Salut salut !
voilà la suite de ce petit spin off ! C'est vraiment sans prétention, c'était juste parce que l'histoire de Jasper et de Maria m'intriguait et que je voulais savoir ce qui s'était passé dans leur vie pour qu'ils en arrivent à de telles extrémités...
Un grand merci à vous qui avez lu et commenté : lapiaf8, lena -lna933-, liki0da, sarinette60, halay, coco-des-iles, Imaginaire-de-kiki, Fan de twilight, Elodie pixie B, pounine, LolaMiSweetlove, Grazie, Isnoname, calimero59, amlove, Butterfly971, erika shoval, katner, ulkan13, Lily-pixie, Tinga Bella et catiuski.
Merci aussi à celles qui sont passées lire sans mettre de commentaires, j'espère que malgré tout ça vous plaît ! N'hésitez pas si quelque chose vous dérange ! On est entre adultes, non ? Un merci aussi à Garance et Emy, pour les relectures !
Bonne lecture !
Tiffany.
-x-X-x-
~ Point de vue d'Esmé ~
La pluie tombait sur le petit cimetière. Une foule importante était réunie pour l'enterrement du grand-père de Jasper. Ce pauvre garçon était vêtu de noir, pleurant à chaudes larmes contre sa grand-mère qui pleurait tout autant. Elle lui tenait la main gauche, et ma fille était auprès de lui, tenant sa main droite. J'attendais avec Edward, Emmett et Carlisle un peu plus loin dans la foule. Mes deux fils avaient remarqué qu'Alice tenait la main de Jasper, mais ce n'était pas très important. Emmett avait simplement souri de voir sa soeur avoir un petit ami. Edward, lui, beaucoup plus proche de sa soeur, les fixait.
- Mais depuis quand ils sont ensemble ?
- Edward !
L'heure était mal choisie pour discuter de cela. J'avais été tout autant surprise de les trouver dans la chambre de ma fille en train de s'embrasser.
Mais la mort du grand-père de ce pauvre garçon a tout bouleversé.
J'avais enlevé le plaisir de son premier baiser à ma fille. Mais je ne pouvais pas savoir.
Mon regard se portait sur Maria. Elle était venue en trainant des pieds, plus parce que Jasper avait insisté pour qu'elle soit là. Elle se tenait en retrait, discutant avec un homme d'une quarantaine d'années. Elle souriait et semblait tellement aguicher cet homme qui ne refusait pas la tentation... Je vis Jasper lui jeter un regard noir quand on l'entendit rire, alors que le pasteur prononçait son discours. Elle se reprit durant quelques minutes, mais peu après, ses mains devenaient trop baladeuses pour respecter la peine de son fils. Carlisle se penchait vers moi, fixant Maria également.
- Cette femme n'a aucun respect...
Elle allumait ouvertement cette personne qui ne semblait pas insensible. Comme ça. A la vue de tous, pendant l'enterrement de son propre père !
- J'en ai assez !
Je me frayais un chemin dans la foule et rejoignais cette femme qui n'avait de mère que le nom.
- Maria ! Puis-je vous parler ?
Elle soupirait et embrassait goulument l'homme avant de s'éloigner.
- Quoi ?
- Votre fils est en train d'accompagner votre propre mère dans son discours, alors que votre père vient de décéder ! Ne pouvez-vous donc pas penser à autre chose qu'au sexe et à humilier votre enfant pendant une heure ?
Elle me fixait et jetait un regard vers Jasper qui tenait sa grand-mère contre lui alors que cette dernière pleurait.
- De quoi vous mêlez-vous ? Vous croyez qu'avoir plus de fric que les autres vous donne droit de parole ?
C'en est trop !
- Vous êtes inconsciente ! Vous ne méritez rien de l'amour de votre fils, et je le trouve admirable de survivre avec une mère comme vous ! Mon coeur pleure à l'idée que votre père vous voit agir d'en haut, de pratiquement vous reproduire sur le lieu de son enterrement ! Vous humiliez votre famille, votre fils ! N'avez-vous donc aucune estime pour lui ?
Des visages se tournaient vers nous, à présent. La grand-mère de Jasper avait arrêté son discours, et tous nous regardaient. Carlisle s'approchait et m'attirait par le bras.
