Disclaimer :
-Les personnages restent ―bien évidemment― la propriété de J.K Rowling, excepté mes OC, que vous reconnaîtrez rapidement.
-Il s'agit d'une simple fanfiction je ne tire aucun bénéfice financier de sa publication.

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Tout d'abord, un TRES GRAND MERCI à Wing of pain qui a bien voulu me servir de betâ !

Merci également à Myshka01 et à Remus J. Potter-Lupin pour vos reviews très encourageantes.

J'espère que ce premier, et plus long que prévu, chapitre vous plaira =)

BONNE LECTURE !

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LA DERNIERE ARME DU MINISTERE DE LA MAGIE

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. Au cours de ces derniers mois, les agissements du Mangeur d'âme avaient contraint le Ministère de la Magie à prendre des mesures importantes. Un petit groupe d'aurors avait été nommé sous la direction d'Harry Potter, et se consacrait exclusivement à la poursuite des nécromanciens. La situation dans le monde des sorciers devenait de plus en plus préoccupante. Les rumeurs inquiétantes des cimetières moldus faisaient craindre aux sorciers la levée d'une armée d'Inferi. Certains pensaient qu'il s'agissait là d' actes désespérés des derniers mangemorts en fuite. Vingt-quatre ans après la bataille de Poudlard, la paix fragile du monde des sorciers était menacée.

. Un frisson parcourut la nuque d'Harry Potter. D'un geste fatigué, il reposa la gazette du sorcier sur la table basse, et porta sa fiole de potion énergisante à ses lèvres. Il en but quelques gorgées et grimaça. Le liquide violet avait un goût aigre. Etre célèbre n'avait jamais été facile ; être promu Chef du Bureau des Aurors, l'était encore moins, surtout depuis ces étranges évènements. Le crépitement du feu le fit sursauter. Le sorcier tourna la tête : un morceau de parchemin léché par des flammes pourpres venait d'apparaître dans la cheminée.

―Par la barbe de Merlin ! s'écria-t-il.

. Il reposa précipitamment la fiole sur la table et bondit de son canapé de chintz. Il attrapa le vieux tisonnier de fonte, et tira le parchemin des cendres rougeoyantes. Lorsqu'il se fut assuré qu'il était refroidi, il le déplia, et déchiffra à contrecœur l'écriture alambiquée à l'encre rouge qui indiquait :

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Rassemblement général des Chefs de Bureau,
Veuillez vous présenter en salle 107 du troisième étage.
Amitiés,

Alberta Ginevra McGillian,
Chef du Département de la Justice magique,
Ordre de Merlin, première classe.

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. Il jeta le parchemin dans l'âtre, et voyant que les flammes le consumaient, il se dirigea nonchalamment vers la salle-de-bain. Il s'arrêta devant le vieux miroir de bronze. L'objet à la surface lisse et bordée d'argent lui renvoyait son reflet fatigué. De profondes cernes encadraient ses yeux, presque aussi noires que ses cheveux de jais. Il passa une main sur son visage aux traits tirés, et tendit sa main vers le peigne de bronze édenté qui lui avait été offert par son parrain.

. Depuis la mort de Lord Voldemort, Harry avait choisi de vivre au Square Grimmaurd. Il n'avait pas été facile au début de convaincre Ginny, mais elle avait finit par céder devant son insistance. Ensemble, ils avaient transformé la vieille demeure, et l'avaient rendue plus chaleureuse. De nombreux sortilèges avaient été nécessaires pour effacer les traces de magie noire qui avait été réalisée. Quelques rares vestiges rappelaient néanmoins aux Potter qu'ils vivaient dans la très ancienne et noble maison des Black, tels que le portrait de la mère de Sirius ―qui à présent était muet — celui de Phineas Nigellus, l'arbre généalogique de Sirius, ou encore, les armoiries des Black. Harry se hâta de s'habiller, et emprunta les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée, d'où il entendit une voix familière glousser.

—La directrice de Poudlard m'envoie vous informer que votre aîné a encore fait des siennes.

