Vraiment désolée pour cette longue attente, j'ai été pas mal occupée ces dernières semaines et prit un peu de retard. En tout cas, un grand merci à ceux qui continuent de lire cette petite histoire : )
- Impossible de localiser leurs téléphones, on dirait qu'ils sont éteint tous les deux. C'est pareil pour le GPS du SUV de Don ! Il a été désactivé. J'ai réussi à remonter jusqu'à la dernière localisation indique le parking d'un centre commercial à l'Ouest de la ville.
Pianotant furieusement sur son clavier, David continuait ses investigations, sous le regard anxieux de Megan qui ne pouvait s'empêcher de se ronger les ongles, bien trop préoccupée en ce moment pour avoir l'ombre d'une pensée pour sa manucure. Cela faisait maintenant presque deux heures que Don et Colby n'avait pas donné signes de vie, pour une raison qui restait encore totalement inexpliquée et qui ne manquait pas d'affoler les deux agents présent au siège du bureau fédéral.
- On fait quoi, on appelle Charlie ? demanda l'agent Reeves avec une petite voix.
- Non, pas encore. On va continuer de chercher un peu. J'ai confiance en Charlie, mais on ne peut pas l'appeler chaque fois que nous avons un problème. Il a choisit une vie de professeur, pas d'agent gouvernemental. Pour l'instant, je pense qu'on peut se débrouiller seul.
- Mais, David …
- Megan, écoute-moi. Charlie ne sera pas objectif si on lui dit que son frère à disparut. Il ne pourra pas s'empêcher de penser au pire, de craindre pour la vie de son Don, il va se demander pourquoi et se mettre à culpabiliser en se disant qu'il aurais du être présent... Et je sais que c'est un comportement normal, mais, on ne peut pas perdre du temps avec ça.
Megan resta silencieuse quelque seconde avant de reprendre, regardant fixement son ami.
- C'est pas de ta faute David.
L'agent Sinclair releva les yeux de son clavier, secouant la tête. Megan était profiler, elle avait été formé pour analyser toutes sortes de comportement et rien de ce qu'il pourrait encore dire ne pourrait la duper plus longtemps. Il ne lui avait pas fallut plus d'une seconde pour comprendre, alors a quoi bon continuer à faire semblant.
- J'ai dit a Don de prendre du renfort … J'aurais du insister plus que ça ! J'aurais du venir avec eux, à trois, on aurait eut la chance de se défendre et maintenant, Colby est peut être …
Il s'arrêta, ne voulant pas mettre de mot sur ses pensées, de toute façon, Megan avait déjà comprit.
- Ils sont en vie David, je le sais…
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Assis contre la paroi métallique du container qui les retenaient captifs, les deux agents fédéraux n'avaient pas bougé depuis le petit incident survenu une dizaine de minutes auparavant, profitant chacun d'eux pour faire le point sur leurs états émotif personnel.
Heureux de voir que son actions avaient portés leurs fruits et que Colby était un peu plus calme, Don ne pouvait, cependant, considérer cela comme une petite victoire. La crise de panique de son ami prouvait encore une fois que malgré ce que celui-ci pouvait avancer, la situation n'avait pas changée et il restait encore des séquelles de sa malencontreuse rencontre avant Lancer. Un problème qui aurait besoin de beaucoup de temps pour être réglé, un temps que justement, ils n'avaient pas.
- Don, tu penses encore qu'on sortira d'ici ? demanda Colby doucement, ramenant son patron à la réalité.
La balle incrustée avait commencé à infecter le trou qu'elle avait creusé et les effets étaient ressentis douloureusement. Sans eau ni nourriture, avec une température ambiante avoisinant les quarante degrés, ses heures était comptées. Il était assez réaliste pour prendre en compte la dure réalité de la situation : si son équipe et Charlie ne parvenait pas à les trouver, il y avait de bonne chance pour que les murs en tôle grise soit le dernier paysage qu'il voye de sa vie.
Un regard sur son agent lui fit changer de direction rapidement. Il était hors de question de dire cela à Colby. Son agent, fragilisé par tous ses souvenirs remontés à la surface, n'avait absolument pas besoin d'entendre la vérité si brutalement. Il devait garder un espoir, Don le savait, c'était la seule chose qui l'empêcherait de sombrer une nouvelle fois dans la panique. Aussi fit-il de tout son possible pour rendre son sourire crédible et se tourna vers son ami.
- Colby, tu sais bien que si des personnes sont capables de remuer ciel et terre pour nous retrouver, c'est Don, Megan et Charlie. On va sortir de la très bientôt, fais moi confiance.
