Chapitre Quatre
Sa mémoire ne lui permettait pas de se rappeller ce qu'il avait fait à l'issue de la bataille d'Erebor. Il se souvenait simplement avoir passé des mois entier reclu dans une épaisse forêt au sud de Fondcombe. Il avait vaguement appris la défaite finale du Mordor, le couronnement d'un nouveau Roi des hommes, et beaucoup d'autres nouvelles.
Mais tout cela ne semblait plus le concerner. Il sentait que ce monde n'était plus le sien. Il était devenu Nerhoear l'Exilé, et ne cherchait plus à avoir aucun contact avec l'extérieur. La forêt était sa demeure, et sa prison. Il ne sut combien de temps s'écoula ainsi.
Pourtant, un jour, le destin sembla de nouveau s'intéresser à lui, lorsque, alors qu'il allait vérifier l'un de ses pièges à sanglier, il trouva au lieu d'une bête, une femme, probablement perdue, et indiscutablement belle, prise dans le filet qu'il avait tendu.
- Hey ! Vous, là-bas ! s'exclama la femme. Vous pouvez me donner un coup de main ?
- Tiens, ce genre de sanglier, j'en avais encore jamais vu, railla Nerhoear.
- Très amusant ! Vous allez me libérer, oui ou non ?
S'approchant de l'arbre, l'elfe trancha la corde qui retenait le filet, et la femme chuta durement. Il s'approcha du filet et l'aida à se libérer des mailles. Elle se releva prestement et épousseta ses vêtements. Elle secoua la tête pour ramener ses longs cheveux d'or en arrière, découvrant au passage ses oreilles.
- Une elfe ? dit Nerhoear.
- Semi, précisa-t-elle. Je suis la fille d'Arwen Undomiel et d'Elessar. Je m'appelle Nariel Telcondar.
- Enchanté, marmonna-t-il en ramassant son filet. Qu'est-ce que vous faites ici, au milieu de nulle part ?
- Je me suis perdue. Je me rendais à Fondcombe, mais des animaux sauvages m'ont attaqué. J'ai perdu le contrôle de mon cheval et il m'a conduit ici. Ensuite, j'ai découvert l'un de vos charmants pièges, comme vous avez pu le constater.
- Ouais, je me disais bien… Personne ne vient ici de son plein gré.
- Vous connaissez la direction de Fondcombe ?
- Par là, dit-il en pointant son doigt vers le nord-ouest. A deux semaines de marche.
- Merci, répondit Nariel en se dirigeant vers la direction indiquée.
- Le seul ennui…
La dame elfe s'arrêta.
- Quoi ?
- Eh bien, deux semaines, c'est plutôt long. Et vous êtes absolument dépourvue de toute provision, sans parler du fait que vous ne savez que très vaguement où vous devez vous rendre. Oh, ajouta-t-il, et ai-je oublié de vous dire que l'hiver commence ? J'espère que vous avez de quoi vous couvrir, dame elfe.
Nerhoear eut un sourire amusé. Nariel passa une main dans ses cheveux blonds.
- Vous me proposez de me guider, c'est ça ?
- Oui, c'est à peu près ça.
Nariel fronça les sourcils.
- Essayeriez-vous de me courtiser, monsieur l'elfe des bois ?
Nerhoear pinça les lèvres.
- Si ça peut vous faire plaisir… Mais venez, rentrons chez moi, la nuit va tomber.
Nariel le suivit en le regardant avec suspicion.