. Il s'arrêta net, et se tourna vers le portrait de Phineas Nigellus. Le vieux sorcier aux yeux noirs perçants et à la barbe grise poursuivit, un sourire moqueur au coin des lèvres :

―Il semblerait que votre beau-frère lui ait demandé de ramener des bandimons de la foret interdite. Ce sont les centaures qui l'ont trouvé, accompagné de votre nièce, errant sur leur territoire.

—Merci Phineas. J'irai m'entretenir avec le Professeur McGonagall.

. En ces temps troublés, les bêtises de James étaient le dernier de ses soucis, et, Harry n'avait aucune idée de ce qu'étaient les bandimons. Il se doutait que son épouse enverrait une autre beuglante à leur fils. Mrs Potter ne travaillait pas, mais aidait ses frères, Georges et Ronald Weasley, à leur boutique de farces et attrapes. Après la mort de Lord Voldemort, ce commerce avait connu un vif succès. Mais à présent, les affaires devenaient un peu plus difficiles. Néanmoins, au grand désespoir de Ginny, le meilleur client de Georges ―qui n'était autre que James— assurait à lui seul la revente à Poudlard. L'aîné des enfants Potter, n'avait jamais été doué pour les études, contrairement à son frère Albus. Enfant, il passait son temps à jouer des tours aux différents membres de sa famille. Adolescent, il rétorquait à qui voulait l'entendre qu'il ne poursuivrait pas ses études et arrêterait Poudlard lors de sa sixième année, comme son modèle : l'oncle Georges. Mais, être le fils d'Harry Potter, et surtout de Ginny Potter n'était pas si simple, et aussi, avait-il cédé à la pression familiale et tenterait-il de passer ses ASPICS.

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. Sur le palier, Harry s'assura que la porte d'entrée était bien fermée, et transplana dans un pop sonore. Il atterrit dans une salle aux murs de briques rouges et à l'odeur terreuse. Celle-ci le conduisit dans un corridor pavé de dalles de marbre noir. Des bruits de pas y résonnèrent, et le sorcier aperçut une vieille femme habillée d' une longue robe pervenche et d'un chapeau pointu.

―Bien le bonjour Mr Potter, déclara la sorcière, comment vont les affaires ?

. Harry hocha nonchalamment la tête en signe de politesse, et passa son chemin en silence. Après avoir parcourut un long et étroit couloir de dalles blanches, il traversa l'immensité de la Grande Salle d'où s'élevait une fontaine d'or représentant un sorcier, une sorcière à grand chapeau, un centaure et un elfe de maison. Autrefois subjugué par la splendeur et le détail de la sculpture, Harry ne lui accordait à présent plus aucune importance. La statue avait fini par faire partie du décor, tout comme les nombreux secrets du Bureau des Aurors. Des files de sorciers et sorcières s'agitaient bruyamment dans la salle. Dès qu'il l'aperçut, un jeune auror portant une robe mauve et un catogan se précipita vers lui l'air inquiet :

―Rassemblement des Chefs de Bureau ? J'espère que rien de très grave n'est arrivé, balbutia-t-il en lui lançant un regard interrogateur.

. Mais, Harry ne répondit pas. Quelques minutes s'écoulèrent, et, il arriva dans la salle 107. Il frissonna, lorsqu'il s'aperçut que celle-ci était déjà presque remplie d'une trentaine de sorciers. Un tel rassemblement n'était certainement pas un bon présage. Le Survivant s'assit en silence. Les deux sorciers assis sur sa droite quelques sièges plus loin murmuraient à voix basse. Harry les avaient aperçus une fois auparavant : des Langues-de-Plomb du Département des Mystères.

