A/N: Désolée pour le temps que j'ai mis à publier ce chapitre - retour à l'université oblige... C'est difficile de tout gérer. Anyway, enjoy! x

My Name is Sophie

Chapitre 3
Découvertes.

Je scrutais la foule qui se pressait sous les panneaux d'affichage d'un œil averti. Une jeune fille de taille moyenne avec des cheveux bruns et touffus, avait dit Draco. Une minute passa. Puis deux. Enfin, je l'aperçus.

« Hermione ? »

« Oui, viens, ne restons pas là. »

Elle m'agrippa par le bras et m'entraîna hors de la station. Après avoir vérifié que nous étions bien les seules à l'arrêt de bus, elle me fit monter dans un bus en direction de Waterloo Station. Au bout d'un quart d'heure de trajet, elle me fit descendre, m'emmena à travers quelques rues jusqu'à un petit square désert.

« Désolée de t'avoir traîné d'un bout à l'autre de la ville comme ça – je voulais juste m'assurer d'avoir semé les éventuelles oreilles indiscrètes. Ca va ? »

« Euh… oui, oui, je suis juste encore un peu sous le choc, mais sinon, ça va. Et toi ? »

« Je suis contente d'avoir retrouvé la trace de Malfoy – les quelques personnes au courant de sa disparition commençaient à perdre espoir de le revoir un jour… Raconte-moi un peu, qu'est-ce qui lui est arrivé alors ? »

« D'après ce qu'il m'a dit, son père a découvert qu'il… n'était pas celui qu'il paraissait être et a tenté de le remettre sur le droit chemin. Juste avant qu'il parvienne à s'enfuir, son père aurait lâché son… 'rachermann' ou je sais pas trop quoi, sur lui. »

Je lui expliquai ma rencontre avec Draco et ses conséquences.

« La situation est en effet critique. Tu crois qu'on peut encore le déplacer ? »

« Je ne sais pas, je pense qu'à deux on pourrait y arriver – il peut encore se servir de sa jambe droite et sa fièvre n'est pas trop forte… »

« Et les autres blessures ? »

« Ca a l'air d'aller, mais j'ai pu louper quelque chose. Je suppose qu'il y a des choses que je peux pas voir, vu que je ne suis pas… que je n'ai pas de magie… »

« Peut-être, mais s'il paraît s'être bien remis, hormis la jambe, je pense que tu as dû faire du bon travail. Autre chose encore ? »

« Oui, une chose. Il semblerait qu'il ait une autre de ces griffes, celles du rachermachin, plantée dans une de ses côtes depuis très longtemps – il ne s'était même pas rendu compte qu'elle était là. La peau qui la recouvre est entièrement cicatrisée et du coup, je n'ai pas osé la retirer. Elle n'a pas l'air d'être affectée par le fait que Draco ait trahi les idéaux de sa famille, donc je suppose qu'elle a une autre utilité… Enfin bon, vu l'état de sa jambe, je pense que c'est secondaire pour le moment. »

« Je vois… »

Hermione parût un moment songeuse, puis elle reprit la parole d'un ton autoritaire.

« Voilà ce qu'il nous reste à faire. On va devoir transporter Malfoy jusqu'à chez moi. Ton appartement n'a pas les protections nécessaires pour que je puisse le soigner là-bas. On va rentrer chez toi et appeler un taxi. A deux, on devrait arriver à transporter Malfoy – quant à toi… »

Elle farfouilla un instant dans son sac, griffonna quelques mots sur un bout de papier déchiré et me le tendis.

'J'habite au 18 Linnell Road, Camberwell, Londres.'

Je la regardai, étonnée.

« Maintenant, tu m'excuseras, mais… »

Elle se saisit du papier, le roula en boule et le mit en bouche. Elle mâchonna quelques instants, avala avec difficulté et sourit à mon air effaré.

« On ne peut pas le laisser à portée de n'importe qui. Tu n'aurais pas pu trouver ma maison si je ne t'avais pas donné mon adresse moi-même et je n'aime pas trop prononcer certains mots à la légère, ils pourraient être entendus. Bon, on y va ? »

Elle se releva vivement du banc.

Déplacer Draco d'un bout à l'autre de la ville se révéla être un jeu d'enfant – si l'on faisait abstraction du fait qu'il était de nouveau fiévreux. La main que j'avais posée sur son front semblait apaiser un peu ses souffrances.

