Disclaimer (encore et toujours^^) :
-Les personnages restent ―bien évidemment― la propriété de J.K Rowling, excepté mes OC, que vous reconnaîtrez rapidement.
-Il s'agit d'une simple fanfiction je ne tire aucun bénéfice financier de sa publication.

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Résumé :
Après que Harry Potter et son groupe d'Aurors aient découverts leur cachette, le nécromancien Faust et le mangemort Selwyn cherchent un endroit sûr...

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BONNE LECTURE !
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2.

LE COURAGE D'UN PERE

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. Emmitouflé dans sa cape de voyage terreuse, le très vieux sorcier s'avançait dans les champs. L'étroit chemin de terre, boueux et bosselé, lui rendait la marche difficile, malgré sa canne. Soudain, un imposant enchevêtrement de branchages d'if l'arrêta.

―C'est ici, déclara-t-il.

. Le visage en partie caché par le col de son chandail, Faust leva sa baguette et exécuta le sortilège. Les buissons morts s'enflammèrent, dévoilant un passage. Sitôt les flammes éteintes, les deux sorciers s'avancèrent jusqu'à un grand portail de fer forgé, dont les colonnes de métal noir étaient surmontées d'un paon. Lorsque Selwyn leva sa baguette, l'animal au plumage d'un blanc neigeux criailla et fit la roue. Et, dans un cliquetis métallique, les battants du portail s'ouvrirent sur le jardin qui menait au manoir. L'allée principale, autrefois si soignée avait disparue, ensevelie sous les masses buissonneuses sombres des belladones, des genévriers et des ronces. Il fallu aux deux sorciers user de leur magie pour ne pas se blesser par maladresse, ou encore déchirer leurs capes. Dans l'obscurité d'une nuit sans lune, le jardin laissé à l'abandon dans l'ombre de l'imposant manoir avait quelque chose d'effrayant. Faust sentit un frisson lui parcourir la nuque. Il resserra son emprise sur sa baguette. Des sculptures déchiquetées par la foudre montraient encore leur tête des saillies du toit d'ardoise, et, les fenêtres de l'étage étaient brisées.

. Puis, le très vieux sorcier s'avança vers la porte principale de la demeure. Il fit tournoyer sa baguette quelques instants et poussa les battants. L'endroit semblait abandonné. Le dallage de marbre clair était recouvert d'une épaisse couche de poussière, si bien qu'il était impossible d'en déterminer la couleur d'origine, et, des araignées avaient tissé leurs toiles un peu partout. Seuls les armoiries des frontons des portes se dressaient fièrement devant eux, et leur rappelaient qui hantait ces lieux.

Hominium Revelio, murmura Selwyn.

Une faible lueur bleue s'échappa de l'extrémité de sa baguette. Le mangemort émit un rictus. Accélérant le pas, il se dirigea vers les escaliers de pierre, et monta à l'étage. Il passa un étroit corridor dont les murs conservaient des pans de tapisserie déchirés, et s'arrêta dans une pièce qui s'apparentait à un bureau. Un homme se tenait là. Une bougie posée sur le meuble finement sculpté où il était accoudé, il lisait un épais volume. Ses longs cheveux blancs pendaient avec négligence dans son dos. Il avait le teint pâle, et son nez autrefois pointu avait été cassé et tordu. Peu habitué à la compagnie, l'homme ne se retourna pas lorsque Selwyn toussota.

―Je savais que l'un d'entre vous reviendrait me hanter, déclara-t-il le regard vague.

―Le Seigneur des Ténèbres est sur le point de revenir à la vie, l'informa Selwyn.

. Mais, l'homme ne répondit pas, et se contenta de fixer l'ouvrage. Informé par la Gazette du Sorcier des évènements récents, il s'attendait à la visite d'un des derniers mangemorts. Son père était l'un d'entre eux, et adolescent, il avait été contraint de servir, lui aussi, le Seigneur des Ténèbres.

―Nous avons besoin d'un endroit sûr.

. Brusquement, il referma l'ouvrage. Depuis des mois, il avait redouté cette visite, et s'était préparé en conséquence. D'un geste posé, il saisit la vieille canne en argent dont le pommeau serti d'émeraudes représentait la tête d'un serpent. Et, il fit face à ses opposants.

―Je ne suis pas mon père… qui que vous soyez, déclara-t-il d'une voix hautaine, et je mourrai miséreux plutôt que d'être aussi lâche que lui.
―Comment oses-tu ! Le Seigneur des Ténèbres…

. Mais, le très vieux sorciers fut interrompu par une quinte de toux.