. Soudain, au cœur de l'estrade, une vieille sorcière leva les bras en signe de silence. L'allure altière, elle avait attaché sa longue chevelure blanche en une natte solide qu'elle avait posée sur son épaule. Elle portait une élégante robe verte et pourpre, et un chapeau sombre orné d'un ruban. Elle se nommait Alberta McGillian, et était le Chef du Département de la Justice Magique, dont dépendait le Bureau des Aurors. D'ordinaire, elle était les yeux invisibles du Ministère. Depuis qu'il était devenu Chef du Bureau des Aurors, Harry ne l'avait aperçue que deux fois. La première, lors de sa promotion ―la version officielle était qu'il avait été nommé afin de remplacer Barril Hampton qui partait à la retraite à l'autre bout du monde. En vérité, Barril Hampton était mort, et l'on avait retrouvé son corps démembré flottant dans le Loch Ness ; la seconde, lorsqu'il s'était vu confier la traque d'un groupe de nécromanciens en Ecosse.

. Les murmures de la salle cessèrent rapidement, et la vieille sorcière fit apparaître un fauteuil avant de s'asseoir. Puis, lorsqu'elle se fut assurée que l'assemblée avait toute son attention, elle déclara d'une voix forte et monotone :

―Au vu des derniers évènements, j'ai jugé indispensable de rassembler notre conseil. Le Bureau des Aurors, sous la direction de Harry Potter —ici présent ― et sous la juridiction du Département de la Justice Magique a désormais la preuve que les disparitions des cimetières se produisant, non seulement en Ecosse et au pays de Galles, mais aussi dans d'autres pays, ne sont pas uniquement le fait d'anciens mangemorts. Nous avons également la preuve que des attaques d'Inferi ont été perpétrées sur des moldus en Corée, et qu' une vague de détraqueurs est apparue en Nouvelle-Zélande, ce qui confirme le fait qu'il s'agisse de nécromanciens. La Confédération Internationale des Mages et Sorciers s'est rassemblée hier, et Mr Harold Springfield —ici présent― et en contact direct avec notre représentant Mr Percy Weasley, nous a informé que les Ministères de Nouvelle-Zélande, de Bulgarie et de Norvège, ont déjà tenu au courant les responsables moldus, par mesure de prévention. Nous devons, quoiqu'il advienne, éviter la panique des sorciers et sorcières de Grande Bretagne, si nous ne souhaitons pas reproduire ce qui s'est passé lors de la prise du pouvoir de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom…

—Son nom était Voldemort.

. La vieille sorcière s'interrompit. L'assemblée se tourna vers Harry, et le dévisagea avec respect. Même après ces années, le nom du puissant Mage Noir n'avait de cesse de faire trembler le Monde de la Magie.

―Si nous ne souhaitons pas reproduire ce qui s'est passé lors de la prise du pouvoir de… Lord Voldemort, il y a quarante-cinq ans. Un début consisterait à envisager la création d'un comité qui autorisera ou prohibera la diffusion d'informations dans nos journaux…

—Il me semble que cette méthode a démontré son inefficacité lors du retour de… Lord Voldemort, l'interrompit un vieux sorcier, en prenant soin de regarder Harry lorsqu'il prononça le nom.

. La vieille sorcière croisa les bras, et répondit :

—Certes, mais il me semble que l'inefficacité de cette méthode provient du fait que le Ministre de l'époque —Mr Cornellus Fudge― s'était borné à nier son retour. Je ne vous parle pas de cacher la vérité à la communauté des sorciers et sorcières, mais de contrôler les informations divulguées.

―La gazette du sorcier est déjà soumise à ces restrictions, lui reprocha une vieille sorcière qui portait un chapeau à papillons, Concrètement quelles mesures proposez-vous ?

. Et, soudain, les chefs des différents bureaux se mirent à parler tous en même temps. Harry était, bien sûr, très informé sur la situation du Monde des Sorciers, hors de Grande-Bretagne. Ses beaux-frères constituaient à eux seuls un véritable réseau d'informations. Il y avait tout d'abord Charlie, qui travaillait à la protection et à la surveillance des dragons en Roumanie ; Bill qui vivait en France, et occupait un poste à la filiale de Gringotts, la banque des sorciers, et par conséquent pouvait connaître de précieux renseignements par les gobelins ; Percy qui siégeait à la Confédération Internationale des Mages et Sorciers et enfin, Ron qui sous couvert de la boutique de Farce et Attrapes Weasley —qui s'était installée à travers le monde entier― fournissait à Harry des informations aussi importantes que celles des services de renseignement du Ministère de la Magie. En réalité, Ron avait toujours aidé Harry. Devenu auror après un premier échec à l'examen, il avait permis la capture du mangemort Jugson. Mais, blessé lors de la mission, il avait choisi de quitter le Bureau des Aurors.

