CHAPITRE 2

« La comédie romantique »

« TU AS FAIS QUOI ? »

Le rugissement de Draco fit trembler le café où ils s'étaient arrêtés provisoirement. Coupable, Harry était absorbé dans la contemplation de ses ongles de la main et n'osait pas lever les yeux pour croiser le regard furieux de son agent sportif. Malgré ses torts, il ne pouvait s'empêcher de trouver la réaction du blond disproportionnée et l'ignora du mieux qu'il put, attrapant sa tasse de thé en levant le petit doigt, détaché, calme, tranquille, reposé, zen …

Bon, d'accord, il n'était pas tranquille, ni reposé, ni zen. Chaque pore de sa peau respirait l'angoisse et la nervosité, un tic s'était installé au coin de ses yeux et il n'arrêtait pas de cligner la paupière et de passer la main dans ses cheveux.

« Calme-toi ... » supplia t-il, le regard toujours concentré sur ses doigts.

« JE SUIS CALME ! » explosa Draco, dont le visage était violet … un peu comme l'oncle Vernon, chuchota une vilaine petite voix dans la tête de Harry qui dut prendre sur lui pour ne pas s'enfuir en courant. Il se concentra sur l'aspect adorable qu'un petit blond énervé pouvait montrer.

« Écoute, ce n'est pas grave. Je leur dirais que tu m'as quitté, et tu ... »

« JE ? JE RIEN DU TOUT POTTER. TU VAS PRENDRE TON PORTABLE, ET TU VAS APPELER GRANGER POUR LUI DIRE QUE CE N'ÉTAIT QU'UNE BLAGUE. »

Tout autant gryffondor qu'il soit, Harry n'avait nullement l'intention de dire la vérité à Hermione, car cette dernière n'hésiterait pas à l'embrocher par le fondement sur son Speedoflight 3000. Il pria silencieusement Salazar Serpentard de lui donner les moyens de se montrer malin, vicieux et manipulateur et il répondit tranquillement -

« Je ne ferais rien de tel. »

« Ah oui ? » claqua Draco sèchement « Et pourquoi cela ? Il n'y a absolument rien que tu puisses faire ou dire qui me conduirait à accepter ton plan idiot. »

« Actuellement, il y a quelque chose. » indiqua Harry, et il se détesta d'utiliser un tel moyen pour arriver à ses fins. Les instincts du serpent prirent le dessus, et il se cala en arrière. Après tout, il n'était pas un homme d'affaire pour rien, et il serait stupide de ne pas écouter l'offre.

« Je suis tout ouï. » ironisa le blond. « Mais tu perds ton temps. »

« Si tu acceptes le deal... » commença Harry « J'irais au ministère et j'utiliserais mon influence pour te permettre d'adopter. ».

Sitôt qu'il eut fini sa phrase, le visage de Draco changea radicalement de couleur, et Harry cru qu'il faisait une crise d'épilepsie (ou quelque chose du genre), pour peu que ce dernier se mette à trembler.

« Tu n'as pas le droit... » murmura Draco, la voix littéralement brisée sous le poids de l'émotion « Tu n'as pas le droit de faire miroiter quelque chose que je désire mais ne peut pas avoir, tu n'as pas le droit … C'est du chantage, Harry... Parce que tu sais que je ne peux pas refuser. C'est injuste et cruel. »

La culpabilité du Survivant atteint des sommets et il se fustigea mentalement.

« Je suis désolé d'avoir recourt à de tels extrémités, Draco, mais j'ai besoin de ton aide, et toi aussi tu as besoin de mon aide. S'il te plaît, donne moi trois mois, le temps d'exécuter mon plan. Et dans trois mois, tu te retrouveras avec une ravissante petite fille ou un joli petit garçon dans les bras. »

Ce fut sans aucun doute la supplication dans la voix de Harry qui mit à Draco la puce à l'oreille.

« Harry, je ne comprends pas... Pourquoi ne pas te trouver quelqu'un, et tomber amoureux pour de bon ? Ton comportement est puéril, tu vas avoir trente ans, bon sang ! Tu ne crois pas que tu deviens un peu trop mature pour ce libertinage ? »

« Et c'est un expert des sentiments qui me parle ? » sourit le brun « Je n'ai pas envie d'en parler. ».