- Esmé...
J'étais devenue comme elle : je ne respectais pas le deuil de sa famille. Je me donnais en spectacle.
- S'il vous plaît... Laissons de côté nos divergences pour rendre hommage au défunt...
- Excusez-moi, balbutiais-je.
Je reprenais ma place auprès de ma famille. Maria, elle, retrouvait l'inconnu et ils quittèrent l'assistance immédiatement.
Jasper prit la parole, et ma fille le rejoignait. Elle frottait son dos avec douceur, son petit visage appuyé contre l'épaule de son ami. Elle est si jeune, et pourtant déjà conquise. Comment avais-je pu ignorer leurs sentiments naissants ? Jusque là, Jasper n'avait été que le meilleur ami de mon fils...
- Mon grand-père était... il m'a fait découvrir les ballades en forêt, il m'a appris à reconnaître les champignons... Grâce à lui, quand on n'avait rien sur la table à la maison, je pouvais me promener dans les bois et ramasser des comestibles... Je n'ai jamais vraiment aimé ça, mais j'avais le ventre plein...
Mon coeur se serrait et il tentait de rester sobre.
- Il aimait... Il aimait rire simplement, profiter de tout... Il a trop fait pour nous, et je suis désolé que ma mère n'ait pas su le lui rendre avant qu'il ne parte... Je voudrais bien être quelqu'un comme lui plus tard...
Le pauvre petit ne savait plus où se mettre, et je fus heureuse que ma fille l'incite à laisser la parole à d'autres personnes. Mais je ne pus retenir mes larmes, à voir ma petite fille, ma si petite poupée, prendre dans ses bras ce garçon bien grand pour son âge. Elle le câlinait, comme s'il avait été à elle depuis toujours. Edward les rejoignit et je craignais qu'il ne fasse un esclandre mais il n'en fut rien. Il aida son meilleur ami à se relever, et tenait contre lui Jasper et Alice.
..::..
~ Point de vue de Jasper ~
Je détestais ma mère, je détestais qu'elle se fasse remarquer. Elle ne pouvait pas se tenir, même à l'enterrement de grand-père. Je me sentais mal, mais j'étais heureux et surtout reconnaissant que les Cullen soient venus avec moi. En fait, je sais que maman n'aimait pas voir Esmé. Elle disait toujours qu'elle se mêlait de ce qui ne la regardait pas mais c'était tout l'inverse : Esmé, elle s'occupe juste de moi.
L'enterrement fut long, mais ce qui fut encore plus long c'était de voir ces gens venir nous présenter des condoléances. J'appréciais qu'ils soient là, grand-père était quelqu'un de bien et maintenant qu'il n'est plus là, je ne sais pas ce que je vais devoir faire, ni même si grand-mère acceptera de continuer à me prendre chez elle quand Maria pètera les plombes...
Le taxi nous a déposé à la maison, et les Cullen suivaient dans un autre taxi. Alice était venue avec moi. Je voulais qu'elle soit là... Je sais qu'elle est jeune, que je ne devrais pas lui montrer tout ça mais c'est elle qui a voulu venir... Je vois bien que grand-mère se retenait de pleurer. Je sais qu'elle a aimé grand-père de toutes ses forces. Elle me semblait si faible maintenant sans lui...
Lorsque je franchissais le pas de la porte de sa maison, la première chose que je vis fut ma mère à quatre pattes sur le canapé, se faisant troncher par cet homme. J'avais envie de vomir, mais je plaquais d'abord Alice contre mon torse pour qu'elle ne voit pas ça.
- MARIA !
Ma grand-mère avait hurlé. Ma mère, aussi provocante qu'indécente, rabaissait sa robe et le type tentait de se refroquer.
- SORS DE CETTE MAISON ! IMMEDIATEMENT ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE REVOIR ! SORS ! SORS, SORS !
Ma mère tanguait, et on aurait bien dit qu'elle avait bu. Je tenais toujours Alice contre moi, elle est trop jeune pour voir ça. C'est pas une none, mais quand même... Quelle image aura-t-elle de moi, cette fois ? Maria avançait et tentait de m'embrasser mais je me reculais.
- Ne me touche pas...
- Je suis mal barrée, si mon fils a le caractère de son con de père...