. Brusquement, l'un des deux Langues-de-Plomb se leva, et demanda le silence.

—La plupart des sorciers et sorcières de notre communauté ne savent pas se battre face à des Inferi ou des détraqueurs. Je propose la création d'un comité qui veillerait à enseigner à notre communauté comment se protéger.

―Etes-vous conscient que tous les sorciers ne sont pas capables de produire un patronus ou de démembrer un Inferius ? lui objecta un autre sorcier.

. Et, le brouhaha recommença. Le rassemblement n'avait servi à rien, hormis à renforcer les querelles intestines au sein des différents départements et bureaux du Ministère.

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. Contrarié, Harry retourna à son bureau. A peine se fut-il installé dans son confortable fauteuil que quelqu'un frappa avec démence à la porte.

—Entrez, dit-il d'une voix forte et contrariée.

―Mille Gorgones, Harry !

. Le sorcier reconnut la voix aigüe d'Hermione, et réalisa à la manière dont elle ouvrit la porte de son bureau qu'elle était furieuse. Ses cheveux étaient emmêlés et des tâches d'encres avaient sali le haut de sa robe à col blanc. Elle s'avança, et le menaça de son index.

—Te rends-tu compte que ma fille aurait pu être blessée par ton bon-à-rien de fils ? hurla-t-elle.

. Depuis ces seize dernières années, Harry ne se souvenait pas que rien n'avait pu être plus important pour les Weasley que leur fille Rose. Du même âge qu'Albus, elle avait été envoyée par le choixpeau à Griffondor, et avait toujours fait la fierté de ses parents. Mais, il semblait qu'elle finissait toujours par participer —malgré elle selon les dires d'Hermione― aux aventures de son fils aîné.

―Je parlerai à James…

—Je ne sais pas ce qui me retiens de jeter un sort à ce garnement ! Tu te rends compte que les bandimons font partis des créatures magiques de deuxième catégorie ! Rose aurait pu perdre un doigt, ou un orteil, ou…

―Calme-toi Hermione. Les enfants vont bien.

—Je vais te dire ce qui ne va pas, Harry. Tu es beaucoup trop permissif.

. Harry soupira discrètement. Après avoir passé leur ASPICS l'année suivant la mort de Lord Voldemort, Hermione avait choisi de poursuivre ses études à l'Académie de Justice Magique de Grande-Bretagne. Elle avait ensuite brillamment intégrée le département de la Justice Magique du Ministère de la Magie, et faisait depuis peu partie du Magenmagot, la cour de justice. La naissance de sa fille Rose avait renforcé ses convictions, et elle n'avait cessé de créer toute sorte de lois afin de rendre le monde meilleur, la plus connue, et la plus controversée, étant celle donnant des droits aux elfes de maison, et à d'autres créatures magiques.

―Je sais, répondit-il, mais n'oublie pas que nous avons eu leurs âges aussi.
—Justement Harry ! Quand je pense au nombre insensé de fois où nous aurions pu nous faire renvoyer, ou pire tuer…
―Ils n'ont rien à craindre. Voldemort ne peut pas revenir d'entre les morts, Hermione.

. La sorcière reprit sa respiration et marmonna rapidement.

—Il y a des choses que tu sais Harry, sur ces… disparitions. Ronald refuse de m'en parler.
—Ron est en mission, lui expliqua –t-il
―Je sais. Mais ce n'est pas parce que je travaille pour un autre bureau, que je ne peux pas vous aider.
—Si je puis me permettre Hermione, je crois que Ron préfère savoir son épouse en sécurité et…
—Et tu diras à Ron, que je préfère que vous restiez tous les deux en vie ! Et, dois-je encore te rappeler qui t'a permis de trouver où était la pierre philosophale, la chambre des secrets, qui a sauvé Sirius, qui a…
―Je sais. Je sais Hermione.
—MRS WEASLEY ! Je vous trouve enfin !

