Merci a vous tous pour vos messages, alertes et lectures.

Ce chapitre est un peu sombre, mais des joyeux arriverons bientôt : ) De plus, je refait un petit rappel, partez du principe que l'histoire se situe vers le milieu de la saison 4, donc après l'affaire Lancer, c'est une info importante pour cette petite partie : )


Lorsque Colby ouvrit les yeux, il ne put s'empêcher d'être surprit par l'obscurité ambiante. Son regard parcourut lentement les alentours, détaillant chaque coin de la pièce, notant au passage la chaleur ardente qu'il y régnait… Encore un peu endormi et composant tant bien que mal avec un mal de crane digne des plus grandes cuites de sa jeunesse, il lui fallut une dizaine de secondes pour se rappeler des événements.

Son visage se figea lorsqu'il revit le sourire sournois de Lewis, peu de temps avant la douloureuse confrontation avec ses hommes de mains. Le container lui revint instantanément à la mémoire tandis qu'il tentait de se lever, appelant le nom de son patron avec affolement. Soudain, alors qu'après plus d'une minute d'efforts intenses, il était enfin adosser à la paroi de métal brulante, il fut frappé par une impression de déjà vu. Une sensation d'instabilité inoubliable, une odeur reconnaissable entre mille … Sans qu'il s'en rende compte, il s'était mit à trembler, comme tétaniser par des souvenirs qu'il aurait préféré oublier à tout jamais. Les bruits des vagues se heurtant à un mur d'acier étaient encore frais dans son esprit…

Don qui observait son agent, fut surprit de le voir ainsi. Alors qu'épuisé par le manque de sang et la douleur qui lui déchirait la jambe, il s'était assoupi contre la tôle du container, il fut rapidement ramené à la réalité par son partenaire de la journée qui commençait à monter les premiers signes d'un réveil difficile. Et si, les premières secondes furent réservées pour la phase de l'émergement, rapidement, beaucoup trop rapidement, le moment qu'il redoutait tant arriva… Le moment où, ayant enfin reprit ses esprits, Colby réaliserait qu'ils étaient enfermés sur un cargo perdu au beau milieu de la mer… Et comme il l'avait prévu, cela n'allait vraiment pas être une partie de plaisir. A la seconde où son agent eut comprit l'ampleur de la situation, son visage se ferma. Une lueur de peur s'installa dans ses yeux alors qu'il restait immobile, plaqué contre le mur de fer. Don ne semblait même plus exister aux yeux de son agent, qu'il n'avait encore jamais vu dans un tel état. Prudent, il appela doucement son nom une première fois, espérant réussir a calmer la panique qui le subjuguait, puis une deuxième… Malheureusement, cela n'eut aucun effet et Colby n'eut pas la moindre réaction.

Restant calme, Don observait son agent, notant le tremblement incontrôlable de son corps et sa respiration difficile. Soudain, il entendit enfin celui-ci parler, ou plutôt murmurer si faiblement que l'agent Eppes dut tendre l'oreille pour percevoir la litanie de « non » prononcé par son ami.

- Colby … Commença t'il, dans un dernier espoir.

Tout à coup, contre toute attente, Colby se mit en mouvement. Titubant vers la porte scellée du container, il commença à pousser l'ouverture. Malheureusement, il se rendit rapidement compte que cela n'aurait aucun effet. Comme envahi par une énergie sortie de nulle part, il frappa la porte métallique, d'abord avec ses mains avant de tenter de l'ouvrir comme il avait souvent l'habitude de le faire chez les suspects généralement bien coupables, avec la force d'un coup de pied…

Pendant presque cinq minutes, Don regardait son agent se déchainer contre ladite porte qui ne semblait pas bouger d'un millimètre. Le bruit des impacts résonnant dans le petit habitacle, tandis que les appels à l'aide de son agent ne semblaient être jamais entendus. Sans un instant de répit, il frappait, tentant d'enfoncer la paroi métallique avec ses épaules, ses mains, bref tout ce qu'il pouvait utiliser, ne se souciant de rien d'autre que de sortir de là.

