Salut tout le monde !
Je vous présente tous mes voeux pour 2012 : que cette année vous mène où vous voudrez !
Voilà une petite mise à jour pour ce spin-off avec Jasper. Je vous remercie de vos messages sur le dernier chapitre ! Je pense que celui-ci devrait vous plaire, du moins en partie !
Profitez bien de vos amis, votre famille, et de la gratitude d'être en vie ! (C'est aussi un peu le message de ce petit spin-off!).
Bonne lecture ! Rock on !
Tiftouff19
-x-x-x-
~ point de vue de Jasper, 15 ans ~
Depuis que j'avais découvert mon père, j'avais beaucoup passé de temps chez mes grand-parents. Elle ne revoyait plus ce type, ce James là. Du coup, on avait encore moins à manger. Elle avait dû arrêter de fumer pour qu'on ait de quoi se nourrir mais il lui arrivait encore de préférer un paquet de cigarettes à de la bouffe. Heureusement, quand je revenais de chez mes grand-parents, mamie me donnait au moins deux sacs glacières pleins à ras bord de soupes congelées, de confiture et d'autres choses très bonnes.
Il y avait aussi les Cullen, qui m'accueillaient tous les week-ends. Je passais trois jours toujours formidables. Ils m'emmenaient partout : pêche, randonnée, camping, équitation... Je savais que les cours d'équitation coutaient très chers, et j'avais essayé d'économiser un peu entre ce que me donnait mamie, aussi papi, et parfois l'argent que je trouvais par-terre. Un jour, il me manquait seulement dix dollars pour pouvoir faire une ballade. J'étais gêné, mais Edward le savait et il a demandé à son père s'il pouvait me les avancer. J'avais dû trouver un petit boulot ridicule. Distributeur de prospectus. Il faisait froid, les gens n'étaient pas forcément agréables, mais ça me faisait un petit fond. J'ai juré rembourser Carlisle, le remerciant.
Quand je suis monté sur ce grand cheval, je me sentais libre. En fait, j'aurais voulu partir au galop avec lui, ne jamais revenir. Mais il fallait bien que je rentre : je devais des sous au père d'Edward. Après trois semaines de boulot, à me lever tous les matins à 5h, pour embaucher à 6h sous la pluie fine et froide, avant de rentrer à 8h30 pour partir à l'école à 8h45, j'ai pu récupérer les dix dollars qu'il me manquait. Je suis allé voir Esmé chez eux pour les leur rendre, dans une petite enveloppe. Esmé a refusé de prendre l'argent, m'expliquant que c'était comme mon cadeau d'anniversaire.
Depuis, je fête mon anniversaire au moins une fois par mois !
J'accompagne toujours Alice et Esmé à l'équitation, et une fois par mois le moniteur me fait monter. Je pense que Carlisle paie mes ballades, et je voudrais le rembourser parce que ça me gène, mais j'adore être sur un cheval. Je les trouve très beaux ! D'ailleurs, un jour Edward a pris sa soeur en photo en train de faire du saut d'obstacle. Il m'en a donné une que j'ai affiché dans ma chambre, parce que j'adore voir le cheval se détendre pour sauter la barre. Il est magnifique, et Alice fait une jolie tête dessus.
Edward dit que le cheval, c'est un sport de filles. Lui, il préfère le basket ! Au début je l'ai accompagné parce que c'était mon pote, mais je me suis ennuyé au basket. Alors Esmé lui a dit un jour que si je préférais le cheval, je pouvais la suivre elle et sa fille. J'adore les regarder monter toutes les deux, elles sont belles et de profil, elles se ressemblent. Quand je rentre le soir à la maison chez Maria, je repense alors à cette journée super que j'ai passé, et je fais toujours des beaux rêves.
Aujourd'hui, Esmé a une compétition de saut d'obstacles. Alice n'a pas voulu y participer, elle dit que faire des concours c'est pour les ambitieux, les péteux. Alors on regarde sa mère. C'est un peu long parce qu'on est arrivés ici à 8h30 ce matin, qu'il est presque midi et qu'Esmé n'est toujours pas passée. D'ailleurs, elle arrive vers nous, en cavalière, magnifique, digne. Esmé, c'est l'opposée de ma mère. Belle et intelligente là où j'aurais voulu que Maria soit juste un peu plus digne et compréhensive !
- Je ne passe pas avant 13h30 les enfants... Vous devriez aller vous acheter à manger...
