Très chères lectrices, bonsoir!

Je remercie d'abord celles qui ont pris le temps de laisser une review! C'est très apprécié, quand on commence une nouvelle fiction - plus il y a de reviews, plus ça attire de nouveaux lecteurs non?

Réponse à Abricot-Lucky: Merci de m'avoir souligné ce gros anglicisme!" Flipper une cigarette" vient de flipping a cigarette, j'ai pas vraiment trouvé d'équivalent français - j'ai finalement remplacé par "rejeter d'une chiquenaude". Mouarf.

Merci à Kuumquat, Nine679, Enelos et Adorabelle!

Dans ce présent chapitre, j'ai voulu laisser un temps de gloire pour chaque personnage, parce que je les aime tous d'amour! J'espère que ça vous plaira et que c'est réussi: si on ressent bien l'essence de chaque personnage, c'est que j'ai atteint mon but!

J'aime particulièrement Chuck Pettigrew, le mâle alpha, et je m'attache beaucoup à ma petite Faith.

S'il vous plait, si vous lisez, laissez un commentaire. Ça fait vraiment de la peine de mettre du temps sur une fiction et de ne pas avoir de commentaires en retour!

Bisous!

Clo.


Chapitre 3

Que s'est-il passé hier soir?

Marisa se réveilla complètement assoiffée, avec un mal de tête qui lui arracha un gémissement. D'un geste machinal, elle étira le bras pour saisir son habituel vers d'eau sur la table de chevet. Sa main se referma d'abord sur le vide, tâtonna un peu, fit tomber un grimoire et un paquet de dragées qui ne s'y trouvaient pas la veille, puis un caleçon.

Marisa se redressa d'un coup, horrifiée : elle n'était pas dans son lit!

Toujours vêtue de la robe qu'elle portait la veille, elle se leva et tira les rideaux. Elle était visiblement toujours dans un dortoir gryffondorien, si l'on se fiait aux couleurs qui décoraient la pièce.

Elle buta sur un corps endormi au pied du lit ; Remus Lupin, torse nu. Merlin.

Titubante, Marisa se dirigea vers les toilettes. Son reflet dans la glace la fit grimacer - quelle horreur! - les cheveux en bataille, le visage encore marqué des plis qu'avait fait le drap, le maquillage qui bavait autour des yeux. Elle fit couler de l'eau dans ses mains en coupole, se nettoya le visage, et en profita pour boire à même le jet du robinet. Bon sang qu'elle avait soif!

-De l'eau... , gémit une voix.

Marisa sursauta. Sirius Black était couché dans la baignoire, la main mollement appuyée sur le rebord. Elle s'approcha ; et vit qu'une fille dormait sur lui, étroitement contorsionnée. Sirius remarqua la fille en même temps qu'elle et son visage devint livide. « Oh merde..., fit-il. Merde de merde de merde... »

- De l'eau? offrit Marisa, mal à l'aise.

-Pas le moment. Ferme la porte. Tu n'as rien vu.

Docile, Marisa obéit. Dans la chambre, c'était toujours le calme plat. Remus dormait encore, les bras en croix ; elle l'enjamba tranquillement pour atteindre la porte.

Les deux autres lits avaient les rideaux tirés. Elle se demanda, en descendant, ce qu'il était advenu de Potter et Pettigrew ; elle n'avait pas osé regarder.

Une question plus importante taraudait son esprit : que faisait-elle dans la chambre des garçons?

Une tenace odeur d'alcool pesait sur la salle commune de Gryffondor. Beaucoup d'étudiants y dormaient, certains dans des positions grotesques. Marisa se rappela l'existence de la fête des septième année la veille ; alertée, elle rechercha Sly du regard – s'il fallait qu'il la voie descendre de la chambre des mecs, seigneur! – mais elle ne le vit pas.

Elle avisa plutôt Ashley, endormie dans les bras de Glabius sur un fauteuil près de la cheminée, tous deux en sous-vêtements. Faith n'était nulle part en vue ; probablement sagement couchée dans son lit.

