Note : Le disclaimer est dans un ou les chapitres précédent, flemme.
Tout d'abord excusez la lenteur quant à la publication. Entre déménagement, nouveau mode de vie etc... je suis débordée !
Attention : Veuillez m'excuser aussi pour le changement de guillemets impromptu, beug sur oppen office, pas moyen d'y remédier.
Et les paroles en italique (non pas que je sois une fan de la lecture tordue) mais c'est pour le dialogue lorsque le mode est peu conventionnel (à travers un micro par exemple)
Sinon, je vous dis un grand merci pour vos reviews ! I like it ! Et je réponds aux anonymes en bas de page (je sais, c'est interdit mais vous allez pas me dénoncer... hein?)
Bonne lecture.
"La peur de l'ennemi détruit jusqu'à la rancune à son égard." Dostoïevski
"Est-il imaginable que Dieu ait pu, par rancune, créer l'homme à son image dans le seul but de le rendre fou ?" Edgar Allan Poe.
Chapitre 3 : Que la bataille commence !
« - L le président des Etats-Unis et celui du Japon sont en vidéo conférence. »
Le détective se tourna à peine vers Watari qui venait d'arriver, les yeux obstinément fixés sur le death note, posé sur la table devant lui. Il pivote avec son fauteuil légèrement sur la droite pour faire comprendre au vieil homme qu'il avait conscience de sa présence, puis, il sauta de sa chaise et se dirigea vers les écrans d'ordinateur. Du bout du doigt, il appuya sur une touche et soudain le si célèbre sigle du détective L couvrit l'entière totalité de l'écran.
Ses yeux dérivèrent légèrement vers le coin : 07h 03. Un rictus inconscient étira ses lèvres alors qu'il se tourna vers l'écran noir plus loin sur sa gauche.
Watari déplaça à son tour son regard vers l'écran d'ordinateur qui avait pour fonction la surveillance de la cellule de Kira. L'écran était toujours noir, L ne l'avait pas rallumé.
Etrange.
« - Ce n'est pas prudent. » Remarqua-t-il en s'approchant. L qui était dos à lui se retourna, sa petite cuillère où était empliés trois sucres sur le bout des lèvres. Il baissa ses yeux charbons sur les morceaux, puis releva la tête l'air boudeur.
« - Je pensais que nous avions déjà constaté depuis longtemps que le sucre n'est pas mauvais pour mes fonctions cardiaques et ma physionomie, mais particulièrement stimulant pour ma matière grise.
- Hm, hm... »
Watari secoua la tête, visiblement amusé, mais étant bien trop anglais pour laisser échapper son rire, les plis au coin de ses yeux se contentèrent de s'adoucir.
« - Je ne parlais pas de ce danger là mais maintenant que tu le dis.
- Hm, hm L...
- Ahahaha ! Tu avoues enfin l'arsenic qu'était cette horrible bouteille minérale ! Je le savais ! Je le savais ! Je suis un génie ! S'exclama-t-il en souriant béatement.
- L pourriez-vous... »
Watari soupira, sentant une énième fois devant la puérilité, le comportement infantile du détective, le poids de son âge tomber sur ses épaules. Il connaissait trop bien son protégé, son éléve, celui qui était comme un fils pour lui, pour ne pas déceler la tentative de diversion, que L arrivait toujours à faire passer avec brio.
« - Pourquoi la camera de la cellule de Light Yagami n'est-elle pas branchée ? »
Le fauteuil à roulette de L pivota légèrement vers la gauche, sa bouche s'entrouvrit légèrement, restant mi bouche-bée quelques secondes, avant de se pincer les lèvres, pensif.
« - Effectivement, je n'avais pas remarqué, termina-t-il, en se tournant à nouveau, dos à Watari.
- L... »
Le vieil homme n'apprécia pas cette remarque désinvolte et surtout mensongère, comme si L n'avait pas passé toute la nuit à contempler Light Yagami. Son ton se fit plus autoritaire qu'avant.
« - Alors cela ne te gênera pas si je vérifie comment se porte notre pr...
- Mon. »
Si Watari n'avait pas été si anglais, il aurait bien roulé des yeux.
« - Ton prisonnier.
- L, allez-vous m'écouter... »
L ne prit pas la peine de se tourner vers Watari et porta les sucres empilés à ses lèvres, c'est en les croquant qu'il répondit :
« - Ne te donne pas... grmmpf... cette... p grrmmpff peine. »
Watari sortit un mouchoir de la poche avant de sa veste de costume et s'approcha pour le tendre à L, qui leva automatiquement le bras, avant même que le vieil homme ne puisse l'atteindre. Puis, il s'essuya le bout des lèvres.
« - J'aurais mieux compris sans les bruits de mastications.
- L ! »
L suça le bout de ses doigts, tout en continuant :
« - Ne te donne pas cette peine, que peut-il lui arriver, excepté une crise cardiaque ? »
Watari ne nota pas la plaisanterie de mauvais goût et les restes d'un rare malice vint tirer le coin de ses paupières, donnant une lueur plus ludique à ces yeux habituellement si sages.
« - Oui mais il reste une probabilité.
- Trop infime, rétorqua L, automatiquement.
- Une quand même.
- De l'ordre de 0,0001 % sa physionomie, son âge, son état mental plus froid que mes glaces, rend cette possibilité quasiment nulle.
- Mais il en reste une, se borna Watari.
- L ! Allez... »
L se tourna violemment sur son fauteuil, tordant son corps dans une posture bien étrange pour rencontrer le regard de Watari derrière lui.
« - D'accord, l'honnêteté est une vertu d'après de grands philosophes, il semblerait que j'ai oublié de rémunérer l'homme qui s'occupe du service qui tente de nous fournir malhabilement en énergie.
- Tu n'as pas payé la facture ? Traduit-il.
L hocha la tête, avec un air monotone.
