Disclamer : Les personnages appartiennent à SM. Le reste est à moi.

Tous humains...

Aller, on avance !

Dans ce chapitre 2 PDV...

Un grand merci à So, ma chasseuse de fautes et de « … »

et un grand merci à vous de me lire...


PDV B

Je ne trouve rien à lui répondre et, heureusement, il n'insiste pas. Quoi lui dire ? « Je suis très fleur bleue et je crois en l'existence de mon âme sœur ! Et tu vas rire, mais en l'espace d'une soirée, je pense que tu es celle-ci ! » Ridicule ! Et pourtant, je me sens si bien dans ses bras... Sa respiration s'est progressivement ralentie. Je le regarde : il s'est endormi, un tendre sourire illuminant son visage parfait. Jamais je n'ai vu un homme si beau. Mon cœur se serre. Je me sens comme Cendrillon lors des douze coups fatidiques. Oui, en seulement quelques heures me voilà éprise de mon prince charmant tout en sachant qu'il n'y a aucun avenir pour un « nous ». Alice a été claire : son frère ne s'attache pas. C'est un Don Juan.

A nouveau, je me sens comme la fade Bella que je suis. J'ai du mal à respirer. Je me redresse. Mais le malaise grandit en moi. Je n'aurais pas dû céder à la tentation ! Je me lève et chancelante, je rassemble mes habits. On va peut-être se revoir une ou deux fois et après, il me jettera comme les autres ! Je ne retrouve pas mon shorty. Tant pis, je me rhabille sans. Mes yeux me piquent. Merde ! Je ne vais pas pleurer ! En même temps je te l'avais dit que tu allais encore souffrir ! Oh hey toi, la ferme ! Ce n'est vraiment pas le moment ! Satanée conscience !

Sans un regard en arrière et avant de craquer totalement, je sors de cette chambre. Tout est silencieux. Je me dirige vers l'entrée où je récupère mon manteau et mon sac. Comme une voleuse, j'ouvre doucement la porte d'entrée et je me précipite vers l'ascenseur. Arrivée dans le hall, je vais vers la sortie.

- Mademoiselle ? Ça va ?

Je regarde le groom qui s'avance pour m'ouvrir la porte. Il m'observe, l'air inquiet. Aurais-je une mine si affreuse ?

- Je ne sais pas...

- Vous venez du dernier étage ?

J'acquiesce d'un timide hochement de tête.

- Ça ne s'est pas bien passé ?

Je baisse les yeux.

- Pardon, je suis indiscret... Mais vous êtes bien la première personne que je vois partir d'une de ces soirées dans un tel état...

Je fais un effort surhumain pour ravaler mes larmes.

- Un taxi attend devant l'immeuble. Souhaitez-vous en profiter ?

- Oui, s'il vous plaît.

Ma voix n'est pas loin de se briser. L'homme bienveillant m'accompagne et m'ouvre la portière.

- Au revoir Mademoiselle.

- Au revoir.

Je donne mon adresse au chauffeur. Je me laisse envahir par la musique qui emplit l'habitacle, Someone like you d'Adèle.

I hate to turn up out of the blue uninvited,
Je déteste réapparaître soudainement sans être invitée
But I couldn't stay away, I couldn't fight it.
Mais je ne pouvais pas rester éloignée, je ne pouvais pas vaincre ça
I hoped you'd see my face & that you'd be reminded,
J'ai espéré que tu verrais mon visage, et que tu te souviendrais
That for me, it isn't over.
Que pour moi ce n'est pas fini

Nevermind, I'll find someone like you.
Ne t'en fais pas, je trouverai quelqu'un comme toi
I wish nothing but the best for you too.
Je ne souhaite rien que le meilleur pour toi aussi
Don't forget me, I beg, I remember you said :
Ne m'oublie pas, je t'en supplie, je me souviens tu disais :
"Sometimes it lasts in love but sometimes it hurts instead"
" Parfois l'amour dure, mais parfois c'est la douleur qui le remplace
Sometimes it lasts in love but sometimes it hurts instead, yeah.
Parfois l'amour dure, mais parfois c'est la douleur qui le remplace, ouais

Nothing compares, no worries or cares.
Rien de comparable, pas d'inquiétudes ou de soucis
Regret's and mistakes they're memories made.
Les regrets et les erreurs ne sont plus que des souvenirs
Who would have known how bittersweet this would taste ?
Qui aurait pu savoir à quel point cela aurait un goût amer ?

