Disclaimer : Précédemment dans...

Note : Merci pour vos reviews. Je suis contente de savoir que je n'écris pas dans le vide. Désolée si le temps d'attente entre plusieurs chapitres et long. Et bientôt commencera réellement l'action, je vous rassure.

Et juste une chanson que je trouvais parfaite pour cette fic, pour vous mettre dans l'atmosphère. Merci à mon amie pour la traduction.


Fichons le camps ensemble,

Nous, les personnes du même acabit,

Rien que des mensonges et des ailes tordues

J'ai la réponse

propageant le Cancer

Tu es la foi en moi

Non, ne me laisse pas mourir ici

Aide moi à survivre ici, seul.

Ne te souviens pas !

Plonge moi dans le sommeil, Ange du Mal

Déploie tes ailes, Ange du Mal

Je suis un croyant

Rien ne peut être pire

Tous ces amis imaginaires

Cachant des trahisons

enfonçant le clou

Non, ne me laisse pas mourir ici.

Aide moi à survivre ici, seul.

Ne te rends pas !

Plonge moi dans le sommeil, Ange du Mal

Déploie tes ailes, Ange du Mal

Vole sur moi, Ange du Mal

Pourquoi ne puis-je respirer, Ange du Mal ?


Chapitre 2 : Le vouloir

L avança, le pas trainant, dans le long couloir blanc, poussant devant lui un chariot couvert de pâtisseries. Il claqua ses doigts brusquement et les plafonniers s'allumèrent instantanément, du coin de l'oeil, il repéra l'objectif des caméras fixés sur lui. Le détective s'arrêta un instant, mettant une main derrière son oreille, comme pour mieux entendre des échos de bruits. Mais rien, Light était ironiquement, aussi silencieux qu'un mort.

Les barreaux de la cellule de Light brillaient encore, reflétant quelques parties de son visage. Il arrêta son chariot en face de la cage de fer et prit nonchalamment l'anse de la tasse de chocolat chaud du bout des doigts, le sirotant expressément bruyamment, son visage penché sur la tasse, mais ses yeux fixés sur son prisonnier toujours immobile.

Et puis, il entendit les aiguilles de l'horloge accrochée au-dessus de la porte pivoter dans une sonorité plus cassante. Il tourna légèrement la tête, les lèvres toujours sur le bord de sa tasse, pour lire l'heure.

17 heures.

« - Watari, pourrais-tu m'apporter une chaise ? Je crois que je vais en avoir pour un petit moment. » Dit-il finalement, de sa voix dépourvue d'inflexion en reposant son chocolat pour y ajouter un sucre. Hmm, pas assez sucré, Watari et son ignoble régime.

Et ses pensées dérivèrent à nouveau vers son prisonnier, sa capacité à passer inaperçue était tout aussi fascinante que l'étaient son charisme et son charme diabolique -il ne pouvait trouver de meilleurs adjectifs- qui attirait tout être normalement constitué vers lui. Vraiment paradoxal. L se surprit à se demander qui était vraiment Light, était-ce cet homme enchaîné sur une chaise, emprisonné, le visage blanc de toute émotion, à l'aise dans un silence qui pourtant devait être des plus angoissants, solitaire et introverti ? Ou alors le fils à papa parfait, charmant et brillant, mondain, en somme la véritable star de l'université ?

Étrangement, il pensait que c'était le premier cas, à moins que le jeune homme soit simplement bipolaire. Ce qui était une explication plus que logique, à force de constamment osciller entre Kira, un meurtrier de masse et Light Yagami, le fils de Soichiro Yagami un simple élève d'université, la frontière devait être quasi inexistante.

L pouvait le comprendre facilement, en faisant lui-même l'expérience.

La porte s'ouvrit doucement, laissant passer Watari qui tirait derrière lui une chaise. Il soupira d'exaspération en regardant simultanément L et Kira, puis posa la chaise à côté de L.

« - L, je ne pense pas qu'il te dira quoique ce soit ce soir, l'arrestation est encore trop fraîche, trop vive dans sa mémoire, remarqua le vieil homme, d'un ton neutre, bien que sachant que ça ne servira à rien.

- A vrai dire je pense qu'il y ait autant de chance qu'il me parle dans les prochains mois que je vide un litre de... cette... chose, rétorqua L en pointant du doigt dédaigneusement une...

- Bouteille d'eau, c'est une bouteille d'eau L.

Le détective jugea la bouteille sur le chariot d'un air méfiant, en la prenant du bout des doigts pour l'examiner d'un regard inquisiteur.

- Merci Watari, mon intelligence discursive est tout à fait fonctionnelle, je suis parfaitement capable à partir d'un regard d'étiqueter cet objet à l'aide d'un tri mental tout à fait éclairé... mais vraiment merci pour éclairer ma lanterne.»