« Il va bien falloir que tu le fasses, pourtant ... » le morigéna Draco « Parce que je n'accepterais pas de t'aider dans le cas contraire. »

« Qui est-ce qui fait du chantage, maintenant ? » dit Harry « J'ai deux excellentes raisons de ne pas vouloir m'engager affectivement. »

« Oui ? » l'encouragea son interlocuteur.

« Premièrement, parce que je suis déjà amoureux de quelqu'un, mais que cette personne ne me retournera jamais ses sentiments. »

« Pourquoi tu ne demandes pas à cette personne, plutôt qu'à moi ? Qui sait, peut-être que trois mois à jouer un faux couple pourrait vous rapprocher ... » énonça Draco avec une ignorance qui arracha une grimace à Harry

Si tu savais ...

« J'y ai pensé. » se contenta t-il de répondre.

Ce qui n'est pas totalement faux...

« Bien, j'ai l'impression que tu ne veux pas t'appesantir sur le sujet » sans déconner, Sherlock ? « Et si tu m'expliquais ta seconde raison ? »

Harry se racla la gorge et commanda un verre de Whisky 'pour avaler du courage'. Il n'aimait pas particulièrement se rappeler les évènements qui avaient fais de lui un handicapé des sentiments. Mais s'il voulait Draco de son côté, il avait intérêt à y aller franchement.

« Tu te souviens Cedric ? » s'enquit-il avec douceur.

« Cedric Digory ? Celui qui est mort en quatrième année ? » s'étonna Draco.

« Précisément. »

« Eh bien ? »

« On est sorti ensemble. » admit Harry misérablement. « On s'était beaucoup rapproché, durant la Coupe du Monde de Quidditch. Et puis il m'a embrassé, le soir où mon nom a été tiré, même s'il n'y a pas eu de suite direct. Et la nuit du Bal, eh bien... nous nous sommes connus... plus en profondeur. »

Manifestement, l'aveu de Harry n'était pas ce à quoi Draco s'attendait. Sa mâchoire était grande ouverte, et il avait les yeux exorbités.

« Tu.. TU ES SORTI AVEC CEDRIC DIGORY ? Il a couché avec toi ? » s'écria Draco.

« Oui... Pourquoi tu as l'air si étonné ? C'est vexant, tu sais ? Je sais que tu ne me trouves pas attirant, mais il y a des gens qui ne sont pas du même avis. » se contraria Harry.

Draco eut l'air surpris de sa remarque.

« Tu penses que je ne te trouve pas attirant ? » interrogea t-il.

« Eh bien .. Euh … Tu … Tu fais toujours des … Euh … Des remarques sur ma façon de m'habiller et – et … Bah … J-J'en ai déduis q-que …. » bredouilla Harry, les joues rouges.

À sa grande contrariété, Draco éclata de rire, et se tint les côtes pendant près de cinq minutes sans pouvoir arrêter son hilarité. Gêné, Harry regardait à droite et à gauche en espérant ne pas trop attirer l'attention sur eux. Malgré lui, il constata – encore ! - ô combien Draco était attirant. Putain. Tu es foutu, mon vieux.

« Haha... Ça te tue un mage noir … Ça se tape un quinzaine de groupies – hommes et femmes confondus – par semaine … Mais ça a toujours besoin d'être rassuré … J'y crois pas ... » il essuya les larmes qui perlaient « Harry, si ça peut te rassurer, je te trouve très très attirant. Tiens ! Ne flippe pas, mais tu as été l'acteur de plusieurs de mes fantasmes. Heureux ? »

Des petites étincelles de bonheur explosèrent dans le ventre du jeune homme qui avait l'impression qu'un feu d'artifices -façon Gandalf, bien entendu- avait élu domicile dans son cœur. Puis, il se traita de midinette énamourée, et cette auto-déclaration eut le mérite de le refroidir.

