Note d'A2 : Bonsoiiir ^^ je suis une des figures de Threesome, et je vous souhaite une excellente lecture de ce chapitre, où notre Squalo des mers est dans la panade la plus totale, face à face pour la première fois avec Xanxus, ce brun ténébreux aussi dangereux que sexy. Il vous est présenté par les pansements Lussurplus. Les pansements Lussurplus, pour la gloire, pour VQ, et parce que la mafia, même sans mafia, ça pique.
Chapitre 2
Squalo regarda à nouveau la petite horloge posée sur le bureau et poussa un long soupir. La première demi-heure, il avait patienté sagement sans bouger de son siège. Puis, agacé par le manque de ponctualité de son kidnappeur, il avait décidé de poser une fesse timide dans le superbe fauteuil du boss qui ne devait pas valoir moins de trois mille dollars. En fouillant dans les tiroirs, faute d'informations utiles pour se sortir de sa situation, il avait trouvé de quoi s'occuper. Les crayons de papier qui remplissaient le pot à crayons ne demandaient qu'à être taillés par le magnifique taille-crayon électrique ultra moderne de la marque Mosca®. Puis il avait essayé ces mêmes crayons une fois taillés sur des feuilles qui traînaient et tant pis si c'était des papiers importants. Ou plutôt, tant mieux. Ça lui ferait les pieds, à ce salaud ! Une fois qu'il eut recouvert chaque centimètre carré de petits poissons, son kidnappeur ne s'étant toujours pas manifesté, il entreprit de fabriquer plusieurs dizaines d'avions en papier. Yamamoto l'avait souvent entraîné dans des parties endiablées de batailles aériennes où il s'agissait de toucher son adversaire en lui lançant un de ces origamis. Il était devenu un as de la visée.
Il alla placer la corbeille à papier près de la porte puis s'amusa à y lancer les avions depuis sa place confortable.
- Voiii ! Chers passagers, nous vous remercions d'avoir choisi Fishy Airlines et vous souhaitons un agréable voyage à bord du Squalo 29, notre tout dernier modèle alliant sécurité et performance.
Les pliages, après un beau vol plané, exécutaient quelques loopings millimétrés avant de piquer du nez et d'atterrir dans la poubelle. Pas un seul ne rata sa cible. En quelques secondes, il avait constitué une pile d'avions parfaitement emboîtés qui arrivaient à la hauteur de la poignée de la porte. Cette dernière tourna soudain alors que Squalo lançait un énième avion et un homme à l'allure impressionnante fit irruption dans la pièce. Il était grand, brun et gaulé comme un joueur de rugby, le costard en plus. Il était la classe incarnée. L'avion qu'avait lancé le poissonnier menaça de se planter entre ses deux yeux mais l'homme le coinça de justesse entre deux doigts avant de le froisser et de le laisser tomber négligemment dans la poubelle.
Squalo déglutit. C'était sûrement le Big Boss. Pas trop tôt ! L'homme fit le tour du bureau et, d'un coup de pied, envoya Squalo avaler la poussière sans grâce aucune pour récupérer le siège qui était le sien. Le jeune homme à terre se releva dignement puis prit docilement place dans un des modestes fauteuils qui restaient.
- Superbi Squalo, commença le brun en croisant ses jambes sur le bureau, tu as été aperçu sortant du QG Hibarin alors qu'un important rendez-vous s'y tenait. Dis-moi tout ce que tu sais à ce propos.
Squalo ravala le couinement qui avait failli lui échapper et se reprit. Le boss n'avait pas l'air patient à rentrer ainsi directement dans le vif du sujet. Après tout le temps qu'il lui avait fait attendre, c'était gonflé.
- Et vous êtes ? demanda-t-il avec un sourire en coin insolent tout en se calant plus profondément contre son dossier.
- Pressé. Parle ou je te bute.
Le kidnappeur illustra sa promesse d'un subtil écartement de veste qui dévoila son arme dans un holster à sa ceinture. Squalo redevint sérieux.
- Voi ! Très bien, calmez-vous. Je sais rien, moi. Je ne suis qu'un livreur de sushi.
Le brun émit un grondement menaçant avant d'entrecroiser ses mains sur son torse.
- Superbi Squalo, tu vis en ce moment chez Yamamoto Tsuyoshi et son fils Takeshi. Ils t'ont recueilli alors que tu étais à la rue. Tu les aimes et tu ne veux pas qu'il leur arrive malheur. J'ai raison jusque là ?
