Titre : Lettres à un presque fantôme nommé "Pas chez nous"
Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas ... dommage ...
Rating : M / NC 17
Paring: Harry/Draco
Note : Cette histoire est un slash , donc il s'agit d'une relation entre hommes, si vous n'aimez pas, ben partez
Résumé : Un sort suffit pour ramener deux êtres vers une autre vie. Mais ce qui les attend ne ressemble en rien au paradis. Car c'est leur "pas chez nous". Des lettres au goût de passé blanc et rouge vont changer leurs vies.
Mot de l'auteur à lire : Je ne sais un mot que pour de vraies raisons. Attention, cette fic contient plusieurs scènes de sexes violentes, sans viol. C'est pas le monde des bisounours.
Et même si vous pensez atterrir dans une fic UA, je vous jure que s'en est pas une.
Pardon pour mon absence, mais j'ai eu des soucis de santé et j'ai un diplôme à préparer que je passe dans une semaine.
Un fantôme peut vivre longtemps
Je regarde autour de moi. Je suis dans un hôpital. Je dirais Sainte-mangouste. Hermione est à mes côtés, souriante comme jamais. Je tente d'ouvrir la bouche, mais aucun son ne sort.
- Chut, me dit Hermione. Tout va bien. C'est fini.
Je fronce les sourcils, ses mots résonnants étrangement en moi.
- La guerre est finie. Il est mort.
Je sais qu'il est mort. Je l'ai vu mourir devant moi.
Puis j'arrête mes drôles de pensées.
Je ne sais pas si Draco est mort. C'est Voldemort qui l'est. Je secoue la tête et soupire. Que m'est-il arrivé ? Et Draco ?
Etrangement, moi qui ne me souciais pas de son sort lors de la bataille, je viens à m'inquiéter. Est-il vivant ? Est-il en prison ? Je veux savoir !
Je tente de m'asseoir, mais mon corps me fait trop mal. Je regarde Hermione et tente de lui faire comprendre que j'ai des questions, que je veux des réponses. Elle se lève, attrape un carnet et un stylo et me les tend.
- Essaye pour voir.
Il y a des taches rouges devant mes yeux. Le stylo tombait et l'encre coulait.
Je cligne des yeux et chasse ces images.
Le stylo est froid entre mes doigts. Mon écriture est tremblante et difficile, mais j'arrive tout de même à écrire un mot. Draco.
Lorsqu'Hermione lit mon mot, ses yeux s'écarquillent et ses lèvres se pincent.
- Malfoy ? Tu veux savoir quoi ? me demande-t-elle hésitante.
J'écris que je veux tout savoir.
Elle prend une grande inspiration et se rassoit sur sa chaise.
- Tout. D'accord, mais c'est long.
Je l'encourage du regard. Mon histoire avec lui est longue aussi.
- On était en train de se battre. On peut même dire que les mangemorts menaient le combat. C'était plutôt mal parti. Toi, tu t'avançais vers Voldemort, prêt à l'affronter. Des sorts fusaient dans tous les sens. Et puis il y en a eu un plus violent. Pendant une seconde aurait cru se retrouver en plein feu. Un éclair rouge est parti de la baguette de Voldemort. Tu n'as pas eu le temps de te protéger toi-même. C'est… Malfoy qui l'a fait. Il s'est jeté sur toi pour prendre le sort à ta place. Et quand la lumière rouge l'a heurté, il y a eu une grande lumière orangé et puis plus rien. Voldemort était mort, les mangemorts désarmés. On a cru que Malfoy était mort. Et toi peut-être aussi. Mais en se rapprochant de vous, vos mains étaient liées et vous viviez. On vous a aussitôt transporté ici. Les médicomages ont réussi à vous séparer au bout de 24h d'opération. Personne ne sait ce qu'il s'est passé. On ne connait pas le sort que t'a lancé Voldemort et encore moins ce qu'il vous est arrivé. Impossible de vous réveiller. Votre magie était très faible, mais présente. Tu es resté dans cet état pendant plus d'un mois. Et puis d'un coup, ta magie s'est intensifiée et tu t'es mis à bouger. Et tu t'es réveillé.
Et Draco ? Je l'interroge du regard et regarde le carnet, pour lui faire comprendre.
- Aux dernières nouvelles, Malfoy se trouvait dans le même état que toi. Mais peut-être…
Je veux aller le voir !
Je gesticule, tentant de faire comprendre ce que je veux. Mais je crois que je ressemble plus à un fou qu'autre chose. Hermione me tend le carnet et j'écris péniblement "Draco voir".
