Bonjour à tous !
Et voilà, le chapitre neuf est arrivé, avec du retard forcément mais j'ai du boulot par-dessus la tête (Pourquoi avoir choisi les études ? Pourquoi ?) et le prochain étant écrit à moitié je devrais pouvoir le poster avant octobre mais rien n'est moins sûr.. En revanche, comme il me semble vous l'avoir déjà promis ^^, après octobre tout ira mieux et je devrais réussir à poster bien plus régulièrement (ce qui sera très facile puisque pour le moment j'ai posté n'importe comme ahahaha ... comment ça c'est pas drôle ? .. désolé ^^).
Encore mille merci pour toutes vos review qui me donnent force et courage et ce n'est pas qu'un petit lieu commun, c'est VRAI. Sans vous je ne sais pas ce que je ferais mais ce qui est sûr c'est que j'arrêterai probablement de poster ^^.
Merci merci merci à tous et énooooooormes bisous !!!
Votre Mad :D
Ps: Désolé pour la longueur de ce chapitre, me suis un peu emballée héhé ^^.
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- Bienvenue dans l'antre du Diable Potter !
Le blond m'accueille avec un rire grave à en frémir d'horreur ou plutôt.. mourir de rire. Derrière lui, j'aperçois Nott qui s'applique à mettre la table malgré son hilarité.
La jalousie me submerge à la vue de cette « chambre » aux allures de petit appartement. Nott a fait de la première pièce une sorte de cuisine, dans laquelle il a réussi placer un placard muni d'un évier ainsi qu'un autre placard, plus petit cette fois, sur lequel il a posé un micro-onde et à côté duquel il a glissé un petit frigo. Tout ceci entoure une jolie table en bois et ses quatre chaises aux dossiers sculptés ainsi qu'un pouf à l'air particulièrement confortable. Un plafonnier en papier aux fines arabesques oranges diffuse une lumière douce et chaleureuse qui contraste fortement avec la nuit d'encre que l'on peut admirer depuis la fenêtre du fond.
- Un petit tour du propriétaire ? Me lance Malfoy avec assurance.
J'acquiesce en le suivant alors qu'il ouvre une porte à ma droite et nous fait entrer dans la véritable chambre de Nott.
La pièce est plutôt petite et presque entièrement occupée par un lit deux places à la taille impressionnante mais la hauteur des murs a permis de poser plusieurs étagères qui croulent sous les coupes, les récompenses, flots ainsi que quelques livres et d'autres babioles souvent en rapport avec le monde du cheval. Contre le mur du fond, sur une étagère un peu plus solide se trouve une petite télévision, en-dessous de l'unique fenêtre à la dimension bien plus intéressante que la mienne – je prends soin de noter - , et j'avise plus haut encore ses habits, pendus par un ingénieux système de balance qui se replie presque jusqu'au plafond. Malfoy m'explique que le le reste est rangé sous le lit, dans un immense tiroir auquel on a accès que lorsqu'on relève le matelas.
Une plus petite étagère près de la tête de lit semble servir de table de chambre puisqu'il y est posé une lampe de chevet et quelques livres dont un Pat Parelli (1), « Penser Cheval » (2) et la magnifique biographie « Bartabas » par Jerôme Garcin.
Je souris en reconnaissant Nott dans toute sa splendeur.
Malfoy me désigne une porte au fond de la pièce, qui s'ouvre de l'intérieur et qui donne sur la minuscule salle de bain. Lorsque nous sortons, Nott a déjà fini de découper les pizzas et les dispose dans les assiettes.
- J'peux te filer un coup de main ?
- Nan t'inquiètes, j'ai presque fini. Mais tu peux aller visiter la chambre de Draco.
- Ah mais je suppose que je n'ai pas le droit de voir la chambre du seigneur ?
Malfoy lève les yeux au ciel en m'entraînant vers la porte de gauche.
Sa chambre me paraît déjà un peu plus grande et je découvre avec surprise un lit une place. Mes souvenirs Parkisonniens reviennent en foule et mon ventre se contracte un peu à cette pensée.
Sur le mur du fond, il a collé une immense photo de César – magnifique, galopant librement dans le pré bordant la carrière – entouré de deux poster représentant Milton et Jappeloup (4) d'un côté et Denis Marques (5) monté sur son sublime ibérique de l'autre. J'ouvre une bouche ronde de stupéfaction et Malfoy me regarde avec un air goguenard que je supporte assez mal. Piqué au vif, je lève un sourcil et commente en montrant le poster des deux champions:
- Eh ben, t'es pas pétri de modestie toi !
Nous nous sourions et je retrouve chez lui la complicité que j'ai avec Nott. Mais l'image de gauche ne me lâche pas pour autant.
- Depuis quand tu t'intéresses à la Doma Vaquera ?
