Donc voici le chapitre 2...

J'espère que vous ne serez pas déçues!

C'est une suite mais c'est "un avant". Quoi? je ne suis pas claire? lol...

Merci beaucoup à sosweetysocrazy pour ses corrections! Elle a fait la chasse aux fautes et a été de bons conseils!

Et merci pour toutes vos reviews!

Disclamer : Les personnages appartiennent à SM. Le reste est à moi... Tous humains


Une semaine plus tôt :

POVB:

- Rosalie Hale ! Ouvre-moi cette porte tout de suite !

- C'est bon ! J'arrive !

A peine m'a-t-elle entrouvert la porte que je rentre dans son appart comme une furie.

- Bonjour Bella! Que me vaut cette visite matinale?

Je lui brandis mon enveloppe sous le nez :

- Ça ! Peux-tu m'expliquer ce qui t'a pris de m'inscrire à cette débilité ?

- Ah ! Tu l'as enfin reçue ! Il était temps !

Un magnifique sourire envahit le visage encore endormi de ma future ex-meilleure amie. Je vais lui faire ravaler son sourire, moi !

- J'allais faire mes courses et le facteur me l'a remise en main propre !

- Voilà le souci, tu vas faire tes courses un samedi matin à neuf heures, comme les vieilles, et les seuls hommes que tu vois du week-end, ce sont ton boucher et ton facteur !

- Mais... Mais... Rrrrroooohhhh ! Tu m'énerves !

- Fais voir ?

Je lui tends l'enveloppe. Rosalie en sort un carton orangé qu'elle lit à haute voix :

« Salsa & Cuisine »
Venez vivre une expérience inédite,
le vendredi 13 août à 22h,
à la Résidence Forks,
Dernier étage au plus près du septième ciel...
Vous serez vêtue d'une robe noire élégante.
Pour ne pas venir les mains vides, vous amènerez de la chantilly...
Courtoisie, découvertes et plaisirs seront au programme...

Je le crois pas : elle jubile ! Elle se fout ouvertement de moi.

- Excellent !

- Et bien d'une, moi ça ne me fait pas rire du tout et de deux, je suis loin de trouver ça «excellent» !

En disant cela, je mime les guillemets du bout des doigts.

- De toute façon, je m'en fous, je n'irai pas!

- Oh que si tu vas y aller, Mademoiselle Isabella Swan ! J'ai payé cent cinquante euros pour cette soirée...

- Non mais t'es pas folle ! Cent cinquante euros !

- Dis-toi que c'est mon cadeau, en avance, pour tes vingt-cinq ans...

Je m'apprête une nouvelle fois à râler mais Rosalie ne m'en laisse pas le temps.

- Un cadeau d'anniversaire, ça ne se refuse pas !

- Rose, tu me fais chier !

- Oui. Moi, aussi je t'adore.

Je récupère ce satané carton d'invitation.

- Et de la chantilly ! C'est quoi ce délire ?

- Ça, ça fait partie du package...

- Et puis je n'ai pas de « robe noire élégante »

- Alors là, c'est la partie d'Alice !

- Alice ? La sœur de ton Emmett ?

- Oui ! C'est elle qui m'a parlé de cette soirée.

- Mais de quoi elle se mêle celle-là ? Je ne la connais même pas.

- Je lui ai tellement parlé de toi que c'est tout comme si tu faisais partie de la famille.

Elle a une lueur étrange dans son regard... Je sens bien qu'elle ne me dit pas tout.

- Rosalie, qu'est-ce que tu me caches ?

- Moi ? Rien ! Je pense que tu vas passer une super soirée torride !

- Tu débloques grave là !

Torride et ma petite personne dans la même phrase, c'est du grand n'importe quoi !

- Je ne suis pas cette salope de Leah ! Tu t'es trompée d'adresse ! C'est elle, la chaudasse qui fait passer des soirées torrides aux mecs des autres !

- Putain, mais va falloir que tu tournes la page ! Jacob t'a quittée pour elle ? Bon débarras ! C'était un gros naze ! Il ne te méritait pas !

- De toute façon, tu ne l'as jamais aimé !