. Une sorcière un peu replète, et visiblement essoufflée venait d'interpeler Hermione. Elle portait une robe noire à dentelle bleue et une liasse de parchemin.

― Vous…Vous… le gobelin… le vampire, balbutia-t-elle avec difficulté.

. Hermione pesta, et sortit de la pièce en criant :

—N'oublie de parler à ton fils !

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. Quelques minutes s'écoulèrent et un bruit de froissement fit sursauter Harry, qui aperçut un morceau de parchemin volant dans sa direction. Il le saisit et lut :

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Dans mon bureau,
Alberta Mc Gillian

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. A contrecoeur, le sorcier se leva, et traversa les méandres du Ministère de la Magie. Bientôt, il arriva à destination. La vieille sorcière ferma la porte de son bureau, et s'assura par des sortilèges que personne ne pouvait les écouter.

―Il y a quelque chose que je dois vous montrez. Suivez-moi.

Et, elle fit apparaître un couloir qu'Harry n'avait jamais vu auparavant. Il s'agissait d'un corridor muni de hautes marches de marbre noir glissantes qui descendaient aux étages inférieurs. Harry sortit sa baguette de la poche de son pantalon. L'endroit avait quelque chose d'effrayant, comme s'il était imprégné profondément d'une puissante magie ancestrale.

Lumos, murmura t-il.

Après les escaliers sombres, Harry et la vieille sorcière s'engouffrèrent dans un couloir obscur et étroit, éclairé seulement par des petites chandelles accrochées aux murs d'obsidienne. Le couloir déboucha sur un autre couloir, puis un autre, et encore un autre.

. Soudain, Alberta McGillian s'arrêta devant une grande porte d'albâtre. Harry examina un instant le fronton d'inscriptions runiques en lettres d'argent, dont les entrelacs formaient la cime d'un gigantesque acacia. La sorcière tendit sa baguette de merisier, et, murmura une incantation. Le passage s'ouvrit. Les deux sorciers se trouvaient désormais dans une immense pièce aux parois blanches dont ils ne pouvaient distinguer ni les murs, ni le sol et ni le plafond. Cependant, la Chef du Département de la Justice Magique avança et prononça un autre sortilège. Une autre porte surgit devant elle, dévoilant une autre pièce sombre. En plissant les yeux, le Chef du Bureau des Aurors distingua des étagères remplies d'objets de toutes sortes.

—Ne touchez à rien.

A en juger par l'épais nuage de poussière que soulevaient leurs chaussures, personne ne semblait être venu ici depuis très longtemps. Ils passèrent devant un feu pourpre qui crépitait bruyamment. Puis, soudain, le feu se métamorphosa en glace. Une cloche résonna un peu plus loin. Une autre porte venait d'apparaître. Une porte noire, dont le halo sombre semblait aspirer la moindre parcelle de lumière qui l'entourait. La sorcière formula une autre incantation. Et la porte noire s'ouvrit en silence. Quoi que ce fut, la chose que voulait lui montrer la vieille sorcière semblait bien cachée. Désorienté, Harry craignait de ne plus pouvoir sortir du dédale de portes et de couloirs. Une petite salle aux murs pourpres se dévoila devant leur yeux. En son centre se tenait un objet imposant caché par un long drap blanc.

―Ceci doit rester, et restera entre nous, Mr Potter.

―Je vous le promets.

. Puis, les lèvres de la vieille sorcière s'étirèrent en un mince sourire.

―Vous ne comprenez pas. Vous êtes sur le point de découvrir l'arme la plus puissante du Ministère de la magie, une arme si puissante qu'en être le gardien du secret ne suffirait pas à garantir sa sécurité. J'exige de vous un serment inviolable.

―Très bien.