- Tu veux qu'on te ramène quelque chose ?
- Un simple sandwich et de l'eau s'il te plaît...
- Poulet crudités ?
- Tu me connais trop bien ma chérie...
Elle tendit à sa fille trois billets.
- Vous devriez avoir assez pour un sandwich chacun, des chips et une boisson...
- Merci M'man...
- Merci Madame Esmé !
Elle me souriait et s'éloignait. Alice attrapait ma main dans la sienne et nous marchions tranquillement jusqu'au bourg de Forks. C'est une chance que le concours se déroule ici !
- On va à l'épicerie ?
- Si tu veux, j'te suis...
J'adore Alice. Elle est totalement barrée, mais dynamique ! Très différente d'Emmett ou d'Edward. Comme c'est la seule fille, c'est un peu la petite star. Nous entrâmes dans l'épicerie.
- Bonjour Miss Swan, bonjour Jasper...
- Bonjour...
Elle se dirigeait vers l'espace réfrigéré du petit magazin et prenait deux sandwichs au poulet pour elle et sa mère.
- Tu veux quoi ?
- J'sais pas trop...
Je regardais surtout les prix. Je regarde toujours les prix ! J'attrapais un simple jambon fromage. J'aime ça, et c'est le moins cher.
- T'es sûr ?
- Oui, j'aime ça...
- Bon ok... Chips ?
- Chips !
Elle attrapait un paquet et on allait aux boissons. Elle prit de l'eau pour sa mère, un jus de fruits pour elle et j'attrapais un coca. Elle paya le marchand et nous quittions l'épicerie avec une poche pleine. Mon ventre gargouillait et Alice riait.
- T'as faim, hein ?
- T'as pas idée... J'ai pas assez mangé ce matin...
- Pourquoi tu manges pas beaucoup à la maison ?
Nous avancions tranquillement.
- Parce que tes parents m'accueillent, j'vais pas piller le garde-manger...
Elle haussait les épaules.
- On sait tous que t'as faim... C'est pas piller le garde-manger, c'est survivre Jasper !
Elle se tournait vers moi et me fit un clin d'oeil.
- T'es quand même bizarre comme type, mais j't'aime bien...
Elle s'éloignait en sautillant et je me retrouvais à sourire comme un idiot. Le fait qu'Alice m'aime bien est important pour moi, parce qu'elle est la petite soeur d'Edward, alors ça me donne l'impression d'intégrer une vraie famille.
Je tournais machinalement la tête quand je tombais sur la silhouette blonde qui avait causé tant de tourments : James.
Mon foutu père.
Je l'observais de loin : blond, grand, mince mais plutôt musclé, des tatouages sur les bras, des yeux bleus, les cheveux attachés. Comme la dernière fois que je l'ai vu, y a presque deux ans en fait. Il ne se souvenait sûrement pas de moi, après tout il a l'air de s'en foutre d'avoir un fils. J'sais pas trop ce que ça fait d'avoir un père, alors ça me manque pas forcément. Quand j'vois Carlisle bien sûr j'aimerais en avoir un, mais sans plus...
Et Maria m'a toujours appris à ne pas réclamer. Alors je ne réclame rien. Même pas mon père.
On devait traverser avec Alice pour continuer notre route, et donc nous retrouver du côté de James. J'espérais passer inaperçu, et aller vite.
- On va regarder les poissons ?
Foutue Alice.
- Ouais... si tu veux...
Et foutu moi !
Je m'approchais et passais à côté de ce connard. Il ne me loupa pas.
- Heh, petit...
Je me retournais, en même temps qu'Alice. Il fronçait les sourcils, imposant. Presque inquiétant.
- T'es le fils de Maria, non ?
En d'autres termes, ton fils aussi !
J'acquiesçais simplement. A part me tuer, comme Maria lui avait dit qu'elle ferait, j'vois pas ce qu'il aurait pu faire. Alice pourra témoigner à la police. Vengeance sera faite, même si j'sais pas si je manquerais à maman franchement...
- Ecoute gamin...
Sa voix était presque compatissante.
- Compte pas sur moi pour jouer le rôle d'un con qui te pourrira jusqu'à la moelle, ok ?
Il s'était légèrement penché pour être à ma hauteur.