- Ben non ! Il te prenait vraiment pour une conne ! Bon, sinon, on a rendez-vous cet après-midi avec Alice, pour te trouver la robe idéale. Je crois qu'elle a son idée sur la question.

- Et j'aurais mon mot à dire ?

- Connaissant Alice, non... Tu vas voir elle est géniale ! Un peu fo-folle mais ça fait partie du personnage.

- Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un tel châtiment ?

- Maintenant que tu m'as réveillée, tu veux un café ?

- Non merci... J'ai des courses à faire. Comme les vieilles ! Et je suis déjà en retard.

- Bella, fais pas la gueule…

- J'aimerai bien t'y voir toi, au milieu de deux cinglées qui se sont données le mot pour me rendre chèvre.

- Mmmmeeeehhhh !

- Très drôle Rosalie Hale… Très drôle…

Voir mon amie les cheveux en pétard en train d'imiter la chèvre, eut raison de mon sérieux... Je ne pus m'empêcher de pouffer de rire.

- Ah ! Je te préfère comme ça. Bon va faire tes courses. On passe te prendre à quatorze heures.

- Ppppffff !

- Et n'oublie pas d'acheter de la chantilly...

- Ah ! Ah ! Ah !

Quand la sonnette d'entrée retentit, je regarde ma montre : quatorze heures pile ! Zut ! Je pourrais ne pas ouvrir. Rose me ferait sûrement la gueule mais bon… Quand j'entends un bruit de clé dans ma serrure, je me fustige mentalement : quelle conne ! J'avais oublié qu'elle a un double.

- Bella chérie ? Nous sommes là !

- Merci ! Je m'en étais aperçue !

Et la grande et pulpeuse blonde qui me sert de meilleure amie fait son entrée, suivie d'un petit bout de femme, au joli minois encadré par des cheveux d'un noir corbeau dont les pointes partent dans tous les sens.

- Alice, je te présente ma ronchonne de meilleure amie, Bella...

Alice se dirige vers moi en sautillant et me serre dans ses bras.

- Parfaite ! Rose, tu avais raison !

Je la regarde surprise par tant d'effervescence.

- Parfaite pour quoi ?

- Pour la soirée que nous avons organisée...

- Putain ! Je la sens de moins à moins votre soirée !

Et le petit lutin se met à sautiller en frappant dans ses mains.

- Mais non ! Tu vas t'E-CLA-TER !

J'arque un sourcil en direction de Rosalie. Celle-ci hausse les épaules... Quand à Alice, elle continue.

- Bon Bella, tu nous payes un café et pendant ce temps je t'explique comment ça va se passer.

Je n'ai aucune échappatoire... Je maudis intérieurement ma meilleure amie pour ce qu'elle s'apprête à me faire vivre. Résignée, je me dirige vers la cuisine et prépare trois cafés.

- Alors, aujourd'hui, on te trouve la tenue parfaite, bien que j'ai déjà ma petite idée sur la chose... Et vendredi prochain, tu as ton après-midi, Rose s'en est assurée. Tu as donc rendez-vous à quatorze heures chez l'esthéticienne. Nous, nous débarquerons à dix-neuf heures trente, pour te maquiller et te coiffer. Et pour finir, nous te déposerons à l'adresse voulue en temps voulu...

Je suis abasourdie par le programme. Je vais pour prendre une gorgée de mon café. Je l'avale en faisant une grimace.

- Merde, j'ai pas mis de sucre.

Mes deux bourreaux éclatent de rire face à ma mauvaise humeur non dissimulée. Je souffle et lève les yeux au ciel. Je mets mon petit morceau de glucose dans ma tasse et je me concentre sur celle-ci. Aucun prétexte ! Rien ! Je vais devoir me coller à des essayages. Un de mes pires cauchemars ! Alice se redresse comme un ressort.

- Bien. On y va !

- Alice... Je suis sûre que l'on pourrait trouver une robe dans mon armoire...

- Pas question. Il te faut LA robe adéquate.