Monsieur Cullen ouvrit la porte en grand.
- Sortez d'ici ! Laissez ce gamin tranquille ! Sortez !
Maria lui fit des grimaces, puériles, et quittait la maison.
Je tenais toujours Alice bien serrée contre moi. Ma grand-mère vacilla, rattrapée de justesse par Emmett.
- MAMIE !
Carlisle vint à son chevet.
- Ca va... C'est un étourdissement... Réveillez-vous... faites-lui de l'air...
Ma grand-mère rouvrit les yeux peu de temps après.
- Vous allez bien ?
Elle se redressait péniblement et regardait autour d'elle, perdue.
- Je veux... qu'est-ce que je vais devenir sans lui ? Maria... elle ne me laissera jamais en paix... Je veux partir avec lui... Je veux partir...
Elle se mit à pleurer, et ce fut bien trop pour moi. J'embrassais les cheveux d'Alice, tentant de me fermer à tout ça.
- Il faut que vous teniez le choc, vous êtes la seule personne que Jasper puisse avoir de saine autour de lui... Tenez pour votre petit-fils... N'abandonnez pas... Il va avoir besoin de vous...
Elle me regardait et me tendait la main. A contrecoeur, je lâchais Alice pour la rejoindre et elle m'attirait dans ses bras.
- Mon petit garçon...
- Je t'aime grand-mère...
- Moi aussi... Tellement...
Après quoi, les Cullen quittaient le salon pour nous laisser pleurer grand-père ensemble. Je me sentais mal à l'aise de consoler ma grand-mère, parce que je savais qu'il fallait que je sois fort, mais je n'y arrivais pas et j'avais peur de la décevoir.
- Papi ne voudrait pas qu'on pleure... Il ne voudrait pas que tu pleures, mamie...
Elle se redressait, tentant de retrouver un peu de dignité.
- Jasper, écoute-moi...
- Oui ?
- Ne t'éloigne jamais des Cullen, tu m'entends ? Quoi qu'il m'arrive, ou arrive à ta mère, ne t'éloigne jamais d'eux...
- D'accord...
- Ils prendront soin de toi... Il faut aussi que je te donne...
Elle se levait péniblement, et rejoignait son buffet de salon élégant. Elle sortit une clé bien cachée et ouvrit la porte de droite, celle que je n'avais jamais le droit d'ouvrir.
Elle en sortit plusieurs boîtes de biscuits et me les amenait.
- Ce sera notre secret, et c'est aussi le secret de ton grand-père... Une partie de son héritage qu'il te laisse est là-dedans... Il y a huit mille dollars...
HUIT MILLE DOLLARS ?
- Mais...
- Le reste sera versé sur un compte en attendant ta majorité, ta mère le gèrera mais je compte sur toi pour lui demander des comptes. Sers-toi de cet argent intelligemment, et achète-toi ce dont tu as besoin... Ta mère ne doit jamais connaître l'existence de ces boîtes. Je te conseille de les ranger dans un endroit où elle n'a pas accès... N'en parle pas autour de toi...
Mais c'est beaucoup trop...
- Mamie... et toi ? Tu vas avoir faim !
- Non mon garçon... Ton grand-père avait aussi pris ses dispositions pour m'assurer un avenir... Et à mon âge, de quoi peut-on avoir besoin à part d'un toit sur la tête, de chauffage, d'eau chaude et de nourriture ?
Huit mille dollars... Et encore... il va y avoir encore de l'argent...
- Tu ne pourras pas gérer ton argent seul, mais tu auras le droit de demander à ta mère de te rendre des comptes, et de te faire voir tes relevés... Grand-père t'avait ouvert un compte, tu y as accès mais Maria va le gérer jusqu'à tes dix-huit ans... Tant que je suis en vie, c'est moi qui vais administrer tes biens, mais une fois que je partirai, je veux que tu...
- Non... Non, tu ne partiras pas...
Elle ne peut pas dire ça... Elle ne peut pas partir...
- Tu auras le reste à ta disposition... Ta mère est déshéritée, tu toucheras tout ! Quand tu seras majeur, vends la maison, met l'argent de côté... Tout sera pour toi... Strictement tout...