« Euh- M-M-m-merci. » balbutia t-il d'un manière qu'il qualifia lui-même de pathétique « Mais … pourquoi ça t'a surpris ? Cedric et moi, je veux dire. ».

Question légitime. Approuva son cervelet droit, et le cervelet gauche fut heureux d'acquiescer.

« Je ne savais pas que tu avais découvert si tôt ton penchant pour la gente masculine, c'est tout .. » Draco haussa les épaules « En plus, ce mec était une bombe. Et tu en es devenu une. Je te préviens, Potter, si jamais un mot de notre conversation venait à sortir de cette pièce, je t'occis, mais je te pends par les couilles avant. » Harry, trop étonné par la franchise de son ami, ne pensa même pas à réagir à ses menaces.

Menteur, tu es juste trop obnubilé par la manière qu'il a de lécher sa lèvre inférieure, quand il réfléchit. Voilààà comme maintenant.

« Toujours est-il que je peux comprendre un blocage émotionnel, c'était ton petit ami, après tout …. Mais c'était il y a quoi, quinze ans ? Tu... »

« Il n'y a pas que lui. » le coupa Harry « Il y a aussi Fred Weasley. J'ai eu une liaison avec lui. Et il est mort aussi. Je me suis habitué à voir les gens que j'aimais mourir parce qu'ils avaient eu la mauvaise idée de me fréquenter. »

« Je comprends... » murmura Draco. « C'est logique. Mais ce que tu vas faire, Harry, c'est fuir tes peurs plutôt que de les affronter. »

« J'ai affronté mes peurs pendant sept ans, Malfoy. J'en ai ras le cul du mélodrame, je veux mener ma vie comme je le désire. J'ai enfin l'existence que j'ai toujours voulu. Et si la personne que j'aime ne peut pas la partager, tant pis. Je ferai avec. Je fais avec ce que j'ai. »

« Bon, c'est d'accord, je vais t'aider. » annonça Draco « Mais laisses moi te dire que tu es pathétique. Parce que tu pourrais être complètement heureux, et qu'à cause de tes insécurités, tu te gâches la vie tout seul. »

« Draco, laisse tomber... » plaida Harry, blasé. « Je n'ai pas envie de parler de ça. Je te suis reconnaissant de t'inquiéter, mais tu n'as pas besoin de te reconvertir psychiatre. »

Il se leva et lança un petit sourire au blond « Je passerais chez toi à vingt heures, arranges toi pour que Thomas ne soit pas dans la pièce, je doute qu'il apprécie de me voir apparaître soudainement dans votre cheminée. On discutera de tout ça, d'accord ? Pour le moment, je dois aller m'entraîner. ». Il lui fit un signe de la main et se réfugia dans la première ruelle déserte pour transplaner.

— — —

Draco paya l'addition (stupide Potter qui avait oublié) et transplana directement dans l'appartement qu'il partageait occasionnellement avec Thomas, son compagnon. L'ancien serpentard fut positivement ravi de s'apercevoir que le footballeur était déjà là, sous la douche à en croire les bruits qui venaient de la salle de bain. Un petit sourire aux lèvres, il s'empressa d'enlever ses habits et poussa la porte en douce. La vue du dos mouillé de son petit ami lui donna un début d'érection et il se colla contre lui, en lui caressant le torse.

« Bonjour bel inconnu... » susurra t-il à l'oreille de Thomas. Ce dernier cambra son dos et se retourna pour déposer un baiser sur les lèvres du blond.

« Vous devriez vous dépêcher, mon petit ami va bientôt rentrer ... » rit-il gentiment en frôlant ses hanches lascivement.

« Je ne voudrais pas vous faire du tord... » murmura Draco en le poussant contre le mur pour s'emparer de sa bouche.

Thomas le repoussa gentiment « Drake, je dois y aller. Je viens de rentrer d'une séance exténuante, et on va aller boire un verre avec les autres joueurs. Je devrais déjà être au bar, ils m'attendent. ». Voyant l'air frustré de l'agent, il embrassa le bout de son nez « Crois moi, j'aurais bien aimé rester. Tu as de très bons arguments pour toi. Mais j'ai déjà promis aux autres. ».