Une heure plus tard, je suis dans la tenue parfaite aux dires de la démoniaque Alice. Elle n'a écouté aucune de mes remarques. Cette robe est, certes, magnifique, mais elle n'est pas pour moi. Elle épouse toutes mes courbes, une fente sur le devant laisse apparaître le haut de ma cuisse recouverte d'un bas noir et son décolleté dévoile la naissance de mes seins. Petits escarpins assortis... Je me trouve... SEXY ! Moi, Bella Swan... Sexy... Une grande première ! Mais, je ne vais pas pouvoir sortir comme ça. Rose a les yeux qui brillent et la bouche en « o ».

- Waouh ! Bella ! Tu es superbe !

- Parfait ! On la prend...

- Non Alice. Ça ne va pas le faire.

- Oh que si ! Bien plus que tu ne l'imagines !

Qu'est-ce qu'elle veut dire par là ? Moi ce que j'en retiens, c'est que je n'ai pas mon mot à dire et, même si j'étais prévenue, ça fait chier ! A contrecœur, je paye mes achats. Alice prend mes paquets et se dirige vers la sortie.

- Allez, je vous paye un coup à boire.

On s'installe à la terrasse d'un bistrot. Les filles parlent de leurs moitiés et de l'autre frère d'Alice... Je n'ai pas retenu son prénom. Juste que c'est un Don Juan qui n'arrive pas à garder une fille plus d'une semaine. Au grand damne de sa sœur, qui voudrait qu'il trouve l'amour comme Emmett l'a trouvé en la personne de Rose. Cette dernière ne l'a vu qu'une fois et l'a comparé à un Dieu Grec. Je repense à Jacob... Il avait un corps de Dieu... Mais plutôt un Dieu Indien...

- Bella ?

Oups, m'aurait-on posé une question ? En tout cas, Alice semble attendre une réponse...

- Pardon ?

- Tu aimes lire ?

- Heu... Oui...

Je n'ai pas vraiment suivi la conversation alors je ne vois pas trop l'intérêt de mes passe-temps...

- Cool.

- Si tu le dis.

- En même temps, tu gères une librairie. Ça serait ennuyeux si tu n'aimais pas les bouquins. Et sinon ton type d'homme, ça serait quoi ?

- Heu... Je ne sais pas trop quoi te répondre. De de toute façon, je ne suis pas assez bien pour attirer les sex-symbols, alors...

- Ma chère meilleure amie se dénigre ! Elle se trouve tout juste belle et très fade...

Alice secoue la tête.

- N'importe quoi! Je voudrais bien avoir ton sex-appeal ! Tu as tout ce qu'il faut, là où il faut !

Je rougis face à ces compliments.

- Et par contre, elle a tendance à attirer les boulets...

Allez ! C'est reparti ! Rosalie a une piètre opinion de mes ex...

- Pfff n'importe quoi...

- Non, c'est vrai Tyler était très bien !

Je grimace au souvenir de mon premier émoi.

- Je me demande vraiment ce que tu as pu lui trouver.

Et moi donc ! Je suis restée un peu plus de six mois avec lui... Mais, vu que je ne voulais pas sauter le pas, il m'a gentiment larguée pour Lauren-qui-couche-le-soir-même...

- Tu as mis combien temps à t'en remettre ? Un an ? Oh et puis, il y a eu Alec ! Celui-là aussi...

Je ne l'écoute plus... Il faut dire que je suis plutôt « fleur bleue ». Je recherche toujours l'Amour le vrai ! Celui avec un grand « A ». Alec m'a sorti le grand jeu. Romantique à souhait. J'ai baissé ma garde. Je suis sorti avec lui... Une semaine... Il avait fait le pari, avec Jane, la fille qui m'était le plus antipathique, que je tomberais dans ses filets ! Je me rappelle encore la tête de cette pétasse quand elle s'est jointe à nous au petit restau où il m'avait invitée pour fêter notre première semaine... Elle avait pris la note et lui avait balancé: « C'est bon j'ai perdu ! Je ne pensais pas que tu arriverais à décoincer Bella la prude ! J'aurais dû parier que tu ne la dépucellerais pas ! ». Mes yeux s'étaient, instantanément remplis de larmes... Je m'étais levée et j'étais partie en courant, sans un regard pour eux...

- Oh mais quels enfoirés !

- A qui le dis-tu ! Ils se sont mis ensemble! Un beau couple de connards ! Jusqu'à ce que je m'occupe de lui... Il n'a pas pu résister à mes charmes !