Je regardais autour de moi. Cette grande maison.
- Je ne veux pas la vendre, mamie...
- Elle est à nous de toute façon... Ca te fera toujours un toit si jamais vous perdez le taudis qui vous sert d'habitat...
La maison est grande, sinistre, mais j'y ferais des travaux, elle sera belle. Je vivrais ici, j'aurais une famille, un beau jardin, à manger tous les jours et je pourrais inviter les Cullen tout le temps !
- Quant à cet argent liquide, sers-toi en pour le quotidien : vêtements, nourriture... Je ne veux plus jamais te voir aussi maigre que ça...
- D'accord mamie...
..::..
Point de vue de Carlisle.
Voilà trois jours que le grand-père de Jasper venait d'être enterré et nous devions repartir pour reprendre nos vies respectives. Jasper avait voulu rester chez sa grand-mère, mais elle avait refusé.
- Va à l'école, mon petit... reprends ta vie et n'oublie pas de m'écrire et de venir me voir régulièrement...
- Tu vas t'ennuyer, mamie...
- Non mon chéri... Non...
Elle comme nous autres savions parfaitement que c'était un mensonge, mais elle voulait préserver Jasper et c'était tous ce que nous voulions. Le préserver. Ce gamin a assez souffert.
Je n'en revenais pas que Maria se soit montrée si dégradée de la sorte : faire l'amour, pour ne pas dire autre chose, en plein salon, en pleine journée, dans la demeure de ses parents, alors qu'on enterre son père... Cette femme est malade !
Les enfants préparaient leurs bagages à l'étage, sous les ordres d'Esmé. La grand-mère de Jasper m'interpellait du salon.
- Monsieur Cullen ?
- Oui ?
- Je vous suis reconnaissante de vous occuper de mon petit-fils... Je vais vous dédommager financièrement de tout ce que vous lui offrez et...
Mais je refusais poliment son offre.
- Madame, nous aimons Jasper, comme s'il était l'un des nôtres... Il connait mon fils depuis l'enfance, et il semble tenir à ma fille au moins avec autant de forces...
Elle me souriait.
- Ce que nous lui donnons, ce n'est pas pour le reprendre derrière...
- Vous ne savez pas comme je suis soulagée de le savoir près de vous... Je vous en supplie, ne l'abandonnez pas...
- Nous veillerons sur lui... Il aura un toit et à manger aussi souvent qu'il franchira le palier de notre porte...
- Même si ça ne marchait plus entre votre fille et lui ?
- Même si ça ne marchait plus entre ma fille et lui...
- Merci infiniment... J'aimerais m'entretenir d'un détail avec vous... Vous êtes un homme de confiance...
- Je vous écoute...
- Mon mari avait préparé de l'argent en petite coupure pour mon petit-fils... Huit mille dollars... Il ne pourra pas les dissimuler chez lui... Je voudrais qu'il se serve intelligemment de cette somme, pour s'acheter à manger, avoir le confort pour lui... Sa mère n'aura pas un centime... Lui permettrez-vous de ranger cet argent en sécurité chez vous ?
- Vous voudriez nous confier son argent ?
- Je veux qu'il y ait accès dès qu'il en aura besoin, sans restriction... Mais je voudrais aussi que vous veilliez à ce qu'il ne fasse pas de folies...
- Vous ne nous connaissez que peu, et vous nous faites confiance pour nous confier une telle somme ?
- Vous prenez soin de lui... C'est suffisant... Apprenez-lui à gérer son argent, faites-lui remplir un papier dans lequel il devra écrire ses dépenses, calculer ce qu'il lui reste... Le reste de l'héritage ira sur son compte, mais sa mère devra le gérer en attendant sa majorité, gardez un oeil discret sur cette partie aussi...
J'étais estomaqué de l'acte de cette grand-mère, qui devait vraiment aimer ce petit.
- Egalement, lorsque je partirai, je...
- Vous avez encore de belles années devant vous...
- Oh non docteur... croyez-moi que je compte chaque jour que Dieu m'autorise à vivre...
Je pense que c'est une femme qui s'ennuiera seule, ici.
- Cette maison, et tous les biens, appartiendront à Jasper... Veillez à ce que Maria respecte le fait qu'elle soit déshéritée... Qu'elle ne s'en prenne pas à lui... Je crains que ma fille ait perdu le peu de raison qui lui restait...