Ashley ouvrit les yeux, se massa les tempes, avisa avec surprise Glabius et interrogea Marisa du regard. Cette dernière haussa les épaules.

-Merde... murmura Ashley. Que s'est-il passé hier soir?

La veille...

James était venu les chercher après que Marisa l'eut appelé au moyen de sa baguette ; ils avaient fait un long cheminement dans un impressionnant passage secret caché derrière le tableau du Légionnaire Chauve, pour aboutir dans ce lieu de débauche totale.

C'était une pièce unique, assez grande. Il n'y avait pas de fenêtres, une multitude de chandelles tenaient lieu d'éclairage ; au loin, un mini-bar rempli d'alcool avait ses adeptes. Deux garçons jouaient de la guitare, des filles dansaient ; il devait y avoir une vingtaine d'adolescents en tout et partout, dans une joyeuse ambiance de fête.

-Bienvenue chez Charles! dit James en refermant la porte derrière lui.

-Charles? interrogea Marisa.

-Chuck Pettigrew, le grand frère de Peter, répondit James. C'est lui qui a découvert cet endroit durant sa scolarité et c'est lui qui a organisé cette soirée. Venez, je vais vous présenter aux autres...

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Ce matin...

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Remus descendit péniblement les escaliers, bon sang, dormir sur le plancher n'aidait en rien ses os fragiles! Il fut accueilli dans la salle commune par trois visages qui lui disaient vaguement quelque chose ; il reconnut la brunette qui était l'amie de James ou quelque chose comme ça. Et sa jolie copine qui plaisait bien à Sirius. Et – oh, ça lui revenait maintenant -, Glabius, oh merde, ce mec avec qui il avait dansé sur de la musique latine toute la soirée. Oh merde.

-Vous, euh... vous souvenez de ce qui s'est passé hier soir? demanda-t-il en se grattant la tête.

La réponse collective fut confuse.

« Plus ou moins », était ce qu'il fallait en conclure.

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La veille...

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Remus cala son énième verre de scotch, l'air morose. Il avait tenté d'aborder la sœur de James toute la soirée, en vain. Ou bien il engageait une conversation inintéressante, ou bien il avait l'air ridicule – et c'était sans parler des fois où il tournait les talons sans même s'y risquer. Il la voyait au loin qui dansait, superbe, les mèches frisottées qui glissaient sur son visage, suivant ses mouvements gracieux, joyeuse, riant des pitreries d'un autre.

Un crétin, voilà ce qu'il était.

-Toi, tu as besoin de parler!

Glabius venait de s'installer sur un tabouret à ses côtés. C'était un garçon grand et mince à l'allure juvénile. Les cheveux blonds vénitiens volontairement ébouriffés, les grands yeux bleus, les joues roses, la lippe boudeuse et la délicatesse de ses traits lui conféraient un air gamin qui contrastait avec sa prestance.

Remus haussa les épaules ; il ne connaissait pas ce mec et n'avait pas particulièrement envie de s'y mettre maintenant.

-Aller, l'encouragea Glabius en lui versant deux doigts de whisky, je suis un spécialiste des chagrins d'amour.

-Je n'ai pas de chagrin d'amour.

-Alors pourquoi tu te saoules en lorgnant la belle brunette de tes yeux mouillés?

-Je ne lorgne pas...

-Qui est-ce? l'interrompit Glabius. Elle est mignonne.

Il était doué. Remus s'enorgueillit aussitôt de la beauté de Jessica Potter et se mit au récit détaillé de sa première rencontre avec la sœur de son meilleur ami, avouant qu'il craquait pour elle depuis le premier jour et qu'elle était à peine consciente de son existence à lui, pauvre jeunot sans expérience, incapable d'aligner deux mots en sa présence.

