Bonjour à tous ! (y reste quelqu'un dans ces écuries ? Genre euh .. chais pas.. Mimi Geignarde ? )
Revenue d'entre les décédés und bien pire je suis :D ! Et comme d'habitude je m'excuse de ce retard mais quelques bouleversements dans ma propre vie (eh ouais ya pas que Harry et Draco à qui il arrive des z'aventures ^^) ont fait que j'ai complètement été démotivée par l'écriture de cette fic.. Ayant un chapitre à moitié entamé, je l'avais presque complètement abandonnée au profit d'iune suite d'Adagietto .. pour finalement m'y remettre il n'y a pas si longtemps! Parce qu'au fond le cheval, on y revient toujours n'est-ce pas ? ^^
Donc voilu, jvais pas vous saouler plus longtemps avec mon blabla d'auteuzz dégénérée mais je vais quand même remercier quelques personnes qui ont énormément compté ces derniers temps et m'ont redonné le courage d'écrire. Vous qui me donnez foi en ce que je fais même si beaucoup le considèrent certainement comme du n'importe quoi puissance dix mille... Alors merci merci merci à vous Slythewyn, Akira, Atomes, l'Hasardeuse, Kimmy, Mirage car sans vous je ne sais pas si j'aurais retrouvé la motivation de continuer ^^.
Et évidemment merci pour toutes vos reviews, toutes plus belles les unes que les autres (merci merci merci !!!) que je vais mettre un peu de temps à R., mais je le ferai, promesse d'aliénée mentale :D !!!
Et sur ce, bonne lecture !
Mad
Ps: Pour toutes celles qui penseraient que je vais à nouveau m'arrêter là et ne pas donner de nouvelles pendant un an voire plus, le prochain chapitre est déjà écrit, ainsi qu'un bout du suivant... alors la fic est en tout cas assurée jusqu'au chapitre 10 ^^
Pps: okay okay je me tais ^^
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Corps à Corps
Chapitre XVIII
– Vous recommencez l'exercice Potter. Depuis le début.
Le soleil tombe sur mes épaules meurtries comme des coups de massue brûlants, recouvre nos corps abattus en faisant courir ses doigt de feu le long de mes cuisses, depuis l'encolure marbrée de sueur de Galva, remontant jusqu'à ma gorge et resserrant sa prise d'une une poigne étouffante. Lorsque nous entrons sur la piste ombragée, le long du bois, tout va mieux et je respire enfin, mais de retour dans la lumière, c'est la fournaise.
Debout au milieu de la piste, ses petits yeux sombres scrutant le moindre de mes gestes, la cravache battant en rythme contre sa botte cirée de la veille, Severus Snape doit se sentir comme le maître du monde. Ou du moins, se prendre pour le maître du monde. Ses cheveux corbeau brillent sous les assauts du soleil et sa haute stature projette une ombre immense sur le sable de la carrière. Un petit sourire sadique a lentement prit place sur ses lèvres minces.
Je frisonne à chaque fois que son regard maudit se pose sur nous.
Des heures qu'on en bave. Des jours peut-être.
Il doit lire dans mes yeux à quel point je peux détester sa chemise blanche, tellement propre et éclatante, alors que mon t-shirt tient tout seul sur mon dos. Il doit sentir à quel point je peux maudire son petit pantalon grande marque alors que je sens le trou que je me suis fait au genou s'agrandir de minutes en minutes et m'arracher la peau.
Il sait à quel point je le hais, ce salaud de prof.
Galvano s'ébroue entre mes doigts et je perds les quelques centimètres de rênes qui me retenaient encore à sa concentration. Je l'ai perdu et je ne le récupérerai jamais.
– Précision, Potter savez-vous au moins ce que cela signifie? C'est désespérant..
Désespérant certes, mais ce qu'il y a de plus désespérant c'est l'énervement de mon cheval, sa croupe qui fuit un peu plus à chaque fois que le graisseux fait claquer sa cravache contre sa botte. Ce qui me désespère c'est que je vais bientôt mordre la poussière alors que je me tue à la tâche.