- Ta mère a déconné sec... Elle a toujours fait ça plus ou moins depuis l'âge de seize ans, écarter les cuisses et tout ce bordel... Elle est née pute, elle mourra pute ! T'étais un accident, rien de plus. J'ai jamais voulu de gosse, et j'en voudrais jamais ! J'avais été clair : elle devait avorter. Elle est partie deux ans j'sais pas où... Et j'en ai rien à foutre ! Quand elle est revenue, elle s'est arrangée pour que j'ignore ton existence, et c'était franchement mieux ! Elle m'a menti, elle m'a pris pour un con et elle m'a pompé du fric pour te payer des p'tites voitures et de quoi bouffer...
Il se redressait.
- Tu dois avoir j'sais pas... p'tètre seize ans... C'est la première et la dernière fois que tu me vois... J'te conseille d'éviter d'entreprendre n'importe quelle démarche judiciaire contre moi, parce que tu paieras... ok ?
Jlui ai rien fait à ce mec... Rien...
Il tapotait ma tête, un sourire sadique aux lèvres.
- Bon p'tit... Maintenant casse-toi, et oublie-moi...
Alice s'était terrée contre moi, sa main serrant la mienne. J'acquiesçais, et m'éloignais.
Merde ! Ce type est un enculé !
Brusquement, je me retournais. Il nous regardait partir.
- J'ai pas seize ans, j'en ai quinze... Et Maria est partie au Canada ! Je suis né à Vancouver... Elle s'est toujours servie de votre argent pour nous donner à manger, c'est vrai mais c'est ce que fait un père qui vit loin de ses enfants : il donne de l'argent pour qu'il puisse manger. Quant à vous oublier, ou ne pas entreprendre de démarche judiciaire contre vous, je n'aurais aucun mal à le faire... J'veux pas d'un pourri pour père...
Mon coeur battait vite et fort, et j'attrapais la main d'Alice, pour qu'on se mette à courir. Je viens d'insulter ce type, qui me semble un sacré tocard. Il pourrait remonter sa bagnole, nous rattraper, et nous tuer tous les deux.
- Cours Alice...
Je nous fis prendre des petits chemins tortueux, pour nous planquer et sauver notre peau. Je tenais toujours la main d'Alice, et nous n'étions qu'à quelques encablures du centre équestre. D'ailleurs d'ici, nous entendions la voix de l'animateur dans le micro. Je soufflais, tentant de reprendre ma respiration.
Alice me regardait, et observait les alentours.
- Il ne nous a pas suivi...
- J'crois pas...
- Ce type est un grand malade ! s'exclama-t-elle.
- Ca ne fait rien...
- Mais c'est ton père ! Il ne peut pas te parler comme ça !
- Alice... ça fait rien, ok ? J'le connais pas, et c'est un con !
Sa bouche forma un "O".
- Je suis trop jeune pour entendre des gros mots !
C'est vrai qu'elle est jeune, mais on l'oublie si facilement ! Avoir deux grand-frères ne fait pas d'elle une "fifille", bien au contraire. Elle a du caractère, de la force...
J'adore Alice !
- Faut qu'on retourne au centre équestre, sinon Maman va s'inquiéter, on devrait leur parler de ton père et...
- Non, attends...
- Quoi ?
Je l'attrapais par le poignet.
- Ce qui s'est passé, ça sera notre secret...
- Mais pourquoi ?
- Il a été très clair, et moi aussi... Je ne veux rien dire, et il veut que je ne dise rien... C'est le seul truc sur lequel on sera d'accord...
Elle me fixait de ses petits yeux marrons encore enfantins, aux portes de l'adolescence.
- Ca sera notre secret... Je ne veux pas que tu le dises... ok ?
Il me semblait avoir des intonations de voix de mon père, maintenant qu'il m'avait parlé. Mais je refusais d'être comme lui.
- Tu le garderas pour toi, Alice ? Même pas à Edward ou Emmett ?
- Mais...
- S'il te plaît...
Je posais trois doigts sur ses lèvres, pour lui intimer le silence. Alors, elle opina. Une promesse silencieuse.
Je l'ignorais aujourd'hui, mais ce secret nous liera toujours...
[ .. ]
Alice et moi avions toujours gardé cette rencontre secrète. En fait, ça avait catalysé notre amitié, et nous passions souvent du temps ensemble. J'appréciais cette fille, sincèrement, et de plus en plus au fil des ans.