-Je vois, dit Glabius en se servant un gin tonic. Eh bien, si tu n'es pas capable de lui parler intelligemment, ne dis rien. Fais-toi valoir autrement.

-Comment? En dansant la salsa autour d'elle? C'est peine perdue pour qu'elle me remarque, de toute façon James en ferait une crise mondiale.

-Peu importe cet ami rébarbatif, fit Glabius en agitant une main impatiente. Mais l'idée de la salsa me plaît bien.

-Oublie ça, je ne sais pas danser.

Au même moment, les guitaristes entamèrent une mélodie suave, qui arracha un cri de ravissement à Glabius.

-Je suis un excellent danseur, dit-il. Aller, viens! Je t'assure que Jessie tombera dans tes bras!

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Ce matin...

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-SIRIUS, MERDE, OUVRE CETTE PORTE OÙ JE LANCE L'ALOHOMORA!

James tambourinait comme un fou sur la porte des toilettes. À l'intérieur, Sirius regardait cette porte d'un air terrorisé.

-Qu'est-ce qu'on va faire? Il va me tuer!

-ALOHOMORA!

James entra dans la toilette et se radoucit, l'eau coulait, Sirius était sous la douche. Voilà pourquoi il ne l'avait pas entendu.

Il mit un temps fou à tenter de dompter ses cheveux et à faire ses corvées du matin. Il sortit finalement, au grand soulagement de Sirius qui soupira.

Sous le jet d'eau, encore vêtue de sa robe, Jessie Potter croisa les bras, agacée.

-Et maintenant? grinça-t-elle.

James rejoignit les autres dans la salle commune, l'air aussi perplexe qu'eux. Il n'avait plus trop de souvenirs de la veille et il n'était apparemment pas le seul, c'était très bizarre tout ça. Marisa était allée chercher du café pour tout le monde, il prit la tasse bouillante qu'elle lui offrit en la remerciant et s'installa entre Remus et elle, près de la cheminée.

-J'y comprends rien, soupira Remus en passant sa main dans ses cheveux, on essaie de reconstituer tout ça, mais la soirée ne nous revient que par bribes.

Tous les autres le regardaient d'un air ahuri.

-Quoi? fit-il.

Le nom de Glabius était inscrit en grosses lettres noires sur son front, et entouré d'un cœur. Tout le monde éclata de rire.

-Quoi, quoi? s'alarma Remus, se précipitant devant un miroir. ARG, PUTAIN!

-Oups, dit Glabius entre deux éclats de rire, je crois que c'est mon œuvre.

-ÇA NE S'EFFACE PAS!

-Je suis sûr que si, on trouvera un moyen. Rassieds-toi, mon cœur.

-Ne m'appelle pas comme ça!

James se tourna vers Marisa, hilare, elle aussi riait et à son expression, un souvenir lui revint.

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La veille...

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Il était passablement saoul, pour la première fois de sa vie. Il regarda autour de lui, ceux qu'il aimait tous réunis ; Peter qui jouait de la guitare avec son frère, Remus qui buvait au bar et Sirius qui faisait danser sa sœur ; il observa aussi les nouveaux venus un moment, Glabius qui servait à boire à Remus, Ashley et Faith en compagnie des musiciens ; puis tous ces jeunes adultes amis de Chuck dansant, buvant, riant. Ce soir était l'un de ces soirs où il pouvait être n'importe qui et faire n'importe quoi, c'était un sentiment grisant.

Marisa était adossée au mur non loin de lui, elle regardait la soirée évoluer, et fumait tranquillement sa cigarette.

-Mauvaise habitude, dit-il.

Elle se tourna vers lui, dégageant sa frange d'un léger mouvement de tête. Ses yeux brillaient, elle avait beaucoup bu aussi.

-Fumer? Je sais, fit-elle en haussant les épaules.

Elle tenait sa cigarette entre l'index et le majeur, paume offerte, ongles peints en rouge foncé, comme les lèvres qui tirèrent une bouffée l'instant d'après. James la regarda aspirer, puis laisser la fumée s'échapper de ses lèvres entrouvertes. Fascinant.