Jusque-là, je n'avais pas ressenti cette mélancolie qui se dégage de ce morceau et qui semble vouloir m'envelopper. Regrets et erreurs... Je me perds dans mes pensées, me rappelant chaque caresse, chaque mot... C'était si magique, si doux, si sensuel. De la poudre aux yeux ! Il m'a ensorcelée et a eu ce qu'il voulait. Je sens les larmes qui s'agglutinent au coin de mes yeux. Merde !

Moins d'un quart d'heure plus tard, je m'engouffre dans mon appartement. Je referme la porte à clef, en prenant soin de la laisser dedans, afin d'empêcher Rosalie d'entrer. Rosalie... Comment a-t-elle pu me mettre dans les bras d'Edward ? L'évocation de mon amant d'une nuit ouvre les vannes de mes pleurs. Je m'adosse à la porte et je me laisse glisser. Assise sur le sol, j'entoure mes jambes de mes bras. Mes sanglots ne semblent pas vouloir se tarir. Je ne me suis jamais sentie si entière dans les bras d'un homme. C'était comme une symbiose.

Une douleur. J'ouvre un œil. Je suis couchée, en boule, sur le carrelage de l'entrée. Mes yeux tirent d'avoir trop pleuré. Je suis toute courbaturée et j'ai froid. Je regarde ma pendule : il est dix heures.

J'ai du mal à reprendre mes esprits. Tant bien que mal, je me lève. Je vais jusqu'à la cuisine. Je me sers un grand verre d'eau. Sur le frigo, une photo de Rose et moi. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle l'a mis sur ma route. C'est pourtant la personne qui me connaît le mieux. Quoi que, sur ce coup-là, j'ai des doutes... Je sens une boule se reformer au niveau de ma gorge. Je me remets à pleurer. Il faut que je sorte d'ici. En principe, quand je vais mal, je cours chez Rose. Mais là, il n'en est pas question. Si je reste là, elle va débarquer et me harceler ! En résumé je n'ai pas trente-six mille solutions : je vais aller passer le week-end chez mon père à Port-Angeles.

Je me glisse sous la douche, laissant l'eau chaude me réchauffer et désengourdir mes muscles. Après m'être séchée, je m'habille rapidement et simplement : un jean et un débardeur noir. Je prends quelques affaires de rechange et je saute dans ma vieille Chevrolet rouge. Avec cet engin, j'en ai pour presque pour deux heures de route. Heureusement, je ne travaille pas lundi et j'ai posé mon mardi. Je ne suis donc pas pressée de rentrer. J'enclenche mon poste radio. Sur les ondes, un air de salsa endiablée me ramène à hier soir. Zut ! Je zappe : Adèle, encore ! Je souffle et je lance alors le CD sur... sur Debussy ! Et merde ! J'éteins rageusement le poste. Mais le silence n'est pas mieux, mon esprit divague sur le corps de ce fichu Apollon. Je rallume la radio cherchant la fréquence d'une station sans ambiguïté. Je tombe sur Washington Country. Nickel !

