Hello tout le monde qui suit cette histoire (donc pas grand monde mdrrr) !

Voilà la suite de cette minie-fic, avec un chapitre un peu plus long et un peu plus "compliqué" entre Maria et Jasper. Je remercie les filles qui dépassent leurs préjugés sur les histoires et les parring pour venir voir ce que ça donne =) Vous êtes supers, ne changez rien ! Un merci aussi à Emy et Garance pour le p'tit looking pré-post !

Si je ne vous retrouve pas ailleurs, je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année, soyez heureuses(-x) !

Tiffany.

~ Point de vue de Jasper, 12 ans ~

Maman criait encore, comme tous les jours depuis le début de vacances. Franchement, j'aurais aimé rester au collège parce que je déteste entendre ça. Et en plus, maintenant que j'ai douze ans, je ne suis plus très à l'aise sous la table, à attendre que ce type s'en aille.

Maman ne veut pas que je sorte. Mais j'ai mal au dos, et aux côtes à force d'être replié sur un côté. En fait, j'me sens tout engourdi, mais si je sortais, Maria serait extrêmement en colère.

Je fermais les yeux, tentant d'oublier les cris de ma mère dans sa chambre. J'me rappelle que petit, j'avais peur qu'on lui fasse du mal. Puis j'avais grandi, et "découvert" certaines choses... A propos du sexe. Enfin, je savais pas tout, mais d'après le frère d'Edward, c'était quelque chose d'extra. De ce qu'on avait entendu de ses discussions téléphoniques avec ses potes. Il disait que quand la nana crie, c'est bon signe.

Alors, je suppose que c'est bon signe que maman crie, non ?

Alors j'attendais que le mec s'en aille. C'est toujours un type, qui a la même voix. Je ne l'ai jamais vu. J'ai juste vu ses pieds, par le tout petit espace du drap qui cachait la table. Il n'a jamais demandé après moi, en fait. J'sais même pas si maman lui a dit qu'elle a un fils. Mais comme j'ai l'interdiction formelle de sortir, alors j'attends. J'ai mal, mais j'attends.

En principe, ce type s'en va quand il fait nuit. Des fois, j'en profite pour me lever, et aller boire de l'eau au robinet, Maria ne m'entend pas et je suis vraiment très discret. Me taire et me cacher, je sais faire, ça !

Je décidais que, de toute façon, parti pour attendre, je pouvais bien quitter ma tanière pour me détendre un peu, et boire un petit verre d'eau. Mon ventre gargouille encore, et normalement demain on aura à manger, puisque ce type est là. Donc, je buvais de l'eau pour attendre demain. Beaucoup d'eau. L'eau, ça donne moins faim, après. L'infirmière de l'école dit que je suis très maigre, mais je sais que maman fait ce qu'elle peut pour qu'on mange tout le temps !

Mais lorsque j'attrapais mon verre, je le fis tomber au sol, et il se brisa. Putain ! Elle va me tuer !

Je n'eus pas le temps de tout ramasser que le type blond, que je vis pour la première fois, apparut en caleçon. Maria le suivait, furieuse, à moitié nue.

Oh... putain !

- C'est qui, lui ? J'croyais qu'on était seuls ! Tu te tapes ce gosse ?

- C'est... non... C'est mon fils...

Le type marqua un temps d'arrêt.

- Ton... Ton fils ? Tu as un PUTAIN de fils, toi ?

Elle ne lui a rien dit sur moi.

- Mais... Putain ! IL ME RESSEMBLE !

Il se tourna vers elle.

- James, je...

- ESPCE DE SALOPE ! TU M'AVAIS DIT QUE T'AVAIS AVORTE !

- Je... j'ai pas pu...

Il la gifla magistralement, et mes trippes se nouaient. Mais franchement, j'ai peur. Je voudrais ne jamais être sorti de sous la table. J'aurais dû attendre. Le dit James remonta en haut et redescendit avec ses habits.

- T'es vraiment qu'une pute ! Tu toucheras pas UN centime, tu m'entends ? RIEN ! Oublie-moi !

Il claqua la porte, faisant tomber un vieux vase que mamie nous avait donné.

Alors... c'est mon père...

J'ai un père. Qui a l'air d'être un gros crétin !

- Maman... j'suis désolé... Mais j'avais soif et...