Fascinant comme la charge de séduction et de sensualité était importante dans ces gestes accompagnant le vice mortel. Elle avait l'air d'une actrice de cinéma avec sa frange noire et ses lèvres rouge sang, fumant sa cigarette avec des manières de diva, sa peau pâle, vampiresse, yeux pétillants, mystérieuse.

Elle dut se sentir dévisagée avec trop d'insistance, car elle lui en offrit une, des points d'interrogation dans le regard. Spontanément, James prit la cigarette. Elle s'approcha de son visage, la cigarette entre les lèvres, James s'approcha, colla sa cigarette contre la sienne ; elle s'alluma également, éclairant momentanément leurs deux visages étonnés.

-Pouarg! cracha alors James. Je vais avoir besoin d'alcool pour effacer ce goût.

-Je parie que je peux boire plus vite que toi! le défia Marisa.

-Défi accepté petite fille. Ça t'apprendra à te mesurer à un homme tel que moi.

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Ce matin...

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-C'est pour ça que vous étiez aussi saouls! s'exclama Ashley. Je me souviens, vous n'arrêtiez pas de rire pour rien.

-Mais qui a gagné finalement? demanda Marisa.

-On n'en sait rien, mais dans tous les cas, James a réussi à se rendre lui-même à son lit, lui! répondit Peter, goguenard.

-Ce qui veut dire que j'étais plus saoule... donc que j'ai bu plus vite, techniquement!

-Ou tu ne tolères tout simplement pas l'alcool fillette!

Marisa fit la moue.

-En tout cas, tu t'es endormie dans les escaliers menant à notre dortoir et c'est moi qui t'ai emmenée dans le lit de Remus, dit Peter.

-Euh... pourquoi dans le lit de Remus?

-Parce qu'il dormait déjà par terre, lui non plus n'a pas réussi à se rendre.

Remus croisa les bras, boudeur ; décidément, il était la risée de la soirée!

-Il reste du café? demanda Sirius en descendant l'escalier. Bon sang, vous avez des têtes terribles.

-Tu t'es pas regardé, rétorqua Ashley.

Sirius prit une gorgée de café et la toisa, un sourire moqueur aux lèvres. Ashley remonta la couverture avec laquelle elle s'était emmitouflée et soutint son regard.

-C'est pas toi qui a passé la soirée à lécher les amygdales de ton copain homosexuel? lâcha nonchalamment Sirius.

Ashley et Glabius se jetèrent un regard apeuré.

-Et même plus, si j'en crois vos...petites tenues de ce matin, continua Sirius.

Ils étaient maintenant complètement terrorisés.

-Bon, monsieur le fin renard, peut-être y a-t-il des choses dont tu aimerais également te rappeler, à propos d'hier soir? fit innocemment Marisa.

Il y avait un avertissement dans ses yeux ; Sirius comprit aussitôt et se tut.

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La veille...

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-Sirius Black ne fait tellement pas attention à moi, soupira Ashley. Marisa et Potter m'ont raconté des conneries.

Faith haussa les épaules, sirotant son cocktail.

-Chuck Pettigrew est assez mignon, commenta alors Ashley, pensive. Et plus mature.

-Plus vieux ne signifie pas nécessairement plus mature. Et puis c'est un Pettigrew.

-Et alors?

-Cette famille n'a pas très bonne réputation. Et je ne crois pas que je ferais confiance à un tel garçon, vu la gueule qu'il a.

-Elle a quoi ma gueule?

Faith hoqueta ; Chuck Pettigrew était juste derrière elles. Merlin.

Il ressemblait peu à son petit frère. C'était un grand garçon athlétique, aux cheveux blonds assez longs et aux yeux bleus limpides. Il avait le nez droit à l'égyptienne, une bouche finement dessinée et une barbe naissante et négligée. L'allure un peu bohème, il dégageait néanmoins quelque chose d'indubitablement mâle. Animal.

