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Chapitre 12
La sirène d'une voiture de police tira Squalo du brouillard post-orgasmique. Il s'agissait du genre de son pour lequel il avait été conditionné à demeurer sur le qui-vive et rien n'avait pu, malgré ses années de vie honnête, rompre ce mécanisme. Son acuité nouvellement retrouvée lui fit mal tant la transition fut violente. Il avait l'impression d'avoir été réintégré de force dans son enveloppe charnelle et rien n'était plus rude que ce genre d'éveil sensoriel. Peu à peu, il reconstruisit les évènements qui avaient précédés sont court sommeil sur la scène du club et la honte dévora son corps dans son intégralité. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait pu s'adonner à une telle chose.
Il n'avait cependant pas la mauvaise foi de nier qu'il avait éprouvé un plaisir singulier, et pourtant les deux hommes qui l'avaient fait se sentir si bien quelques minutes auparavant le révulsaient à présent. Il songea avec un certain dégoût à la sueur et au sperme de ces deux bêtes assoiffées de sexe qui se mêlaient à ses propres fluides. Il voulait oublier, et un tourbillon de considérations diverses lui firent perdre tous ses repères. Il ne savait plus à qui appartenait les bras qui l'enlaçaient tendrement et qui détenait cette main chaude posée sur sa cuisse nue, à qui était le souffle qui agitait ses cheveux en bataille, ni qui possédait la respiration qui chatouillait la peau de son flanc. Une horloge marqua les deux heures quelque part mais pour lui le temps avait suspendu sa course. Ce qui restait de sa dignité gisait, écrasé sous le tas de vêtements qui jonchaient le sol et dont la plupart lui avait été retirés avant qu'il n'ait pu donner son consentement.
Il se sentait horriblement mal, peut-être vexé, mais surtout déçu et humilié, insulté même ! N'était-il qu'un putain d'objet sexuel ? Un gigolo qu'on passe de main en main ? Et sa fierté, bordel ? Et son humanité ? Il savait le concept totalement méconnu de Xanxus. Il suffisait de dire « droits de l'homme » pour déclencher, chez lui, une crise de fou rire. Et Dino ? N'avait-il pas succombé à la provocation débile du patron de club alors même qu'ils étaient déjà ensemble ? L'emploi du passé le glaça et quelque chose éclata sans bruit dans sa poitrine. Il savait que cette chose en lui venait de mourir, dans le silence total de cette pièce, troublé seulement par leurs trois respirations. Une immense solitude le gagna.
Superbi Squalo se redressa vivement et localisa les éléments épars de sa tenue. Alors qu'il s'apprêtait à se dresser sur ses deux jambes, l'étreinte autour de sa taille se resserra.
- Tu vas où, déchet ? interrogea Xanxus d'une voix encore lourde de sommeil.
Il ne répondit pas, se dégagea des bras de son patron et se rhabilla en hâte. Énervé par le vent monumental qu'il venait d'essuyer, celui-ci se leva à son tour, enfila son sous-vêtement et empêcha son employé de quitter la pièce.
- Tu te crois où, déchet de mes deux ? Tu fais quoi ? Tu crois que tu peux te casser comme ça, sans rien dire ? s'emporta-t-il.
Dino s'était levé, lui aussi, et tentait de cacher sa nudité pour être prêt à intervenir au cas où, tout en restant digne.
- VOI ! Lâche-moi la grappe, enfoiré de merde ! Tu crois quoi ? Que je vais te laisser contrôler chacun de mes faits et gestes ? Tu peux vraiment pas t'empêcher deux secondes de foutre ta merde dans ma vie ? Tu m'obliges à bosser pour toi, tu menaces de tuer ma famille, tu fous le bordel dans mon couple ! Je t'ai fais quoi, putain ? Je languis le jour où tes ennemis de tomberont dessus ! D'ailleurs, tu sais pourquoi ils sont si nombreux les gens qui veulent ta tête ? C'est parce que t'es la dernière des pourritures ! Tu crois que les gens autour de toi t'apprécient et te respectent ? Ils veulent soit tes thunes, soit profiter de ton influence et, au mieux, tirer un coup. Sans ça t'es rien. Tu crèveras seul en vieux con sauf si t'as la chance de te faire descendre jeune et peut-être bien que ce sera moi qui tirerai sur la gâchette !