La sueur me coule dans les yeux, derrière les lunettes, j'ai mal partout et je n'arrive plus à rassembler le galop. C'est complètement désordonnés que nous entrons sur la ligne centrale. Je jette un rapide coup d'œil à la volte de fortune sur laquelle Draco travaille. Il a les traits tendus, la mâchoire crispée et César est couvert d'une écume blanchâtre qui le fait secouer frénétiquement la tête.
Draco et moi, seuls survivants de ce cour infernal. Seamus est déjà descendu et rentré à l'écurie, Hermione n'est même pas venue prétextant un « boitillement » et Luna a préféré s'entraîner seule, comme d'habitude.
Total on est deux dans la carrière.
Et je suis à bout de nerfs.
– Vous repartez sur une volte et vous recommencez l'exercice. Je veux quelque chose de correct Potter, CORRECT. Êtes-vous capable de comprendre ce que cela signifie ?
Son ton doucereux n'est qu'une torture de plus. Je cède encore un peu de rênes à Galva qui piaffe et fait écart sur écart. S'il continue à s'énerver comme ça je vais finir en joli tacheté rouge contre la belle barrière blanche.
– Pourquoi vous lui laissez du leste ? Reprenez-le et vite! Vous ne mettrez pas un seul orteil à terre tant que vous n'aurez pas fait cet exercice exactement comme je le demande! Vous m'entendez Potter ? Allez, du nerfs !
Je reprends mon cheval comme je peux en lui promettant une longue douche fraîche, un box tout propre et de l'herbe à volonté s'il m'écoute encore dix petites minutes. Tout en renâclant il finit, après maints efforts, par se replacer et j'ose m'engager sur la ligne centrale. Il est tellement brimé qu'il me semble prêt à exploser, un frisson de peur me parcoure l'échine. C'est peut-être ma dernière ligne droite avant la chaise roulante...
– Plus d'impulsion, plus de précision. Cessez de discuter avec lui, c'est votre corps qui parle ! Un seul mouvement superflu et vous reprenez tout. Depuis le début!
Je suis littéralement harassé, à deux doigts de tout lâcher, le laisser bondir à toute vitesse, sauter hors de cette carrière de malheur et foncer nous cacher dans les écuries et pourtant je m'applique comme je peux. Galva doit sentir que nous sommes proche de la fin car il vient se placer de lui même dans ma main et je loue sa patience infinie. Je me redresse doucement et finit par l'arrêter au milieu de la ligne.
Le temps se suspend une minute. Ses jambes tremblent de fatigue et de rage mêlées et je me sens pâlir et transpirer sous la voute serrée de ma bombe. Mais après une légère pression, il repart dans un petit galop mesuré et je bénis tous les sains que je connais pour ce miracle.
– Bon. C'est minable mais ça passe. Vous pouvez rendre les rênes.
Hurlant tacitement les pire insultes, je laisse petit à petit glisser les fines lanières de cuir entre mes doigts. Galva comprends immédiatement mon geste et se met au pas en soupirant bruyamment. Je flatte son encolure en fixant Snape d'un regard noir.
- Draco tu peux t'arrêter. Très bon travail.
Je vois le blond soupirer et jurer à son tour. Il y a de quoi!
Très bon travail ? Il a passé une heure à faire des changements de main dans la volte ! Travail éreintant certes, mais « bon » !
J'ai la forte envie de mettre immédiatement pied à terre et de secouer cet abruti de graisseux jusqu'à ce que mort s'en suivre mais je laisse mon cheval profiter de ces quelques instants de répit. Il finit par se placer lui même au centre de la carrière et je me laisse glisser au sol comme une masse.
- Ridicule... siffle Snape avant de repartir de son pas majestueux.
- Crétin, je souffle entre mes dents.
Galva se frotte contre moi en m'arrachant à moitié le t-shirt. Je comprends immédiatement le message et le rassure, cette fois c'est fini, on sort de là. Et une bonne douche ne sera pas volée.
