Titre : Lettres à un presque fantôme nommé "Pas chez nous"
Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas ... dommage ...
Rating : M / NC 17
Paring: Harry/Draco
Note : Cette histoire est un slash , donc il s'agit d'une relation entre hommes, si vous n'aimez pas, ben partez
Résumé : Un sort suffit pour ramener deux êtres vers une autre vie. Mais ce qui les attend ne ressemble en rien au paradis. Car c'est leur "pas chez nous". Des lettres au goût de passé blanc et rouge vont changer leurs vies.
Mot de l'auteur à lire : Je ne sais un mot que pour de vraies raisons. Attention, cette fic contient plusieurs scènes de sexes violentes, sans viol. C'est pas le monde des bisounours.
Et même si vous pensez atterrir dans une fic UA, je vous jure que s'en est pas une.
La vérité se lit dans le sang
Deux mois que nous vivons cet enfer d'extase. Se retrouvant régulièrement pour saigner, pour jouir, pour se détruire un peu plus chaque jour avec notre amour. Je ne lui ai toujours rien dit. Parce que c'est mon secret. Lui a les siens, moi les miens. A un seul détail près, c'est que je connais les siens. Non pas qu'il m'ait parlé, mais j'ai compris beaucoup de choses cette semaine. Enfin… je crois.
Draco est allongé sur mon torse, les yeux clos. Sa respiration est régulière. Je crois qu'il s'est endormi. Après tout, vu ce que nous venons de faire, je peux le comprendre. Il s'est surpassé aujourd'hui et vient de me faire voir les étoiles. Je crois que j'en ai attrapé une. J'aimerais bien lui offrir. Je verrais ça plus tard.
Ma main gauche est posée sur son dos et l'autre est nichée dans ses cheveux en bataille. Je les caresse et les fais entortiller entre mes doigts. Je l'entends déjà rouspéter car il a les cheveux qui frisotent après ça. Je peux même déjà sentir son corps s'éloigner de moi, un regard noir jeté en pleine figure et ses mots acerbes.
Je souffle un bon coup et chasse ses pensées. Il n'est pas réveillé. Alors que je ferme doucement les yeux, je sens sa respiration s'accélérer. Il gémit et bouge légèrement. Ses lèvres bougent et…
- Père, non. Pas ça. Pas encore. Pitié père. J'ai mal. Non, non, non, non. Je ne suis pas un monstre.
Attentif, je suis prêt à le réveiller si c'est trop dur pour lui. C'est la seconde fois qu'il s'endort en ma présence et c'est la seconde fois qu'il me fait ce cauchemar. Son père est vraiment un monstre. Ce n'est pas Draco, c'est son père. Je crois savoir ce qu'il revit, mais je n'ose y croire. Comment un père peut-il faire cela à son fils ? Je sens les larmes venir, c'est plus fort que moi. Mes bras resserrent le corps tremblant de Draco.
- Je suis là. Tu n'es pas seul. Je suis là Draco. C'est fini. C'est fini, je chuchote en nous berçant.
Doucement, Draco se calme, mais pas mes pleurs. Mon ange a été déchu par son père. Je le hais.
Je finis quand même par me calmer et reprends mon triturage de cheveux. Les doigts entre ses cheveux, je ne peux m'empêcher de sourire en voyant déjà les traces de mon acte. Il ne me reste plus qu'à attendre qu'il se réveille. Ce qui ne tarde pas car quinze minutes après, son corps bouge, s'étire et il gémit. Ses yeux s'ouvrent et il se relève. En un rapide coup d'œil il scanne la pièce et se remémore les évènements. Un sourire vient fleurir ses lèvres et je ne peux résister à l'envie de l'embrasser. Mais en me relevant, je grimace de douleur. J'ai des fourmis dans tout le corps et mes membres sont endoloris.
Draco se rhabille, sans se soucier de moi. Il me jette mes vêtements à la figure. Puis, soudain, il y a ce regard, celui que je redoute, celui que j'attends. Une main dans ses cheveux, ses lèvres se tordant, ça va exploser.