Malfoy baisse la tête en souriant.
- Oh mais il y a tant de choses que tu ignore à propos de moi Potter.
J'ai très envie de répondre que je connais l'essentiel avant de revoir le visage fermé de Michael quand je l'ai croisé dans le bus hier matin.
- On va manger ?
C'est tout juste si je ne sursaute pas avant de suivre Draco dans la cuisine. Nott nous invite à nous asseoir et rempli nos verres de limonade.
- Alors il a vu ? Demande Théo à Malfoy qui sourit immédiatement en me fixant.
- T'aurais dû le voir, une vraie carpe !
Il échange un clin d'oeil complice qui m'irrite immédiatement tout en me faisant sourire.
- De quoi vous parlez encore ?
Nott et Malfoy se lance un autre regard entendu avant que Théo ne reprennent la parole.
- Je vais t'avouer quelque chose mais il faut que tu me promette de ne pas me frapper.
- Je sais pas encore, parle toujours...
- Bon. Draco et moi avons parié que tu serais choqué de voir la photo de Denis Marques et nous avons gagné. Tu nous dois actuellement cinq cent dollars !
- Jamais de la vie !
Nous éclatons tous les trois de rires et commençons à manger.
- C'est un peu normal que je sois choqué non ?
- Toi et tes préjugés...
Draco feint d'être touché par mon attitude mais je peux voir une petite lueur amusée briller dans ses yeux gris.
- Bon, je vais tout te dire Potter.
- Mais je n'attends que ça.
Nott lève les yeux et je peux voir à son sourire mal contenu, à ses yeux brillants et à son air de gamin enjoué qu'il doit s'amuser follement de la situation.
- Je m'intéresse à la Doma Vaquera depuis que j'ai eu l'intention d'acquérir César c'est à dire depuis plus de cinq ans. Dans son élevage il y a avait un mec qui ne bossait qu'avec des chevaux argentins et j'ai trouvé cette pratique magnifique. Cette précision, cet accord avec ton cheval, comme si on ne formait plus qu'un.. C'est un peu comme si l'entente était complète, comme si on effaçait notre corps pour devenir un autre corps, un entité à part entière avec son cheval.. enfin.. tu vois ce que je veux dire.
Mon regard croise le sien et subitement l'évidence de notre relation m'atteint comme un coup de poing en plein ventre. Oui, je vois exactement ce que tu veux dire Malfoy. Ces petites flammes qui illuminent ses yeux, plus profonds que jamais, dans lesquels je me jette, me noie, à corps perdu. À mon tour je revois les images de gauchos sur leurs superbes montures, de leurs figures plus magnifique et irréelles les unes que les autre et ma propre fascination me consume. Oui Malfoy, je vois parfaitement ce que tu veux dire, trop bien même. Mais il y a aussi la mélodie grave de ta voix, tes yeux à la profondeur infinie, le dessin de tes lèvres et cette passion qui vibre en nous avec la même intensité, au même moment, et ma tête qui tourne et mon ventre qui hurle.
Je hoche de la tête, les yeux exorbités, les joues empourprées, la gorge sèche. Draco détourne les yeux et sourit aux restants de sa pizza.
- De toute façon tu dois même pas me croire.
- Bien sûr que je te crois !
Mon cri leur a fait relever les yeux et Nott me fixe avec plus d'intensité que jamais. Les yeux plissés, le sourire en coin comme lorsqu'il a saisi la petite nuance d'une figure ou lorsqu'il s'amuse de la candeur de Malfoy. Je m'étrangle avec mes propres récriminations intestines en me demandant de quelle manière je vais réussir à me reprendre et éventuellement à les esquiver.
- Enfin je veux dire...
Les mots s'embrouillent dans ma tête et Malfoy me regarde avec attention et intérêt, certainement pour la première fois de sa vie. Et pour la première fois de ma propre vie je n'arrive pas à aligner trois phrases sensées sur le sujet qui me passionne le plus au monde alors que je le défendait encore avec ardeur il n'y a pas si longtemps. Mais ses yeux sur moi et mon ventre qui brûle et la chaleur qui me monte à la tête..
- Ce que je veux dire c'est que.. je suis aussi capable de changer.
N'importe quoi. Je vois Théo baisser la tête et se mordre la lèvre inférieure et Malfoy me sourit simplement faisant littéralement exploser ma cage thoracique.
Il faut que je m'éloigne. Maintenant.
- Heu excuse-moi mais est-ce que je peux m'éclipser une minut..
- Les chiottes sont à gauche dans la chambre de Théo.
- Merci.
Ayant à peine remarqué la subite froideur Malfoyenne, je bondis dans la chambre de Nott, saute à pieds joint sur son lit et cours me réfugier dans les toilettes.