Malheureusement, je le crains aussi...
- Guidez Jasper, apprenez-lui à gérer tout ça...
- Vous avez ma parole...
Prudente, elle me fit remplir un papier attestant que j'acceptais de prendre sous ma responsabilité les huit mille dollars de son petit-fils. A sa place, j'en aurais fait tout autant.
Les au-revoirs furent douloureux pour Jasper et cette vieille dame. Ils s'aimaient l'un comme l'autre, profondément.
Dans l'avion, alors qu'Emmett lisait un magazine, qu'Edward et Alice jouaient aux cartes et qu'Esmé regardait le paysage, je me penchais vers Jasper.
- Ta grand-mère m'a parlé de tes boîtes de biscuits...
Il me fixait.
- Ils seront en sécurité à la maison, ta mère ne pourra pas les approcher... Nous tiendrons ensemble un livre de comptes, et je t'apprendrai comment gérer toute cette somme...
- Carlisle ?
- Oui ?
- Vous pensez que je peux prendre un peu d'argent à mon retour ?
S'il commence comme ça...
- Nous verrons cela, mais évidemment, c'est ton argent... Nous compterons ensemble ce que tu as, et nous ferons un cahier dès que tu seras disponible...
- D'accord...
..
Arrivés à la maison, alors que chacun vidait sa valise, je me dirigeais avec Jasper dans mon bureau. Je possédais un coffre-fort dans ma bibliothèque et je gardais systématiquement la clé sur moi. J'en possédais un double, ainsi que le code, à l'hôpital, bien dissimulé dans mon bureau.
Avec Jasper, nous nous enfermions dans mon bureau pour recompter la somme. Huit mille dollars tout rond.
- Tu veux prendre un peu ? Combien tu veux ? Il faudra te montrer raisonnable, gérer cet argent... Tu auras le droit de prendre ce que tu veux, je ne peux pas m'y opposer, mais essaie de garder ces billets pour t'en servir intelligemment...
- Oui monsieur... Mais je crois que je voudrais deux cent dollars...
- C'est une somme...
- Je sais... Mais si j'ai trop, je ramènerai la monnaie...
- Je te fais confiance...
Je dénichais un vieux cahier dont je ne m'étais jamais servi, et nous instaurions un système pour qu'il puisse lui-même calculer ce qu'il prenait et ce qu'il rendait. Nous referions régulièrement un point ensemble.
- Je vais te donner le code de mon coffre, pour que tu puisses accéder à ton argent selon ton besoin. Et aussi la clé.
- Merci...
..::..
~ Point de vue de Jasper ~
Quand j'étais revenu à la maison, Maria n'était pas là. Il y avait une lettre sur la porte du propriétaire. Ces gens étaient des cons, mais ils ne manquaient pas de nous rappeler que le loyer n'était pas payé.
Trois mois de retard. On va finir par se faire virer...
Je ne voulais pas être viré, parce que je devrais aller vivre chez grand-mère mais Maria ne pourrait pas. Et franchement, je ne voulais pas la voir. J'entrais dans la cuisine, et tout était froid. On n'avait pas de fuel pour les radiateurs. Il faut de l'argent pour ça. Maintenant, moi j'en ai.
J'attrapais un papier, et écrivais tout ce qu'il fallait :
- Loyer de la maison, trois mois de retard : 700$
- Commander du fuel...
- Aller payer l'épicier, ardoise de 60$.
Il me fallait au moins déjà mille dollars pour payer tout ça. Ca va vite partir tout cet argent... Je sursautais quand le propriétaire toqua à la fenêtre.
- Hé ! Je sais que vous êtes là...
J'ouvrais la porte.
- Elle est où, ta mère ?
- Je sais pas...
- Comment tu sais pas ? J'appelle les services sociaux !
- Non... Ecoutez... Mon grand-père est décédé et on a touché un héritage important... Elle viendra vous payer cette semaine...
Il me jaugeait de haut en bas.
- Tu me racontes des salades ?
- Non... J'vous jure... C'est pour ça qu'elle est pas là... Elle règle tout ça...