- Cela est plus que normal, étant donné que c'est moi qui m'occupe de ces affaires. » Précisa Watari, s'il laissait L s'occupait des papiers administratifs, ils vivraient en ermite dans une caverne et le détective se servirait sûrement de lois essentielles de la physique pour transformer son bras en une antenne satellite sans se poser plus de question.
« - Oui, mais la conclusion reste la même : je n'ai pas rémunéré cette pauvre compagnie et de ce fait...
- L NOM DE DIEU ALLEZ VOUS FINIR PAR M'ENTENDRE ? »
L'air jusqu'à présent monotone de L changea légèrement, sa mâchoire tiqua et il retrempa le reste de ses sucres dans la tasse de chocolat devant lui. Puis lentement, il se tourna vers l'écran qui montrait le président des États-Unis d'un côté, et celui du Japon de l'autre. Si le président nippon ne montrait aucun agacement, parfaitement stoïque, celui de l'Amérique se montrait légèrement plus irrité.
« - Finissez de scander ma lettre, monsieur le président, peut-être finirez vous par vous trouver une voie musicale. » L parla un anglais qui ne souffrait d'aucun reproche, tout aussi parfait que celui de Watari, sa voix n'était pas plus haute que d'habitude et pourtant, Watari sentait une différence. Il restait derrière le détective, le dos bien droit, prêt à désamorcer la prochaine guerre.
« - Parce que vous m'entendiez tout ce temps ? Ragea l'homme.
- Ai-je laissé paraître une déficience auditive ? » Demanda le détective, naïvement.
Le président des États-Unis grogna quelque chose à l'encontre d'une tiers personne sur sa gauche et qui n'apparaissait pas à l'écran, sûrement son pauvre assistant. Si vous demandiez l'avis de L, il vous dirait que c'est tout sauf une promotion que de devenir l'assistant de l'incompétent qu'est Bush fils.
« - Ne me manquez pas de respect, surtout pas », le prévint le président avec un air trop arrogant pour ne pas marcher sur les plates bandes de L. Parce qu'il était président des États-Unis, il se prenait pour le maître du monde ?
« - Tiens, votre sourire à tout de suite l'air moins publicitaire, mais que fait votre président de campagne ? » Nota le détective, avec un air tellement pas arrogant ou insultant, tellement monotone, et donc qui avait l'air de sortir tellement du fin fond de sa pensée que s'il l'avait insulté, ça l'aurait sans doute moins vexé.
Le président du Japon toussota légèrement avant que Bush ne puisse répondre quoique ce soit, si tant est insulter son assistant.
« - Je souhaite avant que nous entrions dans des détails moins élogieux, vous félicitez et vous remerciez L. » Puis, comme pour appuyer son respect, le président du Japon s'inclina légèrement.
Le détective remarqua que son parler anglais était parfait, excepté son léger accent japonais qui laissait des traces. Il n'avait jamais eu à faire avec le président du Japon, du moins jamais directement, il semblait aussi âgé que le président Bush, mais sa posture avait quelque chose qui inspirait le respect. Son air sérieux et cultivé détonnait fortement avec celui des États-Unis, qui sauf pour poser dans une publicité pour dentifrice n'avait aucun réel talent.
« - Votre réputation vous précède avec raison. »
L hocha la tête, en quittant l'écran des yeux pour reprendre un sucre en bouche.
Watari soupira... la crise était-elle désamorcée ?
« - Je vous remercie de vos compliments. » Se contenta-t-il de dire, d'une même voix monotone. Watari secoua la tête, espérant qu'ils ne prennent pas encore ce ton pour de l'ingratitude. « Mais je ne l'ai pas fait pour la gloire, uniquement pour la justice. »
« - Oui, oui, L nous savons. » Fit Bush précipitamment, coupant court aux compliments du président japonnais, comme si ça lui arrachait les dents d'entendre quelqu'un d'autre que lui-même être complimenté. « Et nous vous en remerciant encore une fois grandement. » Son ton indiquait qu'il était tout sauf reconnaissant. « Maintenant parlons affaire. »
« - Affaire ? » Répéta L, lentement, en montrant du doigt une tarte aux pommes sur la table à sa gauche. Watari alla la lui donner.
« - Oui, affaire judiciaire. Je pense qu'il serait juste que Kira soit jugé aux États-Unis. »
L saupoudra la tarte avec du sucre fin que lui tendait Watari.
« - Je me trouve en position de protester , fit le président du Japon, toujours aussi calme. Kira se trouve être Light Yagami, un japonnais. C'est au Japon de le juger. »
Le président des États-Unis s'esclaffa sans retenu.
« - Vous ? Juger votre propre meurtrier ? Vous êtes le créateur de ce tueur en série ! Un homme qui est responsable d'un véritable génocide ! Et puis quoi encore ? »
Cette fois-ci entre deux bouchées, L releva brièvement la tête pour voir la réaction du chef du Japon.
« - Vous accusez tout un peuple, pour l'oeuvre d'une seule personne. »
L remarqua l'air toujours aussi serein du japonnais, là où Bush aurait explosé depuis longtemps, lui restait imperturbable alors même que son pays se faisait rabaisser, sa culture était bien ancrée en lui, tout comme Light d'ailleurs. Leur sang-froid était impressionnant.
« - N'avons-nous pas fait de même avec Hitler, vous devez bien en être au courant non ? » Bush faisait bien entendu référence à l'alliance entre le Japon et l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, mais l'autre ne le releva pas ou fit semblant de ne pas le relever.
« - La situation est différente, aucun d'entre nous n'a voté pour l'ascension au pouvoir de Kira, nous n'avons pas collaborer. A votre différence, nous avions une équipe d'enquêteur qui malgré votre retrait, travaillait toujours dans l'ombre pour arrêter Kira. »
L se retint d'ajouter que c'était contre l'avis même du Japon au départ, et que c'était bien sûr une équipe illégale.
« - N'oubliez pas votre place ! N'oubliez pas à qui vous devez votre puissance ! » Grogna Bush, la mâchoire serrait et ses petits yeux lançant des éclairs. L appuya sur le bouton impression écran, cette pose ferait fureur aux prochaines campagnes.