Mes pensées vont vers mon père. Il y a dix ans, ma mère est partie vivre à l'autre bout du continent sans aucun remord ni regret pour sa famille laissée derrière elle. Ça a détruit mon père. J'aurais aimé qu'il refasse sa vie, mais il n'a jamais voulu : seul mon bonheur compte à ses yeux. Quand j'ai été prise à l'université de Seattle, il y a maintenant six ans, il a, à nouveau, accusé le coup. Je lui ai promis de tout mettre en œuvre pour revenir à la fin de mes études. Mais j'ai eu une opportunité dans cette librairie et je suis restée là-bas. J'ai gravi les échelons et aujourd'hui, j'en suis la gérante... Alors certes, j'ai peu d'amis, mais finalement ça a toujours été le cas. Mais je suis heureuse ainsi. Les paysages changent. La campagne remplace la ville. Je replonge dans mes souvenirs de jeunesse. Souvenirs où Rose est omniprésente ! Quand je me gare devant la maison où j'ai grandi, mon oppression diminue. Je sais que j'y suis toujours la bienvenue. Je souffle un bon coup et je descends de ma voiture. Je saisis mon sac de voyage et je me dirige vers la porte d'entrée.

Je l'ouvre avec ma clé et je m'arrête quelques instants dans le hall. J'emplis mes poumons de ces parfums familiers et réconfortants. Mon père est à la cuisine et chantonne sur I feel good diffusé par la radio. C'est bien la première fois que je l'entends fredonner... Quand j'arrive dans la pièce, je suis scotché : mon père est là, torse nu, se dandinant au rythme de la musique. Il est dos à moi et semble cuisiner, chose aussi étrange que de le voir se déhancher !

- Chéri, il n'y a plus de gel dou...

Je me retourne vers les escaliers. Sue, la veuve d'Harry, grand ami de mon père, est en haut des marches, enveloppée dans un peignoir de mon père. Elle semble aussi surprise que moi.

- Bella ?

- Bella ?

Je me retourne vers mon père. Il me fait face une poêle dans une main une spatule dans l'autre.

- Salut papa !

- Salut ma fille... Qu'est-ce que tu fais là ?

- Eh bien, je voulais faire une surprise à mon vieux père mais je ne suis pas sûre que c'était une si bonne idée...

- Hey ! Tu plaisantes ! Ça me fait plaisir de te voir !

Il pose la poêle et s'avance vers moi.

- Je ne pensais pas te, enfin, vous déranger...

Je suis assez mal à l'aise devant mon père, vêtu seulement d'un bas de survêtement. Il regarde sa tenue et rougit. Il se dirige vers une chaise où il récupère l'une de ses éternelles chemises à carreaux qu'il enfile.

Sue qui n'avait pas encore bougé, fait demi-tour et remonte vers l'étage.

- Je vais m'habiller.

Je reporte mon attention à mon père. Il baisse les yeux.

- Je voulais te le dire... Mais par téléphone, ce n'était pas évident...

- Ça fait combien de temps ?

- Presque 4 mois...

- Cool ! Je suis contente pour toi, papa. Sue est si gentille.

Il me lance un regard, soulagé.

- On ne vit pas encore ensemble, mais on essaye de se voir tous les week-ends...

Je suis vraiment heureuse qu'ils se soient trouvés. Je n'y avais jamais pensé mais Sue est parfaite pour lui... Mon père et Harry étaient si proches. Quand ce dernier a été terrassé par une crise cardiaque, il y a maintenant un an, Charlie a pris soin de Sue. A ce moment-là, il se comportait plus comme un frère. Mais les choses ont, semble-t-il, changé.

Sue nous rejoint.

- Contente de te voir, Sue.

Je lui adresse un franc sourire. Elle me prend dans ses bras affectueusement.

-Je suis très contente de te voir, moi aussi.

- Bien je vais rallonger l'omelette.

- Non, c'est bon. J'ai déjà mangé.

Mensonge ! Mais je n'ai, pour l'instant, rien envie d'avaler. J'ai juste envie de retrouver mon lit. La fatigue suite à ma courte nuit semble me rattraper.

- Je n'ai pas beaucoup dormi et puis le voyage m'a achevée. Je vais plutôt aller me reposer.

- Ok.

