comme si je n'étais qu'un obstacle. Le choc me saisit au cœur et me fait perdre mon petit sourire arrogant. Qui est-il pour me déstabiliser à ce point? Mais le type qui est devant moi n'est pas le Malfoy que je connais. Il est ailleurs et je donnerais cher pour savoir où il est. Après m'avoir ignoré pendant une interminable minute il finit par faire demi-tour et retourne s'asseoir entre Pakinson et Zabini. Je reprends lentement conscience, il ne faut pas que je perde la face, surtout devant Théo.
Nous échangeons un regard malicieux avant que ce dernier ne se remette à son travail. À l'autre bout de la cafétéria, Pansy se colle contre le blond, charmeuse. Je détourne les yeux.
Toute la nuit j'ai ressassé des images du couple. Les lèvre de Malfoy descendant sur la poitrine de Pansy et son corps pulpeux se cambrant sous lui. Son petit sourire fier de bêcheuse et la passion qui voile le regard du blond. Des cris suraiguë et des grognements rauque.
Toute la nuit.
Mille fois, je me suis retourné, cherchant le sommeil, en vain.
Sans arrêt, tentant d'éloigner de moi ces images répulsives qui me rejoignaient jusque dans mes rêves.
Sans répit, Parkinson et Malfoy me poursuivaient, toujours, partout. Elle lascive, se laissait dominer par la fouine avec un sourire amusé tout en me faisant un doigt d'honneur. Je me réveillais choqué, en sueur, déboussolé au possible. Souvent, je lisait un peu pour retrouver la fatigue nébuleuse et me recouchait dès que mes paupières se faisaient lourdes. Alors le rêve recommençait, toujours plus sombre et plus intense. Elle, perfide petite allumeuse, le charmant sous mes yeux ébahis. Au milieu d'un cour, avachie sur un bureau à moitié nue, en pleine carrière, partout, des centaines de Parkinson attiraient Malfoy dans des milliers de lieux différents. Et toujours cet air de défi dans les yeux de la brune, toujours ces gémissements presque feints, destinées uniquement à me provoquer.
J'essaye d'occulter aussi ceux pendant lesquels c'était lui qui gémissait en me souriant..
Par moment, l'envie de me lever et de combler les quelques mètres me séparant de la chambre de Nott, juste pour voir, juste pour savoir. Était-il déjà rentré? Quand allait-il le faire? Quelle seraient ces premiers mots, l'expression sur son visage, la flamme dans ses yeux ?
Parfois, l'envie devenait tellement forte que j'arpentais ma propre chambre en long en large et en travers à la fois impatient et outré par ma propre attitude. Et puis après tout, cela aurait été tellement facile, taper quelques coups à la porte, prétexter une insomnie ou un manque de quelque chose, savon, dentifrice, n'importe quoi, juste de quoi alimenter la conversation et jeter un coup d'œil.
Savoir ce qu'il se passait vraiment dans la chambre close.
Combien de fois me suis-je retrouvé une main posée sur la poignée, le métal froid mordant la peau brûlante de ma paume? Combien de fois ai-je hésité avant de m'enfermer moi-même à double-tour et cacher la clé ? Je préfère ne pas compter. Ne même pas y penser.
Nott s'énerve contre son papier, rayant violemment les quelques lignes qu'il vient d'écrire. En relevant les yeux j'aperçois un petit sourire se dessiner sur le visage impassible du blond qui l'observait, avant de croiser mon regard meurtrier. L'échange ne dure que quelques secondes, puis il pique à nouveau du nez dans son assiette, chose qui ne lui ressemble pas.
Pas une seule confrontation de la journée. Il ignore tout le monde, moi le premier, et j'ai pu déambuler à mon aise dans les couloirs sans écoper d'une seule remarque acide alors qu'il ne rate jamais une occasion de me rabaisser. Et puis, ultime provocation, j'ai passé toute la journée avec Nott à discuter cheval. Mais rien, pas un mot, pas une menace, pas une bousculade. Pas même un regard.
Le seul regard qu'il m'a adressé était aussi vide que le terrain de foot un jour de pluie. Et cet air abattu, presque déçu me retourne les tripes. Ne sommes-nous pas sensés être ennemis ? Et de très bons ennemis, de ceux qui se battent avec violence et virulence, de ceux qui se font sans cesse obstacle, de ceux qui se poussent en avant l'un l'autre pour voir lequel tombera en premier. Il y a quelque chose qui manque à ma journée si cette irritation violente ne me donne pas envie de tout casser.