Seuls le blond de ses cheveux et certaines expressions faciales rappelaient sa parenté avec le jeune Peter.

-Rien, répondit Faith, embarrassée.

-Elle est même plutôt pas mal, ta gueule, dit Ashley, séductrice.

Chuck s'inclina sous le compliment et, d'un claquement de doigts, fit apparaître deux cocktails aux couleurs flamboyantes.

-Prenez mesdames, c'est la maison qui offre.

-Merci! roucoula Ashley.

-C'est gentil, mais j'ai assez bu.

Faith déposa le cocktail qu'elle avait déjà, incapable de le finir. Quelque chose se nouait dans son ventre et lui coupait le souffle.

Chuck lui tendit un verre d'eau. Faith le prit, ses yeux papillonnant à la recherche d'un endroit où poser leur regard, un endroit qui ne serait pas occupé par cette présence imposante, magnétique qui la mettait mal à l'aise.

-Je vous joue un petit truc? offrit Chuck, empoignant sa guitare.

-Avec joie! trépigna Ashley.

-Il faut que j'y aille, marmonna Faith, les yeux baissés.

Elle s'enfuit d'un pas rapide, bousculant Sirius Black au passage.

-Attention, merde! s'exclama Sirius, qui venait de recevoir la totalité de sa bière sur son t-shirt.

-Hum, sexy, fit Jessie les yeux brillants.

Cela faisait un petit moment qu'ils discutaient tous les deux. Jessie était assise sur la scène, dans une petite robe cocktail qui moulait sa poitrine généreuse, et croisa ses jambes fines dans un mouvement gracieux. Elle s'amusa du trouble de Sirius, qui suivait tous ses mouvements, soudainement fasciné.

-T'es pas mal, pour un petit jeunot, susurra-t-elle alors.

Il la connaissait depuis des années, pour avoir passé le plus clair de son temps chez les Potter. Mais jamais Jessica Potter ne lui avait paru aussi... femme.

Il s'assit près d'elle et passa la main dans ses cheveux.

-Je ne suis pas un petit jeunot, dit-il. Tu serais surprise.

Jessie sourit. Ses yeux bleus pétillaient comme des saphirs.

Il était mignon. Dans son esprit brouillé par l'alcool, elle eut envie de profiter de ses pouvoirs de séduction, d'incarner le fantasme de ce gamin de quatorze ans, attirant, trop sûr de lui.

Elle aimait bien Sirius.

-Tu as déjà été avec une fille?

Il n'avait qu'une seconde pour réfléchir à sa réponse. Il savait ce qu'il en suivrait.

-Des tas de fois, dit-il en plantant ses yeux dans les siens.

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Ce matin...

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Et voilà. Il avait commis son forfait. Il avait eu sa première relation sexuelle avec la sœur aînée de son meilleur ami, la fille sur qui son autre meilleur ami avait un béguin monstre. Ni l'un ni l'autre ne devait jamais le savoir.

-J'ai besoin de prendre l'air, dit Sirius. Merci pour le café.

Il regarda Marisa plus longtemps qu'il ne le fallait. Elle lui fit un rapide clin d'œil, complice. Son secret était en sûreté.

La petite bande se sépara, tous un peu gauches ; pas vraiment amis, mais liés par cette soirée pleine de premières fois qu'ils avaient passée tous ensemble.

-Quelle soirée! soupira Ashley en montant à leur dortoir.

-Je me demande comment ça s'est terminé pour Faith, dit Marisa. Je ne me souviens plus très bien l'avoir croisée avant de partir...

-On le saura dans quelques secondes.

Ashley poussa la porte.

Le dortoir était vide.

-Elle doit être dans la salle de bain.

-Faith? appela Marisa.

-Oui.

Les deux filles sursautèrent. Faith venait d'arriver derrière elles.