Sans demander mon reste, je monte à ma chambre et je me laisse tomber sur le lit. J'attrape mon téléphone pour le mettre sur silencieux. Il est presque une heure. Rosalie doit s'inquiéter. C'est pas très sympa de ma part d'être partie comme ça, sans la prévenir, mais je n'ai pas envie de lui parler pour le moment, peut-être après... Je baille à m'en décrocher la mâchoire. Je m'enroule dans ma couverture. Non, je ne pleurerai pas ! Je dois juste me dire que nous avons passé une super nuit mais qu'il n'y en aura pas d'autre. Voilà mon souci, à chaque rencontre, mon cœur s'emballe. Je nesuis pas comme Rose : avant Emmett, ça ne lui posait pas de problème d'enchaîner les histoires sans lendemain. C'est la première fois que je couche avec un inconnu. Voilà ce qu'il est : un inconnu. Certes, un « super coup » mais il ne me faut pas chercher plus. Pourtant... Stop ! Je suis épuisée. Je glisse doucement dans les bras de Morphée.

POV E

Je sors doucement des limbes du sommeil. Je suis si bien. J'ai l'impression d'être sur un nuage. Jusqu'à présent, mes histoires ressemblaient plus à des « plans de baise ». Pas que ça soit ça que je recherche, mais je sortais avec une fille qui semblait me plaire, j'approfondissais la relation rapidement mais l'étincelle n'était jamais au rendez-vous. Alors je préférais arrêter les frais.

Du moins jusqu'à cette soirée, car cette nuit j'ai fait l'amour à la plus belle, la plus sensuelle, la plus douce des femmes qui m'ait été donné de croiser. Quand je repense à notre nuit, la seule ombre au tableau, c'est son absence de réponse quand je lui ai dit que je voudrais bien la revoir. J'ai besoin de voir son doux visage pour me rassurer. J'ouvre les yeux mais la seule close que je peux observer, c'est la place vide à mes côtés. Je passe ma main sur les draps froissés : ils sont froids. Je me redresse et je regarde l'heure. Il est presque onze heures. C'est quoi ce bordel ?

Je me lève. Il n'y a plus ses habits. Je vais jusqu'à la salle de bain : personne ! Je reviens jusqu'à la chambre. Pas une trace d'elle, pas un mot... Je serais chez moi, je penserais que j'ai tout rêvé. Je rassemble mes fringues et je commence à me rhabiller. Un morceau de tissu en dentelle noire tombe au sol : son shorty. La Garce ! Elle a laissé ça exprès, j'en suis presque sûr, pour se rappeler à mon bon souvenir. Je le glisse dans ma poche. Pauvre fou, masochiste !

Je quitte cet endroit sans un regard en arrière. Je descends jusqu'au parking privé où je récupère ma Volvo. J'inspire à plein poumon l'air de l'habitacle. J'aime cette odeur, elle m'apaise... Quand je mets le contact la radio se met en route. La voix de Gotyeclameson somebody that I use tou know :

But you didn't have to cut me off
Make out like it never happened
And that we were nothing
And I don't even need your love
But you treat me like a stranger
And that feels so rough
You didn't have to stoop so low
Have your friends collect your records
And then change your number
I guess that I don't need that though
Now you're just somebody that I used to know

(
Mais tu n'avais pas à couper les ponts
A faire comme si ça n'avait jamais existé
Comme si nous n'avions rien été l'un pour l'autre
Et je n'ai pas besoin de ton amour
Mais tu me traites comme un étranger
C'est tellement cruel
Tu n'avais pas à t'abaisser si bas
A envoyer tes amis récupérer tes CD
Et changer ton numéro
Je suppose que je n'en ai plus besoin
Maintenant tu es juste quelqu'un que j'ai connu)

Je roule à travers les rues de Seattle, des images de cette nuit matraquant mon esprit. C'était si parfait, une réelle symbiose comme je n'en avais jamais ressentie... Je serre les poings sur le volant, jusqu'à m'en faire blanchir les articulations. Comment a-t-elle pu m'embobiner de la sorte ? Une personne va peut-être pouvoir me donner des réponses : Alice, ma chère sœur !