Je sais bien que ça devrait me soulager, mais je suis plus sur les nerfs que jamais. Je ne m'explique pas cette irritation. À croire que la haine est toujours plus simple à encaisser que l'ignorance? La haine pure et profonde, petite sensation qui fait partie intégrante de mon quotidien. Et savoir que cette subite disparition de l'élément Malfoy de mon décor est due à une partie de jambe en l'air avec le bouledogue écossais me répugne.
Théo envoie balader son stylo à l'autre bout de la table avec un soupir significatif. Je décide de lui filer un coup de main.
- Quelle sont les théories que tu dois confronter?
- Héraclite et Parménide.
- Tu as fait un plan?
- Euh.. non..
- Mais enfin Théo! Tu ne peux pas rédiger une dissertation correcte en partant de rien! Imagine-toi te lancer sur une piste de dressage sans avoir appris ton programme! Foncer sur des obstacles plus gros les uns que les autres sans avoir pris tes repères sur le terrain !
- Tu sais que tes métaphores équestres sont inégalables Potter?
Nous rions de bon cœur lorsque subitement, je sens sur moi la chaleur d'un regard. Venant du fond de la salle.
Bingo.
Un sentiment de pouvoir inconnu grimpe alors en moi à la vitesse de l'éclair. L'adrénaline fait bouillonner mon sang, serre mon ventre, fait naître sur mes lèvres un sourire cruel. C'est lui à présent que je tiens dans le creux de ma paume.
Je me rapproche subtilement de Nott, presse mon avant-bras contre le sien, le pousse d'un léger coup d'épaule en le traitant à mi-voix d'abruti tout en gribouillant quelques notes directives sur sa copie. Les yeux pleins de hargne de Malfoy ne me lâchent plus, me donnant encore plus d'assurance.
Aucune pensée cohérente ne me parviens, je suis trop concentré dans ma double tâche, donnant à la fois des conseils potables à Théo et attisant les foudres du blond. Je ris un peu plus fort, souris plus souvent, chuchote en me penchant vers mon camarade. Un filet de voix lointain me parviens.
- Draco, tout va bien?
- Parfaitement bien, merci Pansy
Son ton est trop sec, trop tranchant. Non, rien ne va à l'intérieur de ton esprit torturé Malfoy et je crois savoir pourquoi.
Je me lève et vais poser mon plateau sur l'étagère prévue à cet effet, ordonnant à Nott d'une voix enjouée de rédiger son paragraphe. Contre mon dos, je sens toujours la douce brûlure de son regard. Un sourire plus large effleure mes lèvres.
Je reviens, et alors que je m'approche de Nott, une pulsion inexplicable me fait poser mes mains sur ses épaules, me pencher par-dessus lui, laisser mon souffle filer dans son cou. Il jette son stylo et me montre son introduction. Deux lignes. J'éclate de rire.
Un grand bruit nous fait sursauter en chœur.
- Draco, qu'est-ce que tu fais? Demande une voix féminine légèrement paniquée.
- Je me casse. J'ai du boulot.
En levant doucement les yeux j'aperçois Malfoy qui pacte ses affaires d'un air rageur. Des décharges électriques me secouent. J'ai gagné.
Il quitte la cafétéria en m'envoyant un regard meurtrier. Et puis le silence reviens.
- Harry?
La voix de Nott me fait brutalement rechuter dans la réalité. Qu'est-ce qui m'a pris?
- J'ai pas tout à fait fini mais bon, on va pas se prendre la tête avec ça hein? Harry?
Mon visage à quelques centimètre du sien. Mes mains sur ses épaules. Tous mes gestes me paraissent soudainement superflu, presque déplacés. Heureusement, il n'a pas l'air choqué.
Qu'est-ce qui m'a pris?
Je m'écarte en lui souriant. Il faut que je quitte cet endroit le plus vite possible, il faut que je sorte, que je respire une grande goulée d'air frais ou je vais tomber. Je me relève et continue de sourire à Théo. Pourvu que je n'ai pas l'air trop crispé.
- Je vais juste ranger quelques classeurs au casier je reviens. Toi tu finis ta dissert, et en plus de deux lignes cette fois !
- Promis !
Il récupère son stylo qui a roulé sous la table et j'en profite pour m'éclipser.
Je m'envole hors de ces murs, hors de cet air épais à couper au couteau. J'avise la porte et quelques branches d'arbres qui tanguent sous la brise. Heureusement que la cafétéria est située près de l'entrée. Le soleil qui brûle la pierre ne me dit rien qui vaille, mais sans air, maintenant, je suis foutu.