Cette fois-ci, Watari roula des yeux pour de bon.
« - Et n'oubliez pas que c'est le peuple japonnais qui a souffert le plus des crimes de Kira. Nous avons été en grande partie les victimes. Ce n'est donc que justice que ce soit notre pays qui le juge. »
« - J'espère alors que vous avez une autre définition de la justice que celle de votre meurtrier. »
L suça le sucre sur ses doigts, tout en disant :
« - Pourquoi ne cessez-vous de rappeler que Light Yagami est japonnais ? Je ne pense pas qu'avec un nom pareil, nous puissions oublier ses origines. »
Bien sûr que L savait parfaitement pourquoi Bush aimait rappeler l'identité de Kira, pour rabaisser le Japon, pour lui faire sentir l'horreur qu'avait crée leur culture, mais c'était plus qu'amusant de démanteler la stupide et simple stratégie du président américain en la dévoilant à voix haute.
« - Je suis certain que vous conviendrez que cette discussion est vide de sens, puisqu'en ce qui concerne les modalités du jugement de Kira, je suis celui à qui revient la décision », reprit-il.
Cette fois, Bush explosa et envoya les papiers qui se trouvaient sur son bureau devant lui -qu'il reconnut aisément comme celui de la Maison Blanche- voltiger plus loin.
« - Vous n'êtes qu'un sous-fifre, aux ordres de votre pays ! »
L se contenta de pencher la tête vers la gauche, un air interrogatif sur le visage, que bien entendu les présidents ne purent voir.
« - Je ne me souviens pas avoir eu jamais le droit de voter, d'où tenez vous que ma nationalité est américaine ?
- C'est du pareil au même, vous êtes au service de l'humanité !
- Que c'est plein de passions. » Se moqua L, avec un rictus narquois.
Watari sentit la situation dégénérer et ne voulant pas se trouver entre L et Bush, descendit dans le sous-sol, pour finalement voir ce qu'il en était de Light Yagami.
Light ignora les rires de Ryûk, qui étaient plus que cinglant et qui meurtrissaient son ego à un point inimaginable. Il devait profiter de l'occasion, il ne l'aurait certainement plus jamais. L avait éteint la caméra sans penser à la rallumer plus tard, mais ne prenant pas les paroles du détective pour paroles d'Evangile, il avait envoyé Ryûk vérifier, moyennant paiement différé en pomme bien sûr. L n'avait pas menti, l'écran qui montrait une vue sur sa cellule était noir.
Ses lèvres bougèrent avec une lenteur extrême sans qu'aucun son n'en sorte. Le shinigami s'arrêta de rire, pour se tordre complètement, jusqu'à ce que sa tête atteigne le sol. L'air de Ryûk ne changea pas d'un iota alors qu'il se concentrait sur la bouche de Light. C'est comme si cet air ineffablement moqueur était peint sur son visage.
« - Trouve Misa.
- Je ne suis pas de ton côté, rappela-t-il, une énième fois.
- Comme si je pouvais oublier ta générosité Ryûk. C'est ainsi ou être condamné à t'ennuyer éternellement. Décide, tu ne me sauves pas la vie, alors qu'y perds-tu ? Trouve juste Misa et parle lui de l'intervention de Rem dans ma captivité. »
Ryûk eut un rire guttural, alors que son corps se releva dans des tressautements pour pouvoir s'esclaffer à gorge déployée. Même enfermé dans sa cellule, couché à terre comme il l'était, entravé par des chaînes, Light ne lui demandait pas de le libérer, mais juste de le venger de Rem.
« - Ce que tu es vindicatif. »
Les lèvres de Light s'incurvèrent dans un rictus.
« - Tu me connais si mal Ryûk. Les sentiments n'ont jamais dicté ma conduite. »
Le Shinigami s'arrêta de rire et regarda Light, ses yeux jaune toujours remplis de cette éternelle malice.
« - N'as-tu pas commis une erreur Light ? La première fois, tu as répondu à la provocation de L à la télévision, révélant ton emplacement. Si tu veux mon avis-
- Je ne le veux pas. »
Ryûk fit comme s'il n'avait pas réussi à lire sur ces lèvres cette fois-ci et continua :
« - Ce n'était pas garder ton sang-froid ça. »
Light grogna légèrement, comptez sur cette ignoble Ryûk pour ne pas manquer une occasion de lui jeter ses erreurs en plein visage. L'air qu'avait le shinigami, bien qu'il ne pouvait pas le voir, était à n'en pas douter plein de méchanceté, si la méchanceté se définissait par rire du malheur des autres. Ce n'était pas que tous les shinigamis l'étaient, regardez Rem, ce n'était même pas que Ryûk voulait être méchant, c'était juste qu'il trouvait les peines des humains incroyablement drôle.
Ou peut-être, que si. Peut-être que c'était juste une interprétation de Light, à cause de cet immense sourire figé sur sa face, comparable à celui de Lucifer.
Qu'importe, ça ne changeait en rien le fait qu'il le trouvait détestable. Mais qui ne trouvait-il pas détestable ?
Puis soudainement, Ryûk repartit dans son rire, sauf qu'il devenait de moins en moins fort, comme s'il disparaissait petit à petit.
« - Ah, je vois. »
Light se laissa surprendre par la voix de Watari et tressauta, bougeant brusquement ses muscles endoloris, réveillant la douleur dans les articulations de son bras droit aplatit contre le sol, sa joue il ne la sentait déjà plus, cause de la grande hilarité de Ryûk. Comme s'en amusait si bien le shinigami, il était resté dans cette position toute la nuit, et par principe, n'avait même pas tenté de changer une nouvelle fois de posture. Oh non, il ne montrerait pas à L à quel point ça l'incommodait. Il ne lui ferait pas ce plaisir.
Watari poussa un soupire, mais Light avait dû mal à imaginer que le vieil homme était réellement excédé.
« - La puérilité de L m'échappe.