- Colby ! Arête ca ne sert à rien ! cria Don, essayant de ce faire entendre dans un telle cacophonie.

Cependant, malgré tous ses efforts, son agent ne semblait pas décidé à l'écouter, d'ailleurs Don n'était même pas sûr que celui-ci était capable d'entendre ses cris vu l'état dans lequel il se trouvait. Voyant que l'intensité des coups sur la porte augmentait de seconde en seconde, Don soupira. Cela ne pouvait continuer plus longtemps, il se devait d'intervenir avant que son agent ne se blesse. Comme pour lui donner raison, un craquement sinistre se fit entendre alors que Colby tentait une énième fois de forcer la porte. Pourtant, comme si de rien n'était, il reprit son entreprise, ignorant le sang qui suintait sur ses phalanges brisées et la bosse bizarre de son épaule.

Fermant les yeux l'espace d'une seconde pour se préparer mentalement, Don amorça les premiers mouvements pour se relever, s'accrochant au fait que Colby avait besoin d'aide rapidement pour ne pas retomber au sol et abandonner. Grimaçant, il lui fallut presque une minute, une éternité, pour enfin réussir à tenir sur ses pieds.

Lentement et laborieusement, il avançait, se tenant aux parois pour rester debout… Il voulait courir, mais c'était impossible dans son état, alors il dut se contenter d'une longue marche qui lui parût durer des heures tandis que son ami ne semblait toujours pas avoir prit conscience de sa présence. Don jura grossièrement, ils auraient pu se retrouver enfermer n'importe où, seulement le destin, ou plutôt Lewis, avait trouvé sans le savoir le seul endroit capable d'atteindre Colby. Jamais il n'avait vu celui-ci perdre autant le contrôle de lui-même, c'était comme si la peur d'être bloquer une nouvelle fois au milieu de l'océan avait prit le dessus sur l'impassibilité qu'il avait mit tant de temps a construire.

Alors que le poing de Colby allait à nouveau s'abattre sur la porte, une main attrapa solidement son bras, l'empêchant de tout mouvement. Grognant contre cette entrave qui le retenait pour tenter inutilement d'ouvrir la porte scellée, il se retourna brusquement, et Don dut recourir à toute la volonté dont il était capable de faire preuve pour ne pas s'effondrer au sol quand il fut forcé de déplacer son poids sur sa jambe blessée. Voyant qu'il avait enfin retenu un minimum l'attention de son ami, il se reprit rapidement, bien décider à profiter de ce court instant pour tenter de calmer celui-ci.

- Colby …

Voyant que déjà, son ami avait détourné son attention pour se re-concentrer sur la porte de métal, il décida de son montrer un peu plus ferme et faire jouer son autorité. Après tout, Colby avait été habitué à répondre aux ordres, c'était donc la meilleur et la seule solution qui lui restait encore.

- GRANGER ! ARRETE CA IMMEDIATEMENT ! cria Don le plus fermement possible.

Instantanément, Colby se figea sur pace, le poing encore en l'air, à quelques centimètres de sa cible. Comme dans un état second, il commença enfin à parler, tournant toujours dos à Don.

- Non non non non … je dois sortit d'ici… je peux pas rester là… il va revenir… Charlie … Dwayne…

N'en pouvant plus, Don posa une main sur son épaule valide, le forçant à se retourner pour lui faire face. Colby était dans un état second, en pleine panique, et il devait absolument essayer de ramener à la réalité pour pouvoir avoir une chance de s'en sortir.

- Colby calme toi ! Regarde-moi mon pote ! Tout va bien d'accord ? Je suis là …

D'une voix douce, il appela et rassura son ami, comprenant la peur panique qui l'envahissait. Sachant que ses mots étaient à choisir avec précaution pour ne pas risquer d'aggraver la situation, il ne lâcha pas son emprise sur son épaule et se rapprocha pour entrer dans l'espace personnel de celui-ci.