OooOOoOo
– Oh mon dieu, McGo a définitivement pété un câble avec son parcours ! C'était de la folie !
Je lance un regard courroucé à mon meilleur ami.
– Pardon 'Ry.. j'avais oublié que tu avais dressage ce matin...
– Ben pas moi ! Douze fois la même transition, douze ! Par l'enfer, je ne sais même pas si je serais capable de remonter cet après-midi. Si j'ai toujours aussi mal je me fais porter pâle.
– Je crois que Malfoy le fera aussi, il boîte sérieusement depuis votre entraînement
– Hermi' enfin, on s'en fout du blond! La santé de Harry compte mille fois plus. Si la fouine se rompt le dos, c'est bien fait pour lui..
Je sens mes mâchoires se serrer malgré moi.
– Pas vrai 'Ry ?
– Sais pas..
– Ben quoi, tu ne rigole plus à mes blagues sur monsieur j'ai trois-balais-dans-le-cul Malfoy ?
– Sais pas.. je suis un peu fatigué...
Depuis le fond de la cour, je vois Nott me fusiller du regard.
– Ron il faut que je te dise quelque chose..
– Tout ce que tu voudra ma princesse au petit pois.
– Ron ! Lance notre brunette au rouquin qui rit tout seul.
– Merci Mione.. En fait.. j'ai comme qui dirait... heu..
Ils me regardent, leurs grands yeux pleins d'attente.
– J'ai comme qui dirait.. eh bien..
– Accouche Harry!
Inspirer fortement. Expirer.
Réorganiser ses pensées.
Bien.
– J'ai instauré une trêve avec Malfoy.
Vu leurs têtes, l'information n'a pas l'air de vraiment bien passer. Les grands yeux bleus du rouquin finissent par s'assombrir.
– Tu as quoi?
– Harry, tu peux nous expliquer ?
Leur expliquer ? Je n'arrive déjà pas à me l'expliquer à moi-même. Respire Potter.
– Il est venu s'excuser, hier. Pour tout ce qu'il a fait. Et puis vu que je m'entends bien avec Théo.. Je crois .. je crois que nous sommes tous deux prêts à faire des efforts.
Ron me fixe toujours, la bouche ronde, mais Hermione m'adresse un petit sourire réconfortant.
– Si tu es bien sûr de toi Harry.. C'est vrai qu'il était temps!
– Oh non Mione, ne dis pas n'importe quoi enfin ! Harry et Malfoy ? C'est du délire !
– Sérieusement, tu ne changera jamais mon pauvre Ron !
– Et en quoi?
– Ils évoluent, eux !
– Très bien ! Et bien voilà ce qu'il te dit le pauvre Ron!
Le-dit Ron m'envoie une claque magistrale dans le dos qui me fait sauter dans mes bottes.
- Mais t'es malade! Qu'est-ce qui te prends?
– Eh bien ça, c'était pour te rappeler ce que cet abruti congénital de Malfoy t'as fait. Ce type est un insupportable crétin et tu ne me fera jamais changer d'avis !
En un éclair il a détaché sa jument et rejoint les écuries, furieux.
Hermione et moi échangeons un regard entendu: quelque part, c'est Ron qui a raison.
Elle rentre également sa jument sans un mot alors que je finis de panser Galva, douteux, soucieux et exténué.
C'est vrai, qu'est-ce qui me prends de pactiser avec mon bourreau ? C'est comme se faire battre et tendre l'autre joue, une attitude de faiblard...
– Harry ça va ?
Je sursaute en entendant la voix de Nott à quelque pas de moi. Il me fixe, l'air songeur et inquiet à la fois.
– Oui, oui, ça va ..
– Tu leur as dit c'est ça ?
Je soupire avec un petit sourire cassé.
– Exact.
– Attends, laisse-moi deviner.. Granger l'a plutôt bien pris, mère attentive et respectueuse des choix de son fiston, elle est partie sans un mot avec un petit sourire ce qui trahit à la fois sa fierté et son extrême anxiété.
Je ne peux réprimer un fou-rire alors qu'il pose sa main sur l'encolure de mon cheval.