A qui le dites-vous ?
- Voulez-vous que je vous relève ? »
A en juger par la voix de l'homme, il trouvait la situation tout aussi amusante que Ryûk. Light sentit la colère lui brûler les yeux. Comment osait-il faire de lui un divertissement, une attraction de foire ? Lui ? Kira ?
« - Je me répète, voulez-vous de l'aide, Kira ? »
L avait appris à bonne école, se dit l'adolescent. Watari ne ferait rien pour lui, tant que Light n'avouait pas avoir besoin de l'aide d'autrui. Il trouvait lui-même la situation incroyablement humoristique, d'un humour noir bien sûr. Pensaient-ils réellement qu'il leur demanderait de l'aide ? Lui ?
La douleur dans son bras, le bord de la chaise enfoncé dans le plis de ses jambes, l'auraient fait dire oui à une époque. Mais sa fierté avait essuyé une défaite si féroce, qu'il n'était pas prêt à en jeter le reste, il n'était certainement pas prêt à se montrer plus vulnérable qu'il ne l'était déjà.
« - On va vous apporter votre repas dans peu de temps, Kira, insista Watari. Et à votre place, je trouverai ça peu confortable, pour ne pas dire dégradant, de manger à même le sol. »
Light, qui, néanmoins ne doutait pas de la présence de micro, répondit d'une voix fatiguée :
« - Je ne répondrai jamais au nom de Kira. Je suis Light Yagami. »
Watari secoua la tête.
« - Aussi têtu que L, vraiment vous auriez fait les meilleurs amis du monde, votre entêtement vous nuit de mal en pis. »
Light ne répondit rien et effaça la grimace qui avait enlaidi son visage, alors que des fourmillements lui prenaient le bras. Cela, la fatigue, la faim, la soif, le léger stress auraient dû le faire craquer. Après tout, il n'était pas dans cette cellule depuis 24 heures, que déjà, il sentait le poids de la misère qui allait l'affliger. Light était trop intelligent pour ne pas se rendre compte que ce n'était que le début. Rien que la prévoyance de ce qui allait lui arriver, de toutes les humiliations qu'il subirait, auraient dû le faire craquer.
Mais impossible. Sa fierté pesait bien plus lourd que toute cette pression psychologique.
« - Mon avocat ?
- Je prendrais cette réponse pour ce qu'elle est. »
Watari tira la chaise plaquée contre le mur en face de la cellule du meurtrier plus en avant et s'y installa, détaillant Light du regard.
« - Que faites-vous ?
- Eh bien, vous n'avez pas besoin d'aide et j'aimerai être témoin d'un autre de vos prodigieux talent. Vous tuez grâce à un livre, alors qui sait, par la pensée pourriez-vous peut-être relever cette chaise. »
Light pinça les lèvres pour ne pas vociférer de colère, quelle humiliation ! Encore une fois, il remercia sa maîtrise de lui-même.
« - Vous me haïssez. » Déclara-t-il, après un silence de plusieurs minute, la voix étouffée de Light -due à la soif, il n'avait rien bu depuis qu'il avait été incarcéré- amplifiée son ton de profonde lassitude et de tristesse.
« - Je n'ai jamais haï les criminels, leurs actes sont bien souvent compréhensibles. » Répondit Watari, d'un ton calme, pas prêt à se faire avoir dans le jeu de Light.
« - Vous ne répondez pas à la question.
- Parce qu'elle me semble évidente et dépourvue d'intérêt pour vous, changeriez-vous si je vous répondais ? Mes paroles seraient-elles performatives ?
- Changez mon innocence en culpabilité ? »
Watari balaya sa remarque en baissant la tête vers le sol, l'air profondément ennuyé.
« - Yagami. »
La nouvelle dénomination interpella Light, il n'avait pas oublié de noter que Watari n'avait fait que l'appeler Kira jusqu'à présent.
« - Pour moi, vous êtes un mystère du genre humain, dont j'aurais à une époque, adoré percer les rouages. Cependant, j'ai vieilli. Et les vieux hommes ne se font pas d'illusion, je serai horrifié par ce que je trouverai en vous, vous qui aviez une vie parfaite, quelles sont vos raisons ?"
Bien sûr la question était rhétorique, Watari n'attendait pas de réponses, il voulait juste que Kira, une fois dans sa vie soit taraudé par cette question. Mais ce n'est pas ce qui arriva, étrangement, la question n'avait pas de sens pour Light, tout simplement parce que ce qu'il avait fait, même si ça prenait la couleur du Mal dans la morale, était justement en accord avec sa propre morale.
A la place, Light eut un infime rictus, une légère contraction des lèvres qui étonna Watari. Pouvait-il encore trouver de la cruauté en lui ? Une cruauté capable de surpasser sa lassitude ?
« - Le tableau que vous peignez de Kira est bien noir, mais après avoir passé autant de temps auprès de L, je peux vous dire en toute sincérité que le visage qui m'est apparu à vos paroles est celui de votre détective »
Watari secoua la tête sèchement.
« - En toute sincérité, cette expression est amusante venant de vous.
- Sentirai-je une irritation dans votre voix ? » Fit Light, un brin moqueur. Mais se rappelant les micros sûrement présent dans la salle, il continua avec une voix de parfaits regrets :
« - J'aimerai aussi croire que L représente la justice absolue, qu'une telle personne existe. Mais ce que j'ai vu chez lui, c'est une absence évidente de morale. Il s'est servi d'un criminel comme appât, a torturé Misa pour des informations, il est lui-même l'employeur de criminels, où est la justice? Il n'aurait pas hésité à laisser mourir des personnes victimes de Yotsuba si je n'étais pas intervenu pour les sauver. Cette absence de morale que vous reprochez à Kira, n'est-elle pas celle de L ? N'échangeriez-vous pas les rôles ? »
Il y eut un long silence ou Watari considéra Light longuement, puis ses yeux se plissèrent brusquement, et il se releva sans rien dire pour quitter la pièce. Il était trop âgé pour se soucier d'avoir donné la victoire à Kira, parce que ce que le meurtrier disait n'était pas sans fondement. Oh, il ne faisait pas de reproches à L, non. C'était lui le responsable, Light Yagami était sans conteste doué pour trouver les failles de l'esprit humain.