Mais plus je cours plus c'est dur d'avancer, quelque chose gronde en moi, quelque chose d'immense et d'inconnu.
Il faut que je m'arrête, mes jambes sont faibles et ma tête tourne. Je crois que je deviens cinglé.
- Potter !
Je me sens poussé contre la pierre. Mais alors qu'il pourrait me pulvériser d'un seul geste tant je suis faible, c'est à peine si j'ai sentit l'impact de ses mains sur mes épaules. Il me pointe du doigt, hors de lui.
- Tu n'es qu'un, qu'un.. tu n'es qu'un !
Il me pousse à nouveau mais encore une fois, il semble ne pas y mettre de force. Il cherche quelque chose des yeux et j'ai soudain la stupide envie de lui demander ce que c'est sans y arriver. Plus il me repousse, plus je me rapproche, avec un air de défit muet, un peu perdu.
- Je ne .. tu.. merde!
Je sens ses mains attraper mon t-shirt, me rapprochant encore de lui. La brise qui souffle entre nous s'appelle folie.
Il me repousse à nouveau, fait mine de me frapper. Je m'avance, fait mine d'être touché.
C'est comme une danse, un jeu un peu malsain, deux aimants qui s'attirent et se repoussent sans cesse. Le jour et la nuit, le chaud et le froid. Et tout fond à l'intérieur de moi.
Si personne ne nous arrête, je n'ai aucune idée de comment cela finira.
- Tu es un abruti, un parfait abruti.
Sa voix n'est qu'un murmure. Il passe sa langue sur ses lèvres sèches et je suis hypnotisé. Je me rapproche encore voulant le repousser de toutes mes forces, je pose mes mains à plat sur son torse mais il les attrape m'immobilisant. Son regard s'ancre au mien, sa mâchoire crispée. Mais il n'y a plus de colère dans ses yeux gris.
Alors soudain, une certitude me traverse: je vais l'embrasser. Je veux l'embrasser.
Je me perds à l'intérieur de cet orage, de ce combat muet que nous menons. Mes yeux glissent jusqu'à ses lèvres, remontent pour se noyer dans son regard. Nous nous sommes perdus, et nous pourrions nous retrouver, si facilement, si rapidement. Ses main ne lâchent pas les miennes et j'aimerais à jamais imprimer la marque de ma peau contre sa peau.
Ses lèvres à nouveau, douce tentation purpurine, la tension de nos corps, le combat que nous menons contre nous-même. J'ai envie qu'il me frappe, j'ai envie qu'il me prenne tout entier et qu'il rompe cet accord tacite qui se joue dans nos regards de gamins effarouchés. J'ai envie qu'il me laisse m'enfuir et me retiennent en même temps. Me donne des ailes pour me mettre en cage.
Sa cage? La mienne est déjà assez vaste et ses barreaux bien assez hauts.
Je sens sa respiration saccadée contre mon visage alors qu'il fixe mes lèvres à son tour, et je sens sous mes doigts sa poitrine se soulever pas a-coups. Et inconsciemment je sais que je suis dans le même état. J'aimerais lui parler, lui dire que ça ne signifiera rien, qu'on y a bien droit à cette paix furtive, qu'on s'est déjà assez battu. Mes les mots me semblent trop vulgaires pour ce moment si intense et pur et ils se refusent à ma voix.
Puis, aussi rapidement qu'il s'est avancé, il recule.
Et le charme est brisé.
Je m'avance d'un pas rageur comme pour le défier à nouveau et je sens sa main attraper mon épaule et la serrer violemment. Son regard file de tous côtés, à la fois désorienté et anxieux. Il finit par me repousser une dernière fois en me soufflant: « Dégages. ». J'attrape ma propre épaule, encore brûlante de sa poigne, comme pour atténuer la douleur, comme pour garder encore un peu cette brûlure trop vive et le regarde s'enfuir à grande enjambées.
Alors, il a quelque chose qui cède en moi. Mon cri me reviens en écho dans le couloir vide.
- Tu n'es qu'un enfoiré ! Espèce de sale enfoiré! Fuyard! Lâche!
Et maintenant j'en suis sûr, il n'y a pas que mon épaule qui soit meurtrie.
o.o.O.o.o
La journée a été terriblement longue et lente. Une de ces journées que l'on préférerait oublier. D'ailleurs, je ne me souviens de rien, n'ayant pas écouté le moindre mot des multiples discours scolaires, j'ai préféré m'appuyer contre la vitre et me perdre dans la douce chaleur des rayons de soleil qui illuminaient la classe.