Hermione, me fixe, interloquée. Elle doit se poser de nombreuses questions aussi. Mais elle fait venir une infirmière qui m'installe dans un fauteuil et nous allons plus loin dans le couloir, dans la chambre de Draco. Arrivés devant sa porte, nous entendons des voix. Hermione toque et rentre en me poussant.
Et je crois qu'à cet instant mon cœur rate un battement, voire plusieurs. Draco est réveillé, vivant et encore plus…
Je secoue la tête et tente de reprendre mes esprits. Nos regards se croisent et je me mets à rougir. Tous ces souvenirs me reviennent en pleine figure. Et je crois que je peux deviner une rougeur similaire sur ses joues. Aurait-il…
Puis ses yeux se remplissent de cette fureur que je reconnais si bien et qui me fait vibrer.
- Potter ! Dégage de ma chambre ! Je te hais. T'es qu'un salopard ! Tu t'approches d'un millimètre et tu peux dire adieu à ta vie de sauveur du monde ! Hurle-t-il.
Hermione sort immédiatement de la chambre avec moi. Elle est tendue. Mais moi je suis heureux. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. Ce ne sont pas les mêmes joutes verbales qu'avant. Ce sont… les autres. Mais elles me font encore plus frémir. Je me souviens de ses mots violents, de sa haine et de la mienne. Je me rappelle de tout. Dans les moindres détails.
Une vague de chaleur monte en moi. J'ai des fourmis dans les jambes et le ventre qui se tord de plaisir. Que m'arrive-t-il ?
oOo
J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure. Il cogne contre ma poitrine. Le souffle court, les images défilent devant mes yeux sans que je ne puisse faire quoi que se soit.
Draco. Son regard. Ses mains. Sa langue. Sa haine.
Moi. Mes mots murmurés. Mon sang. Ma jouissance. Mon amour.
J'ai envie d'aller le voir, de me jeter dans ses bras et de respirer son odeur.
J'ai envie de goûter sa peau, de passer mes mains sur son corps, de le griffer jusqu'au sang.
J'ai envie d'être avec lui, de retourner dans notre "pas chez nous", de m'enfermer dans une pièce avec lui pour toujours.
Ma main sur ma poitrine se crispe. Ça fait mal. Alors je me hisse sur le fauteuil roulant, tirant sur les perfusions. Je crois même qu'il y en a une qui s'arrache. Mais la douleur est bien trop familière pour me gêner. Péniblement, je me mets à avancer avec le fauteuil. Heureusement que la porte est juste poussée, sinon j'aurais mis dix minutes de plus pour sortir de cette chambre.
Dans le couloir, je roule doucement. Il n'y a personne et remarque que le soleil est en train de se coucher.
Arrivé devant la porte de la chambre de Draco, je grogne. Elle est fermée. Péniblement, je me hisse et tire sur la poignée. Raté. Je fais un boucan de monstre et Draco doit se demander ce qu'il se passe. C'est au bout du huitième essai que j'arrive enfin à débloquer la porte. Je la pousse et rentre dans la chambre de Draco. Et quelle n'est pas ma surprise en le découvrant par terre, une jambe en l'air emmêlée dans une perfusion. Je souris et m'avance vers lui.
- Dégage Potter. Tu as oublié ce que je t'ai dit tout à l'heure ?
Je secoue la tête, toujours incapable de parler. Mais Draco a dévié son regard et regarde mon sang perler sur un de mes bras. C'est alors que je remarque que mon sang est noir. Il n'est pas rouge ou même rouge foncé. Non il est noir. Je cligne plusieurs fois des yeux, ne comprenant pas ce qu'il se passe. Mais que m'arrive-t-il ?
- Il est beau, murmure Draco, le regard rivé dessus. Je l'ai toujours voulu ainsi.
Je fronce des sourcils et l'interroge du regard. Sauf que Draco détourne le visage et regarde le sol. Je le sens gêné. Alors je me laisse tomber en avant et atterrit à ses côtés. Je plonge mon regard dans le sien et lui souris.
- Tu as toujours le même regard.
Doucement, j'avance ma main vers la sienne. J'hésite. Mais il a toujours été comme ça… là-bas. Si farouche, montrant le contraire de ce qu'il voulait. Sauf pour le sexe. Son regard se voile quelques secondes et j'ai l'impression qu'il est parti… loin… dans notre "pas chez nous" peut-être.
Ma peau effleure la sienne et je frissonne. Cela m'a tellement manqué. Puis ses iris s'ancrent dans les miennes et j'y lis sa peur, son incompréhension, son envie, sa joie. En retour, je souris, profitant de cet instant. Une goutte de sang coule le long de ma paume et glisse sur sa peau diaphane, jusqu'à ce qu'elle fige sur son poignet.