Elle me gifla. Brutalement.

- T'ES CONTENT ? GRACE A TOI, ON AURA PAS D'ARGENT CETTE SEMAINE ! JE T'AVAIS DIT DE NE JAMAIS SORTIR DE CETTE TABLE QUAND IL EST LA ! JAMES N'A JAMAIS VOULU DE TOI, MAINTENANT QU'IL SAIT QUE T'EXISTES IL NE REVIENDRA PLUS !

- Maman...

Je sentais sur ma joue la trace vive de la baffe de ma mère. Les larmes me montaient aux yeux, et ça piquait. Ne pas pleurer.

- Je suis désolé maman... pardon...

- ON N'A PLUS RIEN JASPER ! PLUS RIEN ! MERCI ! TOUT EST TA FAUTE ! TOUT A TOUJOURS ETE TA FAUTE ! SI T'ETAIS PAS LA, JE SERAIS CERTAINEMENT PAS FORCEE DE ME SAIGNER A BAISER POUR TE TROUVER DE QUOI BOUFFER !

Les pleurs tombèrent un à un sur mes joues, mais je ne m'en apercevais que parce que les larmes me brûlaient la peau.

- CASSE-TOI D'ICI !

- Maria...

Elle me poussa, manquant me faire tomber.

- BARRE-TOI !

J'attrapais ma voiture qu'elle m'avait offert pour noël, et que je laissais toujours sous la table, même maintenant que je ne jouais plus trop avec. Je quittais la maison, parce que Maria me l'avait demandé.

Dehors, il faisait froid et il y avait encore de la neige. Et j'étais en tee-shirt. Ce matin, maman m'avait dit de mettre mon petit pull. Maintenant je regrette. Je regrette de ne pas l'avoir écouté ce matin, et aujourd'hui. Maintenant, j'ai personne...

Je décidais quand même d'aller chez Edward. Au moins lui, peut-être qu'il comprendra. Edward il m'aime bien. Il a fallu que je marche longtemps, et je suis tombé plusieurs fois à cause de la neige, mais je suis enfin arrivé chez Edward avant que la nuit soit totalement tombée. Sinon, ça aurait encore été plus dur.

..::..

Point de vue d'Esmé -

Je préparais le rôti pour Carlisle et moi quand j'entendis toquer à la porte. Ce soir, nos trois enfants dormaient chez leur grand-parents, et mon mari et moi avions prévu un petit dîner en tête à tête pour nous retrouver.

Une spatule en bois à la main, je partis dans le couloir pour ouvrir l'entrée.

Oh seigneur...

Je tombais nez-à-nez avec le petit Jasper, le copain de mon fils. Il était en tee-shirt, sous la neige qui avait recommencé à tomber. Il grelottait, il en était presque bleu. Ses habits étaient salis et il claquait des dents.

- Oh mon dieu Jasper rentre ! Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

- Madame Esmé...

Je l'attirais à l'intérieur et refermais la porte.

- Carlisle ! CARLISLE !

Jasper éclata en sanglots. Ce pauvre enfant... ce pauvre tout petit...

- CARLISLE !

Mon mari fit son apparition.

- Qu'est-ce qui... Oh mais Jasper ?

Il s'avança et l'observa très vite.

- Va vite faire couler un bain à température ambiante, et ramène-moi une couverture ! Jasper, viens ici...

Il l'entraîna au salon et je me précipitais en haut pour lui trouver une couette épaisse, ainsi que des habits d'Edward. Je redescendais le tout, et Carlisle avait déjà couvert Jasper avec sa veste. Le petit grelottait et mon coeur se serrait violemment.

Ce pauvre petit...

Je remontais à l'étage faire couler un bain et retrouvais en bas Jasper et Carlisle.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Je suis... tombé en venant... chez vous et j'ai très froid...

Je m'asseyais à ses côtés et l'attirais dans mes bras. Il se laissa faire sans opposer de résistance. Jasper n'a pas l'habitude des marques d'affection, il se laisse facilement câliner, je l'avais déjà remarqué. Lorsque j'organisais le goûter d'anniversaire de mon fils, Jasper était le premier à solliciter une étreinte ou un baiser.

- Jasper... Mon chéri... Calme-toi... Raconte-nous ce qui s'est passé...