Et c'est ainsi que je me retrouve lamentablement assis sur la cuvette, inconfortablement coincé entre le lavabo et le mur aux jolies catelles bleu ciel, la tête dans les mains, troublé par un Malfoy.
Je maudit celui qui fait actuellement de ma vie un enfer. Les mots se succèdent dans mon esprit en flash de plus en plus puissants.
« Cette précision, cet accord avec ton cheval, comme si on ne formait plus qu'un.. »
Son regard. « T'as perdu Potter. » Son mépris.
« Tâche d'être à la hauteur. » Ma haine.
« Il y a une cicatrice le long de laquelle.. » « Une pizza entre hommes ça te tente ? ».
Son regard.
« Petit puceau ». La douleur, physique.
Pas seulement.
« Comme si on effaçait notre corps pour devenir un autre corps. .. »
« Ferme ta gueule! »
« Comme si.. »
« Tu es un abruti, un parfait abruti. »
« Comme si on devenait un autre corps.. »
« Tu traîne avec une vermine Nott ? » « Un autre corps.. »
« Tu la ferme. Point final. »
« Un autre corps... »
« Dommage que tu sois pas de l'autre bord.. »
« Potter! Arrête-toi! »
« Draco mon prénom c'est Draco. »
« Tu ne dis rien. »
« Maintenant?
J'avance dans le noir Potter. »
« Ta gueule ! »
« J'avance à tâtons dans le noir. »
Un peu plus et les larmes me piqueraient les yeux. À tâtons dans le noir.. C'est exactement ça. Ce n'est pas du tout ce que j'avais prévu, d'être à ce point ballotté entre deux sentiments des plus contradictoires, d'être à ce point rétamé, avachi au sol. Je ne sais plus quoi penser, quoi faire. Je ne sais plus si cette situation à un sens, si je dois en chercher un. Je ne sais plus ce que je veux, encore moins ce que je peux.
Où est-ce qu'on va comme ça à se balancer sur notre fil, à s'entrechoquer de temps en temps, quels sont les causes et les conséquences de nos actes, de cette amitié factice.
Factice, mais l'est-elle au fond ? Je n'en sais rien.
C'est le grand drame de mon quotidien depuis qu'il y est entré; je ne sais plus rien.
Je crois que c'est normal, le fait que mon esprit refuse de céder aux barrières qu'il s'est lui-même érigé durant toutes ces années. Je crois que c'est normal d'être perdu. Mais merde, ça fait un mal de chien.
Déjà dix minutes que je suis enfermé là-dedans, cinq de plus et ils vont commencer à se poser de sérieuses questions. Il faut que je sorte et que j'affronte tous ces facteurs que je ne saisit pas. Il faut que j'accepte de ne pouvoir les comprendre. Et ce sera certainement le plus dur des combats.
o.O.O.o.O.O.o.o.o
Nous arrivons au dessert et les rires se font de plus en plus fréquents. Je me suis ostensiblement détendu bien qu'une petite gène au niveau de la poitrine ne semble pas prête de me laisser en paix. Nott nous sers des glaces en dessert et je le remercie encore pour son chaleureux accueil lorsque Malfoy lance.
- Attends, ça ce n'est que la première partie, t'as encore rien vu..
Je sens mon coeur reprendre sa course folle.
- Comment ça ?
Malfoy pose à nouveau sur moi ce regard conspirateur qui me fait flancher.
- Mange ta glace, tu verra après.
Comme si tout était préparé d'avance, Nott enchaîne sur la préparation du futur concours tout en glissant quelques blagues sous-entendant que nous sommes les meilleurs. Je lui rappelle qu'on devrait se méfier de Goyle et Malfoy acquiesce, les yeux perdus dans le vague.
- De Greg peut-être pas, mais d'Aumance rien n'est moins sûr..
Nott hoche de la tête, pensif lui aussi.
- Il a quoi de spécial ce cheval ?
Les deux se tournent à nouveau vers moi avec un air de stupéfaction absolue et je me sens subitement plus inculte que jamais. Le rouge au joue et l'envie hargneuse de leur faire avaler les plaisanteries douteuses qui ornent leur lèvres, je me redresse sur ma chaise et les fixe droit dans les yeux. Ce qui fait immédiatement naître un petit sourire amusé sur le visage de Draco. Dieu comme je le hais.
- Te fâches pas Potter enfin.. Nous sommes juste surpris qu'un cavalier de ton niveau ne connaisse pas la perle rare de McGo.
L'envie de me jeter sur lui dans l'unique but de le frapper jusqu'à ce que mort s'en suive, ou plutôt jusqu'à ce que ce maudit sourire quitte ses lèvres, me donne des fourmis dans les mains. Mais je me calme instantanément en voyant Nott l'imiter à l'autre bout de la table et m'appuie contre le dossier de la chaise, prenant un ai nonchalant qui énerve le blond.