Le vieil homme l'ignora en passant la main sur un pli presque imperceptible, mais bien là, qui détonait sur sa veste de costume noire.

« - L, c'est nettement plus sain que tout ce sucre.

- Plus sain ? Fit L, en tendant la bouteille d'eau à Watari, comme si c'était une créature particulièrement répugnante. Cette eau provient d'une source inconnue, avec pour seule preuve de fiabilité une étiquette qui n'est qu'un substitue de décoration sur une surface en plastique. Et qu'est-ce qui a pu traîner dans cette source ? Des bactéries, de la terre, des poissons infectés génétiquement. Par ailleurs, je ne m'y ferai que lorsque je me serai assuré moi-même du Ph, de la température, de la proportion d'arsenic, de nitrates, de plombs, de pesticides ainsi que d'autres agents pathogènes, qui sait quels horribles micro-organisme se cachent dans cette immonde substance. On ne réveille pas l'eau qui dort. Non Watari, tu ne me mettras pas à terre avec cette chose ! »

Light aurait presque demander qu'en plus du bandeau, on lui rajoute des boules quies. Le détective était en train de l'ignorer ? Lui ? Bien sûr, il savait que ce n'était qu'un stratagème visant à l'irriter et le faire parler... mais ça risquait de marcher. Oh oui, il lui parlerait, pour lui demander d'aller mourir plus loin, voir si son corps n'y était pas.

Quel fou... dire que j'en avais assez du silence !

« - Merci L pour cette brillante analyse, mais pour quelqu'un qui évite de se trouver à proximité d'une bouteille d'eau, tu en sais beaucoup sur sa composition.

- Sois proche de tes amis et encore plus de tes ennemis, fit-il en grand sage.

- Tu n'as pas d'ami, nota Watari, objectivement, sachant que ça ne blesserait pas L, dont le seul désir était de n'avoir jamais à se socialiser. Il vit le regard du détective bifurquer une seconde sur Light, avant de revenir aussi vite sur son nouvel ennemi -la bouteille d'eau-, si le vieil homme n'avait pas été si attentif, il l'aurait probablement manqué.

- Une autre raison d'être encore plus proche de mes ennemis.

Pourquoi Light sentait que le danger mondial que représentait la bouteille d'eau n'était plus le sujet ?

- Tu as survécu à Kira et une bouteille d'eau te vaincrait ? Demanda Watari en haussant un sourcil.

J'en peux plus...

- Elle est peut-être encore plus nocive. » Fit L, mais un sourire mesquin se dessina sur ses lèvres en entendant le soupira quasi imperceptible de Light. Dire que quelques instants plus tôt il maudissait le silence, et aurait tout fait pour entendre une voix.

Quel fou j'ai été.

Le silence était milles fois plus réconfortant que cette voix morne, froide, grave, presque robotique. Il avait espéré que L lui fasse une de ces leçons de morale bien connue sur le concept de justice, qu'il le menace peut-être un peu, puis Light lui dirait d'aller crever très loin pour voir s'il n'y était pas. Et tout serait normal, mais c'était sans compter L et son stratagème si ridicule que Light ne pouvait s'empêcher de soupirer d'irritation. Le ridicule, la puérilité de cet homme était incroyable. Lui était enchaîné dans cette cellule pieds et poings liés et le détective ne trouvait rien de mieux à faire que de débattre sur les vertus ou les non vertus d'une bouteille d'eau.

Quel fou !

L monta pieds les premiers sur la chaise, accroupit, en disant d'une voix à nouveau neutre, toute trace de la panique exagérée qu'il avait montré il y a quelques secondes ayant disparue.

« - Tu peux disposer Watari, je crois que notre invité a pris conscience de ma présence. »

Le vieil homme leva les yeux vers le ciel juste une seconde, pousser un brusque râle n'aurait pas été anglais, il ne montra pas l'exaspération que faisait naitre chez lui L. Parfois, il était plus gamin que tous les enfants de la Wammy's House.

« - Light-kun a fini de bouder ? » Demanda L en tournant sa cuillère dans sa tasse de chocolat, dans laquelle il avait rajouté encore un sucre.

Si Light se le serait permis, il aurait lâché un hoquet d'incrédulité. Il était enchaîné sur une chaise, prêt à passer à la potence -enfin, c'est ce que croyait L- et le détective nommait son irritation avec une telle boutade, comme si sa réaction était disproportionnée.

Le bâtard se foutait royalement de lui. Mais ils pouvaient jouer à deux.

Ses traits se tordirent soudainement, les mains sur ses genoux se crispèrent et enssèrerent son pantalon noir.

« - Ce... ce que... tu fais L est immoral ! Je... je ne suis pas un meurtrier ! Je... je ne suis pas Kira ! C'est illégal ! Je veux un... avocat ! » La voix aiguë de Light exprimait avec une parfaite tonalité la panique que devait ressentir un homme aussi jeune que lui dans une telle situation, son jeu d'acteur était poussé si loin qu'une légère goutte de sueur coula le long de son front pour disparaître sous son bandeau -mais L doutait que cette dernière ait été faite sur commande-.