―Vous mourriez plutôt que de servir le Seigneur des Ténèbres ? Qu'est-il advenu de l'honneur de votre famille ? demanda Faust d'une voix tranchante.

. En vérité, pendant des années, Drago Malefoy avait ardemment désiré que les choses furent autres. Après la chute du Mage Noir, ses parents et lui-même avaient fui hors de l'Angleterre. Ils avaient alors mené une vie d'errance, traqués sans relâche par les aurors du Ministère de la Magie. En d'autres circonstances, Drago aurait pu s'enorgueillir d'avoir traversé plus de la moitié du monde. Car, ce n'est que plusieurs années après leur fuite, que les époux Malefoy reçurent leur jugement et leur condamnation. Son père, Lucius Malefoy reçut le baiser du détraqueur, et sa mère, Narcissa Malefoy fut envoyée à Azkaban pendant deux ans, pour complicité. Quant à l'homme, ce fut uniquement à la demande de Harry Potter, qu'il échappa à un emprisonnement.

. En dépit de la reconnaissance qu'il avait pour sa vie, il conservait toujours de la rancœur envers son vieil ennemi. Mais, les années s'étaient écoulées, et Drago s'était marié. Son épouse, Astoria Greengrass lui avait donné un fils : Scorpius. Et, il avait été heureux, même si les richesses des Malefoy avaient été fortement diminuées, et leur honneur terni. A cette époque, il sortait encore hors du manoir, bien que rarement, car il lui était difficile de supporter les regards des sorciers et de leurs enfants qui murmuraient au mangemort sur son chemin. Astoria travaillait chez un apothicaire, dans l'Allée des Embrumes. Son père était un vieil ami de Lucius, et sa famille était l'une de ces vieilles familles de sang pur. Après la condamnation des époux Malefoy, les Greengrass avaient aidé Drago, lui prêtant les fonds nécessaires pour réhabiliter le manoir. Son fils, Scorpius était un garçon plutôt calme pour son âge. Il était allé à Serdaigle, ce qui faisait la plus grande fierté de son père, brisant ainsi le cycle des traditions de la famille Malefoy. Il y avait eu des murmures, des critiques, néanmoins, l'enfant n'y avait pas prêté attention.

. Cependant, les derniers évènements avaient contraint son épouse et son fils à s'éloigner du manoir. Les laisser partir, lui avait énormément coûté, mais pensant les protéger, Drago ne s'y était pas opposé. Et, peu à peu, sans qu'il s'en rende compte, il n'était plus que l'ombre de lui-même. En vérité, il haïssait les Potter. Tout ce qu'il voyait était la vie misérable dans laquelle il vivait depuis son éloignement avec ceux, qui étaient plus chers encore à ses yeux que l'honneur et les richesses des Malefoy, et la vie que lui semblait avoir les Potter à travers les articles de la Gazette du Sorcier. Il savait qu'Harry Potter avait épousé la fille Weasley, et qu'il vivaient dans l'ancienne maison de son grand oncle : Sirius Black. Mais, ce qui insupportait Drago était de savoir que tous ces évènements n'étaient que des coïncidences : Harry était un idiot, et comme tous les idiots, il n'était pas méchant.

― Je suis las de me battre. Partez.

. Et, lentement, il vit le sorcier au chandail lever sa baguette dans sa direction, mais, il ne cilla pas. Il se sentait étrangement calme ; il savait qu'il allait mourir. Un mince rictus lui étira les lèvres. Si par sa mort il pouvait racheter l'honneur de sa famille, et éviter que son fils ne soit traité en marginal, alors peut-être, cela en valait-il la peine.

Avada kedavra, dit Faust d'une voix forte.

. Drago Malfefoy vit le rayon vert qui fusait, et puis, il ferma les yeux.

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. Quelques heures plus tard, il réalisa qu'il entendait des bruits. Puis, lentement, il sentit les tremblements de ses membres qui lui révélaient qu'il était, peut-être, toujours en vie. Il entrouvrit les yeux. D'épaisses chaînes de métal lui liaient les poignets et les chevilles. Le grincement familier des lattes du plancher, et l'odeur d'humidité qui régnait dans la pièce, lui indiquaient qu'il se trouvait attaché sur le fauteuil du bureau. Il feignit de fermer les yeux, et se força de retenir sa respiration.