– Attends, laisse-moi finir ! Et là, Weasley fait son entrée, grand seigneur, héros triomphant, à grand coup de « Non Harry, jamais je ne te laisserai te ridiculiser de la sorte! Ce type est un monstre ! J'irai lui trancher la gorge ! » et il se tire à grande foulée en claquant la longe de son cheval contre sa botte et en murmurant « ça ne va pas se passer comme ça! » avant de disparaître dans les écuries, l'épée à la main!
Je ris de bon cœur, laissant les muscles endoloris de ma mâchoire se détendre enfin. Nott me regarde toujours avec un air amusé.
– J'ai tort?
– Pas tout à fait. Excepté le fait que Ron, au lieu de déclamer sa tirade enflammée, m'a mis une monstre claque dans le dos pour raviver les blessures dont Malfoy fût la cause...
– Aïe. Sympa tes potes..
Je souris encore les yeux toujours baissé vers l'étrille qui repose désormais inerte sur le flanc de mon cheval.
– Tu sais Théo, au fond..il n'a pas tort.
– Attends, Weasley objectif ? Te fout pas de moi.. Il est uniquement poussé par sa haine de Dray..
– Une haine justifiée ! Il m'a pourrit la vie, pendant des années...
– Jalousie puérile, il te l'a expliqué. Avoue que tu n'as pas été un ange non plus !
– Je ne l'ai jamais frappé le premier..
C'est au tour de Théo de baisser les yeux. Son air attristé me serre le cœur, je sais qu'il occupe une position terriblement difficile, celle du seul lien qu'il existe entre Malfoy et moi, hormis la poignée de main d'hier. Et notre secret.
Auquel je ferais mieux de ne pas penser.
– T'inquiètes vieux, je ne reviendrai pas sur ma parole, mais comprends que, comme toi, je suis pris entre deux feux. Ce que j'ai vécu, je l'ai vécu et je ne peux l'oublier.
– Je sais bien Harry, crois-moi, je sais. Mais tu vois..
Il s'écarte et vient s'asseoir parterre la tête appuyée contre le mur. Galva se penche pour lui respirer les cheveux et il caresse distraitement la soie autour de ses naseaux.
– Draco est quelqu'un de paradoxal, de compliqué. À la fois enfant, à la fois mature trop vite, lui aussi est pris entre deux feux, entre celui de sa passion et les standards familiaux qu'il doit respecter... C'est juste que... Je sais qu'au fond vous n'êtes pas si différents et je sais que tu pourrais le comprendre, que vous pourriez devenir amis. Je ne te connais peut-être pas assez, mais je sais que cette passion du cheval est commune entre nous trois, qu'elle est aussi forte pour l'un comme pour l'autre. Ce n'est pas pour rien que McGo nous as mis en équipe, nous avons la même envie de réussir simplement parce que nous aimons ce que nous faisons. Draco est un passionné, comme tous les passionnés, il est impulsif, soupe-au-lait, il peut même devenir méchant. Mais au fond, il est comme toi et moi, il pourrait donner sa vie pour son cheval.
Je le regarde parler, les yeux fermés, ses cheveux noirs dégagés sur son front blanc, las comme il ne l'a jamais été. Il s'abandonne, se confie enfin à moi, comme Ron l'a fait la première fois que nous nous sommes vraiment parlé. Ce n'est pas mon ami pour rien et pour rien au monde je ne voudrais blesser Théo.
– Draco c'est Draco, je te l'accorde. Mais s'il est comme ça, c'est aussi que personne ne lui a jamais donné sa chance... Il est né Malfoy, famille de grands cavaliers, il devait briller. Être le meilleur, c'est considéré comme normal dans sa famille, il n'y a rien d'exceptionnel à remporter toutes les coupes sur tous les terrains. Ce qui fût exceptionnel en revanche, c'est ton arrivée sur le carré de dressage. Sans le savoir, tu lui en as fait baver.. Et que sont quelques provocations contre la honte perpétuelle d'être un peu moins bon que le péquenot du coin, orphelin de surcroit, pauvre pour couronner le tout ? Il en a vraiment bavé tu n'imagine même pas...