L posa un doigt sur sa bouche, le mordillant d'un air boudeur.

« - Light-kun ne veut pas arrêter la comédie, ça en devient vite pathétique. Quel mauvais perdant.

- Je... je ne comprends pas...

- Je savais bien que Light-kun n'était pas aussi brillant qu'il le prétendait, alors je vais être très clair. Tu as perdu. Perdu. En somme vaincu. Autre synonyme, défait, échoué. Qui va de pair avec emprisonné ou arrêter, est-ce que l'un de ces mots te parlent ? »

Light résista à l'envie de serrer les dents pour s'empêcher de lui cracher au visage :

Merci, j'ai compris le concept général.

A la place, les mains posées sur les cuisses, il serra entre ses doigts tremblant le tissu de son pantalon et s'exclama :

« - Me narguez ainsi... tu n'as pas de conscience L ! Je suis innocent ! Jamais, je ne pourrais tuer ! Pren-

- Bien, continuons les cours de grammaire, fit L, en sirotant à nouveau son chocolat, les yeux rivés sur sa tasse, l'entêtement de Light l'ennuyait prodigieusement, tellement qu'il trouvait de moins en moins d'intérêt à cette petite vengeance en règle. Tu peux me donner des synonymes de tromper ?

- Un fou ! On m'a envoyé un fou ! » S'écria Light avec le visage le plus sérieux du monde, mais si L avait retiré son bandeau, il aurait été certain de voir des yeux brillants de plaisir de pouvoir l'insulter même en jouant la comédie. Sa tête se leva vers le plafond en direction d'une caméra imaginaire, comme si quelqu'un d'autre que L tenait les ficelles. « Envoyez moi... quelqu'un de sérieux... je veux sortir ! Quelle sorte de tortures psychologiques est-ce là ? »

Les yeux grands ouverts de L se rétrécir, et son air ennuyé disparut au profit d'une mine plus irritée.

« - Et Light-kun trouve toujours le moyen de faire de l'humour... et de m'insulter. Mais perds tes espoirs, Kira, tu n'échapperas pas au test grammatical, tu as peur de montrer au monde entier que tu n'es pas aussi intelligent que cela ! J'ai découvert ton vrai visage. » S'exclama L en sautant de sa chaise pour s'approcher de la cellule avec un air inquisiteur.

Light se retint de répondre avec un air tout aussi irrité : oui, crétin de détective. Mon vrai visage... je suis une bille en grammaire. Le jeune homme s'étonna lui-même, il ne mentait même pas quand il disait que L était un fou.

Mais pour ne pas casser son jeu, il continua :

« - Laissez moi appeler un avocat ! Ou ramenez quelqu'un de compétent !

- Tromper, mentir, jouer la comédie, suis mon regard. »

Si Light aurait pu, il aurait vraiment jeté un long regard significatif au détective. L ouvrit grand la bouche, dans une mine comique.

« - Effectivement, tu ne peux pas, le bandeau. Excuse mon étourdissement, fit-il, mais son ton était tout sauf désolé, alors qu'à chaque instant, il prenait un malin plaisir à rappeler à Light sa situation. Je dois t'en donner d'autre, ou ces mots sont-ils assez clair ?

- J'ai le droit de gar-

- Apparemment, non, aujourd'hui l'intelligence de Light-kun doit être atrophiée après avoir essuyé une telle défaite, donc je continue. » L'interrompit-il.

Light serra les dents, ne contrôlant plus le tic que prenait sa mâchoire quand quelque chose l'irritait. L lui rappelait sans cesse sa défaite, comme s'il pouvait l'oublier, comme si ce bandeau sur ses yeux, ses chaînes qui lui serrait le poignet, ce silence infernal, ne faisaient pas déjà un excellent rappel. D'habitude, si un être nuisible comme L entrait dans son espace vital, la solution était simple : un sourire, un air aimable, et soit le dit être nuisible le prenait pour un abruti simplet, ou alors comprenait que Light l'ignorait royalement et s'en allait simplement.

Or, ce serait franchement étrange de sourire dans cette situation, emprisonné, attaché, aveugle, avec un fou pour interlocuteur. Il se contenta alors d'abimer légèrement sa dentition.

« - Abuser, berner, duper, induire en erreur, embobiner, feindre. Nous pouvons aussi utiliser le langage populaire si tu le souhaites. Entuber, couilloner, bais-

- Et c'est ça qui m'a jugé coupable. » Fit Light sèchement, toujours en direction d'une caméra invisible, comme si L n'était rien d'autre qu'un laquais de seconde zone.