Lorsqu'elle m'ouvre la porte, elle semble surprise de me voir :

- Edward ? Je ne pensais pas te voir si tôt...

- Je me suis lamentablement fait planter !

- Quoi ? Pourtant, on l'a déposée devant l'immeuble hier soir !

- Ah, mais elle était bien là !

- Alors, je ne comprends pas !

- On a passé la soirée et la nuit ensemble. Elle a pris son pied et m'a laissé en plan...

- Ce n'est pas possible !

- Pourtant, je me suis réveillé seul... Comme un con... Pas un mot...

- Non, non et non... J'ai eu un pressentiment : c'est ELLE !

Je lève les yeux au ciel : Alice et ses prémonitions ! Il semblerait que pour une fois, son don lui ait joué un tour...

- Eh bien, il semblerait que « Madame Irma » ait quelques soucis avec sa boule de cristal...

Mon ton est des plus ironiques, mais c'est plus fort que moi, je lui en veux. C'est con, elle ne pensait pas à mal. Et puis Bella n'est qu'une fille parmi tant d'autre. Et tu essayes de convaincre qui, là?

- J'aurais besoin d'une bonne douche.

- Fais comme chez toi... Tu sais que tu as des affaires de rechange dans la chambre d'amis.

Je lève la main dans un geste d'acquiescement. Je récupère des vêtements propres. C'est pratique : quand ma sœur organise des soirées et que je dors sur place, j'ai de quoi me changer le lendemain. Je glisse sous l'eau chaude. Elle délasse mes muscles noués, jusqu'à ce que des images de la nuit précédente mitraillent mon esprit. Cette fille m'a fait ressentir des choses que je n'aurais jamais crues possibles. Rien d'y repenser ma virilité se réveille. J'enroule mes doigts autour, oubliant que je suis dans la salle de bain de ma frangine. Je débute de lents va-et-vient. Je repense à la bouche de cette superbe brune allant et venant sur mon sexe. C'était si Waouh ! Grâce à ces images torrides, je viens rapidement dans ma main.

Quand je sors de la douche, je me sens propre mais pas tellement plus détendu. Lorsque je rejoins Alice, son téléphone sonne.

- Allo ?

J'arrive à entendre la voix guillerette de ma future belle-sœur :

- Alice ? C'est Rose. Je suis chez Bella... Je crois que notre plan s'est déroulé à merveille.

Je serre les poings. Ma sœur me lance un regard navré.

- Je n'en suis pas si sûre.

- Tu plaisantes ! J'attends Bella depuis midi, heure où nos tourtereaux devaient rendre les clés. Pas de nouvelles... J'imagine qu'ils ont dû prolonger leur nuit.

Je regarde ma montre : il est presque une heure.

- Edward est en face de moi. Il s'est réveillé à onze heures. Seul. Bella est partie sans rien dire.

- Merde !

- Comme tu dis !

- Mais ce n'est pas possible. Je suis sûre qu'ils sont faits l'un pour l'autre !

- C'est ce que je pensais aussi.

- Tu dis qu'elle était partie à onze heures et cela depuis apparemment un moment.

-Mmmhhh...

- Putain mais alors où est-elle ?

- ...

- Je vais essayer de l'appeler.

- Ok. Tiens-moi au courant.

Quand elle raccroche, elle me fait face :

- C'était Rose.

- Je sais, j'ai entendu.

- Tu vois, elle est comme moi. Elle ne comprend pas.

- Tu sais où elle habite ?

- Bella ?

- Bien-sûr !

- J'y étais hier soir, pour l'aider à se préparer.

- Bien, alors on y va.

- Tu es sûr que c'est une bonne idée ?

- J'ai besoin de réponses.

- Ok. Alors allons-y.

Quelques minutes plus tard, ma sœur se gare devant un immeuble.

- C'est ici.