- Voi, c'est bon, c'est bon, j'ai compris. Touchez pas aux Yamamoto, je vais tout vous dire.
Il rapporta la conversation qu'il avait surprise entre les trois hommes la veille en réprimant le tremblement de sa voix. L'homme en face de lui fronçait les sourcils au fur et à mesure, si bien qu'à la fin, ses yeux n'étaient plus que deux fentes carmines.
« Se pourrait-il qu'il soit l'homme dont Mammon a parlé ? pensa Squalo. Alors son affaire est menacée par Hibari et son clan. Mais comment a-t-il su que j'étais là-bas ? »
- Voi, vous êtes Xan…
- Je veux que tu travailles pour moi, le coupa Xanxus. J'ai besoin d'un nouveau Chef cuisinier qui sache préparer des mets à base de poisson.
Poisson que l'argenté imita à la perfection à cet instant.
- P-pardon ? C'est hors de…
Xanxus le mit en joue.
- Et tu habiteras désormais dans un appartement que je mets à ta disposition dans mon club. C'est pour te remercier de ta collaboration.
« VOIIIIII ! L'enfoiré ! » pensa Squalo si fort que le brun eut un petit sourire narquois. Pas de protestation ? De toute évidence, l'idée d'être transformé en passoire ne l'enchantait guère. Quel homme raisonnable ! Il faisait bien de le prendre à son service. Et puis… il lorgna sa silhouette svelte moulée dans un long tablier maculé d'écailles et de sang de poisson : une fois débarrassé du parfum « fruit de mer », il saurait sûrement être… disons… polyvalent.
Après avoir remercié chaleureusement Yamamoto Tsuyoshi pour tout ce qu'il avait fait pour lui, Squalo s'était retrouvé prisonnier des bras puissant de son sportif de fils. Yamamoto ne semblait pas vouloir le lâcher et, de l'accolade virile, il était passé à l'étreinte fougueuse au goût amer de dernière fois.
- Voi, Takeshi, tu vas me lâcher, oui ? C'est pas comme si je quittais le Japon. Rien ne nous empêche de nous revoir.
- Haha ! répondit le plus jeune en le libérant enfin. Oui, c'est vrai. Eh bien, je viendrai te voir tous les jours.
Squalo, qui retrouvait tout juste son souffle, manqua de s'étrangler, tout seul cette fois.
- N-non ! Pas au club ! C'est pas la peine, voi ! Vraiment. C'est moi qui viendrai.
Il n'allait tout de même pas permettre à un gamin de seize ans d'entrer dans un club de strip-tease ! Et puis quoi encore ! Il l'embrassa une dernière fois puis empoigna sa valise et quitta la demeure Yamamoto.
- Voi ! À bientôt, Yamamoto-sama. Et toi, le morveux, ne fais pas de bêtise, je t'ai à l'œil.
S'éloignant de son ex-foyer, le requin poussa un profond soupir. Déménager, encore. Il en était las. Il aurait aimé trouver enfin son chez lui où il pourrait goûter au bonheur irremplaçable d'une vrai famille. Ça ne semblait pas être à l'ordre du jour. Ou peut-être qu'il n'aurait jamais cette chance. Même en restant chez les Yamamoto, il pensait pouvoir retrouver une vie normale. Pourquoi avait-il fallu qu'il soit à nouveau mêlé à des histoires de mafia ? Et pourquoi cette Famille ? Il avait fini par abandonner toute idée de vengeance mais le passé revenait le narguer. Il soupira encore.
- Squalo, fit une voix douce et claire derrière lui.
L'interpelé se figea. Cavallone. Quelle attitude adopter ? Hargne ? Gratitude ? Il ne lui avait jamais parlé depuis cette fois-là, les mots échangés la veille ne comptaient pas. Et maintenant qu'il était là, qu'il n'y avait rien pour interférer, il se rendait compte qu'il avait des milliers de questions à lui poser. Tout d'abord, pourquoi l'avait-il sauvé ? Et qui était-il, quelle personne pouvait bien être Dino Cavallone ? Pourquoi travaillait-il pour les yakuza ? Il semblait si doux et gentil avec ses cheveux d'or et son air protecteur et bienveillant qu'on avait peine à croire qu'il était un tueur de sang froid. Squalo ne semblant pas se décider à lui faire face, Dino le contourna et vint se planter devant lui.