– Il s'est déjà fait plaquer contre un mur jusqu'à ce que le crépis laisse des griffures sanguinolentes dans son dos ?
– Ça, peut-être pas.. Mais on va dire que Malfoy père à le coup de cravache facile... Il a le coup de bottes facile aussi, le coup de chambrières, d'étrivières, il faut s'en méfier s'il ramasse un bout de bride cassée... Il a le coup facile en général je suppose..
Cette révélation me laisse muet de stupeur. Malfoy battu ? C'était ça les cicatrices dans son dos, sur ses jambes que j'ai aperçu quelques fois dans les vestiaires ? Si je me souviens bien, il avait parfois aussi des bleus gros comme le poing.. Et moi qui croyais que c'était du à la fougue de son cheval et au fait qu'il monte en forêt pour ne pas tomber devant tout le monde.. Moi qui croyais que ce n'était que le résultat d'une arrogance mal placée..
– Son.. son père le bat ?
– Battre, Draco dit toujours que le mot est un peu fort. Il préfère dire qu'il « ne va pas de main morte sur les corrections. ». Il a toujours pensé qu'il le méritait. Tu croyais que ça venait d'où toute cette violence en lui ? Du ciel ?
À bien y réfléchir, certaines choses s'expliquent. La facilité déroutante avec laquelle il a pu me soulever, la colère, l'irritation qui le submergeaient mais semblaient totalement détachées de sa poigne, froide et mécanique. Des coups dépourvus d'émotions alors que ses yeux me hurlaient au visage. Des coups routiniers, presque pas douloureux, juste pour la forme.
– J'ai d'abord essayé de parler à sa mère, mais elle est complètement abrutie, dans un autre monde. Elle assiste même à certaines « corrections » sans dire un mot, en fumant ses cigarettes de diva. J'ai essayé de le convaincre de se faire aider, d'abord avec douceur et gentillesse. Il m'a évidemment envoyé balader. J'ai essayé d'être plus ferme, sans succès, j'ai fini par gueuler comme un malade à quatre heure du matin dans sa chambre, mais rien n'a jamais fonctionné. Ni les cris, ni les larmes, ni les ruses.
Je jette l'étrille dans la boîte de pansage, provoquant un petit sursaut chez mon cheval et vais m'asseoir à côté de Nott qui n'a toujours pas bougé et continue à se confier à moi, les yeux clos, les poings serrés.
– À 15 ans il s'est pris une claque magistrale et est resté deux jours avec un œil au beurre noir et une petite coupure sur la pommette. L'infirmière de l'école a appelé ses parents en disant qu'elle s'inquiétait beaucoup pour lui, que le cheval lui créait déjà assez de blessures et que ce coup devait provenir d'une bagarre avec de « mauvaises fréquentations ». Son père à compris la leçon et plus aucune blessure n'a jamais été apparente. Elle ne s'étaient pas volatilisées pour autant..
Il soupire difficilement, plonge un instant son regard grave dans mes yeux ébahis puis reprend.
– L'été suivant il recevait César. Ce cheval à été une bénédiction. Je t'avais dit qu'il ne supportait pas les éperons n'est-ce pas ? Eh bien... ce n'est pas faute d'avoir essayé. Malfoy père s'est acharné sur lui pendant une demi-heure. Draco et moi étions censé rentrer de l'école un peu plus tard, à cause d'un exposé je crois, enfin bref, Lucius s'était déjà fait jeter à terre trois fois lorsque Dray est entré dans le manège familial. Il a hurlé. Il était fou. Je ne l'avais jamais vu dans cet état.
– Il l'a défendu ?