- Personne ne viendra te faire de mal ici Colby, je te le promets. Je suis avec toi, je ne bouge pas d'ici – ce n'est pas comme si j'avais le choix de toute façon, pensa t'il pour lui-même ironiquement. Ca va aller, fais moi confiance…

Il plongea son regard dans celui de son ami, désolé d'y voir cette peur intense qui le dévorait de l'intérieur. Le plaquant doucement contre la paroi derrière lui, Don le poussa à s'assoir, sachant que lui-même était en train de dépasser ses dernières limites. Il prit quelques secondes pour l'observer avant de le rejoindre sur le sol poussiéreux. Colby, l'ancien militaire, l'agent le plus intrépide de son équipe. Celui qui n'hésitait pas à sauter de toit en toit à la poursuite d'un suspect, à se jeter corps et âme pour sauver la moindre personne.. Celui qui se foutait des conséquences de ses actes lorsque l'un des ses amis était en danger, celui qui était le premier à se porter volontaire pour donner un assaut… Colby qui paraissait si imperturbable semblait avoir perdu tout ce qui faisait de lui ce qu'il était. C'était indescriptible pour Don qui ne l'avait jamais vu comme ça.

Lentement il se laissa glisser au sol, aux côtés de son ami qui, le regard dans le vague, tremblait comme une feuille. Don ferma les yeux un instant. Il ne savait pas quoi faire… La situation ne s'était encore jamais présentée à lui et il se dirigeait dangereusement vers un terrain inconnu. Quoique … Il se rappela de nombreuses années auparavant, lorsqu'il était le roi de la cour de récréation à l'école primaire. Un jour, alors qu'il se rendait au fond de la cour pour participer à un trafic de billes entre gosses, il avait aperçut, recroquevillé sous un arbre, son petit frère en pleurs. Furieux de le voir ainsi, il s'était rapidement approcher, prêt à le consoler et mettre son poing dans la figure du gamin responsable de cela. Mais Charlie, en plus d'arborer un bleu sur la joue, semblait tétanisé de peur et il lui avait fallut tout le temps que durait leur court temps de pose pour réussir à le calmer.

Son attention se posa une nouvelle fois sur Colby. A cet instant précis, celui-ci ne semblait pas si différent de son petit frère…S'approchant encore un peu plus, il tenta le coup pour le coup.

- Colby écoute moi. Lancer est mort d'accord ! Il est mort et il ne reviendra jamais je te le promets. Ce n'est pas comme la dernière fois, tu n'es pas tout seul d'accord ? Je sais que Charlie va nous trouver, ce n'est qu'une question de temps avant qu'on revienne sur la terre ferme. En attendant, tu dois te reprendre mon pote, j'ai besoin de toi !

- Mais… Commença Colby avant d'être interrompu.

- Non attends je n'ai pas fini. Je sais que je ne te l'ai jamais dit mais Colby, j'ai toujours su au fond de moi que tu n'étais pas un traitre… Quand tu m'as appelé ce jour là, j'étais sûr que tu disais la vérité, même si toutes les preuves étaient contre toi. Tu m'as fait confiance. Aujourd'hui, je te demande de me faire encore une fois confiance et d'écouter ce que je te dis d'accord ? On va s'en sortir ! Je suis sur … Je sais que Charlie, Megan et David sont quelque part dehors, en train de remuer ciel et terre pour nous retrouver.

Pendant presque dix minutes, Don resta assis, encourageant son meilleur homme, le rassurant du mieux qu'il pouvait en lui répétant que Lancer ne viendrait plus jamais pour lui. Finalement, au prix de longs efforts, Colby releva enfin la tête et, quoique toujours un peu tremblant, commença à rougir de honte.

- Don … Don je suis désolé pour tout ça ! Je me suis laissé aller et … Lancer …j'ai cru que …

Souriant à l'incohérence des phrases de son ami, Don l'interrompit encore une fois.

- C'est bon mon pote ! Ce qu'il se passe au milieu de l'océan reste au milieu de l'océan.

To be continued …