- Mais enfin Draco, tu sais que je ne vis que pour les merveilleuses explications et les incroyables conseils d'un cavalier de ton niveau !
L'utilisation de son prénom couplé à mes railleries l'irrite un peu mais il conserve un petit sourire fier. Nous nous retrouvons ainsi d'égal à égal, parfois même un peu impressionnés par les efforts de l'autre et sa soudaine repartie fulgurante, s'en agaçant souvent, s'en réjouissant toujours, mais sans jamais l'avouer – évidemment - et cette sensation est bien meilleure et beaucoup plus gratifiante que la haine destructrice et maladive que je lui vouais.
C'est comme un jeu dont nous sommes seuls maîtres, un jeu que nous pouvons réinviter sans cesse, un espèce de combat perpétuel qui nous maintient au sommet, puisque devant toujours être meilleur que l'autre. Et c'est vraiment bon.
Non. C'est délicieux.
Subitement une sonnerie que je reconnais comme venant du portable de Théo se fait entendre.
- Vingt-trois heures trente Malfoy !
- Vingt-trois heures trente Nott !
Je les regarde comme s'ils étaient définitivement bon pour l'asile et Théo enfile prestement ses chaussures pendant que Malfoy récupère nos vestes et me jette la mienne à la figure.
- Acrroche ta ceinture Potter, c'est maintenant que les choses intéressantes commencent.
O.o.o.O.O.o.
Ils avancent à grandes foulées, arborant le même air excité et je manque pour la troisième fois de m'étaler sur Malfoy parce que je n'ai pas vu la branche en travers du chemin. Il faut dire qu'il fait nuit noire, que les verres de mes lunettes sont sales et que la taille de géant de Malfoy qui galope devant moi me fait de l'ombre, comme si le reste ne suffisait pas.
- Met la deuxième Potter, on va être en retard.
- Harry, mon prénom c'est Harry.
Il s'arrête une seconde et me fixe avec cet air à la fois légèrement irrité et heureux de constater que je suis toujours à la hauteur. Juste le temps pour moi de les rattraper et de prendre même un petit peu d'avance, que je suis certain de reperdre lorsqu'il se sera mis en marche.
Nott continue à tracer sa route dans le silence le plus complet avec une habileté hallucinante. Personnellement j'arrive à peine à distinguer le bout de mes chaussures mais il se déplace avec l'aisance qu'il aurait en plein jour. Petit à petit je reconnais la barrière blanche du paddock et nous nous rapprochons de la carrière.
- Si vous voulez me faire monter à cheval maintenant vous pouvez toujours aller vous recoucher !
- Pas toi abruti !
Nott s'arrête brusquement et scrute un instant les environs avant de nous chuchoter avec frénésie:
- Il est là, il est là !
Draco m'attrape par la manche et me tire vers lui. Je me prends la barrière en plein ventre mais sa main ne lâche pas mon bras.
- Regarde et apprends.
Je scrute à mon tour la carrière vide et n'y vois rien. Il faut dire que je suis aussi vraiment obnubilé par la chaleur qui se répand de sa main à mon bras glacé et qui me donne des frissons. Mais lui ne semble pas le remarquer, le visage tourné vers la carrière et les traits figé, avec la même expression d'extase que lorsqu'il me parlait de Doma Vaquera.
Je me tourne à nouveau, essayant de me concentrer. Au départ je ne vois absolument rien, qu'une rangée d'arbres entourant la barrière blanche que je distingue à peine. Je suis sur le point de renoncer lorsqu'une petite volute grise attire mon attention.
Une petit volute grise qui se déplace. Petit à petit ma vision se fait plus claire et une étrange silhouette se découpe dans le noir avant de se découvrir sous mes yeux ébahis comme un couple cheval-cavalier.
L'animal se déplace presque sans bruit avec une grâce et une élégance qui me coupe le souffle. J'en oublierai presque la main de Malfoy qui se serre encore autour de mon bras nu.
C'est certainement le plus beau cheval que je n'ai jamais vu et j'arrive enfin à discerner plus distinctement sa robe gris pommelé, sa croupe puissante, ses jambes fines, son large poitrail et son encolure arrondie. Ses petites oreilles remuent sans cesse, perdues dans une crinière abondante, couleur cendre, comme dessinée au crayon noir, qui ondule dans la légère brise. Ses naseaux dilatés, plus plus foncés sur les contours et ses yeux brillants derrière le toupet presque noir.
Son cavalier légèrement courbé, une main en équilibre près du ventre, l'autre tenant les rênes juste tendues contre l'encolure puissante, semble lui parler, danser avec lui.