– Et comment ! À travers César, son ami, son allié Draco s'était aussi trouvé un alter-ego. C'est à travers l'amour infini qu'il portait à son cheval qu'il s'est sauvé. Il a quasiment arraché Lucius à la selle, le frappait tellement fort que j'ai cru un instant qu'il allait le tuer. Narcissa ne bougeait pas, elle était avachie de l'autre côté du manège, c'est moi qui ai tiré Draco de toute mes forces pour le calmer. Il a interdit qu'on touche à son cheval et l'a rentré dans son box. On a passé la nuit là-bas, Draco soignant ses blessures, superficielles évidemment, César n'est pas le genre d'animal a se laisser amocher, même par un Lucius Malfoy, et moi, assis dans la paille, l'écoutant vociférer, pleurer, marmonner d'hypothétiques vengeances. La pire et la meilleure nuit de ma vie. La pire car Lucius Malfoy avait passé le point de non-retour avec son fils unique et je savais que les temps à venir allaient être difficiles mais la meilleure, car je le savais enfin sauvé et ceci à jamais.
J'ai encore de la peine à avaler ce que Théo vient de me dire. C'est par amour pour son cheval que Draco s'est battu contre sa plus grande peur. C'est parce qu'il était opprimé et battu qu'il rejetait sa colère sur moi.
C'est comme un grand pan de ma vie qui s'effondre, comme si on avait levé un rideau sur ce que j'ai cru être mon quotidien pendant toutes ces années. Théo respire faiblement, encore ému par les souvenirs qui le noient.
– Ensuite, il est venu ici. Cet endroit c'est sa seule liberté. Quand il rentre chez lui tout recommence .. Enfin, je ne sais plus vraiment pourquoi je te dis tout ça. Je sais juste que j'ai espéré longtemps que vos querelles allaient cesser. Mais si les coups ne pleuvent plus autant sur son corps, les mots eux, dans tout leur tranchants, dans toute leur absurde violence, n'ont jamais cessé de le martyriser. À nouveau, c'est César qui le sauve. Si tu savais comme il l'a voulu ce cheval. Si tu savais comme il l'a aimé. Si tu savais à quel point il s'est battu pour pouvoir rester plus d'une minute sur son dos, pour pouvoir dormir dans son box. Les petites étapes ont été les plus dures et les meilleures à la fois. La première fois qu'il a pu lui prendre le pieds sans se recevoir un coup. La première fois qu'il a pu rentrer dans le box sans se faire attaquer. La première fois qu'il a pu laisser sa main trainer près des oreilles noires. La première douche. La première sortie sans se faire embarquer. Autant de petites victoires que nous connaissons tous trop bien, mais qui lui ont certainement sauvé la vie.
Je me souviens, je me souviens trop bien de ces petites victoires et je connais par cœur la joie, l'euphorie illimitée qui peut nous envahir. Je revois la première montée de Galva dans le van officiel, la tension avant notre premier concours. La première fois que j'ai pu le sangler sans me prendre un coup de dent. Notre première balade rênes longues, seuls tous les deux, comme dans un rêve. Oh oui, je sais trop bien ce que Malfoy a pu ressentir.
– Tu ne le dira pas hein mais la première fois que César est revenu vers lui au galop, depuis le fond du pré, alors qu'il le sifflait avec lassitude depuis trois mois, ignoré comme jamais, la première fois que ce pacte haineux à été rompu et que le grand étalon noir est arrivé comme une flèche vers son propriétaire, j'ai bien regardé cette grande folle de Draco et je crois bien qu'il a eu les larmes aux yeux...
– Alors les filles, ça discute au lieu de bosser ?
Sa voix traînante me fait sursauter d'un seul coup. Quand on parle du loup....
Théo sourit amusé en rouvrant les yeux mais de là où je suis j'entends son cœur cogner durement dans sa poitrine. Le mien doit le larguer d'un bon mètre au marathon.
– Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous étiez entrain de préparer un mauvais coups ?
– Bien sûr Dray. On passe notre temps à préparer des mauvais coups. Surtout lorsqu'il te concernent...
Je pouffe alors que les yeux du blond s'assombrissent un peu.
– Enfin Théo, tu sais pourtant que les plans sur la comète c'est un truc de tapette ! Les hommes, les vrais, ils agissent eux !