Pourquoi L sentait que le « ça » de Light ne désignait tant pas ses synonymes que lui-même.

Le détective commençait à sentir le début d'une irritation poindre. Ce qui n'était pas normal... Il rajouta encore quatre sucres dans son chocolat. Son taux de glucides dans le sang devait être en chute libre... L lança un regard méfiant à la bouteille d'eau... hmm... et si Watari avait acheté un de ces fichus chocolat en poudre ou il suffisait de rajouter de l'eau...

Il sortit un sachet de sous le chariot, et y plaça précautionneusement la bouteille... échantillon à vérifier.

Le détective sirota lentement le reste de son chocolat, espérant que son irritation disparaitrait lorsque son organisme serait de retour à la normal, gobant au passage un morceau de la tarte aux pommes qu'avait faite Watari.

Il leva légèrement les yeux sur son prisonnier qui se tortillait nerveusement sur sa chaise, quand il n'était pas occupé à appeler les services plus compétent et quand il ne clamait pas qu'on ne faisait pas appel à un fou pour décider si un autre est fou. Mais que faisaient les psychiatres ?

Et son irritation ne s'amenuisait pas, elle montait même en crescendo, à chaque fois que Light ouvrait la bouche... ouvrait la bouche pour parler à une caméra invisible, à un soi disant grand chef invisible derrière la caméra invisible, qui serait aussi le chef invisible de L.

En somme, le détective, les lèvres pincées résuma sa pensée, il était irrité parce que son prisonnier... l'ignorait. Bien sûr, L pensait bien que Kira ferait tout pour qu'il ne puisse pas savourer sa victoire comme il se doit, et de toute façon, ce n'était pas comme s'il voulait véritablement la savourer. Bien sûr, L était rancunier, et cette petite visite était juste un petit plaisir personnel, mais ça n'avait rien avoir avoir avec cette victoire...

Ce qui le dérangeait nettement plus que le mépris de sa personne, c'est bien que Light niait toujours avec une force farouche être Kira, alors qu'il y avait 97,8 % de chances qu'il se fasse incarcérer à vie au meilleur des cas, sinon... tué. Il s'en assurerait lui-même. Et Light ne pouvait pas ignorer ça, si ce jeu de l'adolescent innocent inculpé à tort était sa défense, il serait plus que déçu.

Donc il en conclut très intelligemment que si Light agissait ainsi, c'était juste pour être une nuisance à ses capacités motrice. En somme, il voulait juste le pousser à bout de nerfs.

Alors, il fit quelque chose qui manqua de donner à Watari derrière le moniteur une crise cardiaque – le vieil homme bifurqua un instant vers le death note sur la table derrière lui, mesure de précaution-. L sortit des clés de sa poche... Light arrêta sa comédie en entendant le bruit de la serrure tourner, puis celui des gonds mal huilés de la porte qui grinçait, et les pas trainant de L sur le sol.

Light fit mine de déglutir, nerveux. Si maintenant, il se mettait à balbutier, ou à montrer ouvertement une peur que tout homme dans sa situation devrait ressentir, il sur-jouerait. Tout ceux qui le connaissait pourrait dire aisément au tribunal à quel point mauvais acteur, il était. Tout ses proches savaient ce que sa fierté représentait pour lui, mais s'il laissait paraître un manque total d'intérêt... alors autant écrire coupable sur son front en lettres rouge. Le mieux était encore de paraître juste légèrement nerveux.

« - Watari, appela L en refermant la porte de la cellule derrière lui.

- Oui L ? Répondit une voix robotique qui résonna dans la cellule et le couloir.

- Coupe les micros et les caméras.

- Très bien, accepta Watari, aisément, pensant que L voulait faire croire à Kira, que maintenant il pouvait parler librement, bien que le vieil homme ne croyait pas Kira aussi crédu-

- Vraiment Watari, ma dose de sucre est tout à fait dans ma norme, je suis en pleine possession de mes capacités intellectuelles. » Jugea bon de préciser le détective.

Le vieil homme ferma les yeux et se les frotta longuement, sachant que L ne plaisantait pas sur ce genre de choses... tout simplement parce qu'il ne plaisantait jamais.

Le détective observa avec désintérêt les doigts de Light triturer nerveusement son pantalon. Il s'approcha et pencha son visage jusqu'à ce que son prisonnier puisse sentir son souffle sur son visage. Un sourire béat étira ses lèvres, quand il vit le léger frémissement qui avait retroussé le nez de Light dans un air dégoûté.

« - As-tu quelque chose à redire sur mon haleine Light-kun ? Tu n'aimes pas les pommes ? »

Light pinça les lèvres, savoir que son pire ennemi était si proche, qu'il pouvait l'observer, le détailler sans vergogne, alors que lui était coincé dans l'obscurité était gênant... vraiment dérangeant. Le jeune homme n'aimait pas les familiarités que prenaient L avec lui, mais après tout que y avait-il de plus proche que de lui être enchaîné pendant des semaines ?