Disant cela, elle gonfle sa poitrine.

- On ne pouvait pas s'en prendre à ma meilleure amie sans être puni ! Et puis on avait dix-neuf ans... Je réfléchissais beaucoup moins aux conséquences à cette époque-là ! Bella le faisait pour nous deux...

Je souris à cette constatation... C'est vrai que l'on faisait un duo hors du commun : la splendide et sulfureuse blonde Rosalie Hale et l'insignifiante et introvertie brune Bella Swan. Et pourtant, l'une n'allait pas sans l'autre... Je la tempérais et elle m'aidait à m'ouvrir aux autres.

- Tu as fait ça ?

Alice est pliée de rire.

- Oui ! Tu aurais vu sa tête ! C'était trop bon ! J'avais fait assez de bruit pour attirer du monde dans les toilettes puis j'avais récupéré son pantalon et son slip kangourou blanc et je l'ai planté là... Jane a été ponctuelle au rendez-vous que je lui avais fixé... Je lui ai donné le joli sous-vêtement en lui disant « Tiens ! C'est pas qu'il y ait grand chose à tenir mais bon... Je n'en ferai rien... » . Tous les spectateurs étaient morts de rire!

- Et bien, je vais dire à Emmett de se tenir à carreau...

- Oh mais j'ai changé... Je me suis assagie... Bella m'y a aidé...

- Et bien Bella... tu n'as pas été gâtée dans tes relations amoureuses.

Je hausse les épaules, mais Rosalie ne me laisse pas le temps de répondre.

- Je crois que celui qui a suivi, et d'ailleurs, le dernier en date, a été le pompon!

- C'est bon Rose !

Les larmes me montent, déjà, aux yeux... J'ai encore beaucoup de mal à encaisser ma rupture avec Jacob. Je croyais vraiment que c'était le bon ! Trois ans... C'est pas rien... On a même vécu ensemble un an... Sauf que lui les six derniers mois, il les a partagés entre moi et... Leah...

- Pardon Bella... Je ne voulais pas te faire de peine...

Rosalie est vraiment gênée. J'essuie les larmes du bout de mes doigts et esquisse un sourire.

- Ça va mais je ne veux pas entendre parler de LUI... Ça me fait encore trop mal...

- Il n'en vaut pourtant pas la peine !

- Rose... S'il te plaît...

- Ok...

Je sais qu'elle est très en colère contre lui. Je le suis aussi. Alice rapproche sa chaise de moi et passe son bras autour de mes épaules.

- Je sens que tu vas rencontrer quelqu'un de bien très prochainement.

- Je ne suis pas sûre d'être prête...

- Tu verras... C'est quand on s'y attend le moins que les choses arrivent. Tu sais, j'étais secrètement amoureuse du meilleur ami de mon frère. Et puis, un jour, il m'a embrassé pour me remercier d'un cadeau que je lui avais fait. Je ne m'y attendais pas. Depuis, on ne se quitte plus !

Rosalie regarde sa montre.

- Les filles, va falloir y aller. Emmett passe me prendre dans moins d'une heure.

Alice la regarde horrifiée.

- Mais tu ne vas jamais avoir le temps de te préparer !

La grande blonde se met à rire.

- Je ne m'appelle pas Alice Cullen !

- Ah ! Ah ! Ah ! Très drôle !

Les filles me raccompagnent. Avant que je ne descende de la voiture, Alice me tend une carte.

- Tiens ! C'est le salon de beauté où tu as rendez-vous.

- C'est vraiment nécessaire ?

Et les deux me répondent en cœur.

- OUI !

- Pfff !

Alice me fait un clin d'œil.

- C'est une amie. Elle va bien s'occuper de toi !