Théo éclate de rire alors que j'échange un regard appuyé avec Malfoy. Nous avons tout deux tiqué au mot « tapette » et ses yeux feignants la joie scrutent les miens à la recherche d'une faille. Mais je lui renvoie un coup d'œil amical. Son secret n'est pas prêt d'être trahi même si je suis sûr que Théo a déjà découvert le pot-aux-roses depuis longtemps.
Un petit sourire timide et rassuré vient effleurer ses lèvres dont le rouge me donne des envies répréhensibles.
– Alors, homme vrai, tu nous prépare quoi à manger ce soir ?
– Pas envie de faire la cuisine. Pizzas, ça te dit ?
– Parfait.
– Et toi Potter ?
Leurs regards convergent dans ma direction et je me sens rougir inexplicablement.
– Euh.. comment ça moi ?
– Ben, ça te dis pas une petite pizza, entre hommes, des vrais comme t'en as jamais vu, ce soir à huit heure dans la chambre de Théo ? On t'expliquera les trucs qui font qu'on te lamine à l'obstacle, promis...
Saleté de petit aristo arrogant et sa moue mutine et saleté de pincement au coeur.. Ses yeux pétillent de malice et Théo refrène difficilement son fou-rire.
– Super! Comme ça, le seul homme et vrai de vrai qui est ici pourra aussi vous expliquer deux ou trois petits détails sur l'art de maîtriser le piaffer par exemple !
Il rient à nouveau et Théo se relève, rejoignant Malfoy qui a posé une main caressante sur le dos de mon cheval.
- Bien Potter, à huit heure alors ! Comme ça on ne laissera pas le petit prodige seul, et morne dans sa grande chambre vide à ressasser son malheur comme il en a l'irritante habitude !
– Ta grandeur d'âme me sidère Malfoy ...
– Ce n'est rien mon petit Potty. Et sois à l'heure, on a vraiment un truc à te montrer !
Théo et lui échangent un sourire complice qui me donne froid dans le dos. Je me demande ce qui m'attend encore comme surprise ce soir..
– Salut Harry, à ce soir
– À ce soir !
Il repartent avec un air enjoué et Théo en profite pour me lancer encore un petit clin d'oeil. Je lève les yeux au ciel tout en souriant largement.
C'est vrai que Malfoy peut être très supportable quand il a envie, et c'est vrai que ses provocations peuvent même être drôles.
J'ai simplement peur que notre petite routine haineuse ne laisse place à quelque chose de plus grand, de meilleur, et par conséquent, quelque chose de complètement incontrôlable. J'ai déjà du mal à encaisser la confession de Nott..
Galva pousse un long soupir à ma place et je me dépêche de le détacher pour le ramener dans son box. Perdu dans mes pensées je n'ai même pas vu le ciel se brouiller légèrement contrecarrant mes plans de l'après-midi. De toute façon on en a déjà assez bavé ce matin, pas besoins de forcer, un petit entraînement d'une heure maximum dans le manège devrait suffire..
Les postérieurs disait Nott ? Oui, une petite heure suffira. Et puis la journée s'annonce orageuse et on devra sûrement batailler pour se trouver une place sous le toit..
Batailler... Je me demande ce qui m'attends ce soir. Et je suis persuadé de ne pas être au bout de mes surprises!
-------------------------------------
Alors, avez-vous appricé ce chapitres haut en couleur avec quelques perles du genre "Ce que j'ai vécu, je l'ai vécu" (non pas possible) ou encore mieux: "Draco, c'est Draco" (naaan sérieux ? c'est pas Bozo le clown ?) ... ^^ ?
J'espère que vous ne m'en voulez pas d'avoir tant tardé à vous le poster et vous ne savez pas à quel point ça me fait plaisir de reprendre goût à cette fic. Pleins de nouveautés et de surprises vous attendent encore et la relation Draco-Harry va devenir pleine de .. rebondissements!
Enfin bref, je cesse de m'emballer (aaaah vous m'avez trop manquéééé :D) et vous dis à la prochaine !