« - Tu es vraiment mala-

- Tsss... » L'interrompit L en mettant un doigt sur ses lèvres, qui s'entrouvrirent légèrement. Le détective retira son doigt aussitôt qu'il sentit sur sa peau la surface dure des dents de Light, il n'était pas sûr que Light ne soit pas assez puéril pour le mordre, après tout, il était comme lui. Il sortit un mouchoir de sa poche pour essuyer son doigt tout en parlant :

« - Tu n'as plus besoin de feindre l'ignorance Kira. Parle librement, n'as-tu pas envie de me cracher ta haine ? Je t'offre cette occasion sur un plateau d'argent. »

C'était tentant, plus que tentant...

Son père lui disait souvent que la vengeance n'apportait rien de bon, qu'au final, celui qui souffre le plus, est celui qui s'est vengé. Pourtant Light pourrait lui assurait que si là, ici, maintenant, il pouvait blesser L, l'humilier... ou même juste lui lancer une pic, ça le soulagerait au point d'en toucher à la jouissance.

Mais il ne pouvait pas.

Light ferma les yeux sous son bandeau et inspira légèrement. Il s'autorisa tout de même à donner à L un de ses sourires moqueurs que, même si les caméras étaient toujours en marche, elles ne pourraient pas enregistrer. Le corps de L penché au-dessus de lui, cachait son visage au reste du monde qui n'était pas lui.

Et ce sourire, L l'interpréta facilement par :

Comme si je te faisais confiance.

Et même, si par folie, je te croyais... crois-tu que je te ferai ce plaisir ?

C'était sûrement ce que voulait dire Light, parce que c'est ce que lui aurait dit dans ce cas là.

Ou peut-être parce que le détective savait que même à la fin, Kira et L ne pouvaient pas se parler honnêtement et directement. Light et Ryuzaki, oui, certainement. Mais pas Kira et L. Jamais. Depuis le début, leur peu d'échange s'effectuait à l'aide d'un écran, ou d'une tiers personne telle qu'une victime de Kira... mais jamais directement... parce que la rencontre de Kira et L, signait nécessairement la mort de l'un d'eux. Et chacun d'eux avaient compris ça depuis longtemps, et maintenant, à la fin, ça n'avait jamais été aussi vrai. Light devait en avoir parfaitement conscience.

-« Effectivement, c'est plus que logique. » Fit L pensif en reculant son visage de celui de Light.

Light haussa un sourcil sous son bandeau.

« - Je n'ai rien dit, si tu entends des voix, je pense que tu es effectivement fou, L.

- Hmm... Light-kun croit être vraiment le centre du monde. Tu n'es pas le seul organisme vivant et intelligent ici, nota L.

- Très bien. Excuse moi d'interrompre ta conversation passionnante et d'un haut niveau intellectuel, je ne puis en douter, avec un mur de pierres, rétorqua-t-il, sèchement.

- Un mur de pierres, n'est ni vivant, ni intelligent.

Light manqua de rouler des yeux.

- Par ailleurs, je trouve que tu t'acclimates très bien à ton nouvel environnement. Tu ne détonnes pas dans tout ce décor. C'est vrai, pour toi, si soigneux. Je me suis trouvé être généreux et t'ai offert un cinq étoile, continua L en marchant relativement lentement autour de la minuscule pièce.

- Je me sens presque venir une bouffée de gratitude, mais elle reste coincée dans ma gorge, je ne comprends vraiment pas pourquoi.

Avant que L puisse dire à Light qu'il était en train de faillir à son rôle -ce qui n'avait pas d'importance puisque les caméras n'enregistraient plus-, le jeune homme continua :

- Une telle incarcération est-elle légale ? C'est inhumain ! S'exclama Light dans une trop parfaite imitation d'un gosse pourri gâté. Mais L doutait que ce soit vraiment une imitation, après tout, Light faisait grand cas de son apparence, il était extrêmement soigneux et méticuleux.

- Ce qui est inhumain pour Light-kun, c'est d'avoir les toilettes dans la même pièce que la salle de bain, commenta L, d'un ton monotone et parfaitement objectif.

Les yeux du prisonnier se plissèrent sous le bandeau... dans la même pièce ?

- Non, c'est d'avoir les toilettes dans la même pièce que le lit, si lit, il y a, rétorqua Light, froidement.

- Oh, je vois, à l'aide de jérémiades plaintives indignent d'un grand assassin, Light-kun tente de récolter des informations sur son logement... tu ne m'auras pas avec un si vil piège. »

Cette fois, la bouffée de gratitude s'échappa dans un soupir, un énorme soupir. Il épuisait inutilement sa salive pour rien, puisque L ne trouvait même pas l'intelligence d'être vexé, et utilisait le même stratagème contre lui. Alors, Light décida de se taire, il ne manquerait plus qu'il accepte de distraire son ennemi.