Il éduquait des génies, la Wammy's House éduquait des génies. Mais des génies du bien ? Le visage sans émotion de Near, de cet enfant si jeune le frappait en plein visage, puis de B, de A et enfin celui noir de vide de L, s'y superposait. Avait-il fait une erreur ?
Le vieil homme secoua la tête, alors qu'un sourire contrit étira ses lèvres.
Il avait failli se faire toucher par les paroles de Kira. Mais pas tant à cause de leur véracité qu'à cause de leur ton, si convaincu dans ses paroles, reconnaissant même implicitement son absence de moral. Était-ce possible de savoir que ce qu'on faisait était mal, en être parfaitement conscient, et vivre avec sans problème ? Tout prouvait que non, la psychologie, l'histoire, et même la littérature montraient que tôt ou tard le méchant payait toujours.
Pourtant...
Light Yagami n'a jamais été comme tout le monde.
Watari arriva juste à temps pour ravitailler L en sucrerie, qui sous l'irritation et le babillage dépourvu de sens -pour lui c'était clair que Kira était à lui, chasse gardée- avait vidé toutes ses réserves et n'avait pas pris la peine de se déplacer jusqu'à la poubelle.
« - Si je n'ai pas de déficiences auditives monsieur le président, ce n'est évidemment pas votre cas. Vous n'avez aucun moyen de pression contre moi, pour vous je ne suis qu'une espèce de base de données décorée par un sigle. Mon nom, mon adresse, ma vie, sont autant un mystère pour vous que l'est celui des origines. Comme l'est le lieu d'incarcération de Kira. Il est donc parfaitement limpide pour moi, que je suis le seul maître à bord. » Répéta L pour une énième fois, d'une voix encore plus ennuyée si possible.
Bush lui-même aurait dû comprendre cela depuis longtemps, et il l'avait sûrement compris, mais ça ne l'avait pas empêché d'essayer, alors il passa sa colère sur son assistant hors de l'écran. Le président du Japon secoua la tête, désapprouvant. L ne savait pas s'il désapprouvait l'attitude de Bush ou la sienne.
« - Je trouve cela bien arbitraire, L. Nous savons que nous vous devons son arrestation, mais c'est à un tribunal réel et non fictif de le juger.
- J'en suis conscient, dois-je encore me répéter en disant que je choisirai les modalités du jugement ? Je n'ai jamais dit que j'en serais le juge. Je crois effectivement, que Kira doit être jugé par un tribunal et celui du Japon, le pays qui a le plus souffert de ses exactions. »
Le président américain siffla d'indignation.
« - Comment ? Mais il y a parti pris !
- Je ne pense pas, rétorqua L, immédiatement. Le Japon a plus de raisons que vous de vouloir sa condamnation.
- Ou non, pour éviter la souillure de leur pays. »
Le président japonais eut un pincement de lèvres, pour la première fois depuis le début, une mimique peignit ses traits stoïques.
« - Je vous prie monsieur Bush, d'arrêter de conjecturer sur nos intentions. Je ne m'imaginerai jamais libérer un criminel aussi dangereux, juste pour une histoire de réputation nationale. »
Alors que L allait encore une fois faire tomber le président sous le poids de ses sarcasmes, Watari lui enfourna une sucette dans la bouche et répondit à sa place :
« - Bien entendu les États-Unis auront leur propre représentant. »
Bush sembla se calmer -pour le plus grand bonheur de son assistant- quelques secondes et pensant que L avait enfin retrouvé la raison reprit :
« - Nous voulons que ce jugement se passe sur notre territoire, nous serons intransigeant à ce propos et-
- Vous n'avez aucun droit monsieur, l'interrompit L, sans rajouter le président montrant tout son irrespect. Vous avez abandonné l'enquête, quelle belle image je pourrais en faire, cela ne me serait pas difficile. C'est à vous de ne pas oublier votre place. » Conclut-il.
Il salua respectivement les deux présidents, commençant étonnamment par le président nippon, puis termina cette vidéo conférence sur un dernier grognement de Bush.
Il suçota tranquillement sa sucette, tandis que Watari rangea ses déchets éparpillés. Le détective ne manqua pas de noter que le vieil homme n'insistait plus sur la caméra de surveillance de Light.
« - Light-kun ? » Demanda-t-il d'un ton badin.
Watari se releva légèrement et dit d'un ton dépourvu d'intérêt :
« - Effectivement la facture n'était pas payée. »
L'incarcération de Kira ne mit pas longtemps à s'ébruiter, ce que maudissait L d'ailleurs. Des manifestations de toutes sortes avaient déjà lieu tout juste 24 heures après son arrestation, et à la plus grande colère du détective, la plupart en faveur de Kira. Son identité n'avait pas encore été dévoilée à la presse et L savait bien que ce n'était qu'une question de temps, le temps que mettra la presse a faire miroiter les yeux du cafteur.
Le détective avait encore une fois la même réaction, celle d'un reclus qui ne savait pas ce qui se passait dehors. A la place, il préférait observer Light -il avait bien rebranché la caméra- et s'était décidé après trois heures de plus à le relever et le libérer de ses chaînes temporairement. Tant qu'il n'apportait pas à Light un cahier et un stylo, l'homme était parfaitement inoffensif, l'enchaînement n'était qu'un petit plaisir personnel.
L se mit à rire de sa propre pensée, rien chez cet adolescent n'était inoffensif, certainement pas quand il avait les mêmes, et peut-être plus des élevés capacités intellectuelles que lui-même.
Depuis sa petite humiliation en règle, Light s'était enfermé dans un mutisme déconcertant. Sans doute jouait il la carte de la prudence, en décidant de ne rien dire qui pourrait être utilisé contre lui, ce silence lui permettait de se reconcentrer et de préparer déjà son prochain coup. L n'en doutait pas, la guerre n'était pas encore gagnée, sinon, Light ne serait pas digne d'être Kira.
