Titre : Lettres à un presque fantôme nommé "Pas chez nous"
Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas ... dommage ...
Rating : M / NC 17
Paring: Harry/Draco
Note : Cette histoire est un slash , donc il s'agit d'une relation entre hommes, si vous n'aimez pas, ben partez
Résumé : Un sort suffit pour ramener deux êtres vers une autre vie. Mais ce qui les attend ne ressemble en rien au paradis. Car c'est leur "pas chez nous". Des lettres au goût de passé blanc et rouge vont changer leurs vies.
Mot de l'auteur à lire : Je ne sais un mot que pour de vraies raisons. Attention, cette fic contient plusieurs scènes de sexes violentes, sans viol. C'est pas le monde des bisounours.
Et même si vous pensez atterrir dans une fic UA, je vous jure que s'en est pas une.
Pardon pour mon absence, mais j'ai eu des soucis de santé et j'ai un diplôme à préparer que je passe dans une semaine.
Lettres à mon fantôme
Un mois. Un mois. Un mois.
Je ne suis pas allé à ses funérailles. A quoi bon ? ça aurait été pathétique de ma part.
Depuis deux jours c'est la frénésie à la maison. Mes parents ont décidé de déménager. Ils pensent que ce village est la cause de mon état et de ma délinquance dixit leurs mots.
Je suis en train de faire du tri dans mes affaires. Et je retombe sur ce paquet de feuilles. Il les aurait aimées. Elles lui sont destinées. Mais il ne les lira jamais. Et posé au centre, il y a notre étoile. Elle ne brille presque plus. Je souffle dessus et la serre contre mon cœur. Reste de ces moments de souffrance, je ne peux oublier Draco. Preuves devant moi. Voici mes mots étalés sur du blanc, comme la neige. Ne manque plus que le rouge pour que tout soit parfait.
J'en prends une au hasard. Oh. Celle là me plait beaucoup. Elle me rappelle tellement de souvenirs.
Plic... ploc... Plic... ploc...
Une goutte... La première...
Un sourire... Le dernier...
Une seconde, puis encore une autre.
Un flot sans fin qui coule sur ma peau diaphane.
Je suis écorché... vif... rouge... l'onyx noir purifié par mes larmes qui se mêlent à ma vie passée.
Mes genoux en sang... reflet de nos ébats... passion oubliée... sentiments obscures d'amour... j'ai mal.
Délivre moi une nouvelle fois en me faisant tient.
Écorche-moi encore pour que je te voie pleurer.
Saigne sur moi... saigne en moi... saigne pour moi...
Écorchons nous l'âme...
Elle l'est bien maintenant. Mon âme lui ressemble si bien.
Elle est comme mes genoux qui ne cessent de saigner, que je refuse de soigner.
Elle est comme ma peau lacérée que je griffe chaque jour pour ne pas oublier nos étreintes.
Elle est comme mes lèvres meurtries, vestige de ses baisers.
Je caresse les mots du bout des doigts, puis ma bouche, mes genoux et mes bras et jambes. Il est encore là. Je le sens sur moi, en moi.
Et c'est si délirant que j'entends parfois sa respiration, que je sens sa main dans la mienne. Mais déjà tout s'éloigne et le froid m'envahit.
Je repose la lettre et en prends une autre. Celle là est dure à lire. Elle parle d'un monstre qui en a créé deux autres. Elle me donne envie de la déchirer, que le monstre en question souffre comme si je lui tailladais la peau.
Je me souviens si bien de ce jour… un jour horrible… comme tous ceux que nous avons vécu.
Il faisait froid, si froid. Et la neige blanche recouvrait les rues de notre " Pas chez nous ". Le vent glacial me mordait le visage mais je ne pouvais pas renter.
Tu m'avais demandé de venir te voir. Je savais très bien pourquoi. C'était toujours pareil. Comme un rituel journalier, un retour dans le passé, un cercle sans fin.
Et j'étais arrivé plus tôt… parce que j'avais trop froid.