Sans plus attendre de réponse, il attrapa une serviette et gagna la chambre pour s'habiller. Soufflé, Draco observa la porte pendant quelques secondes, avant d'attraper son érection (qui ne s'était pas calmée) et en prenant bien soin de se masturber en pensant à un quelqu'un d'autre que Thomas. La vengeance était plutôt minable – surtout après avoir vu le fessier désirable du jeune homme – mais le remplit de satisfaction.

Le résultat de son forfait s'écoula dans le siphon de la douche, il se rinça et reprit ses habits en maudissant le salop qui l'avait abandonné dans son excitation.

Thomas, adossé au bar qui séparait la cuisine du salon, lui fit un sourire désolé alors qu'il buvait un verre d'eau.

« Je peux venir ? » demanda Draco.

« Dray … Tu sais bien qu'ils ne sont pas au courant de ma …. petite différence. J'aurais l'air de quoi si je t'amenais ? »

Le sorcier pinça les lèvres. Ouch. Ça faisait mal.

« Mais je ne t'ai presque pas vu de la semaine ... » se plaint-il avec une moue adorable de petit enfant capricieux.

Thomas rit et alla caresser sa joue. « Mon cœur, ce soir je suis tout à toi. »

« Et demain soir ? » s'enquit le blond en boudant légèrement.

« Euh... » hésita le joueur.

« 'Euh …' ? Ne me dis pas que tu as oublié ? »

« Oublié quoi, Draco ? » Thomas fronçait les sourcils.

« Notre rendez-vous ! » s'emporta Draco « Ce putain de rendez-vous prévu il y a de cela trois mois, avec réservation spéciale...Ça fait tilt ? ».

« Écoute, Draco. Baisse d'un ton, je ne suis pas ton chien. J'ai oublié, ça peut arriver à tout le monde, et j'ai déjà prévu quelque chose demain. Je vais en boîte avec Marius et Michaël. »

« Annules. » ordonna Draco « Annules, sauf si la perspective de dormir sur le canapé les trois prochains mois te plaît. ».

« Tu es énervé. Je comprends. Je ne dormirais pas sur le canapé, je vais simplement rentrer dans mon appartement. Tu me prends la tête. » dit Thomas, agacé.

« Je te prends la tête ? Parce que tu crois que tout est amusant, dans la vie ? » claqua Draco « Nous sommes en couple. Je devrais passer avant tes amis. Je devrais aussi te voir plus souvent. Je sais que tu as une carrière, que tu voyages beaucoup, mais parfois je peux passer trois jours sans un appel, UN sms. Et après je me demande pourquoi tu veux qu'on adopte un enfant. »

« TU veux adopter un enfant, Draco. Pas moi. J'ai vingt-cinq ans, j'ai envie de m'amuser, et tu me casses les couilles avec tes leçons de maturité. Si tu veux quelqu'un qui sera là pour toi H24, achète toi un caniche. Ou un poisson rouge. J'ai envie de boire trop, de rentrer à pas d'heure, de voyager. J'en ai marre de prétendre d'avoir dix ans de plus pour te plaire. Si tu n'es pas satisfait de qui je suis, alors tu es mieux sans moi. Réfléchis-y. »

« Et c'est tout ? Je ne suis qu'un amusement ? Ton vilain petit secret ? Ton expérience ? Tu veux rompre ? » se crispa le blond, en sentant ses yeux un peu trop humides.

Thomas l'attrapa par la taille pour déposer un baiser sur sa tempe « Je ne veux pas rompre, non. Tu le sais bien. J'aimerais juste que tu me laisses davantage de temps pour vivre, et d'espace pour grandir. Je n'ignore pas que tu vas avoir trente ans dans dix mois, Draco, mais j'ai parfois l'impression tu es bien trop mûr, même pour ton âge. »

Il regarda sa montre et ajouta « Écoute. Je vais aller au bar, c'est trop tard pour annuler, et je vais voir avec Mica et Rius s'il y a possibilité de reporter notre sortie à un autre jour, ça te va ? Je te recontacte demain. ». Il baisa ses lèvres avec déférence avant de s'en aller.