Ils enchaînent deux huit au petit galop avant de prendre la diagonale et de se mettre au passage, puis il l'arrête, le relance, le fait reculer de quelques pas et reprend ce petit galop mesuré qui ressemble à un envol, subtil et magnifique.
Lorsqu'ils s'approchent je sens Malfoy se baisser rapidement, m'entraînant avec lui et nous restons là, accroupis tous les trois, silencieux, éblouis comme jamais.
Le cheval nous rase sans un écart, pas un tressaillement ne traverse son corps, à la peau fine comme du papier, mais imposant comme s'il était sculpté dans du marbre. En relevant un instant les yeux il me semble reconnaître le visage de son cavalier et je sens le regard de Draco fixé sur ma joue qui doit prendre une jolie couleur carmin. Lorsque l'évidence me frappe de plein fouet.
- Mais c'est.. mais c'est Snape !
J'entends Nott étouffer un petit rire et me tourne vers Malfoy qui me fixe droit dans les yeux.
À nouveau je pose mon regard sur le couple fantastique qui évolue dans le noir le plus complet, comme s'il venait d'un monde féérique où le cheval et l'homme ne feraient plus qu'un et l'image se grave dans mon esprit, réveillant des souvenirs enfouis depuis longtemps.
- Mais nom de dieu c'est .. c'est !
Malfoy me coupe et énonce d'un ton posé.
- Oui. C'est bien Severus Snape, plus connu sous le pseudonyme d'Howard Bergmann-Prince. Et oui, tu as bien sous les yeux Azul de Luz, l'unique, le merveilleux, l'incroyable et le superbe Prince de Sang-Mélé.
Nott éclate d'un petit rire euphorique et mon visage perds instantanément toutes ses couleurs. Azul de Luz, le cheval de mon enfance, de ma vie, ce cheval de rêve. Howard et Azul, mon couple phare. Mon coeur bat beaucoup trop vite et ma tête tourne, j'ai l'impression que je vais tomber dans les pommes lorsque la poigne chaude et la voix de Malfoy me ramènent à la vie.
- Hey, ne nous quitte pas en si bon chemin Potter !
Mes yeux s'ancrent dans les siens et j'ai l'envie insensée de me jeter dans ses bras, dans l'embrasser, de le remercier, de lui offrir tout ce que je possède. J'ai l'envie folle et incommensurable de me blottir contre lui et de disparaître dans sa chaleur, dans le nuages de bonheur qui me transporte.
Il me sourit et quelque chose cède en moi. Probablement mes dernière barrières.
- Merci.
Sans perdre ce sourire simple et bouleversant, il tourne à nouveau les yeux vers la carrière. Mais sa main n'a pas quitté mon poignet.
Et à cet instant précis, une certitude me saisit tout entier. Je pourrais mourir, juste maintenant.
O.o.o.o.O.o.o.O
- Depuis combien de temps vous savez ça ? Depuis combien de temps vous venez là? Je veux dire c'est de la folie pure !
- Calme-toi ! Me lance Malfoy avec un grand rire.
- On se met au chaud, je vous fait un thé et Draco va se remettre à la narration avec un plaisir non feint.
Ce dernier donne un petit coup derrière la tête de Nott qui ricane. Je suis encore tout emballé et je manque à nouveau de me casser la figure une bonne douzaine de fois alors que mes deux compères s'esclaffent comme des baleines. Nous arrivons complètement hilare dans la chambre de Théo et je m'assied avec difficulté, à moitié plié en deux par mon fou-rire, encore sous le choc du spectacle auquel je vient d'assister. Draco n'est pas dans un meilleur état et s'y reprends à deux fois avant de pouvoir s'asseoir pendant que Nott met l'eau à chauffer et atteint sa chaise avec tout autant de difficulté. Nous nous calmons peu à peu avant que Draco ne lance un « Alors ? » très sérieux qui me fait repartir en éclats de rire incontrôlables.
- Alors... vous êtes de sales petits enfoirés.
Et Nott de glousser frénétiquement.
- C'est pour ça que tu nous aime Potter !
- C'est pas faux.
Nous en avons presque les larmes aux yeux lorsque Draco recommence à parler sur un ton à peu près posé.
- La première fois que j'ai vu ce cheval dans les écuries je me suis dit qu'il y avait anguille sous roche. Il n'est pas resté longtemps, quelques heures peut-être..
- Mais je croyais qu'il était toujours aux écuries de Durmstrang !
- Eh bien comme tu as pu le remarquer, ce n'est plus le cas depuis un moment.
Je recherche dans mes lointains souvenirs la date à laquelle mon journal fétiche « Elégance & Dressage » avait annoncé l'abandon définitif d'Howard Prince et la mise à la retraite anticipée de son étalon. L'article précisait que le cheval ne serait pas vendu mais destiné à la reproduction et mis en pâturage dans les magnifiques écuries de Durmstrang, occupées par les autres montures de l'équipe dont Howard Bergmann-Prince était le cavalier le plus méritant.