Son regard abandonna les différents papiers administratifs que lui avait envoyé toutes sortes de magistrats et de procureur du Japon pour regarder à nouveau son prisonnier.
Light était allongé sur sa couchette, les bras derrière la tête, le regard dans le vide du plafond. Il était ainsi depuis deux bonnes heures, sans bouger, mais parfois L aurait juré remarquer quelques hochements de tête en direction du mur de gauche.
Quelques fois, le détective avait bien essayé de le ranimer avec quelques remarques sarcastiques, mais rien ne semblait pouvoir dénouer sa langue, déterminé à le mépriser autant qu'il le pouvait et si c'était par le silence ? Parfait, il allait devoir vivre dedans maintenant.
Il prit le micro et demanda de sa voix sans émotion :
« - Light-kun me boude, je m'en trouve être étonnamment peu affecté.
- …
- Est-ce parce que le système sanitaire est dans la même pièce que la chambre ?
Light avait vraiment envie de lui répondre qu'il ne s'attendait même pas à ce luxe fondamental de la part de L, mais plutôt à un sc-
- Alors quelle aurait été ta réaction Light-kun, si j'avais suivi ma première idée et m'étais contenté de mettre un sceau ?
- ...
- Light-kun, as-tu passé une bonne nuit ?
- ...
- Dormir sur le sol a des vertus curatives pour les vertèbres m'a-t-on dit.
- …
- Ah oui, excuse moi, ce n'était pas le sol, mais une chaise.
-...
- Light-kun ? Fit L d'une voix presque mielleuse.
- ...
- J'ai pourtant tout mis en oeuvre pour que le séjour de Light-kun se passe dans les meilleurs conditions. J'ai eu tout le temps de préparer cette pièce, en incluant même les outils pour t'aider malgré tout dans ton développement intellectuel. »
Light tourna brièvement la tête avec un air cynique, vers l'étagère. Quatre livres étaient posés les uns après les autres : Mein Kampf, La Bible, La voie de la non-violence Gandhi et Le livre d'un homme seul de Gao Xingjian. Tous traduit en japonais bien sûr, L ne voudrait pas qu'une barrière linguistique l'empêche de s'ouvrir aux voies pacifiques.
« - …
- Sinon, ton repas a-t-il été équilibré ? »
Cette fois, il aurait fallu véritablement être Dieu pour supporter cette provocation de plus. Ne pourrait-il donc jamais garder le silence avec L ? Ne pourrait-il jamais l'ignorer ? Il y avait quelque chose chez ce détective capable de réveiller ses plus bas instincts.
« - Je suppose que tu as trouvé ce cliché du pain sec et de l'eau terriblement amusant L, sois plus original, c'est pitoyable.
- Oh, dire que j'avais demandé au cuisiner de le préparer avec amour, Light-kun est quelqu'un de terriblement ingrat. »
Light leva les yeux plus haut si possible, vers le coin du plafond, soupirant. Il ne répondit pas à la pic, montrant par là même qui était le plus mature des deux, ça allait forcément compter en sa faveur, non ? Si on voyait quoi l'avait arrêté.
« - Light-kun ?
- ... »
Non, la voix étrangement mielleuse et le sourire béat qu'il pouvait imaginer aisément sur la face de L ne l'importunaient pas. Non, pas le moins du monde.
« - Light-kun, il se trouve que l'une de mes nombreuses qualités est l'obstination.
- L'un de mes nombreux maux » Corrigea le jeune homme, par réflexe. Il serra les dents en remarquant que ces mots étaient sortis d'eux-même. Se pourrait-il, très étonnamment, que le petit manège de L, le dérangeait légèrement ?
« - Plaît-il ? » Répéta le détective.
Light pouvait encore une fois l'imaginer coller innocemment son oreille aux hauts-parleurs, comme s'il ne l'avait pas entendu.
« - Étrange, j'ai entendu des voix alors que Light-kun devrait être silencieux. »
Il y eut un long silence après celui de Light, qui allait laisser échapper un soupire de soulagement, en pensant que L s'était finalement ennuyé, mais c'était mal connaître son ennemi qui ne faisait que préparer son prochain jeu pour l'agacer.
"- Je sais.
Light soupira une énième fois et la réponse vint naturellement :
- Tu as enfin constaté tes troubles mentaux.
Il y eut un nouveau un léger silence, puis la voix de L reprit :
- Plaît-il?
- ...
Non, L ne le gênait pas le moins du monde.
- Je sais, disais-je donc, j'ai oublié de combler un besoin primordial pour un adolescent de ton âge."
Kira ne nota pas l'insulte, à savoir le traiter de gamin, lui,en répondant d'une voix qu'il espérait moins sarcastique et plus triste :
"- La liberté ?"
Light eut une grimace, il aurait quand même voulu donner un effet moins cynique à ses paroles, mais il n'y parvenait plus aussi facilement quand L était en sa présence. Ce n'était pas un mystère pour lui si le venin de ses mots n'arrivaient plus à être contenu, la raison était limpide dans son esprit.
Il haïssait L.
C'était même haine viscérale qu'il détenait envers les criminels, toute cette dose de rage était maintenant dirigée contre son ennemi. Pour une raison puérile sans doute : simplement parce que le détective l'avait vaincu, mais quelle défaite avait-il essuyé ! Sa victoire, son rêve ! L l'avait piétiné avec une telle monotonie. Quelle humiliation, il ne lui pardonnerait jamais.
Durant tous les mois qui précédèrent son incarcération, durant ce long combat, Light n'avait jamais haï le détective. Ils se battaient tous les deux pour le même idéal même si leur point de vue divergeait. Light avait tout de même du respect pour lui, difficilement avouable, certes, mais une chose qui s'apparentait à du respect quand même. S'il voulait sa mort, c'est parce que c'était lui ou le détective, il n'avait pas d'autre choix, Kira et L ne pouvaient pas coexister, c'était tout.