- Squalo… répéta-t-il, hésitant. Je-je suis tellement heureux de te revoir…
Il leva une main timide à hauteur de son visage, le regard planté dans les yeux d'argent de son vis-à-vis, cherchant à y déceler le moindre signe de répulsion mais il n'y avait rien que de la confusion et de l'expectative. Il posa ses doigts sur la peau douce de sa joue qui rosit immédiatement, comme électrisée par ce contact. D'un pas en avant, il se rapprocha du requin, inclina légèrement la tête et tendit son visage avec une lenteur presque irréelle. Ses doigts glissèrent jusqu'à ses lèvres entrouvertes d'où s'échappait un souffle chaud qui venait se mêler au sien. Il réduisit encore la distance qui le séparait de cette bouche qu'il désirait goûter pour ne s'arrêter qu'à deux centimètres d'elle et ferma les yeux. Squalo, au contraire, gardait les siens grand ouverts, incapable d'effectuer le moindre mouvement, incapable de penser à autre chose qu'à ce qui était sur le point de se produire. Cavallone voulait l'embrasser. Cavallone allait l'embrasser. Et lui était en train de se laisser faire, de se laisser caresser tendrement du bout des doigts comme une nana. Pire encore, il aimait ça.
L'ex-poissonnier resta les bras le long du corps, tendu et raide comme une planche, incapable une nouvelle fois de repousser son assaillant. Le bras-droit d'Hibari avança les lèvres et frôla à peine celle de Squalo avant de venir nicher son visage dans son cou. L'argenté profita de leur proximité pour humer son parfum, le même que dans ses souvenirs.
- Ton parfum m'a tellement manqué, Squalo…
Et sans même terminer sa phrase, le manieur de fouet prit, pleinement cette fois, les lèvres de son vis-à-vis. Combien de fois Dino avait-il imaginé cet instant ? Bien avant le massacre du gang des Épéistes, Squalo avait attisé sa curiosité. À l'époque, l'argenté était l'une des forces montantes de la mafia locale à lui seul, il avait permis de doubler l'étendue du territoire de son clan. C'était d'ailleurs pour cette raison que Hibari lui avait demandé de garder un œil sur ses activités. Grossière erreur. À force de surveiller de loin l'adolescent téméraire, il avait commencé à éprouver de la sympathie pour lui, sympathie qui s'était rapidement transformée en une espèce de fascination.
Cette dévotion, cette énergie qu'il mettait à l'ouvrage lui rappelait ce que lui-même avait perdu. Puis le spectre de l'épéiste avait commencé à hanter ses nuits solitaires, sa simple image l'aidait à tenir le coup jour après jour, massacre après massacre… S'il l'avait épargné et sauvé, ce jour là, c'était simplement qu'il n'avait pu se résoudre à abîmer la vie de l'être qui était devenu son moteur. Le coup de foudre ? Il n'y avait jamais cru mais après tout pourquoi pas ? Il désirait ardemment celui qu'on surnommait alors dans le milieu « L'Empereur des Épées » et était prêt à tout pour se l'approprier.
Sa langue caressa doucement la lèvre inférieure de l'ex-épéiste, quémandant l'entrée qui lui fut rapidement accordée. L'argenté n'avait pas la moindre idée des raisons qui le poussaient à tout accepter du Cavallone alors qu'il le connaissait à peine mais la langue chaude et agile le convainquit de ne pas pousser l'introspection plus loin. L'échange redoubla d'intensité et les mains de son ennemi se firent plus entreprenantes, ayant errées un moment sur sa taille, elles voyagèrent un peu plus bas, jusqu'à ce qu'il y mette un terme.
- Voi ! Tu ne crois pas que tu vas un peu trop vite en besogne, enfoiré ? Qu'est-ce que tu me veux ? gueula-t-il en repoussant le blond.
Son ton paraissait sévère mais les mignonnes petites tâches rouges sur ses joues lui donnaient un air irrésistible.
- Squalo, je suis venu te demander de travailler pour nous. Rejoins nos rangs, s'il te plaît.
L'argenté, refroidi, se retourna dans un mouvement de cheveux brusque et souple et assomma le blond d'un coup de valise latéral dans la tempe droite.
- VOIIII ! JAMAIS ! VA CREVER, CAVALLONE, TOI ET TON ENFOIRÉ DE BOSS !