La semaine est passée rapidement. Trop rapidement à mon goût. Avoir parlé de mes ex a plombé mon week-end. J'ai ressassé mes déboires amoureux en long, en large et en travers. Il vaut mieux être seule que mal accompagnée ! Telle est ma devise ! Ça fait six mois que je suis seule ? Et alors ? Je m'en porte très bien ! Pfff, je suis pathétique... Comme tous les dimanches depuis ma rupture, je suis allée manger chez mon père. Ma mère l'a quitté quand j'avais un an. Elle avait un amant. C'était purement sexuel mais ça a été le déclic pour elle, elle n'aimait plus mon père. Elle a décidé de partir en Californie, m'emmenant avec elle. J'avais dix-sept ans quand je suis revenue vivre chez lui, pour que ma mère puisse suivre son nouveau mari, Phil. De son coté, mon père n'a jamais retrouvé personne. Un mois après que Jacob soit parti avec Leah, cette dernière a jeté son dévolu sur Seth, un cousin de Jacob. Du coup, celui-ci a essayé de revenir. S'excusant... Se morfondant... Il avait même fait intervenir Billy, son père, qui n'est autre que le meilleur ami du mien. J'avais laissé dire mon père. Un premier dimanche... Un deuxième... Mais le troisième, j'ai pété un plomb ! Je lui ai demandé s'il aurait pardonné à maman. Il m'avait alors répondu que non. Le sujet Jacob était enfin clos !

En bref, l'arrivée du lundi a été salvatrice. Je me suis plongée dans mon boulot, rentrant chez moi le plus tard possible. Je n'en ai sorti le nez que le vendredi midi quand, Emily ma collaboratrice m'a dit sur un ton amical : « Bon week-end Bella.»

J'appréhendais mon après-midi de torture. Je n'étais pas une adepte des soins du corps. Oui, j'avoue, je me suis un peu laissée aller depuis ma rupture. Cela navre d'ailleurs ma meilleure amie. Mais en même temps, je n'ai envie de plaire à personne. A quatorze heures, j'entrais, avec peu d'entrain, dans le salon. Mais je dois avouer que l'ambiance était douce et agréable et que Charlotte, l'amie d'Alice, m'a reçue avec un grand sourire. Son accueil avenant m'a détendue instantanément. Mais une fois sur la table, ça a été une toute autre histoire : j'avais oublié combien c'était douloureux ! A chaque bande qu'elle arrachait, je serais les dents. Et quand elle est passé à l'orée de mon intimité, j'ai cru mourir tellement ça faisait mal ! C'était une grande première pour moi. Jusque-là, j'avais fait ça avec une crème dépilatoire.

La sonnette de ma porte me sort de ma rêverie. Je regarde ma montre : dix-neuf heures. Je marmonne entre mes dents.

- Merde ! Elles sont en avance !

J'ouvre la porte sans prendre la peine d'afficher mon plus bel air aimable. Alice entre comme une furie, chargée de valises diverses.

- Salut Bella ! Je suis super excitée ! C'est trop cool !

- Salut... Je ne peux pas en dire autant...

Rosalie entre avec des boîtes à pizza.

- On s'est dit que tu n'aurais pas mangé.

- Je n'ai pas vraiment faim.

Alice pose ses vanity et met ses poings sur ses hanches.

- Ah si ! Tu dois manger ! La soirée va être longue !

Je me dirige vers la cuisine et j'attrape la bouteille de Martini dans le frigo.

- Je vais déjà prendre un verre.

Ce n'est pas dans mes habitudes, mais là, j'en ai vraiment besoin ! Je dois me détendre...

- Qui m'accompagne ?

- On ne va pas te laisser seule !

J'en remplis donc trois et tend les leurs à mes bourreaux. Rosalie qui connaît bien la maison, récupère trois assiettes et un rouleau d'essuie-tout. J'amène la bouteille de Martini et nous nous installons sur le canapé d'angle de mon salon. Mon amie me présente une part de pizza aux champignons, ma préférée.

- Mange !

- Je n'ai pas faim.

- Bella !

Le regard noir qu'elle me lance me fait croquer dans le morceau. Rosalie a toujours cette influence sur moi. Et elle ne me lâche pas jusqu'à la dernière bouchée de la demi-pizza qui m'est réservée.

Je termine aussi mon verre. Je n'ai pas vraiment l'habitude de boire, je commence à me sentir plus détendue.

- Bon, passons aux choses sérieuses !

Et merde ! A ces mots, tous mes muscles se tendent à nouveau. Je lance un regard désespéré à Alice. Elle semble surexcitée à l'idée de jouer à la poupée Barbie géante ! Je me ressers un verre.