- Espèce de con ! Suis pas un caniche ! Tu peux pas t'empêcher de le faire ? Je ressemble à un mouton maintenant. Mais putain qu'est-ce que je fais avec toi ? Je me demande bien pourquoi je continue à te voir ? C'est vrai que t'es une vraie chienne bonne à baiser, mais quand je vois ça, je me dis que t'es pire qu'une pute. Tu sais quoi ? Tu m'oublies, tu me rayes de ta vie. Je veux plus voir ta face de pédale en face de moi. Tu n'es plus rien pour moi. Je te hais !
Et il s'en va.
J'attends d'être sûr qu'il soit parti pour laisser couler mes larmes. Ce qu'il vient de me dire m'a blessé bien plus que je ne l'aurais cru. Ses mots ont vraiment été acerbes aujourd'hui. Je pense que je vais en avoir pour trois jours au moins. Je sanglote tout en me rhabillant. Mon corps me fait vraiment mal. Ce n'est peut-être pas si mal qu'il m'ignore durant quelques jours. Je pourrais récupérer. Enfin… j'espère. Car même s'il revient à chaque fois et fait comme si rien ne s'était passé, j'ai toujours peur que cette fois soit la bonne et que ses mots soient vrais cette fois ci. Un haut le cœur me prend et je me retiens de vomir. Ce n'est pas le moment de se laisser aller. Faut que je rentre, prenne une bonne douche et me reprenne en main. Je mets mon bonnet, enroule mon écharpe autour de mon cou marqué de ses dents et file en vitesse chez moi. J'ai besoin de dormir je crois aussi.
oOo
Je viens de descendre du bus scolaire. Les autres sont déjà loin devant, pressés de rentrer au chaud chez eux. Moi aussi, mais je n'ai pas le moral. Cela fait cinq jours que Draco m'ignore. C'est la première fois que c'est si long. Et si cette fois… Non ! Je ne veux pas y penser. Il ne peut pas…
- Aaaaaahhh !
Une main se pose sur ma bouche, stoppant mon cri et un corps me tire en arrière dans une petite ruelle.
- J'ai envie de toi, me souffle une voix bien connue.
Je me détends et soupire de soulagement. Ce n'est pas fini. La torture amoureuse continue. Je me retourne, les yeux remplis de joie et me jette sur lui. Mes lèvres s'écrasent sur les siennes et son corps heurte le mur derrière lui. C'est si bon de le retrouver, de le sentir. Je l'embrasse avec fièvre et mes mains commencent déjà à se glisser sous ses habits. Je ne me contrôle plus. Quant à lui, il n'est pas en reste. La boucle de ma ceinture est déjà défaite et sa main caresse déjà mon sexe. Sa main est froide, mais je m'en moque. Il me touche. Je gémis dans sa bouche, tellement c'est bon de ressentir une fois de plus ces sensations de perdition.
Mon pantalon et mon boxer tombent sur mes chevilles. Il fait froid, mais je brûle de l'intérieur. Je brûle pour lui. Ses doigts sont déjà en moi et je me retiens de jouir. Alors je défais les boutons de son jean et sors sa virilité de sa prison de tissu. Il est si chaud, si humide. Et tout ça rien que pour moi. Je crois que je pourrais mourir en cet instant. Un papier qui se déchire, je ne capte plus rien. En un éclair, je me retrouve plaqué contre le muret, penché dessus. Son sexe est déjà en train d'aller et de venir en moi. Et je gémis. Et il cri. Et la pierre gelée redécouvre mon sang. Ecorchures. Je ne peux plus me retenir et explose. Le froid sur mon sexe me fait presque mal. Presque car ses coups de rein se font de plus en plus rapides et irréguliers, signe qu'il va jouir. Alors je ne peux qu'être heureux.
Après ça, nous sommes vite allés nous réchauffer dans l'église. Il a allumé son éternelle cigarette, j'en ai pris une bouffée, comme à chaque fois. Rituel.
Et puis c'est reparti. J'ai les jambes posées sur ses épaules, mes ongles accrochés à ses épaules et les siens ancrés dans mes cuisses. Nos regards restent agrippés l'un à l'autre. Nous nous retrouvons. Pas de mots, pas d'excuses. Juste nous, le sexe, notre sang, nos souffles qui se mêlent. C'est comme ça. Simplement nous.
oOo
Je ne pensais pas que la neige durait aussi longtemps dans cette région. Cela fait plus de trois mois qu'elle est présente et ne semble pas vouloir fondre. Le village entier est rassemblé pour un baptême. Une petite fille qui vient de naître. Tout le monde est heureux. Mais moi ce n'est pas pour la même chose. Nous avons réussi à nous éclipser durant la cérémonie. Nous avons peu de temps. Alors nous allons directement au fait. Pantalons sur les chevilles, boxers de travers, il me tarde de le sentir en moi. Alors qu'il cherche un préservatif dans sa poche, je le stoppe et prends son sexe dans ma main. Je commence à le diriger vers mon entrée, mais Draco stoppe tout. Je le sens tendu dans mon dos. Pas d'envie. Non, autre chose.