Une fois arrivés chez Hermione, elle nous mena immédiatement à une pièce du rez-de-chaussée qui avait été convertie en cabinet de médecin. J'aidai Draco à s'allonger sur la table et à se débarrasser de ses habits pendant qu'Hermione réunissait toutes les fioles et objets dont elle allait avoir besoin pour procéder aux soins.

Nous nous mîmes à l'œuvre. La jambe de Draco fut d'abord lavée dans un bac contenant un liquide qui diffusait des vapeurs d'alcool. Hermione sortit de sa poche une baguette effilée et la pointa vers Draco.

« Comme ça, ça ne lui fera pas trop mal, expliqua-t-elle, me montrant Draco endormi. »

Elle se tourna ensuite vers la jambe. La baguette tendue au dessus d'une des plaies, elle l'agita lentement en prononçant un enchantement, jusqu'à ce qu'une petite vapeur noire s'échappe de la coupure. Elle y versa quelques gouttes d'une potion et me tendit une crème.

« Tiens, mets-en une noisette sur chaque plaie que je viens de soigner et masse jusqu'à ce que la peau ait tout absorbé. »

Nous sommes restées ainsi plusieurs heures, côte à côte, sans parler, rendant peu à peu son aspect habituel à la jambe.

« Bon ! »

Hermione s'étira en baillant. Je sursautai de l'entendre parler si fort.

« Bien. Il va falloir quelques jours pour qu'il s'en remette complètement mais le plus dur est fait. Il faudra appliquer de la crème toutes les quatre heures le premier jour, puis toutes les huit heures jusqu'à cicatrisation complète. »

Elle jeta un coup d'œil à sa montre.

« Ca te dirait un petit quelque chose à manger et une tasse de thé ? On va le laisser dormir encore un peu. »

Ce n'est qu'en sortant de la pièce que je remarquai qu'il faisait noir dehors…

« Alors, ça va ? Tu tiens le coup ? »

« Faut bien… J'ai encore du mal à me faire à la situation, mais j'ai passé tellement de temps à essayer de m'imaginer d'où Draco pouvait bien venir au cours des deux dernières semaines qu'au final, ça paraît presque logique. Et ça,pour le coup, c'est vraiment bizarre… »

Hermione eut un petit rire.

« Soulagée de voir que Malfoy va mieux ? »

« Un peu, oui. J'arrive pas à croire qu'il a mis si longtemps à me dire comment faire pour l'aider… »

« Tu sais, il est formellement interdit de faire part de notre existence aux personnes hors de la communauté. »

« Oui, mais là, c'était quand même une question de vie ou de mort. »

« Certes, mais tu sais, c'est difficile de se débarrasser de ses vieilles habitudes. Malfoy n'a pas eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes sur qui il pouvait réellement compter. »

« Comment ça ? »

« C'est-à-dire que la situation dans notre monde est un peu compliquée en ce moment – et ce depuis de nombreuses années. Il te l'a expliqué, non ? »

« Vite fait… »

« Bon, je vais essayer de compléter un peu ce qu'il t'a dit. Il y a maintenant vingt-cinq ans, d'étranges événements ont commencé à se produire – des disparitions tout d'abord. Certaines personnes revenaient par la suite, changés et incapables d'expliquer ce qui leur était arrivé. D'autres restaient introuvables. Puis des rumeurs ont commencé à circuler. Les gens disaient que quelqu'un qui se faisait appeler Lord Voldemort recrutait certains sorciers. Les arguments qu'il mettait en avant étaient de l'ordre de ceux que les Nazis utilisaient. Il prétendait à la supériorité des sorciers originaires de familles magiques et voulait purger la communauté sorcière des 'autres', ces 'anomalies' qui apparaissaient de temps à autre – les sorciers nés dans des familles sans aucun lien avec la magie. »

Elle expliqua ensuite la monté au pouvoir de Voldemort, comment il était parvenu – par des rumeurs, des assassinats et des tortures, à faire régner un climat de terreur sur tout le monde de la sorcellerie en Angleterre et partout en Europe. Il paraissait impossible à arrêter, jusqu'au jour où il dirigea un de ses sorts meurtriers vers un bébé, le petit Harry Potter. L'impensable se produisit alors. Le sort rebondit sur l'enfant et toucha Voldemort de plein fouet. Suivirent quelques années de calme, jusqu'au jour où, cinq ans plus tôt, le sorcier parvint à revenir à la vie.