. Le sorcier au chandail s'approcha de lui. Dans un cliquetis métallique, il saisit un scalpel. Drago sentit les battements de son cœur s'accélérer, mais il s'efforça de rester le plus immobile possible. La quiétude qu'il avait ressentie auparavant s'était soudain dissipée. D'un geste mesuré, Faust déchira les bandages qui lui cachaient l'avant-bras, à l'endroit même où il portait la marque des ténèbres. Et, il planta l'instrument dans sa chair. Drago se retint de hurler. Et, il réalisa avec horreur qu'il ne sentait plus la douleur.

― Vous vous êtes évanoui lorsque j'ai tué Selwyn, déclara le sorcier.

. Drago tourna son regard vers l'inconnu au chandail, puis regarda son avant-bras. De profondes entailles serpentaient sur le motif qui représentait l'ancien serment qui le liait à son maître. Aussi étrange que cela pouvaient paraître, il sentait la tiédeur du sang qui coulait de manière indolore sur sa main. Il peinait de comprendre la situation : il était en vie, le mangemort Selwyn était mort. Ou, peut-être n'était-il plus vraiment vivant. Les disparitions étranges de cadavres et les vagues de détraqueurs lui évoquaient les vieilles légendes que son grand-père lui avait raconté autrefois. Il savait qu'il existait des sorciers qui ne craignaient plus la mort, car ils l'avaient asservie; des sorciers qui, comme le Seigneur des Ténèbres, avaient trouvé un moyen de vivre presque éternellement.

—J'ai pris la liberté de disposer du corps.

. Drago chercha à apercevoir sa baguette. Il la trouva sur le bureau, à quelques mètres de lui. Le sorcier au chandail avait à présent posé le scalpel dans un bol en argent rempli d'eau, et extirpait une fiole difforme d'un écrin d'ébène. Lorsqu'il l'ouvrit, une forte odeur désagréable se propagea. A l'aide de sa baguette, il étala du liquide sur la plaie. Une fumée rouge piquante se répandit, et Drago sentit les larmes lui embuer les yeux. Il frissonna lorsque la mixture lui colla à la peau, et se durcit. Le sorcier prononça quelques incantation dans une langue gutturale qu'il ne connaissait pas, et la gangue de liquide se brisa. Et, avec stupéfaction, Malefoy réalisa que la marque des ténèbres avait disparu.

―Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? demanda-t-il.

―Vous êtes d'une très vieille famille de sang pur. Vous devriez avoir entendu parler des Presque-morts.

. En entendant ce nom, Drago frissonna. De ce qu'il savait, les Presque-morts pratiquaient une magie noire très ancienne. On les nommait ainsi, car ils ne semblaient ni tout à fait vivants, ni tout à fait morts. Certains prétendaient qu'on ne pouvait les tuer ; d'autres disaient qu'ils étaient de puissants nécromanciens et pouvaient ramener les morts à la vie. Néanmoins, les Presque-morts n'étaient plus que légendes se transmettant au fil des générations dans les vieilles familles de sorciers afin d'effrayer les enfants, et l'on savait de source sûre que la congrégation des nécromanciens s'était éteinte depuis plusieurs siècles.

―Que voulez-vous ? répéta-t-il.

. Drago remarqua que ses mains s'agitaient d'elles-mêmes. Dévisageant l'homme aux yeux démoniaques, il ne craignait d'avoir été tué et transformé en Inferius. Et, si cela était le cas, il savait qu'il aurait bientôt définitivement perdu le contrôle de son corps.

—Cachez-moi, et je puis vous promettre que vous retrouverez votre honneur, votre femme et votre fils, déclara l'homme en faisant tournoyer sa baguette.

. Le scalpel jaillit de l'eau et se rangea dans l'écrin en ébène. Drago sentit ses chaînes relâcher leur étreinte. Avec difficulté, il se redressa sur le fauteuil, prêt à bondir et à saisir sa baguette magique.

—Les rouages de terribles évènements se mettent en place. Les Presques-morts se rassemblent, et s'apprêtent à prendre revanche sur le monde des sorciers.

. Il attendit que le sorcier au chandail tourne son regard, et se jeta sur le bureau. D'un geste, il attrapa sa baguette, la pointa sur l'inconnu et rugit :

Stupefixe !

Mais, Faust ne s'écroula pas inerte. Drago recula. Le visage blême, il tituba et s'agrippa au rebord d'un meuble. Il ne sentait plus ses jambes.

―Il est des sortilèges qui n'affectent pas les morts.

. Et, après un bref silence, le nécromancien poursuivit :

―Vous allez bientôt devoir affronter bien pire que tout ce que vous pouviez imaginer. Sachez néanmoins, que je ne suis pas votre ennemi.

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1. Ne pas ciller : rester imperturbable
2. Quiétude : clame, apaisement