L recula et s'assit finalement sur la couche un peu plus loin, observant son prisonnier, fasciné.

Oui, il était enfin son prisonnier.

Alors pourquoi ne jubilait-il pas ? Bien sûr, L avait conclu depuis longtemps, que Light ne lui était pas indifférent. En temps normal, l'arrestation d'un prisonnier n'occupait pas ses pensées. Une énigme était résolue encore une fois sur un même modèle, et à force d'avoir trop percé de mystères, la résolution d'un cas perdait de sa saveur et lui devenait indifférente. Pourtant, que ce soit dans une partie d'échec, un jeu d'esprit, ou même un match verbal, une petite victoire sur Light/Kira le rendait d'une étonnement bonne humeur. Alors maintenant qu'il avait eu la victoire, la grande Victoire avec un grand V, qu'il marchait sur le champ de bataille, toujours debout -ou partiellement debout-, pourquoi n'exultait-il pas ?

Une raison de plus de détestait Light... parce qu'il ne correspondait à aucun schéma émotif logique. L'adolescent chamboulait le cheminement de pensées basique auquel il s'était toujours assimilé. C'est-à-dire, se plaire à avoir une déficiance et même un manquement dans l'ordre des sentiments. Bref, un handicapé social.

« - Je trouve une ressemblance étonnante entre toi, Light, et ses murs de pierres, commenta L, distraitement.

- Je ne dirai pas un mot de plus sans la présence de mon avocat.

Mais la vraie pensée de Light était :

Si tu pouvais faire plus ample connaissance avec eux L, ça m'arrangerait.

- Tu dois attendre 24 heures, à moins que tu souhaites que je te cherche moi-même un avocat ?

- Je n'ai pas de désir de mort, L.

Va-t'en rien que ta présence m'insupporte.

- Excuse moi de pouvoir me tromper » Fit le détective, sèchement. Il sauta pied joint de la couche et s'approcha de Light, jusqu'à ce que son torse touche le dos de la chaise. Ses lèvres s'approchèrent du lobe d'oreille de son prisonnier, sachant que cette familiarité faisait bouillir de rage Light et pour la première fois, lui parla sérieusement, sans non dits, la conversation prit enfin un sens :

« - Dès le premier nom inscrit, dès ton premier meurtre, tu as pactisé avec la mort Light Yagami. Pas seulement celle des autres, mais la tienne. Peut-être n'es-tu pas aussi perspicace et lucide que tu te l'imagines ? Durant tout ces mois, ne t'es-tu aperçu de rien ? Ne t'es-tu pas aperçu qu'à chaque nom écrit, à chaque mort donnée de ta main, tu t'approchais un peu plus de ta propre mort ? Ne me dis pas que maintenant, emprisonné comme tu l'es, tu n'as pas conscience de ta perte. »

Ses paroles étaient celles d'un regret, du regret de ce qui aurait pu être, de ce qui aurait être s'il avait fait le bon choix, aucun autre ton ne collait avec de telles paroles. Et pourtant, la voix de L était toujours dépourvue d'inflexion, aussi monotone qu'une machine. Light eut un rictus, lui au moins était encore capable de sentir le regret, c'était juste qu'il ne se le permettait pas. Mais il en était capable. A la différence évidente de L... qui était vraiment le monstre dans l'histoire ? Qui n'avait véritablement pas d'âme ?

« - Je suis innocent. » Répéta Light, inflexible, ce qui acheva d'irriter et d'ennuyer parfaitement L, alors qu'il allait encore se moquer de son prisonnier. Light reprit : « Mais quelle importance pour toi, L. Innocent ou non, tu m'avais déjà désigné comme Kira, Kira ne peut être quelqu'un d'autre dans ton esprit.

- Bien sûr puisque toutes les preuves convergent vers toi, Light Yagami.

Light secoua la tête, se sentant infiniment supérieur en comprenant ce que L peinait à réaliser.

- Non, qu'elles convergent vers moi ou pas, cela n'avait pas tellement d'importance au final, car tu voulais que je sois Kira. Oui, L tu le désirais, tu le voulais. Tu peux continuer à mentir aux autres quand tu dis que ne voulais pas que je le sois, mais tu ne peux te mentir à toi-même.

- Pourtant tu es passé maitre dans l'art du mensonge » Remarqua L.

Light ignora le sarcasme en même temps que le souffle du détective sur son oreille, content d'avoir trouvé un moyen de décontenancer son ennemi.

« - Cela aurait été un affront personnel contre toi, si je n'avais pas été Kira, ose dire que tu ne l'aurais pas ressenti comme une insulte. »

Light avait une grande connaissance des rouages mal huilés qui composaient l'esprit humain, entre ses mains la manipulation avait transcendé jusqu'à être de l'art. Et il savait ce qui devait s'insinuer en L, le doute.