Il résista à la tentation de le piétiner sauvagement dans un accès de colère incontrôlé. La mine très sombre, il prit la direction de son nouveau lieu de vie, le club Varia Quality, abandonnant là le corps inerte du bel étalon.
Les néons colorés du Varia Quality Club clignotaient comme un phare au milieu de ténèbres à la fois métaphoriques et réelles des habitants de la ville de Namimori. Le mauvais éclairage du quartier accentuait l'impression de profonde illégalité que dégageait ce lieu de débauche, pourtant la fréquentation ne désemplissait pas. Moyennant une somme honnête le citoyen lambda pouvait dîner copieusement tout en assistant à une représentation style cabaret (il y en avait plusieurs dans la soirée et chaque spectacle gagnait un degré de plus), ou consommer aux bars des différents espaces : le bar lounge, le bar à hôtesses et la piste de danse animée par le Dj Irie Shoichi. Il y en avait pour tous les âges, pour tous les goûts, pour tous les budgets et la qualité du service était invariablement au rendez-vous. L'affaire de Xanxus reposait tout entière sur ce principe, jusqu'à lui en faire porter le nom et ça marchait. Pour tous les habitants de Namimori, le Varia Quality Club, était la touche de cacao dans le lait ou de whiskey dans le café : un peu de douceur dans ce monde de brutes. Oui, c'était un havre de paix pour tous, enfin à une ou deux exceptions près …
- Voi ! Spanner ! C'est quoi ce grill Mosca® qui lance des flammes ? s'égosilla l'argenté dans l'interphone relié directement au service de sécurité du club.
L'ex-épéiste avait sauvé sa frange de justesse mais regardait avec une tristesse profonde les ailerons de requin calcinés et dévorés par la colonne de feu qui s'échappait toujours de l'appareil.
- Yare, yare, soupira le créateur de la machine, on ne t'as pas appris à régler l'intensité du grill avant de t'en servir ? T'es vraiment cuisinier ?
Une veine explosa quelque part entre le front et la tempe de l'interrogé. Non, il n'était pas un putain de cuisinier, il n'avait aucune formation dans ce domaine et n'avait même pas postulé pour ce job à la con ! En attendant il avait une poignée de commandes à préparer et pas l'ombre d'un commis de cuisine ! Heureusement qu'il avait investi les lieux en début d'après-midi pour se familiariser avec le matériel et qu'il avait potassé le menu. Et il acheva par un « Voi ! Maintenant tu la fermes et tu ramènes tes fesses ici pronto, mécano de mes deux! » bien senti.
- C'est marrant, le patron a employé plus ou moins ces termes quand il m'a demandé de venir te chercher… lança la voix naturellement chaude de Bianchi appuyée contre le grill qu'elle avait éteint au préalable.
- Voi…?
- Il veut que tu lui montes sa bouteille habituelle. Je te remplacerai pendant ce temps, le bar n'ouvre que dans une demi-heure.
- Merci mais… tant qu'à faire, tu pourrais lui amener directement, non ? glissa le cuisinier-malgré-lui qui était plutôt un homme pratique.
- L'amour à ses raisons, Squalo… Il a dit, je cite : « Appelle l'autre déchet bruyant et demande lui de monter son joli petit cul jusqu'à mon bureau avec ma bouteille de bourbon. », imita parfaitement la barmaid en souriant devant l'expression qu'affichait son interlocuteur.
- Boss de merde, grinça-t-il entre ses dents et les joues en feu en descendant à la cave.
Exploitation, menaces, harcèlement sexuel… la liste des méfaits de Xanxus s'allongeait de jour en jour avec pour seule constante sa victime : Squalo. Voilà ce qu'était pour lui le Varia Quality Club, le lieu de détente de tous les hommes de la ville.
Note de fin, ou plutôt de Tuturne : La petite introduction sur le Varia Quality Club m'a inspirée de façon soudaine et La-Mama a proposé que je partage avec vous ma connerie... euh... mon grand talent ! Sur l'air de Alexandrie Alexandra de Claude François :
Les décibels du DJ Shoichi
Chantent encore la même mélodie
Oh oh, les néons du club Varia Quality
Font naufragés les papillons de ma jeunesse
Voulez-vous que ce refrain devienne l'hymne de Varia Quality ? C'est à vous de voter !