- Mais comment Nott et moi avons pu le louper ? On vit ici !
- Comme je t'ai dit, il n'est pas resté longtemps ! Je suis venu monter un matin tôt, il devait être cinq heure.
- Vous êtes un grand malade Draco Malfoy..
- Moque-toi mais je t'assure que c'est beaucoup mieux pour ton cheval lorsqu'on a des canicules comme celles de ces derniers étés !
Nott recommença à rire devant l'expression de notre puérilité et finit par se lever, titubant, en nous expliquant que faire le thé et sortir les biscuits l'aideront probablement à se calmer.
- Bon, je disais, je montais dans la carrière lorsque j'ai distingué un van dans la cour qui ne portait pas le marque de Poudlard. Et soudain j'ai vu ce magnifique animal en sortir. J'ai carrément arrêté César au milieu de la carrière, ce qu'il a moyennement apprécié, mais enfin passons...
Le rire aiguë de Nott me fait sursauter et il murmure un « désolé » à peine audible tout en se cachant derrière la porte du placard, me faisant glousser à nouveau.
- Et là, je vois Snape s'approcher et prendre la longe du cheval, le caresser, lui parler. Je me suis dit qu'il avait fait une nouvelle acquisition et j'ai immédiatement sauté de mon cheval pour aller voir.
Nott se plie en deux au-dessus de l'évier m'entraînant dans son fou-rire. Malfoy ne tarde pas à nous rejoindre et continue en pouffant.
- Bon, je descend, je traîne comme je peux mon cheval réticent jusqu'aux écuries, je me cache dans un coin ce qui est assez compliqué vu la taille de ma monture, je l'engueule un peu parce qu'il gigote et essaye de me mordre le cul et lorsque je passe enfin la tête derrière le manège pour apercevoir la cour, plus de van, plus de Snape et surtout, plus de cheval !
Nott dispose nos tasses fumantes et pose une boite de biscuits au milieu de la table avant de s'asseoir entre Malfoy et moi.
- Je contourne donc le manège pour arriver à la cour par l'autre côté et qui me passe devant, rasant les naseaux de César ?
- Nom de dieu.
- Comme tu dis.
Malfoy reprend cet air rêveur que j'apprécie tant alors que Nott lance d'un ton railleur tout en trempant un biscuit dans son thé :
- Et qui a faillit mordre le cul du célèbre Azul de Luz ?
Je ne peut retenir un grand éclat de rire qui me déloge presque de ma chaise.
- C'est une blague ?
- Pas du tout Potter. Le nez de mon merveilleux cheval à frôlé la plus grande honte de toute ma vie !
Je vois parfaitement la scène et peine à me récupérer. Ce qui est également le cas de Nott. Malfoy ne peut s'empêcher de rire aussi mais réussit quand même à parler.
- Je crois que je me suis jeté sur lui et que ça l'a tellement surpris qu'il n'a rien osé faire. Juste le temps de laisser passer Azul et de le voir disparaître à l'orée du bois.
À nouveau la jalousie me submerge mais la stupéfaction prends le dessus.
- Comment tu l'as reconnu ?
- Tu va te moquer.
Je lèves les mains en signe de paix invitant Malfoy aux confidences.
- À leurs démarches.
Le clin d'œil complice qu'il m'envoie me fait penser à l'insulte muette que j'ai formulé à son égard il n'y a pas si longtemps.
- Ils ont la même élégance à pied. C'est la première chose qui m'avait frappé lorsque j'ai commencé à les suivre, je devais avoir huit ou neuf ans. Je trouvais qu'ils avaient la même façon d'évoluer, cette espèce de foulée aérienne. Je ne les aurait jamais reconnu autrement.
S'il savait qu'il avait la même élégance que César.. Mais il doit être loin de s'en douter vu la fascination avec laquelle il parle d'Azul.
- Et comment vous vous êtes rendu compte qu'il s'entraînaient la nuit?
- Il le faisait déjà avant, avec son premier. Vertigo tu te rappelles ?
Comme l'oublier. Ce magnifique pur-race espagnole que tout le monde convoitait que que Snape avait finit par acheter après une bonne semaine de réflexion.
- Mais.. depuis quand a-t-il reprit son cheval ?
- Deux ans, jour pour jour.
Deux ans.. Depuis deux ans Malfoy affine sa technique en dressage et Nott fait des progrès fulgurants. La preuve qu'il y a une explication à tout.
- Mais.. C'est de la triche !
Le visage de Draco s'assombrit subitement et ses traits se tendent.
- Comment ça Potter ?