- Non, marmonne-t-il. Pas sans le…
- M'en fou. Je te veux, je chuchote.
- Non Harry. Ça, jamais.
- Je te veux sans ce truc en plastique.
- Je refuse, dit-il en commençant à se rhabiller.
Je me retourne, ne m'attendant pas à cette réaction. Il est si… doux. Prévenant. Je n'ai pas l'habitude. Je m'attendais à ce qu'il ne m'écoute pas. Il l'aurait mis et m'aurait obligé à subir ses assauts. Mais non. Je me suis trompé à ce sujet. Je crois que j'ai encore à apprendre de lui. Plus que je ne croyais.
Il me jette un regard triste et retourne dans la foule qui fête l'arrivée de l'enfant. Un peu perdu, je me rhabille aussi et rejoins mes parents. Je ne sais plus quoi penser.
Le lendemain, nous nous retrouvons une fois de plus à l'église pour l'office. Draco est assis entre ses parents, tout comme moi. Il ne me regarde pas. Rien. J'ai peur de ce qu'il va se passer. Ou de ce qui ne va pas se passer aussi. Je viens d'atterrir sur une pente raide et je glisse sans savoir où tout cela me mène. Mais je l'ai cherché. Je l'ai voulu. A moi d'en assumer les conséquences.
En sortant de l'église, tandis que mes parents parlent avec leurs voisins, Draco passe à côté de moi, me bouscule et frôle ma main. Un papier glisse et je l'attrape au vol. C'est la première fois qu'il communique ainsi avec moi. Discrètement, je déplie le papier et découvre une écriture fine et penchée. "16h. Endroit habituel.". Je souris car je vais le revoir, mais appréhende car la suite sera peut-être digne d'un génocide.
Une fois à la maison, je mange avec mes parents, fais mes devoirs et pars même en avance. Il me tarde de le retrouver. Sur le chemin, je cours. Enfin du mieux que je peux avec cette neige. Je suis en avance. Il y a deux formes noires près de l'église. Je ralentis, ne voulant pas me faire remarquer. Et puis je le reconnais. Et en face de lui se trouve son père. Ils semblent se crier dessus. Une gifle part et s'écrase sur la joue de Draco. Il ne réplique pas. Mais je sens d'ici qu'il fulmine. D'autres cris, et des gestes qui me choquent par-dessus tout. Une main glisse sur son torse, lentement. Un arrêt sur son bas ventre, un détour par ses fesses et une nouvelle gifle. Sa tête part sur le côté et ses iris remplis de larmes contenues me voient. Je me fige. Je n'aurais jamais dû assister à cette scène. Je suis pétrifié. Je ne sais plus quoi faire. Son père s'en va.
Une fois loin, c'est Draco qui vient me chercher. Il me prend par la main et me tire vers l'église, vers notre chemin.
- Draco… je…
- La ferme !
- Je…
Mais je suis coupé par sa bouche s'écrasant sur la mienne. Je sens ses larmes glisser sur mes joues. Je voudrais le consoler, mais il me fait comprendre que ce n'est pas ce qu'il veut. Il défait mon pantalon et le sien, met un préservatif et me pénètre sans préavis. J'ai mal, vraiment mal. Je sens un liquide couler entre mes cuisses. Il n'est pas blanc. Il est rouge. C'est la première fois qu'il est si violent avec moi. Mais je me tais. Il m'en veut tellement. Et son seul moyen de me faire souffrir, c'est en me faisant l'amour en enfer, tout près du paradis que nous promet le bâtiment à nos côtés. En quelques secondes il se déverse ne moi. Alors qu'il se retire, le souffle court, je laisse une larme s'échapper. Je n'arrive plus à me retenir.