Le regard de Squalo était dur et bourré de haine. Il avait subi pendant trop longtemps les sautes d'humeur, la possessivité maladive et injustifiée ainsi que les abus en tous genres de Xanxus et toute son humanité criait au scandale. S'il n'était pas lui-même un modèle de vertu, il lui était intolérable d'être traité ainsi. Les pupilles bleu glacé paralysèrent le chef du Varia Quality. Pas la moindre parole ne sortit de sa bouche. La main qui retenait Squalo retomba le long de son corps et un gigantesque trou noir lui tint lieu d'esprit pendant plusieurs minutes. Il ne cilla pas lorsque son assistant partit en claquant la porte. Il demeura immobile lorsque Dino se jeta à la suite de Squalo.
La porte se fracassa contre le battant avec une telle force que les murs tremblèrent et menacèrent les fondations du club. La colère de l'ex-épéiste atteignait un paroxysme que même la violence de ses paroles et la brutalité de ses gestes ne réussissaient pas à apaiser. Il en voulait au monde entier et plus encore à Dino. Son propre mec avait été l'instigateur de cette sauterie et rien ne lui était plus douloureux que cette trahison. Une fois encore, la réalité avait défoncé les murs blindés de sa confortable existence pour lui rappeler que le bonheur ne lui était plus permis.
Pourquoi s'acharnait-il ainsi à croire qu'il pouvait accéder au bonheur standard d'une petite existence banale ? Son sang bouillant d'épéiste ne cessait de s'insurger face à l'abnégation dont il faisait preuve en permanence. Au diable sa docilité servile ! Adieu le gentil petit Squalo ! Si le monde s'échinait à le mettre plus bas que terre il le lui rendrait au centuple ! Il s'était laissé attendrir par les discours mielleux de Tsuyoshi et s'était lui-même bercé d'illusions sur sa propre nature, mais le point de rupture avait été atteint. L'amour du conflit sanglant, l'excitation du combat, la sensation sans pareille de l'orgueil polie par ses victoire il avait renoncé à trop de choses pour cette illusion de sécurité. Et que lui restait-il sinon une fierté meurtrie ?
Il entendit les pas rapides de la course de Bucking Horse se rapprocher de lui et accéléra sa progression, excédé par sa propre bêtise.
- Squalo ! Attends ! Pardonne-moi ! Je suis sincèrement désolé ! Squalo ! criait le Cavallone dans son dos.
Mais ce que lui demandait cet homme était bien la dernière chose dont il était capable. Il fit la sourde oreille, jusqu'au moment où Dino eut le malheur de tenter de le retenir en lui prenant le bras. Superbi connaissait l'étendue de sa propre violence, cependant, sa réaction le surprit lui-même. Il dégagea son bras d'un mouvement brusque et puissant et asséna une droite magistrale à son poursuivant.
- Excuses refusées, fit-il froidement avant de s'en aller.
Il ne se retourna pas une seule fois, de peur de regretter ce qu'il laissait derrière lui. Il avait bien conscience qu'il venait de perdre ce qu'il avait minutieusement construit. Il avait besoin de revoir la bouille joviale de son petit Takeshi et de retrouver un semblant de sérénité auprès de Tsuyoshi. Ainsi, il prit la décision de retourner pour un temps chez les Yamamoto.
Lorsque Dino retourna dans la salle de spectacle pour récupérer le reste de ses vêtements, Xanxus était assis une bouteille d'alcool à la main. L'expression méditative qu'il affichait était des plus inquiétantes mais Dino avait d'autres chats à fouetter. Il profita de l'absence mentale du patron pour déguerpir sans avoir à justifier la tuméfaction de sa joue. Il n'avait qu'une envie : faire vrombir le moteur de sa Ferrari et rouler sans la moindre destination. Arpenter les routes de nuit jusqu'à s'en faire saigner les yeux, pour tout oublier.
Xanxus remonta dans sa chambre accompagné de deux charmantes demoiselles répondant aux doux noms de Tequila et Absinthe. Il avait beau trifouiller dans ses souvenirs, personne, depuis sa naissance jusqu'à ce jour, n'avait jamais osé lui dire de telles choses en face. Même ses ennemis ne s'y risquaient pas à moins d'être particulièrement puissant, et encore. Saleté de déchet ! Qu'est-ce qui lui avait pris de le faire venir au club ? Pourquoi ne l'avait-il pas simplement laissé macérer dans les écailles et le sang de poisson ? Rien dans son existence n'avait jamais été remis en question avant l'arrivée de Squalo dans son monde ! Il pressa dame Tequila contre ses lèvres.