Tu étais bien là, comme d'habitude. Mais il y avait lui aussi. Et j'ai tout de suite compris. Oh, bien sûr il est parti avant que je ne fasse quoi que soit.
Je voulais que tu me dises, mais notre haine était beaucoup trop forte. Tu ne pouvais t'abaisser à ça.
Et pour te venger de ce que je venais de voir, j'ai saigné dans ce blanc trop pur pour nous. La neige est vite devenue rouge par ma faute.
Je t'ai hais d'être si fort et si faible en même temps. Tu ne pouvais pas, pour une fois, ne pas me détester !
Je ne crois pas. Après tout nous avons vécu dans une parfaite haine, harmonie de nos sentiments si instables et horribles.
Quand j'y repense, c'est lui qui t'a tué ce jour là. Mais toi tu n'as jamais réussi à m'entraîner avec toi. Pourquoi ?
C'est ce jour que ses secrets se sont dévoilés à moi. C'est ce jour où j'ai vu de l'amour dans ses iris, après tant de haine. Mais plus rien ne brille dans son regard vide. Il a éteint les lumières et emporté avec lui les miennes. Ne reste plus que cette étoile qui se ternie de jour en jour. Seul vestige de notre passion destructrice qui m'a laissé sauf malgré mes tentatives.
Son sang n'a pas voulu me contaminer. Je l'ai désiré, voulu, mais lui non. Je suis intact et mon sang reste parfaitement rouge. J'aurais tant voulu qu'il prenne la couleur de Draco. Ce blanc si pur et envoûtant. Ce gris déstabilisant et destructeur. Lui…
Je prends une autre feuille et ne peut m'empêcher de faire perler le sang dans ma bouche en le relisant. Tout en quelques mots. Notre histoire sur une feuille. Nos vies étalées dans de l'encre.
Cet endroit où tout s'est passé... où tout a commencé et où tout a fini... puis-je l'aimer ?
Ma première goutte.
Mon premier mot censé.
Ma première larme.
Mon premier sourire.
Mes premiers pour tout.
Ton premier souffle.
Ton premier regard.
Ton premier cri.
Ton premier pêché.
Et tes derniers aussi.
Nous le narguions si souvent avec nos corps. Je n'oublierais jamais. Car ce n'était qu'en ces moments que je me sentais chez moi.
Des gamins en perdition tentant de comprendre la vie dans un lieu pur. Les sermons j'en ai trop vu et trop entendu quand tu me faisais saigner... un vrai délice... une incitation à le hurler encore.
"Pas chez nous."
J'ai presque envie d'en rire... presque. Car nous avons saigné si souvent en lui montrant le monde. S'en est risible... je suis pathétique... tu m'as fait honte... et je le reveux encore.
J'y ai attrapé une étoile... notre étoile... et l'ai brisée. Tu en as ri... buvant mon sang que tu venais de faire couler. Et j'ai aimé. Recommence... une fois encore... brise nous comme tu l'as fait ce jour là. Parce que c'est ici "notre chez nous".
Finalement, notre "pas chez nous" était aussi "notre chez nous". Je veux y retourner... avec toi... une seule fois...
C'est ce jour que j'ai tout compris. Je ne me sentais bien que dans ses bras, dans notre " pas chez nous ". Et c'est ce qui le rendait tellement important à mes yeux. Il savait tout de nous. Nos craintes, nos peurs, nos joies, nos larmes et nos rires. Nos ébats, nos soupirs, nos gémissements. Tout simplement, notre amour. Il savait pour notre amour et il en était le gardien secret.
Pourtant j'ai bien essayé de tout oublier. De tirer un trait sur ces mois d'extase. En vain. Draco m'a tout pris et je ne serais plus jamais le même.
Preuves à l'appui de mes efforts…
Oublier ce que tu m'as fait.
Oublier ce que j'ai fait.
Oublier ce que nous avons fait.
Oublier ce que nous avons été.