Mais maintenant, il voulait vraiment sa mort. Maintenant que son rêve lui était ôté, la seule chose qu'il pouvait espérer, c'était retrouver sa liberté, se libérer du joug de L. Pour avoir pu le réduir à un si bas, si médiocre désir, lui qui visait si haut avant, Light le haïssait.
"- Plaît-il ?
Light ferma les yeux, sentant une veine pulser sur son front.
- Effectivement, Light-kun : le sexe. Tes hormones, avec tout ce stress doivent être à leur apogée. Misa doit terriblement te manquer."
Le tueur ne prit même pas la peine d'avoir une réaction à cette remarque.
- Je vais essayer de te faire tout de même sentir sa présence."
Il y eut à nouveau un léger silence, Light fronça les sourcils. De quoi voulait-il parler ? Il n'allait tout de même pas laisser déjà Misa entrer ?
Une légère musique résonna tout à coup dans la cellule, puis le son devint de plus en fort. C'était un rythme joyeux, entrainant et extrêmement... fleur bleue. Il avait l'impression de l'avoir déjà entendu quelque part.
"- Salut à tous ! C'est-
Light ferma les yeux, non. Non, c'était... non.
- C'est Miss Bibiz à l'antenne, sur Sakura TV ! Nous allons aujourd'hui parler -
- L, ne me dis pas que tu es en train de me diffuser l'émission de Misa.
- Ne me remercie pas Light-kun. Je savais que ça te toucherait.
- Non, L, il ne fallait pas te donner cette peine, n'est-ce pas contre la réglementation des cellules ?
Oui, ça me touche, autant qu'un cancer, se retint-il d'ajouter.
- Ne t'en fais pas, après tout je suis L. Et je suis certain que tu ne dénonceras pas le cadeau que je te fais là.
- Mais L je-
- La recette pour faire des cookies comestibles garantie !
-N'en dis pas plus, Light-kun, imagine ton manque d'apport de connaissances gastronomique si tu ne pouvais pas écouter toutes les émissions de Misa, excuse moi, Miss Bibiz, avant ton couvre-feu, fit L à travers son micro et pour la première fois, Light sentit autre chose dans sa voix que son habituelle monotonie.
- L je t'ass-"
Light ne put pas en dire plus, la voix de Misa résonnait tout à coup si fort dans la cellule, qu'il manqua de se boucher les oreilles, même si ça ne servait à rien, juste peut-être pour pouvoir imaginer un instant qu'il n'entendrait plus sa voix.
"- L !" Tenta-t-il de crier vainement.
Peine perdue, L avait déjà coupé le micro et se donnait à coeur joie maintenant sur la touche repeat de son clavier.
Misa regarda son téléphone pour une énième fois.
Aucun appel manqué ? Elle fit une légère moue avant de le lancer à l'autre bout de la pièce, furieuse. Elle se retourna à nouveau dans son lit, tenant son coussin entre ses bras :
" - Pas un seul appel de Light ! A quoi ça sert d'être libre, si je ne peux pas le voir ? " Geignit-elle.
La jeune femme leva les yeux vers Rem qui se tenait à côté d'elle, sa taille imposante et la physionomie de son corps détonnait fortement avec la chambre girly de Misa.
"- Tu ne veux pas aller voir si Light est encore au QG ?" Demanda-t-elle. Le shinigami secoua la tête, les breloques attachées à ses oreilles claquèrent contre son corps osseux.
" - Je ne préfère pas." Répondit le dieu de la Mort, simplement.
Misa pencha la tête, curieusement. Rem était bizarre depuis quelques temps, elle lui parlait peu et semblait parfois étrangement absente, à moins que ce soit le regard habituel des shinigami. Elle ne savait pas, elle ne se souvenait plus avoir vu celui de Light, ressemblait-il à Rem ?
" - Mais Rem, je suis inquiète ! Light aurait déjà dû m'appeler ! Insista la jeune femme. Ah mais j'y pense ! Normalement, tu ne devrais pas être au QG ? Attaché à ton death note ?"
La shinigami garda ce même regard vide, alors qu'elle répondit d'une voix morne :
"- Je suis attaché à son possesseur, c'est vrai. Mais étant donné qu'il ne bouge pas d'endroit et que je sais où il est, je peux me permettre de venir te voir."
Misa sourit gentiment, heureuse d'avoir de la compagnie.
" - Merci Rem."
La shinigami hocha la tête, s'apprêtant à dire quelque chose quand soudain, elle se retourna brûtalement vers le mur à côté de sa table de chevet.
" - Toi ! La voix profonde de Rem avait monté en intensité. Que fais-tu là ?"
Il y eut un léger silence alors que Rem s'avancait vers la table de chevet.
"- Ryûk ?"
Ayumu Teru se tenait le dos bien droit, les bras tendu le long du corps, le mention bien haut, accompagné de ses autres collègues devant leur patron. Il aurait pu se croire à un meeting, si le bureau parfaitement ordonné, les grandes baies vitrées, la hauteur du building et l'atmosphère solennel du lieu ne lui rappelaient pas qu'il se trouvait dans le bureau du grand chef.
" - Kira a été arrêté et aux dernières nouvelles, c'est le Japon qui s'occupera de cette affaire ! Il faut nous tenir prêt, messieurs. Nous sommes la plus grande boîte d'avocat de tous le Japon, il y a de grandes chances que Kira fasse appel à l'un d'entre nous pour le défendre."
Ayumu s'avança légèrement.
" - Refusez tous les appels qui n'ont aucun rapport avec l'affaire Kira. Nous devons avoir ce cas !"
Le patron clama fièrement, regardant ses employés en ligne droite devant lui. Un homme deux rangs derrière Ayumu leva la main pour se faire remarquer avant de dire clairement :
" - Je refuse de défendre Kira et vous tous le devriez, il a bafoué notre droit, je ne comprends pas ce que nous faisons là."