« - Es-tu sûr que tu n'as pas interprété les faits, comme ce que tu voulais qu'ils soient. »

L posa ses lèvres sur l'oreille de Light tout en sifflant avec un sourire béat.

« - Tu veux me faire douter ? » Comme d'habitude, le détective énonça tout haut ce que Light pensait tout bas. « Je savais Light-kun rêveur. Je félicite ton imagination débordante, mais ton rêve touche du miracle et après de longues études j'ai estimé à 0,0001 % de chances qu'un miracle se produise. En d'autre termes, Light. Tu as perdu. C'est la fin de la bataille et je l'ai remporté. »

Light sentait les lèvres de L former un sourire contre sa peau. Il grogna et d'un geste sec, envoya sa tête en arrière, frappant L avec l'arrière de sa tête directement dans son visage. Un claquement sec résonna, L recula sous la force de l'impact, une force menée par la rage. Avec une moue boudeuse, il toucha sa bouche, sous la surprise le détective s'était mordu la langue.

« - Je rends toujours les coups qu'on me donne. »

Il pivota la moitié de son corps, pour donner de la force à sa jambe, et frappa Light directement dans l'estomac, la chaise vacilla et tomba sur le sol, Light avec, la joue collée contre le bitume froid et poussiéreux, un frisson de dégoût traversa son corps.

Quelle position indigne ! A terre devant son ennemi. Il se tortilla légèrement sur la chaise pour trouver une position plus confortable que couché sur le sol devant L, comme un chien devant son maître, mais ne parvint pas à faire bouger la chaise suffisamment, et demander à L de le relever ? Là il avait un désir de mort.

L conclut d'ailleurs que l'ampleur de l'orgueil et de fierté qui résidaient dans Light, l'empêcherait sûrement de lui demander de relever sa chaise, et sortit, jugeant l'avoir assez agacé aujourd'hui.


Soichiro Yagami longea lentement les rues Tokyo, à cette heure de la nuit, seuls les vagabonds trainaient encore, et pour une fois, il se sentait à leur place avec eux, dans leur désespoir, dans leur misère et dans leur colère. Il n'avait pas eu la force de rentrer en voiture, ses nerfs étaient tellement agités, son esprit si confus, qu'il ne se pensait pas capable de conduire prudemment, c'était la raison la plus logique, la raison qui en cachait une autre... il ne voulait pas rentrer chez lui.

Soichiro ne voulait pas voir le sourire de sa fille, sa jeunesse et sa vitalité, ne voulait pas voir le visage doux de sagesse et d'amour maternel de sa femme, voir leur visage se ternir, leur lumière vaciller, leur vie se détruire. Il ne ne se voyait pas leur apporter cette douleur, il ne voulait pas être le messager de mauvais augure.

Comme il n'avait pas voulu que Light soit un meurtrier.

Mais Dieu ne semblait pas vouloir exaucer son propre vouloir.

Le policier préférait penser à l'impact qu'avait la culpabilité de Light à travers le regard des autres plutôt qu'à travers son propre regard. C'était plus facile, on se sentait tout de suite plus indifférent et plus détaché. Plus détaché à sa propre honte. Le vieil homme n'avait pas été capable de regarder ses compères en face... maintenant il n'était plus seulement Soichiro Yagami, un policier juste et respectable, plus un homme autoritaire et honnête. Non, cette nuit, Soichiro Yagami était mort, maintenant tout ceux qui sauront la vérité, le verrait comme le père de Light Yagami.

Le créateur de Kira.

Son identité avait changé en un instant, pour rester maintenant éternel. C'est bien ce que faisait la postérité. Et même si Kira incarnait pour lui le plus grand Mal du monde, il était célèbre. Trop célèbre. Et comme son père, il devenait tout aussi célèbre

Ceux qui le verront pourront-ils le cacher ? Derrière de la pitié ? De la condescendance ? Sans doute. Les meilleurs derrière de la compassion, mais tous le penseront, tous auront cette petite voix insidieuse qui sifflera tel un serpent : il est le père de Kira.

S'il avait tué son fils de sa main, ça aurait peut-être lavé son honneur, pas aux yeux des autres, mais à ses propres yeux... mais aurait-il pu ?

Cette faiblesse le rendait malade, le tuait encore plus que l'immense trahison de son fils, sa chair et son sang. Comment pouvait-il encore éprouver une once d'amour pour un être comme Kira, même si cet être se trouvait être son enfant ?

Kira...

Son premier enfant, celui qui lui a fait découvrir le bonheur, la fierté et l'amour d'un père. Aujourd'hui, Light lui arrachait scrupuleusement cette fierté et ne lui laissait plus que la honte.