Je revois ses coupures, son suicide… sa délivrance. Et je ne peux empêcher de laisser une larme couler sur ma joue. C'est si douloureux de revivre cet instant. Celui où je l'ai perdu.
- Suis pas mort, marmonne Draco en face de moi.
J'ai du mal à y croire.
Puis, sans prévenir, il retire sa main de la mienne et la porte à sa bouche. Sa langue sort d'entre ses lèvres et vient lécher mon sang. Je fixe la scène subjugué. Tant de choses en un si faible instant. Son regard ne me lâche durant cette seconde qui me semble éternelle. Mais tout à une fin et alors qu'il repose sa main au sol, sur la mienne, son regard dérive vers une de ses perfusions. Et il tire violemment dessus. Son sang coule le long de son bras. Il n'est pas noir comme le mien. Il n'est pas rouge comme auparavant. Il est tout parfaitement blanc.
Et c'est plus fort que moi je pleure et rigole en même temps, même si aucun son ne sort de ma gorge. Son sang st blanc. Son sang est comme la neige. J'avance ma main, mais m'arrête en chemin. Je n'ai jamais touché son sang. Oserais-je aujourd'hui ? Et finalement, c'est Draco qui prend ma main et la pose sur son bras. Je sens le liquide sur mes doigts. Il est froid et gluant.
- Aaaaah !
Nous sursautons tous les deux et tournons la tête vers la source de ce cri. Un médicomage est entré dans la chambre et semble surpris par sa découverte. Il appelle du personnel et commence à s'avancer vers nous.
- Mr Potter, que faites vous dans la chambre de Mr Malfoy ? Et vous, Mr Malfoy, comment êtes-vous arrivé par terre ? Et… mais qu'est-ce que vous avez fait ? Et qu'est-ce…
Il s'accroupit et se met à regarde nos plaies. Je n'aime pas ça. C'est trop intime pour que quelqu'un d'autres les voie. Alors je me couche sur le bras de Draco et cache le mien entre nous deux.
- Mr Potter, montrez-moi ça, m'ordonne le médicomage.
Je secoue la tête et supplie Draco du regard. Je ne veux pas. Mais ce dernier me repousse et dit :
- Tu fais chier Potter. Même maintenant tu viens me gâcher la vie. T'as vu ce que t'as fait. Tu peux pas savoir à quel point je te hais. Je te déteste ! Oublie-moi pour une fois !
Le médicomage me remonte sur mon fauteuil et une jeune femme me pousse en dehors de la chambre de Draco. J'ai les yeux rivés sur mes doigts ensanglantés. Ils sont magnifiques. Son sang l'est. Je l'ai toujours pensé de cette couleur. Mais comment est-ce arrivé ? Je ne comprends rien de ce qu'il se passe, mais je m'en fou royalement, car c'est parfait… ou presque. Et alors que j'entends Draco hurler une énième fois qu'il me hait, je sens mon cœur se liquéfier. Ses mots sont toujours aussi envoûtants.
Une trentaine de minutes après être retourna dans ma chambre, le médicomage vient me voir.
- Mr Potter, il ne faut plus retourner voir Mr Malfoy. Aucun de vous deux n'êtes en état de vous déplacer. Vous devez vous reposer. Surtout avec ce que je viens de découvrir. Puis-je voir votre bras ?
Je secoue la tête et le cache sous le drap.
- Vous n'allez pas faire comme Mr Malfoy quand même ?
Tandis que ses mots résonnent en moi, je souris. Il ne changera jamais. Et le temps que j'émerge de mes pensées, le médicomage a saisit mon bras et regarde la plaie et le sang sec.
- Noir… marmonne-t-il. Etrange. Je ne voulais pas vous déranger avant demain, mais j'ai des questions.
Je montre alors ma gorge et il grimace.
- Ecoutez, Mr Malfoy a refusé de répondre à mes questions, pouvez-vous essayer ? Même par écrit ?
J'hausse les épaules et attrape le carnet que me tend le médicomage.
- Alors, après avoir reçu le sort, vous vous souvenez de quoi ?
D'une vie entière. D'une vie avec mes parents, d'une vie normale. Mais une vie qui ne me convenait pas réellement. Et Draco m'en a offerte une seconde en me faisant découvrir son monde. Je griffonne péniblement quelques mots.
- Autre vie ? questionne le médicomage. Vous vous souvenez d'une autre vie ?
J'hoche de la tête.
- C'est tout ? Essayez de vous souvenir de quelque chose qui aurait pu vous amener dans cet état Mr Malfoy et vous. N'importe quoi.