- Bien, je vais faire une virée dans tes sous-vêtements. Rosalie m'a dit que tu as de jolis ensembles.

- Vas-y ! Ne te gêne pas !

Elles ont déjà pris la direction de ma chambre. Je décide de ne pas les suivre. J'essaye de m'enfermer dans une bulle, mon verre et moi. Pas facile avec leurs éclats de rire.

- Bingo ! Bella ! On t'attend !

Pof, ma bulle éclate !

- C'est bon Alice ! J'arrive !

Le ton de ma voix est légèrement irrité, mais il m'est difficile d'être enjouée. Ai-je d'autres choix que de les rejoindre ? Non, pas vraiment. Je sais que Rosalie a dépensé beaucoup pour cette soirée. Je regarde l'heure : vingt heures. Je souffle un bon coup et je me dirige vers mon cauchemar. J'entre dans ma chambre. Elles ont disposé une chaise au milieu de la pièce, près de mon lit où elles ont étalé mon joli ensemble Bahia noir d'Aubade, la robe, les bas noirs brodés de dentelles et une multitude d'accessoires de beauté.

- Première étape : la douche. Tu as vingt minutes ! Rosalie m'a dit que c'était dans tes cordes.

Comme un robot, je m'exécute. Je vais jusqu'à ma salle de bain et je me déshabille rapidement. Je me glisse dans la cabine de verre. L'eau chaude coule sur mes muscles crispés. Je soupire d'aise. Je me lave les cheveux puis le corps.

- Bella ! Il te reste cinq minutes !

Exaspérée, je souffle. Cette fille est le diable en personne ! Je plains Rose : l'avoir comme belle-sœur ne doit pas être facile tous les jours ! Je me glisse dans mon peignoir et, après avoir enveloppé mes cheveux dans une serviette, je rejoins mes deux tortionnaires. Alice me tend mes habits

- On te laisse pour t'habiller et interdiction de te regarder dans la glace !

- Mais...

- Il n'y a pas de « mais »... Rose m'a dit que je pouvais te faire confiance... Sinon, on reste avec toi...

Je souffle bruyamment.

- Ok ! Je ne me regarderai pas !

- Tu nous appelles quand tu as fini.

Et elle me laisse seule. Je m'affaire à ma tâche. Je me sens idiote avec mon bas noir à la main : je n'en ai jamais mis. Je m'assois sur mon lit et je les enfile avec précaution. Quand je me relève, ils semblent vouloir rester bien en place. Je suis tentée de me regarder... Mais j'ai promis...

- Pffff...

Le contact de la robe sur ma peau est très agréable. Les deux pestes rentrent dans ma chambre, Rosalie me montre la chaise.

- Installe-toi et laisse faire les expertes !

Je lève les yeux au ciel et c'est résignée que je m'assois, dos au seul miroir de ma chambre. Elles commencent par un brushing, digne des stars de cinéma. Rosalie tend les « instruments » que lui demande le petit lutin brun. Alice est à son affaire. Elle s'éclate. Elle remonte mes cheveux en chignon, les maintenant par quelques épingles, retirant des mèches par-ci, par là. Elles passent, ensuite, au maquillage. Elles se questionnent sur les couleurs et finissent par glousser telles deux adolescentes. Puis elles se reculent pour admirer leur travail.

- Parfait !

Alice frappe dans ses mains tout en sautillant. Je regarde mon réveil sur ma table de nuit : ça fait presque une heure que je suis entre leurs mains. Je ne me suis pas encore vue. J'appréhende.

Alice me tend mes escarpins. Je les enfile. Rosalie me sourit, elle a les yeux qui brillent.

- Waouh ! Tu es magnifique ! Debout ! Tu vas pouvoir t'admirer !

Tremblante, je m'exécute. Quand je m'aperçois dans le miroir, j'en ai le souffle coupé. Je ne reconnais pas la magnifique brune qui m'observe. Je mets quelques secondes à assimiler que ce reflet est le mien. La coiffure est sophistiquée mais sans trop. Le maquillage est discret. Et la tenue me sied à merveille. Je suis... je suis belle... belle et sexy... Alice est suspendue à mes lèvres.