D'un mouvement habile, Draco me retourne et voit cette larme disparaître entre mes lèvres. Du bout des doigts il retrace son sillon. Il s'en veut. Alors je souris. Même s'il ne m'a rien demandé, j'ai décidé de l'aider à supporter ses peines. Je remonte mes habits et fais de même avec lui. Puis je prends sa main et rentre dans l'église. J'ai mal et je sais que je devrais soigner cette plaie. Mais celles de Draco, celles que l'on ne voit pas, sont bien plus terribles que les miennes.
Une fois à l'intérieur, j'allume des bougies et retire nos manteaux. Draco semble ailleurs. Je nous assois et me mets à le bercer contre mon corps meurtri.
Je ne sais pas combien de temps nous restons ainsi, cachant nos secrets au plus profond pour que l'autre ne voie rien. Je finis par me redresser un peu. Draco plante son regard dans le mien et je suis dévasté par tout ce que je peux y lire.
- Viens dormir chez moi, je lance sans même réfléchir.
Je suis aussi surpris que lui par mes mots. Il commence à secouer la tête, mais l'arrête.
- C'est pas une proposition. C'est un ordre. Ce soir, tu viens dormir chez moi.
- Tes parents ?
- Ne diront rien si tu es bien sage.
Enfin un sourire. Et moi cela suffit pour guérir toutes mes blessures. Mais avant, je voudrais… parler de quelque chose avec lui. Quelque chose que je ne peux plus cacher. Je prends une grande inspiration et pince mes lèvres. Je vois bien à son regard qu'il redoute mes mots futurs.
- Draco. Je… je sais. Je sais tout.
Ses sourcils se froncent et il m'interroge du regard.
- Je l'ai pas fait exprès, je te jure. Mais entre laisser traîner tes affaires et parler dans ton sommeil, ben j'ai tout compris.
J'attends à tout moment l'explosion.
- Je… Oh putain je sais pas comment te le dire ! J'ai peur de me tromper, que tu m'en veuilles. Que tout s'arrête, je finis dans un murmure quasi inaudible.
- Crache le morceau, sans tourner autour du pot. Tu verras bien.
De toute façon, je crois que ce genre de chose ne peuvent être dites que directement. Alors je prends une grande inspiration et débite tout d'un seul coup, sans respirer.
- Je sais que ton père te viole et que t'es atteint du sida.
Le temps se suspens. L'explosion va arriver. Je le sens. Il va…
- Ah, lâche-t-il dans un petit souffle.
Je baisse les épaules, surpris de cette réaction. Je le fixe incrédule. Et je vois bien qu'il ne sait pas trop où se mettre.
- Tu sais que je te déteste, reprend-il d'un ton calme. Il n'y a que toi pour deviner mes plus grands secrets. Comment ?
- Ben dans ton sommeil, tu fais des cauchemars de ton père. Et un jour, j'ai vu un papier sortir de ton sac. En voulant le ranger, j'ai vu que c'était une analyse de sang. J'ai regardé et… j'ai compris. C'est pour ça que l'autre jour tu n'as pas voulu sans capote.
- Si tu sais pourquoi vouloir ne pas en mettre ?
- Parce j'en ai rien à foutre des problèmes. J'y suis déjà dedans, et jusqu'au cou, je réponds du tac au tac en souriant.
- Voleur.
- Bien plus que tu ne le crois.
Parce que si je lui ai volé sa phrase, il a volé mon cœur et je sais que j'ai volé le sien, mais à son insu.
oOo
- T'es sûr ?
Je soupire. Il m'énerve.
- Oui. Vas-y.
- Non parce que je peux toujours…
Je le repousse et m'assois. Les yeux lançant des éclairs, je me lève et commence à me rhabiller. Alors que je suis en train d'enfiler mon boxer, je sens un corps se coller dans mon dos, une main sur ma nuque m'obligeant à me pencher en avant et un sexe dur qui se colle à mes fesses. Intérieurement je souris, mais je ne montre rien. J'attends. Et Draco se décide à rentrer en moi, sans bout de plastique entre nous. Je le sens trembler. Il a peur.
Je savais bien quand restant avec lui il ne m'arriverait que des ennuis. Mais je le voulais tellement. Si fort. Alors qu'il va-et-vient en moi, me pilonnant lentement, sa bouche se colle à mon oreille.