J'aperçois Nott qui relève brusquement la tête, en signe d'alerte mais avant de capter son petit signe de désapprobation, les mots ont franchit la barrière de mes lèvres.
- Je veux dire, c'est comme des cours privé, à l'insu de Snape ! Les progrès que j'ai fait, je les ai fait tout seul moi!
En un éclair il est debout face à moi et sa fureur me donne des frissons d'appréhension. J'avais oublié la crainte qu'il pouvait m'inspirer.
- Eh bien je suis ravi que tu sois un tel prodige Potter et plus ravi encore que tu n'ai pas perdu ta foutue arrogance et que tu montre à nouveau ton vrai visage ! Sur ce, veuillez m'excuser.
Et sans plus de cérémonies, il entre dans la chambre de Nott et claque la porte faisant trembler la table.
Je suis abasourdi. Théo me regarde en secouant la tête.
- Désolé Harry..
- Mais qu'est-ce que j'ai dit ?
Il pousse un long soupir.
- Tu l'as horriblement vexé.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
Il se rapproche de moi et baisse le ton.
- Draco t'as fait partager son plus grand secret ce soir. Un truc dont il est vraiment fier, il pensait t'impressionner. C'est sa seule façon de vraiment rentrer en contact avec les gens, il essaye de briller pour se faire accepter.. C'est comme un rite d'initiation dans le mauvais sens, toi tu as dû croire qu'on te mettait dans la confidence pour te prouver qu'on t'acceptait mais pour Draco c'est le contraire!
- Comment ça ?
- Eh bien lui cherchait simplement à te montrer qu'il est à la hauteur de tes attentes.. Et toi tu l'as critiqué.
- Merde.
Théo me regarde avec complicité.
- Il faut que tu pense cheval Harry. Y aller pas à pas. Lui montrer qu'il fait bien et juste, qu'il peut se lâcher, qu'il n'a pas besoins d'être sans cesse meilleur pour avoir ton amitié, comme son éducation le lui a appris. C'est la seule façon d'obtenir sa confiance.
Je jette un coup d'oeil à la porte molestée et ai à peine le temps d'ouvrir la bouche que Théo me devance déjà.
- Oui, va lui parler. Je vous refait du thé en attendant.
- Merci mec.
- De rien. Je me trouve vraiment trop bon des fois !
Nous éclatons d'un petit rire discret et j'espère de tout mon coeur que le blond ne l'a pas entendu.
Lorsque j'arrive derrière la porte j'hésite une seconde. Et s'il me repoussait ?
Je finis par me décider et m'avance brusquement alors que de l'autre côté il ouvre la porte d'un geste démesuré. Je me retrouve propulsé à ses pieds. En essayant de me relever je referme la porte dans mon dos et il me tends la main pour m'aider. Nos regards se croisent.
Nous sommes coincés dans cet espace ridiculement étroit, ma main dans la sienne, ses yeux dans les miens, la porte fermée sur notre silence. Et j'ai ardemment envie de lui.
Je me souviens de la façon dont Cho m'a coincé dans le box vide de sa jument. La façon dont elle a doucement pressé son corps contre le mien sans me lâcher les yeux, sa main sur mon torse, pendant que l'autre me bloquait les poignets.
Je me rappelle du désir qui est monté en moi à une vitesse infernale. Ce même désir qui me possède maintenant.
Il faut que je parle ou je vais me jeter sur lui.
- Je.. je suis désolé je ne voulais pas.
- Non.. Non, c'est moi qui m'excuse. Vraiment. J'ai réagi au quart de tour.. et je n'aurais pas dû. Je crois que notre nouvelle relation va m'apprendre à me maîtriser un peu.
Il est secoué par un rire nerveux et se passe la main dans les cheveux en me fixant. Je le trouve plus désirable que jamais.
Et j'espère vraiment que cette nouvelle relation va m'apprendre à me maîtriser.
- Je m'excuse aussi. Je n'aurais jamais dû dire ça, c'est complètement faux et je ne le pensais pas. Je crois que vous êtes simplement plus intelligents que moi.. je crois que je suis peut-être un peu jaloux..
Je me redresse lentement et me rends compte que nous sommes presque coincés l'un contre l'autre, dans l'impossibilité totale d'ouvrir la porte.
- Comment .. comment on va sortir de là ?
- C'est une excellente question Potter.
Notre rire me calme un peu. J'essaye de me dégager mais ne fait que me rapprocher de lui. Ma respiration est erratique, mes mouvements maladroits.. C'est un cauchemar.
- Attends, essaye de monter sur la cuvette, je vais peut-être pouvoir..