J'ai beau essayer, je n'y arrive pas.
Croire que ce que nous avons vécu n'était qu'un cauchemar de princes.
Prier pour que nos traîtrises soient oubliées.
Lutter contre ces souvenirs de démons.
Pleurer dans mes mains et saigner en pensant toujours à toi.
Tu me l'avais dit, tu me l'avais promis et je ne t'avais pas cru. Stupidité naïve, déraison puérile. Un passé pour deux. Un futur pour un.
Ça aurait dû être moi …
Mais rien n'est laissé à part. Tout reste gravé contre ma volonté.
Je ne veux pas oublier. Je regarde les plaies sur mes bras et verse une larme dessus. Ça pique. Comme la première fois où je me suis écorché les genoux et où il a léché mes plaies avec sa langue.
Ces marques que je redessine chaque jour… je n'ai pas oublié pourquoi. Si souvent je les ai retracées, si souvent je les ai vues… plus profondes, plus en moi. Je plonge dans cette souffrance chaleureuse avec douceur et douleur. Se faire mal pour avoir moins mal. Toujours le même refrain. Une vue qui se brouille, la tête qui tourne… se ronger de l'intérieur et se charcuter de l'extérieur… essayer de crever et de vivre en même temps… se raccrocher à un espoir perdu… toi.
On s'écroule sur le sol, on touche la réalité et on effleure du bout des doigts le rêve. Tout devient flou, vide… sans sens. Pourtant on l'entend encore… cet appel au loin. Et on y croit. On s'arrête. On se retourne et se relève. On oublie l'espace d'une seconde nos conneries et on revit… jusqu'à ressombrer… un peu… juste assez pour la frôler sans jamais la toucher. Retomber pour moins souffrir. Retomber pour de nouveaux espérer. Retomber pour vivre… pour oublier.
Jamais je ne mourrais. Je veux juste que la douleur disparaisse… juste une seconde… le temps d'un souffle… le temps de te dire … " Je t'aime"…
J'ai menti. Je ne peux plus. J'ai essayé… vraiment. De toutes mes forces, avec tout mon sang. Mais je ne suis pas aussi fort que lui. Je prends une feuille et un stylo et commence à écrire une nouvelle page.
Ton sang était blanc comme la neige.
Mon sang est rouge de ma passion pour toi.
Et j'avais beau tenter de le faire devenir comme toi, d'y mêler ton sang blanc, rien n'y faisait.
Toujours du carmin dans mes veines.
Alors je continuais.
Je continue. Je te cherche.
Et tu me trouvais toujours de la meilleure façon qui soit.
Et tu te déversais en moi, tu te perdais dans mon corps. Parfois dans mes bras quand tu étais trop faible.
J'aurais voulu que le temps se fige en ces moments là.
Sauf que tu ne voulais pas.
Tu le savais. Tu connaissais mon plus grand secret, mais le niais.
Aujourd'hui j'ose enfin te le dire, le crier. " Je t'aime !"
Et même si tu me haïssais du plus fort que tu pouvais, je ne te crois plus. Tes mensonges ne m'atteignent plus en cet instant. Du rouge se mélange au blanc et il commence à perdre de sa vivacité. Le rouge absorbe le blanc et perd de sa lumière.
L'étoile à mes côtés se meure doucement, m'entraînant avec elle.
Ma main tombe lourdement alors que je sens mes yeux se fermer d'eux-mêmes. Je vais enfin le retrouver et continue à nous torturer, à nous aimer. Il fait froid, comme dans la neige, quand mon sang perlait.
Je vois une forme floue devant moi.
- Harry !
Qui est-ce ? Ce n'est pas ma mère, ce n'est pas sa voix. Et pourtant je sens que je connais ce timbre. Mais qui ?
Je sombre. Le noir.
Blanc aveuglant. Grande bouffée d'air. Il y a trop de bruit autour de moi.
Où suis-je ? Qui suis-je ?
- Harry ?
A suivre...