- Tu sais, je suis pas loin de crever. Ça peut arriver demain. Et tu pourras rien y faire. Pourquoi je reste ici ? Peut-être dans l'espoir fugace qu'il me pardonnera. Ou alors pour le narguer de ma venue imminente. Et toi, en voulant ça…
Un coup de rein plus fort, plus loin qui me fait voir des étoiles.
- Tu risques de te retrouver comme moi.
- M'en fou, ici c'est "pas chez nous".
Et je redonne le ton de cadence en poussant Draco encore plus loin. Cela a pour effet de le faire jouir en un cri rauque. Quelques coups de rein plus loin, c'est à mon tour de venir. Mais ce que ne voit pas Draco, c'est que je serre notre étoile entre mes mains, priant pour rien de tout ce qu'il vient de me dire n'arrive.
Draco se retire, se couche à côté de moi et se met à rire.
- C'est quoi ça ? Pas chez nous ?
- On est pas chez nous ici. C'est juste que c'est le seul endroit du village où on peut se retrouver seul. Ça ne sera jamais chez nous. Comment ça pourrait l'être après tout ce qu'on a fait ?
- Mouais.
- Alors j'appelle ça notre "pas chez nous".
- Oui, c'est le notre, soupire-t-il.
Nous restons tout le reste de l'après-midi comme ça, à regarder le plafond, sans un mot. Jusqu'à ce que Draco se décide à rentrer. Alors qu'il ferme le dernier bouton de sa veste, moi attendant à côté, il me tend un papier. Je le prends, ne sachant pas de quoi il s'agit.
- Tu pourras la faire sans soucis là-bas. Appelle-les avant.
- De ?
- Pour ta prise de sang, me lance-t-il en quittant la pièce.
oOo
Je l'ai faite. Bon un mois après qu'il m'ait donné le papier. Mais de toute façon, je ne veux pas savoir le résultat. Qu'est-ce que ça changera ? Je m'inquiète pour Draco, pas pour moi. Depuis hier, il ne répond pas à mes appels. Et ce n'est pas normal.
Je ne suis pas concentré en cours et écope d'une retenue. Je ne suis plus à ça près. A peine rentré au village, je me dirige à notre "pas chez nous". mais il n'y est pas. J'attends jusqu'à pas d'heure, jusqu'à ce que mes parents me menacent d'appeler les flics. En rentrant, je me fais harceler, engueuler, punir et tout ce qui va avec. Mais je m'en moque.
Je viens d'avoir les résultats. Je ne veux pas les ouvrir. C'est lui qui a voulu ce test, pas moi. Alors se sera lui qui ouvrira l'enveloppe. Je lui envoie un texto et espère qu'il viendra. A 14h, je me rends à notre "pas chez nous". Et je vois de la lumière, espère que c'est bien lui. Lorsque je pousse la porte je suis tellement heureux de le voir que je me rue sur lui et le gifle. Mais sa réaction est si plate que ma haine se calme aussitôt. Il est encore plus pâle que d'habitude. Il a maigri et ses cernes mes font peur.
- Donne, m'ordonne-t-il.
Je lui tends l'enveloppe et continue à le détailler. On dirait un cadavre ambulant. Il ressemble plus à un mort vivant qu'autre chose.
- T'es cocu, dit-il en me sortant de mes pensées.
- Hein ?
- T'es cocu. T'as rien.
- Ah ?
La nouvelle ne me touche même pas. Il m'inquiète juste.
- Si t'as prévu une partie de jambe en l'air, va te remaquiller, car tu fais peur, je lui lance par réflexe de protection.
La vérité m'effraie.
- Oublie tes petits plaisirs. Oublie-moi. Refais ta vie, arrête tes conneries. Redeviens le gentil Harry Potter. Et ne baise plus sans capote.
- J'ai pas droit à une dernière fois ? j'ironise.
Il sourit et me tend sa main. Je la saisis, attendant la suite. De sa poche il sort un couteau et, d'un seul coup se tranche les veines. Le sang coule le long de sa main et atterrit dans la mienne. Je suis fasciné. Et je pleure. Il se tranche les veines de l'autre bras et ferme les yeux. Je pose mes lèvres sur les siennes, mais aucune promesse d'adieu. Et je quitte notre "pas chez nous".
A suivre...