- J'veux bien te croire... Mais si elle paie pas, elle sait qu'elle devra venir me voir chez moi... Et que ça sera pire que la dernière fois...
J'eus de nouveau envie de vomir en réalisant le sous-entendu vaseux.
Ma mère est une salope...
Maria a dû régler nos loyers en écartant les jambes. Je voulais vomir, ou changer de mère. Jamais je ne ferai ça à une femme ! Jamais elle n'aurait à coucher avec moi pour du fric. Je respecterai Alice, je la traiterai comme j'aurais voulu qu'on traite ma mère : avec du respect. Je serai un gentleman avec Alice, on prendra notre temps. On sera heureux, et quand on sera dans le même lit, je la vénèrerai. Je ferai en sorte qu'elle soit heureuse et épanouie.
Dans l'après-midi, je suis allé au centre commercial. Mes 200$, je voulais bien m'en servir. Quand j'en sortais, il me restait presque 120$. J'avais réussi à trouver mon bonheur, sans trop me ruiner. Je passais chez l'épicier.
- Bonjour Jasper !
- Bonjour m'sieur...
Je remarquais un paquet de bonbons. Alice a toujours ces bonbons chez elle, et je les adore ! Mais Carlisle m'a dit de ne pas dépenser cet argent inutilement. Et acheter des bonbons, ce n'est pas utile...
J'en ai marre d'écouter tout le monde, et d'être raisonnable avec l'argent.
- Je viens parce que Maria m'a dit qu'elle vous doit encore de l'argent...
- Oui... Je le lui rappelle mais...
- Elle n'a pas oublié... Tenez...
Je lui donnais ses soixante dollars.
- Ah ! Elle a trouvé du travail ?
- Euh... non... Un héritage... Mon grand-père est décédé...
- Oh... Je suis désolé...
- Merci...
Il me restait cinquante-sept dollars. Ce paquet de bonbons ne coûte que deux dollars et dix-huit cents... et c'est mon argent... je ne l'ai pas volé, il est à moi...
- Je vais acheter ce paquet...
- Tu es devenu gourmand ? souriait-il.
- Oui...
Je lui donnais un billet de dix, et il me rendit la monnaie.
- Merci...
- Bonne journée, Jasper !
- Merci, vous aussi...
Avec tous mes paquets, je prenais le bus et m'arrêtais à un kilomètre de chez les Cullen. Je terminais le chemin à pieds.
Je rentrais dans la maison, Esmé était déjà aux fourneaux.
- Bonjour madame Esmé !
- Jasper ! Mon chéri... Tu as fait des courses ?
- Ce sont des cadeaux pour vous...
Carlisle, qui apparaissait à ce moment-là, s'arrêtait.
- Tu t'es fait plaisir ?
Il avait parlé de l'argent à sa femme, mais j'avais confiance en eux.
- Je voulais vous dire merci... Tenez, tant que j'y pense...
Je sortais l'argent non dépensé.
- Voilà ce que je n'ai pas dépensé... Je peux les remettre dans les boîtes...
- Je te conseille de le garder sur toi... Si tu as besoin d'une course, ou autre...
- D'accord... Alors...
Je me penchais dans mes poches, et dégotais la bouteille de vin rouge que j'avais trouvé pour le médecin. Je le savais amateur de vins. J'espérais avoir choisi une bonne bouteille.
- J'y connais rien, mais la bouteille était belle, alors... C'est pour vous...
- Oh Jasper !
Il regardait l'étiquette.
- Tu as très bien choisi ! Mais ce n'était pas la peine d'acheter ça...
J'attrapais la composition florale pour Esmé.
- Et ça c'est pour vous... C'est pas grand-chose, mais...
- Elles sont magnifiques ! Jasper, nous t'accueillons ici avec plaisir... nous n'attendons pas de cadeaux...
- Oui, mais ça me fait plaisir ! J'ai aussi pour Alice et Edward et Emmett... et j'ai fait envoyer une rose à mamie...
- Jasper, c'est vraiment trop...
- Mais vous savez, j'ai bien géré le reste : j'ai payé l'épicier pour tout ce qui était en retard, je vais faire rentrer du fuel et je vais aussi payer le loyer parce que le propriétaire est venu, et j'en ai marre qu'on parle de ma mère comme si c'était une pute... Non... c'est une pute... Et je voudrais qu'elle ait un peu de dignité...
