Chapitre Un

Deux paupières se soulevèrent doucement, découvrant deux pupilles bleues. Deux sourcils blonds s'animèrent, se plissèrent, puis se détendirent. Une main vint ramener en arrière des mèches blondes qui tombaient devant les yeux. La jeune elfe se leva doucement et s'assit contre son oreiller. Elle bailla longuement puis s'essuya les yeux.

Elle se leva et prit une chemise et un pantalon sur une chaise. La jeune elfe s'approcha de la fenêtre et ouvrit les volets. Le soleil envahit la pièce et en éclaira les moindres recoins. On entendit un grognement.

Nariel Telcondar sourit et revint s'allonger sur son lit. Elle passa ses bras autour de l'elfe endormi qui reposait à ses côtés. Nariel déposa un baiser très léger sur son front, puis se releva. Elle enfila des chausses elfiques et sortit en tirant la porte derrière elle.

Elle marcha jusqu'à un balcon et admira la vue de la place centrale de Fondcombe. Nariel entendit des bruits de pas venant dans sa direction. Elle se retourna et reconnut aussitôt sa sœur Naniel.

- Ca va ? demanda Naniel.

Nariel sourit largement, puis tourna de nouveau son regard vers la place.

- Ca faisait longtemps qu'on ne s'était pas parlé, dit Nariel.

- Oui… oui.

- Tu voulais me dire quelque chose ?

Naniel s'appuya sur la rambarde et dit :

- Elrond vous demande.

- Nous ?...

- Oui. Tous les deux. Il veut vous voir dès la première heure. Ne soyez pas trop en retard.

Et sur ces mots, elle partit.

Une heure passa, puis l'elfe allongé dans le lit de Nariel se réveilla. Il se sentait ankylosé, comme s'il était encore fatigué. Ces temps-ci, il semblait que toute la fatigue qu'il avait accumulé pendant ces années d'insomnie s'abattait sur lui. Il se leva doucement et sa tête lui tourna. Il avança à pas légers jusqu'à l'encadrure de la porte, où l'attendait Nariel.

Sans lui laisser le temps de parler, elle vint se blottir dans ses bras et il posa doucement ses lèvres sur les siennes. Lorsqu'elles se séparèrent enfin, Nariel dit :

- Elrond veut nous voir. C'est ma sœur qui m'a averti.

L'elfe la regarda avec curiosité.

- Elrond ? Qu'est-ce qu'il veut ?

Nariel haussa les épaules, puis effleura les lèvres son aimé de bout des doigts. Son sourire se lisait dans ses yeux. Ils s'écartèrent, puis elle repassa la porte. Nariel se retourna et dit :

- Ce n'est que mon opinion personnelle… mais je pense que tu devrais être un peu plus habillé pour aller à sa convocation.

L'elfe rougit puis dit :

- Je te rejoins devant son manoir.

Après avoir revêtu sa tenue de ville, il s'approcha d'une glace en pied et vérifia qu'elle n'était pas trop courte. Il dégaina son sabre et regarda la lame. Ses yeux se posèrent encore sur la gravure au-dessus du manche.

Meleth-nin

Nerhoear rangea la lame elfique dans son fourreau puis passa une main sur son visage. Bien qu'il fût nettement moins creusé et moins émacié que lors de son exil, ses yeux étaient encore très cernés. Il sentit son crâne lui peser, et sa vue se brouiller légèrement.

Il repensa à Elrond, qui l'avait accueilli à bras ouverts lorsqu'il avait ramené sa petite-fille il y a bientôt quatre semaines. Il se demanda ce qu'il pouvait y avoir de si important qu'il voulait lui parler en privé.