La cloche du lycée de Namimori sonna la libération finale et les étudiants déferlèrent hors de l'établissement scolaire sous l'œil bienveillant des professeurs qui célébraient avec eux la fin de la journée. Sawada Tsunayoshi accompagné de ses camarades de classe et amis Yamamoto Takeshi et Sasagawa Kyoko passèrent nonchalamment les grilles de l'école et se postèrent non loin en bavardant. Ils avaient fait connaissance au début de l'année et ne s'étaient plus quittés depuis. Ils formaient un groupe soudé qui s'était agrandi au fur et à mesure des rencontres.
Ils avaient d'abord fraternisé avec I-Pin et Lambo Bovino d'une autre classe de Seconde pendant le cours de natation. Les deux filles, indisposées, avaient commencé à échanger sur le banc, tandis que Tsuna et Lambo avaient été sauvés de la noyade par l'athlétique Takeshi. Puis plus tard, deux élèves plus âgés les avaient rejoints : Miura Haru, en Première, faisait partie du club de cuisine que fréquentait I-Pin, et Fûta De Lestelle, en Terminale, leur avait été présenté par Tsuna. Enfin, de temps à autre, le volage Naito Longchamp s'incrustait pour les mettre aux faits des derniers ragots et lieux à la mode ou pour leur présenter sa nouvelle copine qu'il dénichait Dieu savait où…
La joyeuse bande fraîchement constituée avait pris pour habitude de se réunir dans un café cosy et discret non loin de leur lycée, où ils pouvaient refaire le monde pendant des heures et rire à n'en plus pouvoir. Ce jour là, ils avaient décidé de se retrouver à l'endroit habituel après les cours, mais Tsuna, la mine soucieuse, ne cessait de consulter son portable toute les minutes.
- Ne t'inquiète pas, Tsuna, ils ne vont pas tarder à arriver, tenta de l'apaiser Kyoko en souriant paisiblement.
- Oui, on sait que tu as quelque chose à nous annoncer, mais tu nous as fait attendre deux semaines avant de cracher le morceau, tu peux bien patienter encore quelques minutes ! renchérit le joueur de base-ball en le gratifiant d'une accolade chaleureuse.
Immédiatement après, l'énergique Haru faisait son entrée, suivie de I-Pin et Lambo qui prenait tout son temps. Plus loin, la silhouette de Fûta se détacha de la masse des élèves. Le groupe était au complet.
Malgré l'euphorie ambiante, l'heure était grave et Tsuna avait patiemment attendu la fin de la semaine pour faire part de ses préoccupations à ses amis. Il avait longuement hésité à les impliquer, il préférait agir seul et ne pas mettre en danger le groupe. En même temps, il avait besoin de soutien pour agir. Finalement, sous les conseils de Fûta et malgré la réticence de Basil, il s'était résolu à tout leur avouer.
Ils étaient maintenant assis à leur table fétiche, les commandes avaient été prises et servies et les yeux de ses amis étaient rivés sur lui. Le regard grave qu'il leur renvoya les glaça. Haru, n'osant pas presser leur leader, mélangeait énergiquement son chocolat chaud pour exprimer sa nervosité. Fûta transpirait la sérénité, Lambo tapait rageusement un texto sur son portable, les joues rouges. I-Pin allait du portable – dont elle pouvait aisément lire les caractères affichés à l'écran – à Tsuna, tandis que Kyoko couvait tout ce petit monde du regard. Yamamoto l'encouragea à parler d'un sourire.
- Bon, je suppose que vous avez remarqué les disparitions soudaines et inexpliquées d'une vingtaine d'élèves du lycée, commença Tsuna.
Tous acquiescèrent excepté Lambo qui pianotait toujours sur son téléphone.
- L'explication officielle mettait en cause une épidémie de rougeole, mais quand je suis allé voir Naito à l'hôpital, deux policiers gardaient la porte de sa chambre et on n'a pas voulu me laisser entrer.
- Yare, yare… coupa Bovino, et tu n'as pas pu t'empêcher d'aller fouiner c'est ça ?
Un sourire entendu parcouru l'assemblée.
- Que voulais-tu que je fasse d'autre ? Naito est un gros lourd mais c'est notre ami, se défendit Tsuna.
- Hahaha, bien parlé ! rit Yamamoto.
C'était cette façon de penser qui en avait fait, tacitement, de Tsuna le meneur de la bande.
- En même temps, je comprends, c'est très bizarre. Les policiers ne gardent pas une chambre d'hôpital pour une simple rougeole, le soutint Haru.
- Merci, fit Tsuna en souriant. En fait j'ai plus ou moins enquêté avec Fûta. Les élèves hospitalisés n'ont pas la rougeole, ils ont été empoisonnés. Plusieurs en sont déjà morts. D'ailleurs, il semble que toutes les victimes aient consommé la même drogue, vendue aux abords du Varia Quality.