Malheureusement, c'est à cet instant précis que la situation dégringola un peu plus, réduisant leurs chances de survie de 99% à 100%. Pour cela, il ne lui avait fallut qu'un mouvement de tête vers les cinq trous d'aération du container. Assis, son axe de son champ de vision donnait droit vers le centre du cargo, duquel s'élevait, au dessus de la salle de contrôle, un pavillon chinois flottant au vent. Soupirant, il n'osa même pas imaginer la réaction de son ami si celui-ci apprenait que, en plus d'être enfermé, ils étaient en route vers la Chine, un pays qui avait justement quelques comptes à régler avec lui.
Réfléchissant rapidement, Don se rendit compte que la seule façon d'empêcher Colby de voir le pavillon était de rester là où il était, une des rares chose qui était dans ses cordes pour l'instant. D'un geste tremblant, il regarda sa montre. Cela faisait déjà presque deux heures qu'ils étaient en mer, et si l'équipe ne les trouvaient pas avant qu'ils ne franchissent les eaux internationales, il y avait de bonne chance pour qu'en ouvrant leurs containers, les chinois découvrent deux cadavres américains desséchés.
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- Merde David, arrête un peu, j'appelle Charlie tout de suite ! s'exclama Megan, n'en pouvant plus.
Alors que David s'apprêtait à répliquer, son téléphone portable se mit à sonner. Le cœur battant à 100 à l'heure, il décrocha fébrilement.
- Sinclair…
- …
- Quand ça ?
- …
- Très bien on arrive immédiatement !
Il ne lui fallut pas plus de deux secondes pour raccrocher, mettre son téléphone dans sa poche, empoigner son arme et se lever. Comprenant qu'ils n'avaient pas le temps pour les questions, Megan le suivit sans hésiter jusque dans l'ascenseur où, profitant des quelques instants de descente, elle put enfin demander à David ce qu'il se passait, redoutant d'apprendre quelque chose de terrible.
- C'était Walker. Ses hommes ont retrouvé le SUV de Don sur le parking dont je t'ai parlé, pas loin de la cité où vit Lewis.
- Pas de nouvelles de Colby et Don ?
David secoua négativement la tête en guise de réponse. A peine les portes de l'ascenseur furent ouvertes, les deux agents sortirent en trombe, courant vers le parking.
Il ne leur fallut pas plus d'une demi-heure pour enfin apercevoir les voitures de patrouille de la LAPD et une habituelle bande jaune sécurisant la scène sur le petit parking. Pilant juste devant, les deux agents ne perdirent pas l'ombre d'une seconde, Walker les attendait déjà, mit au courant de la situation un peu plus tôt.
- Reeves, Sinclair. Voila le véhicule de votre parton. Ce sont deux de mes hommes qui l'ont retrouvé durant une patrouille. Faites attentions où vous mettez les pieds, il y a assez de douilles au sol pour rejouer la guerre du Golfe. Suivez-moi.
Sans se faire prier, David et Megan se lancèrent sur les talons de Walker, qui les guidaient vers le SUV, slalomant entre les petits plots jaunes numérotés indiquant les éventuelles preuves. Arrivés devant le véhicule, l'agent Sinclair ne put retenir un juron devant le spectacle apocalyptique en face de lui.
Les vitres inexistantes, les pneus à plats, le capot encore fumant, sans parler de la centaine d'impacts de balles enfoncées dans la carrosserie, le SUV était méconnaissable. Portant son attention fut rapidement redirigée vers quelque chose de bien plus important : une petite flaque de sang pourpre sur le goudron sale du parking. Alors qu'il s'apprêtait à poser la question à Waker pour savoir de qui cela pourrait bien venir, celui-ci le devança rapidement.
- Les gars du labo se chargent de découvrir à qui ce sang appartient, ils vous tiendront au courant dès qu'ils auront une réponse. En attendant, j'ai encore deux petites surprises pour vous.
Suivant une nouvelle fois le lieutenant de police, David ne pouvait s'empêcher d'appréhender ce qu'il allait encore pouvoir découvrir. Contre toutes attente, Walker les mena un peu plus loin, là où, cachés derrières de nombreuses voitures, un corps sans vie était étendu. Le légiste, occupé à faire une analyse préliminaire, se releva rapidement pour venir à l'encontre des deux agents.
- Une coupe parfaite. La carotide à été sectionnée presque chirurgicalement. Il n'a eut aucune chance. Déclara-t-il d'une voix monotone.
Ne prenant pas compte de l'attitude blasée du légiste, David s'accroupi à côté du cadavre, suivit par Megan.
- Je ne sais pas qui a fait ça, mais en tout cas une chose est sûre, ce n'était pas son coup d'essaye. Continua le légiste. A ce stade, je crois que la cause de la mort n'as plus vraiment de secrets.