Je la suis dans cet immeuble modeste mais bien entretenu. Elle s'arrête devant une porte au premier étage. Elle sonne. Rose nous ouvre, surprise de nous voir là.

- J'espérais que ça soit Bella, bien qu'il soit peu probable qu'elle sonne quand elle rentre chez elle !

Elle nous invite à entrer. Le parfum de Bella flotte dans l'air. Un frisson parcourt mon échine.

- Tu as des nouvelles ?

Alice vient de poser la question que j'ai sur le bord des lèvres.

- Aucune ! Silence radio ! Je tombe sur son répondeur. J'ai laissé plein de messages mais rien.

Elle se tourne vers moi :

- Ed, qu'est-ce qui s'est passé ?

Putain je rêve ! C'est quoi ce ton chargé de reproches !

- Mais merde ! On a passé une très bonne soirée, puis une nuit assez « agitée »... Et elle a pris son pied autant que moi ! Sauf qu'elle m'a planté !

- Ça ne lui ressemble pas.

Le reproche dans sa voix a fait place à l'inquiétude.

- Mais où est-ce qu'elle est ? Elle vient toujours me voir.

Rosalie sort de ses pensées et attrape son téléphone.

- Bella ? C'est encore moi ! Mais putain, tu es où ? Rappelle-moi !

Alice la regarde, arquant un sourcil interrogateur :

- Elle a pu aller chez une copine ?

Ma belle-sœur secoue la tête.

- Bella est plutôt réservée. Elle ne sort pas beaucoup et s'est très peu liée depuis que nous nous sommes installées sur Seattle.

- Son père ou sa mère ?

- Trop loin... Sa mère est quelque part sur la Côte-Ouest et son père est à Port-Angeles.

Rose disparaît dans le couloir. Elle réapparait quelques minutes plus tard, soucieuse.

- Sa robe est sur son lit, son sac de voyage n'est pas là. Sa brosse à dent non plus.

Elle se dirige vers la fenêtre, qu'elle ouvre avant de se pencher pour regarder sur la droite de l'immeuble. Elle nous refait face :

- Son tas de ferraille n'est pas à sa place.

Elle semble déconcertée par ses découvertes.

- Ya quelque chose qui ne va pas. Et elle n'est pas venue me voir.

Alice s'avance vers elle et lui caresse son dos de manière réconfortante.

- Merde ! Elle vient toujours me voir ! Je vais appeler Emily, sa collègue. Qui sait, elle en saura, peut-être, plus que moi ?

Disant cela, elle attrape son téléphone :

- Salut Emily, c'est Rose l'amie de Bella.

- …

- Je ne peux pas te dire, je ne l'ai pas encore vue ! Toi, non plus, je présume ?

- …

- Ah oui, c'est vrai qu'elle ne retravaille que mercredi...

- …

- Bien, bon courage... A plus.

Elle raccroche, dubitative.

- Avec quatre jours de repos, elle a pu aller chez Charlie.

Mes muscles se tendent à l'évocation d'un probable amant voir même d'un petit-ami. Alice qui semble comprendre mon interrogation muette, se tourne vers Rosalie :

- Charlie, c'est son père, non ?

- Heu, oui. Pourquoi ?

Ma sœur m'offre son sourire qui veut dire « Relax, mec ! ». Rosalie se tourne vers moi.

- Serais-tu jaloux ?

En guise de réponse, je lève les yeux au ciel.

- Cool, ça veut dire qu'elle ne t'a pas laissé indifférent !

Je souffle marmonnant pour moi-même :

- N'importe quoi !

Elle ne relève pas.

- Bon par contre, je ne comprends pas qu'elle soit partie comme ça, sur un coup de tête. Elle aurait dû m'appeler. Y'a quelque chose qui ne doit pas aller. Elle va bien finir par me rappeler. Bon je vais me faire un café. Vous en voulez un ?

Nous acquiesçons tous les deux.


Alors ? Une petite review ?