- Alors ? Ça te plaît ?

- Je... je ne me reconnais pas. Merci.

Je ne sais pas quoi dire d'autre. Je leur suis vraiment reconnaissante d'avoir révélé la femme qui dormait en moi. Qui l'eut cru. Alice a les yeux qui pétillent.

- Tu vas faire un malheur ce soir !

Elle regarde mon réveil qui indique 21h40.

- D'ailleurs, il faut qu'on y aille.

A ces mots, la suite de ma soirée me revient en mémoire. Merde ! J'avais oublié le pourquoi de tous ces préparatifs. Je me remets en mode « robot » et je suis Rosalie. Elle va jusqu'à mon frigo et se saisit de la fiole de chantilly. Ca aussi, je l'avais oublié. Puis elle attrape mon manteau noir et m'aide à l'enfiler avec un théâtral :

- Madame...

- Pfff... N'importe quoi !

- Moi aussi je t'adore Bella !

Alice pouffe de rire derrière nous. Nous sortons. Je ferme ma porte à clé et je les suis jusqu'à la voiture de ma « soi-disant meilleure amie ». Je monte derrière. Fermant les yeux, je me laisse aller contre l'appui-tête. Le moteur ronronne et la musique emplit l'habitacle. Muse... Cool... Je les laisse à leurs messes basses. Elles semblent ravies. Moi, j'ai cette impression que l'on m'emmène à l'échaf... Je secoue la tête... Il ne faut pas exagérer non plus... Dans quelques heures, cela sera une histoire ancienne. Je rouvre les yeux et je suis surprise d'être dans les quartiers chics de Seattle.

- Nous y voilà !

La voiture se gare devant un luxueux immeuble.

- La vache !

Elles se retournent toutes les deux vers moi et éclatent de rire. Rosalie retrouve son calme la première.

- Tu croyais quoi ? Qu'on t'emmenait vers une boîte sordide ?

Alice descend et m'ouvre la portière.

- Allez, Bella ! En route pour une soirée de folie.

Je la fusille du regard. Tu parles de folie. C'est elles qui sont complètement barges. Un groom nous accueille avec un pompeux :

- Bonsoir Mesdemoiselles...

On se croirait dans un film. Je n'ai jamais vu d'endroit aussi luxueux « en vrai ». Alice le salue et lui demande en battant des cils :

- Mon amie Bella, ici présente, est attendue au dernier étage pour la soirée « Salsa et Cuisine ».

Lorsqu' Alice me désigne, je sens la chaleur investir mes joues. Je baisse automatiquement les yeux et j'essaye, tant bien que mal, de dissimuler la chantilly dans mon dos.

- Ah je vois... L'ascenseur est sur votre droite.

- Très bien. Merci.

- A votre service.

Il s'incline légèrement. Alice se dirige d'une démarche déterminée vers l'endroit désigné. Rosalie me donne un léger coup de coude.

- Bella ? C'est quand tu veux.

- Oui et bien justement, moi je ne veux pas !

- Bella, tu n'as pas vraiment le choix. Tu vas aller à cette soirée et profiter de mon cadeau d'anniversaire que tu ne peux pas refuser !

Nous rejoignons Alice qui trépigne d'impatience dans l'ascenseur. Elle relâche le bouton qui maintenait les portes ouvertes et appuie sur celui du dernier étage.

- Je ne la sens pas du tout cette soirée.

- Bella ! Lâche prise ! Profite !

Nous voilà déjà arrivées. Face à nous, une seule et unique porte. Je traine des pieds. Mais Alice est déjà en train d'appuyer sur la sonnette. Puis elle se recule, me laissant aux premières loges. J'entends un léger cliquetis et la porte s'ouvre sur une bimbo.

- Bonsoir. Vous devez être Bella, nous n'attendions plus que vous.

Je me retourne pour lancer un regard désespéré à mon amie et là, je ne vois que l'ascenseur se refermer. Les garces ! Elles m'ont abandonnée !

- Je suis Lauren. Je suis là pour faire de votre soirée une réussite !


Alors? Qu'en avez vous pensé?