Encore une fois.

Draco s'assit sur leur large canapé en cuir noir pour réfléchir. Il ignorait pourquoi il jouait encore la comédie du couple heureux devant Harry. Peut-être que lui admettre que ça n'allait pas bien rendrait plus réels leurs problèmes, et il n'était pas prêt à affronter le regard plein de compassion de l'ancien gryffondor. Malgré les années qui avaient défilé, et avaient atténué leurs querelles, il ne pouvait s'empêcher de craindre le jugement du brun, et bien plus encore de perdre cette amitié de cinq ans.

C'était sans doute la honte qui le faisait agir comme un lâche.

Un coup d'oeil à l'horloge lui indiqua qu'il n'était que quinze heures. Il songea à a prendre une bouteille de whisky pour apaiser ses peurs, mais la perspective d'une gueule de bois le lendemain le retint de justesse. Finalement, il mit la tête dans la cheminée pour appeler Andromeda et lui demander l'autorisation d'aller chercher Teddy plus tôt dans la journée pour l'emmener à l'entraînement de Harry. Elle accepta et il prépara joyeusement un sac, enterrant ses soucis sous une dose élevée d'auto-persuasion.

Teddy l'accueillit avec un grand sourire aux lèvres. Pour l'occasion, ses cheveux étaient d'une vert vif et ses yeux brillaient « d'un éclat sanguinaire » pour reprendre sa propre expression. Étonné devant son apparence physique décalée, Draco se tourna vers Andy qui haussa les épaules, l'air de dire « Qu'est-ce que tu veux ... ».

Ils se disputèrent pendant une heure, Draco lui ordonnant d'arborer des couleurs moins choquantes et Teddy refusant nette toute demande de son cousin.

Finalement, ils firent une concession, et les yeux de Teddy reprirent le bleu/gris des yeux de Remus Lupin. Draco n'avait pas réussi à le convaincre d'abandonner ce vert « répugnant et barbare ».

Harry fut plus qu'heureux d'aller les saluer durant ses exercices de vol. Pour épater Teddy, il fit plusieurs fois la feinte de Wronsky et lui permit de monter sur son balai à l'arrière. L'adolescent criait des « youpiiii » sous le regard attendrit de Draco qui les suivait des yeux.

Un peu avant dix-huit heures, ils redéposèrent Teddy chez sa grand mère, et se dirent un « À tout à l'heure » enthousiaste.

— — —

Harry, crevé par sa journée, ouvrit la porte de son appartement sans se préoccuper de rien et s'affala dans son lit en réglant le réveil sur 19h30 afin de se laisser une heure de repos avant d'aller rejoindre Draco. Il avait senti que quelqu'un chose n'allait pas chez son ami, mais n'avait pas osé poser la question devant Teddy et son manque de pudeur.

C'est le bruit d'une visite par poudre de cheminette qui le tira de son sommeil à dix-neuf heures dix et il supporta en se redressant de son lit.

« Qui est là ? » cria t-il, ne recevant comme réponse qu'un juron étouffé.

Curieux, il s'avança dans la direction du bruit pour se trouver face à un Ron Weasley décoiffé et recouvert de suie.

« Merlin ! Harry ! Il fallait que je te vois en urgence ! » s'exclama le roux en se jetant dans les bras de son meilleur ami.

« Wow … Calme toi, mec... Est-ce que tout va bien ? »

Un rire ironique échappa de la bouche du rouge et or.

« Est-ce que tout va bien ? C'est plutôt à toi que je devrais demander ça, Harry. Par l'enfer, DRACO MALFOY ? Tu es tombé sur la tête ? »

Il se dégagea de leur étreinte (au soulagement de Harry) et s'assit sans y être invité dans un fauteuil du salon.

« Je l'ai appris par Hermione. Imagine le choc que j'ai eu. Ça fait combien de temps que ça dure ? Est-ce que c'est sérieux ? Pitié, dis moi que c'est uniquement pour t'amuser. »

« Ron. » l'interrompit Harry, sans grands résultats.