- Maman m'avait dit de rester sous la table caché... à cause du monsieur qui venait... Mais c'est mon père, je le savais pas et lui non plus... Mais j'avais soif alors je suis sorti boire un verre d'eau, mais j'ai cassé le verre et le type il m'a vu... Alors j'ai mis maman en colère, mais c'est ma faute j'ai désobéi... Elle m'a dit de sortir de la maison... J'ai pensé que Edward il voudrait bien que je vienne lui...

Je tentais de réprimer mes larmes.

JE DETESTE CETTE FEMME ! PLUS QUE TOUT !

Carlisle avait du mal à soutenir le récit du garçon.

- Edward est chez son papi...

Alors, Jasper éclata en sanglots.

- Jasper ?

- J'ai plus... j'ai personne alors si Edward il est pas là et... Je veux pas repartir dehors ! J'ai froid !

Cette fois, ma peine n'y résista pas et je me mis à pleurer.

- Non Jasper... Non... Tu vas rester avec nous deux... Même si Edward n'est pas là, tu es ici chez toi... Shhh... Nous sommes là... Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le désires...

Il faut faire quelque chose !

- Jasper... Nous allons monter en haut te faire prendre un bon bain pour que tu te réchauffes, d'accord ? Ensuite nous dînerons, et tu dormiras ici...

- Il faut que... que t'appelles maman pour dire où je suis...

Il serrait contre lui l'unique voiture en bon état que sa mère ne lui avait jamais offert.

- Je vais m'en occuper... Tu vas grimper avec Carlisle en haut, je vais appeler maman... D'accord ?

Il opinait, et Carlisle l'aida à monter à la salle de bains.

Comment peut-on traiter son propre fils comme ça ? Cette femme est abominable !

Je décrochais le téléphone et composais son numéro de téléphone. Elle décrocha au bout de la troisième tentative.

- Ouais ?

- Mrs Hale ! C'est Esmé !

- Ah, Esmé !

- COMMENT POUVEZ-VOUS FAIRE CA ?

- De quoi ?

- METTRE VOTRE PROPRE FILS DEHORS PAR CE TEMPS ! VOUS MERITERIEZ QUE J'APPELLE LES SERVICES SOCIAUX ET QU'ON VOUS L'ENLEVE !

- OH CA VA, AVEC VOTRE CUILLERE EN ARGENT DANS LA BOUCHE, VOUS...

- PARDON ? VOUS VOUS MOQUEZ DE MOI ? QUAND ON VEUT, ON PEUT ! ET ON NE MET CERTAINEMENT PAS SON FILS DEHORS !

- IL EST PAS DEHORS, IL EST CHEZ VOUS !

- CA NE CHANGE RIEN VOUS M'ENTENDEZ ? RIEN ! CE PETIT N'A PAS LA VIE D'UN ENFANT DE 12 ANS ! VOUS ETES INCONSCIENTE !

- DE QUOI EST-CE QUE VOUS VOUS MELEZ ?

- CA ME CONCERNE DES L'INSTANT OU JASPER ARRIVE CHEZ MOI DANS UN ETAT LAMENTABLE EN PLEURANT !

Il y eut un long silence dans le téléphone.

- Maria, je ne pense pas que la façon avec laquelle vous vous y prenez soit la meilleure pour Jasper... Il serait peut-être préférable pour vous de demander de l'aide à une assistante sociale et...

- NON ! Elles vont me le retirer !

- Admettez que vous ne savez pas comment vous y prendre avec lui... Vous avez un fils adorable et peu de petits garçons endureraient ce qu'il endure... Nous pourrons aller voir une assistante ensemble si vous voulez, et...

- Non... Ecoutez... je... je vous paierais pour l'accueil que vous lui offrez, je sais pas comment mais...

- Non ! Sûrement pas ! Jasper est l'ami de mon fils, il est ici chez lui...

- Appelez au moins ses grand-parents, qu'ils viennent le chercher... Laissez-les partir avec lui quelques jours... Jasper sera bien... J'ai besoin d'être seule...

- Vous ne POUVEZ PAS laisser votre fils comme ça, Maria... Soyez raisonnable !

- Notez le numéro de ses grand-parents... Appelez-les demain matin... Ils seront là dans deux jours au plus tard... Ils adorent Jasper, ils feront tout pour lui...

- Maria, vous...