. Et, Harry s'exécuta. Il dénuda son avant-bras et le tendit vers la sorcière afin qu'elle puisse jeter le sortilège. Le contact de sa baguette avec la peau le fit frissonner. Le Survivant comprenait que ces pratiques, bien que détestables, étaient courantes et nécessaires au sein du Bureau des Aurors. Certains secrets étaient lourds à porter, et, Harry savait désormais que si le Ministère avait eu autant de mal à tomber aux mains de Lord Voldemort, c'était en partie grâce à ces méthodes. Lorsque ce fut fait, la vieille femme s'approcha lentement de l'objet, et ôta le drap. Un miroir à la surface ondulant comme de l'eau claire se tenait devant eux. Les bordures avaient des reflets d'or et d'argent. Des entrelacs bleus pâles couraient à leur surface comme s'ils étaient animés.

―Après vous, Mr Potter.

. Le sorcier approcha une main hésitante. A son contact, les entrelacs bleus pâles se figèrent. Sitôt, il se sentit aspiré de l'autre côté du miroir. Il se tenait dans une pièce sombre aux murs bleus recouverts d'étoiles, et au plancher poussiéreux. La sorcière leva sa baguette, et la pièce s'éclaira. Une masse noire apparut peu à peu en son centre. Harry put distinguer avec stupeur qu'il s'agissait d'un amas de couverture. Un grognement s'éleva.

―Lève-toi. Je t'ai amené Harry Potter, Chef du Bureau des Aurors.

. Et, Harry réalisa avec saisissement qu'au milieu des couvertures se tenait un enfant. Le garçon ne devait pas avoir plus d'une dizaine d'années. Il se frotta lentement les yeux, et bailla. Puis, il passa une main hésitante dans ses cheveux noirs pour les aplatir. Il dévisagea le sorcier avec intérêt quelques secondes avant de bailler à nouveau et de se lever. Il portait négligemment une longue chemise de nuit bleu-ciel à rayures. Derrière l'enfant, le sorcier put entrevoir une grande table sur laquelle reposaient divers instruments en métal, et des rouleaux de parchemins.

―J'ai entendu parler de vous, Mr Potter. Beaucoup pensent que vous êtes un prodige comme moi, d'autres pensent que vous devez votre travail uniquement à votre célébrité.

. Harry frissonna. Cet enfant avait quelque chose d'effrayant. Ses yeux d'un noir profond le dévisageaient sournoisement, et son visage affichait un petit sourire narquois. Un doute l'assaillait. Il ne craignait de comprendre ce que cet enfant était, et ce dont il était, ou serait capable.

―Je ne comprends pas, est-elle ici, ce dont vous m'avez parlé ?

. Et, la sorcière hocha la tête en direction du garçon.

―Je vous ordonne de protéger cet enfant. S'il le faut, vous mourrez pour lui.

. Et, Harry regarda l'enfant. Ses habits étaient tâchés de sang.

―Je suis ravi de vous rencontrer, Mr Potter. Mon nom est Elvis. Rassurez-vous, je serais sage.

. D'instinct Harry recula. La dernière arme du Ministère de la magie était un enfant. Tout cela n'avait pas de sens ! Il croisa à nouveau le regard du garçon. Il ne savait pourquoi, mais quelque chose le mettait inconsciemment en garde. Dans le silence d'un sourire le garçon se tourna vers le mur de la pièce. Il ramassa sa baguette, et la fit tournoyer négligemment dans les airs pour ranger à leur place les instruments de métal.

―Elvis est l'un des derniers nécromanciens, et en dépit de son jeune âge a montré des capacités étonnantes.

. C'en était plus qu'Harry ne pouvait supporter. Sans réfléchir, il laissa ses jambes le guider jusqu'au miroir qui ondulait comme de l'eau claire. Et, il s'éloigna de l'enfant.

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1. Bandimons : amas de moisissure doté d'une paire d'yeux. Une invasion de bandimons peut détruire une maison car leur sécrétions font pourrir les fondations
2. Saisissement : émotion vive et soudaine

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