Je m'exécute immédiatement essayant d'oublier le fait que je doive carrément me frotter contre lui pour pouvoir atteindre la cuvette. Une fois dessus, il parvient à ouvrir la porte et nous sortons tous les deux, riant bêtement, les cheveux ébouriffés, les joues rouges, le souffle court. L'image me tue littéralement et c'est avec plaisir que je retrouve Nott et ses sarcasmes ainsi qu'une tasse de thé qui me brûle la langue et les doigts.
La soirée se finit magnifiquement - ou plutôt horriblement – bien. Je découvre en eux deux personnes brillantes, intéressantes et pleines d'humour avec qui je peux avoir des échanges que je n'aurais jamais imaginé avoir avec quelqu'un d'autre qu'Hermione.
Hermione et Ron étaient mon équilibre.
Elle et nos longs débats intenses sur divers sujets,hétéroclites, elle et sa psychologie, sa confiance, elle et son côté passionné.
Lui et nos fou-rires démesurés, nos railleries, notre complicité, notre solidarité à toute épreuve.
Nott et Malfoy réunissent les deux.
En sortant de la chambre, je remercie encore Nott pour cette merveilleuse soirée et il me fait promettre que ce n'est que la première d'une longue lignée. Il nous baptise même le trio de feu, en comparaison au trio d'or que je forme avec mes deux meilleurs amis et je sens mon coeur se serrer dans ma poitrine.. Il va encore falloir que je gère le fait d'être devenu si proche d'eux, probablement au détriment de ma relation avec Ron et Hermy...
Malfoy m'accompagne dans le couloir.
- Encore désolé pour tout à l'heure.. enfin je suppose que Théo t'as expliqué comment je fonctionne.
- Un peu.. Ouais je sais c'est de la triche !
Il éclate de rire et la pensée ridicule que je ne pourrais probablement plus jamais me passer de ce rire me traverse furtivement l'esprit. Si furtivement..
- Il est vraiment génial ce mec.
- J'avoue, j'avoue. Ce n'est pas pour rien que c'est mon meilleur pote.
Nous nous sourions et il attrape brusquement ma main. Puis en me fixant intensément, il pose l'autre son mon épaule et j'ai envie de m'écrouler. Ce devrait être une poignée de main normale mais j'ai l'étrange impression que ça signifie beaucoup plus.
- Merci Potter.
- De quoi ?
Il resserre sa prise sur mon épaule et la brûlure me mange le corps tout entier.
- Merci de me laisser une chance.. une chance de te montrer que je ne suis pas ce que tu pense. Une chance de rédemption.
Ces mots dans sa bouche font comme de petits coups dévastateurs dans ma poitrine. Je puise je ne sais où la force de répondre.
- Mais merci à toi Malfoy. Merci de me laisser l'opportunité de te connaître, te connaître vraiment. Merci de me laisser la chance d'oublier mes préjugé. Merci de me permettre d'évoluer.
Il me sourit de ce sourire impossible qui me tue et me rends vivant à la fois. Il est proche, trop proche et je me sens si bien, trop bien. J'ai envie de l'attirer brusquement contre moi, de faire ce geste impulsif et idiot, avec la même force qu'il a utilisé lorsqu'il a pris ma main. Un geste stupide qui ne voudrait rien dire et qu'on pourrait oublier. Un geste comme notre secret.
Ce secret qui me hante.
Mais je le sens s'éloigner, lentement, bien trop lentement et j'ai envie de hurler malgré moi.
- À bientôt Harry !
- À bientôt.
Qu'est-ce que fout mon prénom dans sa bouche ? Et surtout, pourquoi me revient-il en écho avec une telle intensité, pourquoi ai-je la ridicule impression que c'est la première fois qu'on le prononce et qu'on ne prononcera plus jamais aussi bien?
Pourquoi ai-je les larmes aux yeux ?
Le moment est rompu, brisé, je n'ai plus aucun moyen de me dire que cette soirée n'est qu'un pure fantasme et qu'elle n'a jamais existé. Je dois faire le chemin inverse dans le couloir abandonné, retrouver ma chambre, ma solitude, mon désir paradoxal, mes pensées furtives, futiles. Je dois retrouver ma vie et essayer de ranger cette relation nouvelle à l'intérieur du grand bordel qui m'habite. Je dois faire avec.
Et en ce soir de juin, alors que je rentre dans ma chambre l'esprit encore lointain, les yeux encore brillants rien ne me paraît plus difficile.
O.o.o.O.o.o.O.o.o.o.O.o.o.O.o.o.O
1) Célèbre chuchoteur. Pour plus d'infos : .org/wiki/Pat_Parelli
2) Par Henry Blake
3) Oui je fais ma ptite pub ^^
4) Deux magnifiques chevaux, grands noms du CSO, aussi merveilleux que différents ^^
5) Champion d'Europe de Doma Vaquera : .com/watch?v=nk_n1yQlmT0
Alors qu'en avez-vous pensé ?