Elle m'interrompit, me communicant un numéro de fixe que je pris soin de noter.

Après quoi, sans rien demander, elle raccrocha.

Ce n'est vraiment pas possible qu'une femme soit aussi égoïste !

Je composais le numéro de téléphone donné. Une dame certainement âgée me répondit.

- Oui ?

- Bonsoir madame, excusez-moi de vous déranger... Je me présente, je suis Esmé Cullen et je vous appelle de la part de Maria...

- Oh... Qu'est-ce qu'elle a encore fait ? Etes-vous assistante sociale ?

- Non madame, mais pensez bien qu'appeller une assistante me démange...

- Comment puis-je vous aider ?

- Je suis la maman d'un ami d'école de votre petit-fils, Jasper... Ce soir, votre petit-fils est arrivé chez nous en t-shirt, sous la neige, totalement frigorifié...

- QUOI ?

- Il va bien... Mon époux est médecin, il a fait le nécessaire pour qu'il aille mieux... Nous nous occupons de lui mais je crains que Jasper ait besoin d'une présence aimante...

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Je lui expliquais la situation.

- Oh seigneur... J'ai honte... J'ai tellement honte...

Mon coeur se serra pour cette femme.

- Je tenais à vous dire que Jasper est en sécurité parmi nous. Nous ne le quitterons pas d'une semelle...

- Nous prendrons l'avion demain en fin d'après-midi pour venir le chercher quelques jours... Il sera tellement mieux ici ! Je voudrais toujours le garder... Mais nous sommes âgés...

- Je comprends... Mais votre présence lui fera beaucoup de bien... Soyez rassurés, nous nous occuperons de lui jusqu'à votre arrivée... Je vais vous laisser toutes nos coordonnées pour que vous puissiez nous joindre et nous dire où nous pouvons venir vous chercher... Notre villa est grande, vous pourrez rester quelques jours...

- Merci Esmé... Je vous serais reconnaissante à jamais pour prendre soin de notre petit-fils... Et s'il vous plaît... N'appelez pas les services sociaux...

- Vous savez... ça me démange...

- Maria n'a que lui... Elle l'aime... Elle s'y prend mal, mais elle l'aime sincèrement... Jasper a besoin d'elle et elle a surtout besoin de lui... Quand elle est tombée enceinte, mon dieu nous avions si peur pour ce bébé, mais elle nous a étonné... Elle s'est sacrifiée pour qu'il grandisse bien... Elle est terriblement égoïste et drôlement maladroite... voire agressive, mais si Jasper part, elle n'aura plus rien et dieu sait ce qui adviendra de notre fille...

Je soupirais. J'ai trois enfants, je peux comprendre ce que ressent Maria...

- Pardonnez-moi de vous poser cette question, mais pourquoi ne l'aidez-vous pas, alors ?

- Parce qu'elle ne nous laisse simplement pas entrer dans sa vie... Elle s'est éloignée de nous, à la mort de sa soeur jumelle Anna... Elle avait à peine 14 ans, et nous n'avons pas su être attentifs à son chagrin... Elle a pris un chemin différent du notre, et à 16 ans elle a quitté la maison définitivement, emportant sa rancoeur... Depuis, nous ne sommes là que si elle a besoin... Ce n'est pas faute d'essayer...

J'ignorais ce détail... La mort de sa soeur jumelle pouvait-elle être la grande responsable du mal-être de cette femme ?

Après avoir juré à la grand-mère de Jasper qu'il irait bien, je raccrochais et montais à l'étage. Jasper était dans son bain chaud plein de mousse, et il discutait avec Carlisle, avec une étonnante facilité.

- Je savais pas qui était mon père... mais il ne m'aime pas...

- Tu sais, s'il ignorait qu'il avait un fils, ça a dû le choquer...

- Il pensait qu'elle avait... avorté... je crois...

- Alors il s'imaginait que son fils n'était pas là...

- Est-ce que je dois être gentil avec lui quand je vais le voir ?

- Je ne sais pas, Jasper... Mais tu n'as probablement pas à t'inquiéter de ça...

- J'aime bien être gentil...

- Et tu es très gentil ! Vraiment adorable comme garçon !

- Dites, monsieur Carlisle...

- Oui ?

- Si j'étais votre fils, vous m'auriez aimé, vous ?