Ayumu fronça les sourcils, mécontent. Il toussota légèrement pour attirer l'attention à son tour :
" - Kira symbolise la -
- Oui, la révolte ! La rébellion ! L'absence de droit !" Continua un autre homme sur sa gauche.
Ayumu se tourna vers cet homme, qu'il reconnut comme Mamoru Fuji. Un avocat, légèrement plus connu que lui dans la boîte, pourquoi ? Avoir gagné un ou deux cas célèbres, malgré ses dix échecs au compteur. Eh bien quoi ? Lui avait bien gagné une dizaine de cas mineur ! Où était la justice ? Il suffit que la presse médiatise l'affaire et voilà que ça gagne en grade !
Et maintenant, il avait cru gagner le droit de l'interrompre ?
" - Fuji, respecte donc le droit à la par-
- Possible, mais ont-ils seulement attrapé le bon Kira ? Supposons que ce soit un innocent." Proposa un autre avocat sur sa droite, que cette fois-ci, il ne prit même pas la peine de regarder. Aucun respect.
" - C'est L qui s'est occupé de l'affaire, je doute qu'il ait pu se tromper sur un cas si important."
Alors qu'Ayumu allait encore tenter de faire entendre sa voix siimportante, le patron intima le silence.
" - Qu'importe vos jugements ou vos opinions. Dois-je vous rappeler que nous parlons de l'affaire Kira ? Elle nous propulsera au sommet si nous la gagnons, c'est pour le bien de l'entreprise, notre notoriété sera mondiale. "
L'argument économique et nationale eut vite fait de faire taire son équipe d'avocat. Bien que plusieurs au vue de leur face restèrent contre l'idée de défendre Kira. C'était certain que si Kira faisait appel à eux, la plupart ne se donnerait pas tant de mal.
" - Fuji ?
- Oui ?" Répondit aussitôt l'interpellé.
" - Il y a beaucoup de chances que c'est à toi que fasse appel Kira. Tu es le plus médiatisé et tes victoires ont fait du bruit. Garde les yeux ouverts et le téléphone à portée."
Il hocha la tête vigoureusement, tandis qu'Ayumu le regarda avec le plus grand mépris. Comme si Kira ferait appel à lui, alors qu'il était disponible, lui.
" - Bien, ne stoppons pas nos activités plus longtemps, allez glaner toutes les informations que vous pouvez trouver sur Kira !
- Oui !" Répondirent-ils en choeur, excepté Ayumu, comme s'il se plierait aux normes des autres, il n'était pas un vulgaire mouton !
Les avocats se dirigèrent à pas rapide vers la sortie, quand tout à coup, une sonnerie retentit. Ils s'arrêtèrent tous, regardant leur portable, et à chaque fois qu'ils remarquèrent que ce n'était pas le leurs, leurs regards vascillaient vers Fuji.
Celui-ci secoua la tête à leur mine interrogative, non, ce n'était pas le sien.
" - Je le savais, ricana Ayumu.
- Qui est-ce ? !" S'époumona le patron.
Certains eurent l'air confus en regardant Mamoru, demandant son nom à leur voisin, qui n'en savait pas plus, d'autres répondirent vaguement :
" - Le neveu de Teru"
Il décrocha lentement son combiné, comme pour montrer à chacun que c'était lui que Kira appelait, -il en était certain, ça ne pouvait être que lui- et qu'il avait même le pouvoir de décrocher ou non. Il n'avait sans doute pas vu au visage de son patron que ce pouvoir, il ne l'aurait pas bien longtemps s'il ne décrochait pas dans les deux secondes.
"- Ayumu Teru à l'appareil, pourrais-je connaître le nom de mon interlocuteur ?" Fit-il d'une voix qu'il trouvait être extrêmement assurée.
Il y eut un léger silence de la part de son interlocuteur couvert par une étrange musique qu'il avait déjà entendu quelque part, mais il était incapable de se souvenir où.
"- Vous les sortez du four dès que... euh vous voyez qu'ils sont cuits."
Il plissa les yeux, était-ce une blague ? Alors qu'il allait se répéter bien plus sèchement, une autre voix couvrit le fond :
"- Je suis le soupçonné Kira, j'ai besoin d'un avocat..."
Fin du chapitre
Voilà !
Réponses :
Line : Hello ! Je pense que si tu vois ma date de publication, tu as ta réponse. Désolée, je tenterai de me rattraper. Merci d'aimer mon histoire et de me le dire.
Evans Moon : Hello, merci pour ta review ! Et les compliments en option ! Oui tu as bien trouvé le groupe, contente que quelqu'un partage mes goûts ! Ah qui aura le dessus de L et Light, j'avoue que j'ai une préférence pour un personnage, mais qui ? J'espère que l'attente ne t'a pas découragé !
Jade : Alloha ! (euh, ça s'écrit pas comme ça mais bon...) regarde la date, tu as la définition de "long" chez moi ( sorry ! Je vais essayer de me rattraper !) Pas de dates précises à propos de mes updates. Désolée, j'écris quand je m'en donne le temps, merci beaucoup en tout cas de m'avoir laissé une review, et j'espère ne pas te décourager pour l'attente, je ne pense plus faire attendre aussi longtemps, je te rassure.
Mag : Hello Mag ! Tout d'abord je m'excuse de l'attente et je te remercie de tes reviews ! Pour la relation L/Light, elle évoluera mais faudra un peu de temps, désolée pour l'attente, j'essaye de publier la suite le plus vite possible. Thanks encore.
Lost Breath : je dois encore te remercier ? Ah l'habitude.
EverMore : Oh ! Hello ! Déjà hein xd ! Et merci pour ta review, j'ai adoré la référence implicite à ma fic, les compliments me touchent ! (non pas comme un cancer !)
Si j'ai oublié de vous répondre, dites moi (et encore une fois ne me balancez pas).
Si vous avez le temps, donnez moi vos avis.
Bien à vous,
Shadow.