Elle avait les paupières lourdes, l'air un peu hagard.

-Où est-ce que t'étais? s'enquit Ashley.

-À la bibliothèque, répondit Faith, sèchement.

Levant la main pour empêcher ses amies de renchérir, elle se dirigea d'un pas rapide vers la salle de bain et claqua la porte.

Ashley et Marisa se regardèrent, perplexes, et haussèrent les épaules.

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La veille...

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Elle allait rentrer ; ses amis étaient complètement saouls et avaient tous l'air ridicules, Marisa pendue au cou de Potter, Ashley et Glabius enchaînant de piètres tentatives de séduction envers tout un chacun.

Elle-même avait bu plus qu'elle ne l'aurait voulu, ses jambes étaient molles, elle chancelait.

-Je te raccompagne, fit une voix dans son dos.

Une voix rauque, sexy, qui vibra jusqu'à ses reins.

-Non merci, répondit-elle.

-Ce n'était pas une question.

Chuck Pettigrew la prit par l'épaule, l'invitant fermement à avancer. Faith jeta un regard en arrière, personne ne faisait attention à eux, tant pis, elle voulait s'en aller de toute façon.

Chuck l'entoura gentiment de sa cape lorsqu'ils sortirent dehors au grand air ; petite silhouette gracile aux cheveux remontés en chignon savamment désordonné, la lumière de la lune se reflétant dans ses boucles d'oreilles nacrées. Elle tremblait un peu, il avait envie de l'entourer de ses épaules mais la sentait trop fière, trop mordante.

-On n'était pas arrivés par un passage secret? demanda-t-elle alors.

-Si. J'ai pensé qu'un peu d'air frais te ferait du bien. Tu es pâle.

Faith ne répondit rien. Il est vrai qu'elle ne se sentait pas très bien. Elle ne comprenait pas ce qu'elle faisait là, avec ce type.

Il sortit une fiole de sa poche et en but une bonne gorgée.

-Tu en veux? Ça réchauffe.

Elle secoua d'abord la tête, puis elle soupira et tendit la main. Pourquoi pas? Au point où elle en était.

Le liquide chaud lui brûla la gorge, traçant un chemin incendiaire jusqu'à son ventre. Elle se sentit toute chose et n'avait plus du tout envie de rentrer.

-Je ne veux pas rentrer à Poudlard, dit-elle.

-Ça pose problème, remarqua Chuck.

-Montre-moi un autre de tes endroits mystérieux! exigea-t-elle.

La cabane hurlante était exactement le style d'endroit où elle n'aurait jamais mis les pieds en temps normal. Mais ce n'était justement pas un temps normal.

-On dit que cette maison est hantée, dit doucement Chuck. Il n'en est rien. Viens.

Il lui tendit la main. Faith la prit. Un long frisson parcourut son bras.

C'était un désordre complet. Des meubles barraient le chemin, fracassés contre les murs, les vitres étaient brisées, le mobilier renversé. Chuck la guidait aisément parmi les débris, il semblait connaître l'endroit comme sa poche. Il s'arrêta dans une pièce, sortit sa baguette, fit ronfler un feu dans le cheminée et dégager le plancher. D'un dernier coup de baguette, il fit apparaître une épaisse couverture moelleuse.

-Assieds-toi, dit-il.

Elle obéit.

Ce qu'il y avait dans cette fiole, elle n'en avait aucune idée, mais ce qu'elle avait bu était puissant.

Elle qui avait toujours été sur ses gardes, en contrôle. Elle ne craignait plus rien.

Il lui tendit la fiole à nouveau. Elle sourit, en prit une autre gorgée.

-Je te joue quelque chose? demanda-t-il en faisant passer sa guitare par-dessus son épaule.

Faith acquiesça.

Have a little faith in me...

Il ne la quittait pas des yeux. Elle se lançait bercer par sa voix grave, sa mélodie poignante.

Doucement, elle se blottit contre lui et ferma les yeux.