- On t'aime comme si tu étais notre fils, d'accord ? Tu es le meilleur ami d'Edward, alors pour nous ça ne fait aucune différence... Tu es comme notre enfant, et tu le seras toujours !

J'apparaissais alors dans l'encadrement de la porte.

- Je viens de téléphoner à tes grand-parents, ils arriveront dans deux jours pour te voir...

- Ils ont dû être fâchés... Papi est toujours en colère contre maman...

Je souriais. Oui. Ils sont en colère. Et je le suis aussi.

- Quand est-ce que Edward va rentrer ?

- Nous irons le chercher demain, si tu veux bien... Nous lui ferons la surprise, d'accord ?

Jasper eut un petit rire.

- Ca va être cool...

Carlisle lui souriait et je pressais l'épaule de mon époux.

- Je vais te préparer un chocolat chaud, avec des tartines. Tu dois avoir faim...

Les yeux de Jasper s'illuminèrent.

Bien sûr qu'il a faim... Jasper a toujours faim...

Le soir, nous installâmes Jazz dans le lit de notre deuxième fils. Je l'enlaçais avant de lui souhaiter bonne nuit.

- Madame Esmé ?

- Oui ?
- Je peux laisser la lumière allumée ? J'ai peur du noir...

- Bien sûr... Tu as une veilleuse chez toi ?

- Non... Maria dit que ça consomme trop de lumière... Des fois quand elle veut bien, je dors avec elle mais si elle veut pas, ben je dors pas trop...

Je soupirais.

- Tu peux laisser la lumière de la petite lampe allumée... Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à venir nous réveiller cette nuit... Je ne veux pas que tu te gènes, d'accord ?

Il opinait et lorsque je me penchais pour l'embrasser, il me serra dans ses bras. Jasper a 12 ans, mais il lui manque tellement de choses...

- Bonne nuit mon chéri...

- Bonne nuit madame Esmé...

Je souriais, embrassais son front et rejoignis notre chambre.

Carlisle m'attendait, en train de lire un livre qu'il avait entamé voilà deux jours.

- Il dort ?

- Non, mais ça ne va pas tarder...

Je m'allongeais près de lui et il refermait son livre, éteignant la lumière. Il vint s'allonger face à moi.

- On a bien agi...

- Dois-je appeler les services sociaux ?

Je sentis la main de mon mari sur ma joue.

- La mère de Maria avait l'air tellement bouleversée à l'idée qu'ils interviennent... On aurait dit qu'elle en a peur...

- Je ne sais pas, chérie...

- Si on ne le fait pas, on fera tout ce qu'on peut pour que Jasper ait le maximum pour lui, pas vrai ?

- Bien sûr... On va l'aider...

- Lui donner à manger... un toit, avec un lit confortable... Et peut-être même le double des clés de la maison... Si on est pas là, que sa mère le remet dehors, qu'il puisse rentrer...

- Oui... On va le surveiller...

Je me serrais contre lui, pensant que nos enfants étaient finalement bien chanceux.

Mais très vite, on toqua contre notre porte.

- Oui Jasper ?

- J'arrive pas à dormir...

Je m'éloignais de Carlisle et me redressais.

- Tu veux venir avec nous ?

- Est-ce que je peux ? Des fois quand jpeux pas dormir, Maria me prend avec elle dans son lit et je dors mieux...

- Viens là... répondit Carlisle.

Alors, Jasper s'installa entre nous deux sous la couette et il attrapa ma main dans la sienne.

- J'aurais bien aimé avoir une maman comme vous madame Esmé... Et aussi j'aurais bien aimé avoir un papa... Je connais pas mon père, mais je veux pas le connaître. Il me fait peur...

- On sera toujours là pour toi, Jasper. Toujours, c'est bien compris ?

Il acquiesçait.

- Edward a de la chance... Vous êtes les meilleurs parents du monde... Mais j'aime maman...

Après quoi, il s'endormit très vite entre nous deux, sans bouger d'un pouce tout au long de la nuit. Pour ma part, je la passais à le regarder, et à caresser ses cheveux et son joli visage. J'aurais aimé que Jasper ait une vie meilleure auprès de sa mère. J'aurais aimé que sa mère soit plus intelligente.

Et j'aurais aimé que ce pauvre Jasper fasse partie de ma famille...