Perdu, léthargique, à tel point que ma prof de français à fini par me virer en me suppliant de rentrer chez moi me coucher. Et c'est ce que j'ai fait: je suis rentré à Poudlard à pied pour me vider la tête, me suis allongé sur les bottes de foin entreposées à l'extérieur et me suis endormi aussi sec.
C'est Théo qui m'a réveillé. Il partait en balade avec Hermione et Luna et ils se tenaient là, tous les trois, dans la lumière éclatante de l'après-midi. Comme des divinités, montés sur leur gigantesque montures, entourés d'une aura de feu, leurs ombres immenses sur moi me semblaient magnifiques. Je me suis sentit soudainement soulagés; ils étaient mes amis, Poudlard mon chez moi et rien ne pouvait m'atteindre. Tout était revenu à la normale.
Galva s'énerve et je ne comprends pas.
Les déplacements latéraux ont pourtant toujours été sa grande spécialité mais aujourd'hui on n'arrive à rien. J'ai beau multiplier les tentatives, il tire, chauffe, m'échappe à chaque fois. Il perds bien trop rapidement sa concentration et bâcle la moitié des exercices. Peut-être que si j'étais un peu plus concentré moi ...
Impossible. Mon altercation d'hier avec Malfoy me reviens sans cesse.
Et dire que j'étais sur le point de..
Non. Il ne vaut mieux pas y penser. Moi, je ne lui cèderais pas, moi je ne deviendrais pas un autre Mike dont il se sert à sa guise. Je ne rentrerai pas dans son petit jeux cruel et pervers.
Mais qu'est-ce que je raconte? Bien sûr que non il ne m'aura pas! De toute façon je ne suis même pas homosexuel!
À nouveau, je perds Galva qui secoue la tête, rageur.
- Harry.. mais qu'est-ce que tu fous?
Tournant brusquement la tête j'aperçois Ron et Nott accoudés à la barrière blanche de la carrière. C'est mon rouquin de meilleur pote qui a parlé et alors qu'il esquisse un mouvement pour me rejoindre, Nott pose une main ferme sur son bras et lui glisse quelques mots. C'est finalement lui qui s'avance sur le sable beige. Je met Galva au petit galop.
- Concentre-toi, redresse-toi et décrispe tes mains. Fais attention à tes jambes. Talons bas... Voilà c'est mieux.
Sa voix grave me rassure, me ramène à la réalité à mon monde de rigueur et de pureté. Je corrige ma position et Galva se place immédiatement.(1) Un mince sourire se dessine sur le visage de Nott et il a vite fait de déteindre sur moi. Mon grand cheval et moi redevenons une seule et même personne.
- Bien maintenant tu redonne l'impulsion, tu cadence ton allure. Pas de gestes désordonnés, chaque mouvement compte, chaque pas à un impact différent. Chaque secondes et la correction de la suivante.. Continue comme ça.
Tout redeviens d'une simplicité à pleurer. Galva s'arrondir, s'incurve sur les courbes, s'assouplit ostensiblement. Son galop deviens plus court, régulier, les rênes ne sont plus un barrage mais un cadre, un guide. Je le dirige du bout des doigts tant il réponds bien à mon assiètte.
- Mieux, ne le laisse pas tirer, donne lui de quoi trouver son équilibre, rends un peu de rênes, mais il faut toujours que tu sente sa bouche. Bien, maintenant quelques flexions dans les coins, il a besoins de s'arrondir encore. Après le prochain tournant tu prends la diagonale.
Plus je travaille son allure, plus j'impose son rythme, plus il semble prendre plaisir. Je danse avec lui, je fais corps avec lui et je me sens soudain invincible. Dans la diagonale, je place mes jambes, effectue les quelques pressions nécessaire et il s'envole.
J'imagine ses antérieurs croiser sous moi, ses sabots touchent à peine le sol, il se tends dans l'exercice et m'offre une foulées fluide à la beauté et à la grâce exacerbée. C'est la libération.
- Parfait... murmure Nott à alors que nous le frôlons presque.
Mais désormais je ne suis plus de ce monde, je vogue sur une mer pleine de tension et de puissance, pleine d'une envie capable de m'emporter jusqu'au limites du monde. Je le laisse entrer dans un galop allongé sur la ligne extérieurs, il se reprends presque de lui-même dans le coin et nous passons au trot sur la ligne médiane. Je me redresse doucement, resserre à peine ma prise sur les rênes et il se pose dans un arrête parfait.