I-Pin se tendit en apprenant la nouvelle, elle et son grand-frère vivaient tout près du club.
- Et comme si ça ne suffisait pas, ajouta Fûta, les autorités, sous la pression des parents, refusent de rendre publique la vérité et chaque jour de nouvelles personnes ingèrent cette drogue.
Lambo sourit avec arrogance :
- C'est n'importe quoi, Tsuna. J'ai fait affaire avec le dealer qui traîne autour du club, j'ai quasiment testé toute sa marchandise et il ne m'est rien arrivé.
L'assistance se figea quelque peu fasse à tant de fierté à propos de ce qui était pour le reste de l'humanité un sujet tabou. Puis finalement, tous passèrent outre, habitués aux mœurs dissolues de Lambo. Seule Haru ne semblait pas s'en remettre.
- Tu n'as peut-être jamais consommé celle dont parle Tsuna, constata simplement I-Pin.
- Ce serait une espèce de poudre blanche hallucinogène, précisa Fûta, elle n'a aucune odeur, mais une fois dans le nez on a l'impression de respirer une sorte de fruit exotique.
Bovino sortit un sachet de poudre de la poche intérieure de sa veste.
- On parle de la même chose, confirma-t-il, j'en ai pris il y a un mois à une soirée avec des copines et je suis toujours là… En revanche, les copines, ça fait un moment que je ne les ai pas revues…
Avant que quiconque n'eût le temps de contrer, Haru s'empara de la drogue avec un regard désapprobateur et la confia à Kyoko qui prit la parole :
- Le débat n'avancera jamais sans véritable argument, lança-t-elle avec un pragmatisme que peu de personnes lui connaissaient. Je vais analyser ce… enfin ça.
Elle était, malgré son jeune âge, une véritable experte en physique et surtout en chimie dont elle avait intégré le club. Yamamoto s'y était inscrit à son tour quelques semaines après la rentrée des classes malgré son poste de capitaine de l'équipe de base-ball et son adhésion au club de kendo. Cette décision avait été un vrai mystère pour tout le monde et le sportif éludait toujours habilement la question. Quant à Kyoko, elle avait libre accès au matériel du labo du fait de ses compétences exceptionnelles.
- Je ferai au plus vite ! assura-t-elle avec des flammes dans les yeux.
- Quand nous aurons les résultats nous saurons comment agir ! s'exclama I-Pin ce qui surprit tout le monde tant elle était d'un naturel réservé.
- Oui ! la soutint Haru. Nous comptons sur toi, Kyoko ! Il faut éviter que d'autres lycéens ne tombent sur cette drogue !
- Mais puisque je vous dis qu'elle est inoffensive !
Lambo n'en démordait pas malgré les exemples probants.
- Aucune drogue n'est inoffensive, Lambo ! Et tu devrais arrêter de prendre ce sujet à la légère ! s'écria Haru en tapant du poing sur la table.
Les yeux de l'adolescent fêtard s'écarquillèrent légèrement d'étonnement. Il ne l'avait jamais vue comme ça. Kyoko passa son bras autour des épaules de sa voisine pour la calmer tandis que Fûta détournait le sujet pour éviter les dommages collatéraux.
- Est-ce que ça signifie que vous marchez avec nous ? demanda-t-il au groupe.
- Évidemment !
- Bien sûr !
- Ouais !
Les réponses fusèrent en tout sens, toutes positives.
- Attendez ! Vous avez conscience que ça veut dire qu'on va devoir se frotter à des gens dangereux et pas des petites frappes ? On se mêle de choses qui pourraient nous mener très loin : cartel de la drogue, mafia locale, voire même scandale politique. Ce n'est pas un jeu. On peut y laisser des plumes… et toute la carcasse, les prévint Tsuna, visiblement soucieux.
- Hahaha ! Ça à l'air marrant, je marche.
- Je ne serai peut-être pas efficace sur le terrain, mais en soutien tu peux compter sur moi. Je marche.
- Ahi ! Compte sur moi ! L'espionnage c'est mon dada ! Je marche !
- N'oublie pas que je pratique les arts martiaux depuis ma naissance, je marche.
- Yare, yare, tu sais quel genre de milieu je fréquente, je marche.
Fûta et Tsuna ne purent s'empêcher d'échanger un sourire heureux malgré l'inquiétude et la culpabilité qui le gagnaient. Il ne pouvait pas agir sans eux mais craignait de les impliquer dans quelque chose de dangereux qui les dépasserait…
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