Plus ça allait, plus je pensais à elle. Et je découvrais qu'elle me plaisait. Je ne pouvais pas en parler à Edward, mais j'en parlais avec elle. Je lui expliquais qu'un ami à moi était amoureux de la soeur d'un pote. Elle me disait qu'il devait foncer, saisir sa chance, parce qu'il pouvait le regretter. J'arrêtais pas d'y penser, de repasser son discours en tête. J'aurais p'tètre dû en parler à Edward avant, mais j'avais franchement les boules que ça ne lui plaise pas.
Et j'avais fini par me décider. Me décider à monter à sa chambre, un jour de mai.
{Playlist : My Way - Elvis Presley}
Je grimpais les marches une par une, le coeur battant très fort. Elle était dans sa chambre d'adolescente, à plat ventre sur son lit, écoutant de la musique très fort. J'entrais, et refermais la porte derrière moi. La maison des Cullen était devenu mon deuxième foyer. Maria n'était plus trop à la maison, et je pouvais passer deux semaines sans la voir. Elle n'appelait jamais, et j'ignorais où elle était. Au début, ça m'empêchait de dormir mais j'avais fini par ne plus m'inquiéter. Elle revenait toujours, généralement avec un mec ou deux, et s'enfermait dans la chambre. Mais je n'avais plus à me cacher sous la table, parce que ce n'était pas James.
- Alice...
- Oh, salut Jasper !
Elle ne baissa pas le son de la musique pour autant.
- Edward n'est pas là, il est chez Jacob pour bricoler une moto...
- Je sais, j'y étais...
- Ah, pourquoi t'es revenu ? Il t'a demandé de venir chercher quelque chose dans sa chambre ce gros fainéant ?
- Non... Il croit que je suis rentré chez moi...
- Oh... T'as besoin d'un truc ? T'as à manger chez toi ?
- Ouais c'est bon, mon grand-père m'a fait le plein de courses...
- Pourquoi t'es là, alors ?
- Ben...
Je m'asseyais sur le matelas et touchais son drap blanc.
- Tu sais... mon pote qui aime la soeur de son copain...
Elle se redressait, pour s'asseoir en tailleur, dans son débardeur blanc et son pantalon en coton gris. Sensualité qui s'ignore. Beauté qui dort. Merde... J'aime cette fille !
J'aime Alice Cullen !
- J'ai une bonne nouvelle, il a décidé de se lancer avec elle...
Elle semblait heureuse. Avait-elle compris à ce moment-là ? Je n'en sus jamais rien. Mais quand je me penchais vers elle pour déposer mes lèvres sur les siennes, elle répondit à mon baiser, sans paraître surprise ou offensée. Nos lèvres bougeaient ensemble, doucement, comme si elles avaient été faites l'une pour l'autre. C'étaient là leur place, collées ensemble.
Alice est mon premier baiser.
Je ne regrette rien. Je ne regrette pas de l'avoir attendue, je ne regrette pas d'avoir refusé de sortir avec des filles à l'école, et d'avoir subi les railleries incessantes d'Edward à ce sujet. Non. En fait je suis heureux qu'Alice ait été la première, et la seule.
Alors que le monde m'emportait, me faisant tournoyer autour de la pièce sans rien comprendre, Alice contre moi, il me sembla que le téléphone fixe des Cullen sonnait. Mais je n'y comprenais rien, sachant juste qu'Alice me rendait mon baiser, signant un accord commun. Signant le début du bonheur. Le début d'une corde à laquelle m'accrocher.
Cette corde se glissa dans ma main, et ses doigts s'entrelacèrent aux miens. Il ne fallut pas cinq minutes pour que je commence à en avoir besoin. Réellement besoin.
Je n'entendis pas la porte de la chambre s'ouvrir, mais je sentis juste les lèvres d'Alice quitter les miennes.
- Oh pardon... je ne savais pas que...
- Ca ne fait rien maman...
Je me retournais vers Esmé, réalisant qu'elle venait de nous surprendre dans une situation difficile. Au lieu de paraître surprise, ou furieuse de me voir embrasser sa seule fille, elle arborait une expression neutre.
- Jasper... Ta maman vient d'appeler... J'ai une mauvaise nouvelle... Maria ne savait pas où te joindre... Ton grand-père est décédé cette nuit d'une attaque cardiaque... Je suis désolée... Il faut que tu rentres chez toi, vous partez ce soir pour retrouver ta grand-mère...