J'entends Ron éclater de rire.
- Le retour du petit Harry Prodige Potter ! T'as faillit nous manquer toi !
Théo me lance un regard malicieux et viens flatter l'encolure de Galva. Je me rends alors compte que je suis en nage.
- T'approche pas trop mec, je pue.
- T'inquiètes, je commence à avoir l'habitude avec toi!
Je fais mine de lui envoyer un petit coup de botte et Galva fait un écart monstrueux, manquant de me désarçonner. Ron est plié en deux.
Je saute à terre en riant à mon tour puis vais rejoindre mes bourreaux à l'extérieur de la carrière.
- C'est quand même gentil d'être passé me voir !
- Je n'aurais manqué ça pour rien au monde ... continue le roux un grand sourire aux lèvres.
Nott ricane.
- Oh ça va, arrêtez un peu de me chambrer ! Il a fait un écart et j'ai faillit manger du sable, et alors ?
- Non, c'est ta tête Harry, ta tête ! T'aurais dû voir ça! Hein Théo?
Ce dernier lui renvoie un grand sourire alors que je l'interroge muettement du regard. C'est vrai, depuis quand le mec le plus asocial de tout Poudlard et ami avec mon meilleur pote ? Il me fait signe qu'il m'expliquera plus tard.
- En tout cas avec ce cheval, on est sûr de le remporter ce fichu concours !
J'affiche un grand sourire fier. C'est vrai qu'il est beau mon cheval, même tout en sueur et fatigué, il garde son port de tête altier, sa démarche de seigneur, il est fin racé, magnifique. On l'impression qu'il peut nous échapper à tout moment. Il pousse Nott du bout du nez et se fait grattouiller le chanfrein. Tout en les observant je me demande comment je n'ai pas pu me rendre compte que ce type et moi sommes animés par la même passion sans limite, cette terrible passion qui nous unit et qui crée chez nous une complicité toute aussi forte que si elle avait toujours existé. Théodore Nott, ma seconde plus belle conquête...
Ron nous abandonne au première écuries avec un grand geste de la main. Une fois le rouquin partit, nous nous dirigeons vers les douches et je scrute Théo avec un air de conspirateur.
- Quoi ? La belette est sympa quand elle veut...
J'éclate de rire devant son air renfrogné. Peut-être que je devrais faire un effort vis-à-vis de Malfoy?
Les images me submergent à nouveau. Ses mains brûlantes sur mes poignets, sa peau, son odeur, son souffle contre mes lèvres humides.
Peut-être pas.
- Harry, tu me rejoins dans les écuries après ? Je vais mettre de l'argile sur les jambes de Pizzaro.
Je vois une petite lueur malicieuse briller dans ses yeux bleus. J'ai l'étrange impression que nous ne serons pas seuls à nous occuper de Zarro. Et qu'avait-il dit déjà à propos d'argile?
- Je sais pas, je suis un peu crevé.
- Allez, tu ne veux pas vérifier l'état de notre fouine nationale après ta petite provocation d'hier à midi?
La révélation me laisse en état de choc. C'est donc pour cela qu'il n'a rien dit alors que j'agissais plus étrangement que jamais ? Il a compris ce qui se passais? Il a forcément vu le regard noir de Malfoy, il nous a également vu sortir à quelques minutes d'intervalles.. mais de là à faire le lien..
- Respire Potter. Il faut simplement que tu sache que je suis moins con que j'en ai l'air...
Il me fait un clin d'œil en affichant un sourire goguenard au possible. Il s'éloigne finalement en se retournant à plusieurs reprises, se moquant ouvertement de mon air de truite hors de l'eau. Finalement, il me fait un petit geste de la main avec un « À ce soir! » enjoué, avant de disparaître derrière le manège.
Ce type me tue, mais je sais que je peux lui faire confiance.
Du moins, je l'espère.
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(1) on dit d'un cheval qu'il se place lorsqu'il reviens à nos ordres, c'est un changement très subtil que l'on ne sent que dans la main lorsqu'on est en selle et qu'on voit par l'attitude très concentrée du cheval si l'on est à pieds.
Ouii j'aime Théo et je veux en faire quelqu'un de machiavélique, drôle et terriblement intelligent.. Et en passant, j'espère que vous l'aimez aussi ^^!
A tout bientôt, merci à tous !