C'est ce qu'il aurait espéré, mais la honte n'était qu'une façade, un mur rouge de briques mal empilées qui laissait passer des ombres de sa douleur. Sans amour, il n'y avait pas de douleur. Et sa douleur était si forte, qu'il comprit que malgré lui, son amour pour Light demeurait encore vif dans son coeur, toujours constant, constant dans sa force, constant dans sa pérennité, constant dans sa souffrance.

C'était son fils.

C'est son fils.

Du coin de la rue, il repéra sa maison, les lumières étaient toujours allumées dans la cuisine. Il baissa lentement la tête, son corps vidait de tout énergie et regarda l'aiguille tourner sur le onze.

23 heures... et sa femme devait encore l'attendre.

Soichiro n'était pas un homme lâche, certainement pas. Mais il ne pensait pas qu'il était possible d'éprouver un courage nécessaire pour faire la chose qui détruira sans doute sa vie. Le masochisme n'était pas une de ses pratiques.

D'ailleurs, comment pouvaient-elles le croire ?

Il avança encore plus lentement, la lassitude d'un vieil homme accablait son corps, la force d'avancer disparaissait à la même vitesse que volait en éclat l'espoir, la volonté de continuer dans la vie, la volonté de faire ce qui est juste.

A chaque pas, sa maison prenait de l'ampleur, comme les coups d'un tambour, toujours plus fort, toujours plus vite, avant d'avoir la détonation finale. Soichiro s'arrêta devant sa porte, indécis. Mais comme le sort aujourd'hui n'était pas avec lui, et qu'il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin, il poursuivi sa torture cruelle.

Sa femme ouvrit, l'ayant aperçu par la fenêtre.

« - Tu rentres encore tard mon chéri, j'espère au moins que le bureau est reconnaissant de tes heures supplémentaires. » Fit-elle d'un ton sévère, mais ses yeux étaient tous sauf froids. « Eh bien, entre. » Continua Sachiko en voyant son mari immobile. Il se déchaussa machinalement, évitant à tout prix de regarder l'escalier qui menait à l'étage, la chambre de Light, une chambre qui ne reverrait plus jamais son propriétaire, une chambre qui détonnait tous les détails de la vie de son fils, une chambre... qui était son refuge pour tuer.

« - Dure journée ? » Demanda sa femme, avec un air plein de sollicitude.

Il s'approcha et l'enlaça doucement, se complaisant dans sa chaleur, dans son odeur, dans le son de sa voix. Tout pour réchauffer son coeur qui mourrait d'une lente agonie, qui se recouvrait d'une couche de glace qui deviendrait bientôt incassable.

Soichiro ne voulait pas que la trahison de Light le change, car c'était bien un coup durement porté contre sa confiance. Il ne voulait pas devenir plus méfiant, plus froid. Pourrait-il être encore capable d'aimer et de faire confiance ?

Oui, rien ne changerait, Kira ne le détruira pas. Il se le promit.

Et c'est pour ça que...

« - Tu ne t'imagines pas. » Il força ses lèvres à s'étirer dans une parodie de sourire. Sa femme le mit sur le compte de la fatigue et le prit par la main pour le conduire à la cuisine.

« - Viens, je vais te réchauffer ton dîner. Tu dois avoir faim.

Rien ne changerait, non rien ne changerait.

- Sayu dort ?

- Oui. Light n'est pas rentré avec toi ? Il n'est toujours pas là. »

Les traits du front de Sachiko se plissèrent dans le souci et Soichiro paniqua un instant. Non, il ne pouvait pas leur dire... mais quel idiot, croyant que rien ne changerait, croyant qu'il pourrait encore garder la chaleur de son foyer intact.

Et finalement, la pensée qu'il avait évité depuis des heures vint, détonna comme on tir une balle. Vive, précise, inéluctable.

Un jour, ils sauront. Et ce sera lui qui devra leur dire, pas un autre. Lui.

Mais juste... pas ce soir, parce que leur dire, ce serait dire à voix haute : Light est Kira.

Ce serait l'acceptait, mais comment l'accepter alors que lui-même ne comprenait pas. Chaque mot avait une signification, chaque mot lui était plus que familier, mais c'est juste que dans son esprit, les mots ne voulaient pas prendre sens. Son esprit refusait d'associer une image à ses mots et ainsi prendre forme. Dans sa tête, le masque de l'affreux Kira était trop laid sur le visage de Light pour concorder.

Et c'est pour ça que pour la première fois, Soichiro ne fit pas ce qui était juste, ce que sa morale lui dictait de faire, pour la première fois la raison s'inclina devant la passion :

« - Il m'a appelé pour me dire qu'il dormait chez un ami ce soir. »


Fin du chapitre.

Si vous avez quelque chose à me dire, n'hésitez pas, je suis nouvelle dans l'univers de death note. Je m'en sors comme je peux.

Shadow.