Carlisle et Esmé se regardaient.
- Jasper... Tu n'as pas à payer pour ta mère, tu en es conscient ?
- Vous m'avez dit d'en faire quelque chose de raisonnable, et c'est ce que grand-mère veut, aussi... Alors je le fais... Mais je me suis acheté un paquet de bonbons aussi... Craignez rien, hein...
Ils riaient et Esmé vint m'enlacer.
- Merci mon chéri... Nous sommes touchés... Tu es un super garçon... N'en doute jamais ! Alice ? Edward ? Emmett ? Venez, Jasper a des cadeaux pour vous...
Ils dévalèrent les escaliers comme des bourrins, sauf Alice. Alice, elle, elle est plus délicate et raffinée. Elle sautille.
J'offrais à Emmett un tee-shirt de baseball. Il ne m'avait pas coûté bien cher.
- Wow ! Super ! Merci Jasper ! Je l'adore !
Il l'enfilait immédiatement. Je tendais à Edward un magazine avec une moto à collectionner. Il les achetait tous, et celui-là c'était le dernier en date. Je savais aussi qu'il y avait des nanas dénudées dans ce magazine. En fait, j'sais pas vraiment s'il collectionne les motos, ou les photos...
- Waouh ! Trop bien ! Merci Jazz ! Génial !
Et enfin, je tendis à Alice un bouquet de fleurs. C'est bien ce qu'offrent les petits copains, non ?
- Tiens...
- Jasper...
Elle attrapait le bouquet et se jetait à mon cou.
- Merci ! Merci beaucoup...
Timide, bien conscient du regard de ses frères et ses parents sur moi, je me penchais pour picorer sa bouche.
- Je l'adore ! Des roses rouges, roses et blanches...
J'avais pris le plus beau bouquet du fleuriste. J'avais dépensé le plus pour elle, mais je ne regrettais pas.
- Maman ! Il me faut un vase ! Je vais les mettre dans ma chambre !
- Très bonne idée ma chérie... Nous allons trouver ça, viens...
Je me sentais fier d'avoir su gérer cet argent.
Avant de rentrer chez moi, j'avais pris pour régler le loyer aux propriétaires, faire rentrer du fuel, payer l'électricité et faire quelques courses. Je ne revis pas ma mère avant trois semaines et je me fichais d'où elle avait été.
Elle fut étonnée de voir que le frigo était plein, qu'il faisait bon dans la maison.
- Ca veut dire quoi ? T'as trouvé où cet argent pour tout payer ?
Je haussais les épaules.
- Je me suis débrouillé... J'ai trouvé un petit job...
- Où ?
J'inventais le premier mensonge qui me passait par la tête.
- J'donne des cours de soutien à Alice...
- Ils doivent te payer grassement...
- Mais il n'y a pas qu'elle... D'autres élèves aussi...
- De toute façon, je m'en fous...
- D'accord...
Même si elle s'en fichait, elle s'installait quand même à table pour manger les raviolis que j'avais payé.
..
Grand-mère disparut moins d'un an après le départ de grand-père. J'avais fini de toucher l'héritage, et je voyais parfois ma mère revenir avec des habits provocants et tous neufs. Je me jurais, à ma majorité, de lui interdire l'accès à l'argent. A côté de ça, je lui avais dit de se servir de mon héritage pour payer les factures. Elle s'était faite faire un chéquier, mais c'était moi qui le remplissais pour tout régler. Elle se contentait de signer. Chaque fin de mois, on allait dans la cuisine et je faisais les chèques. Des fois, j'imitais sa signature quand elle partait plusieurs jours. La maison de grand-mère m'appartenait, et Maria voulait la mettre en vente mais je m'y opposais. Je voulais la garder, pour m'y installer plus tard.
Entre temps, je n'oubliais pas de gâter Alice. Des fleurs, un parfum... Cela faisait plus d'un an que nous sortions ensemble, et les choses étaient encore plus profondes entre nous deux mais elle était encore bien jeune pour aller plus loin. Elle avait juste quatorze ans.
Je veux la respecter. Elle ne sera pas comme Maria. Jamais !