Je secoue la tête, n'en sachant pas plus que lui.
- Bon, merci. Je crois qu'on va attendre que vous retrouviez votre voix pour tenter d'en savoir un peu plus. Et puis je vais faire des recherches sur… ça, finit-il en montrant mon sang.
Je souris et m'allonge, enfouissant la tête sous le drap. J'ai besoin d'une bonne nuit de sommeil.
oOo
Trois jours. Je ne suis pas sorti de ma chambre, malgré l'envie qui me ronge. Je recommence à retrouver ma voix. J'ai très mal à la gorge et ne peux dire que quelques mots, mais c'est bon signe. Pour mon sang et celui de Draco, pas de nouvelles. Les analyses déjà faites ne montrent rien d'anormal. Nous sommes en parfaite santé.
Je passe mes journées à écouter Hermione me raconter ce que j'ai raté, à regarder le ciel et à penser à cette vie avec lui. A vrai dire je ne fais que penser à ça. Ces moments, ces espoirs, ces pleurs et ces jouissances. Tout ce que nous avons vécu. Enfin… était-ce vraiment réel ? J'avoue que j'ai des doutes. Nos corps se trouvaient dans nos chambres et nous étions dans le coma. Alors pourquoi j'ai l'impression d'avoir vécu cette autre vie ?
Je me perds dans mes souvenirs, oubliant tout ce qui se trouve autour de moi. Une cigarette, des doigts fins autour. Ces mêmes doigts dans ma bouche et dans mon corps. Ces mêmes doigts me griffant pour être sien. Je donnerais tout pour ressentir une nouvelle fois sa chaleur sur moi, en moi.
Nos larmes de peur et de douleur quand la vie ne nous souriait plus.
Et puis. Et surtout. Nos rires de princes perdus. Ses iris qui pétillaient de vie et d'envie. Il y avait des étoiles dans ses yeux qui me poussaient à aller plus haut. Je tentais à chaque fois de les toucher et j'y suis arrivé un jour. Celui où j'ai vu son amour inavoué. Nous tournions sur nous-mêmes dans la neige, le visage offert au ciel d'hiver. Et nos rires résonnaient comme un cri d'espoir, comme une mélodie d'amour. C'est dans ces moments que je le trouvais magnifique. J'avais l'impression que tous nos soucis s'envolaient et qu'il était libéré de ses chaînes. Plus rien ne le contraignait. Il était libre… de tout. De vivre, d'espérer, de rire, de chanter, de crier. Il était resplendissant.
Ma main se pose sur ma joue et j'efface en une seconde les larmes qui coulent. Je crois que j'aurais préféré ne pas me réveiller ici. Car tout ça n'est plus, n'a jamais été même. J'ai rêvé. La vie était plus belle là-bas. Aussi douloureuse qu'ici, mais avec tellement d'étoiles que s'en était grisant. Et puis je sens monter une vague en moi. J'ai besoin de…
- Aaaaaahhh ! je crie d'un seul coup.
J'ai le souffle court. Ma poitrine soulève avec force et j'ai le regard rivé sur le mur en face de moi. Je tousse un peu et sens quelque chose de différent dans ma gorge.
- Putain de merde, je marmonne.
Et je me stoppe d'un seul coup. Je peux parler. Je peux enfin parler. Le médicomage entre en trombe dans ma chambre à cet instant. Il me dévisage, surpris.
- Je parle, je réponds en souriant, tellement heureux de retrouver ma voix.
De retrouver mes cris.
- Ah, mais c'est une bonne nouvelle Mr Potter. Nous allons pouvoir parler de ce qu'il s'est passé. Je reviens vous voir dans une heure.
J'hoche de la tête, n'écoutant pas trop ce qu'il me dit. Je repense trop à mes cris passés. A ces cris que je vais pouvoir repousser. Et mes rires aussi. Alors c'est plus fort que moi, j'éclate de rire. Ce dernier résonne contre les murs de ma chambre et j'espère que Draco a pu l'entendre de l'a où il se trouve. D'ailleurs, je pourrais aller le voir, lui montrer que je vais mieux… que je peux crier à nouveau pour lui. Mais mon corps est encore faible et il m'est impossible de marcher. Alors je me résigne pour l'instant.
oOo
Le médicomage vient d'arriver dans ma chambre, un dossier sous le bras.
- Mr Potter. Je suis revenu vous voir pour que l'on puisse parler de ce qu'il s'est passé. J'ai ici votre dossier et celui de Mr Malfoy qui refuse toujours de dire quoi que se soit. Il dit ne se souvenir de rien.