Si Hermione, elle-même directement menacée par le retour de Voldemort étant d'origine non-sorcière ou 'moldue', s'était immédiatement retrouvée dans les rangs de ceux qui opposaient Voldemort, la situation n'était pas aussi claire pour Draco.

Sa famille faisait en effet partie de celles qui prétendaient à l'importance de la pureté du sang et, depuis sa plus tendre enfance, on avait inculqué ces principes à Draco. Il n'avait tout d'abord pas hésité à suivre son père et à accepter la marque de Voldemort, mais s'était rapidement rendu compte de son erreur. Il accepta de remplir la dure fonction d'espion pour le compte de ceux qui luttaient contre Voldemort. Et il avait eut à en subir les conséquences.

Je secouai la tête, un peu sonnée par cette masse d'informations.

« Et la guerre, elle en est où maintenant ? »

Hermione soupira.

« Toujours en cours. Voldemort est parvenu à revenir à la vie la dernière fois qu'il s'est trouvé frappé par un sortilège mortel. C'est donc qu'il y a quelque chose qui n'est pas purement physique qui l'empêche de mourir. Il est parvenu à détacher son âme de son corps au point de permettre à l'une de survivre sans l'autre. Cela le rend particulièrement difficile à détruire entièrement. En attendant, nous luttons. Et perdons de précieuses vies. La communauté sorcière n'est pas bien grande, tu sais… »

Je retournai tout cela dans mon esprit. La situation paraissait effectivement désespérée.

« Et il n'y a pas de moyens connus pour… contourner le problème, ou je sais pas trop quoi ? »

« Je n'en connais qu'un, une créature qui s'appelle Détraqueur, qui 'mange' l'âme de ses victimes. »

« Elles doivent avoir un système digestif en béton, ces bestioles, dis donc… »

« Le souci, c'est qu'il n'y a pas vraiment moyen de les contrôler. Et puis elles ne passent pas vraiment inaperçues… »

« Donc elles servent à rien ? »

Hermione réprima un éclat de rire.

« On peut voir ça comme ça, oui. En fait, elles pourraient être utiles si on parvenait à détacher l'âme du corps. »

« Comment ça ? On détache l'âme et on l'envoie dans un troupeau de Détraqués ? »

« C'est plus ou moins l'idée… Enfin bon. On n'en est pas encore là. Déjà, il faudrait arriver à tuer Voldemort… Et puis, il nous faut quelque chose – enfin plutôt quelqu'un, capable de contenir l'âme le temps qu'il nous faudrait pour la détruire. »

J'eus une petite pensée pour le Bon Gros Géant et son filet à rêves.

« Et ces personnes, on les trouve comment ? »

« Avec difficulté... »

« Je vois… »

« Alors, bah – on cherche, quoi. Je suis chargée d'étudier la descendance de certaines familles connues pour avoir déjà produit plusieurs personnes ayant ce don. Nous avons déjà une potentielle attrapeuse d'âme, mais je n'ai pas encore eu l'occasion d'étudier son cas de plus près. »

Elle me jeta un drôle de regard.

« Je suis désolée, mais je ne peux pas vraiment t'en dire plus sur le sujet… mais je pense que ça te donne une petite idée de là où la communauté magique en est pour le moment. »

Je restai un instant songeuse. La situation me paraissait tellement irréelle. Un peu comme un jeu auquel il me fallait trouver une solution. Je ne savais pas encore que c'était sur le point de devenir bien plus qu'un jeu…

« Et les gens continuent la lutte ? »

« Il y a un petit noyau dur de résistance. Mais bon, comme je disais plus tôt, les assassinats et autres façons d'éliminer les fauteurs de troubles se sont multipliés… »

« Et les survivants, ils se cachent comme toi ? »

« Beaucoup se sont vu forcés de prendre ces précautions, oui. D'autres se sont exilés aussi loin qu'ils le pouvaient, espérant échapper à la menace de Voldemort… Mais enfin, malgré tout, la vie continue. »

Avec un sourire un peu forcé, Hermione se releva pour signifier la fin de la conversation.

« Je crois qu'il est temps de vérifier si Malfoy se remet de notre petite opération, non ? »

A/N: J'espère que ça vous a plu! Review maybe...? :)
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