« … J'imagine qu'il est plutôt séduisant, pour quelqu'un de … eh bien de gay. Et il est riche. Mais je ne vois aucune raison pour laquelle ce serait lui plutôt qu'un autre, je veux dire, il est ... »

« RON! » le stoppa son interlocuteur, cette conversation lui rappelant on ne peut mieux pourquoi il avait quitté l'Angleterre pour s'installer en France. Faîtes confiance à Ronald Weasley pour jouer à la mère poule avec vous.

« QUOI ? » répondit Ron sur le même ton.

« Inspire à fond. C'est bien. Maintenant expire. Très bien. Tu es calme ? D'accord, tiens toi bien : Je suis amoureux de Draco Malfoy, c'est sérieux, et j'ai l'intention de le demander en mariage dès que j'en aurais l'occasion. Ça va ? Tu es rouge … Tu vas bien ? » malgré son air sérieux, Harry se frappait mentalement la tête contre un mur imaginaire. Le 'mensonge' – s'il est possible d'appeler cela un mensonge – était sorti si facilement de sa bouche qu'il en était le premier surpris. Bien entendu, il était au courant de ses sentiments pour Draco. Il les avait accepté depuis longtemps. Mais les admettre à haute voix, il n'en avait jamais eu l'occasion.

Ça sonnait plutôt bien d'ailleurs.

Je suis amoureux de Draco Malfoy.

Dommage que le contraire ne soit pas vrai.

Retour à la réalité : Harry réalisa que Ron s'éventait présentement avec sa main, et ce avec tellement de vigueur qu'il se gifla une ou deux fois. Le brun jura. Hermione allait l'accuser d'avoir maltraité son mari. Et Ron n'avouerait jamais qu'il s'était infligé des baffes tout seul.

Putain.

Comme son meilleur ami ne se calmait toujours pas, Harry alla chercher un verre d'eau froide dans la cuisine et le jeta sur le visage rougeoyant de Ronald Weasley. L'effet fut immédiat, le rouquin arrêta tout mouvement pour se tourner vers lui et demander, le regard accusateur :

« Pourquoi tu as fais ça ? »

Le survivant ne savait pas ce qui était le plus drôle. Le fait que Ron aie l'air au bord des larmes, ou que son visage arbore une belle palette de verre/rouge/bleu.

« Pourquoi tu m'as envoyé de l'eau dessus ? » gémit à nouveau Ron en cachant son visage dans ses mains. Harry n'en revenait pas. Il pleurait vraiment. « Je suis un si mauvais meilleur ami que ça, Harry ? » sanglotait-il « Pourtant je fais de mon mieux, je t'assure. Mais je comprends si tu ne m'aimes plus. Je... Je …. ».

Anéanti, il se roula sur le sol et Harry fut persuadé de l'avoir entendu marmonner « Je ne veux plus viiiiiivre ».

« Ron, est-ce que tu as bu ? » demanda t-il vaillamment.

« Non... Pourquoi, je devrais ? Aller noyer ma tristesse dans l'alcool... » et les sanglots repartirent de plus bel devant un Harry complètement dépassé.

À court d'idée, il composa le numéro d'Hermione. Elle répondit à la première sonnerie.

« - Harry ?

Hermione ? Merci Merlin !

Tu vas bien ? Tu m'as l'air un peu anxieux.

Eh bien … Je viens de recevoir la visite de Ron et …

Laisses moi deviner … Encore une crise de larmes ? Soupira t-elle.

Exactement. Dit Harry, défait. Il fait ça souvent en ce moment ?

Tu plaisantes ? Ça fait trois semaines qu'il pleure pour un oui ou pour un non. Dire que c'est toi la tapette, et que c'est lui qui chiale comme une gonzesse.

Ouch. Ça fait mal. Merci Hermione. Si tu veux, je peux me branler en écoutant un disque de Mozart, porter un pantalon à paillettes rose, un boa, et une perruque blonde, pleurer en regardant Titanic et aller poser des fleurs devant la tombe de Lady Di puisque tu as décidé de faire dans le cliché.