Je souris intérieurement, car je sais très bien que ses souvenirs sont intacts.
- Comme vous le savez, vos analyses de sang sont parfaites, pour vous deux. Seule la couleur est… inexpliquée. Peut-être qu'en me disant ce dont vous vous souvenez, je pourrais mieux comprendre. Je vous écoute.
Je pince mes lèvres et prends une grande inspiration.
- Je me souviens de la guerre. J'ai vu Voldemort se diriger vers moi, tuant sur son passage, je commence à raconter, me perdant dans mes pensées. J'avais peur. J'étais même terrorisé. J'allais mourir. Et je ne voulais pas car il me restait plein de choses d'inachevées. Je ne voulais pas mourir, surtout pas ça. Mais il s'approchait de plus en plus de moi. Puis il a lancé un sort, j'ignore lequel. J'ai voulu riposter. En vain. Je n'étais pas assez fort. J'ai vu le sort arriver sur moi. J'allais vraiment mourir. Je crois que je pleurais même. Et puis j'ai vu de la neige et…
- Et ?
- J'ai vécu une autre vie. Je me suis retrouvé avec mes parents, vivants, sans aucun souvenir de ma vie de sorcier. J'étais un moldu. Moi, sans magie, sans Voldemort. Je venais d'arriver dans un petit village du nord, Plumpton. Avec mes parents. Et j'ai vécu des mois entier là-bas.
- C'est tout ?
Je baisse la tête et me mors les lèvres. Oh non, ce n'est pas tout.
- Oui. J'étais un septième année normal. J'allais en cours, j'avais des amis, d'autres moldus. Et puis un jour je me suis réveillé ici.
Le médicomage reste perplexe et ne semble pas convaincu par mes dires.
- Et Mr Malfoy ? Il était là-bas aussi ?
- Oui, je souris.
Mais je me reprends aussitôt.
- Enfin, il était un moldu, comme moi, lycéen, mais on ne se parlait pas. On ne se connaissait pas. C'était un inconnu. Un fantôme, je finis dans un murmure.
- Eh bien ce que vous me dites ne m'avance guère. Vous ne vous rappelez de rien d'autre ?
Je secoue la tête. J'en ai déjà trop dit.
- Bien. Je vais vous laisser vous reposer. Je vais juste demander à ce qu'on vous fasse une autre prise de sang, pour d'autres analyses.
- D'accord, je réponds platement.
oOo
Le soleil se lève et vient cogner contre la vitre de ma chambre. Je sens sa chaleur se poser délicatement sur mes bras nus et frissonne. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas senti sa chaleur que ça me brûle presque. J'étais d'avantage habitué à la neige, au froid.
Je fixe l'astre jaune qui m'aveugle et finis par fermer les yeux, la lumière me vrillant les tempes. Des points noirs dansent devant mes yeux et ma tête tourne.
Avec lui aussi, je vivais cette sensation. Quand il me prenait avec force et me pilonnait sans retenue, s'enfonçant en moi, au plus profond. Parfois, le plaisir étant bien trop grand pour moi, je perdais pied, ma tête tournait et des étoiles clignotaient devant mes yeux clos. J'aimais tant ces moments. J'avais l'impression d'être en dehors du monde, que ce dernier n'existait plus. Il y avait juste nous deux. Malheureusement, la réalité me revenait toujours en pleine face, me fouettant d'un vent glacial.
Un peu comme cette porte qui s'ouvre à la volée et claque contre le mur. Je sursaute et ouvre brusquement les yeux. Et quelle n'est pas ma surprise en voyant Draco dans l'embrasure de la porte, fulminant et brandissant je ne sais quoi. Il y a encore des étoiles clignotantes.
- Je te hais ! hurle-t-il en me fusillant du regard. C'est quoi ça ? Hein, c'est quoi ? C'est toi, avoue-le. Je le sais très bien ! ça ne peut être que toi. T'es qu'un salop de m'envoyer ça maintenant.
Je le dévisage ne comprenant pas un traître mot de ce qu'il me raconte. Et puis je suis bien trop heureux de le voir, pour faire vraiment attention à ses dires. Je souris niaisement et je vois bien à ses iris que cela le met hors de lui.
Draco s'avance vers moi en agitant ce qui semble être des feuilles. Je fronce des sourcils. Il me les jette sur mon lit, face à moi et je palis.
- Tu m'expliques ce que tu as en tête ?
Ce n'est pas possible. Ce n'était pas vrai. Je ne peux pas y croire. Ce sont… là devant moi. Etalées sur mes genoux. Mon écriture si reconnaissable. Mes lettres…
A suivre...