- Est-ce que vous avez une idée du type de lame qui a été utilisée ? Demanda Megan.
Le légiste se pencha pour évaluer la plaie. Après quelques longues secondes de silence, il se redressa enfin en fixant les deux agents en face de lui, l'air pensif.
- Et bien, c'est encore trop tôt pour être sûr mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il s'agissait d'une lame particulièrement affinée. Elle n'a laissée aucun accro sur les tissus épithéliaux. De plus, à en juger par la profondeur de la plaie, je dirais qu'elle mesure approximativement une quinzaine de centimètres. Quoi qu'il en soit, il n'a eut strictement aucune chance de s'en sortir.
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- Tu en penses quoi David ? Demanda Megan, voyant le visage penseur de son ami.
- Je ne sais pas trop … Écoute, je ne suis pas un expert en ce qui concerne les armes de guerres, mais si je ne fais pas erreur, la taille de la lame correspondrait parfaitement avec un KA-BAR…
- Mais, aucun des gars de Lewis n'a fait partie de l'armée … Et pourquoi tuer l'un des leurs ?
- Megan, tu as entendu le légiste, la lame été parfaitement affutée, visiblement, le propriétaire devait l'entretenir religieusement. T'es d'accord avec moi sur le fait que les sbires de Lewis ont une plus grande préférence pour tout ce qui est armes automatiques … Je ne pense pas qu'un seul de ces gars considèrent cette arme comme plus qu'un vulgaire couteau. Par contre, je connais très bien quelqu'un qui ne se balade jamais sans et la traite comme si elle était la huitième merveille du monde …
- Attends, tu penses que c'est Colby qui à fait ça ? S'écria Megan. Mais, ça n'a pas de sens, pourquoi risquer d'attaquer un homme par derrière alors qu'il avait son arme de service sur lui ?
- Regarde toutes les balles au sol. A mon avis, leurs chargeurs ont du s'épuiser bien plus vite que ceux de leurs agresseurs. Je pense que Colby à tenter de les prendre à revers tandis que Don faisait diversion, mais visiblement, quelque chose n'as pas du se dérouler selon leurs plans.
Megan soupira de frustration. Tant de questions et si peu de réponses ! Soudain, un dernier détail revient à sa mémoire.
- David … Tu crois que le sang trouvé près du SUV est celui de Don ? Demanda-t-elle anxieuse.
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Dix minutes … Dix minutes que Don n'avait rien à dire. Le silence avait envahi le petit habitacle métallique, seulement troublé par quelques cris de mouettes volant très certainement au dessus du cargo, à la recherche de nourriture. Même le bruit des vagues s'écrasant contre la solide coque avait disparut … Que faire si c'était vraiment leurs derniers instants ? Du fait de sa blessure par balle, Colby vivrait sans doute un peu plus longtemps que lui … Mais aucune chance pour qu'ils parviennent à survivre jusqu'en Chine et quand bien même, ils se retrouveraient enfermés dans un sous-sol crasseux, sans doute accusés d'être des espions.
- Don …
La voix de Colby sonna comme une délivrance pour l'agent Eppes. Le silence était parfois une bonne chose, mais la plupart du temps il ne s'agissait qu'un signe de mauvaise augure de plus.
- Colby ?
- Si jamais les autres arrivent trop tard … Je veux pas mourir aujourd'hui Don ! Je veux dire… Je sais qu'on doit tous mourir un jour mais … Pas comme ça ! Pas enfermé dans un container ! Pas au milieu de l'océan ! J'ai survécu dans des situations bien plus dangereuses que ça ! Je veux pas mourir à cause d'un petit dealer à la con !
Don fixa son agent, l'ombre d'un petit sourire aux lèvres, heureux de voir qu'après son petit épisode de panique totale moins d'une heure auparavant, son esprit de combattant avait reprit le dessus. La situation n'était peut être pas aussi critique qu'il le pensait.
Comme animé par une nouvelle force, l'agent Granger se leva énergiquement, et se dirigea vers une des grosses caisses en bois qui étaient dans le container bien avant leur arrivée. Puisant dans ses ultimes ressources, il batailla contre le bois, forçant de tout son possible pour parvenir à ouvrir ladite caisse. Don, impuissant, ne pouvait que regarder, et prier, prier de toutes ses forces pour que ces caisses soient remplies de nourriture, eau, ou n'importe quoi, qui pourraient les aider.
Au bout de cinq longues minutes de lutte, un craquement se fit entendre, plus fort que les autres et la partie supérieure de la caisse de détacha lentement… Enfin, après de longues heures, un petit sourire apparut sur le visage de Colby.
- Je crois que je viens de trouver notre moyen de sortie Don.
To Be Contiued ...