Tu as trop écouté Katy Perry, mon cœur. Bon, écoute, j'arrive, je viens chercher Ron. Et si tu dois te branler, pitié, pas sur mon mari.

Je fais pas dans le rouquin, j'ai un minimum de goût. Ricana Harry en se disant que l'influence (néfaste) de Draco était à l'origine de cette remarque.

C'est pas ce que tu disais pour Fred. Le coupa t-elle, le laissant bouche bée. Les nerfs qu'elle avait !

Je t'emmerde profondément, chère ex-meilleure amie. Bouda t-il, avant de raccrocher. »

Un regard vers son portable l'informa qu'il allait bientôt être vingt heures, dans exactement trente minutes, et qu'il ferait bien de se dépêcher. Sans plus se préoccuper de sa loque de meilleur ami (quel couple de traîtres) il prit une douche, et s'habilla avec une attention particulière. Par respect pour Draco, se convainquit-il. C'est pas plutôt parce qu'il a avoué plus tôt dans la journée qu'il avait déjà fantasmé sur toi ? Souffla la voix de sa conscience. N'importe quoi. Ça n'a strictement aucun rapport. Protesta … eh bien … la voix de son cœur, aussi appelée la voix du déni, la fourbe, la menteuse, l'hypocrite...

Harry ignora Ron qui … qui ronflait sur le tapis ? Et entra dans la cheminée avec une grosse poignée de poudre.

« Appartement de Draco Malfoy ! » dit-il clairement avant de disparaître en un tourbillon de flammes vertes.

— — —

Auteur : Bon eh bien, le chapitre est fini pour aujourd'hui.

Ron : Je proteste. Je suis totalement ridicule dans ce chapitre.

Draco : *ricane* Sérieux ? On n'avait pas remarqué. Bravo Captain Obvious.

Harry : Du calme Draco, c'est mon meilleur ami.

Draco : Et ? C'est pas comme si c'était avec ton meilleur ami que j'allais coucher, Potter. C'est avec toi et ton joli cul.

Auteur: Merci pour ces précisions …

Draco : Fais pas ta prude. Tou(te)s les lecteurs(rices) n'attendent que ça. Le moment où je mettrais mon (CENSURE) dans son (CENSURE), et puis après je (CENSURE) son (CENSURE), et doucement je continuerais mes (CENSURE) vers son (CENSURE) et …

Harry : Draco ? Tais toi.

Auteur : Euh. Bon. Draco, tu m'as dis que tu avais quelque chose à rajouter ?

Draco : en effet. J'aimerais revenir sur le disclaimer. Je proteste.

Auteur : vraiment ? Et … Pourquoi ?

Draco : C'est évident non ? Tu as écris que tous les personnages appartenaient à J.K. Rowling. Et je ne suis pas d'accord.

Auteur : Pourquoi ça ?

Draco : Déjà, parce qu'Harry et moi ne sommes pas des personnages. Nous existons aussi. J'en ai parlé au SPFA (syndicat des Personnages Fictifs Anonymes) et ils sont d'accord avec moi. Un personnage fictif n'a-t-il pas des yeux ? Un personnage fictif n'a-t-il pas des mains, des organes, des dimensions, des sens, de l'affection, de la passion ? (...) Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourrons-nous pas ? Et si vous nous bafouez, ne nous vengerons-nous pas ? (applaudissements polis de la performance /clap clap clap/) . De plus, il me semble important de préciser que Harry Potter n'appartient pas à J.K. Rowling. Il m'appartient à moi. À moi seul. Donc pas touche.

Harry : MON DRACOUNET D'AMOUR FAIT DU THÉÂTRE … (yeux en cœur)

/ils partent copuler dans un coin/

Auteur : Après cette longue parenthèse inutile, j'espère que vous avez aimé ce second chapitre. Le prochain devrait venir la semaine prochaine, vers le 11 mars. N'hésitez pas à reviewer pour donner votre avis *-* . Et merci à ma bêta, Ambre, qui a accepté de jouer les testeuses pour ce second chapitre ( : .